Histoire de l'Empire ottoman : depuis son origine jusqu'a nos jours

Vol. 1 includes a folded map of Turkey, Greece and Italy, with caption: La Turquie, la Grèce et l'Italie de 1700 a 1840, dressèes sous la direction de...

6 downloads 178 Views 40MB Size

Recommend Documents


Histoire de Sancerre: depuis son origine jusqu'a nos jours
Book digitized by Google and uploaded to the Internet Archive by user tpb.

Histoire de L'Abbaye Et Du College de Juilly Depuis Leurs Origines Jusqu' Nos Jours
This is a reproduction of a book published before 1923. This book may have occasional imperfectionssuch as missing or blurred pages, poor pictures, errant marks, etc. that were either part of the original artifact, or were introduced by the scanning

Histoire de la conciergerie du Palais de Paris depuis les origines jusqu'a nos jours (1031-1908)
Book digitized by Google and uploaded to the Internet Archive by user tpb.

Histoire de la musique : depuis les temps anciens jusqu'a nos jours
Title-page in red and black Bound in 3/4 morocco over marbled boards; gilded top edges; marbled end-papers Newspaper clippings laid in 7

Histoire de l'empire ottoman depuis 1792 jusqu'en 1844
Book digitized by Google from the library of New York Public Library and uploaded to the Internet Archive by user tpb. Mode of access: Internet

'imt

B

T:

I^BX

*.^H

t

K JJW

!

• •

Bmm iffi-|||J BlHMt

!1IX'* |

rXwîMn

4

Hw'j .-.

»



* .

ffj;

I

r

j-

N U

'i

iMimm: m r.

t*

...

MANDELL CREIGHTON

^ScfarV£cï£r

n>

Mr.*

firt-cfoKf*

HISTOIRE DE

L'EMPIRE OTTOMAN

Digitized by the Internet Archive in

Research

2012 with funding from

Library,

The Getty Research

Institute

http://archive.org/details/histoiredelempir02hamm

HISTOIRE DE

L'EMPIRE OTTOMAN, DEPUIS SON ORIGINE JUSQU'A NOS JOURS,

PAR

DE HAMMER.

M.

TRADUITE DE L'ALLEMAND SUR LA DEUXIÈME ÉDITION

PAR

il.

DOCHEZ.

TOME DEUXIEME.



j-'VrSl^S^t-i

PARIS. IMPRIMERIE DE BÉTHUNE ET PLON RUE DR VAUGIRARD

1844

,

36.

,

HISTOIRE DE

L'EMPIRE OTTOMAN. » v-v

X t.* V.V»».

».

X % «- * -V*

-* X V* V

\MMVVt » W X

»• "W*

-V

«.-V»

LIVRE XXVÏI. —



FÊTE DE LA CIRCONCISION DES PRINCES. AMBASSADES DE FERMESSAGES ENVOYÉS A VENISE. SIÈGE DE GINS DINAND, DE ZAPOLYA, DE LA POLOGNE, DE LA RUSSIE ET DE LA FRANCE. CINQUIÈME CAMPAGNE DE CORON. NÉGOCIATIONS DE FERDIET RETOUR PAR LA STYRIE.







NAND AUPRÈS DE LA PORTE, ET CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PAIX ENTRE L'AUTRICHE ET L'EMPIRE OTTOMAN.

On et

a

vu comment

la

de son grand vesir

politique de Suleiman

s'était

appliquée, pardes

éloges et des récompenses, à dissimuler aux

yeux de l'armée l'affront subi devant les murs de Vienne. Aux gouverneurs et aux puissances étrangères,

du

s'étaient efforcés

de représenter

comme une

retraite adoptée de nombreux triomphes; avaient dédaigné de conquérir l'Allemagne,

la levée

librement ils

ils

siège

à la suite

généreusement dessaisis de la couronne de* Hongrie pour la conférer à Zapolya. et s'étaient

Conformément a ce même esprit du gouvernement despotique des conquérants qui imposent aux peuples le mensonge comme la vérité et leur présentent des batailles perdues

comme

tous les bulletins de victoires répandus à

,

stantinople. Toutefois entre

délai

de

six

formalité et soit

triomphes,

tant le

tin dont elle s'était

pompe de

premier soin de Su-

s'étaient écoulés depuis

Constantinople

informé

d'une

chargée;

il

nouvelles fêtes, par

magnificence

dissiper les

voulait, par la le

déploiement

jusqu'alors

inconnue

doutes élevés sur sa fortune, en

dépit de nombreuses collections de

fiefs

et

de

la lettre

au-dessous de sa

temps de profiter de cette preuve de sousi grand souverain. A peine six mois

à

de ranimer par une affectation de contentement l'ardeur éteinte de l'armée malgré le bu-

date de

soit

comme

le

fut

la

n'avait laissé

dignité de donner au doge ou à sou représen-

comme des

son retour

fête,

regardât

qu'il

on

qu'un que Suleiman conprévenance seulement comme une une simple marque de courtoisie, la

semaines,

sidérât cette

venir d'un

à

de

et l'épnque

des victoires, leur font célébrer des défaites

leiman

l'in-

La circoncision de ses fils lui fournissait une occasion. Outre les lettres d'invitation accoutumées aux gouverneurs et aux grands de l'Empire un message fut porté cette fois au doge de Venise pour l'appeler comme voisin et comme ami à Contérieur et adressés au dehors.

que l'envoyé Junis avait gouvernement vénitien des triomphes de la campagne d'Autriche et de la collation de la couronne de Hongrie, lorsqu'un nouveau messager turc, tout revêtu de dr;ip d'or,

le

fut

introduit dans

nobles de Venise, annonça

le

sénat par douze

la fête

de

la circon-

cision des princes qui allait se célébrer, et invita, en

termes pleins d'amitié,

le

doge à y t

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN. de son mieux sur son longueur de la route; mais il serait remplacé par un ambassa-

assister. Celui-ci s'excusa

l'absence des représentants d'autres puissances.

grand âge

Avec les deux ambassadeurs extraordinaires, Zeno et Mocenigo, se trouvaient encore le rési-

et la

déclara qu'il

deur extraordinaire; et aussitôt, quoiqu'il y eût un représentant de Venise à Constant!nople, Pietro Zeno, Mocenigo partit comme

dent ordinaire, Bayle Bernardo, et

envoyé extraordinaire pour

présents surpassèrent en magnificence tout ce

alors

de

assister

aux

fêtes

man comme que

la circoncision.

le

du

fils

doge, Aloisio-Gritti accrédité auprès de Suleiplénipotentiaire de Zapolya(l). Les

vu jusqu'alors on vit étaler le et le coton d'Egypte les châles

l'on avait

;

Le 27 juin 1530, à midi, Suleiraan, accompagné de toute sa cour, se rendit à l'hippodrome. La, du coté du nord, près du Mehter-

damas de Syrie

chan (caserne desmusiciensdel'armée),

pleins de pièces d'or, des coupes d'or avec des

s'élevait

un trône magnifique sur des colonnes de lapis, surmonté d un baldaquin resplendissant d'or, duquel tombaient en draperies de riches étoffes; le sol était couvert de tapis aux mille couleurs, tout autour étaient dressées des tentes bril-

Près de l'Arslanchan (ménagerie des

lantes.

lions le

.

jadis l'église de Saint-Jean

second

et le troisième vesirs,

)

il

,

rencontra

Ajas-Pascha et

Kasim-Pascha, qui venaient au-devant de

lui

:

à la moitié de l'hippodrome, le grand vesir

Ibrahim, avec tous

hommage. Tous

les

beglerbegs

des

et l'aga

s'approcha pour

lui

rendre

à pied escortèrent

le

Grand

janitschares à pied

,

Seigneur, qui seul à cheval s'avança vers le trône

,

mousselines des Indes, des draps

et les

Grèce

et

du velours

de

fins

vénitien, des plats d'argent

pierreries, des plateaux de lapis, des vases cristal

,

de

des porcelaines de Chine et des four-

rures de Tatarie, des juments arabes et des étalons turcs, des

mameluks

et

de jeunes gar-

çons grecs, des esclaves éthiopiens

et

hongrois.

du grand vesir seul valaient 50,000 ducats ("2). Ou donna un spectacle militaire; l'assaut fut livré à deux tours de bois, Les offrandes

dont l'une

était

défendue par des Hongrois;

puis on simula des combats à coups de fusil, de

sabres et de lances. Le quatrième jour, les pré-

cepteurs de Suleiman, le savant Chaireddin et

hommages

kadiaskers présentèrent leurs

les

du grand

allèrent siéger à côté

vesir.

On

et

leur

élevé au milieu des tentes prises sur les princes

servit les rôtis les plus succulents, les sucreries

vaincus, effaçant par son éclat tout ce qui l'en-

les

tourait.

Au

tions

padischah

,

le

bruit des fanfares et des acclamas'assit

les félicitations et les

agas de

la

sur son trône, et reçut

présents des vesirs, des

cour et de l'armée, du mufti

et

des

plus recherchées, des sorbets exquis:

peuple se divertit à voir les

les

le

tours de gobelets et

prouesses des escamoteurs. Le cinquième

jour fut consacré aux courses

et

aux passes des

mameluks venus d'Egypte avec lnal-Beg,

et

ulémas, puisles traita magnifiquement.Le second

qui firent admirer leur adresse dans les exer-

jour, les vesirs et les gouverneurs déposés

qui

cises

permission d'assister en per-

dans

avaient obtenu

la

,

Le sultan

chevaleresques. la

nuit

,

resta jusque

qui fut éclairée par des feux d'ar-

sonne à la fête furent admis au baise-main. A quatre personnages seulement l'ex - yrand Seinel-Pascha, qui avait vesir Piri-Pascha

au milieu desquels les deux châteaux de bois furent livrés aux flammes. Le lendemain

bons services dans la campagne d Égypte, le btglerbeg d'Auatoli Jakub-Pascha, l'ancien beglerbeg de Rumili Iskenderet

avaient été construits par

,

,

,

rendu de

si

de jouir de cette faveur avant tous autres gouverneurs destitués, et de faire déposer leurs hommages et leurs présents aux pieds du souverain par des Pascha,

il

avait été accordé

représentants.

Le troisième jour

fut

consa-

cré a la réception des

hommages

des sandschakbegs

des émirs kurdes et des

,

et

des présents

ambassadeurs étrangers. Le nombre des envoyés

de Venise

était

une sorte de compensation pour

tifice

matin on

vit à leur place

deux autres

forts

,

qui

Dscharum, renommé

pour sou habileté dans l'équitatiou et les tournois chacun de ces forts était défendu par cent guerriers pesamment armés, qui tour à tour ;

(1;

le loin., 1.

Oiin.s

m

,

de Marini .Sanulo se trouvent

quatre rapports sur ces feus de

la

circoneison

,

le

pie-

mier.de l'ambassadeui PitlioZeno, du 13 juillet 1530; le second, de l'ambassadeur Mocenigo , du 14 juillet IS30 ,

a son fils; lelroi-ième,

du sénateur Andréa [2)

loin.,

Kerdi, I.

ni

,

fol.

du

baile

Bernardo;

le

quatrième,

Kossi.

17;

le

rapport d'ambassade dans

de Marini Sanulo.

le

LIVRE XXVII. s'attaquaient et se repoussaient

deux

partis

succomba

çons et de belles

;

enfin l'un des

;

beaucoup déjeunes garrestèrent

filles

proie des

la

vainqueurs. Cette nuit-là fut encore éclairée par des feux d'artifice et l'incendie des châteaux. Le

septième jour

janilschares

les

leur aga et les généraux de

conduits par

,

cavalerie, portè-

la

palmes des

rent en procession solennelle les

man-Chalife, qui, pénétré de douleur de ne pouvoir trouver une réplique, fut frappé d'apo-

emporté de l'assemblée, rendit l'esla maison où l'on s'était empressé déposer (1). Le dix-huitième jour enfin,

plexie, et,

dans

prit

de

le

qui avait été précédé de quelque repos

,

se

fit la

cérémonie de la circoncision dans la salle de divan d'Ibrahim-Pascha contre l'hippodrome.

avec

Les vesirs, les beglerbegs, agas, ulémas, vin-

des

rent baiser la main du sultan en lui offrant

représentations d'oiseaux et de quadrupèdes.

leurs félicitations et furent congédiés en recevant des vêtements d'honneur. Des feux de joie prolongèrent la clarté du jour bien avant dans

noces- ou cierges de

une quantité de

Le huitième

et les

,

les

musiciens furent char-

Le dixième jour

les spectateurs.

professeurs, dont

traita les

(1),

fruits divers,

neuvième jour, après midi

danseurs de corde

on

de

fleurs et

et le

gés de réjouir

circoncision

la

le

traitement

,

la nuit, et trois jours après les fêtes se terminèrent par des courses dans la plaine des Eaux-

quotidien était au-dessous de 60 aspres ou un

Douces

ducat environ, ainsi que leurs suppléants

les

juges déposés. Des sauteurs grimpèrent sur

l'o-

magnificences, dit au grand vesir, son favori: « Quelles ont été, selon toi, les fêtes les plus

bélisque

et

sur

les

colonnes de l'hippodrome. Les

trois jours suivants furent remplis

des jongleurs, des bouffons bres chinoises

(2).

Tous

par

et les effets

et recueillirent

une énorme quantité de pièces d'or qu'on leur appliqua sur

les

agas de

la

d'om-

ces saltimbanques fu-

rent grandement récompensés,

furent jetées

tours

les

le

et d'argent,

front ou qui leur

,

«

mes

ne verra de

et

Selim

les

et

,

conduire

pour

les inviteras:'

jamais dans

car

,

présence du padischah de

,

triste

châtiment tomba sur

le

;

mais

le

bien rappelé à

Sunnet Mumi

;

Dschelalsaile

169.

(2;

Dschelalsade

et

la

de Mé-



Sois

moi-même!

»

circoncision,

la

seconde am-

bassade du roi Ferdinand

composée de iNicolas Jdrischltz, chevalier et chambellan héréditaire de Croatie, commandant de S. Yeit et Guns, de Joseph comte cieLamberg, chevalier styrien, avec une suite de vingt-quatre personnes, parmi ,

comme

interprète latin,

d'Obernburg, qui

a publié

des mémoires sur cette ambassade. Cinquante tschauschs alK rent au-devant d'eux

de

lieue

la ville et les

une demi-

a

conduisirent au caravan-

sérai appelé l'Hôtel des

ambassadeurs;

là ils fu-

plus

professeur Sulei-

,

fol.

(37;

Ferdi,

(2)

Dschelalsade et Ferdi

,

ainsi

que Ssolaksade

,

IVt-

Abdiilasis et Aali.

,

Dschelalsade,

239 schewi, fol.

et Ferai.

Mecque

la

vit

(1)

(I)

in-

arriver à Constantinople

on

seliewi

fol.

mon

Trois mois après les fêtes de

lienoit Curipeschilz

le silence

:

répliqua Suleiman, de m'avoir

lesquelles se trouvait,

trouvaient humiliés par

la

à

honorées par

été

dine, du Salomon de notre époque.

en présence du souverain. Suleiman donna, pour premier point de discussion, le Paler noster des musulmans ou la première

Siiraàu Koran. Des éloges récompensèrent les réponses habiles; l'ignorance ou l'embarras se

aussitôt

monde on

de mes noces.

daigné se rendre

mes noces ont

rendre aux conférences des ulémas qui allaient se tenir

le

dit

celui qui a

tion

si

général des approvisionnements

circoncision



de ce point à la rencontre des princes, et les accompagnèrent jusqu'à la salle de divan du sultan Le lendemain eut lieu le banquet du sultan. Le seizième jour fut le plus remarquable, par les dissertations savantes auxquelles on se livra. Le sultan envoya le maréchal de la cour et le

la

répondit

celles

de ces

et fier

Suleiman, qui se sentait irritéde ces paroles inattendues. Votre Majesté n'a pas eu à la fête qu'elle donnait un hôte

mille fois loué

au mufti,

et

comme

fêtes

à l'hippodrome; les vesirs s'avancèrent à pied

à l'instituteur des princes,

satisfait

Ibrahim

»

Comment donc?

vit

Mohammed

fils ?

Jamais on n'a vu

comme

vieux sérail, pour chercher les trois princes Mus-

tapha

de

cour

Le quatorzième jour tous de l'armée se rendirent au

,

splendides, de tes noces ou de

à la tête.

et

Suleiman

(•2).

,

XXIII

fol.

e

-fol.

139;

Ferdi,

roi.

événement; Abdulasis,

52; Ssolaksade,

loi.

1

10.

173

fol.

;

86;

Aali, l'ét-

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

\

rent renfermés; mais d'après l'ordre du sultan leur fournit tous les objets nécessaires. Huit

on

jours après leur arrivée [-5 octobre 1530], le

grand

vesir leur accorda leur première aud ience.

avaient pour instructions expresses de ne

Ils

produire leurs demandes devant le grand vesir et le sultan qu'en langue allemande; si puissant cour de Ferdinand

était alors à la

sentiment

le

de respect pour l'idiome de la patiie! Ibrahim ne voulait pas entendre parler de traduction latine, attendu que son interprète ne comprenait que l'italien. Les ambassadeurs préféièrent la

langue croate à

l'italien;

on trouva un

inter-

prète selon leurs désirs, et Nicolas Jurisehitz, se servant de sa langue maternelle, pria Ibrahim

de leur faire obtenir une audience du Grand Seigneur. Ibrahim accabla les ambassadeurs de questions sur

le

séjour, les occupations, les ha-

bitudes de l'empereur et du roi

,

sur la guerre,

Ibrahim sur

il

,

pompeuses Hongrie par on maître nce de Ferdinand et se permit

se répandit en phrases

conquête de

la

durant

l'abs:

i

la

.

,

toutes sortes d'injures contre avait osé, au mépris

de

Hobordansky qui

ses instructions écrites,

réclamer une quantité de forteresses la place

de Semendra

(1)

et

même

aussi avait-il été ren-

;

voyé avec de dures paroles, quoique la réponse de son maître fût conçue en termes bienveillants. Le sultan avait donc marché en personne recherche de Ferdinand,

à la

trouvé à Ofen,

il

et,

ne l'ayant point

avancé jusque sous

s'était

les

murs de Vienne, ville digne de servir de résidence à un empereur. Ferdinand ayant continué de fuir, le sultan indigné avait lancé dans toutes les directions les akindschis pour montrer que le véritable empereur était là, et il avait fait quelque dommage aux murailles pour laisun souvenir de sa visite; n'ayant pas songé une conquête, il n'avait pas amené de grosse

ser

mais sans donner au roi de Bohème et de Hongrie d'autre nom que celui de Ferdinand, se contentant d'appeler Charles le roi d'Espagne. La paix entre Charles et le pape

à

observa Ibrahim d'un ton ironique, ne pourra car les troupes se maintenir que difficilement

nand, qui n'était que gouverneur de Vienne pour le roi d'Espagne, n'avait aucun droit sur

la paix, etc.,

,

impériales ont saccagé

en captivité d'une fois sollicité les

Rome

et réduit le

pape

pape et le roi de France ont plus par des dé pèches et des messages secours du sultan; la conduite du ;

le

déterminé à couronné son

arli.lerie, et le froid l'avait ensuite

se retirer; a son retour

il

avait

serviteur Janusch roi de Hongrie, et Ferdi-

pays. Ensuite Ibrahim ne s'abstint d'aucun outrage contre Charles qui avait marché en le

Italie

pape

seulement pour extorquer de l'argent au au roi de France, et qui se croyait em-

et

d'Espagne a été inhumaine envers le roi de France. Après beaucoup de propos de ce genre, Ibrahim prétendit être informé de l'objet de la

pereur parce

qu'il s'était coiffé

Le véritable

litre impérial, ajouta-t-il, est

mission actuelle; les ambassadeurs

songer que

roi

,

qui avaient

le

sabre; et quant à si

la

d'une couronne.

Ferdinand, renonçant à

même

dans

paix, on ne pouvait la

y Hon-

pour instruction de ne s'ouvrir qu'au sultan lui-même, se montrèrent fort réservés, présentèrent seulement une note écrite en latin et indiquant sommairement la nature et le but des

grie, restituait

négociations dont ils étaient chargés, et se gardèrent bien d'entrer en explication de crainte

avait reçu l'investiture. Les ambassadeurs ré-

,

que

le

grand

vesir

une

fois

bien instruit ne

les laissât

point arriver au sultan et ne les

renvoyer,

comme Hobordansky,

fit

sans qu'un ré-

Ces inquiétudes furent dissiunesecoude audience, et dans Ibrahim par pées

sultat fût obtenu.

à leur tour

ils

lui déclarèrent que, selon l'esprit

de lalettre pacifique pour Suleiman dont Hobordansky était porteur et qui se trouvait en contradiction avec le langage de cet ambassadeur. Ferdinand

le

roi

la

paix en son

les avait

pays, et

si

ce qu'il occupait de ce

Charles, quittant l'Allemagne, re-

tournait en Espagne et laissait

dans

la paisible

pondirent de leur mieux et finirent

Mais

Ibi

le roi

roi

de Hongrie. Pour

il

à toutes ces paroles,

par offrir des sommes considérables.

ahim répliqua que son maître n'avait

pas besoin d'argent; que

les

sept tours dont

il

montra les créneaux par la fenêtre regorgeaient de richesses; que Weixelberger et Hobordansky avaient promis à lui Ibrahim 100,000 florins pour avoir son appui qu'il leur avait répondu ce qu'il répétait encore; que nul pré-

leur

;

sent,

si

considérable qu'il

fut.

nepourrait

envoyés pour conclure

nom comme

Janusch

du royaume dont

possession

(1

)

Rapport de Lamberfi

el

de

.lurischitz.

le

dé-

L1VRK XXVII. terminer à déserter

monde

quérir le

les iulérèts

de son ruaitre;

au contraire à l'aider à con-

qu'il était résolu

que de

plutôt

d'abandonner des contrées dont

Les ambassadeurs

paré.

lui conseiller

em-

s'était

il

supplièrent de ne

le

point considérer leurs offres sous un mauvais

du

aspect , et de leur faire obtenir une audience

Hongrie, ces derniers demandèrent leur

à la

audience de congé;

six jours après Suleiman honneur de lui baiser la main et les renvoya avec une réponse écrite. Pendant que Lamberg et Jurischitz négociaient à Constant inople, le général de Ferdinand, Guillaume deRogendorf, assiégeait Ofen,

admit

les

à

1

même

sultan. Cette dernière faveur leur fut accordée

et le jour

novembre 1530]. Ils furent introduits solennellement. En traversant la première cour du sérail ils virent deux élé-

sur les réclamations de Hobordansky, celui-ci,

au bout de huit jours

[7

phants avec leurs guides

dans

;

seconde

la

ils

se

mêlant aux soldats de

bien résolu à mettre un terme à

et

bonnets d'or, trois mille janitschares se tenaient

et jeté

du divan. Dans

cette salle

garnison qui ren-

la

suite d'une soriie, s'introduisit

la place,

de Zapoh

la salle

dut-il sacrifier la sienne.

a,

convaincu par

le

poignard que

caché dans sa manche,

dans

il

Danube

le

Du

(1).

Pascha,àMumin-Aga

mille Turcs sous leurs ordres.

gauche

deux kadias-

les

kers, les trois defterdars, a une certaine dis-

tance

un

le

Comme

secrétaire d'État.

interprète sachant

il

berg parla en allemand

y avait

turc,

le latin et le

aux ques-

et répondit

du grand vesir grand chambellan

tions captieuses et malveillantes

puis

le

grand maréchal



Lam-

et le

;

conduisirent les envoyés devant



le sultan.

Lamberg prononça eu langue allemande un

dis-

cours qui fut traduit par son interprète

en

la

drogman de

semaines, Rogendorf

six

les se-

les

le

en état de tenir

la

troupes embarquées sur

la

de Mohammed-Beg. bien pourvues de munitions de guerreet de bouche, et qu'allaient soutenir deux mille ca\ aliers. Six semaines avaut

Mohammed,

ce siège infructueux,

beg de Semendra,

en croate

la

la

demande

remit écrite en

la

déjà latin,

moitié de

la

et la

la

sandschak-

Murad, gouverneur de

et

en

sollicitant

qu'ils seraient satisfaits

Deux jours après

ils

furent

au

mandés de-

vant Ibrahim qui répéta ses premiers propos et

sesouirages possibilité

à

Hobordausky,

insistant sur l'im-

pour son maitre de rendre

la

Hon-

Hongrie.

flamme dans

quinze jours

Neutra

,

la

roi

de France ir l

par mer contre Chai

et

de

de sa mère, et avait l'assister

les V.

par terre et

Comme

le

dans

l'Ilinerario.

fer et

des

1

de Zapolya;

dix mille Hongrois avaient été entraînés

comme

esclaves, et Zapolya, les voyant chargés de fers à

Ofen, te put que verser des larmes

En même temps une partie de

les la

stériles

akindschis

Carniole, et

répétèrent quatre fois encore ces irruptions

depuis Noël jusqu'à Pâques, traînant après eux plus de trois mille esclaves (3). (1)

Litter. Kofiendorfiadcouiit. nie. ep.

procerum

,

1. 1

,

Pray, Episto-

p. 163.

(2) Istu.nifi faitde et

les villes

tion les adversaires et les partisans

lae

rapport

le

YYaag

grand

vesir ni les ambassadeurs ne voulaient renoncer

le

dans

la

ruine avait frappé sans distinc-

s'étaient jetés sur

promis à François

porta

montagnes. Murad incendia LSainocz que les Dans espace de

avec affectation que Suleiman avait entrepris les instances pres-

Mohammed

cantons entre

habitants avaient abandonné.

sur leur sort.

première expédition sur

les

et jeta l'effroi

grie deux fois conquise par ses armes, ajoutant

Dan*

trois

flotte

voyés l'assurance

(1)

ne recevant pas

,

n'était pas

il

campagne contre

la

du

avaient

Au bout de

cours qu'il attendait, fut conira nt de lever siège; d'ailleurs

une prompte réponse. Le sultan fil un signe d'assentiment, prononça quelques mots, et le grand vesir doma aux eu-

santes

ils

;

sur les domaines de Ferdinand, avaient désolé

et conclut

la

.et

l'Herzegownia, prétendant faire des irruptions

produite au grand vesir,

tôt.

'2

cour en turc.

le

Jurischitz exposa

plus

côté des Turcs

préseniation des lettres de créance,

latin, et par

Après

trouva

au chargé d'affaires

Behram-Pascha;

à sa

Reconnu

l'on

défense d'Ofen avait été confiée à kasiru-

la

de Suleiman, Aloisio Gritti

le

dans

la vie

cousu dans un sac

fut

grand vesir, ayant à sa droite les vesirs Kasim, >jas et le beglerbeg de Rumili, siégeait

dédains

la

de deux léopards enchaînés (K Les gardes du corps, les valets de la cour coiffés de rangés devant

jetait ses

traient à

furent accueillis par les rugissements de dix lions et

où Ibrahim

Kasim Cassonuis de Mumin Numilla,

(3) Ferdi. fol. 174.

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

6 Suleiman reçut

nouvelle de

la

d'Ofen au moment où

il

la

délivrance

revenait de Brusa à

seul empereur sur la terre, comme un seul Dieu dans le ciel: on s'attaquait à Charles seu-

comme

Constantinople; il passa l'hiver dans sa capitale occupé d'affaires intérieures, et changea quelques gouverneurs, Le beglerbeg de Rumili,

lement,

Behram-Pascha, avait été assassiné par ses esclaves qui furent Ions exécutés pour ce meurtre. Son g iuv. moment revint au grand vesir seras*

à l'empire

au roi d'Espagne, dont

le lieu-

tenant en Allemagne, Ferdinand, inquiétaitles

le

du royaume de Hongrie appartenant ottoman et conféré comme fief à Zapolya. Suleiman ne voulait se mesurer qu'avec Charles V; il prétendait le chercher jusqu'au cœur de l'Allemagne; car Ferdinand, selon les

sullan de la réception des ambassades et des

expressions d'Ibrahim, au lieu d'attendre sa

Au

ker.

Ibrahim

reste,

On

présents.

vit

occupé que

était plus

paraître une ambassade polo-

frontières

,

Vienne,

visite à

s'était enfui

à

Lemberg

et à

naise, et

de son côté la Porte adressa un message solennel à Slgismond (1). Les envoyés des

Prague. Charles V, le vainqueur de Pavie, le conquérant de Rome, qui tout récemment con-

prétendants rivaux au trône de Hongrie, de Zapolya et de Percny, offrirent au grand vesir

voquait

chacun une énorme coupe d or d'un très-grand

les vastes projets soulevaient

prix

L'année précédente, Suleiman avait

(2).

la

,

à Belj'rad, et de les réclamer en menaçant

la

Turquie du

à

des rapports ultérieurs entre Suleiman et

fer et

du

feu.

Il

n'y eut point lieu

mais sept ans après

;

Wassili, Jean IV,

fit

le

partir de

successeur de

Moskow un de

ses officiers x\daschew, avec des lettres ami-

pour

sultan

le

(3).

rigée formellement contre Charles

magne;

car

il

V

fut di-

et l'Alle-

ne reconnaissait Ferdinand ni

comme roi de Hongrie,

digne de ses armes. Suleiman se mit donc en mouvement à la tète

était le seul adversaire

de deux cent mille hommes, parmi lesquels on comptait seize mille

hommes de

Ru-

l'armée de

mili, trente mille d'Anatoli, douze mille ja-

nitschares, et deux mille cavaliers réguliers,

soixante mille akindschis [25 avril 153'2]. L'ar-

mée

traînait avec elle trois cents pièces d'artil-

Le sultan maintint une sévère discipline parmi tous ces soldats distribuant à propos les châtiments et es récompenses. Dans sa marche

ni

comme

souverain de

,

il

reçut les envoyés d'Autriche et de France

Pereny

du despote. A Nissa,

et le fils

Bohême, mais seulement en qualité de lieutenant du roid'Espagne en Allemagne, et daùsses lettres ne 1 donnai (que le titre de commandant

sentants de Ferdinand,

de Vienne. L'orgueil de Suleiman

prolongation de

i

et

d'Ibrahim se

refusait à considérer dans Ferdinand :nri val delà

grandeur et de la puissance ottomane; cefp.l donc lui (juefut déclarée la guerre, non jwiut comme ;i

l'empereur; car Suleiman ne voulait parla;;ercc

titre

dès lors les jalou-

de la France, et des protes-

lerie.

La cinquième expédition de Suleiman

à

forces allemandes

les

puissance turque, dont

tants qui l'accusaient d'aspirer à la domination

certain

de ce pays arriva un envoyé porteur Wa sili, en date du mois d'avril 1531 chargé de demander ce qu'étaient devenus les deux messagers jadis adressés par Was-

cales

sies et lesinquiétudes

la

du monde, ce monarque glorieux aux yeux de Suleiman qui s'intitulait schah des schahs, grand padischah, et unique maître du monde,

un

Russie

la

zibeline;

Wassili

Ratisbonne

dangers de

Ahmed

pour

d'une lettre de

sili

à

les

mission de s'occuper d'achats de martre

partir

fait

avec

contre

avec aucun souverain sur

la

terre:

Ibrahim

répétait souvent qu'il ne pouvait exister qu'un

et

de Nogarola

main.

Ils

les

les

repré-

comtes de Lamberg

furent admis à lui baiser la

,

avaient pour mission de

demander

la

trêve de Wissgrad conclue

la

A Belgrad, l'ambassadeur franRmcon fut présenté en audience solennelle avec le même cérémonial employé dans la deravec Zapolya.

çais

nière

campagne

à

Ofen envers Zapolya

(1).

Les

envoyés de Ferdinand se retirèrent sans avoir reçu de réponse favorable; mais celui de France obtint de gracieuses paroles (2). A Essek Pierre ,

Pereny (I) Historia di

(2j

Dans

delta Ipilera '.'!

p.

l'Histoire
de

Mari..i

p.

Sanulo,l. liv,

,

H

slone de

l'empire

la

main

et copia (1)

lusse,

du despote baisèrent

123.

Jatios d'Hongeria-

karain.siu

229.

M. Gnazzo; Venezia, 1569,

et le fils

(.

vu,

Journal, Ferdi,

(2) Istuanfi

,

dulasis.fol. 88.

I.

xi

;

fol.

186: Rsi-helalsade

Dscbelalsade

,

Ferdi

.

,

fol.

fol.

148.

188;

Ab-

L1VRK XXVII. du grand vesir: puis,d'aprèsle conseil de Gritti, Pereny fut violemment arrêté, deux de ses

n'avait pas

gens qui se mirent en défense furent immolés; d'autres se rachetèrent; Pereny lui-même ne

fit

fut

remis à son adversaire Zapolya qu'à

condition de laisser son

-fils

la

de sept ans

àj;é

reçut la

changé de pensée,

même

donner

trois fois

il

d'une heure

il

et

Au bout

réponse.

Par son ordre des crieurs avaient proclamé une augmentation de solde, et des fiefs pour les vainqueurs. «Chacun, dit 1 historien Petschewi, prit son le

signal de l'assaut.

comme otagp. Cet enfant, qui fut circoncis et emmené à Constantinople, ne revit jamais son père. Au delà de Belgrad, l'armée fut encore

âme

sur sa langue, et s'écria

tète

de l'ennemi ou je

de quinze mille Tatares amenés par le du clian Ssaliib-Girai. A Essek, Chosrew-Beg, gouverneur de Bosnie, se réunit à l'armée avec cent mille hommes. De\ ant ces

avaient déjà planté huit drapeaux sur les rou-

dernière heure, lorsque les vieillards, les fem-

forces, à leur passage tombèrent les châteaux

mes

de Siklos, Egerszeg, Babocsa, Bclovar, Bcr-

cri si

fortifiée

frère

zencze, Kapolna, Csicso, Safade, kapornak,

Wutusch,

Pœlœske,

raendvar,

Bum, Hidveg, Kœr-

Mesteiï, Szombalhely.

lkervar,

la

Il

Guns, dont défense héroïque acquit une gloire immor-

n'en fut point ainsi de

telle

la

place de

son intrépide commandant Nicolas Ju-

à

Les janitschares

i

ailles ;

la

mienne.

»

asabes s'élancèrent, el

et les

protégés par un faible abri, serrés contre

mur,

le

ou je prendrai

:

lui laisserai la

,

gens de

les

attendaient leur

ville

la

enfants poussèrent vers

et les

lamentable et

si

le ciel

lants effrayés reculèrent

laissèrent

et

deux de leurs bannières dans

les

même

mains des as-

Ce changement rapide parut

siégés.

un

déchirant que les assail-

mi-

si

raculeux aux deux partis que les Turcs crurent

uu chevalier

apercevoir

contre eux une épée

.

céleste

et les

brandissant

chrétiens s'imagi-

rischitz.

nèrent avoir reconnu saint Martin,

^e 9 août, le grand vesir campa sous les murs de Guns, et trois jours après arriva le sultan, trempé par la pluie qui tombaii à tor-

patron de Stein sur l'Anger(l). Trois heures après parurent quatre Turcs devant la brèche,

rents.

Ou

fit

ques jours

jouer les

l'artillerie;

au boni de quel-

ouvrages élevés de la place on pratiqua des mines, et

étaient renversés; l'assaut

fut

compte douze

Jurischitz

livré.

assauts dans son rapport au roi, et quatre se

trouvent d'accord avec

les

dates données par le

journal de Suhiman, et par

les historiens

otto-

mans. Les murs furent minés en treize endroits, une brèche s'ouvrit de huit toises: sur deux plus hauts

que

les

dèrent fortement

murs,

et les

les assiégés

se

vesir,

sur

la foi

du grand

avait trouvé grâce auprès

rendre dans attendu

le

qu'il

du Grand Seigneur,

blessé lui-même dans le dernier assaut: Jurischitz était hors d'état

de tenir davantage. De

sept cents vaillants soldats dont se composait

toute à

la

peine

canon

garnison au commencement du siège,

en

lui

restail-il la

était épuisée;

moitié; la poudre à

plupart des guerriers

la

Turcs incommo-

la force de se défendre. Le commandant accepta donc l'invitation des Ottomans, moyennant un sauf-conduit écrit et la

par uu feu très-

remise de deux otages.

des monceaux de fascines

points s'élevèrent

pour inviter Jurischitz à

camp

le j'rand

vif.

Les chrétiens parvinrent

l'un

de ces monceaux de bois, mais

à

mettre

le

feu à

n'avaient plus

mentaires tira aussitôt

Un le

des quatre parle-

sauf-conduit de son

geants l'éleignireat.

Deux antres se présentèrent comme otages. Accompagné de l'aga des janitschares, Juris-

l'arrivée

chitz fut conduit devant Ibrahim, qui se leva,

les assié-

Le seizième jour après de Suleiman devant Guns, .lurischilz

sein.

venait d'écrire son rapport èl'empereur, lors-

lui

qu Ibrahim le fit sommer de remettre la ville, de payer un tribut annuel, ou de se racheter moyennant 2,000 florins hongrois donnés en

manda

présents pour les capitaines des janitschares.

pourquoi

Jurischitz répondit

tenant pas,

but pour

il

que

la

place ne

n'avait pas le droit

elle, et qu'il

lui

appar-

de payer

tendit

Trois

fois

ambassadeur,

lui fit

demander

le fit

asseoir.

était blessé

s'il

11

lui

de-

maladie dont il Constantinople comme la

dangereusement

n'avait pas remis aussitôt la place

il

comme Bathyany

sous ses ordres,

et Pierre

tri-

ne possédait pas -2,000

Ibrahim

et

guéri de

était

souffrait lorsqu'il était à

I

florins.

main

la

s'il

s'il

Jorins,

ritcbiiz, ci

I.

da

\\\ i$

,

d'apré*

Ivitoaa,

\<.

|p

témoignage oral de Ju-

Sj2.

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN. d'Eberaus avaient

de Ferdinand, Lamberg

dait encore

puis leur retour de Belgrad avaient été envoyés

fait pour les leurs, s'il attenque son maître parût pour le délivrer. Jurischitz laissa tomber cette dernière question; quaat aux tro's premières il répondit qu'il él;ii( rétabli de son ancienne maladie; que ses deux blessures l'une d'un coup de feu, l'autre du jet d'une pierre ne présentaient aucun danger, que son honneur ne lui avait ,

,

,

de nouveau auprès du sultan, et n'avaient pas obtenu celte fois plus de succès que dans leur première mission. Il leur fit des présents et leur remit une lettre qui appelait Ferdinand

en rase campagne, tères d'or et d'azur

de son maître sans une nécessité extrême ou sans contrainte. 11 devait donc, poursuivit Ibrahim se prosterner devant le Grand Seigneur qui lui faisait don de la ville et du châ-

bourse d'or.

teau. Jurischitz, qui dans son

rant

ambassade avait

observé

que rien ne flattait plus d'Ibrahim que la reconnaissance de

l'orgueil sa toute-

puissance, répondit qu'il était trop affaibli par

vant

le

pour être en

de paraître desultan qui d'ailleurs maintenait toujours

ses blessures

état

ce que promettait son représentant. Ibrahim

Vienne s'attendait reparaître

sous

enceinte

cette

mands

des Espagnols

y avait dans

et

des

Alle-

Suleiman

akindschis sous la conduite de Kasim, qui du-

dernier siège

le

l'Enns

s'était

avaient parcouru

,

la

avancé jusqu'à

haute

et la basse

Autriche, pillant, brûlant tout sur leur passage.

Alors

que l'orage

arriva

travers la Styrie.

inattendue

nouvelle

la

se dirigeait

de Guns

Ce qui poussait

à

gauche à de

le sultan

ce côté, c'étaient l'époque avancée de l'année

Guns, que de mauvaises défendues avec courage résistaient

et l'expérience faite à

qu'il

dévasta-

car déjà les

murailles;

murailles

château; mais Jurischitz, aussi

la

écrite en carac-

à voir bientôt

ses

une demande tendant à ce que douze Turcs veillassent sur la brèche pour empêcher les autres de pénétrer (1). L'aga des janitschares déprudent que brave, répondit

,

renfermée dans une

était

,

accueillit cette excuse, et consentit volontiers à

sirait visiter le

menaçant de

le

tion de ses États. Cette lettre

point permis de s'humilier devant les ennemis

,

Nogarola, qui de-

et

armée

à la plus vaillante

légère, plutôt que

le

et à

de

l'artillerie

bruit que des troupes

espagnoles et italiennes s'approchaient pour soutenir les Aulrichiens. Suleiman n'ayant

presque point amené de grosse

artillerie, car

il

que d'ailleurs donné parole que pour la ville, il n'avait et non point pour la citadelle. Ibrahim se trouva satisfait, accepta gracieusement les

ne pouvait songera faire le siège de Vienne,

vases d'argent que Jurischitz lui offrit ainsi

doutable de sa grandeur et de sa puissance. Cette opinion est fortifiée encore par la lettre

qu'il

contenir,

fallait

qu'aux chefs des Turcs, et

lui

remit un vête-

ment d'honneur au nom du sultan. Une troupe de Turcs, enseignes déployées, musique en tête, alla

d'Allah

;

occuper

la

brèche en poussant

le cri

ce fut assez pour la vanité d'Ibrahim et

l'honneur de Suleiman. Le courrier que vesir expédia le

lendemain matin avec

le

la

grand

joyeuse

nouvelle de la remise de

la place reçut 500 une assignation de 10,000 aspres annuels au grand vesir lui-même furent donnés un vêtement d'honneur et des plumes de héron. Le jour suivant, les vesirs,

florins d'or,

un kaftan

,

et

;

les

beglerbegs et

les

begs présentèrent leurs

Suleiman dans un divan solen30 août, ayant appris la conquête

félicitations à

nel;

le

d'OEdenburg,

;t)

le

sultan congédia les envoyés

Rapport de Juiiscbitz du30août.

son plan de campagne devait avoir pour but d'amener une bataille rangée dans laquelle il espérait se mesurer avec le seul adversaire re-

dont

il

chargea

rola (1).

les

comtes Lamberg et Nogal'armée de Charles et de dans Vienne, et que pour

Mais comme

Ferdinand se tint marcher sur cette ville il fallait passer par la forte place de Neustadt, l'expédition conçue sur des proportions gigantesques se réduisit à des irruptions dei-tructives, et Suleiman, laissant Neustadt, pénétra dans la Styrie qu'il désola.

En même temps Kasim-Beg, avec quinze

à

seize mille akindschis, traversait de nouveau

l'Autriche et dépassait l'Enns, massacrant les

emportant de jeunes

vieillards et les enfants,

de jeunes filles attachés sur les chevaux, brûlant les bourgs et les villages. A Ernsthofen une horde franchit l'Enns , et pasgarçons

et

,

(1)

Joy'ius

,

I.

xxx

;

Kalona

,

I.

xx, p. 829.

LIVRE XXVII. sant par Kleink,

Disbach, Stadlkirchen, se

dirigea vers VVolfern et Losen-Sleinlcithen; ce

dernier lieu fut défendu par avait pointé des

un

seul

armes à feu à toutes

homme qui

lts fenêtres;

son premier coup ayant atteint l'un des princi-

paux

assaillants, les autres, au

nombre de cinq

cents, se retirèrent pleins d'effroi. La nouvelle

de

la retraite

de Suleiman

les

rappela de

la ville

deSteyer, dans laquelle venait d'ailleurs d'en-

un renfort de mille cavaliers, arrivés de

trer

Styrie.

En

se retirant

,

les akindschis brûlèrent

bourg de Weyer, furent repoussés dans une attaque sur Waidhofen, qu'ils avaient tentée au nombre de douze mille, s'enfuirent devant les citoyens qui, dans une heureuse sortie, enle-

le

vèrent cinq cents clrvaux et délivrèrent quatre cents esclaves.

du Danube;

Kasim ne

suivit pas les

tant sortir de cette

bords

Wienerwald compchaîne de montagnes aux

traversa le

il

,

environs de Vienne, et se dirigeant vers rie rejoindre ainsi l'armée

la

Sty-

de Suleiman. Mais

débouchés des vallées étaient occupés par les troupes impériales sous les ordres du comte Palatin Frédérich les Turcs atteignirent Pot-

Brandeburg,

tenstein: prèsdeLoibersdorf était posté Schœr-

de Burtenbach, commandant du contingent avec vingt-deux étendards de

d'Augsburg

,

et dispersé; alors ce ;

purent encore se rallier entre Baden et Traiskirchen allèrent donner sur les troupes allemandes, puis sur les Hongrois. Paul Baksis courut sur Osman, le renversa de cheval d'un coup de lance, l'acheva de son poignard, et emporta comme un trophée son armure él incelante d'or. Le casque de Kasim, relevé d'or, garni de pierreries et orné de plumes de vautour, fut présenté à l'empereur par le comte Palatin, comme un symbole du triomphe de l'aigle

sur

Ainsi

les

tlin

fut battu

une boucherie qu'un cou bat car les akindschis épuisés, mentes sur des chevaux affamés, n'ayant dans leurs mains que des lances rompues, n'opposèrent plus de résistance. Quelques-uns, échappés à cette défaite, furent acculés dans la gorge dePrigglizparlespay>ans qui les égorgèrent; d'autres Furent précipités du haut d'un rocher à Sebenstein dans un lieu appelé depuis le saut des Turcs. Ceux qui fut plutôt

ne

,

vautour.

le

des seize mille akindschis de Kasim

,

il

échappée sous la direction de Feris à travers les forêts jusque dans la St\rie Quant à cette province, elle restait

que

était alors

par

la

faible troupe,

désolée par Suleiman

,

qui

,

passant

de Friedberg, Kiichberg, Hart-

les vallées

lansquenets de l'empire; ce chef, se détachant

berg, se dirigea sur Gratz. Friedberg, Kirch-

de dix baunières du corps du Palatin, attaqua l'ennemi fort de huit mille hommes, le délogea de Pottenstein, et, le chassant devant lui,

berg

poussa par des vallons creux sous la bouche des canons du Palatin. Kasim, sentant la diffi-

vrés aux flammes. Dans le voisinage de Gleis-

à

la

tête

le

culté

de s'ouvrir un passage avec

la

masse d'es-

claves qu'il traînait

et

Hartberg. dont

les

habitants se réfugiè-

rent dans les églises entourées de

comme

défendaient

dorf le

,

le

des forteresses

murs ,

châtelain de Poltau surprit le

de Suleiman

journal

comme

camp

,

li-

cl

les histoires

reconnaissent que de rudes coups

après lui, fit massacrer quatre mille de ces malheureux; puis, au milieu d'une nuit obscure et orageuse, s'avança en

ses hordes dévastait les rives

deux colonnes

mée

impériales

qu'ils

furent

furent portés aux infidèles. Le chan (alare avec

de

la

Mur. L'ar-

se frayant

et alla

heureusement franchi les montagnes camper devant Gratz, la belle et grande

les bois

ville,

«dont

dont

,

l'une,

conduite par Feris,

'e sabreà la main une route à travers où ne se rencontrait point de chemin, s'échappa hrureusemeni et se mil sur les traces

du gros de l'armée ottomane en l'autre corps dirigé par

Styrie; mais

Kasim attaqué d'abord ,

le commandant du contingent d'Augsburg, en se détournant par la vallée de Stahremberg, tomba sous le feu du Palatin. Kasim périt un des premiers. Osman prenant le commande-

par

,

ment

à sa place,

mais

il

alla se

pénétra jusque dans

la

plaine;

heurter contre les troupes

comte de Lodron

et

du

du markgraf Joachimde

avait

les

jardins et les vignobles, dit

l'historien Aali, ressemblent les

maisons

au Paradis, dont

et les édifices sont la

demeure des

ge:s aisés et des riches. » Vraisemblablement Suleiman tenta de pénétrer dans la ville; car on

une image de Turc, au pied de la cide la vieille porte, regardant par une fenêtre; et la tradition dit que le Turc s'était avancé jusque-là, mais qu'il ne put aller plus loin en outre les historiens ottomans parlent de la conquête de Gratz avec cette même sinecvoit encore

tadelle près

:

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

10 dont

rite

font preuve en mentionnant celle

ils

deGuns. Celte

assertion se trouve contredite

campagne de Suleiman, dans lequel non-seulement il n'y a pas un mot relatif à la prise ou à la remise de Gratz mais par

journal de

le

la

,



expressément qu'au-dessous de

dit

est

il

Gratz Suleiman perte

d'hommes

de bagages

et

avaient été maîtres de restés

un jour

;

traversé la

avait

(1). Si les

la ville, ils

auraient

ils

Mur

fait

avec

Turcs

y seraient bien usage du pont

grand padischah ne

pour passer

la

serait point

exposé au danger de se noyer dans

Mur,

et le

se

une rivière de Styrie. Jean Katzianer, qui déjà dans le nord avait battu et repoussé les akinds.

chis ,

parvenus au delà de IS'eustadt, se réunis-

tomba près de Ferniz derrières de l'armée ottomane battit un

sant aux forces de Gratz,

sur

les

,

corps de huit mille

hommes,

rapporta

et

la tète

d'un pascha [13 septembre]. Le lendemain

mée campant devant Seckau vivres en abondance

,

puis elle alla planter ses

Drau

tentes sur les bords de la

murs de Marburg cette

ville

,

au pied des

livra trois assauts à

elle

:

,

Sigismond

fut repoussée par

et

l'ar-

procura des

se

Weixelbcrg, qui venait encore de détruire deux

champs de Leibnitz. Suleiquatre jours en ces lieux, en atten-

mille Turcs dans les

man s'arrêta

dant l'achèvement d'un pont

agas pressaient

les

ouvriers

;

le

flots.

sur le pont

que

;

il

fallut

paschas se tinssent



mais

;

elle fut



Warasun boulet, parti du château de Rassina, tua frère du deflerdar Schaaban; aussitôt les

le

habitants furent massacres, et

la

cendiée. Près d'Herbartie

grand

sépara du sultan. Celui-ci, avec

Caproncza l'armée

,

,

,

vich

il

de Vinicza

y eut encore

à la sortie

de

la

Styrie;

bien des obsiaclcs à surmon-



beaucoup de bagages. Les fourrageurs allèrent brûler Feistritzcl Gonoviz et ravager les alentours de Cilli et de Neuhaus. Une horde avait pénétré par delà les montagnes vers S. Leonhard dans la vallée de Later, et l'on perdit

,

une nouvelle chaîne,

vant; puis, franchissant

(1)

Dschi ldlisade

240

;

fol.

,

Pels.liiAvi

,

fol.

152

57

-.

;

Aali

,

nxV

événemewt

journal de Suleiman.

châ-

De Lugoprisonnier André

Ibrahim renvoya

,

le

Sladler avec une lettre en italien pour Ferdi-

nand

il y parlait de la retraite en termes ridiculement emphatiques, disant que nulle part oc ;

n'avait

pu rencontrer Charles;

par cette observation, «que étaient

comme ses femmes

,

et

les

il

terminait

du ro

États

attendu qu'on ne

le

trouvait, ni au sein des uns, ni auprès des au 1res.»

La

ville

de Posega

,

qui comptait de qua-

rante à cinquante mille habitants, fut emportée

aux flammes. Les places de Podgaracs de Nassicz, au-dessous d'Essek envoyèrent les clefs de leurs portes en signe de soumission

et livrée et

,

:

grand

vesir,

fief

avec tout leur

pour récompenser

succès de l'expédition dévastatrice. L'armée en traîna derrière elle trente mille esclaves

grie

,

eut passé le

de Hon-

de Sclavonie. Une fois qu'elle Bossut, il fut proclamé que l'on de-

de Styrie

et

de

sur le territoire

le défilé

cl le

teau berceau de la famille de Zapolya.

vait s'abstenir

par

route par

tranquillement sa

suivit

donnant un cheval garni de riches harnais et une somme d'argent. Le lendemain à midi toute l'armée étant passée, le pont fut livré aux flammes. Alors la marche se poursuivit le long de la Drau et lui

,

Kreutz, Gudovecz, Chasma, Yelica

territoire au

et les

vesir se

janilschares

les

et

main,

grand vesir

place fut in-

prenant à gauche marcha par Berœcze, sur Posega; Ibrahim, se dirigeant à droite avec l'arrière-garde de et les sipahis

bâton à

tout le jour pour maintenir

Ibrahim en

le

,

Suleiman donna ces villes en

la

le vaillant

din,

l'ordre nécessaire. Suleiman témoigna sa satisfaction à

repoussée par

capitaine Voit Welzer. Au-dessous de

et les

de sa tente, La presse fut grande

le

thie

les vesirs

et le sultan surveillait les travaux,

dressée au-dessus des

avancée vers Hultemberg en Carin-

elle s'était

saisir les habitants

,

car

on était

du sultan. En face de Belgrad les deux camps de Suleiman et du grand vesir se réunirent de nouveau. Ibrahim s'avança avec les paschas et les begs au-devant de son maître. Le lendemain

il

,

y eut revue, divan

Les vesirs, defterdars

,

le

,

baise-main.

secrétaire d'État et le

beglerbeg d'Auatoli reçurent des vêtements lettres de victoire furent adresaux gouverneurs de l'empire et au doge de

d'honneur des ;

sées

Venise l'interprète de la Porte Junis envoyé comme ambassadeur à Venise, porteur d'une lettre de victoire pour le doge dans laquelle on s'efforçait de donner le change sur l'humiliation de la retraite du padischah en

De Belgrad

,

,

fut encore

,

employant des termes outrageants pour Tempe-

LIVRE XXVII. Le Grand Seigneur, disait-on. élait arla grande ville de Gratz, ancienne

reur. «

sous

11

coups des impériaux

les

de

l'amiral

,

résidence de ce misérable fugitif, qui s'était en-

fameux André Doria après avoir foudroyé Coron toute une journée, enlevait

core enfui de ce lieu pour sauver sa vie, et

cette place maritime, l'une des plus fortes de

rivé jusqu'à

abandonné

avait

vaient

du

sentier

le

mécréants qui sui-

ses sujets

diable.

Après avoir entiè-

»

rement détruit l'erreur des

grand

infidèles, le

padischah était 'revenu sur ses pas, et sur sa route avait conquis les châteaux de Charbutie,

Charles

le

,

,

Du côté de la terre on n'avait mais des trois que quatorze canons points où la place est entourée par la mer, plus de cent cinquante pièces d'artillerie ébranlèrent les murailles, car la flotte de Doria comprenait l'empire turc. placé

;

Posega,

etc. Di

trente-cinq gros vaisseaux et quatre-vingt-huit

passa

pont de

galères.

ux jours après, le grand vesir la Save, musique en tète, enseignes déployées, et déposa la bannière de serasker aux pieds du sultan 9 novembre]. A le

J'hilippopolis la

Crimée au

girai

qui

,

,

il

y eut divan

frère dllamgirai

avec ses Tatares

soutenu l'expédition,

et

de

et investiture le

,

,

chan Ssahib-

avait fidèlement

porté ses ravages sur

Du

italiens

côté de la terre trois cents soldats succombèrent plus de mille furent heureusement les troupes des galères ,

blessés

,

;

pontificales pénétrèrent

dans l'enceinte de maient

la î'aruiMjn

avec leurs femmes

du point appelé

la ville.

l'Isle

Les hommes qui for-

purent se retirer librement leurs enfants et leurs ef-

,

fut attribuée

Deux mille Espagnolssous les ordres de François Mendoza restèrent dans la place. La flotte fil voile pour Fatras, qui se rendit promptcmeul (2), puis se dirigea vers Lépante. Des

pres et

deux château? placés sur

la

rive orientale

girai

sur

en

,

le

de

la

Mur.

A

son frère Seadel-

dédommagement de

ses prétentions

pouvoir princier jadis possédé par

lui

une solde annuelle de 300,000 asun domaine de la couronue d'un revenu

mut

son retour d'Autriche, Suleimau

l'ambassadeur polonais venait solliciter

la

,

Pierre Opalinski

prolongation de

la

qui

,

trêve

ac-

.

cordée trente-trois ans auparavant par Bajcsid

II

,

puis confirmée

demander que Moldavie

(1).

Sigismond

,

la

il

y

avait sept ans

,

du côté de

paix régnât

Suleiman accorda

et

.

Morée

de 500,000 aspres.

A

fets (1

la

et la

demande de

recommanda au chan de Crimée,

la

de

,

Morée

la

mine de vouloir

fit

que Jérôme Tutavilla, lomte de Farno, duite a se replier sur Lépante. Dans pelé Molino,

de

celui

de

la

em-

déli-

place; mais elle se relira devant quatre

mille arquebusiers espagnols

sée

,

l'autre fut

Une troupe de Turcs rassemblés

porte d'assaut. à la hâte

vrer

le détroit

se rendit volontairement

la

lui

opposa

et fut réle fort

ap-

garnison tout entière, compo-

cents jatiilschares, avait été ex-

trois

le

terminée. Des grands canons qu'on y trouva

son en-

couverts d'inscriptions turques, deux furent

trée solennelle dans sa capitale, qui avait été

Ssahibgirai, de vivre en paix et amitié avec roi

de Pologne. Le 18 novembre

il

fit

lata; les bazars et les boutiques

Ejub et Gadu Bosestan

donnés par Doria aux chefs de ses troupes, Farno et Salviati les autres furent eulevés pour décorer l'église que l'illustre marin fit élever â la vierge dans le port de Gènes avec les dépouilles enlevées aux pirates. Après avoir ravagé

restèrent ouverts toute

durant cinq

les

privée sept mois de sa présence. Durant cinq

jours on ordonna d'illuminer de feux de joie la ville et les

faubourgs de Skutari

la

nuit

;

,

jours et cinq nuits ce ne furent que festins

et

;

côles de

voyant

Sicyone

et

de Corinthe, Doria,

saison fort avancée

la

,

revint avec la

triomphe de la grande expédition d'Allemagne, qui dans les

flotte (3).

historiens ottomans est appelée

quêtes de Doria en Morée et de nouveaux pro-

réjouissances pour célébrer

le

la

guerre d'Al-

lemagne contre le roi d'Espagne. Tandis que Suleiman exerçait des ravages sur la Drau, le jour même où kasim tombait

issue

1,

Paruta

(I) iiiiii

Historia

rerum polonicarum concinnata

mone neugebauero, giwnovise M>W Vapovius,

à l'année 1532.

>

P. 531.

a

Salo-

D'après

compagne d'Autriche,

Hisioria Veneziana

l.iM7Z(i. Ilist. Valiez.,

Paru la Sagredo ottomans, Petschewi, 3

(1)

,

la

isioriche a 1532; Isiuanfi,

\e

(2J

de

f«l.

,

141.

times,

,

il.itlsi-hi-c.bilfa

fol. 18.

15.9,

lstuauti

fol. ,

,

1.

,

I.

les

con-

vu Sagredo, Mé;

xv. p. IS-i.

Doria

58; Aali

,

cl.

les bisloriens

xxvi e événement

Histoire de*

,

guerres mari-

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

12

jets de guerre coutre la Perse inspirèrent a

leiman des dispositions plus pacifiques

de Ferdinand

de l'année

le

.

et

il

à

1

Su-

égard

accorda aussitôt avant

la fin

sauf-conduit deirandé par ce

mo-

narque chréiien pour une nouvelle ambassade. Dans les premiers jours de janvier 1533, on

avait juré ne vouloirqu'unsimpleactedesoumis-

sionet non pas

Au bout 29 mai 1533] le tschausch partit avec la réponse de Ferdinand puis se mit en route un second ambassadeur du prince la

remise delà ilace(l).

de quelques jours

,

|

,

autrichien

en

,

même

temps pléuipotenliaire de

en même temps à Consîanlinople Tenvoyé de Sulciman à Ve lise, Junis-Beg, et le

Marie, reine veuve de Hongrie, Co, nelius-Dup-

représentant de Ferdinand, Jérôme de Zara,

de deux

du défenseur de Guns. Quarante

Charles

vit arriver

frère aîné

nobles de Venise, parmi lesquels Mariui Sa-

nulo,

le

chroniqueur, allèrent recevoir pom-

peusement

pliciusSchepper, porteur des clefs de Gran et lettres, l'une

V

de Ferdinand,

qui se portail

comme

de

l'aulre

intercesseur de

son frère auprès de Suleiman. pour qu'il obtînt l'abandon de la Hongrie (2). De son côté, Fer-

dinand promet tait sa médiat ion auprèsde Charles

le premier (I). Quant à Jérôme de Zara, qui arrivait avec une simple suite de douze chevaux, il n'y eut aucune solennité à

sur

son entrée dans

avait notifié la conclusion de la trêve à tous

arrivée

dès Il

le

il

Le second jour de son

la ville.

eut une audience du grand vesir, et

quatrième

demanda

la

il

admis auprès du sultan. Suleiman accorda aussi-

fut

paix; et

nue trêve, qui devait ensuite se transformer en un traité définitif quand Ferdinand, en témoignage de sa soumission aurait envoyé les clefs deGran: alors Suleiman reconnaîtrait Ferdinand et Charles comme ses frères, et il déclara

tôt

,

être prêt à conclure

une trêve pour cinq ou

sept années avec le dernier,

mise du gagepourlequel nité à

il

même

avant

la

re-

donnerait une indem-

Ferdinand en Hongrie

(2).

Un

tschausch,

pour

restitution

la

de Coron

(3).

Cependant,

demande d'Ibrahim, Jérôme de Zara

la

les chefs militaires

au service de Ferdinand au gouverneur de Vienne, au sénéchal de la Carniole, aux commandants de Gran, Posega et Coron, ainsi qu'à l'amiral André Doria (4). Su,

leiman profita de celte sécurité pour faire de nouveaux préparatifs et des changemenls de gouvernements; il conféra l'administration de Ssaruchan dans l'Asie Mineure à son fils aîné Mustapha, en lui donnant l'investiture d'un produisant 4',000ducats annuels. Le prince Mustapha vint baiser la main de son père dans une audience solennelle A Constautinople; le

fief

grand

porteur d'une lettre du sultan écrite dans ce

vesir Ajas lui tint l'étrier; le

sens, fut aussitôt expédié pour Vienne, accom-

him

pagné de Vespasien de Zara, fils de Jérôme (3). Le premier envoyé turc qu'eussent vu les murs de Vienne fut reçu par le roi Ferdinand avec

des princes de Syrie et de Perse f reat admis à

de grands honneurs. Le roi était assis sur un trône pL:cé sous un dais de drap d'or, ayant à sa droite vinj;t magnats hongrois, parmi lesquels

tombeau

Sulei-

côté de celui de son époux Selim l

la fin d'avril,

le

er

(5).

Aloisio-Gritti, plénipoten-

la

Bohème.

la

trêve fu-

question tant de

Paul Varday,

à sa

gauche

les

magyare pour la Hongrie, en bohémien pour la Bohême. Les Hongrois étaient effrayés delà demandeétrange des clefs de Gran. Ferdinand pensa que l'on pouvait faire fabriquer de fausses clefs, attendu qu'Ibrahim

tiaire

Mariui Sannuto, Hist.

I.

vi

,

9 janvier 1533.

Rapi oit de l'ambassade de PielroZeuo; Mariui Sanuto, I. vi , 1533 Istuanfi, I. xu. (3) Rapport de l'ambassade de Jérôme de Zara, dai (2)

;

Archive» de

la

maison impériale

et royale.

de Zapolya

dinand

(1)

et

et lieutenant

fois

(2)

Venim Ferdinandus, Le duplicata de la les Archives de

dans

(3)

Lei ires

impériales

du 6

débattue des droits de Fer-

de Suleiman à

necesse. alias cbnfici.

sil

est

le»

mère de

grands de

le traître

rent publiées en langue

(t)

à

la

Hafsza-Chatun, dont on voit

après, les conditions de

,

l'évèque de Gros7.\vardein et l'abbé de Funf-

kirchen;

A

la belle

fils

de Suleiman en Hongrie, arriva d'Ofen à Coustantinople, et il se mêla aux conférences engagées par l'ordre d Ibrahim avec Jérôme de Zara, sur la vieille

l'archevêque de Gran

Deux jours

Le 30 mars mourut

l'audience.

man,

vesir Ibra-

soutenait le kaflau. Après lui, les

lui

,

la

lettre

I.

les

de Charles V

,

maison impériale

si

du 26 mais, et rnya'e. les

Archives

pouvoirs de Jérôme et de Cornélius,

avril.

(4)

Voy.

Î5}

Dscbelalsade, fol 165: Ssolaksade,

le

de

ni.

de créance de Scbepper, dans

et

la fin

posse pro clavibiis facile,

Istuanfi,

la

A

Hongrie.

rapport de l'ambassade. fol.

Ai.

LIVRE XXVII.

Turcs n'étaient pas aussi barbares, aussi féroces qu'on les présentait aux yeux des chrétiens. Il gouvernait le

,

Dupplicius Schepper pour

règlement défi-

le

grand empire: ce

Jérôme et son fils Yespasien remirent au grand vesir Ibrahim les clefs de Gran et les magnifiques présents de Ferdinand. nitif

de

la paix.

Ibrahim sourit avec toute gueil à

vue des

la

semblait

un

dont

clefs,

la

présentation

il

lui.

accompli: conférait

11

donnailétaitdonné,cequ'il refusait on ne pouvait l'obtenir. Lors même que le Grand Seigneur

lui

voulait accorder quelque faveur, avait fait quel-

minage de la part de Fersigne à Jérôme qu'il pouvait

fit

qu'il faisait restait

emplois, distribuait les domaines; ce qu'il

les

acte d'h'

dinand, puis

les

car tout le pouvoir résidait en

satisfaction de l'or-

la

13

de même. Car tous

saient

mai revinrent l'envoyé turc de Vienne, et le fils de Jérôme de Zara, accompagnés de Cornelius-

que don,

si

ce n'était pas

le

bon

plaisir d'Ibra-

comme non avenue,

très-gracieusement

him,

la

un médaillon d'or orné d'un diamant de 2.000

était

entre ses mains, guerre, paix, richesse,

ducats, d'un rubis de 4,000 et d'une perle en

pouvoir.

garder

les

accueillit

11

(1).

forme de po re estimée Il

la

moitié du diamant.

conférence

fut fixée

ciations durèrent sept semaines

,

père

première

et la

au surlendemain.

I

.es

aux envoyés, afin de

» Il parlait ainsi

La-dessus, Cornélius ayant dit que

dinand

s'excusa, disant qu'il n'avait pas pouvoir

de négocier sans ses collègues,

négo-

et

s'écria

que Suleiman; car sans

de précieux madiplomatique du temps,

cela

de plus grands

désastres pourraient fondre sur

tériaux pour l'histoire

instant

ruse et leurs

furent conduits devant Ibrahim, qui les atten-

vêtu

magnifiquement. Après être

longtemps debout,

de

vêtements,

ses

de Ferdinand

et

et

de

bord

manda

comme

frère

Charles.

reine Marie. Aussitôt

commença un long discours sur

vesir

heurs de tan. «

la

guerre

D'abord,

n'avait été

et sur la

les

Fer-

l'aidât à

si

I

ambassadeur n'avait pas de

Cornélius présenta

la

lettre

de

lettre p;ir la-

l'empereur appuyait les de tandes de son frère. Alors Ibrahim se leva et dit « C'est quelle

le

mal-

:

un grand souverain

puissance du sul-

dit-il, la solde

Après un le roi

,

le

baisèrent

saluèrent

le

la

ils

lui.

que

obtenir la possession de la Hongrie tout entière. » Sans répondre à cette in.-inualion, Ibrahim, après avoir parcouru les lettres de créance données par Ferdinand deafin qu'il

l'entendre parler. Le 27 mai les ambassadeurs

restés

silence, Cornélius dit «

I

dernière circonstance où nous allons

dait assis

de

dinand leur avait recommandé d'invoquer l'amitié et les ons conseils de son frère Ibrahim,

la

toute-puissance d'Ibrahim. C'est d'ail-

la

la

Fer-

le roi

Turcs comme un le grand vesir comme un frère, Ibrahim aussitôt que Ferdinand faisait bien de saluait le sultan des

et trois avccGritti, fournissent

pour caractériser l'emphase, l'orgueil,

les

rechercher l'amitié d'un souverain aussi grand

et les sept con-

férences qui furent tenues, quatre avec Ibrahim

et

car tout

exciter a s'expliquer librement et sans réserve.-

voulait aussitôt entrer eu matière; mais Jé-

rôme

chose était

des janitschares

qu'il faut honorer. » Puis

il

prit la lettre, la baisa, la pressa contre son

que d'un demi-aspre par jour; de-

Iront,

et

déposa plein de respect à ses

la

puis elle s'éleva successivement a 2, 3, 4 et 5

côtés (I. Alors Cornélius poursuivit et dit

aspres; mais aucun sol.iat n'en reçoit plus de 8.

Ferdinand avait informé son frère, l'empereur Ourles, des dispositions pacifiques et

La marine exige des frais énormes, et néanmoins telle est l'immensité des ressources, que les

dépenses ne laissent point de vide dans

trésor; la veille encore

il

avait tiré 2,000,000

fraternelles

et

une

flotte destinées

contre

l'Italie.

i

»

ies

de femmes

(I) riales.

Rapport de l'ambassade

.

dans

les

comme

son frère

,

de négociai ions particulières, il désirait être compris dans le traité de Ferdinand sous les conditions suivantes il

restituerait

:

Coron,

si

la

Hongrie entière

était remise à son frère; l'île d'Ard.-chel serait rendue A ses précédents possesseurs, les habitants

et d'enfants poul-

préserver de l'esclavage; de bons Turcs fai-

que l'empereur Charles

,

Cinquante mille Tatares, selon lui, suffiraient pour dévaster le monde. Il avait chassé dans les forêts des mil.iers

;

et que, sans qu'il fut besoin

de j

armée

du sultan

voulait considérer le sultan

le

ducats des caisses publiques, pour équiper une

«que

le roi

;

actuels de

Archives impé-

I

la

Dans

Coron auraient

les

la faculté

Archives impériales

bibliothèque de

la

cour.

et

dans

de se re-

le

Codex de

HISTOIRE DR L'EMPIRE OTTOMAN.

14

pape,

tirer avec leurs effets et leurs biens; le

Venise,

de Franre

le roi

et tous les autres

sou-

verains chrétiens pourraient élre admis au bénéfice

de celle

paix.

Ibrahim répondit «que

»

l'empereur voulait sincèrement

ne

s'y refuserait pas

il

ajouta

sceaux, dont

Mon

«

:

sultan

la paix, le

et qu'il lirait cette lettre. »

,

Et, considérant le sceau

min,

si

ceux

moi.

il

des habits semblables

à

lui et

Il

ne veul

pas que je dépense rien en constructions,

pour moi

bâtir

A

il

fait

due à ses soins. une place comme

cette salle est

;

propos de Coron,

c'est

Dousen avons mille autres. Elle nous importe fort peu, et nous aimons mieux l'arracher par la force que de l'obtenir par accommodement. Nous pouvons la brider, si cela nous plait. Mon souverain a donné la Hongrie au roi Jean qui n'en sera pas dépouillé; file d'Ardschel appar-

comme eandschak

tient

aux domaines j'y songerai

:

si

elle

Barbcrousse. Quant la

reine Marie

cette reine était restée

de plus à Ofen, mains, et

à

au douaire de

et

elle serait

;

une heure

tombée entre mes

eût été traitée par

comme une sœur

les côtes

de

la

Rhodes

trente-

que Charles

Pouille, aussitôt

mine d'attaquer

rait

avait à

prèles à se porter contre

l'île

d'Ardschel, que

fe-

le sul-

ne voudrait pas restituer quand il le pourrait. Qu'après la conclusion de la paix les Espagnols de Coron seraient renvoyés chez eux.

pour lui-même.

qu'il fait faire

;

tan ne pouvait rendre

aucune différence entre

commande pour moi

Beluomo que Kurdoghli six flûtes et galioles

appendu en parche-

et l'autre est remis

n'existe

tandis que dix autres

,

étaient en course contre le corsaire syraensain

maitre a aussi deux

garde l'un en ses propres mains, aux miennes; car il voit qu'il

il

se tenaient a Gallipoli

mon

maître

car le vrai principe dis grands

souverains est de

quand

il

voudrait, et

le

qu'il

Que lui,

Gritti, s'emploierait pour préserver les transfuges grecs. Qu'il était étrange que Char-

comprendre toutes

les prélendit faire

sances chrétiennes dans cette paix

sondé

leurs- intentions, sans avoir

autorisation à cet égard

bassadeur vénitien

que Venise

dans

attendu leur

que ce matin même l'am-

la

de cette disposirépublique était

les meilleurs

rapports avic la

n'avait nul besoin

et

les puis-

sans avoir

et le baile lui avaient déclaré

tion générale, attendu

en paix

;

,

que

Porte. » Cornélius répondit

Charles voulait bien assurer

que l'empereur

«

la

rentrée en grâce

des transfuges grecs, attendu qu'il serait in-

digne de sa grandeur de conclure celte stipulation, et

cela

la

paix sans

pour beaucoup de

comme Gritti pouvait ne parût pas que l'em-

causes, mais surtout, l'entrevoir, afin qu'il

pereur Charles

méprisait

Grecs.

les

Quant

prétention de faire comprendre toules les

pardonner aux vaincus. » Au sujet de la Hongrie, le grand vesir renvoya les ambassadeurs A Gritti, qui était le représ ntant de son maître pour ce qui regardait ce royaume (1). Celte conférence dura six heures. Dans deux entretiens suivants, Gritti prépara les voies au grand vesir en jouant, suivant ses

ambassadeurs eurent avec Ibrahim leur seconde

propres expressions,

conférence qui peint l'homme en

le

double rôle d'adversaire

à la

puissances chrétiennes dans

la

paix, en

tenant, Charles, qui désirait

la

paix de toute la

reur

et

de chrétien.»

Le lundi de

la

que

Pentecôte [2 juin 1533],

lants encore

promesse faite au roi Zapolya; mais lui, Gritti, demandait à mourir comme un chien s'il y avait quelque chose de vrai dans les prétentions

d'État Mustapha-Dschelalsade,

puis

il

lui prêtait

la couronne de Hongrie; en injures contre les Hon-

sur

se répandit

prète de

la

(

I

y

).

:

Turcs préféraient conquérirCoron plutôt quederecevoir cet le p'ace en vertu de conditions

premier?»

A quoi Cornélius

venait -du

manque

pacifiques

Maures

et à cet effet déjà soixante galères

le secrétaire

l'historien,

Entre autres questions en apparence insignifiantes sur la France et l'Espagne, Ibrahim fit celle-ci «Pourquoi ce dernier assistaient

royaume

,

traits plus sail-

Porte, Juuis-Beg, et

la

les

première. Gritti, l'inter-

grois, peuple perfide et ingouvernable. D'après lui, les

sou-

chrétienté, s'acquittait de son devoir d'empe-

et d'arbitre. «Sul'eiman, dit-il, voulait tenir la

qu'on

la

n'es!-il

pas aussi bien cultivé que le

d'eau

,

répon lit que cela de l'expulsion des

et des juifs, et surtout

de

la fierté

des

avaient pris position, vingt bastardes étaient

en construction à Constantinople, dix galères (1)

Dschelalsade regarda peut-être

de sa posiiion de (1)

Rapport de l'ambassade.

dans son

Histoire.

passer sous

comme un

silence cette

devoir

conférence

LIVRE XXVII. Espagnols qui étaient nés plutôt pour les armes que pour la charrue. «Cette élévation de sentiments," observa Ibrahim vient de la chaleur du sang elle se trouve aussi dans les gens qui ,

;

sont audacieux el

gagea

la

magnanimes

(1).» Puis

conférence par une parabole

animaux,

terrible des

Le plus

«

:

dit-il, le lion

en-

il

pris

est

non par la force, ma'S par l'artifice des h mines il est gagné par la nourriture que lui présentent ;

les

gardiens

puis par l'habitude

,

gard en

le

;

lui en imposer; ml étranger n'aurait l'audace de présenter la nourriture

porte un bâton pour

au

Le

lion.

lion

prince

c'est le

,

ce sont les conseillers et

les

,

Grand Seigneur avec

contenait son maître le

bâton de

la vérité et

de

la justice

Charles était aussi un lion;

la

même

bâton,

peuvent être dirigés. Lui Ibrahim,

les princes

juste, afin

le

;

que

les

il

l'empereur

:

qu'il

fallait

fût

ambassadeurs pussent exercer

puissance sur leur maître.

Ensuite

»

il

s'étendit sur sa toute-puissance avec plus d'or-

gueil

que

fait,

dit-il;

pascha

;

dernière

la

je

fois,

«Ce que

puis donner des domaines et des

sms que mon maître fasse moindre observation; et même, lorsordonne quelque chose qui ne me convient

point. Plus tard, le roi

sonnier;

schah

et

lorsque je

qui est accomplie et non pas

la

commande ma vo'onlé

sienne. La guerre

dans mes mains, je distribue les trésors. Le sultan n'est pas mieux vêtu que moi;

et la paix sont

il

porte un costume semblable au mien; je n'ai

rien à dépenser de

mes

à tous

ma

fortune

,

car

subvient

il

besoins. Ses trésors, ses terres, ses

États, tout m'est confié, et je puis disposer de

tout à

mon

gré.

.l'ai

l'adolescence; nous

vécu avec

le

sultan dès

sommes nés dans

semaine. Aussitôt qu'il fut monté sur il

fit

le

même troue,

connaître par un message en Hongrie

mort de son père, pensant que suivant les coutumes de bon

les

la

Hongrois,

voisina; e,

un ambassadeur pour

paroles suivantes

les

reusement

son prisonnier. reur, montre fils. »

ses

emoyés de

lui

me-sager et le jetèSuleiman envoya un second le

la

des Hongrois; car

Cci

du rapport d'ambassade dont question plus haut , ainsi que tout ce qui suit. est lire

il

a

et délivre

mon

Charles

traitement subi par

padischah n'assistait point

le

Il

accourir a nous, lorsque

de

velle

victoire

la

notre droit la

l'a

;

montait je lui

a

cheval pour

expédiai

la

nou-

ensuite nous primes Ofen,

emporté.» Alors

conquête d Ofen, sur

le

il

s'étendit

massacre des pri-

sonniers qui avaient été immolés, non sur son

ordre, ni sur celui du sultan, mais par leur pro-

pre faute

sur les demandes exagérées d'Ho-

;

ljordausky

sur l'expédition de

,

dant ce tuups, dit-il, Charles

menaçant

Turcs de

les

\ ieni c. «

était

guerre et

la

Pen-

en

Italie,

les

luthé-

riens d'une conversion forcée a leur ancienne

croyance; et

il

était ensuite

il

venu en Allemagne

exécuté

rien

n'avait

il

;

n'était

pas di-

gne d'un empereur denti éprendre et de ne point accomplir de dire et de ne point faire. Il avait indiqué un concile et ne l'avait point tenu, assiégé Ofen et ne l'avait point conquis; il aurait dû établir la paix entre son frère j

Ferdinand

et

amenée. P.iur

le

roi

lui,

les

deux

lui

et le

Jean, et

Ibrahim,

un concile,

pape, de l'autre

les

il

ne

l'avait

point

voulait aujour-

amènerait d'un coté

luthériens

,

el forcerait

une réunion religieuse (1); sultan feraient maintenant ce que faire.

é:é (1)

il

s'il

partis à

Charles aurait du (1)

a maltraité

part des Hongrois le provo-

de Alohacs.

à la bataille

le

rent dans les fers.

il

grand empe-

,

;

d'hui réunir

t

à toi

qua d'autant plus fortement que l'épouse du roi de Hongrie était sœur de l'empereur Charles. Le roi Louis vint à sa rencontre ils se mesurèrent (nus deux le sabre A la main, le sabre a décidé du droit, et j'ai arraché la puissance aux mains des Hongrois. C'est moi qui ai triomphé

des

prire

d'Espa-

roi

et irrité contre

à la suppliante, et l'indigne

of-

ils

ému

le roi

fils

renverrait géné-

le

magnanimité,

ta

Le padischah

lui

félicitations;

recours

au padis-

Mon

«

:

par Charles,

pris

J'ai

fut fait pri-

écrivit

mais, loin d'agir ainsi,

;

des compliments de condoléance et

adresseraient frir

la

pensant

,

sultan au plus haut

le

de France

gne; j'espérais que Charles

sur

;

encore

mère de ce prince

la

de France a été

et

j

I

pareils procédés irritèrent

là-dessus la

et qu'il enjoint le contraire, c'est

ij

je fais est

d'un palefrenier je puis faire un

pas, rien n'est exécuté

arrêtèrent

peut-être que c'était un grand seigneur; de

Étals à qui je veux,

qu'il

I

tschausch qu'ils

songea aux meilleurs moyens de porter secours

gardiens

les

par lesquelles seules

c'est la vérité et la justice

le

;

ministres

15

Rapport de l'ambassade.

Si

le

roi

Louis

était

HISTOIRE DE L'E MPIRE OTTOMAN.

16

mort dans son lil Ferdinand aurait peut-être quelques droits sur la Hongrie; mais maintenant ce royaume appartenait aux Turcs comme ,

ayant été conquis une seconde fois avec le sabre. Nous avons marche" vers la Hongrie, nous avons

rendu

ton frère

à

son château

(

en se tournant vers Jérôme)

nous avons reçu

,

hommage

1

d'au-

nous sommes restés en Hongrie aussi longtemps qu'il nous a convenu, et nous n'avons trouvé personne qui nous ait opposé de la

tres sujets,

résistance.» Après quelques digressions riva enfin au véritable objet de

la

il

ar-

conférence,

a la lettre de l'empereur Charles. «Celle leitre, dit-il en la prenant, n'est pas d'un prince mo-

deste et prudent gueil;

;

énuraère ses titres avec or-

il

en prend

il

tiennent pas.

même

Comment

qui ne

ose-t-il

appar-

lui

s'intituler roi

donc pas que c'est le Grand >eigneur qui est maître de Jérusalem? prétend-il arracher à mon mailre ses États, ou

de Jérusalem? ne

sait-il

marquer du mépris par ce procédé? Je sais bien que de grands souverains chrétiens visitent Jérusalem en habils de mendiants; Charles croirait-il que s'il allait faire ainsi ce pèlerinage, il serait pour cela seul roi de Jérusalem? Je défendrai que désormais aucun chrétien ne se rende en ce lieu. » Cornélius chercha de son mieux à lui

ce titre

justifier

par

disant que d'ailleurs

le style il

de chancellerie,

n'avait rien a déclarer

« De plus, poursuivit Ibrahim, Charles met son frère Ferdinand et mon maître le Grand Seigneur sur la même ligne, lia raison

a ce sujet.

son frère

d'ai ner

rabaisser

mon

de Ferdinand.

;

mais pourquoi prétend-il

maître en

Mon

le

réduisant au niveau

maître pos-ède beaucoup de

sandschakbegs plus puissants, plus riches en domaines et en hommes que Ferdinand. Ton parent et celui de ton frère INieo!as ( s'adressant a Jérôme), le saudschakbeg de kara-Amid, a plus de terres et d hommes que Ferdinand (I). Il

mène en campagne cinquante

qui tous

lui

vassaux que

obéissent, le roi

il

mille cavaliers

a plus de sipahis et de

Ferdinand, et

il

y a encore

beaucoup de sandschaks tels que le sien L'empereur Charles aurait dû avoir honte d'écrire sur ce ton. Bien plus modeste et plus véritable!

ment digne

est le roi François qui,

nière lettre, arrivée durant la

dans sa der-

campagne de

Hongrie

(J), se contente de signer François, de France de son côté le Grand Seigneur, pour honorer le roi, n'a pas ajouté tous ses titres à la réponse, et lui a écrit au

roi

;

comme à un frère bien-aimé; aussi avons-nous ordonné à Barberousse d'obéir au roi de France comme au Grand Seigneur, et contraire

commandements.

d'exécuter ses

paix avec nous

la

,

c'est alors

Si Charles fait

seulement qu'il

empereur; car nous ferons en sorte que de France. d'Angleterre, le pape et les

sera

les rois

protestants

reconnaissent comme

le

vous donc que

Croyez-

tel.

est

pape peut lui rester fidèle? Il probable que non, s'il se rappelle le pillage

de

Rome

mauvais traitements de

et les

sa cap-

Je possède une pierre de sa tiare, que

tivité. j'ai

le

achetée 60,000 ducats, et ce rubis

trant celui

qu'il portait

main du

de France

roi

au doigt

)

(mon-

était à la

lorsqu'il fut pris; j'en fis

plus tard l'acquisition. Et vous pensez

que

le roi

François peut aimer l'empereur Charles?

» 11

termina en disant qu'il ne pouvait montrer

son

à

mailre cette lettre inconvenante de Charles,

de crainte de paix

,

sadeur pour armistice

cordé

,

l'irriter

si

;

Charles désirait la

devait lui-même envoyer

il

et

la

demander

;

un ambasun

en attendant

,

mois pouvait être acdans cet intervalle de temps il serait de

recommandé

trois

à

Barberousse de ne point in-

quiéter les bâtiments ni les côtes des chrétiens.

Le soir du même jour Ibrahim et le sultan lui-même se rendirent dans la maison de Gritti ; Suleiman y resta trois heures, à la grande inquiétude des moslims qui regardaient

comme ensorcelé joui s après Griiti et leur

le

sultan

par Ibrahim et par Griiti. Huit fil

appeler

reprocha surtout

les

les

ambassadeurs,

termes de

la lettre

violemment le sultan ;car ils faisaient supposer que Suleiman avait expr iné le désir de la paix, et Charles semblait mettre son frère Ferdinand au niveau du padisde Charles, qui avaient

irriié

chah.ll déclara que la Hongrie avait été conférée à

Zapolya

et à

son héritier; que

Marini Sanuio, Hist.,

lui, Gritti, se

vin, somma

délia rela-

(I) Toutes les h stoires connues «ardent le plus profond silence sur ce parent du vaillant défenseur de

zioue di Riiirone sialo oraior del re christianissimo al

Guns.

S r Turco

(I)

1.

fasla fainiliarmentp.

LIVRE XXVII. rendrait l'hiver prochain dans ce pays pour fixer les frontières

comme

,

leiman. Puis

il

sance infinie

du

plénipotentiaire de Su-

s'étendit

sultan.

longuement sur

«Dans

la

la puis-

dernière cam-

de Hongrie, dit-il, Suleiman avait

pagne

emmené seulement

du

dix-huit cents gardes

corps, Ibrahim mille, les autres paschas cinq

absolue que un de ses cuigrand vesir le

cents; l'obéissance aveugle est si

maintenant

pour mettre

siniers

si

sultan envoyait

le

à

mort

le

,

supplice serait exécuté à l'instant sans difficulté.

En

lui seul

réside le pouvoir de donner la paix

au monde. Jamais la chrétienté n'a été aussi désunie que maintenant; après

pereur

,

de l'em-

la retraite

pape a consenti au divorce du

le

roi

17

avoir ce pays, et ta

santé

;

t'offresesvœux pour ta prospérité

il

car

il

ne doute pas que tu ne l'aides

royaume

à obtenir la possession de ce

et d'au-

Les ambassadeurs remercièrent Ibrahim d'avoir bien voulu appuyer les intérêts

tres encore.»

de son frère,

le roi

Ferdinand. Ensuite

Cornélius débita sou compliment

.

fu-

ils

du

sultan.

que

l'inter-

rent admis à baiser les vêtements

prète traduisit en se tournant vers Ibrahim, et celui-ci le transmit au sultan en l'embellissant de toutes sortes d'ornements oratoires. Cornélius s'excusa

de n'avoir point apporté de pré-

sents, et pria le padischah de permettre au frère de Ferdinand, Ibrahim

près de la Porte

comme

même temps

en

le

de se porter au-

,

chargé d'affaires du

d'Angleterre; Venise et Ferrare ont empêché

roi;

que Charles nommai son neveu roi de Toscane le roi François désire avoir Gènes, et il y parviendra. » Les ambassadeurs répondirent que si

douaire de la reine Marie. Ensuite Jérôme, prenant la parole, fit connaître combien vivement

;

le

padischah ne voulait pas

reur Charles

ce

,

monarque

paix avec l'empe-

la

non plus

n'avait pas

le fils

sirait

il

sollicita la restitution

du

du Grand Seigneur, le roi Ferdinand, déentretenir une longue paix, être en cor-

respondance continue, par lettres, avec son

voir enfin obtenu cette paix

un baile ou consul a ConstanSuleiman répondit et s'interrompit fréquemment afin que Junis-Beg put traduire

ciations avaient

ses paroles; «

besoin de

la trêve.

Ibrahim engagea

la

troisième

conférence, eu félicitant les ambassadeurs d'a-

que tant de négovainement poursuivie. Le traité

non point pour dix et vingt années mais pour un aussi long temps que Ferétait conclu

,

,

dinand voudrait maintenir ques.

Le

roi

les relations pacifi-

Ferdinand conservait en Hongrie

père, et avoir tinople.

,

Le padischah,

dit-il,

vous ac-

que dix autres ambassadeurs avant vous n'avaient pu obtenir. Il vous la donne non pas pour sept ou vingt-cinq ou cent ans, mais pour deux ou trois siècles; corde

la

paix

,

,

bien plus,

,

ce qu'il y possédait; s'il pouvait s'accommoder avec le roi Jean, Suleiman se prêterait à con-

pez point vous-mêmes. Le padischah traitera

firmer leurs arrangements. LVsclaveGrit (i avait

roi

Ferdinand

pour déterminer

les

hommes du padischah

plein pouvoir

les frontières.

Si l'empereur Charles voulait la paix,

qu'à envoyer ses ambassadeurs il

n'aurait a craindre

les hostilités rait prêt

monde

n'avait

il

en attendant aucune attaque; mais si ;

venaient de sou côté, alors on se-

en lutte avec

à entrer

lui et

avec

le

Le jour suivant,

les

ambassadeurs furent con-

du

sultan. D'abord

avec Ibrahim lesquels

ils

,

prirent

un repas

qui leur dicta les termes dans

devaient parler au sultan

Ferdinand, ton possèdes

ils

fils,

:

«

Le roi

considère tout ce que tu

comme sa propriété et tout ce qui est comme ton propre bien. Il igno,

entre ses mains rait

que tu voulusses garder la Hongrie pour toi-

même,

sans quoi

il

n'y aurait jamais porté la

guerre. Mais puisque

toi.

son père, tu désires

comme

son

fils

vous ne

;

les

la

rom-

domaines

sont à son

fils

le

et

Ferdi-

nand; ceux de Ferdinand appartiennent à son père; le padischah donne à la reine Marie le douaire qu'elle réclame et ce qu'elle possédait en Hongrie. » Cornélius baisa la main de Sulei-

man en

le

remerciant au

Jérôme porta

entier.

duits par le tschauschbaschi à l'audience solennelle

elle sera éternelle si

nom de

ses lèvres sur les

reine Marie; vêtements du

la

sultan. Ensuite Ibrahim poursuivit en présence

de son maître dinand et le

Les conventions que

le roi FerJean pourront arrêter entre eux doivent être approuvées et confirmées par le Grand Seigneur et par moi; monesclaveGrilti sera revêtu de pleins pouvoirs a cet effet. Le :

«

roi

Grand Seigneur

sera l'ami des amis

des ennemis de son

fils

le

roi

l'empereur Charles veut aussi

,

l'ennemi

Ferdinand la

paix

adresse une ambassade à

,

;

si

qu'il

la Sublime Porte. » Le grand vesir demanda ensuite a Cornélius

2

HISTOIRE DE l/EMPIRE OTTOMAN.

18 quelle excuse

il

avait à présenter sur la lettre

de Charles. Les ambassadeurs s'efforcèrent d'écarter toute apparence offensante roi

de Jérusalem pris par Charles

établie entre

Ferdinand

et le sultan.

usages, répondit Ibrahim, chaque peuple a ses

coutumes. —Laissez cela sur moi, dit Gritti,, je

L'empereur

vous montrerai le traité. Gritti, reprit Ibrahim, vous nommera les puissances que nous avons comprises dans la paix, et que nous vou-

On ne pouvait empêcher personne de donner une malheureuse interprétation à la lettre de ce prince; mais il n'était pas moins disinsultante.

frère.

la

paix conclue avec son

Ibrahim demanda deux

fois

encore

s'il



lons voir traiter en amies par le roi Ferdinand.

Gritti, relativement au douaire rie,

promis

rômeet

prirent congé sans que

serait

parussent fatigués de

la

vesir ni

Suleiman

longueur de l'audience

qui durait depuis trois heures. Le lendemain

ils

furent appelés chez Ibrahim, auprès duquel se trouvait aussi Gritti.

mes amis,

dit

«Vous

êtes

maintenant

Ibrahim, depuis que vous avez

congé,

la veille.

et

»

reine

Ma-

Puis les ambassadeurs prirent

Ibrahim

les

chargea de compliments

pour son frère Ferdinand. Toutefois

il

se passa

près de trois semaines avant que Junis-Beg leur remit les lettres pour

le roi

Ferdinand

pereur Charles; deux jours après Constanlinople. Avec ces

du pouvoir du sultan: c'est ainsi que nous avons coutume d'écrire il y aura donc également deux lettres pour l'empereur Charles. » Lesambassadeursdemandèrent à voir l'acte

la

;

la

en sclavon«quela parole donnée

lui dil

tenue.

de

Ibrahim se tourna vers Jé-

mangé avec nous le sel et le pain. Nous vous donnerons deux lettres pour le roi Ferdinand, l'une de mon maître, l'autre de moi, qui suis dépositaire

»

Cornélius eut ensuite quelques débats avec

n'y avait plus rien à dire, et les ambassadeurs le

en

de

litre

de

Charles, dirent-ils, n'avait eu aucune intention

posé à l'approbation de

qu'il leur

communiqué copie. « Cela n'est pas dans nos

fût

l'égalité

du

et

de paix en original, ou du moins

ils

et l'em-

quittèrent

noms mensongers de communauté de biens entre le père et le fils il

de fraternité, furent décorées l'usurpation de Hongrie par Suleiman et l'égalité entre le

grand

vesir et Ferdinand. Voilà par quels sa-

crifices et quelles humiliations l'Autriche acheia le

premier traité de paix avec

les

Turcs.

LIVRE XXVIH. —



PRISE 1>E TEKKIS ET 1>E RAGDAD. DESCKlPi ION HE Cllii; CAJJPAGRE CONTRE LA PERSE. CULTE DIRRAHIN. — TRAITÉ DAMIT1É AVEC LA SUPPLICE DISKENDERTSCIIEltM. VILLE.





FRABCE— REMISE DE CONTRE

Après son expédition

magne, après

commence la

si

peu brillante d'Alle-

ses regards à l'Orient et porta

de conquête sur

ses plans

— EXPÉDITION

pais conclue avec l'Autriche,

la

Suleiman tourna

cles,

CORON.

la

Perse. Dès lors

celte alternative, qui dura

de guerre

et

deux

siè-

de paix avec l'Allemagne ou

Perse, de sorte que

de

les traites ave.- l'une

ces puissances entraînaient toujours des hostilités

DE CHURERDIN RAKBEROLSSE ET DE CHARLES

V

TFiNIS.

contre l'autre. L'inimitié naturelle et poli-

tique, résultant de la situation et était fortifiée

du voisinage,

encore par des ressentiments de

races transmis de génération en génération

et

,

pris parti

pour Sclieitankuli, venait tout récem-

ment de

p.is.sir

au service

ques mois ayanj nia

(le

Suleiman. (Quel-

marche sur (huis, U;:Constant i.nople baiser la main du

vint à

sultan, et reçut l'investiture

|a

comme beglerbe;;.

de tout

d llosznkeii',

dépendant de Bidlis, avec un revenu annuel de -2,000,000 d'aspres. Les beglcrbcys de Karaman, Amusia, Sulkadr. de Syrie et du Diarbekr, eurent ordre de l'aider de leurs Iroupes à la conquête de Bidlis.

le territoire

Ulama mit le siège devant

celle ville;mais

Scherif-Beg accourut au secours de

Ottomans

la place, e,

des haines religieuses. Les Allemands et les

les

et de langage; ancêtres de ces peuples, les habitants de l'Iran étaient en guerre continuelle

gnit Suleiman au moment où il entrait dans le Syrmiura dans sa marche sur Gnns ( Imilaii

Persans sont unis par des liens d'origine les

avec

les

peuples de Turan, c'est-à-dire avec

pères des Turcs. Dans les Allemands, voit des infidèles;

dans

ques; combattre de

tels

les

le

Turc

Persans, des héréti-

adversaires est pour

un devoir sacré imposé par

les

le

lui

koran, confirmé

par les fetwas. L'exemple du grand massacre

ordonné dans tout l'empire ottoman lorsque la guerre de Perse avait été imité, sur de moindres proportions, par Suleiman quand il fil immoler les prisonniers gardés

Sclim préludait à

en réponse aux félicitations tardives du schahTahmasip. C'était déjà un affreux indice de la volonté de faire une guerre pour laquelle on attendait seulement l'occasion la plus favoraà Gallipoli,

Le prétexte tant souhaité vint de part et d'autre de la trahison des gouverneurs sur les frontières. Scherif-Beg,chan de Bidlis, s'était détaché du sultan, et avait rendu hommage au schah, et Ulama, lieutenant de Tahmasip dans ble.

l'Aserbeidschan, originaire de Tekke. qui, à l'époque des troubles du règne de Bajesid, avait

se retirèrent. Cette nouvelle attei-

1

1.

l'exemple d'Llama, Sulfakar-Chan, gouvcrnei

persan de Bagdad, qui prenait life

des chalifes ,2

les clefs

de

la ville,

maintenir contre

le

envoyé

avait

,

le titre

dans laquelle schah

;

,

de cUp-

à St|leiina;i il

espérait se

mais bieulùl après,

surpris par quelques serviteurs fidèles de Tahmasip, il fut immolé, et la possession de Bagdad fut de nouveau assurée au schah. L'ambition de Suleiman lui ordonnait de reprendre Bidlis

soustraite

à son pouvoir, et de conquérir Bagdad, qui avaif offert sa soumission: cl les projets de guerre depuis longtemps arrêtés, mais contenus et dissimulés, éclatèrent au grand

jour. Le serasker

grand

noxe d'automne pour

la

vesir partit dans l'équi-

conquête de Bidlis, et

sultan dut, à léquinoxe de printemps, marcher à la conquête de Bagdad 3 le

.

L'armée

était encore,

en deçà de kouia,

fl) Ferdi.fol. 183.

'

Dsehi

|i

«olaksa

li

\

,

F< rdi

et

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

20 campait à Tscliinarlu nouvelle de

lorsque fut apportée

la

D'après

de Scherif-Beg avec

la

la

,

la défaite

la

répartition établie par les rôles pour

des troupes, alors

fourniture

obligé à livrer que trente

le

defterdar

hommes armés.

de ce rebelle, envoyée par Ulama; le gouvernement héréditaire de Bidlis fut confirmé à

n'était

Schemseddin,

de donner, outre son contingent, cent dix cava-

tête

serasker passa l'hiver à

et le

Alep. Les négociations

temps avec

engagées pendant ce

,

commandants persans,

les

facilitè-

Ibrahim liers à

d'un ton plein de bienveillance

le pria

campagne contre

l'ouverture de la

nombre demandé ni l'accorder sans hommes, mais en y comprenant les trente du contingent. Ibrahim

rent la remise des places sous leurs ordres à

rement

l'approche du printemps

réserve, fournit cent dix

;

ainsi se rendirent à

l'ouverture delà campagne Aadildschuwas, Ard-

schisch et Achlath rive septentrionale

Wan

,

trois places situées sur la

du grand

lac,

appelé Lac de

géographes occidentaux, et Lac d'Ardschisch par les Orientaux et qui figure dans Ptolémée sous le nom d'Arsissa. Si de Wan , ville située sur le bord oriental de ce lac on marche au nord en suivant la rive trapar

les

,

,

versant

bord

le défilé

de Bendmahi

,

l'on arrive d'a-

à Ardschisch (Arze), située

dans une plaine fertile, couverte de noyers; à deux stations plus loin vers l'ouest, à Aadildschuwas, dont une

murs a

partie des lac

;

été engloutie par les

encore une marche

,

et

on

eaux du

atteint Achlath

(Chliat), ancienne résidence des princes turk-

mans, qui s'intitulaient rois d'Arménie, souvent désolée par des tremblements de terre et par la guerre, saccagée par Chuaresm-Dschelaleddin - Minkberni

Seldschuks

gischan

,

par

,

,

lorsqu'il

l'arracha

aux

puis par les Mongols sous Dschen-

Tatares sous Timur. Le plan

les

d'Ibrahim était de marcher d'Alep sur Bagdad le Diarbekr et Moszul; mais il fut empêché

par

dans son exécution par le defterdar, qui avait été en même temps nommé kiaja (lieutenant du serasker). Iskendertschelebi,

devenu ministre des finances de l'empire, par la confiance du sultan et par ses propres richesses, était un

homme extraordinairement par sa pompe

rivaliser avec les Il

puissant, le seul qui

magnificence parut vouloir vesirs et même avec Ibrahim.

et sa

avait six mille esclaves

parmi lesquels

trois

cents portaient des bonnets dorés (1), tandis qu'on n'en voyait à Ibrahim que quatre cents coiffés avec ce luxe; aux deux autres vesirs, que

ou

soixante

pagne,

quatre-vingts.

En

entrant en cam-

en revue douze cents hommes de sa suite bien montés et bien armés. le kiaja passa ,

(1)

Ssolaksade, ,

fol.

fol.

246

;

111; Dschelalsade Petsctaewi,

fol.

60.

,

Aali

,

le

,

étouffa son ressentiment prit en

il

haine

alors la chute

mais dès ce moment

;

defterdar,

le

du grand

vesir.

qui souhaita

Ces inimitiés

réciproques furent entretenues par NakkaschAli, greffier

de Syrie

cordes, qui, par

la

grand artisan de disdu defterdar espérait Par ses manœuvres, ou

,

ruine

arriver à son poste.

d'après l'ordre d'Ibrahim,

ment où l'armée meaux portant avant, s'éleva

grand

il

arriva qu'au

mo-

quittait Alep, lorsque les chale

trésor allaient

cri,

le

au voleur!

passer en

Les gens du

vesir accoururent, arrêtèrent trente per-

sonnes de

celles qui se trouvaient près des cha-

meaux, et le lendemain, au milieu des tortures, ces malheureux avouèrent que, poussés par le defterdar,

avaient eu le projet favorisés par

ils

,

ombres de la nuit, de piller le trésor. C'était la une calomnie sans fondement, qui, aux yeux de toute l'armée passa pour l'œuvre du seles

,

rasker

(1).

Dès lors Iskindertschelebi ne vit plus de salut pour lui que dans la ruine du grand vesir. En conséquence il fit servir à ses projets le déserteur Ulama, et, s'appuyant sur des raisons en apparence très- plausibles, il proposa de marcher immédiatement sur la capitale de la ,

Perse, que, d'après les avis les plus récents, le

schah lui-même avait abandonnée. Ensuite

la

ville

de Bagdad devait tomber d'elle-même. Une

fois

dans

le

pays ennemi

,

defterdar espérait

le

précipiter la chute de son adversaire personnel et l'ambition et la à

vanité d'Ibrahim, qui aspirait

l'honneur d'être appelé

le

conquérant de Te-

dans ce piège habilement tendu. La marche fut donc poursuivie dans la direction deTebris. Laissant Bagdad de côté, on passa bris, le jetèrent

l'Euphrate près de Biredschik , et l'on s'arrêta six

événement

les

Persans.Le defterdar ne voulant ni refuser entiè-

semaines à Amid (du 14 mai 1534 au 23 juin)

xxxu e (I)

Dscbelalsade,

fol.

174; Petschewi

,

fol.

61.

LIVRE XXVIII. Dix jours après le Ottomans étaient campés a

pour rassembler l'armée départ d'Aroid

les

,

(1).

Suwarek lorsque les députés se présentèrent avec les clefs du château d'Aunik et de la place de Wan, devant laquelle l'armée de Timur avait été arrêtée trois semaines, où dix mille hommes ,

en vainsefforts durant tout un

s'étaient épuisés

jour pour fairesauter les rochers qui soutiennent

Le gouverneur de Syrie ChosrewPascha fut nommé commandant de la place. Le jour suivant, Emir-Beg, de la tribu turque des Mahmudis, apporta les clefs de Siawan; ensuite la forteresse.

les

châteaux de Harem

,

Bidkar, Ruseni

Chili

,

san au sud de

la ville, et

pour tenir

juge

et des

,

éleva une

la ville

y plaça mille arquebueu bride. 11 établit un

gardes de sûreté pour préserver

les

biens et la vie des habitants; et, en dépit des

fetwas qui imposaient des hérétiques,

sonne ne

fit

il

massacre

le pillage et le

une offense

souffrit

(2).

que subit l'armée d'Ibrahim

fut dans le de Kisildschc-Tagh. Clama et le defterdar l'avaient déterminé à détacher sous leurs ordres

sensible défilé

dix mille

hommes



vers ce passage

la

plupart

furent détruits par l'ennemi (3); mais en com-

pensation de cet échec, dans la

même

semaine

parurent des députés du schah de Schirwaii et

du schah de Gilan, Musaffer-Chan apportant ,

la

soumission

des présents de leurs maîtres.

et

Ibrahim conféra schan à Ulama

,

le

ville,

il

connaissant envers

,

il

visita le

,

Ebu-Ishak-Karsuni. D'Ardschisch, en

fief

au serasker,

qu'il

conféra

envoya à son favori par

il

,

gouvernement d'Aserbeid-

celui d'Irak à Baiender-Oghli-

le

,

;

,

,

,

le

defterdar Iskender,

,

,

après avoir préalablement détaché

Aloisio Gritti avec trois mille

hommes,

confié la

,

le

reis-effendi Dschelal,

et le nischandschi

Sidi-Beg furent revêtus de kaftans. Les troupes

de

la

maison du sultan

,

les janitschares et la ca-

valerie régulière reçurent 1,000 aspres,

ou 20

homme. Le prince de Gilan, MelekMusaffer, vint baiser la main du sultan et lui rendre hommage. Le fils du schah de Schirwan eut le commandement supérieur de la garnison ducats par

de Tebris qui se composa des troupes des begs de Bairburd et de Kumach des begs de Kara,

,

La marche se dirigea ensuite au sud par Miane, Sengan Sultanije, où

que

Cependant le jour même où Ibrahim quitAmid Suleiman s'était mis en mouvement

,

sade-Mtislapha-Tschelebi

victoire dans les provinces (4).

,

le ciel

le serasker.

,

hiszar et d'Adana.

de Skutari

et des autres

Retombeau du grand poète mystique Mewlana-Dschelaleddin-Rumi écouta des lectures du Koran et du Mesnewi assista aux exercices des derwisches. A Erserum, il visita le tombeau du scheich envoyées par

,

Murad-Beg. Ensuite il adressa au Grand Seigneur un rapport sur toutes ces opérations qui devaient donner lieu à l'envoi de lettres de

tait

Wan

reçut les clefs de

places soumises

solennel dans lequel le serasker, les beglerbegs,

d'Esaadabad

du magnifique tombeau deGha-

siers

Kutahije, Akschehr, Konia. Dans cette dernière

La seule perte

blit les quartiers d'été

forteresse près

,

celle

en sorte que pas une per-

à Tebris, éta-

son entrée solennelle

fit

un sandschakbeg et de l'Asie Mineure à son fils Mustapha gouverneur de Ssaruchan. Il traversa Micée, sûreté de la capitale à

grand écuyer Mohammed des présents d'une valeur extraordinaire et, à la nouvelle que les Persans s'approchaient de l'armée du grand vesir, il fut résolu, dans un divan, de marcher vers Tebris. Huit jours après, Suleiman faisait son entrée dans la capitale du schah dont les habitants vinrent au-devant de lui pour offrir leurs hommages et leurs félicitations. Le lendemain les deux armées du sultan et du grand vesir opérèrent leur jonction à Audschan [27 septembre 1534] et le 28 fut tenu un divan

Tenus, Awnik, Bajesid, Waitan, Ichtiman,se rendirent. Le premier jourdel'an 941 del'hcgire, Ibrahim

21

,

arriva

la

nouvelle que

Mohammed

,

le

schah

s'était enfui, et

prince de l'ancienne famille

souveraine de Sulkadr, était passé du côté des

Ottomans; on vit en outre arriver le fils de Schahroch-Beg Mohammed, avec cinq autres, qui baisèrent la main du sultan dans un divan ,

solennel, et reçurent de l'argent

,

des kaftans et

des turbans. La saison avancée rendait très(1)

Dschibanouma

,

p. 411

,

Voy. vu e

livre de celte

histoire.

Ferdi

Ci)

fol. 205, et Dschelalsade Dschelalsade fol. 174 Pelsrhewi

(4)

Jourual de Suleiman du 20 juillet.

(2)

,

fol.

,

,

;

,

fol.

173.

61

pénible la marche vers Hamadan à travers les montagnes beaucoup de bêtes de somme furent perdues; les chemins rompus par les ;

pluies

rcardèreut

l'arrivée

de

l'artillerie.

HISTOIRE DE L'EMPIRE O

22

L'humeur que manifesla le sullaa put encourager les attaques d'Ibrahim contre le kiaja du defterdar

sur

reposait

lequel

le

service de

quartier-maître général: cet officier fut déposé,

son grand

et

aux domaines de

fief réuni

Les chemins

ronne.

la

de

dans

emmener

les

la terre

Sidi-Beg

les

canons furent enfouis

mêmes du nischandschi

les restes

le

,

et qui avait

souhait de reposer près du tombeau

dugraiullmam, quatre jours

Bagdad, après avoir ététrainés furent ensevelis dans le château

,

a

de Schahi. A travers mille obstacles, la route se poursuivit vers Bagdad, dont le commandant, Mohammed-Beg de Tekke avait bien envoyé une lettre de soumission, mais s'élait retiré avec toutes ses troupes. Le grand vesir se détacha eu avant pour prendre possession de la ville ,

sans défense;

de prévenir

ensuite fermer les portes afin

il fit

pillage

le

,

et

sultan par son porte-étendard

,

lui

fit

compter 20,000 ducats et lui assigna la même en augmentation de son traitement an,

somme

nuel sur

les

revenus de l'Egypte

Dans des

(1).

tombeaux d'hommes

portes extérieures masquent les portes inté-

188 de l'hégire, 767 de

rieures. L'an

l'ère

chré-

tienne, elle fut bâtie sur la rive orientale

Tigre par Manszur, second chalife de d'Abbas, qui celle

la

du

famille

dest inait à devenir sa résidence et

la

de ses successeurs

et entreprit cette

,

vre sous une conjonction d'astres

œu-

heureuse,

si

que de trente-six chalifes à Bagdad aucun ne mourut dans l'enceinte des murs de la ville, quoique beaucoup y soient ensevelis (1). La ville reçut son nom comme le prétendent disent les Orientaux

de

,

d'Abbas qui résidèrent

la famille

,

les historiens

de celui d'un derwische dont

,

lente était dressée en ce lieu

même "qu'à

de

;

ou

,

l'époque de la reine Sé-

beau canton d'Hamadan

le

pelé Bagistan ou Terre-des-Jardins est l'entrepôt

l'Inde

,

qui

,

la

plus vraisem-

,

des environs couverts d'arbres

blablement,

miramis

main du sultan, qui

et

,

pieux sanctifiés qui y sont ensevelis. Elle s'appelle en outre Sewra (l'Oblique) parce que les

qui reçut en

,

parce qu'elle fut la

de Burdschulewlia (Boulevard-des-Saints),

fruitiers

les clefs

récompense 500 ducats et le sandschak de Swornik d'un revenu annuel de 300,000 aspres ( 6,000 ducats ). Le lendemain, le serasker baisa la

,

résidence des chalifes de la maison d'Abbas

au

envoya

Darul-Chilafet

à cause de la quantité de

cause de l'impossibi-

et qui est appelé

,

,

nom de

le

plus

devinrent encore

qui était mort en route

,

exprimé

;

;

Persans

les

Darus-Selam (Maison-du-Sabbat) porte encore

celui

au delà d'Hamadan, dans les passages del'Elwend ou de l'Oronte; beaucoup de bêles de somme succombèrent, cent chariots lité

ottoman contre

cou-

difficiles

d'artillerie furent brûlés à

11 OAiAlY

du commerce de

de Baszra

la

ap-

Bagdad l'erse et de

et d'Iszfahan

sur ce point pour gagner

était

("2).

,

se dirige

Syrie et l'Asie

la

Mineure. Elle est entourée de fortes murailles flanquées de cent cinquante tours et baignées

par un fossé profond

le

;

Tigre coule

à l'orient.

plois furent distribués; le reis-effendi Dschelal-

comprend douze mille aunes. Au nord s'ouvre la porte du grand imam, ainsi nommée à cause du tombeau d'Ebu-Hanife, au-

sade-Mustapha-Tsehelebi

quel elle conduit;

divans ultérieurs les

,

les

beglerbegs,

agas furent admis au baise-main

,

begs et

les ;

des em-

l'historien, fut élevé

au poste de nischandschi; Redscheb le remplaça comme reis-effendi, et Ramasan-Oghli-

.Mohammed, qui a écrit aussi l'histoire des Ottomans ei qui devint plus tard nischand,

schi

,

fut

nommé

teskeredschi.

bués des biens de v <

maître des suppliques

Au nischandschi la

furent

,

ou

attri-

couronne d'un revenu de

0,000 aspres (3,600 ducats)

;

au reis-effendi fut

L'enceinte totale

et la le

porte Noire

Tigre

,

;

y a aussi

il

la

,

,

main

mais on voit encore

tenant l'épée à

run-Raschid.

la

On

ne

;

sait

Bagdad, place frontière orientale de l'empire (1)

Journal de Suleiman, du 30 novembre.

si-

il

reste plus

dôme du mausolée de Zobeide

(I)

fameuse,

ne de traces de l'ancien palais des chalifes, du palais de l'Arbre, élevé par le chalife Moktader pour abriter le grand arbre d'or dont les branches portaient à droite et à gauche des statues de cavaliers richement vêtus, ville

cats;

aspres (360 ducats).

porte Blanche

au faubourg de Kuschlar-Kalaasi

tué à l'ouest. Dans cette

conféré un

fief de 50,000 aspres ou 1,000 duau secrétaire du divan, un autre de 18,000

la

porte du Pont conduit, par

Dscliihannuma,

(2) Diixlore

de

p. 454.

Sicile

,

I.

il.

,

le

l'épouse d'Ha-

plus où était située

LIVRE XXVI 11. l'académie de iNisamije

,

la

première de

l'islam,

grand vesir Nisamulmulk; celle que l'avant dernier chalife de la famille d'Abbas, Mostauszir, avait établie sur le modèle de la préfondée par

cédente

le

maintenant d'hôtel des douanes.

sert

,

Les nombreux tombeaux qui ont valu

nom de

à la ville le

Boulevard-des-Saints sont en partie

dans son enceinte, eu partie dans

le

faubourg

septentrional de Ruszafe, ou bien en face sur la

rive occidentale

du

fleuve. Les

tombeaux des

chalifes sont encore, dans leur état de dégradalion

des témoignages de l'ancienne magnifi-

,

cence que ces princes avaient déployée dans palais et les édifices

Deux

sidence.

dad, outre

un nouvel

dont

ils

siècles après la fondation

le palais

édifice

les

décoraient leur ré-

de Bag-

des chalifes, ou vit s'élever

pour Moisedde\\let,de

puis-

la

sante dynastie Buje, qui domina l'Irak persan

arabe (1), devant laquelle tremblaient

cl l'Irak

prince de cette dyAdhadeddewlet, construisit un magnifi-

pays

23

conférant des

,

fiefs

;

quentes visites aux tombeaux de Bagdad, saient les restes d'Ali et de son

fils

pays tout entier, entre

et

consacré par

Tigre

le

cheme, Kerbela

et

Kadesia

de

Mohammed,

Kasim, Takki

les édifices,

toutes les fondations

pieuses ou scientifiques disparurent dans une

mer de

feu et de sang

,

poussée par

le

Mongol

I'u!akuchan(3). L'ancienne Bagdad péril avec le chalifat; la ville la

renaquit de ses cendres sous

domination des dynasties des Ilchans et des du Mouton-Noir et du Mouton-Blanc.

orthodoxes

,

ment

du

du tombeau

du Mouton-Blanc,

lut et

de

la

Durant

celui

Victoire

les

et a tous ses titres Sulei-

de prince de

la

maison du Sa-

(4).

quartiers, Suleiman, avec le grand vesir, s'oc-

cupa de bien établir

le

gouvernement de

ses

nouvelles conquêtes, appliquant le cadastre au

(1)

Ande

l'hégire

toire des chalifes

(3)

An An

(4)

Darus-Selaui

(2)

tion

350 [961), Hadscbi-Chalfa lbn Schohiie.

de Sojnli

imam lui était apparu en songe et lui ordonné de sauver son enveloppe mor-

avait

,

telle de la fureur des hérétiques; en conséquence il avait retiré le corps d'Lbu-Hauife, et

l'avait

remplacé par celui d'un

Le

se-

le

tschausch, avait rendu compte de tout au sulil

chargea de

fit

la

recherche des précieuses

Taschkun

;

bientôt

savoir qu'a l'endroit indiqué par le

tschausch, des ouvriers, ayant fouillé

sol

le

avec des pioches, avaient rencontré de la maçonnerie d'oi'i se répandait une forte odeur de

musc.

A

ce signe irrécusable de le

la

véracité

du

serasker courut au lieu désigné,

main et découvrit tombeau du grand imam. Suleiman s'y transporta lui-même descendit dans le caveau et ioute l'armée fut convaincue que les ossements du grand imam, au lieu d'avoir été brûlés par leva la pierre de sa propre

,

le

,

,

His-

,

,

infidèle.

rasker, informé de ces graves circonstances par

;

378 [988] les mêmes. 656 [12.58], les mêmes. Constitution

administrative des

p. 450.

,

l'enlève-

sublime

gardien,

quatre mois d'hiver passés dans ces

avait découvert en

et la dispersion des dépouilles sacrées le

celui-ci

ces

de souiller

Heureusement

tschausch qu'avant

de sang, y éleva des montagnes de cadavres. Schah-Ismail, fondateur de la dynastie des

man joignit

même

saint.

reliques le pieux professeur

domination des prin-

der-

du grand imam Rbu-Hanife, qui par les Schiites, sans que

Comme Dschengis-ChamTimur inonda Bagdad

la

le

la terre (3).

été détruit

avait

lan;

arracha Bagdad à

Eze-

la famille

caverne par laquelle

princes

Ssafls,

,

Suleiman s'attacha surtout à la recherche du tombeau du premier des fondateurs des rites

confidence à un

tous

prélendus tom-

Adam Noé,

imams disparut de

nier des douze

sur les

Dschemds-

,

Hasan, Husein, Askeri

Ali,

(2); la

l'ancien gardien

:

,

les osse-

la foi

chiel,Esdras; ceux des six imams de

Le palais fut incendié avant même la conquête mongole lorsque ChuaresmSchah-Dschelaleddin-Minkberni saccagea la ville

les

;

beaux des quatre prophètes

son parent, Scherefeddewlet, un

,

là le pèlerin

;

ments amoncelés des martyrs de champs de bataille de Lemlem

et brûler les restes

(2).

Huseiu ( I ). Le

légende islamite

la

les sacrilèges s'abstinssent

et

des

l'Luphrate, est

considère avec un religieux respect

nastie,

observatoire

fré-

et

pèlerinages à Kerbela et Nedschef, où repo-

les chalifes; le plus f,rand

que hôpital,

de

aussi

fit

il

Journal de Suleiman) 18-23 mars. Dschihannuina Ives, Seslini Otter Tavernier Olivier. (1)

,

(2)

politique et organisa-

Ottomans, première partie

,

,

,

,

Niebuhr

,

,

Mouradjea d Ohssnn

'3)

mau

,

p. 288.

,

Tableau de

l'e

npire ollo-

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

24 les hérétiques,

comme onl'avait

cru jusqu'alors,

élaient restés miraculeusement conservés puur

être découverts par le

grand vesir

Grand

et le

Seigneur. Cette circonstance agit alors sur

moral des troupes

comme

,

autrefois la décou-

verte du tombeau d'Ejub enflamma

du conquérant Mohammed

le

les soldats

des tschauschs

avec des lettres de victoire à Venise et à Vienne. il

campagne. En partant,

expédia un second message

a Fer-

dinand, pour se plaindre du meurtre de Gritti (1;. Durant l'hiver passé à Bagdad, Ibrahim sentit croître ses ressentiments et sa passion

de

mille arquebusiers et mille ulufedschis sous les

l'ancien gouverneur du Diarbekr. Le 2 avril, Suleiman se remit en mouvement avec l'armée, dans la direction lieu

de poursuivre la même il prit par le Kurdis-

tan et Meragha. La monotonie de cette

de

trois

l(smouvementsduschah,quis'étaitretiréde\Van avec son armée, sur le passage du prince persan

Sam-Mirsa dans

rangs ottomans

les

venir redoutable

de François

mêmes

,

tant qu'il n'était pas

condamné

à mort; et cette le

condamnation, ce ne fut point grand vesir qui la prononça mais bien le ,

sultan poussé par les artifices d'Ibrahim.

jour de divan

Un

avant que le second et le troisième vesirs fussent arrivés à l'audience du sultan

,

où se trouvait déjà leur supérieur, l'ordre

,

du supplice du defterdar déposé schelebi sortit de

1

intérieur:

il

,

Iskendert-

même

devait

l'arrivée et

(1), et

un Persan. L'envoyé de France était er I

;

camp de Suleiman

campagne de Vienne;

le le

lorsque

le

sultan marchait

sur Guns; le troisième, Laforêt, vint en Asie

apporter

les félicitations

conquête de Bagdad. vorable que

le

de son maître sur

chan persan Ustadschlu, qui deux

fois

présenta en vain des propositions de paix (2).

A

Tebris, le souvenir des fatigues et des souf-

étaient attribués à

janitschare et sipahi reçut 20 ducats

cour; ses biens étaient

la

confisqués au profit de la couronne.

Peu de jours

après, son beau-père, Huseintschelebi tète tranchée.

eut

,

la

Iskendertschelebi ne possédait

point celte énorme quantité d'esclaves par amour d'une vaine pompe; il voulait ainsi avoir

des jeunes gens capables d'où il tirait, pour occuper les emplois, les sujets qui s'étaient le plus

dans l'administration ou sur

distingués

champs de

bataille.

les

Sept de ces esclaves parvin-

la

reçut un accueil plus fa-

11

frances de la marche

;

part

présenté im-

s'était

Binçon, avait paru dans

la

le capitaine

le troi-

hommages delà

premier

le

médiatement avant second,

sur

prochaine d'ambassadeurs, un Français

pendu ignominieusement sur la place du marché de Bagdad ses six à sept mille esclaves ne devaient pas être vendus publiquement; ils

être

marche

mois fut interrompue par des avis sur

sième qui venait offrir des

jours les

,

route que précédemment,

vengeance contre Iskendertschelebi, qui. étant déposé, n'était pas menaçant par sa puissance contre le grand vesir, mais pouvait redecar ses richesses étaient tou-

comme eu pour garnison

le palais

laissa

il

ordres de Suleiman-Pascha

de Tebris; mais au

II.

De Bagdad, Suleiman envoya Plus lard,

servassent les gardes dans

longue

si

et

si

pénible fut

effacé pardes distributions d'argentaux troupes

aux feudataires. Chaque

et des gratifications

;

chaque

de 1,000 aspres de reveuu eut une augmentation de 200 aspres. Le sultan s'établit dans le palais du schah, le grand vesir possesseur d'un

fief

serasker coucha seul sous

le

même

toit

que son

maître, les autres vesirs campèrent sous des tentes.

Le sultan

serasker assistèrent à

et le

prière publique dans

Hasan, tandis que

les

la

janitschares élaient ran-

gés autour du temple

,

et

que

les

begs se

te-

rent aux dignités de vesirs et de grands vesirs.

naient à cheval. Le séjour de deux semaines

Parmi eux

Tebris fut employé à l'organisation

kolli

,

se distingua surtout

Mohammed-So-

dernier grand vesir de Suleiman

quérant de Szigeth. Lorsque Suleiman

Bagdad,

ses quartiers d'hiver à

que

les

escadrons de

il

la cavalerie

avait

,

con-

établit

ordonné

régulière, les

sipahis, les silihdars, les ghurebas et les ulu-

fedschis de

(1)

l'aile

droite et de

Leltre de Suleiman

thèque impériale

;

dans

le

l'aile

gauche ob-

du 15 février, à la biblioCodex, Hisl. prof. c. vj. ,

la

mosquée du Sultan-

du pays;

il

y eut des supplices ordonnés, des nominations à des gouvernements et des expéditions de let-

au cérémoque désormais les deux beglerbegs de Rumili et d'Anatoli ne siégeraient plus dans le conseil avec les vesirs ; tres

de

nial

du divan

victoire. ,

-Quant

il

à l'ordre et

fut établi

(1)

Journal de Suleiman

(2)

Journal de Suleiman

,

,

31 mai 1535.

22 juin, 4

juillet

LIVRE XXVIII. que

le

ans

25

premier seul y paraîtrait, et que le second admis que dans les cas extraordinaires,

avait accordé ce partage généreusement, sans ré-

Les

serve ni soupçon ,avec cet esclave grec tiré delà

n'yserait

lorsqu'il aurait

quelque proposition à

faire.

gouvernement avec son maître. Suleiman

le

autres beglerbegs devaient se tenir en dehors

poussière, dont

de

Ibrahim, au contraire

du conseil immédiatement devant la porte (1). Le beg Kurde Schifkat soupçonné d'intelligence avec les Persans fut déla salle

,

,

,

Dans

capité avec cinq des siens. tion des

gouvernements

,

le

celui des pays situés au delà

la distribu-

plus important

du fleuve de

Kisil-

usen, qui dépend de l'Irak, fut conféré au prince

Mirsa

frère

,

du schah. Le sultan

vesir écrivirent à Venise,

pour y

et le

grand

faire savoir la

faiteur

grand

si

avait fait son ami, son frère;

il

et

si

son humilité, fermé le



,

avait étouffé tous les souvenirs de

l'orgueil,

sépare

ingrat envers son bien généreux emporté par

,

les

yeux sur

distance qui

la

maître de l'esclave, pour s'élancer dans

une carrière d'ambition sans

limites.

On

déjà son délire lorsqu'il étalait devant les

bassadeurs de Ferdinand puissance et

la

et

du doge

a

vu

am-

sa toute-

soumission du sultan à ses vo-

murmures des habi-

conquête de Bagdad. Le secrétaire d'État Dsche-

lontés;

lalsade mit à profit les quinze jours passés à

tants de Constantinople. indignés

Tebris

sultan, commeensorcelé par Ibrahim, se fût rendu

,

les plus



il

pour

recueillir les éloges des

Persans

son histoire de Suleiman, La marche de Tebris à Con-

lettrés sur

les a insérés.

dans

on a rapporté

demeure de

la

L'armée aussi

vesir.

stanlinople dura six mois, et Suleiman rentra

les

triomphant dans sa capitale, après une absence d'un an et demi [8 janvier 15361.

Iskendertschelebi

à

les

de ce que

du grand

Gritti esclave

Alep avait murmuré sur

trames ourdies pour détruire ;

le

le

defterdar

hautement

elle avait éclaté

lorsque cedignitnire, déjà déposé par l'influence

Le premier soin d'Ibrahim a Constantinople fut de mener à fin le traité de commerce avec la

d'Ibrahim, avait été conduit au dernier supplice.

Dans l'aveuglement de son triomphe,

France, qui fut conclu par l'entremise de l'ambassadeur français Laforèt. Dans cet acte, on

de

ruine de son ennemi et de

prit

des mesures pour

la liberté

de

la

navigation

la

au retour de

pour

déjà

procédure criminelle dont les cas devaient être portés par lekadi à la sublime Porte, sans que jamais la décision put être rendue en la

du jour le

la

comme

de Bagdad, Ibrahim, Perse, fit proclamer ses ordres

l'armée

à

fort

condescen-

dance dusullan. orgueilleux de ses succès

conquérant de Tebris

et du commerce pour l'indépendance absolue delà juridiction des consuls en matières civiles; ;

la

,

au

et

nom du

seraskersultan

defterdar Iskendertschelebi

;

lui avait fait

des représentations contre son désir de prendre ce titre, auquel

il

se croyait autorisé peut-être,

l'absenced'un interprète français. Pourlesdetles d'un Français fugitif, on ne pouvait s'en pren-

les gouverneurs des sandchaks kurdes s'appellent aussi sultans. Après

dre ni à un autre Français, ni au consul

l'exécution d'Iskenderischelebi, Ibrahim jugea

;

il

fallait

s'adresser au roi lui-même.

parce qu'en Perse

moment

favorable pour se faire appeler se-

Tout sujet français dans les États ottomans avait la faculté de tester; les biens composant la succession devaient être remis entre les mains du consul les esclaves des deux nations devaient être de part et d'autre rendus à la liberté; à l'avenir, aucun prisonnier de guerre ne pourrait plus être réduit

effrénée du présomptueux favori donna la première impulsion pour le renversement absolu de sa fortune. Suleiman craignit qu'Ibrahim, à

en esclavage

l'exemple de l'ancien grand vesir

;

Le

(2).

le

raskersultan, titre qu'il regardait probablement

comme

le

premier degré pour

s'élever à la sou-

veraineté; mais ce premier acte de l'ambition

de commerce avec la France est le dernier acte politique du tout- puissant grand

verneur rebelle de l'Egypte, ne

vesir Ibrahim, qui partageait depuis quatorze

D'ailleurs

il

qu'il avait

eue dans un songe,

traité

(1) Journal dp Suleiman

13 juillet. Flassan, Histoire générale et raisonnée de la diplomatie française, 1. 1. Il y a là une erreur de dale: de 1536.

trahison.

par une terrible vision la

nuit qui suivit

,

1535

lieu

suivre bien-

une

l'exécution d'Iskendertschelebi à Bagdad. L'in-

(2)

au

tôt sa qualification nouvelle par était agité

Ahmed, gou-

fit

fortuné defterdar

mière céleste, et

lui était

apparu dans une lude reproches de

l'avait accablé

ce que, cédant aux artifices d'un perfide vesir,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

20 il

entraîner a l'immolation d'une

s'était laissé

innocente victime. Le spectre

Suleiman,

s'était jeté

sur

menaçait de l'étrangler, lorsque

cl

le

sultan sortit de son affreux sommeil en poussant

de grands

cris (1). L'impression fut

profonde

et

deux événements des deux dernières années, , auraient interrompu le récit de la campagne de Perse car le théâtre de ces événements, c'est l'Europe et l'Afrique; à

qui, rapportés plus tôt

;

et d'ailleurs

durable, et néanmoins, plus tard, Suleiman

de

garda près de sa personne Ibrahim pour aller visiter les tombeaux des saints; il l'avait à ses côtés

'l'unis,

pour faire son palais

la

prière publique à Tebris;

il

partagea

la

s'agit

il

d'entreprises maritimes,

Coron

reprise de

de

et

la

conquête de

d'abord par Chaircddin-Barberousse, puis

par Charles V. Tandis que les ambassadeurs de Ferdinand négociaient la paixàConstantinople,

que la mesure fut comblée; le sultan céda pleinement à la terreur que lui inspiraient la toute-

de l'empereur de restiFerdinand était laissé dans la possession exclusive de la Hongrie, Suleiman faisait partir l'ancien sandschak-beg de Se-

puissance et

mendra. Jahja-Pascha-Oghli-Mohammed-Beg

Ce

,

couche avec ce vesir. au bout d'un an et d'un jour

sa retraite et sa

fut seulement

trahison de son favori, soit à

la

cause

du mépris

effronté d'Ibrahim pour le

Koran

et les livres

de

la loi,

soit

pour quelque

inconnue a la majesté impériale, que Suleiman voulait peut-être tenir secrète. Quoi atteinte

en

qu'il

pendant

soit,

mois de Ramadan

le

[15 mars 1535], Ibrahim s'étant rendu

comme de coutume au

la

nuit

et présentaient l'offre

tuer Coron

,

si

avec une armée et une flotte de soixante-dix

pour reconquérir Coron. Cette

voiles

flotte fut

battue par l'escadre d'André Doria, plus faible

de moitié, et perdit deux bâtiments avec cinq cents janitschares.

Cependant Coron

fut étroi-

tement resserrée du côté de terre par

trou-

les

nourrie vingt

pour y souper avec le sultan, puis y dormir dans la même chambre à coucher, le lendemain ou le trouva étranglé; et il ne se laissa pas immoler sans défense, car

pes de siège. La garnison

un siècle après on montrait encore dans le harem les traces de son sang versé. Son cadavre fut

chassés de la ville par la faim, et qui étaient ve-

sérail

enseveli dans le couvent des derwisch de Galata

;

mais

il

ne

de mausolée au-

s'éleva point

deSsus de ces tristes dépouilles. Longtemps arbre indiqua Ainsi

la

un

place où elles étaient déposées.

s'était

jours de chair de cheval et d'âne cette nourriture lui

de

manqua

elle

Grecs

ses chaussures. Dix

,

;

et lorsque

mangea du

cuir

qui avaient été

nus chercher quelques aliments dans

camp

le

ottoman, furent écorchés par les Turcs et rôtis sur une broche de fer (1). Alors les Espagnols perdirent courage et négocièrent avec le com-

mandant turc

et quittèrent la place

lieutenant de Charles

V

en

dont Pignaenle-

Grec orgueilleux qui, d'esclave et joueur de violon, était devenu ministre absolu

telli

,

ver

la

généralissime des troupes de l'empire; qui gagna d'abord l'esprit de son maître par des rlat-

de préserver, durant la guerre de Perse, la Méditerranée d'entreprises comme celle de Doria sur Coron, Suleiman, ou plutôt Ibrahim avait remis toutes les forces mariâmes de l'empire ottomau sous le pouvoir absolu de Chai-

finit le

teriesadroites puis, grâce à ;

dans

le

gouvernement

taille, se l'était

d'i

mmenses services champs de ba-

et sur 1rs

attaché par les liens de

naissance, et avait

fini,

la

par l'habitude et

reconla

force

de son caractère, par le soumettre entièrement

à

Sicile, fit

grosse artillerie sur des vaisseaux. Afin

reddin, assez connu dans l'Europe sous

de Barberousse, mais sur

la vie

nom

le

antérieure

du

grand vesirfavori du sultan, conquérant de Tebris et de Bagdad, qui fit

quel on a jusqu'ici donné peu de notions exactes

trembler Vienne,

le

cessaires, tirées de la meilleure source, des

deux cents

que comptera bientôt l'empire

mentaires des actes de Chaireddin,que ce chef

ottomau, nul ne s'éleva si haut, nul n'ébranla si fortement les esprits par le bruit de sa chute.

par ordre de Suleiman, dicta au tschausch Sinan

ses vblontés. Ainsi finit le

vesirs

Maintenant

il

est

serasker sultanlbrahim.

De

Nous

et

allons citer

ici les

circonstances les plus né

dont Hadschi-Chalfa

a inséré

un

com

précis dans

nécessaire de nous reporter

Résumé rapide des événements re(1) Anton. Doria marquables qui se sont passés dans le monde au temps dans les appendices de G-aebel p. 34; de Charles V ,

(I)

man,

Muuractjea p.

d Otasson

386, édition ln-8°

mans Dschelalsade

,

Tableau de l'empire otto-

,

,

d'après les historiens otto-

SsolaUsade

tous rapportent ce songe.

,

Aàli

,

Petscbewi, qui

;

IVtscbewi

ment,

fol.

,

fol.

241.

,

58

;

Ferdi

,

fol. li)3

;

Aali

,

kxiv' événe-

LIVRE XXVIH. l'histoire

des guerres maritimes des Ottomans.

Lorsque

Mohammed

II

conquit Mitylène,

Jenidschewardar

rumiliote Jakub de

sipahi

dans

s'établit

De

Pile.

le

ses quatre

fils,

Ishak,

Urudsch.Cliisr depuis Chaireddin Barberousse);

marchand à Mitylène les commerce maritime, exercèrent la piraterie sous les règnes de Bajesid H et deSelim I er Elias périt daus un combat contre les Rhodiens; Urudsch fut pris, puis remis eu liberté, grâce aux intercessions du prince korkud, alors gouverneur sur la côte de Karamanie. Urudsch et Chisr, audacieux et heureux pirates entrèrent au service de Mohammed premier se

Elias, le

fit

;

trois autres firent le

.

,

,

ar

priée, sous la réserve toutefois des droits

de haute souveraineté conservés au sultan des Ottomans. Il envoya Hadschi-Husein déposer sou er

hommage aux pieds de Selim

I

qui

,

conféra

lui

de beglerbeg d'Alger. Cependant les deux frèresMesud et Abdallah, qui de Telmesan le titre

revinrent avec une ar-

s'étaient enfuis à Fez,

mée pour reconquérir l'héritage paternel. Chaireddin chassa Mesud et installa Abdallah

comme seigneur de Telmesan; mais sous

la

toujours

réserve des droits de haute souveraineté

pour le sultan Selim, et en imposant un tribut annuel de 1,000 ducats à son profit à lui-même. Chaireddin dut quitter Alger, pressé qu'il était

sultau de Tunis, de la famille des Beui-Hafsz.

par une armée tunisienne et aussi par

Ayant capturé un vaisseau marchand français chargé de drap ils l'envoyèrent à Constantino-

arabes: puis

plepar Muhijeddin-Reis, neveu du fameux ke-

d'abord ses armes contre Abdallah de Telmesan,

,

mal-Keis, et en récompense

la

Porte leur donna

deux kaftans. Alors ils équipèrent dix bâtiments pour une entreprise coutre Budscha et Dscherdschel sur la côte d'Arleux galères et

,

frique.

Chaireddin planta sa bannière

dschel; son frère

Urudsch

à

Dscher-

se rendit à Alger;

lui-même se dirigea sur Tunis où il trouva es deux galères envoyées de Constantinople, ?t son frère lshak arrivé de Mitylène. C'était ,

moment où

e

le sultan

Selim entrait en con-

quérant dans l'ftgypte, où Kurd-Oghli lui fut iéputé pour lui rendre hommage. Urudsch ivait à

outre

Alger une position la

flotte

espagnole

unes aux chrétiens; ^rendre

la

fuite

difficile à

maintenir

et les tribus

arabes

Arabes finirent par en abandonnant douze mille les

les côtes

qui

de

lui

alla

A son

Sicile.

nom de

accorda

Selim

paix

la

,

années écoulées,

et se

ivec le troisième frère Ishak, porta la

guerre

à

établis depuis

quatorze ans. Cinq cents Espa-

château fut rasé l'Ile

;

du continent

fut comblé, et neuf grands

vaisseaux espaguols

,

accourus pour délivrer

forteresse, n'en trouvèrent plus

il se saisit ainsi que de deux mille sept cents prisonniers. 11 détacha le capitaine de vaisseau Udin-Reis, pour aller porter le pillage sur les côtes de France et d'Espa-

gne.

Lui-même captura sur

il

se l'était appro-

Espagnols quinze

un rapport sur

Alors

un

Barberousse rencontra

saire redoutable

succès

Il

adver-

dans André Doria, amiral de

repoussa l'attaque de ce marin sur

Dscherdschel, puis ravagea ei

le

ses expéditions.

s'étaient joints ceux

meurtre de Selim

les

bâtiments, en brûla trois autres a son retour,

naitre d'Alger; car après le la ville,

la

aucun vestige.

ec quinze galères Chaireddin s'avança coni re

\

Charles V.

erruer souverain de

le

resserré qui séparait

le détroit

de la garnison mais il partagea le sort son frère Ishak. Ainsi Chaireddin se trouva lésormais seul et dans l'isolement mais il était :

Redevenu

gnols tombèrent vivants entre ses mains,

èr des chrétiens. Ensuite

;

condition que

pas arraché aux Espagnols l'ile située en avant de la ville, où les chrétiens étaient

de

la tète

prière

le tribut.

assuré dans cette possession tant qu'il n'au-

et adressa à la Porte

le

à la

la

rait

lont la garnison ainsi qu'Ishak périrent par le

i

de payer

maître d'Alger, Chaireddin ne se crut point

relmesan. Les Espagnols accoururent et livrèent l'assaut à la forteresse de Kalaalol-Kilaa,

ils assiégèrent Telnesan durant sept mois; Urudsch fit une sortie

et

soumettrait pour l'avenir

A

la famille Hafsz. Tous deuxs'enChaireddin resta dans Alger; Urudsch,

porta tout

il

à un tribut annuel de 20,000 ducats.

l'escadre espagnole, dont

ïiirent.

retour,

mais

•hameaux,

leux frères de

tribus

ce vassal déposerait 10.000 ducats pour les six

ie

et la flotte se retira. Les frères tournèrent alors contre Tennes et Telmesan, illes qui étaient également sous le pouvoir de

les

exercer ses déprédations sur

dispensé de faire réciter

s'était

publique au Il

il

les côtes

de France

de Gènes avec ses bâtiments légers auxquels

de Dscherbe. Le

fils

du

corsaire Sinan de

de Chaireddin

,

l'ile

Hasan-Beg

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

28

déjà capitaine distingué de corsaires, marcha

cun d'eux fut assuré d'une

sur les traces de son père. Le tschausch Musta-

qui passa l'hiver à Alep

pha

Chaireddin put

savoir à Barberousse que Suleirnan étant

fit

en paix avec

le roi

de France, sa volonté

était

solde.

Le grand

vesir,

demanda au sultan que

,

envoyé pour recevoir

lui être

l'investiture et des instructions selon sa posi-

Le capitaine de corsaires voulut montrer

que les côtes françaises fussent épargnées. Alors Chaireddin, d'accord avec les Maures cruellement opprimés sur la côte d'Espagne, arriva près d'Oliva avec trente-six galiotes pour recueillir ses infortunés co-religionnaires. Dix mille de ces malheureux furent embarqués en

tion.

même

prit place avant tous les autres beglerbegs, baisa

sions 11

,

temps. Les transports maritimes firent

Mau-

sept fois ce voyage, et soixante-dix mille

res quittèrent l'Andalousie pour aller peupler

de Barbarie. Dans

la côte

parmi

les prisons

les sept mille esclaves chrétiens

d'Alger ,

se trou-

vaient les capitaines et les équipages de la flotte

du général espagnol Portundo combat contre Chaireddin,

qui, dans

avait

perdu

un

la vie

pas moins rapide à remplir les misdu Grand Seigneur par terre que par mer.

qu'il n'était

un

dans

comme beglerbeg main du grand

la

solennel l'investiture

divan

d'Alger (1), en cette qualité vesir, prit part

jours à de magnifiques festins

Constantinople

nal

sous la direction de Chaireddin, à con

(3),

lui-même en avait amené dont cinq appartenaient à des

Pour relâcher vingt des principaux

dix-huit d'Alger

,

Chaireddin demanda 20,000 ducats. Les captifs

aventuriers volontaires.

se flattèrent de s'affranchir

our-

flotte était

ceux

Dans

dirent un complot qui fut découvert

qui dirigeaient

,

;

ils

et

trame furent mis à mort. Chaireddin épargna les autres dans l'intérêt de la

ses vaillants corsaires Ssalih-Reis et

Torghud

qui alors se trouvaient dans les fers des chrétiens.

Ensuite Chaireddin

fit

pour

ses préparatifs

La

force entière de la

de quatre-vingt-quatre bâtiments. tandis que Suleirnan marchait con-

l'été,

tre la Perse, Chaireddin-Pascha dirigea sa course

Dans le détroit de Messine il surReggio, que les Grecs, transportés en ce de Coron et de Modon, quittèrent à l'ap-

vers rilalie. prit lieu

proche de

la flotte,

abandonnant

se rendre à Constantinople, où Suleirnan l'avait

aux Turcs. Barberousse resta

appelé après

détroit;

de concerter

la

le

prise de

Coron par Doria

,

afin

plan des entreprises maritimes

contre Charles V.

Il prit à son bord le frère du seigneur de Tunis, qui seul, sur quarante-cinq

frères, avait

échappé au massacre par lequel

le

de retour

le

struire des vaisseaux;

eux-mêmes

durant deux

et fut

,

22 (2), après avoir fait ses dévotions à Konia au tombeau de DschelaleddinRumi, à Brusa sur celui de Seid-Buchari. Durant tout l'hiver on travailla dans l'arse à

avec sept de ses vaisseaux ; un seul avait échappé. officiers

Alep

se rendit à cheval avec ses officiers à

reçut

la

six vaisseaux

nuit dans le

conquête de Malte;



il

rêva

lendemain

il

emporta d'assaut

la

le

Lucido,fit huit cents prisonniers

S.

la place

aux flammes.

château de Citraro

;

traita

Il

puis

il

le

château de ,

et livra

même

de

le

saccagea la côte

napolitaine, porta le fer et le feu dans Sper-

sultan Hasan à son arrivée au pouvoir avait jugé prudent d'assurer son trône. Sur sa route Barberousse prit devant Messine dix-huit vaisseaux, enleva les équipages et brûla les bâtiments en vue du port. André Doria, qui venait de conquérir Coron, avait fait voile de Prevésa vers Brindes; Chaireddin détacha à sa poursuite

jeunes

vingt-cinq vaisseaux qui atteignirent sept bâti-

vingts beaux esprits italiens, dans les langues

ments ennemis et en capturèrent deux. Chaired-

grecque, latine et italienne

,

din

fit

,

sa jonction avec le

kapudan de

longa. Mais ce qui attira Barberousse à Fondi plus que le désir d'enlever des

et se dirigea vers

où il arrivabientôt après le départ d'Ibrahim pour la Perse. Une demeure lui fut assignée dans l'arsenal; le lendemain il alla baiser la main du sultan avec huit de ses capitaines de ple

vaisseau;

ils

furent revêtus du kaftan, cl cha-

si

femmes

et des

fameuse de Giu-

Gonzaga, épouse de Vespasiano Colonna, sœur de la divine Jeanne d'Aragon dont les charmes ont été chantés par deux cent quatre,

la flolte

Constant ino-

ce fut la beauté

lia

Mais non pas aussi

(1)

ottomane, Ahmed,

filles,

que

le dit

comme Kapudan-Pascha,

en

ainsi

par erreur Hadscbi-Chalfa, dans son Histoire

des guerres maritimes et dans

les

Tables chronologiques.

Dschelalsade,fol.l70;Ssolaksade,fol. 110; Pet-

(2)

schewi

,

fol.

(3)

Dans

(4)

11

5011a

(4), et sa rivale

;

59; Aali.

les

tempio

commentaires de Chaireddin alla divina

Veaet., 1555.

S.

,

fol.

80.

Donna Giovanua d'Ara-

LIVRE XXVÏ1I.

20

attraits; elle eût été une digne conquête pour le harem de Suleiman. Les corsaires débarquè-

dégoût pour ses débauches, et ne sentirent plus que leur ancienne affection pour une dynastie

belle put à peine,

de trois cent cinquante ans, que leur répugnance pour le jougottoman ils invitèrent le sultan, qui

rent si mystérieusement que

la

au péril de sa vie, s'élancer en chemise sur un cheval, accompagnée d'un seul chevalier quelle fit

ensuite poignarder, soit qu'il eût trop osé

ou

qu'il eût

auxquels

la

par

dame

mais Chaireddin

échappé déchargèrent images de la Vierge qu'ils

avait

mirent en pièces, sur ,

les

tombeaux des ancêtres

qu'ils détruisirent après les avoir

dépouillés de leurs riches ornements

de Fondi dura quatre heures.

pendu dans l'église de Fondi

Un

(1).

Le sac

tableau sus-

Le ravage de

le

véritable

Hafsz,

Arabes

les

sultan détrôné.

la

cause de l'isthme étroit qui conduit de

au

ville

lac

,

rendit ensuite sans résis-

se

(1).

La possession de Chaireddin ne dura que peu de mois

,

car l'empereur Charles V, cédant aux

leresque de conquérir Tunis, non pas pour lui-

trois ans,

san, vingt-deuxième prince de

le

le sullanlui ,

800,000

de quatre-vingts vais-

A Tunis, depuis

(2).

repoussa

,

mit en fuite

ville;

artille-

prières de Mulei, avait pris la résolu! ion cheva-

avait fourni huit mille janitscharcs flotte

le désert, et

de son

était

but de l'armement de Chaireddin; ce but

laconquètede Tunis, pour laquelle

Mulei-Hasan prit la

faisant usage

Le château fort d'Halkolwad, situé à neuf milles de Tunis , dont le nom arabe signifie la Gou-

côte d'Italie n'était qu'une

la

,

admirablement servie

dans

tance

attaque simulée destinée à couvrir

ducats, et une

rie

les tribus arabes,

lette, à

a perpétué le sou-

venir de cette horrible nuit.

seaux

à venir disputer sa résidence aux Turcs. Soutenu

trop vu dans cette nuit. Les Turcs

leur colère sur les

de Colonna

;

chez les Arabes habitants des côtes,

s'était enfui

Mulei-Ha-

la famille

Beni-

qui depuis trois siècles et demi domi-

même

,

mais pour

le

souverain légitime, et de

châtier en personne Barberousse devenu

la ter-

reur des flottes chrétiennes. Le jour de l'anniversaire de la prise de Constantinople ["29 mai], à

Barcelone, au bruit de

nait dans la ville et les environs, était assis sur

et des salves d'artillerie

un trône cimenté parle sang de quarante-quatre

flotte

la il

musique

militaire

s'embarqua sur

la

frères (3). Livré à la mollesse el à la débauche,

composée de cinq cents vaisseaux qui avaient à bord des troupes allemandes, espa-

au lieu de s'occuper a équiper

à exercer l'ar-

gnoles et italiennes. Les bâtiments étaient com-

mée, il ne songeait qu'à augmenter son harem, composé de quatre cents beaux jeunes garçons.

mandés par André Doria, les troupes de débarquement par le marquis del Guasto sous la direction suprême de Charles. Le 16 juin 153G

La Porte prétendit

le

,

détrôner, et mettre à sa

que Chaireddin avait En conséquence la Hotte turque parut devant Tunr.c Au moyen de la trahison de deux renégats au service d'Ha>an Chaireddin entra dans la ville avec cinq mille cavaliers parlaportede la Mer, et pénétra Berne dans le château (4); mais, aux seuls cris

place Raschid, son frère,

furent débarqués devant

emmené

Allemands

à Constantinople.

,

>ie Vivent le sultan et

point prononcer le

Chaireddin n'entendant

nom de

!

Raschid, apprenant

jueccprincen'étaitpasmêmeàbord delà

i

flotte,

bu'il était resté à Constantinople, les habitants

jublièrent leur horreur pour le fratricide, leur

(1)

Leandro Alberti, Descrizzione di

L^en., 1581, (2)

Doria

p. ,

tulta

l'Italia

dans l'appendice de Gœbel

11

,

p.

34

,

et Sa-

avait quaranie-ciuq frères. Nochbetet-Tewaricb

V es Beni-Hafsz régnèrent depuis 551 de l'hégire, 1156. |

(4)

Sagredo, p. 202.

la

Coulette d'abord

les

puis les Espagnols el enfin les Ita-

Deux tours, séparées par un intervalle d'un mille à peu près, formaient le principal liens (2).

boulevard de

la Goulelte, qui était la clef de où se trouvait aussi le grand arsenal de Chaireddin. La défense de ce poste si important, auquelse trouvait attachéle sort delà ville, était

l'unis,

confiée au capitaine de corsaires Sinan

(3). Le un mois; les assiégés firent Dans la première, le duc de

siège régulier dura trois sorties (4).

Sarno fut tué; dans

(1)

la

troisième,

le

marquis

Sagredo, 213. Hadscbi-Chalfaj, hisl. des guerres fol. 20, dans les commentaires de Chaireddin,

maritimes,

jredo, Ven., 1688, p. 210. (3;

;

137.

,

xxvi* recueil. (2)

Armerius, dans

de 1556;

p.

l'édition

de Basle de Chalcondylas,

535.

(3)

Robertson,

liv. v.

(4)

Le 23,

et le

le

25

26 juin. Etrobius.

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

30 de Mondeia fut

Le second jour du siège

blessé.

ne

d'ailleurs

lui

que par contrainte.

obéissaient

un bâtiment marchand turc richement chargé

Ses troupes consistaient en neuf mille sept cenls

d'épiceries parut devant le port de la Goulette,

hommes, les trois quarts asiatiques du gouvernement de Meraasch; les autres étaient des

et

déploya bientôt ses voiles en découvrant

les

vaisseaux espagnols. Ceux-ci lui donnèrent le

lequel

était

qui portait

arboré

le

le

le

cardinal Granvelle et la chancel-

Le bâtiment

lerie.

la

grand vaisseau sur grand aigle impérial,

plus ardent fut

chasse;

turc fut pris, et son charge-

ment, évalué 3,000 ducats, donné à l'amiral Doria. Pendant la durée des opérations plu,

hommes de

en vint aux mains,

et

implorant sa faveur

son assistance. L'empereur avait envoyé à sa

rencontre le

lui,

le

duc d'Albe,

le

marquis d'Alarco

et

comte de Bénévent. Le prince se rendit endans la tente de Louis de Flandre, sei-

suite

gneur de Braet offrit

,

second chambellan, où on

lui

des sucreries et toutes sortes de rafraîchis-

sements. Les Maures de étaient

armés d'arcs

et

la

de

suite des flèches,

fils

d'Hafsz

de poignards

les

était

sûr de prendre

la ville.

Lorsque l'on

Asiatiques seuls se batti-

pendant les esclaves chrétiens dansTunis avaient trouvé

appareil le roi fugitif Mulei-Hasan,

il

en dehors de

rent, les Africains refusèrent leur service. Ce-

les

un grand

prit position

l'armée dans sa marche sur

rent pour y prendre part, entre autres le comte de Bénévent, le marquis d'Alarco, le duc Fer-

qui se prosterna devant

Il

Tunis, sur un point d'où

sieurs Italiens des plus nobles familles accouru-

dinand Gonzaga. Le 29 juin Charles reçut avec

arrachés de

la ville qui avaient été

force de leurs foyers.

moyen de briser

portes de

leurs fers;

la place, et

ils

fermèrent

Chaireddin, se voyant

la fuite dans les montagnes du côté de Bonne, avec son fidèle

repoussé des murailles, prit

capitaine de corsaires Sinan, défenseur de

Goulette, un renégat juif, et un autre que écrivains européens appellent

la

les

Chasse Diable(\ ).

Le lendemain Charles mena son armée contre la ville dans le meilleur ordre, craignant une surprise de l'ennemi. Il avait tenu durant trois heures un conseil de guerre

abandonnée aux

ville serait

pour décider

,

si la

soldats. L'ardeur

rapine des Espagnols s'exprimant par

de leurs chefs remporta sur

les désirs

de

voix

la

de l'em-

et de javelots longs de trente a quarante pal-

pereur d'épargner

mes

de

jours de pillage durant lesquels trente mille

six

habitants furent égorgés, dix mille réduits en

(1).

Mulei-Hasan assura

qu'il était suivi

chameaux chargés de vivres cavaliers; mais on n'en vit pas

huit cents

et

mille

paraître

un

de

comptant sur sa propre puissance, et fort de la pureté de ses intentions, n'avait besoin d'aucun secours étranger. Le 14 juillet la Goulette fut emportée d'assaut. Les deux tours contenaient un amas énorme seul. Charles,

d'armes

et

de munitions; on y trouva quarante

esclavage

pour

fureurs;

mosquées

poursuivit

il

les coffres

possession des conquérants;

ils

s'emparè-

rent ainsi de plus de cent bâtiments et de trois

cents pièces d'artillerie de tout calibre. Après

une si grande perte, Chaireddin se vit réduit à la fortune en rase campagne. Pour plus de certitude il voulait faire immoler les sept tenter

l'or

dans

caves et les puits

les

,

et les écoles, brisa

fouillant,

la

accorda trois

tiens dont la conquête de Tunis brisa les fers. Le soldat espagnol surtout se signala par ses

par les sièges de Constantinople et de Bhodes; beaucoup étaient décorées de lis, de salamandres, ou d'inscriptions latines des Arabes. Avec

en

et l'on

un horrible prix payé de cinquante mille esclaves chré-

tues précieuses

Goulette, tout l'arsenal maritime se trouvait

,

(2). C'était là

la liberté

canons, dont une de ces pièces monstres connues

la

la ville

,

les ;

maisons

renversa

beaucoup de

et les

sta-

déchira des livres très-rares

remuant,

il

porta ses mains rapacessur

tous les objets, confondant tout dans une com-

mune

destruction. Lorsque, le troisième jour,

Charles entra dans la

ville

avec les Allemands,

on ne permit plus à ceux-ci que de prendre des vivres; au lieu de caves bien remplies, ils ne trouvèrent que de bonne eau de citerne; ensuite tout pillage fut interdit sous peine de mort.

Le

1

er

août Charles

mena

l'armée hors de

la

,

mille esclaves chrétiens retenus dans ses fers

mais

il

en

fut

empêché par

Les Italiens

(1)

les habitants, qui

Chasse Diable bius,

(

Etrobius, dans CtialcoTiây tas

,

p.

563.

(2)

,

les

lassidiavolus.

ne sont que (1)

Caccia Diavolo, lesFraueai?

l'appellent.

;

la

Hollandais Knuppel Diewel

,

Probablement Caccia, Cbasse,

corruption de Kasiui.

Etrobius; Armerais,

H

;

sloria

diGnazzo,

et

Elro-

et Cassi,

LIVRE XXVIII. ville

pour la

faire rentrer

Goulette. La

la

marche

dans son camp devant embarrassée par

était

des cadavres de Maures qui avaient été massacrés par les soldats, pour se délivrer d'un soin

31

d'hommage et de graLa première infraction à ces conditions entraînerait une amende de 50,000 ducats, la deuxième de 100,000, et la troisième serait pu-

seraient livrés en signe titude.

ou par vengeance. On y voyait les corps de quelques femmes dont les seins retombaient lourdement sur le ventre; excès d'em-

nie par la perte

bonpoint venant sans doute de l'usage régnant

du fourreau et jura par ce fer, par le prophète et par le Koran l'empereur baisa sa propre main y posa ensuite un pan du manteau de

inutile

,

sur la côte de Barbarie de nourrir les

avec du kukuruz.

Comme

les

femmes

vivandiers tar-

daient beaucoup à embarquer leurs bagages, fut

proclamé que

les

il

marchandises qui ne se-

du lende-

raient point chargées avant le soir

main devraient être abandonnées. Les Allemands et les Italiens, encore irrités de cequele pillage de Tunis ne leur eût pas été accordé

comme aux fatal, et

dès

dises qui soir.

Espagnols, devancèrent le

matin

le

moment

se jetèrentsur les marchan-

ne devaient devenir leur proie que

Charles dut courir

à

cheval à

la

le

Gouletle,

pour arrêter

le désordre dans son armée (1). Le 8 août, le traité entre Charles V et MuleiHasan fut signé par des plénipotentiaires, et

juré par l'empereur ainsi l'unis; c'était

que par

le sultan

de

un acte qui proclamait hautement

'impuissance et l'assujettissement de Mulei-

du pouvoir et du pays. Le traité en espagnol et en arabe avant la signa-

fut lu ture.

Mulei-Hasan

tira

un peu son sabre hors

,

;

,

chevalier sur lequel était brodée la croix, et jura

par ce signe sacré.

Mulei-Hasan

congé, en protestant mille

fois

prit ensuite

de sa reconnais-

sance. L'empereur laissa pour la défense de la

Goulette mille Espagnols sous

les ordres de Bernard Mendoza, dix grands vaisseaux com-

mandés par Doria, que

quitta la c6te barbares-

et

17 août. Ces événements se passaient

le

tandis que Suleiman et Ibrahim occupaient

du schahà

palais

fut l'époque la

de

restauration

le

Tebris. La conquête de Tunis

la gloire militaire de Charles; du sultan légitimera délivrance

de tant de milliers d'esclaves chrétiens, entourèrent la tête de Charles d'une auréole dont l'éclat obscurcit la gloire

des autres souverains

;

du premier mo-

c'étaient là des exploits dignes

i

!

ffàsan

ous

("2).

On

y stipula l'affranchissement de

dans tout

les esclaves chrétiens

|

Tunis

,

le libre

l'État

de

séjour des chrétiens avec l'exer-

narque de la chrétienté qui ne semblait occupé que de l'honneur du nom chrétien, ne consa,

crer ses soins qu'a

l'utilité

générale. Ainsi

le

exceptés de cette faveur dernière les Arabes de

juge Roberslon(l),qui, considérant lagrandeur de Charles en cette circonstance, laisse tomber

Valence et de Grenade nouvellement convertis.

ses dédains sur les entreprises misérablement

^e sultan s'obligeait à arracher a

égoïstes des autres princes contemporains. L'expédition de Charles a été perpétuée par l'histoire

cice entier



de leur

religion. Toutefois furent

Chaireddin,

ionne, Biserte et Afrikije, qui étaient encore mtre les mains du chef de pirates, et à les re-

mains de l'empereur, qui était jssuré de suite dans l'occupation de la Goulette. } our l'entretien de la garnison, 12,000 ducats

mettre entre

les

<

levaient être fournis annuellement à l'empe-

eur; et chaque année,

Anne (I)

!

:

,

six

la

chevaux maures

cl

de la Saintedouze poulains lui

veille

Etrobius, p. 573.

(2) Le traité se trouve in extenso dans Eutropius, en xtraitdans Guazzo, mais avec des erreurs; car dans original il n'est question ni des 8,000 ducats pour Boue, de la pèche du corail. i

et

par

Le peintre néerlandais Hans Ver-

l'art.

meyen,

qu'il avait

sous

yeux

les

le

emmené à Tunisafin

qu'il

eût

spectacle des batailles et des

actions diverses sous le ciel africain, a reproduit la

conquête de Tunis dans de grands tableaux

qui

sont

aujourd'hui conservés

monuments

d'art et

comme

de triomphe dans

des

la ville

des empereurs, au Belvéder, ainsi qu'au palais du prince Eugène, digne dépôt des trophées

gagnés sur (1)

les

Robertson

.

Turcs.

Hist.

de Charles

V

,

fin

du

y, lit.

LIVRE XXIX. —



DÉFAITE DE KATSIÈGE DE CORFOC ET HISTOIRE DE CETTE ILE. GUERRE CONTRE VENISE. ENVOYÉS DE FLORENCE. EXPÉDITIONS SICONQUÊTE DES ILES DE L'ARCHIPEL. ZIANER. GOUVERMULTANÉES DANS LA MOLDAVIE, DANS L'ARCHIPEL ET DANS LES MERS DES INDES. IL A POUR NEUR DÉGYPTE. AMBASSADEUR INDIEN. MORT DU GRAND VESIR AJAS-PASCHA. SUCCESSEUR LUTFI. CIRCONCISION DES PRINCES. PRISES RÉCIPROQUES DE PLACES TURQUES PAIX AVEC VENISE. PERTE ET CONQUÊTE DE CASTEL-NUOVO. ET DE PLACES VÉNITIENNES.























A la campagne de Perse, la sixième que Suleiman dirigeât en personne, succédèrent, mais à

occasions de lancer l'empire ottoman dans des

un an de

une suite de circonstances semblait devoir faire éclater des hostilités. Pendant le siège de Coron, Girolamo-Canale provéditeur vénitien à Can-

distance

les

,

expéditions contre Ve-

nise et contre la Moldavie.

L'intervalle qui

sépara le retour de Tebris à Constantinople de la

marche contre Valona

fut rempli par des

entreprises navales.

Depuis plusieurs années,

,

die, avait

attaqué l'escadre de l'un des plus fa-

mufti Kemal-Pascha, avec lequel, suivant l'ex-

corsaires connu sous le nom du jeune Maure d'Alexandrie, s'était emparé du vaisseau

pression d'un chroniqueur arabe, les sciences

amiral avec quatre galères, avait coulé bas deux

tombe (1). La première donnée à Saadi-Tschelebi,

autres bâtiments, dispersé le reste, et tué trois

du

regrets sur la perte de Tunis et la mort

descendirent dans dignité de la

la

loi fut

renommé pour ses gloses marginales au meux commentaire du Koran (2).

plus fa-

,

paix conclue avec Venise, et qui durait depuis

trente-cinq ans. Son successeur, l'AlbanaisAjas-

homme

(3)

;

que mille

esclaves.

Le

par les Vénitiens, traité avec soin, guéri, puis

renvoyé avec

les

galères capturées sur la côte

africaine, afin qu'il

ne fût donné aucun motif

de mécontentement au sultan ensuite deux vaisseaux, qui se rendaient dans les portsjvéni;

tiens

pour prendre des chargements de blé,

équitable et désintéressé, était

furent confisqués. Le secrétaire des Pregadi,

bons rapports avec

Daniele di Federici, fut envoyé à Constantino-

bien résolu à maintenir

Venise

cents janitschares ainsi

jeune Maure, qui, tout saignant de huit blessures dangereuses, s'était jeté à la mer, fut pris

Avec Ibrahim, né sujet vénitien, ami personnel du fils du doge Gritti, tout récemment immolé en Transylvanie et protecteur de la république, était tombé l'appui le plus solide de la

Pascha,

meux

les

mais ses bonnes dispositions étaient

ple

pour excuser ce

fait

,

et

y parvint d'autant

contrariées par les efforts de Barberousse, qui,

plus facilement qu'Ibrahim vivait encore. Après

attendant d'une guerre maritime plus de butin

l'expédition

que de campagnes sur

activité des négociations

terre

,

épiait toutes les

de Perse, pendant

la plus

que suivaient

grande à

Con-

stantinople l'ambassadeur français Laforèt et (1)

Hadschi-Cbalfa, Tables chronologiques,

(1534). Aussi dans (2)

Almonino,

fol.

an 941

136.

Schakaikun Naamanijet de Tasch-Kœprisade

écrivit des gloses

;

il

marginales au commentaire de Bed-

liawi. (3)

Parafa, Hist. Veneziana

d. 571

p

.

237.

;

;

Venez., 1605,

Segredo, Memorie ittoriche,

I.

I.

vm

v, Venez., 1688,

Ragusain don Serafino

di Gozi,

le

Suleiman en-

voya son interprète Junis à Venise pour engager la république à une observation plus rigoureuse de la paix et à une alliance avec François 1" contre Charles V, déclarant que les armées les flottes

ottomanes étaient équipées

et

et prêtes

à entrer en campagne. La république qui vou-

LIVRE XXIX. lait

garder

neutralité entre François

la

I

er

et

Charles, et maintenir la paix avec Suleiman,

donna une réponse amicale

à l'ambassadeur

du

33

une heure avant le jour. Debout banc de sa galère, revêtu d'un pourpoint cramoisi, l'épée au poing, il avait rangé autour et les attaqua

sur

le

sur terre que sur mer, irait poursuivre ses

de lui beaucoup de nobles vêtus de blanc. Le combat dura une heure et demie et fut des plus sanglants pas un Turc des équipages n'échappa

triomphes en Hongrie, plutôt que de faire des

vivant

mer Adriatique. L'ambassadeur ipjuaso Mocenigo alla porter à Coustantinople les félicitations du doge sur la brillante issue

le

sultan, sans toutefois entrer dans la ligue pro-

posée. Elle pensait que Suleiman, plus puissant

(cnlatives sur la

de l'expédition de Perse, et la

les

réclamations sur

détention de bâtiments vénitiens, sur l'éléva-

;

lui-même reçut une blessure au genou. ApprcnanlqueBarberous>een personne et Doria

,

poursuivait avec cent vaisseaux, et ne se

trouvant pas en état de tenir tète à de si grandes forces,

revint à Messine avec les douze galères

il

glorieusement

conquises

Chaireddin et

(1).

tion des droits

de douane en Syrie, l'intercep-

Lutfi-Pascha se dirigèrent sur

tion de lettres

du

Pouille; car les lieutenants de Suleiman et le

baile et d'autres actes vexa-

envers des

toires

négociants vénitiens

Ajas-Pascha, qui désirait sincèrement tien

de

le

(1).

main,

paix avec Venise, excusa les mesures

la

sultan lui-même voulaient suivre de ce côté les traces de

Mohammed un

mille cavaliers,

des griefs, de sorte qu'à Venise on se berça de

tassins et l'artillerie

que

mena

grands armements étaient destinés contre Tunis ou contre Naples (2). Cependant au mois de mai de l'année suivante [1537] (3), Suleiman se mit enmouvement avec ses troupes accompagné de ses deux fils

vie sauve

Mohammed

Durant un mois

les

,

La

et Selim, se dirigeant vers Valona.

déjà sortie du port sous

flotte était

de Barberousse

(4). Celui-ci,

l'unis, était alléà

après

les

la

ordres

perle de

Alger, et de là mettant à

la

voile

avec vingt-sept galères contre Majorca et Minorca,

il

avait saccagé

Mahon,

mille cinq cents prisonniers,

pidement vers

la

il

et,

enlevant sept

était

revenu ra-

cote d'Afrique, avait occupé

Biserta, puis s'était

rendu

à Coustantinople,



fut conférée la dignité de grand amiral (5). De son côté, André Doria se tenait tranquillement avec sa flotte dans le port de Messine lui

orsqu'il apprit l'arrivée des vaisseaux

A

lans le voisinage.

celte nouvelle

ottomans il

quitta

Messine [17 juillet]; informéà Céphalonie de la narche de dix bâtiments alexandrins richement

barges, brûla.

il

enleva tous sans résistance et les

les

Deux jours après

levant

[22 juillet],

il

Paruta,

!.

(4)

vm,

p. 573.

574.

telli

termina

rendre

grand nombre de fan-

plus

de siège. Le

traître Pignaravager sa patrie, et dégarnison de Castro à se

les cavaliers

aussi

la

Les habitants d'Ugento

et des autres places capitulèrent sur la promesse d'avoir la

comme rant

(2).

,

et cette parole fut aussitôt violée. les

corsaires se répandirent

peste sur ce beau pays

la

,

et

en

se reti-

emmenèrent dix

mille esclaves (3). Chaireddin se tourna ensuite vers le nord du côté de

Prevesa, pour châtier ces événements

Albanais

les

pour

la

(4).

Pendant

guerre n'avait pas éclaté avec

la

république; Junis-Beg fut

la

cinquième

même envoyé

en ambassade

fois

à

Venise

afin d'y présenter des griefs sur l'enlèvement

d'un bâtiment turc par

le

Dalmate Nassi deZara,

particulièrement sur la conduite de Pesaro, amiral de la flotte vénitienne qui croisait dans et

les

eaux de Corfou. Malheureusement dans

canal de Corfou quatre

le

galères vénitiennes

donnèrent la chasse aux trois bâtiments turcs qui transportaient l'ambassadeur et les poussèrent à terre sur l'île de Cimera, où Junis-Beg,

1.

vm,

Ferdi

,

p. 577.

fol.

245.

(5)*/Wrf.,fol. 250. T0J1,

(1)

Sloriadi Guazzo,

Andreae Auriae

11.

,

fol.

256-263; dans

p.

197;

Caroli Sigonii de vila

p. 64.

,

(2) Storia diGuazzo, fol. 197; événements relatifs à Doria, dans l'appendice de Gœbel à l'Histoire de Charles V, 1745 Paruta p. 603; Histoire des guerres maritimes, fol. 22 Ferdi fol. 246, 263. ;

Journal de Suleiman, Ferdi

'aiula,

plage de Castro,

l'île

(2) Ibid., p. (3)

la

rencontra

de Paxos douze galères turques comnandées par Ali-Tschelebi, kiaja de Gallipoli (1)

H. Sur

au-dessous d'Otrante, furent débarqués huit

qui avaient été prises, et promit le redressement

l'espoir

côte de la

la

,

;

Guazzo

(3)

Storia di

(4)

Histoire des

halfa

,

,

,

fol.

198.

guerres maritimes Tables chronologiques.

,

Hadscui-

et

3

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

34

Un

maltraité par les habitants, ne fut relâché et n'obtint les égards auxquels

prèsavoir

avait droit qu'a-

connaître sa qualité"

fait

Orsini envoya, au nom du

rieusement

il

le

Le bailc

(1).

sultan, réclamer impé-

châtiment du violateur de

Lasignoria ordonna de charger de fers comite gradenico qui avait bassadeur,

somma

et

le sopra-

échouer l'am-

fait

provéditcur qui avait

le

en enlevant un

aussi porté atteinte à la paix

bâtiment turc de comparaître devant

la

monarque

la colère

fut plus irrité encore par

que Doria écrivait

lettre

était d'intelligence

avec

tombât entre

qu'elle

du

a Pesaro,

magis-

que

trature des avogadori (2). Mais avant

mesures pussent apaiser

la paix.

sultan

ces

ce

,

une fausse

comme

s'il

en faisant en sorte

lui,

mains des Turcs,

les

et

par

mois après

taient le drogman de d'Awloua où Suleiman

mée,

cha, et

tournée contre Corfou

Corfou, grande poste à l'entrée

du

à

Pouille, fut

comme un

et s'étend

avant-

de

l'ouest

en demi-lune ou en forme de faud'où lui vint le nom de Drepanon dans

l'est

cille,

l'antiquité; elle s'appelait aussi Schera la rocailleuse

Phaiakia, de ses

et

Phaiaciens

,

et enfin

nom moderne celte

île

la

habitants

Corcyra dont on

de Corfou.

a joué dans

On

les

fait le

sait le rôle

mythologie et

que

l'histoire

héroïque et politique de la Grèce; comment elle fut enveloppée dans l'empire romain. C'était

une ancienne acquisition des Vénitiens auxquels échue après la conquête de Constantinople et le partage de l'empire byzantin. Au

elle était

commencement du confiée, sous le

xm e siècle cette île avait été

doge Ziano, à des nobles de Ve-

nise qui devaient elle

la

défendre

comme

leur fief;

passa plus tard sous la protection napoli-

taine, puis était revenue â

doge Antonio Venier

lui

la

république;

le

conféra de nouveaux

ils

rava-

gèrent aussitôt Potamo, éloigné seulement de trois milles de la place principale (1). Quatre jours après

vingt-cinq mille

,

hommes encore

furent mis â terre avec les vesirs Ajas et Musta-

pha-Pascha

,

beglerbcg de Rumili

le

,

l'aga des

janitschares et celui des akindschis, qui aussitôt

portèrent

flamme dans

le fer et la ,

durant

le

pays, sans

trois jours et

trois

Le

er

septembre, les assiégeanis mirent en batterie, sur le rocher de Malipiero, à un

arbres.

1

mille de la ville, un canon de cinquante, qui, en cinq jours, lança dix-neuf boulets; cinq seulement portèrent coup les quatorze autres pas,

sèrent par-dessus la ville

, et tombèrent dans la mer. Le 2, à Bastia sur le continent en face de Corfou se dressèrent les tentes de Suleiman et ,

,

de Chaireddin Pascha

;

ainsi que du grand vesir Ajasde leurs galères ornées de bannières ,

,

furent lancés deux boulets, qui, passant pardessus

du

les

châteaux, allèrent rouler dans

côté de Cardachio.

De

la

mer

violents orages et

des pluies torrentueuses arrêtèrent

les travaux des assiégeants, sans empêcher pourtant le grand vesir Ajas-Pascha de se rendre au bord

du

fossé, et

de reconnaître

la solidité

vrages. Sur le rapport qu'il en

fit

à

des ou-

son maître

Suleiman envoya dans

la place un Corfeatepris quelques jours auparavant en mer avec son

vaisseau frait

et

,

pour

la

sommer de

aux assiégés

de leurs biens

rité à ces

,

la

et

promesses

,

,

On

se rendre.

of-

conservation de leur vie

pour donner plus d'autoon les assurait que les ca-

pitaines qui avaient violé les capitulations des

privilèges (4).

(1) Paruta,!.

vingt-cinq

rues furent barricadées avec des poutres et des

(3).

,

l'île

hommes avec cinquante canons;

contre

golfe Adriatique, a cent

vingt milles de circuit

l'ar-

kapudan-pas-

le

qui n'o-

ni

la flotte, et l'entre-

située

île

Junis-Beg,

campé avec

Cependant dans la place des pièces d'artillerie furent montées sur les bastions , les

la Fouille,

prise, d'abord destinée contre la

Porte

la

était

Le 25 août débarquèrent dans mille

nuits (2).

Brindes, fut rappelée avec

gens

corps placé sous les ordres de Lutfi-

le

rousse, furieux de la perte des douze galères.

entreprendre contre Otranle

droit des

Pascha, reçurent ordre de se dirigersur Corfou.

prendre de repos

L'armée chargée de désoler

du

commandée par

la flotte,

par les manœuvres et les conseils de Barbe-

sait rien

la violation

chasse donnée aux galères qui transpor-

la

vin

,

pour ce point

p. 196.

G0>.

(2)

//>/.

(3)

îbid., p. Cl!3.

(4)

Lfsacics dans l'ctiVrage de MaWno'rà,

,

Hisloria di Corfu

;

Venez., 1071!

240. (1) si

précieux

Marmora

,

Hisloria di Corfu, p. 30t.

(2) Ibid., p. 302.

,

p.

23G-

LIVRE XXIX. châteaux de

que

Pouille avaient été exécutés

la

emmenés en esclavage

habitants

les

et

,

avaient

mais

35

fut battu

il

hommes

,

peine quelques-uns de ses

et à

s'échappèrent. La garnison de Klis,

de Pierre Crussich poriée par

été rendus. Les pro\ éditeurs renvoyèrent le

voyant

messager sans réponse. La grosse artillerie de portait la place dirigée par Alessandro Trois

Turcs au bout d'une lance, se rendit aussi-

plus sûrement que celle des assiégeants. Deux galères furent coulées bas; un boulet tua quatre

Beriszlo

,

tranchée

la

coup de canon

cet effet

:

d'un seul

inouï dans l'état actuel de l'ar-

,

détermina

,

Murad enleva

tôt (I)-

,

hommes dans tillerie

la tète

toriens ottomans

,

vie d'un moslim

,

d'après l'assurance des his-

,

,

châteaux de Bozko,

les

Obrovaz. Mohammed-Pascha-Jahjao-

,

Semcndra,

ghli, gouverneur de

deur avec Chosrew-Beg

rivalisa d'ar-

gouverneur de Bosnie pour faire des conquêtes sur le territoire hongrois au mépris de la paix qui régnait avec ,

,

,

la

Ferdinand. Afin de mettre un terme

à ses cour-

ne peut être

ses et à ses ravages dans les cantons

de Posega

le sultan à lever le siège

aurait-il dit

les

:

Les

etd'Essek, l'armée de Ferdinand, forte de seize

postes principaux de l'armée turque campée la place étaient le palais Brarai , le point

mille fantassins et huit mille cavaliers, se ras-

payée par

châteaux

prise de mille

la

(1).

devant

appelé Potamo

de

tre côté

et le

,

l'île,

De

rocher Malipiero.

vers Capo-d'Otranto,

le

l'au-

château

une montagne, et alors plus fort que Corfou même, fut vivement attaqué par eux. Le 7 septembre 1537 commença San-Angelo

assis sur

,

l'embarquement, et au bout de huit jours l'île fut purgée desTurcs. 11 fallut, pour consolation, disait le schah,

que

sultan se contenlât de

le

l'in-

sembla à Kaproncza, sur

la

rive droite de la

Drau. La cavalerie, composée en grande partie de hussards, était sous les ordres de Louis

Pekry Paul Bakics,

de l'ancien capitaine de

et

,

brigands gracié, LadislausMore; Albert Schlick

commandait Ilardeck,

les

les

Bohémiens; Jules, comte de

Lngnad,

Autrichiens; Jean

les

Styriens; Erasme Magcr, les Carinthicns; Louis

comte Lodron,

Tyroliens;

les

les

Carnioles

de

étaient conduits par Katzianer, auquel fut confié

Six semaines après, Suleiman était de retour

Aussitôt que Jahjaoghli eut appris cette concen-

cendie de Butrinto

de

et

,

la prise

de

l'île

le

Paxos(2).

à Constantinople

;

mais cette

fois

il

n'expédia

commandement supérieur de toute l'armée(2).

tralion de forces à Kaproncza,

il

envoya des

armées avaient

courriers au gouvcrneurdeBosnie, Chosrew, au

pourtant obtenu des succès sur quelques points.

beg de Swornik, Dschaafer, â son propre beg d'Aladsehahiszar, Ahmed, et au beg de Klis, Murad pour les appeler auprès de lui à Vucovar. Katzianer s'était avancé par la Karaschitza, vers Valpo, avec huit grosses pièces

point de

lettres

de

victoire. Ses

avant l'ouverture de la campagne,

Un peu

Chosrew-Beg

gouverneur de Bosnie

,

woiwodeMurad de Verbofcn

(3)

,

et le

avaient enlevé

quelques châteaux dalmates; près de Selowa, ils

avaient élevé deux forts pour intercepter les

communications avec

place de Klis, située

la

sur des rochers inaccessibles, dans laquelle jadis le roi Bêla avait retiré ses enfants lors l'invasion des Tatares

,

et

pour réduire

de

les habi-

famine (4). Pierre Crussich accourut

tants parla

avec cinq mille

hommes pour

délivrer la place ;

frère le

,

d'artillerie et tait arrêté

quarante-un petits canons,

place; ses opérations furent entravées par

hammed-Beg

et les autres vaillants

du Danube),

(matelots

hammed Aali,

(1)

xxxv e événement,

fol.

241), et d'après lui

Guazzo,p. 204; Marmora, p. 210; Paruta, Sioria Venez., 1. vui p. 613. fol. 01; les (3) C'est ainsi que l'appelle Petschewi historiens honoroisle nomment sandschakde Verfooden; (2)

Hisloria

di

,

,

Schiniel; (4)

,

I.

Guazzo

,

xin fol.

les

tillerie,

les

sortir

les

ordres de

se répandirent de tous côtés

chevaux

et les

coupant

les

,

fol. 65; Dschelalsaâe fol. 195; Isdans Katona 1. xx, p. 1042; Sioria di

208; Ferdi

,

fol.

254.

(1)

,

et

du camp. Katzianer

lsluanfi

,

1.

se vit

homme

,

I.

xx

,

si

n'osait

trompé égale-

xni.

dans Katona

l'ar-

enveloppèrent

Hongrois que pas un

(2) Ibitl.,

Mo-

enle-

bœufs qui menaient

",

,

,

convois, se saisissant des

vivres et des munitions

bien

relâche.

nassadistes

et martoloses (soldais

217.

p.

Peischewï,

tua.ifi,

vant

,

Mo-

aventuriers

armée sans

turcs qui inquiétèrent son

Valaques, zigeunes, tschaikistes, serviens des frontières), sous

Petsebewi,fol.68.

et s'é-

au-dessus d'Essek pour canonnercelte

p. 1045.

HISTOIRE DR L'EMPIRE OTTOMAN. ment dans son espoir de trouver des vivres à Erdœd; il essaya d'opérer sa retraite par la Vuka lorsque la grosse artillerie passa sur le ;

pont

s'écroula

il

,

et tout fut entraîné

,

dans

les

canons de gros calibre furent aban-

Mots. Les

les pièces de campagne et les voitures de munitions furent disposées sur deux rangs, attachées avec des chaînes et l'armée marcha

donnés;

,

comme

au milieu

A

Deakovar,

quérant de Klis

entre deux remparts mobiles.

rencontra Jahloghli et

elle

Murad-Beg, avec

,

con-

le

les plus

courageux martoloses. Offusqués par des tourde neige,

billons

Hongrois poursuivi-

les

rent leur marche par la crête élevée tizo

clans la plaine

;

turque

Le

(1).

1

er

décembre,

deux

partis en vinrent

kics

dont

,

neur dans

nom

le

revient

vaillants officiers

Vers

si

de Guns et de Vienne,

,

tomba

ainsi

,

que ses plus

sous une grêle de balles.

,

on campa dans

le soir,

souvent avec hon-

akindschis de Kasim dans la

les

plaine de Neustadt

des

les cavaliers

aux mains, et Paul Ba-

les expéditions

qui avait anéanti

du Ver-

attendirent la cavalerie

ils

,

la

plaine entre

Go-

il n'y avait plus que deux routes ouvertes; l'une par Kasika vers Valpo à travers un bois de trois milles coupé par des fossés l'autre à gauche de Gorian par

riau etSchirokopolje; là

,

;

les

,

fort de Sainte-

qui appartenait au capitaine Ladis-

laus-More. Après de longs débals,

guerre se décida pour

dans

la

nuit,

;

et par l'évèque

troupes

,

et

avant

,

la

il

le conseil

de

route de Valpo; mais,

la

More, avec

vers son château fort

gnad

les siens,

fut suivi

s'échappa

par Jean Un-

Simon Erdœdi avec leurs naissance du jour, Louis

Pekry et Katzianer lui-même abandonnèrent le camp. Au réveil, le comte Lodron se voyant si honteusement abandonné par les Hongrois les Styriens, les Carnioles, résolut noblement de combattre jusqu'au dernier soupir, avec les Ty,

roliens

,

les

Carinthiens

Bohémiens (2). à

as

Comme

il

,

les

Autrichiens et les

haranguait ses troupes

cheval, leur représentant quelle serait la

honte de

la fuite,

un simple

soldat lui cria

beau jeu, Lodron; avec

:

tes six pieds,

«Tu il

te

de t'échapper qu'à nous avec nos deux jambes. » Lodron sautant à bas de

sera plus facile

,

(1)

lstuanfi

(2) lstuanfi

son cheval

percer de son épée l'insolent

alla

,

interlocuteur, et dit: «Frères, je combats à

pied avec vous.

malades

»

aux

et

Les chevaux furent donnés aux

A

blessés.

s'avançaient hors

peine

du camp que

les

chrétiens

la cavalerie tur-

que fondit sur eux. Mager, chef des Carinthiens, par son casque éclatant et son panache,

regards et tous

attira d'abord sur lui tous les

en combattant vaillamment. Les Autrichiens furent taillés en pièces après

les

coups;

périt

il

,

que leur chef Kunringer eut été pris, avec Georges Taifel Gebhard Belzer, Léonard Lamberg, et que Nicolas comte Thurn se fut échappé couvert de blessures. Les Turcs firent une horrible boucherie des Bohémiens, que leur chef, Schlick, avait lâchement abandonnés dès le commencement de l'action. Lodron griève,

,

ment blessé à la tète et à la poitrine fut poussé contre un étang avec les fidèles Tyroliens sur la demande de Murad, beg de Klis qui savait ,

;

,

honorer

les

braves,

il

se rendit. Les prisonniers

furent traînés à Constantinople

dron

comme

,

ses blessures

espoir de guérison

Beg

il

,

,

ne

quant à Lo-

;

laissaient

sur l'ordre de

fut tué par ses gardiens.

aucun

Mohammed-

Le camp tout

entier, avec l'artillerie, devint la proie des vain-

queurs. Parmi les canons,

il

en

était

un

qui

,

montagnes aboutissant au

Elisabeth

,

,

I.

xiii.

,

I.

xm

surpassait de beaucoup tous les autres en lon-

gueur

et d'après lui

Engel etFeszler.

en calibre , et qui joua un rôle dans

un demi-siècle encore

plus tard , les

;

car, trente

i

ans

figura à la prise de Szigeth, et dans

il

guerres de

la fin

de ces

siècles

nom de

paraître désigné par le

on

le voit

Katzianer

(1).

Les têtes de Paul Bakirs, Lodron et Mager furent envoyées

nople

(2).

Parmi

comme

trophées à Constanti-

les prisonniers,

plus tard, Tai-

MuradAga, qui, tombé entre les mains des Hongrois dans un petit combat, avait été gardé par Thomas Nadasdy; les fuyards Pekry et Katzianer fel et

Belzer furent échangés contre

furent arrêtés à Vienne. Le premier perdit

la

vue dans les cachots de Gratz et d'Innsbruck , et ne fut relâché que sept ans après; le second s'échappa du château croate de Kostanitza trama un complot avec Mohammed-Beg de Bosnie, et ,

fut tué

dans son propre château par Zriny

avait invité à

(1) ,

et

l'histoire

Dans

le

(2) lstuanfi

un

festin

,

qu'il

et qu'il prétendait dé-

Selaniki Kotschian topi. ,

1.

xm, édit.

de Cologne; 1622,

p. 216.

|

j

LIVRE XXIX. terminer à reconnaître également

la

souverai-

sous

la

37 domination vénitienne. Elle avait été la la république dans

neté des Turcs (1).

dernière des possessions de

Pendant que ces événements se passaient en Hongrie, et que Suleiman s'éloignait de Corfou

l'archipel.

pour regagner Constantinople

,

la

tinuait toujours contre Venise par

terre

des

;

iles

Kasim

,

mer

et

par

de l'archipel étaient enlevées

En quittant

des places étaient assiégées. le vesir

guerre con-

à

Corfou,

le la

les Vénitiens,

en paix avec BajesidII,

toutes ces iles

,

Naxos seule avait

un

tribut

fait

avec

elle s'obligeait

de 5,000 ducats annuels;

elle

ne fut

point pour cela soustraite au pillage; quoique

sandschakbeg de Morée, reçut

l'ordre d'aller investir Malvasia et Napoli di Ro-

mani que

De

Barberousse un traité par lequel

duc Grispo versât aussitôt 5,000 ducats pour les nouveaux protecteurs en-

première année

,

levèrent une valeur de 25,000 ducats en argent et

en objets de prix. Jean Grispo, qui promit de le tribut, était le vingtième sei-

avaient encore conservés après la cession de

lever et fournir

Coron

gneur depuisla conquête faite par le duc Vénitien Marco Sanutoqtti, après la prisedeConstantino-

de Modon

et

Chaireddin

deux

les

de

tiers

stantinople,

ramené port de Con-

seraskcr eut

le

la flotte

kapudan-pascha

au

et

;

après que

,

dans

le

fut enjoint d'aller avec soixante-

il

dixgalères et trente galiottes conquérir les

îles

vénitiennes dansl'archipel. Plusieurs de ces

îles,

faute d'ouvrages

,

de défense

et

de garnison

ou

par peur, se rendirent sur tion

;

c'étaient

la première sommaSyra ou Syros, qui a conservé

jusqu'aujourd'hui son

nom

antique; au nord, le

plepar

les croisés et

avec l'autorisation de la ré-

publique, s'empara des

de Naxos, Paros,

îles

Antiparos, Milo, Argentiera Siphanto, Polian,

dro, Nanfio, Nio et Santorin, dont

reçut

il

l'in-

de l'empereur Henri, comme duc de l'archipel, et Naxos fut la dixième des îles vévestiture

soumit et ravagea dans sa course victorieuse. Le siège de Napoli nitiennes que Chaireddin

Romani par les Turcs dura un an

rocher de Jura, anciennement Gyarus; Path-

di

mos, où Saint- Jean rêva l'Apocalypse; Nio,

partir de la retraite de Suleiman de Corfou.

l'ancien Ios

comme

,

propriété de

la

famille Pisani,

Stampalia, l'ancienne Astypalœa, appar-

tenait aux Quirini; Egine,

l'ancienne

rivale

d'Athènes, d'où Barberousse enleva six mille habitants pour les jeter dans l'esclavage. Paros et

en dépendant, Antiparos, Tine et Naxos ne se soumirent pas avec le même empressement et toutefois leur hésitation à capituler ne leur fut d'aucun avantage. Paros qui

les îlots

,

et

demi à La

une langue de terre mer repose, d'un côté, sur

forteresse construite sur

qui s'avance dans

la

des rochers abruples et inaccessibles : de l'autre, les murailles sont

dont l'entrée

est

baignées par

les flots

par un fort élevé sur un rocher

par lequel

du port

fermée aux vaisseaux ennemis isolé.

Le point

rattache au continent et se

la ville se

trouve dominée par

le

protégé par des tours

mont Palamède et

est

bien

des bastions; l'abord

,

avait été successivement la propriété

mariva, puis de Grispo Venieri

,

,

qui en avait donné la propriété en

survivance à Sagredo;

pour

la

de Somdépendait de la famille

défendre

,

celui-ci

et se

était

accouru

maintint vigoureuse-

ment pendant quelques jours; mais bientôt, manquant de poudre, il lui fallut se mettre, ainsi que les habitants à la discrétion du vain,

emmena une quantité de prisonniers Sagredo lui-même. Tine, autrefois Tenos, s'était rendue tout d'abord puis s'était révol-

excessivement resserré par le pied de la montagne. De hautes falaises perpendiculaires ne permettent pas le débarquement en dehors du port, et les bas-fonds éloignent les gros bâtiest

ments

(I). L'importance de Napoli sa position inexpugnable avaient excité la comoitise du conquérant de Constantinople mais ses armes ,

;

s'étaient brisées sur ces redoutables murailles:

queur, qui

son fils Bajesid, après

la

et

Coron et de Lepante

avait vu sa fortune échouer

les

également contre ces rocs inébranlables. KasimPascha gouverneur de Morée dut effacer ces

Turcs, pour demeurer près de deux siècles

affronts faits aux ancêtres de Suleiman. Partanl

,

(1) la

soumission de Modon ,de

et, avec l'aide des Candiotes, avait expulsé

,

tée

,

lstuanfi

,

Petscbewi

fol. 70. La confirmation de venant 'de l'écrivain ottoman douUs.

trahison de Katzianer

doit dissiper tout les

,

,

,

,

fl)

Parnta

,

615; Coronelli

Hist., p.

riques et géographiques p. 47.

,

,

Mémoires histodu même

et l'Egeo redivivo

.

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

38 d'Argos

le

11 septembre 1537,

commença les

il

opérations contre Mapoli en enlevant (ont

le

campagnes; Vettor Busichio avec

les

bétail des

siens exerça plus d'une fois des représailles en faisant des courses contre Argos.

mois, Kasim, à

la

Durant cinq

tétedesa cavalerie, renouvela

sa ville d'Argos, et les Vénitiens occupèrent le

mont Palamède;

A

escarmouches durèrent en-

Kasim avait

cette fin,

printemps suivant.

le

un corps d'obser-

laissé

vation considérable, et lui-même, cédant à l'iné-

branlable constance de Pisani

s'était retiré

,

à

de semblables irruptions au moins trois fois par semaine afin de couper les vivres à la ville car,

Lepante

manquant de grosse artillerie, il ne pouvait encore songer à un siège régulier. En février 1538,

nal nous a conduits jusqu'aux limites de l'an-

emmena quelques fauconneaux au

il

feu des-

(1).

Le siège de Napoli

;

cetteannée la

hommes de

la

garnison sortis

deux cents pour faire de l'eau

rencontrèrent cent Turcs qui avaient été pous-

en avant seulement pour attirer

sés

engagée, Kasim

tiens; car a peine l'action était

parut derrière mille chevaux

acharné

,

le

et

mont dans

Véni-

les

Saiut-Elia avec plus de

combat qui

le

fut très-

gens de ville perdirent cinquante champions parmi lesquels leurs chefs

les

vaillants

Roncone

,

et

Vettor Busichio

(1).

Pendant dix

jours Kasim s'occupa à établir des batteries sur

mont Palamèdc qui commande

le

la ville,

et

pointa des fauconneaux dont les décharges ne

dommage. Le 8 juin

causèrent pas grand

vrit le feu des grosses pièces et

Le 16,

le

général turc, levant son camp établi

jusqu'alors à Palœocaslro,

de

la ville, le

l'église

du

deux

de Santa -Veneranda,

il

demi

et se rendit il

maître

se retrancha

Le 20 août énormes pièces d'ar-

pouvait tirer sur

établie l'une de ces

fut

milles et

planta seulement à mille pas de

ravelin extérieur sur lequel

et d'où

s'ou-

des bombardes.

la ville.

de siège, qui lança par jour vingt boulets de pierre chacun du poids de trois quintaux illerie

et

que

les assiégés

En outre trois

la

ville

nommèrent eut encore

le

à

Fraccalosso.

subir

feu de

gros canons du mont Palamède, et de

du ravelin; une tran-

pluSfeuïS petites pièces

chée de vingt pas fut ouverte jusqu'à scarpe

par

le

du

fossé.

la nuit,

Souvent

la contre-

les assiégés, favorisés

descendirent les murailles sur des

Romani, dont

née 1538, ne fut qu'un épisode des

quels les Vénitiens répondirent par cent cinavril,

di

le

trois

jour-

expé-

ditions importantes entreprises par Suleiman,

quante coups de canon. Le 5

t

les

core tout l'hiver et dans

même,

dernière contre

sur la

mer

sur terre, et dont

et

Moldavie fut dirigée par

lui-même en personne. Chaireddin, comme on l'a vu avait attaqué la puissance vénitienne en Grèce dans l'Archipel et dans la mer Rouge, ,

,

sous

le

;

commandement supérieur du gouver-

neur de l'Egypte, Suleiman- Pascha, des armements maritimes des Ottomans s'étaient portés contre

les

Portugais. Les opérations militaires

avaient été précédées de changements dans les places de vesirs et les gouvernements.

Après

la

ruine d'Ibrahim, Ajas-Pascha avait été porté à

première dignité de l'empire ; le second vesir Kasim-Pascha, déposé à cause de sa basse cupila

cédé la place à l'ancien beglerbeg de Rumili, Mustapha-Pascha, et Lutfi-l'ascha dité, avait

d'abord beglerbeg de Rumili, était devenu troi-

sième vesir.

11

titre lorsqu'il

était déjà revêtu

de ce double

commanda comme ,

serasker, le

débarquement sur la Pouille et à Corfou, et tandis que le kapudan-pascha Chaireddiu, avec cent vaisseaux,

allait

soumettre

vénitiennes de l'Archipel, reste

de

la

flotte

Chaireddin, après

triomphant dans

à la

et

désoler les

avait

il

conquête dessix

la capitale

tomba dans

îles

le

Constantinople. Lorsque

et

,

la disgrâce

îles,

revint

dans un divan

solennel fut comblé de faveurs' par Lutfi

ramené

le

sultan,

pour quelques

jours. Les historiens n'en révèlent poiut les

causes;

ils

se bornent à

dire qu'il perdit sa

place de vesir, et qu'il y fut réinstallé au bout de

quelques jours

(2).

Rientôt après mourut le se-

échelles et surprirent 1rs Turcs dans la tranchée,

cond vesir Mustapha-Pascha

en tuèrent beaucoup, et enlevèrent des prisonniers. Kasim, fatigué d'une canonnade inutile,

devenu vacant, et l'ancien beglerbeg de Rumili, Mohammed-Pascha, fut nommé troisième vesir. Le gouvernement de Rumili

et

incommodé au dernier point par

des assiégés, leva enfin

le

les sorties

élevé au poste

siège, retourna dans (1) Gnaz7.o,fol. 208.

(1) Historia di

Guazzo

,

fol.

206.

(2)

Ferdi.fol. 274 et 275.

;

Lutfi-Pascha fut

LIVRE XXÎX. Chosrcw-Pascha frère de Lala-Mustapha-Pascha le futur conquérant de Chypre, passa



,

,

qui

begdc

du begler-

l'Anatoli à la direction

laissa

Diarbekr, Rustem-Pascha;

Diarbekr

le

Rum

gouverneur de

fut conféré à Bali-Beg,

39

hommage, 4,000

ducats, quarante juments et

vingt-quatre poulains. Lorsque Suleiman fut de retour de son expédition, Pierre vint en per-

sonne

offrir le présent

convenu,

et reçut

kaftan entièrement garni de zibeline

remet aux

tel

un

qu'on

deux queues de chevaux

ou d'Amasia; et Husein-Pascha, jusqu'alors sand-

le

schakbcg, devint gouverneur d'Amasia. Le nou-

signes des sandschakbegs), et une kuka, bon-

veau sandschak de Posega en Sclavonie fut donné au fils de Jahja-Pascha-Oghli, le gouvernement de Semendra à Arslan-Pascha dont

net que portent

,

comme

sera plus d'une fois question

il

d'Ofen vers

la

pascha

du règne de Suleiman. A

fin

place de l'eunuque Suleiman - Pascha

la

commandait

sur

la flotte

,

qui

mer Rouge, Daud-

la

Pascha se rendit en Egypte pour administrer ce

Le maintien de l'ordre dans Constantinoen l'absence du sultan, fut confié aux soins

vesirs,

(in-

colonels des janitschares.

les

Ensuite, lelogothèleTeutul bâtit à Constantino-

pour sou maître, un

ple,

encore aujourd'hui

donné par

les

palais qui

sérail

le

Turcs à

la

s'appelle

deBogdan,nom

Moldavie.

Mais tout récemment Pierre Raresch avait attiré sur lui la colère de Suleiman, soit qu'il refusât le charadsch

,

ce qui n'est guère vrai-

pays.

semblable

ple,

capitation était contraire au chattischerif de Su-

,

car

la

réclamation de cet impôt de

comme kaim;,kam; dans l'Asie Mineure, au gouverneur d'Aidin et de Ssaruchan, au prince Mustapha (1). Un peu avant le

qu'il

départ des armements parut un ambassadeur

négociations avec Ferdinand; au reste, sa con-

de Fcrhad-Oeg,

leiman

,

ou, ce qui est plus probable, parce

exerça des hostilités contre

mond de Pologne, ami de

llorentiu, avec des lettres et des présents qui

duite le

furent reçus plus gracieusement

d'Aloisio Gritti(l

;

Suleiman, au

fit

la

le roi Sigis-

Porte, et entra en

accuser d'avoir pris part au meurtre ).

Voulant

le châtier,

Suleiman

de Moldavie, Pierre Raresch,

en mouvement, le 9 juillet 1558, à la tête de son armée contre la Moldavie. Le lendemain mourut la sœur du sultan, veuve du vesir Mustapha-Pascha. A Andrinople, Suleiman admit au baise-main Chosrew-Pascha et le fils de l'émir Raschid, prince arabe de Baszra, qui

qui provoqua l'expédition des Ottomans dans

jusqu'alors avait exercé les droits de souverain

de congédier aussitôt l'ambassadeur, le garda près de lui en assignant une somme quotilieu

dienne pour sa table;

c'est la

de ce genre dont mention (2). tion

Ce

fut le prince

première attribu-

l'histoire

ottomane fasse

son pays. Depuis vingt-deux ans était sous le protectorat turc (3).

la

Moldavie

Lorsque Sulei-

man marchait contre Vienne, dans le camp d'Ofen avait paruTeutul-Logothète comme envoyé de Pierre Raresch, prince de Moldavie, pour déposer aux pieds du sultan

la

reconnais-

sance du vasselage du pays; en conséquence un diplôme avait et é accordéen vertu duquel loutes

qu'un prince serait élu par les bojards et confirmé par le sultan il y aurait garantie et inviolabilité pour les églises et l'exercice du les fois

,

comme

tous les ans

(1) Aali fol.

Les

religieux.

culte

,

bojards devaient offrir

présents, en déposant leur

xxxvi événement

,

fol.

250

;

Dschelalsade,

206.

(2) Kerdi

Dans

(3) ,

p.

indépendant

et lui adressait maintenant les de Baszra en signe d'hommage. L'émir Raschid reçut l'investiture de Baszra, sous la ,

clefs

réserve de

la haute souveraineté pour le sultan. Babataghi, Suleiman visita le tombeau de Ssallukdede, ce vieux turkman qui au temps

A

,

des sultans seldschuks

,

s'était établi

avec une

colonie turque dans la Tatarie Dobruzc.

A

Jassy

chan de Crimée, Ssahibgirai, avec huit mille cavaliers, et suivi de ses fils, pour rendre parut

le

hommage

au sultan.

Il

ment de magnificence

y eut un grand déploieet

des salves d'artillerie.

Les janitschares firent trois décharges avec leurs longs fusils. Aux feux de joie succéda l'incendie de Jassy

;

le palais,

tout nouvellement

construit par Pierre Raresch , fut réduit en cen p. 279.

,

One seconde ambassade

se trouve dans Ferdl

davie

se mit

,

Voy. Engel,

et aussi le

dans

la

florentine

p. 350.

l'année 151fi.

104

la Valachie,

,

même

De rébus gestis Joannis régis Hungariae auloie apud Rovachich scriptores minores rerum

Histoire de Molrègne de Ragul Bassaraba de

Verantio

année.

Hungaricaru

(1)

,

m

,

p. 58.

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

40 dres avec toutes

les églises.

Les Tatares

et les

Suleiman-Pascha, fut déposé, et sa place conférée

beglerbeg de Sulkadr, MohammedJanboli, arriva Rustem - Paschasadu

akindschis du sandschak de Semeudra durent se

à l'ancien

mettre à la poursuite du prince fugitif. L'avantgardede l'armée était formée par trois mille Valaques que leur prince avait envoyés (1). Pierre

Pascha.

son ancien gouvernement du Diarbekr, et le fils de Chaireddin-Pascha avec le bulletin des vic-

Raresch, traversant des forêts impraticables, gagna la Transylvanie. La capitale du pays,

sait

pourvue d'une nombreuse artillerie, se rendit à l'approche de Suleiman sans essayer de se défendre. Tout le trésor Suczawa, bien

fortifiée et

,

du woiwode, des carreaux fourrures, des vases

garnis de riches

des crois d'argent

,

des

,

bibles avec des reliures toutes garnies d'or, des

sabres ornés de pierreries

mains de Sulcimau

(2).

tombèrent entre

,

les

Les Bojards furent con-

voqués; et sur leur prière, Etienne, frère de Raresch, fut installé solennellement prince par

la

Kuka

comme

de zibeline,

et la pelisse

le

A

de son père. Tandis que l'empereur chas-

toires

la flotte entrait le canton de Janboli triomphante à Constantinople, et le grandamiral reçut la permission de venir baiser la

dans

,

main au padischach à Andrinople où l'on passa l'hiver. Le bairam fut en même temps une célébration de victoires et de triomphes. Durant ces fêtes fut accordée une audience aux envoyés ,

moldaves

,

qui apportaient de magnifiques pré-

sents , et toutes ces

pompes

étaient relevées par

présence de Chaireddin, tout brillant de ses

la

victoires sur la Méditerranée

ques d'honneur,

il fit

;

tambour et la bannière (3). Dans le diplôme fut une condition nouvelle et bien pesante

rapport de sa campagne d'été

tous les deux ans

dans

insérée

même de

:

H

construite par le sultan Bajesid

,

du Danube

l'embouchure

lui-

à

dont l'incendie

et

le

qui s'était ac-

,

celle

de Suleimau

Moldavie [20 février 1539] (1). Chaireddin-Pascha était sorti de Constanti-

Constantinople. La forteresse

le tribut à

Kili

prince devait porter

le

même temps que

complie en

comblé de mar-

verbalement au sultan

la

nople avec quarante voiles seulement

;

car des

cent bâtiments qui, sur l'ordre de Suleiman,

de-

avaient dû être construits durant l'hiver par les

Akkerman fortifié, et la pointe de terre entre la mer INoire le Dniester et le Pruth serait considérée comme un pays assujetti à la garnison d' Akkerman (4). De Suczawa, l'ambassadeur de Sigismond fut

vesirs à leurs frais, dix seulement avaient été mis

un des prétextes

avait fourni

a la guerre,

vait être relevée, et

,

congédié avec une réponse satisfaisante lettres à

de victoire

et

,

un ischausch

des

et

fut expédié

Jean Zapolya avec l'ordre de livrer Pierre Ra-

en état de prendre

la

mer,

les

quatre-vingt-dix

autres étaient encore sur les chantiers

,

ou leur

équipement n'était point achevé. Chaireddin ne voulait mettre à la voile qu'avec la flotte entière

mais

;

les vesirs

mer, en répandant sait a la

surent

le bruit

lui faire

prendre

qu'André Doria

la

croi-

hauteur de Candie avec quarante vais-

resch que l'on croyait avoir précipité sa fuite

seaux pour tomber sur les vingt bâtiments

vers Ofen (5). Après le passage du Pruth le lambeau arraché à la Moldavie fut donné à Hasan-Beg sous le nom de sandschak d' Akkerman

égyptiens chargés de marchandises que Ssa-

,

octobre 1538].

et Kili [4

Au

pont d'Isakdschi,

des messagers arrivés de toutes les parties de l'empire , auxquels était parvenu l'ordre de

tendre en ce lieu tres

de victoire

(6)

(1)

Aali,fol.250

(2)

Aali

,

fol.

Pschelalsade,

251

fol.

;

le

;

Petschewi, Aali

(4)

Petschewi

:

ffi

.

IVhe.alsidc

fol. ,

,

fol.

73

;

Ferdi,

fol.

291

2-1

,

Ferdi et Engel

cette nouvelle,

Chaireddin, adoptant une résolution, prit à bord trois mille janitschares et les begs de la mer, et gouverna sur l'île de Sciathos, la plus voisine de la côte parmi les sept îles situées à l'entrée du golfe de Mallus (3). Durant six jours et six nuits il canonna le grand fort bâti sur un rocher, et le septième jour, s'élançant , le sabre au poing, à la tète de ses soldats, il l'emporta d'as-

;

p. 181.

Dschelalsade

73.

toi.

,

A

,

Dschelalsade.

,

Aali

Enfjel

p. 181.

ô) Petsehew

gouverneur de Bagdad

Petschewi,

218

(3)

,

l'at-

furent expédiés avec des let-

,

,

lih-Reis amenait d'Egypte (2).

,

(1)

Ferdi

(2)

Hadschi-Chalfa, Histoire des guerres maritimes

23 schewi fol.

(3)

,

,

,

fol.

291

;

Dschelalsade

,

fol.

avec plus de détails que Ferdi

,

222.

fol.

294

;

,

Pet-

fol. 73.

Isole

Grei;orie, Sciathns,

Peparelhus, Gerontia, Scandile.

Halonesus, Endemta

,

LIVRE XXIX.

41

saut.

Il y eut un affreux massacre des assiégés, de plus trois mille huit cents malheureux furent chargés de fers. Là se rendirent les qua-

le golfe

et

devant Prevesa,

tre-vingt-dix vaisseaux restés à Constantinople,

Reis, formèrent lavant-garde des

commandés par

et vingt autres

Ssalih-Reis

en

,

d'Arta

la flotte

,

chrétienne jeta l'ancre

25 septembre [1638]. les corsaires Murad, Torghud, Guseldsche, Ssalihet

le

musulmans,

furent chargés d'empêcher toute tentative de

qui avait résisté à de précédentes attaques des

débarquement de la part des alliés comme il ne fut rien entrepris de ce côté, Chaireddin sorlit du golfe, promena toute sa flotte en ordre de bataille pendant trois jours et donna trois sal-

corsaires, se rendit à la première apparition de

ves d'artillerie. L'amiral vénitien, Capello,

que Chaireddin

sorte

avait cent cinquante bâ-

timents rangés sous ses ordres

se dirigea

Il

(1).

vers Skyros, située en face de l'Eubée. Cette

Barberousse.

île,

imposa un tribut annuel de envoya sept bâtiments chargés

Il lui

1,000 ducats, et

de butin à Constantinople

(2). 11

chargea aussi

d'uu tribut annuel de 5,000 ducats

l'île

de Tine,

;

,

taqua vigoureusement diriger sur



après être sortie du port de Constantinople

prévaloir leur opinion sur

hordes dévastatrices sur

flotte jetait ses

de Candie. Retimo

et la

Canée

la

la

côte

résistèrent à ce

alliés

soumis à ses

Le

ordres, Chaireddin se replia sur Prevesa.

lendemain

,

d'un conseil de guerre

à la suite

chefs vénitiens

les

ria, qui

pontificaux firent

et le

sentiment de Do-

voulait éviter la bataille,

en vinrent aux mains.

flottes

at-

de Santa-Maura avec toute son

l'île

escadre et les bâtiments de ses

conquise deux ans auparavant; Andros et Seriphos, de 1,000 ducats chacune (3). Un mois ,

1

mais voyant Doria se

;

deux

les

L'aile droite

commandée par Torghud,

des

torrent; mais de MilopotamoetdeScittia, d'où

Turcs

s'étaient enfuis les habitants, furent enlevés des

par Ssalih-Reis; Chaireddin dirigeait le cenlrc en personne. L'irrésolution de Doria succomba devant l'audace et la fureur de Barberousse.

vivres et de l'artillerie; quatre-vingts villages

De Candie les cortombèrent sur Scarpantho dont Barbe-

furent livrés aux flammes. saires

,

rousse conquit les trois villes, puis

il

quelques jours à Piscopia(4).

A Stancho,

bâtiments qui portaient

les soldats

les

rine

relâcha il

laissa

de ma-

distribua ces troupes sur ses galères

,

de Stampalia

il

détacha des corsaires

,

et

à la

chasse

et la

était

la

gauche

Deux bâtiments

vénitiens sautèrent en l'air; deux espagnols furent pris une galère pontificale et une vénitienne tombèrent aussi au pouvoir des Turcs, qui massacrèrent les équipa;

ges.

La nuit prévint une

défaite entière de la

chrétienne, qui se sépara et quitta les

flotte

précé-

eaux de Santa-Maura. Chaireddin envoya son fils

avait

débarqué sur vingt-cinq îles vénitiennes; douze avaient été soumises au tribut,

avec deux capitaines de vaisseaux prisonniers

autres dévastées.

trouvèrent à Janboli. La

des chrétiens. Dans cette

dente

,

il

les treize

A

la

nouvelle que

ie Venise et tive

campagne

combinée du pape d'Espagne voulait faire une tentala flotte

sur Prevesa, située à l'entrée du golfe

porter

,

grands

ui étaient supérieurs

manes

comp-

rente-six galères pontificales et cinquante espagnoles. Après

que Chaireddin fut entré dans

illuminée, et

100,000 aspres annuels.

jour défendre le point menacé. Les chrétiens ils

ville fut ,

contre

vénitiens,

victoire au sultan, qu'ils

kapudan-pascha reçut sur les biens de la couronne une augmentation de traitement de L'expédition de Suleiman dans la

,

parle nombre;

la

le

i'Ambracie, en face de l'ancien Actium Chai'eddin accourut avec cent vingt-deux vaisseaux

tent quatre-vingt-un bâtiments

de

le bulletin

gards

l'Arabie et l'Inde

mer Rouge

conduisit à de plus

résultats. L'horizon des conquêtes otto-

s'étendait

:

ainsi,

il

faut élever nos re-

et les porter plus loin

cause première de

la

pour embrasser

guerre arabe

la

et indienne.

Déjà, douze ans auparavant, immédiatement avant

la

campagne de Mohacs, Suleiman avait même temps son attention vers la

dirigé en (1)

Hadschi-Cnalfa

Histoire des guerres maritimes

,

ol 23. (2) Ibid.,

fol.

,

Moldavie

comme

il

la

et sur l'Inde

porta ,

et

il

24.

nouvelle des anciens dues et autres souveains de l'Archipel; Paris, 1698. lle^i

et vers l'Arabie,

celte fois sur la

(3) Histoire

i4)

Hongrie

d'après

le

Rahrire.

avait chargé le vaillant

partir de Suez avec le

long de

la

marin Selman-Reis de

une escadre

,

et

de croiser

cote anjbe, pour châtier les re-

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

42

belles arabes el porter le

nom du

sultan jus-

geul en queslionélait

le

produit d'améliorations

qu'aux frontières de Saba(l). Le grand vesir,

dans

après avoir organisé l'Egypte, y installa, pour

Suleiman se contenta de celte réponse

gouverneur de Damas l'eunuque Suleiman-Pascha homme d'un grand courage et dont lame nourrissait de vastes pen-

révoqua

l'administrer, l'ancien

,

sées (2). Suleiman se plaisait dans la

représentation autant que

la

le

pompe

et

grand vesir

Ibrahim. Mille jeunes gens de haute naissance

,

portant des ceintures el des poignards garnis

formaient sa garde du corps

d'or,

(3). Il tenait

rênes en Egypte d'une main Ferme

les

;

l'on

si

la

que des éloges

l'histoire n'a

amour de

l'équité

à

el à tenir

,

pieuses fondations. C'est

lui

qui

,

(4),

donner à son compte de ses le

premier, en-

voya à Constanliuoplc la contribution annuelle de l'Egypte et qui établit que désormais l'ad,

dévoué aux

;

mais

il

intérêts

Ce qui détermina surtout la réintégration de Suleimau-Pacha ce fut l'ambassade indienne ,

que

le sultan

reçut à Andrinople, dans l'hiver

après son retour de l'expédition de Perse, et

du prince indien qui vint chercher un lui. Ce prince était BurhanBeg, fils du sultan Iskender souverain de asile

Jusuf-Emirulhadsch

si

réparation de l'ancien aqueduc de Valens a Constanlinoplc.

l'arrivée

fils

gouverneur

trésor, et rendit sa place à l'eunuque. Les 400,000 ducats d'excédant furent appliqués à la

Ilamsawi

de son

le

du

excepte l'injuste supplice de l'émir Dschanumet

culture et de l'irrigation des terres.

auprès de

,

Dehli, qui avait fui devant la puissance de l'em-

pereur Mongole Humajun, dont le père était grand Baber, et qui eut pour fils le plus grand de tous les grands Mongoles, Schah-Ekle

ministration des fondations pieuses serait sous

Ber.il fut accueilli gracieusement, et jouit d'un

du gouverneur, administration qui plus tard tomba entre les mains de l'aga des janitschares. 11 gouverna l'Egypte

traitement quotidien de 300 aspres. Avec ce prince fugitif parut à la cour du sultan l'envoyé

la

surveillance immédiate

,

,

durant dix années avec sagesse et vigueur; et sur l'ordre du sultan, expédié durant sa marche sur Guns,

construisit dans le port de Sues

il

de Behadir-Schah, prince de Gudschurat qui, par crainte aussi de la puissance envahissante d'Huinajun, avait déposé tous ses trésors à la ,

Mecque,

et maintenant, adressant

de riches pré-

quatre-vingts bâtiments, galères, barques, ma-

sents au protecteur des deux saints tombeaux,

hones

même temps des secours contre un nouvel ennemi, contre les Portugais, qui s'étaient emparés de sou port de Diu. Outre une vingtaine d'objets l'ambassadeur présenta une ceinture donl la valeur doit avoir été de 60 crores (2). Suleiman-Pascha nouvellement nommé gouverneur d'Egypte, reçut ordre d'équiper une flotte pour secourir le schah de Cambaya. Avant que ces forces eussent pris la mer, arriva la nouvelle de la mort de BehadirSchah, que les Portugais avaient immolé (3), et Suleiman-Pacha envoya à Constantinople les

et frégates.

Il

fut interrompu dans ces

travaux par l'ordre de Suleiman, qui

lui enjoi-

gnit de se rendre en personne, avec les impôts

de l'Egypte, montant à 800,000 ducats, à l'armée qui marchait contre la Perse; à sa place vint Chosrew-Pascha

née

,

qui

,

au bout d'une an^

éleva les revenus de l'Egypte de 800,000

,

ducats à 1,200,000. Lorsque Suleiman apprit cet accroissement,

ordonna de

il

retirer

trésor public et de mettre à part le tiers

somme

du de

implorait en

,

,

de rechercher si l'augmende dures extorsions. Chosrew-Pascha prétendit que son devancier, Suleiman, avait construit des flottes,

sistant

tandis que lui-même n'avait point été chargé

d'argent

la

totale

et

,

tation n'avait pas été le fruit

faire exécuter

(1)

Aali,xu e événement,

d'accord avec (2)

des travaux de ce genre; que

les historiens

Petschewi

,

fol

.

fol. 229;

Pelscbewi,

de

(4)

Raconté

54.

Mecque, conen trois cents coffres remplis d'or et (4).

l'ar-

fol.

32,

ottomans.

(1)

Ferdi

(2)

Ferdi

,

,

fol.

246.

fol.

256. D'après son calcul le crore vaut par conséquent la ceinture se porte à

100, C0O ducats

,

6,000,000 de ducats ou 300,000,000 d'aspres.

76.

(3)

(3) Ibld.

fol.

trésors de ce prince déposés a la

Petschewi fol. 76. On trouve cet acte avec les dans l'Asie portugaise de Manuel de Faria-Y,

détails

en

détail

dans

('Histoire

de

Suheili

Sousa. (4) Ferdi

,

fol.

278

LIVI1E XXIX. Au moment même où parlait

la flotte

de Chaircddin

pour l'expédition de l'Archipel, lesarmc-

ments préparés

Sues se déployaient sur

à

mer Rouge [13

la

juin 1538]. Suleiman-Pascha

un vieillard de quatre-vingt-huit

ans,

tellement accable par le poids de l'âge et

em-

était alors

barrassé par son embonpoint qu'il lui

quatre

hommes pour

se tenir debout

lait

;

le

fallait

soulever lorsqu'il vou-

néanmoins son esprit

avait

toute sa fermeté, son courage était inflexible.

Sa

flotte,

de soixante-dix voiles,

par vingt mille soldats



1),

était

l'on

montée

complaît

sept mille janitschares et beaucoup d'esclaves

vénitiens attachés à la rame, qui au

rupture de

la

la

moment de

paix avec Venise avaient été

arrachés des vaisseaux de leur nation alors dans le

port d'Alexandrie. La Hotte, dépassant Se-

bid. se dirigea sur

Aaden.dont

Aamir-Bcn-Daud,

fut attiré à

et la ville fut conférée,

comme

le

prince arabe.

bord par

la

sandschak.

ruse,

à lîah-

ram-Beg. Quinze jours après un débarquement était opéré sur la côte de Gudschurat; les deux ch.ileaux de Kuke et de kat étaient emportes

43

entra à Oschedde: Sbleiinati-Pascha pani par la il accomplit un pèlerinage. et parle Kaire pour se rendre à Constant inople où la



Mecque, où

,

gloire de sa conquête lui

divan avec

le

La

les vesirs '1).

des succès obtenus en Moldavie,

joie

en Arabie

prendre place dans

fit

et

contre Venise fut troublée par trois

mort du grand Le feu éclata dans le port , du côté de l'arsenal où le bagne fut eonsumé, et tous les calamités

le feu, la peste et la

,

vesir.

.

prisonniers renfermés en ce lieu y périrent. Portée de l'autre côté du port par un vent vio-

flamme

lent, la

jours après

la

s'y étendit avec

Neuf

fureur.

grand

peste enleva le

[13

vesir

janvier lô39~. Ajas-Pacha, Albanais de nais-

sance

dont

,

trois frères

monacal vivaient

engagés dans un ordre

que leur mère

ainsi

Va-

à

lona, et qui n'était pas moins bien disposé en

faveur des Vénitiens que son prédécesseur Ibra-

renom d'unhomme adonné aux femmes. A une certaine époque on vit dans

him, avaitacquisjustement

le

plein d'équité, mais extrêmement

dura vingt jours, pendant lesquels" le commandant Anton de Sylveyra défendit la place avec

maison quarante berceaux contenant autant de nourrissons et en mourant il laissa centvingt enfants (S), Sa place fut conférée au second vesir, Lulfi-Pascha, aussi Albanais, et

un courage héroïque soutenu même par les femmes portugaises. Dans l'artillerie se trou-

ce peuple.

vaient neuf de ces pièces monstres dont cha-

sultan a laquelle

cune

tements envers cette princesse

d'assaut. Ensuite fut ouvert le siège de Diu;

il

,

lançait des boulets

prodigieux

.

c'est

reilles niasses

de

que

d'un quintal. Le plus

l'on ait

pu

tirer

de pa-

de Constant inople. et qu'on les ait transportées jusque devant les murs de Diu, dans l'Océan indien en leur fail'arsenal

,

sant traverser les sables de l'isthme de Sues. siège fut levé faute de vivres:

Le on n'en put ob-

du nouveau prince de Diu, voué aux intérêts des Portugais. tenir

Mahmud Mahmud

.

dés'é-

bien gardé de se rendre à l'invitation Suleiman-Pascha de venir à bord il se montra plus prudent que le prince d'Aaden et de Sébid, Emer- Ahmed, qui, confiant tait

de

;

dans

parole des Ottomans

pendu au grand mât du vaisseau amiral. L'Iémcn fut conféré comme gouvernement au fils de BiikluMohammed-Pascha, conquérant du Kurdistan. à Mustapha-Beg au bout de dix mois la flotte la

,

fut

:

sa

,

néanmoins très-savant, qualité très-rare parmi

tane son épouse

Hadschi-Chalfa, Histoire des guerres maritimes,

il

était

,

avec

,

sœur du

la

uni, ses mauvais

il

le firent

fui séparé

trai-

déposer

de

la sul-

Démit oka où écrientre autres une his-

et exilé à

plusieurs ouvrages

vit

il

ottomane très-précieuse, qui s'étend à douze années au delà de sa déposition. Au commencement de l'automne, Suleimau se rendit en Asie, et revint par Brusa, dont les habitants allèrent au-devant de lui à cheval. .Mécontent de celle cavalcade, il rendit un ortoire

dre pour que désormais, dans un cortège destiné à rendre honneur au souverain, nul ne parut à cheval qui ne fut point possesseur d'un

de

fief

à

cavalerie.

Brusa

nelles

fol.

,

(2)

dans

,

,

le

qu'il

Après un séjour d'une semaine

sultan se dirigea vers les Darda-

ordonna de

fortifier suivant le sys-

Histoire des guerres maritimes

(1)

l.ulfi

(1)

et grossier

au bout de deux années:

wi

foi. 26.

Rude

,

77 ; Ferdi

fol.

,

fol.

,

27; Petsche-

fol.

314; Dschelalsade

,

Ssolaksade,

88.

Osmau-Effendi la liste

,

des vesirs.

Histoire des grands vesirs

,

et

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

44

tème des Francs. A la fin de septembre il était de retour à Constantinople et célébra la circoncision de ses deux fils Bajesid et Dschihan-

le chàteau-fort

gir avec les fêtes et les spectacles accoutumés,

sons livrées aux flammes

,

qui durèrent

seconde moitié de novembre.

la

Le premier jour, des pards

,

des lynx

,

,

des girafes, furent

exposés enchaînés dans l'hippodrome aux yeux

du peuple

et

du

siégeant entre

sultan.

les

Le lendemain

le sultan,

kadiaskers et les defterdars,

reçut les présents des vesirs.

Le grand

Lutfi-Pascha, et les trois autres,

vesir

nuque, Suleiman-Pascha, qui venait de heurter les Portugais dans la mer des Indes Ssofi-Mohammed-Pascha et Rustem-Pascha, le beglerbeg d'Anatoli et celui de Karamanie bai,

,

sèrent

la

rendre

main du

Après eux vinrent hommage les ambassadeurs

même

le

sultan.

y eut

Il

des

ensuite

apportèrent



les vesirs et les émirs, les

ulémas

soleil

emportèrent d'assaut

d'Ostroviz

aux

,

de Saint-

cris

Marc. Sept cents Turcs furent immolés, les mai-

nées à Urana

Obrovaz

(1).

,

de

Avec

les alentours dévas-

bétail furent

emme-

même bonheur,

le

Scardona furent arrachés aux Turcs.

et

Dans la défense de cette dernière place périt un jeune Turc parent de Murad conquérant de Klis. Sur l'ordre du sénat Scardona Obro,

,

,

,

vaz et Ostroviz furent rasés

afin qu'à l'avenir

,

que

pillards, et

le littoral des

pays vénitiens

hongrois ne fat plus ainsi inquiété

('2).

et

Bientôt

après, la conquête d'Obrovaz et d'Ostroviz fut

contre-balancée par

din

,

situé sur

la

perte

un rocher

du château de Na-

à dix-huit milles de

des

têtes;

nobleVénitien,lechàtelain, défendaient ce poste.

divertissements

:

un dragon à sept

au lever du

Zara ce château était une sorte d'observatoire pour signaler les irruptions des Turcs ver$ Nona, Zara, Sebenico, Polisena et Novigrad. Cinquante fantassins quarante cavaliers et un

de France (1), de Venise, du roi Ferdinand et du roi Janusch-Zapolya invités à la fête. juifs

et

ces places ne pussent plus servir de repaire aux

vieux eu-

le

,

tés, et trois mille têtes

lions, des tigres, des léo-

des loups

che

et les scheichs,

:

,

un

Trois mille Turcs, conduits par

capitaine re-

reçurent tous de riches présents , et furent revêtus de vétemenls d'honneur. En même temps

négat, parurent au pied des murailles, et la promesse d'une libre retraite détermina la gar-

que la circoncision furent célébrées les noces de Rustem-Pascha avec la fille de Sulei-

nison à capituler sans tirer l'épée. Mais

man (2).

des Turcs

Cependant il y avait trois ans que durait la guerre avec A^enise depuis le siège de Corfou,

sous

;

les

derniers grands faits d'armes furent la con-

quête de Castelnuovo en Dalmatie par nitiens

,

et la reprise

les

Vé-

de cette place formidable

elle

,

fit

rouler leurs tètes à Venise

du bourreau (3). Bientôt après Chosrew, paschade Bosnie, et Murad, sandschakbeg de et

le fer

Klis, prirent

de l'Unna

nowiz

et

Dubiza au confluent de

Save

la

après quoi les garnisons de Jase-

,

de Sobocs, sur

de

la rive

la

Save, éva-

Entre ces opérations et

cuèrent leurs places en les livrant aux flammes (4). Nadasdy et Keglevich pour préserver

guerre,

les autres

par Chaireddin.

la

si la lâ-

cheté de ces hommes les avait soustraits au sabre

il

le commencement de y eut encore diverses entreprises de

,

châteaux et

même Agram d'un

pareil

part et d'autre sur des places vénitiennes et

sort, attaquèrent Jasenowiz, l'enlevèrent et le

turques en Dalmatie, dont

place tout

rasèrent après avoir partagé le butin entre

comman-

vainqueurs.

naturellement

ici.

le récit se

Camillo

Orsino,

dant vénitien de Zara, envoya

trois cents fan-

tassins et cent cinquante cavaliers qui débar-

En Hongrie même,

après

les

la défaite

de Katzianer, près d'Essek, des troupes bohé-

miennes sous ,

commandement du

le

capitaine

quèrent au-dessus de Zara, à un endroit appelé Vecchio-Zara, marchèrent toute

la nuit, et, à la

du jour arrivèrent à Urana cienne résidence du prieur des Templiers. naissance

reposèrent

,

,

,

l'anIls

se

puis à la nuit se remirent en mar-

Guazzo; Venez., 1569,

(1) Storiadi tiiaiiii

,

1.

xiu. Mais cet auteur

arrive fréquemment

nements en

faisant

commet

fol.

ici,

220,etls-

comme

il

lui

une erreur dans l'ordre des évédevancer la perte de Nadin par la ,

conquête d'Ostroviz. (2) Istuanfi (1)

Le Napolitain Cantelmi, l'arula,

,

1.x,

p.

715

,

I.

X

,

p. 714.

1.

,

(4)

,

fol.

06

lsuiaun

xm.

Guazzo; Venez., 1549

(3) Storia di

schewi

718. 723. C'2)

Paruta

,

et 77. 1.

xm,

p.

218.

,

fol.

221

;

Pet-

LIVRE XXIX. ,

kay aux Turcs.

quoique Pierre Pereny accourût à de

la place.

railles, les

Dans un combat

la

délivrance

les

mu-

six

sous les

livré

ou de les appuyer parle canon, une sortie, enlevèrent les pièces des Turcs et repoussèrent ceux-ci vers

ses propositions,

emparèrent en effet

s'en

Ils

uuovo. Sans laisserau renégat le temps d'exposer

d'arracher To-

fait la teutative

Devel avaient

45

Espagnols

firent

Spoleto, dont les habitants, les prenant à revers,

ce déserteur fut blessé; et néanmoins,

leur tuèrent soixante-dix

vainqueurs ne pouvant se maintenir dans

hommes. Cet échec

ottomane

cette position, l'évacuèrent après l'avoir dé-

provoqua

vastée^).

Castelnuovo, tandis qu'une armée s'avançait

la flotte

le même point. Chosrew-Pascha devenu beglerbeg de Rumili, avait ordre de

plus grave que tout cela ce de Castelnuovo, situé sur la côte entre Raguse et Gattaro. Après la bataille de

par terre sur

Prévesa, perdue par les trois

Pascha mit à

Un événement

,

fut la prise

flottes alliées

veille

du jour où par

raine

des éléments une nouvelle montagne

,

pousser

la

s'é-

,

leva à Pozzuolo et le rivage s'avança dans la »ner (2),

André Doria,

le

légat

du pape,

miral vénitien , Vicenzo Capillo

,

soixante mille



la voile

hommes; Chaireddin-

avec cent cinquante vais-

seaux (1). Le 13 juillet parut l'escadre d'avantgarde de vingt-sept bâtiments, sous les ordres de Dschufud-Siuan. Lorsque les équipages, le lendemain, se trouvaient près d'un puits pour

suite d'une lutte souter-

,

à se diriger vers

et l'a-

faire

se dirigèrent

de l'eau, à un mille de

furent

la ville, ils

vers le golfe de Catlaro afin de soumettre Cas-

attaqués par les chrétiens et laissèrent quatre

•telnuovo. Barberousse

cents morts sur le terrain. Quatre jours après

ne put

par une violente tempête

Valona où

!

il

,

suivre

les

,

arrêté

Chaireddin arriva lui-même avec toute

qui jeta sa flotte vers

lui fallut la refaire;

car

il

Il

avait

envoyé des rafraîchissements, des poules des œufs, des melons, des sucreries et autres objets.

•perdu plus de soixante-dix bâtiments, et les

,

endommagés (3). Le dimanche 27 octobre 1538, au lever du jour,

autres avaient été fortement

les galères

Dans

l'artillerie

qui fut débarquée pour

le

siège

étaient trois pièces qui lançaient des boulets

des chrétiens s'approchèrent ran-

Deux de

de

gées par quatre, afin de lâcher leur bordée en

plus d'un quintal.

passant à leur tour. Mais avant que les quatre

sur des affûts à huit roues, furent mises en bat-

premières, une fois leur décharge faite, eussent

terie

[t'ait

leur évolution

vèrent sur

elles

lun désordre qui

trop rapidement;

amena un bon

I

il

même nombre de

en résulta

résultat

,

ces pièces, portées

avec trente canons de siège et faucon-

neaux, du côté de

les quatre suivantes arri-

,

l'église

de

S.

Veneranda; un

pièces engageait

le

feu du côté

des salines, et vingt autres canons foudroyaient

car les

Le

commencèrent l'assaut sans avoir d'échelles. La ville fut emportée au milieu d'un feu violent, et les deux

encore

châteaux se rendirent. Sept cents prisonniers,

une perte de huit mille hommes. Le lendemain deux déserteurs espagnols apprirent à Chaireddin que la place manquait de vivres pour les troupes et de munitions pour l'artillerie que la garnison du château d'en haut était réduite de

équipages sautèrent

>

la flotte.

venait de Cattaro où le provéditeur lui avait

à terre, et

butin valant plus de 70,000 écus, tombè-

.in

rent entre les mains

du

vice-roi de Naples

pitaine général. Ferdinand de

dans

la

Gonzaga

,

ca-

laissa

place quatre mille Espagnols sous le

commandement de Francesco Sarmiente. Le :

er l

janvier 1539, trois sandschakbegs avec six

canons, conduits par le gat,

même

capitaine rené-

Morato de Sebenico, qui avait déterminé

la

Reddition de Sebenico, parurent devant Caslel-

la

place d'un point supérieur.

l'assaut fut livré.

dans

Déjà

les

la ville, lorsqu'ils

sept cents

hommes

à trente.

une attaque plus meurtrière que la précédente. Les Turcs escaladèrent les murailles, les Espagnols se retirèrent toujours en combattant vie.

Sarmiente, réfugié

,

lia, p. 178.

(1)

De

Castelli

Novi

,

direptione a Solimano impera-

tore facla^anno 1540 [1539], narratio Cliristophori Ki-

(3) Storia di stoire des

Encouragé par ces

déclarations, Chaireddin entreprit, le 10 août

Guazzo; Venez., 1649 fol. 216. Le 29 septembre. Alberti descrizione di lutta llta-

(1) Sloria di

furent repoussés avec

;

vendant chèrement leur

(2)

7 août,

Turcs avaient pénétré

Guazzo

,

fol.

242

guerres maritimes.

,

et

Hadsctai-Cbalfa

,

cheri ad p.

76.

Fr.inciscum

regem gallum

in

iSyudromus

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

46 dans

château d'en bas avec trois cents hom-

le

mes, reste delà garnison,

capitula.

Les janit-

poursuivaient toujours

,

ne fut qu'après

et ce

le

succès de l'entreprise que Contarini arriva i

schares et lesmartoloses,qui n'avaient épargné

Constantinople. Suleiman le reçut en audience

femmes ni ger la mort de

solennelle, mais sans

ni les

pendant

les

enfants, brûlaient de ven-

dix mille de leurs frères tues

siège, et demandaient à grands cris

le

des trois cents guerriers chrétiens;

les tètes

mais Barberousse

les refusa, et

emmena

Sar-

sa

main sur

donnée par

cation

prononcer un mot, tenant

sa poitrine, ce qui, suivant l'expliles courtisans à l'ambassa-

deur, était un signe de malveillance ou de co-

Lorsque Contarini réclama

lère (1).

et ses officiers prisonniers à Constanti-

conquises, on

nople.

Ulama,

dant Malvasia et Napoli

transfuge persan, reçut

le

commandement supérieur de lendemain de

la

la

le

garnison. Le

chute de Gastelnuovo,

le

châ-

la moindre Deux jours après, le provéditeur de Cattaro envoya encore des rafraîchissements

teau fort de Risano se rendit sans résistance.

à Chaireddin, qui celte fois ne les accepta point et

demanda qu'on

15 août

mais

il

lui

remît Cattaro

même. Le

débarqua des troupes devant

elles furent

si

la place;

bien reçues à coups de ca-

non

«Au

la circoncision et les noces

l'année suivante vint

sénateur Luigi Badoero,

le

revêtu de pleins pouvoirs par jusqu'à 300,000 ducats

frir

,

le

sénat pour of-

sans abandon de

places, et autorisé en secret par le conseil des

provéditeur

lui

Dix

céder Malvasia et Napoli. Sa négociation

à

appuyée par er 1

le

chargé d'affaires de Fran-

Cantclmi

napolitain

l'exilé

,

(3).

La

position de l'ambassadeur était extrêmement difficile

(1).

(2).

pouvait, lui dit-on, s'en retourner

de Suleiman. » Le baile congédié, Canale, assista aux fêtes. Au commencement de

çois

Tandis que se faisaient ces entreprises, des négociations de paix s'étaient engagées entre la Porte et Venise. Grilti qui avait été envoyé

il

la fille

le

gent

reste

en septembre, pour

de

cieusement

500 écus que le envoya dans une coupe d'ar-

Romani que n'avaient

à Venise ou bien se retrouver à Constantinople

fut

présent de

di

point soumises encore les armes turques

et de fauconneaux, que Barberousse dut renoncera toute tentative sérieuse; le lendemain il rembarqua ses gens et accueillit gra,

lui

les places

répondit aussitôt eu deman-

miente

,

parce que les Turcs connaissaient les

dernières limites de ses pouvoirs;

ils en étaient Cantelmi auquel ce secret avait

instruits par

été trahi par les frères Cavezza, secrétaires de

à cet effet à Constantinople (2), arriva au commencement d'avril à Venise , annonçant qu'il

l'ambassade, qui plus tard furent mis à mort en

Juuis-Beg

négociations, Badoero obtint un traité de paix

avait été introduit par l'interprète

auprès des vesirs qui l'avaient accueilli avec amitié. Aussitôt Pietro Zeno, qui

deux

comme ambassadeur avec Suleiman,

avait traité partit

pour

l'effet

de renouveler

la capitale

de l'empire ottoman, à

la paix

conclue dix^huit

ans auparavant avec Suleiman;

il

mourut en

route à Bosna Serai, et à sa place fut

Tomaso Contarini huit ans, le fer

ou

si

(ois déjà

vieillard

,

nommé

de quatre-vingt-

châtiment de ce crime qui stipulait de

don de din

la

Après

(4).

trois

mois de

part de la république l'aban-

iMalvasia et de Napoli en Morée, de Na-

d'Urana sur

la côte de Dalmatie, des îles Pathmos Paros Antiparos , Kios, Egine, Stampalia dans l'Archipel (5); et de plus le payement de 30,000 ducats pour indemnités

et

de Skyros

,

,

,

de guerre. Les ratifications ne furent échangées par des ambassades officielles que l'année sui-

souvent mis eu rapport avec les Turcs

la

plume à

préparatifs pour

la

la

main

(3).

Cependant

les

reprise de Castelnuovo se

(1)

Paruta

(2)

Ibid.,p. 714.

(3)

Flassan

Cantelmi

,

aux Archives impériales se trouvent deux dépêrhesorimnaifs .u doga «r poi ... lu 3 jtOttet 1539.

$) Païuia,

I.

\,p.

Jfiï.

p. 713.

ne

sait

rien de la

Venise

et

seconde mission de

(

pour ménager la trêve Paruta ,1. x p. 715 71S,

;

Daru

Constantinople

Suleiman

entre

Guazzo.fol. 165; Paruta, Sloria, l.x p. 711. (2) Dans la seconde liasse des huit tomes in-foliodes scriiture lurcueHhe, des actes diplomatiques vénitiens, (1)

à

,

,

,

723. (4)

(5)

Paruta , 1. x Daru contient

les lies

,

728

des erreurs bien graves

cédées se trouvent Scio

même aux lieu

p. ici

Vénitiens

de Palbmos

,

,

au

a .Sesina

lieu ,

au

,

,

I.

xxti

,

p. 57. ;

parmi

qui n'appartenait

lieu

pas ]

de Scyros

;

d'Egine.

Palma, au

LIVRE XXIX. vante. Ainsi se termina glorieusement pour Suleiman la guerre avec Venise dans le cours de

laquelle

il

avait

triomphé sur

la

Méditerranée

des forces combinées des chrétiens

îon pavillon sur

les

,

promené

mers des Indes, heurté

dans

47

ces parages la puissance portugaise;

il

combattu à la fois en Europe et en Asie, dans la première de ces contrées il avait eu

avait et

à lutter à et

la fois

l'empereur.

contre

la

république

,

le

pape

LIVRE XXX. —





AMBASSADE DE FERDINAND. LA GUERRE ECLATE EN HONGRIE. SULEIMAN GARDE OFEN. HERBERSTEIN ET SALM SE RETIRENT SANS AVOIR RIEN OBTENU. L'EMPEREUR CHARLES ÉCHOUE COMPLÈTEMENT DANS UNE ENTREPRISE SUR ALGER. BARBEROUSSE LÈVE LE SIÈGE DE PESTII CESSE DÈTRE MENACÉ. CONQUÊTE DE NICE. NEUVIÈME CAMPAGNE DE SULEIMAN.















GRAN , STUIILSVEISZENBURG. CHUTE DE VALPO SIKLOS MORT DU PRINCE MOHAMMED. WISSEGRAD NEOGRAD WELIKA. BATAILLE DANS LES PLAINES DE LONSKA ET DE SALLA. GOUVERNEMENTS DES PRINCES. MORT DE BARBEROUSSE ET GRAND VESIRAT DE RUSTEM. PAIX •

,

,



,

,



— —

AVEC L'EMPEREUR CHARLES ET AVEC FERDINAND.

Ce livre comprenant les faits accomplis depuis

qui précédèrent et qui conclurent la guerre-

paix entre la Porte et Venise, et le traité conclu

Nous

avec l'empereur Charles et son frère Ferdinand, et

faut.

la

acontant

la

guerre de Hongrie soutenue pen-

de sa gloire

et

hommes

de plus

et

Barberousse; on n'a pas à signaler

brillantes conquêtes

que et

celles

de

la

de Bel-

Hongrie.

Par suite de l'incorporation de

la plus grande de ce dernier royaume avec l'empire ottoman, et de l'abandon de la Hongrie supérieure

partie

à l'Autriche

peuple et

par

le

moyennant un tribut annuel , le pays des magyares étaient disputés

la civilisation et la

barbarie, et de cette

lutte la barbarie sortit victorieuse et triom-

phante pour un militaires

siècle et

demi. Si

les succès

eurent une haute importance, les

un grand développement d'intelligence et d'habileté. Les exploits de la guerre ont retenti partout mais des négociations appelèrent

;

que les arde la diploma-

siècles pourraient s'écouler avant

chives eussent révélé les secrets tie.

que

C'est parce les

que

ces sources étaient ignorées

autres histoires, ou se taisent, ou don-

nent des rapports erronés sur

Les trois lettres que Suleiman avait expédiées Tibris et de Diarbekr, pour se plaindre du

féconde en-

si

politiques et des guerriers tels

grad, de Rhodes, de Bagdad

dé-

de sa puissance;

le

core en événements, on ne voit plus apparaître

des

à ce

par des messagers à Ferdinand, de Bagdad, de

dans l'autre moitié de son règne,

qu'Ibrahim

nous efforcer de suppléer

plus

dant sept ans, présente Suleiman dans brillant éclat

allons

les

négociations

meurtre de Grilti et lui annoncer les triomphes des armes ottomanes, avaient eu chacune une réponse immédiate. Après le retour de Suleiman, Maria Barcizi vint comme envoyé de Ferdinand auprès de Suleiman pour le féliciter de ses succès, mais en même temps pour se plaindre des infractions au traité; car le douaire de la reine Marie n'avait pas été remboursé, et il n'y avait eu ni sécurité, ni repos pour les frontières. Le grand vesir Ajas répondit « que si Gritli n'avait pas été immolé, le douaire eût été déjàpayé;quec'élait au roi Ferdinand à veillersur ses capitaines, afin qu'ils ne se livrassent point à ces irruptions qui avaient causé la prise de Klis; que le protectorat de la Servie appartenait au Grand Seigneur; que le comte Srin et d'autres, qui depuis deux ans n'avaient payé aucun tribut, devaient être sommés de s'acquitter de cette obligation. «Bientôt après, la défaite de Katzianer porta un nouveau coup à la paix. Pour prévenir un éclat Jérôme Lasczky, palatin de Sira:

J

,

die, le

même

qui, dix ans auparavant,

comme

1

représentant de Zapolya, avait accompagné.

LIVRE XXX. ileiman dans son expédition contrevienne,

envoyé

t

Constantinople

à

par Zapolya après

rs

(1).

Jeté dans les

meurtre de Gritti,

le

et

de l'ambasdeur de Sigismond de Pologne, le palatin de radie devenu l'implacable ennemi de son lâché seulement sur les instances

maintenant

et

,

pour constater l'existence d'un fils né à Zapolya de la reine Isabelle, quinze jours avant qui s'était fait la mort du père ; car Mailath ,

,

woiwode de Transylvanie, pandre des doutes sur

La

de Groszwardein conclu entre

traité secret

rdinand

et

découvrit à Suleiman

il

Zapolya.

A

cette révélation, Sulei-

comme un

orphelin n'ayant d'appui que dans

protection

fàmes ont rompu effrontément des traités

sa

nsacrés par des serments, sans être retenus

de

la

pudeur, ni par

la crainte

de Dieu (2)!

la

découvrit son sein d'albâtre et allaita

en présence du tsehausch, qui s'agenouilla, baisa les pieds du nouveau-né, et, posant

l'enfant

!

par

de ré-

fait (1).

reine prit son nourrisson dans ses bras et le

nelle, elle

main sur la

la poitrine

Porte, jura que

du pauvre

le fils

du

protégé

petit

roi

Jean, à

l'ex-

clusion de tout autre, régnerait sur la Hongrie.

»

isczky arriva le 8 octobre à Conslantinople

de ce

la réalité

présenta au tsehausch ambassadeur,

grand vesir Lutfi, lui Ces deux rois portaient indignement couronne sur leurs tètes perfides Les traîtres «

:

avait essayé

du Grand Seigneur; avec une grâce toute mater-

jn, se tournant vers le t

tsehausch

à Ofen,

cien souverain, était passé au service de Fer-

uand

49

De sou côté Suleiman avait expédié un

Cependant

:

troupes de Ferdinand

les

,

sous

la

le 7 novembre une audience de Suleiman, ne l'écoula qu'avec des signes d'une vive ipalience et l'accabla de reproches au sujet

conduite de Léonard Fels, allèrent assiéger Ofen;

i

siège d'Ofen; quelques-uns conseillaient de

weiszenburg. Alors Isabelle envoya ses fidèles

i

couper

eut

li

,

>yer,

les oreilles et le

nez avant de

un

d'autres de le jeter dans

le

irantit sa sûreté personnelle à force

prompts secours de Suleiman.

de pré-

cepter la chaîne d'or qui lui fut offerte

but pour

(3).

11 devait tout mettre en œuvre n de déterminer Suleiman à céder à l'Autrie toute la partie de la Hongrie possédée jusn'alors par Zapolya, et pour cela il était autoi;é à promettre un tribut annuel en montres, licons, chiens etc. (4). Quinze jours après, la jrt de Zapolya donna lieu au départ précipité

Un mois encore Lasczky et

^sir Lutfi, le vesir

nand

Andronicus Tranquillus,

épargné pour gagner

Rustem

Porte Junis-Reg aux intérêts de Ferdinand

i

i

veut être en possession de

la

Hongrie

en conférences entre

L'ambassadeur de Ferdi-

se défendit contre l'accusation relative au

en disant que Suleiman n'avait

,

accordé à Andronicus Tranquillus qu'une trêve

de

et l'interprète

1

s'écoula

les vesirs.

siège d'Ofen

grand

le

tri-

l'armée.

|ine nouvelle ambassade. « Cours, vole a Con-

soit

comme

Hongrie; en conséquence un di-

,

,

ne

la

,

i

e rien

portèrent de

,

structions.

i

Ils

plôme fut rédigé conférant la dignité royale au fils de Zapolya comme tributaire et vassa. du grand padischah (2). Le beglerbeg de Ruet le troisième vesir, mili, Chosrew-Pascha Mohammcd-Pascha, reçurent ordre de marcher en toute hâte vers Ofen et Suleiman promit de se mettre bientôt en mouvement avec toute

Constantinople avec de nouvelles

lintinople, fut-il dit à

et enlevè-

comme ambas-

riches présents avec 30,000 ducats

année suivante Lasczky fut expédié de Halenau à

Waizen, Wissegrad, Sluhl-

sadeurs à Constantinople, pour implorer de

Il

néanmoins Rustem ne voulut point

nts, et

presque aussitôt,

rent ensuite Pest,

serviteurs Verbœczi et Cerzeky

ren-

cachot.

elles se retirèrent

de

trois mois;

s'était

(5). »

que l'armée de Ferdinand ne

portée que sur l'héritage de Zapolya, sans

attaquer

la

Croatie ou d'autres domaines

du

Lasczky dans ses discours toucha encore points dont il s'était occupé inutilement

sultan. 1) |1:

La

letlre

1539,

et se

de créance de Lasczky trouve dans

les

est

du 8 septem-

les

Archives impériales de

dans son ambassade de l'année précédente. «Tu parles fort bien mais tu agis mal » lui répon-

;nue. 2) Jovius 3)

1. xxxiv , p. 227. Rapport de l'ambassade de Lasczky, dans

,

:

,

les

Ar-

dit Lutfi.

Les

trois autres vesirs lui

reproché

ves impériales. I)

is

Instructio pro Tranquillo Andronico, avant 1540 les

(1) Verantii Epistola

Archives impériales.

Verantii Epistola apud Katona

TOH.

II.

,

1.

xx,

p.

(2) Ferdi

1418. I

,

fol.

336

apud Katona

,

I.

xx,

p. 1418.

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

50

rent de servir les Allemands, nais

lui

qui était Polo-

de nation Lasczky se justifia en s'appuyant

Lasczky s'en défendit en parlant de ses de sa maison, de la cour, de sa femme

liens»

sur l'exemple de l'ambassadeur français qui était

et de son enfant. Lutfi prétendit que ce n'était point

né sujet espagnol. Lutfi demanda quel



le

;

était

but du traité d'amitié conclu à Haguenau

le roi de France: « Interroge là-dessus le grand amiral, » répondit Lasczky, montrant

avec

Barberousse qui siégait dans

en riant

- ci

je, dit celui

le

divan.

représenter

,

«

Dois-

ici

l'am-

bassadeur du roi de France?» Après que

le

une excuse acceptable car ;

Lasczky restarenfermédans vesir (1). Toutefois

messe

hammed et

Lasczky des compliments sur ses voyages

après,

le félicitèrent

grandement de

il

lui fut

la

maison du grand

permis d'entendre

le

cat grec. Le

table avec lui selon l'usage, les vesirs firent à

ambassades, et

aurait des châ-

dimanche dans l'église du patriarpremier décembre 1540, Suleiman se rendit à Andrinople avec les princes Mola

divan eut été levé, et lorsqu'ils se trouvèrent à et ses

il

teaux et des femmes autant qu'il en voudrait.

et Selim, et trois mille janitschares,

ne revint que 1

le

4 avril 1541. Sept semaines

,025 ducats ayant été dérobés du trésor,

hommes

cent vingt

et sept

femmes furent ap-

question. Sur la nouvelle de

l'honneur qu'il avait eu de paraître en personne

pliqués

devant

révolte de Ghasichan, gouverneur de Loristan,

padischah. Lasczky raconta ensuite

le

comment

cour de Charles

à la

il

s'était

avec deux ambassadeurs persans

,

querellé

qui préten-

daient faire remonter l'antiquité de

famille

la

des schahs plus haut que celle des sultans. L'un

de ces ambassadeurs, d'abord au

pour

roi

de Portugal

,

envoyé

avait été

dit-il,

puis à l'empereur,

rendre compte des progrès de Sulei-

lui

man en Perse:

second

le

était

chargé de pous-

et

la

à

la

deGrégor, commandant du Kurdistan, deux

mille cinq cents janitschares, sept cents sipahis et six

pour

cents ulufedschis reçurent ordre de partir

Peu de jours après, le grand vesir de sa femme, tomba dans la disgrâce, fut déposé en recevant une retraite de 200,000 aspres et sa dignité fut conférée à l'eunuque Suleiman-Pascha (2). Rustem-Pascha la Perse.

Lutfi, sur les plaintes

,

ser l'empereur Charles à la guerre contre la

devint second vesir, Mohammed-Pascha

Porte, et de partager avec

sième, et Chosrew-Pascha quatrième. La place

de

la terre,

de

telle

lui

la

domination

sorte que Charles fût le maî-

Comment

détermination

midi Lasczky parut de-

Amasia avec une augmentation de 500,000

demanda ironiquement

,

vous éles-vous entendus sur des frontières (1)?

»

A

vant Suleiman, qui s'écria

maître que faire (2)?

»

la

Hongrie

Puis

il

quittée par ce dernier,

Ahmed; OweisPascha devint beglerbeg de Bagdad; le gouverneur de Ssaruchan, le prince Mustapha, obtint

tre de l'Europe et le schah souverain de l'Asie. «

du beglerbeg deRumili,

troi-

:

la

«

Lutfi,

As-tu dit à ton

moi ? Que vient-il y en menaces et en in-

est à

éclata

jures, et pendant cette explosion l'ambassadeur

emmené. Les vesirs demeurèrent

passa

à l'aga

des janitschares

aspres.

Le 23 juin Suleiman se mit en marche vers la Hongrie à la tête de son armée. Le grand vesir fut laissé dans l'Asie Mineure comme pour garantir la sécurité contre la Perse, mais en réalité

sitôt

trois heures guerre fut résolue et ausdes crieurs proclamèrent que l'ambassa-

du prince Mustapha, déjà suspect à son père

deur

était arrêté prisonnier. L'interprète

quoique la mésintelligence d'où naquit

fut

auprès du sultan

;

la

,

de

la

afin

de prévenir à l'intérieur toute entreprise

que douze ans après;

la

(3J,

guerre

Porte, Junis-Beg, vint le consoler en lui disant

civile n'éclatât

bon courage, qu'il ne lui arriverait point de mal parce que les faucons qu'il avait apportés avaient beaucoup plu à lempireur; que le vieux eunuque Suleiman avait proposé

n'y avait encore que des querelles de harem : l'ambition trop audacieuse du prince se trahis-

d'avoir

,

qu'on

lui

coupât

le

nez et

les oreilles,

mais que

sultan n'avait point approuvé cet avis. Le vesir lui proposa d'entrer au service

du

alors

il

Quant au grand vesir, s'il n'accompagna point son maître à la guerre, ce ne fut

sait à peine.

le

grand

sultan:

(

I)

Et non pas dans

cela est dit dans

le

châleau des Sept-Tours,

l'histoire

de Wolfijang Bek!en

comme ,

I.

|,

p. 35f>. (2)

(1)

".apport de Lasczky du 7

(2)

tUppori de

ItauiioasBade

novembre.

Ce Lasczky.

(3)

fui. ?3i et rapport de Lasczky du 3 mai. Le rapport dr Lasczky donne a ce sujet de long»

Kerdi

détail»,

,

,

LIVRE XXX. ni à cause de son âge avancé, ni par suite de mesquines jalousies du sultan relativement aux

pouvoirs exorbitants accumulés sur

premier

le

campagne il faut voir dans cet éloignement de Suleiman l'influence prépondérante du second vesir Rustem, qui gendre du sultan et ancien page élevé dans le palais, jouissait d'une plus haute faveur que l'eunuque octogénaire. D'après tout cequi précède, il est clair que Suleiman, encore fatigué de la toute-puissance de son sédignitaire de l'empire eu cas d'entrée en ;

,

rasker Ibrahim

depuis

la

dans

,

les cinq

voulu conférer vesir qu'à des

service des

le

pouvoir suprême de grand

hommes

camps

habiles, grandis dans le

des

et

flottes,

Lutfi et Suleiman-Pascha, qui rés par

années écoulées

chute de ce redoutable favori, n'avait

un

surcroît de faveur

comme

ajas,

n'étant pas éga-

,

comme

Ibrahim

espagnole

che

traversa le défilé d'Isladi

,

un divan

vesir

lettres amicales (2).

sir,

et qui prit séance

du second

Rustem

,

,

him

à laquelle elle avait pris vraisemblablement

une très-grande part laisser

Rustem

les ,

rênes du

qui ne

les

,

commençait

dès. lors à

pouvoir aux

mains de

tenait pas selon son ca-

price, mais suivant la direction

donnée du ha-

rem.

A

première station de Constantinople, des torrents de pluie arrêtèrent l'armée pendant la

trois jours, et,

durant cette halte,

changements dans

les

wisade fut déposé

,

emplois

;

le

il

y eut des

mufti Tschi-

et sa dignité conférée

molla Abdulkadir; sur

le

au

rapport d'un commis-

envoyé sur la frontière de Géorgie pour examiner les plaintes élevées contre Ferhadsaire

,

fut

emmené à

comme

(3).

Le

avait été

Con-

précédemment du

et attaché

.A

sérail (4

nouvelle de

la triste

la

mort de l'ambassadeur français Rinçou qui, arrêté sur la route de Turin avec Cesare Fregoso, ,

dirigeaient vers Constantinople

lorsqu'ils se

avait été assassiné par des bandits à la solde

,

du

marquis del Guasto (5). Mais le sultan éprouva quelque consolation en apprenant qu'lahja-Pascha-Oghli et Ulama, gouverneurs de Semendra

de Bosnie, ayant

et

fait

leur jonction avec les

troupes de Valentin Tœrœk

et d'Isabelle,

camp au

battu et chassé de son

-

avaient

dessous du

mont Gerhard près d'Ofen l'armée commandée par Rogendorf. Les flots du Danube apportèrent des cadavres ennemis

de

la

flotte

victoire (6). Kasim,

turque sur

abandonné par

le

de Schutt

,

Ferdi

,

attestation la

troupes allemandes. Pereny

les

Rogendorf vers l'île mourut des suites de

Erlau

où bientôt

fol.

comme

commandant de

Danube, avait occupé Pest,

s'était enfin retiré à

il

,

349.

(2) yèir/.,fol.350.

(4)

(5)

,

Engel

,

d'après Isiuanfi

Rapport de Lasczky de 1539. En se rendant vers le sullan

venant de Consianiiuople pense Feszler Flassan , 1. 1

le

,

;

d'après des avis reçus, était menacé par une

laissé à

de son père

la foi

service intérieur

Belgrad Suleiman reçut

(3) Feszler

dan-pascha Chaireddin d'équiper quatre-vingts galères et de mettre à la voile pour Alger, qui,

condamné à une

de Pierre Pereny,

en otage de

circoncis

gin-Oghli, Mustapha-Pascha.

au kapu-

et

coupable d'intelligence avec Pe-

fils

comme page au

(1)

fut expédié

Constantinople

prison perpétuelle dans le château des Sept-

Pascha, dans l'administration d'Erserum, ce gouvernement fut donné au fils du vesir Duka-

De Philippopolis l'ordre

ve-

en cette qualité. Là aussi

de sa forteresse de Fogaras par les ruses d'Ahmed, sandschakbeg de Nikopolis et de Pierre Raresch, prince de Moldavie rentré en grâce auprèsde Suleiman, et tombé ainsi entre les mains des Ottomans,

stantinople

appuyé moins encore par son épouse, fille de Suleiman, que par les intrigues de la mère de la princesse. Le sultan livré à la plus chérie de ses femmes dominé surtout par elle depuis la ruine d'Ibravesir

gouverneur de

le

nommé quatrième

fut livré Mailath, qui, attiré hors

puissance

balan-

à

discipline fut aussi rigou-

A Belgrad parut

Hongrie.

la

,

La

Rumili, Chosrew-Pascha,

reny

ne pouvait donner aucun motif

une audience accordée

reuse que dans les précédentes expéditions de

ne ressor-

cée qu'elle était par l'influence toujours croissante

fut tenu, et

il

d'inquiétude et de jalousie au sultan

mar-

sents et fut congédié gracieusement chargé de

Tours,

du grand

sa

passant par

,

l'ambassadeur florentin qui apportait des pré-

Mais, par les événements ultérieurs pas moins à tous les yeux que

(1).

Sofia et Schehrkoi, et se dirigea surNisa; là

ne pouvaient être menaçants pour son autorité. tira

51 L'armée poursuivit

flotte

(6)

Ferdi

,

fo!.

352.

,

3

,

et

,

I.

xiy.

non point en reconnue le

juillet 1541

p. 338.

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

52

Dans le malheureux assaut livré précédemment à Ofen, le vaillant Dalmate Jérôme de Zara, frère du défenseur héroïque de ses blessures

Guns, ancien ambassadeur de Ferdinand près de Suleiman, et qui dans la dernière circonstance commandait la flotte des hommes de Pest, avait reçu tant de blessures que bientôt il succomba. Lasczky fut traîné captif et malade a la suite de l'armée jusqu'à Belgrad, et ne fut relâché qu'au retour d'Ofen lorsqu'il

après

,

Le 25 août 1541 le vesir Mohammed-Pascha begs se rendirent au-devant du suhan dans les environs d'Ofen. Le lendemam Suleiman transporta son armée sur la rive droite du Danube, et se dirigea vers Alt-Ofen où il campa. Le jour suivant furent amenés six cents ,

et les

,

prisonniers saisis dans

perdue

la bataille

le

21

par Rogeudorf, et, à l'exception de quelques

parmi lesquels se trouvaient l'Autrichien et le Bohémien Melchior-

chefs,

Balthasar-Puchhaimer Borziza

,

tous furent immolés. Le 28

,

le

tschaus-

baschi Aliaga se rendit à Ofen, chargé d'offrir

quatre chaînes d'or et trois chevaux avec des harnais d'or au

fils

du

roi

,

des bagues, de

mousseline et des bracelets d'or

la

à la reine;

il

porteur encore d'autres objets précieux en-

était

voyés au

nom du

la

loi

(I).

L'am-

au

interdisait

grand padischah de visiter la reine eu personne mais qu'elle pouvait envoyer son fils au ,

camp

impérial avec les nobles qui avaient

si

vaillamment défendu Ofen. Grande fut la terreur

de

la reine à cette

demande,

la

nuit se passa en

délibérations Isabelle finit par accepter l'invita;

tion

,

d'après le conseil du moine Martinuzzi

auquel Zapolya l'avait recommandée en rant.

mou-

Le 29 août, quinzième anniversaire de la de Mohacs, le peiit Sigismond Zapolya,

bataille

à peine âgé d'un an, fut

mené dans

le

camp

ac-

compagné d'une nourrice de deux vieilles dames et des six principaux conseillers de la reine, Martinuzzi, Petrovich, Valentin Tœrœk, Etienne Verbœczy, Urbain Bathyanyi et Podmauiczky. L'enfant était dans une voiture dorée ,

Petrovich devait présenter l'enfant à Suleiman;

mais

le

(1)

disent rien p.

,

fol.- 78.

Les historiens otlomans ne

du prince Selim

379, Utuanfi,

.

xiv

,

pauvre petit se mit

pas quitter

lut

nommé par

Bethlen

p. 241, et par Jovius,

I.

,

I.

xi.

i

à

pleurer, et ne vou-

Alors

la nourrice.

elle le

porta

accompagnée des conseillers, et revint bientôt conduite par Podmaniczky, le grand maréckal et le grand chambellan

dans

tente

par

ses bras,

cinq autres conseillers restèrent

les

;

la

du divan. Suleiman

leur

signi-

fit

de prendre possession d'Ofen pour lui-même. Tandis que les Hongrois recevaient cette déclaration les fier,

les vesirs, qu'il avait résolu

,

portes de

la ville

étaient ouvertes déjà par les

janitschares, qui avaient profité de la

marche pompeuse du cortège pour se glisser inaperçus dans Ofen puis, des crieurs proclamèrent que ;

la

vie et les biens des habitants seraient garan-

armes étaient livrées volontairement un accueil amical était fait aux janitschares.' Avant le coucher du soleil on s'était soumis aux ordres du sultan. tis, si les

si

,

Les cinq conseillers furent retenus dans

camp pendant sept jours question de savoir

tit la

être la

emmenée

à

reine négocia

,

si la

reine ne devait pas

De son

Constantinople. ,

le

eux se débat-

et avec

côté

par l'entremise de l'ambassa-

deur de son père à Constantinople, et de Rustem-Pascha auquel elle envoya de riches pré,

sents pour son épouse, la sultane afin d'obtenir la liberté

de

Mihrmah, Le

ses conseillers.

jour de l'occupation d'Ofen, l'aga des janitschares réclama le château où se trouvait la reine. Isabelle répondit

nait à Suleiman

;

mais

que

le

château apparte-

elle pria

qu'on n'y

laissât

entrer personne (ant qu'elle y séjournerait. Cela

accordé, mais la promesse ne fut point

lui fut

tenue. L'aga des janitschares occupa la porte



il

se tint tout le jour, tandis

que

ses

gens

entraient et sortaient sans faire de mal à per-

sonne

;

mais

prisons. Petschewi

à côté.

,

prince Bajesid, qui accompa-

gnait le sultan dans cette campagne

bassadeur déclara que

trois

les

elle-même dans

presque mourant.

était

femmes; les conseillers marDes sandschak-begs et des tschauschs s'avancèrent pour le recevoir, avec le grand maréchal et le grand chambellan et accompagnèrent le petit prince dans une tente entourée de janitschares et de gardes du corps; de cette tente ils furent menés devant le sultan. avec

chaient à pied,

Le

ils

1

er

allèrent briser les portes des

septembre 1541

,

un tschausch

vint signifier à la reine qu'elle eut à partir, et qu'il lui fallait

son bagage

;

acheter des bœufs pour enlever

à l'instant l'aga des janitschares

a

LIVRE XXX. demanda

de l'arsenal

les clefs

à cheval dans Ofen, et

dédiée à

la

Vierge

,

Le

et les reçut.

vendredi 2 septembre, Suleiman

fit

son entrée

en une mosquée qui fut

chrétiens

vich eut

transformer l'église

fit

position, et sans recevoir les honneurs dus aux

la

entendre à

la

après], le secrétaire

Funfkirchen

d'État nischandschibaschi

accompagné d'un

château;

,

Petro-

les

fit

reine que le sultan désirait encore

occupèrent

les janitschares

;

bouchers de

comme bourreaux

écrit en caractères d'or et d'azur, dans lequel Suleiman jurait par le prophète par ses ancê-

les juifs.

sandschak de Temeswar; mais on

première à Ofen. Deux jours

interprète, vint apporter à la re ine le diplôme

parmi

fut enseveli

il

,

le

la ville

le

furent employés

(1).

Le lendemain de l'occupation du château royal par les janitschares, arrivèrent dans le

,

de ne garder Ofen que minorité du petit Sigismond Zapo-

tres et par son sabre

,

pendant

la

lya

de rendre ensuite cette

,

et

au souve-

ville

,

le

Sigismond, seigneur

d'Herberstcin; le premier était

de Nicolas,

fils

défenseur héroïque de Vienne; l'autre

s'était

mille janitschares, mille cavaliers, trois cents

déjà signalé par des missions diplomatiques

ssolaks et quelques centaines de mariniers fu-

dont l'une surtout,

garnison d'Ofen

la

commandement supérieur

man-Pascha

,

et

donné à Suleiancien gouverneur de Bagdad

,

fut

queues

(2).

A

Chaireddin-Efendi

comme juge

,

des moslims, au chancelier Verbœczy

ambassadeur d'Isabelle

,

dernier

Constantinople, fut

à

at-

de Russie occupe une Ils vinrent en

celle

,

place importante dans l'histoire.

vertu d'un sauf-conduit de Suleiman, que Fer-

dinand

avait

,

puis d'Anatoli, Hongrois de naissance (1), qui reçut la dignité de vesir ou de pascha à trois

demandé pour une nouvelle ambaslui fut parvenu l'avis du dé-

sade aussitôt que

part de l'armée de Constantinople; cette pièce portait la formule alors

en usage

:

«La sublime

Porte est ouverte à tous; l'accès n'est interdit

à

nul ètrequi a quelque chose à y solliciter ; «mais si par là les envoyés étaient assurés de pouvoir

un traitement quotidien de 500 aspres ou 10 ducats. Le jour où le nischandschibaschi

se présenler, rien ne leur garantissait

apporta au

ment conforme au

tribué

un

Irailc-

tiondeMartinuzzietde Petrovieh,lesconseillers

un paisible retour. En quittant Constantinople, à une dernière lettre de Ferdinand remise par Lasczky,

furent relâchés

Suleiman

fils

de Zapolya

le

diplôme

et le titre

desandschak-begdeTransylvanie,sousladirec-

,

à l'exception

Tœrœk

Valentiu

Wallandt par

seul général

communément Turk

appelé

,

les

du

traîné prisonnier à Constantinople, et

droit des gens, ni

répondu qu'il avait reçu Ferdinand demandait

avait

la

par laquelle

lettre

la

fut

Hongrie; que le feu roi Janusch n'avait eu aucun droit de disposer de ce pays conquis par le

mourut

sabre du sullan, et dont l'administration seule

Allemands. Quoique partisan

zélé des Turcs, accusé par Martinuzzi,

il

au bout de cinq ans dans le château des SeptTours (3). Tœro'k offrit ses deux fils en otage mais Suleiman répondit que Pcreny lui avait aussi envoyé ses deux fils et que ce Hongrois

avait été confiée à Zapolya;

que

le fils

de ce

prince étant un serviteur aussi fidèle que son

;

,

n'avait pas [

et

le

rent destinés à former

|

comte Nicolas de Salm,

rain devenu majeur. Mille martoloses, deux

le

I

turc deux ambassadeurs de Ferdinand

camp

moins manqué de

foi

qu'il préférait

;

donc qu'on lui ouvrît les châteaux de Chargo et de Szigeth. Le 5 septembre la reine sortit du ,

château

;

Suleiman-Pascha occupa

Martinuzzi, Verbœczy

mais les

il

le

n'y rendit pas longtemps

Hongrois.

11

succomba sous

maison de

la

du

palais

roi

Jean;

la justice

pour

honte de sa

la

lui, Suleiman, voulait également laisser Sigismond administrer, et qu'il se niellait en

père,

mouvement avec son armée dans

visiter les vesirs latin

de Siradic

sumait dans

,

corder (2)

335; les

Dans Kalona

,

I.

xxi

,

p.

87

lstuanB.l.xiv: Petscbewi la relation

Betlilen

;

,

78

fol.

,

;

Ferai

IstuanB,

I^e

,

avec

camp ,

le

l'on

pa-

pré-

turc, tandis qu'il était

de lâcher de deviner quelle Turcs avaient l'intention d'acet

roi, disait-on, avait

faire valoir

son droit sur

pris la

les

Hon-

fol.

du proviseur de Grao.Musi week, est dans

Archives impériales.

'3;

,

(2).

armes pour

p. 393.

était possible ,

le

resté à Belgrad

s'il

Jérôme Lasczky que

,

sorte de paix les

(1)

cette inten-

Le comte de Salm et son compagnon avaient pour instructions de faire en sorte de tion.»

I.

nv

,

p.

242

;

Pctwbew

i

,

fol. 7S.

fl)

Relation du proviseur de

:2)

f cy. l'rastpuctsm dans

Omi

les

,

Muslweck.

Archives impériales.

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

54 grie

,

assure par le traite de succession conclu

avec Zapolya mais

il

;

ne voulait en aucune façon

combattre Suleiman, auquel lement pour

la

,

payerait annuel-

il

HonPour la

tranquille possession de la

grie, ce qui serait juste et équitable.

possession de

la

Hongrie entière

les

,

ambassa-

deurs pouvaient offrir 100,000 florins annuels; s'il

était impossible d'obtenir ce point

mettraient après

dinand

les

armes de Fer-

et de plus 40,000 ducats annuels pour

,

possession paisible de

la

pro-

restitution des places conquises

la

mort de Zapolya par

la

ils

,

soumise

la

Hongrie

parlie delà

à terre

,

les

grand chambellan

guettes garnies d'argent.

grand ma-

avec des ba-

main du suldemande de Ferdi-

tan, puis présentèrent la

«Que

le

ambassadeurs

Les

vinrent successivement baiser

nand.

,

,

la

que demandent-ils?» bouche puis il interrompit le discours en disant : « N'ont-ils pas vu mon pascha ? » Et quand ils disent-ils,

s'écria le sultan lorsqu'ils ouvrirent la

eurent

fini :«

;

N'ont-ils plus rien à direPLaissez-

Deux jours après guement avec Rustem qui les aller. »

,

,

ils

conférèrent lon-

offrit la paix

,

mais

à la condition de la restitution des places con-

à l'autorité autrichienne.

En mettant pied

introduclcurs des ambassadeurs réchal et le

ambassadeurs

quises par Ferdinand, et

du payement annuel

non point par l'interprète de la Porte, Junis-Beg, mais parTeinzTulman, né à

d'un tribut pour

Jean de Pibrach on les logea dans le quartier de Rustem-Pascha et le lendemain ils furent conduits chez ce vesir et chez les deux autres Mohammed et Chosrew. Le 8 septembre ils eurent audience du sultan on accom-

dernière exigence, demandèrent au moins un

furent reçus

Vienne d'un

,

petit boutiquier,

cl par le tschauschbaschi

;

,

,

;

,

plit les

dans

la

sultan.

cérémonies accoutumées; tente

ils

du divan, dressée près de

Avec eux prirent place

de terre; leur bles, au

du

le

chan-

les ambassadeurs mangèrent dans des plats composée déjeunes no-

celier était assis à terre

ces convives

celle

les trois vesirs

derrière lesquels étaient les kadiaskers;

comme

dînèrent

,

suite,

;

nombre de quarante-six, de

diverses

nations, furent traités par les sandschakbegs.

Après

du

le repas, les vesirs se

rendirent auprès

sultan et les ambassadeurs furent appelés A

une grande

l'audience. Ils offrirent en présent

coupe richement dorée

,

et

une horloge

artisle-

cupait. Les

portion de

la

armistice et le

parmi lesquels

mer chargé de paix se faisait

,

voyaient Balthasar Puchhai-

fers.

Rustem répondit que

sonniers ne manqueraient pas

la

cinq pièces

de drap de soie, puis

ils

et

cosmographiques

,

examina

le

tout avec autant

d'attention que de contentement.

11

était assis

sous un baldaquin doré, ayant auprès de le

lui

sur

cérémonial observé

et tout se passa selon le

vant-veille.

arc et ses flèches.

A

voulut se baisser pour baiser la main du sultan, qui la laissait reposer sur son genou

d'une violente douleur de reins

:

Mohammed

,

et les

deux

,

il

fut saisi

«Aide-moi,

pour l'amour de Dieu » s'écria-t-il en s'adressant à Rustem-Pascha mais celui-ci tout en le comprenant, ne bougea point. Suleiman, qui en!

,

;

tendit également

le

sens des mots prononcés

main pour que

la

le vieil-

lard pût y appliquer plus facilement ses lèvres.

Après l'audience, Rustem-Pascha

les

les fit conlong du Danube, au-dessous de la pour qu'ils vissent la flotte, l'artillerie, le

campagne et les énormes pièces de Le camp était entouré d'un fossé et d'une

pièces de

siège.

barricade de chariots et de canons attachés en-

semble avec des chaînes; partout régnait

profond silence;

les soldats

obéir au moindre signe levait

:

par-dessus toutes

la

étaient

tente

(1) Jovius,

dans Katona

,

I.

le plus

prêts à

du sultan

les autres,

côté se tenaient debout les et

l'a-

Lorsque Sigtsmond d'Herberstein

trône son bouclier et sa masse d'armes, son

deux vesirs Rustem

du

part

5,000 aspres ou 100 ducats,

ville,

n'était pas

,

furent conduits à l'audience de congé,

pagnés d'un horloger chargé d'enseigner la manière de le remonter, et qui remit un livre contenant l'explication de toutes les pièces et de ,

Le lendemain

sullan; chacun reçut deux kaftans

duire

lui-même qui

(1).

des présents leur furent donnés de

portèrent cet ouvrage devant Suleiman, accom-

étranger aux connaissances astronomiques et

si la

occasions d'échange de pri-

les

par Herberstein, leva

l'ensemble. Suleiman

parlie qu'il oc-

relâchement des prisonniers ils

ment fabriquée, qui marquait non-seulement les heures et les jours du mois mais encore le mouvement des corps célestes. Douze serviteurs ,

la

ambassadeurs se récrièrent sur cette

xxi, p. 86.

s'é-

des tours

la

LIVRE XXX. décoraien((l).« Qu'as-tu

vu?» demanda Rustem

en langue wende au seigneur d'Herbcrstein, au départ. «Les Forces immenses d'un

ter à

moment du

souverain tout-puissant

Le lendemain,

chien.

deRustem,dans des ponse du sullan

lui-même

;

possession de

la

que donnait le vesir que Suleiman avait pris Hongrie par la force des armes

en avant, étaient les Espagnols, commandés par

Stuhlweissen-

et

,

que

,

sa défense(l);

:

;

luirg devaient être restitués

un

deux mille arabes néanmoins il répondit d'une manière évasive à la sommation de rendre la ville. Le lendemain Charles disposa l'armée en trois corps pour la faire marcher contre Alger pour

et celle

et

dans ce

de Naples, Ferdinand Gonzaga; au

le vice-roi

milieu, les Allemands avec l'empereur

en forme serait accordé. Après avoir été pourvus de viande de sucre et de vin, les ambassadeurs accompagnés du tschausch-

duite de Camillo Colonna

baschi et de l'interprète, s'embarquèrent de

Matafous ne

cas,

traité

,

>ix la

Danube pour regagner Vienne.

jours après leur départ

couronne

,

reine

la

insignes royaux, quitta

et les

dirigea vers Lippa

pitale et se



,

elle

la

pleura

assuré

ivait été

la

,

même du château qui lui comme présent de noces. Au

,

cavalerie

Suleiman lui-même se nit en route. Tandis qu'il était encore à Ofen le capitaine français

Paulin, décoré

du

de baron de la garde, en qualité d'ambasadeur de François I er pour exprimer l'indignailre

,

ion

de son

ais

sur

meurtre de l'envoyé franterres de l'empereur en Italie (2).

roi

les

sur

le

•lalgré ces plaintes

ome :i

Suleiman

laissa partir Jé-

Lasczky, jusqu'alors retenu malade a Bel-

ad

es

,

sans vouloir violer de son côté le droit

,

gens sur

le

représentant autrichien.

eu de novembre,

Un

mois après

il

le

qu'il fallait

i

Allemands;

au pied se postèrent

les

liens se tinrent près

du rivage

de Gianettino Doria

,

nitiens, à Paxos, par

tout fier de ses

,

sur

lui

capturée jadis sur

Torghud-Reis,

la

nuit

la

du 23 au 24 octobre de-

vaient être débarqués la grosse artillerie

poudre, la

Vé-

les

et reprise

l'année précédente dans les eaux de

Corse. Dans

,

la

les boulets et les

munitions de bouche:

soirée était belle et la

mer tranquille mais amenant des rafa;

les

,

et les Ita-

protégés par

galères, parmi lesquelles se distinguait celle

les

retour de Suleiman arriva la flotte

répousser. Les

Espagnols se saisirent descrêtes des montagnes;

tout à coup le vent s'éleva,

de pluie, une violente tempête éclata

chaîna tous

les fléaux

sur

et

dé-

l'armée.

la flotte et

iomphes sur Charles V, qu'il devait non pas armes, mais aux tempêtes. Le 20 octobre,

Les soldats privés de tentes

harles était venu jeter l'ancre dans

pluie, et s'enfonçaient dans le terruin détrempé.

ses

téc



baie

si-

au pied du cap Tementus (Matafous) avec

)ixante-qualorze galères, deux cents gros et ctits i

ennemie

entra à Constanlinople(3).

Chaireddin avec

ussi

Au mi-

n'y ait pas plus de vingt milles à faire

il ,

tout de quatre jours,

irriva

cap

le

de pied on employa trois jours dans cette marche parce que les montagnes, courant parallèlement au jivage étaient occupées par la

la ca-

d'un trône et

>erte

côte

Quoique

(2).

douze milles d'Alger en qu'en raison de la courbure de

soit qu'à

droite ligne, et

emportant

,

enfin,

;

venaient les Italiens et les Maltais, sous la con-

,

.touveau sur le

put à peine réunir

,

six cents cavaliers turcs et

sacs de drap d'or, la ré-

que Grah, Tata, YVissegrad

s'agissait d'assis-

Hasan-Beg, auquel Chaired-

lournoi.

précédent gouvernement

ambassadeurs reçurent

était dit

y

il

un

comme s'il

,

din avait confié l'autorité supérieure dans son

dit l'envoyé autri-

»

,

les

55

de l'expédition

tie

bâtiments, portant vingt-deux mille fan-

isins, mille cavaliers(4), quatre cents soldats laltais

,

même un

et

âmes espagnoles

,

grand nombre de

assez

qui avaient voulu faire par-

Le lever du flotte

:

Jovius, dans Katona

(2)

Sagredo

,

I.

vi

,

p.

,

I.

283

xxi ,

,

Ferdi

lesquelles celles

et Flassan

d'accord avec Isluanfi

,

l

re

édit.,

1. 1

,

I.

ht.

Villagagnoni Caroli V, expédition africaine, donne nombre des troupes avec deuil

(4)

éclaira les désastres

de

la

du prince de

Melfi et

de Gia-

nettino Doria-, cent trente bâtiments en totalité

avaient péri

(3).

Cette assistance d'en haut, que

depuis plusieurs jours un marabout illuminé

(1)

dans Alger, enflamma

les assiégés,

Histoire des guerres maritimes, fol. 26; Robertson

dit huit cents ,

soleil

p. 86, 87.

389. (3)

sans manteaux

quatorze galères étaient brisées, parmi

avait prédit (1)

,

étaient transis de froid sous des torrents de

Turcs

,

cinq mille Maures.

(2)

Villagagnoni et Slorie di Guazzo,

(3)

Guazzo

et

Villagagnoni

,

d'après

guerres maritimes, cent six vaisseaux.

p.

286. l'Histoire

des

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

56

qui firent une sortie. Les Italiens de Camillo Colonna furent d'abord repoussés du point où ils avaient pris position puis attirés par une fuite simulée de l'ennemi sous les canons de la place ils furent reçus par une décharge générale de toute l'artillerie, et hachés au pied des

défaite de l'empereur était

Pour ne pas quitter encore plus tard la campagne de Hongrie et nous reporter sur les en-

,

,

uniquement l'œuvre

des éléments.

de Chaireddin

treprises

,

nous allons raconter

,

guerre maritime avant

la

campagnes sur mieux

les

murailles qu'ils avaient voulu escalader (1). Les

terre, et cette narration trouvera d'autant

restes échappés à cette destruction furent sau-

sa place

vés par l'empereur, qui

sonne

,

,

les

Arabes dont

garnissant les montagnes

torze cents prisonniers moslims

,

(2).

Qua-

équipages massacrés; à grand' peine

le

conqué-

la

fureur des

flots.

mer

avait

possibilité

de

,

passer étaient

énormément gonflés par

les pluies, le sol était

défoncé; partout de l'eau

et il

de

la

boue. Les soldats voulant se reposer,

profondément leurs lances boueux, et ils ne purent som-

leurfallut enfoncer

les

obsta-

comme ambassadeur le

s'il

d'al-

pouvait, la répu-

blique à entrer dans la guerre contre Charles

( 1 ).

Paulin apporta à Fontainebleau l'assurance que la flotte il

de Chai-

revint en toute

hâte par Venise avec l'envoyé de France, Pellicier, à

Constantinople, obtint une audience par

du kapuaga chef des eunuques et gouverneur du sérail et l'influence de Rustem lui fit donner, malgré les conseils du grand vcsir, une lettre de Suleiman, qui promettait au roi le prompt départ de l'escadre devant entrer au service de France. Paulin s'embarqua sur

le crédit

la flotte.

L'empereur fit tuer les chevaux, dont l'armée se nourrit durant ces trois mortelles journées. La perte d'une telle quantité d'artillerie et de presque tous les vivres le forcèrent de lever le siège et d'embarquer l'armée. La retraite fut entreprise vers Matafous où s'était opéré le débarquement, et où se tenaient les restes de la flotte échappés à la tempête (4). La mer fut extrêmement périlleuse et difficile, les cours d'eau qu'il fallait

fut chargé

;

,

celle des vivres sauvés sur les débris

,

Venise pousser,

reddin aux ordres du roi puis

de sorte qu'il n'y d'amener quelque par-

se gonflait furieuse

aucune

ler à

surmontèrent tous

Suleiman voulait soumettre

Du-

rant troisjours tombèrent des torrents de pluie, la

les efforts

Sur ses instances, Junis-Beg, interprète de

Porte

la

(3), les

rant de Mexico , Fernand Cortès, put échapper

au fer de l'ennemi et à

dont cles.

entassés sur

échouées, furent délivrés

,

Paulin, qui avait obtenu audience à Ofen, et

les

faisaient

,

pleuvoir sur eux une grêle de flèches

les galères

ici que la première expédition de Chaireddin fut provoquée vivement par le capitaine

s'avançant de sa per-

protégea contre

les

escadrons

,

,

;

cette flotte de cent dix galères et quarante pe-

bâtiments qui parut devant Messine;

tits

le

château se rendit à la première sommation. Barberousse se

de

saisit

dom Diego,

de

la belle

et lui fit

Espagnole

abjurer

la foi

,

fille

de

ses

Dans Vile de Ponza et à Ostia, l'apparition de l'armement turc répandit une terreur panique mais bientôt une lettre de Paulin

pères.

;

meiller qu'en s'attachant à ces appuis. Enfin, la

calma les inquiétudes sur la côte ; les habitants de Nettuno et d'Ostia apportèrent du grain et

distance de quatre lieues fut franchie en quatre

du vin aux équipages,

dans

le terrain

jours.

mais

Le 31 octobre 1541, l'armée s'embarqua trois jours

après

,

Bougia, pour y attendre un bon vent pendant trois semaines. Le séjour de Charles sur la côte africaine avait duré un mois. Les tempêtes qui avaient détruit sa flotte avaient retenu celle de

dans

l'abri

le

port

(5).

Ainsi la

Mais à Rome on trembla: les nobles s'armèrent; moines etnonnes, femmes et enfants s'enfuirent dans la vallée au delà de Tivoli. La flotte, longeant ensuite les côtes de Tortona et de Gênes, fit voile pour Marseille, où Chaireddin fut reçu avec les plus grands honneurs, et Paulin dé-l barqua pour prendre communication des ordres! ultérieurs

du roi, d'après

(1)

Villasagnoni,p.599.

çaise,

(2)

Hadschi-Chalfa

devait aller entreprendre

(3)

Vertot,t.m.

(4)

Guazzo.

(5)

Siorie di

Histoire des guerres maritimes.

,

Guazzo

,

fol,

107.

!

;

une nouvelle tempête

contraignit la flotte d'entrer dans la baie de

Chaireddin à

et les vaisseaux firent

paisiblement de l'eau à l'embouchure du Tibre.

(1)

de concert avec

Sagredo, Venetia

,

lesquels la flotte fran-

les forces

1588

le

1.

ottomanes,

siège de Nice. Les:

vi

,

p.

183.

LIVRE XXX. de chan

du duc d'Enghien

Français, sous les ordres

avaient vingt-deux galères, dix-huit gros vais-

seaux

et les

,

quante voiles.

Ottomans comptaient cent cinIls

parurent devant-Nice, dont

le

chevalier de Malte, Paolo Simeoni qui jadis mit été dans les fers de Barberousse défendit ,

,

un courage héroïque

e château avec rille

se rendit bientôt sur la

pillage.

Les ja-

trompés dans leurs espérances du murmurèrent le fort tint vaillamment

litschares

autin

promesse garantie

du

par Paulin d'être préservée

La

(1).

,

,

;

contre les batteries de Barberousse. Bientôt les

français manquèrent de poudre, et

les

lurent leur en vendre. Chaireddin leur

dune

proche

telle

du sultan

re-

négligence et du peu d'im-

jortance de toute l'entreprise lottes

Turcs fit

disant que les

,

57 (1).

Durant dix-huit mois, Ssahib-Girai

s'entendit avec Islam-Girai le

poste de kalgha, puis

de Baki, beg des Tatares-Noghais, qui luimême fut condamné à mourir dans un tonneau d'eau glacée. Ali-Beg, frère de Baki -Beg et

beau-père du chan, arma douze mille vaillants compagnons pour venger la mort de son frère.

Mais Ssahib-Girai

hommes filé

,

A

de Mubarek-Girai,

fils

de

vie sous lerègne

de ses oncles Mohammed-Girai

non pointa compromettre

et Seadet-Girai,

parce que sa mère, après l'im-

molation de Mubarek-Girai, lit

du Musulman. Une

du comman-

lettre interceptée

narquis del Guasto, qui promettait au

du château un prompt secours avec une

irmée redoutable

détermina

,

les

Turcs

à lever

e siège et à se retirer; mais auparavant,

ils

Krimée,

les

des meurtriers

raison ple

,

le

(3).

troubles attirèrent

l'at-

était

passée dans

le

Ssahib-Girai, inquiet avec

du séjour de son neveu à Constantinoproposa pour chan d'Astrachan. Rustem

accueillit

en apparence cette candidature.

Dew-

publiquement sa nomination de chan d'Astrachan niais en secret on lui conlet-Girai reçut

;

féra l'investiture de la

«lièrent et brûlèrent la ville (2). la

petit-fils

Mengli-Girai, auquel avait été fait grâce de la

A

Dans

dé-

Constantinople, se trouvait alors en otage

Dewlet-Girai,

la

lant

un

Krimée (2).

la

Par quelques propos trop libres tenus contre Rustem, il s'était attiré la disgrâce de ce vesir.

duc d'Enghien put apaiser

rolère

de

l'anéantit et resta maître

,

eur renommée par de misérables résultats. le

de quarante mille

a la tête

,

surprit l'armée d'Ali-Beg dans

étaient accoutumées à chercher

les actions d'éclat, et

jrand' peine

qui alors occupait

,

s'en défit avec l'aide

il

Krimée,

et

fut

il

de marcher contre

à Ssahib-Girai

les

ordonné Tscher-

tention de Suleiman, et plus encore celle de

kesses, et spécialement contre la tribu révoltée

provocateur. Dans

des Schanes. Tandis qu'il poursuivait cette expé-

lustem, qui en avait été '

e pays,

comme nous

le

l'avons raconté plus haut,

régné Seadet-Girai, compagnon du sultan

vait

ielim, dans l'expédition

de Perse jusqu'à

Bagdad

pédition de Suleiman vers

;

se para

forcé par

battit le

pouoir, il s'était retiré à Bagdad, où il mourut [uelques années après (3). Islam-Girai ne fut rfànt reconnu par le sultan en qualité de chan Jsbeg-Girai

,

nommé

kalgha

et la souveraineté

an,

assal

de Mengli-Girai. Le sultan envoya à ce soixante canonniers trois cents armu-

[

,

omme marque

Sagredo

(1)

une somme demeura ainsi fixée

1532], mille janilschares

'argent qui, par

,

chan deka-

fils

uers

!

son frère

de Krimée fut

jonférée à Ssahib-Girai, jusqu'alors

,

la suite,

,

et

d'honneur à chaque installation

p. 287.

Sagredo p. 287. place sa mort en fol. 252 (3) Nochbetet-Tewaricb >32 mai» les sept éloil es errantes la mettent en 1537. (2)

,

,

;

,

Dewlel Girai parut d'abord commechan

Akkerman

d'Astrachan à

l'ex-

es intrigues d'Islam-Girai â résigner le

•uoiqu'il eut déjà

dition,

du

mais bientôt après

,

de chan de Krimée [1545], kalgha Emin-Girai, délivra Buluk-Girai titre

Mubarek-Girai, et invita ces princes, ainsi que d'autres parents de Ssahib-Girai au meurtre de son oncle. En effet ce dernier fut percé de dix-sept coups de poignard par ses parents, et fut enseveli à Ssaladschik aux environs de

et

,

,

Baghdscheserai

sous

,

dôme

le

aïeul Hadschi-Girai, fondateur

de

élevé par son la

domination

des Girai.

De

retour de son expédition d'Ofen, Suleiman

aux plaisirs de la chasse , et fit des changements dans les commandements des pro-

se livra

vinces.

Le gouverneur [d'Ofen

(1)

Les sept étoiles errantes

(2)

Dschenabi

Dscbenabi, 04

(3) fol.

,

p.

,

fol.

,

Suleiman-Pas-

64.

121.

p.

121,

et

les étoiles

errantes,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

58 cha.

par

affaibli

la

demande

maladie, sur sa

fut

délivré de sa dignité,

que vint occuper BaliBeg. Suleiman, Hongrois de naissance, ne survécut pas longtemps à l'assujettissement de sa

Un

patrie.

autre Bali-Pascha, de Diarbekr, ac-

cusé de malversations par son defterdar,

beglerbeg de Karamanie, Husein-Pascha

,

le

sur

la

dénonciation du grand vesir, furent déposés;

le

premier fut remplacé par

Ala-Pascha; Piri-Pascha.

L'enquête

beg de Sulkadr,

le

second, par

le

ramanasoghli

le

sur

l'administration

100,000 ducats sait le

(1).

La

de créauce excu-

lettre

relard d'une ambassade sur

de sauf- conduit préalable

le

manque

Les vesirs ne voulurent point entendre parler de ces propo-

sitions

et

,

Tranquillus ne fut pas

du

à l'audience

opposèrent

leiman avertit

A

sultan.

souveraineté par sirs

(2).

le traité

du

celle

même

la

même

admis

légitimité de la

de succession, les veL'eunuque Su-

sabre.

Tranquillus, que Ferdi-

nand pourrait bien avoir

le sort

d'Alaeddevvlet

qui, ayant voulu défendre ses États jusqu'à

la

des deniers publics à Bagdad, confiée au juge

dernière extrémité contre

de Damas

être décapité avec sa famille. Le second vesir, Bustem, lui dit :« Ibrahim n'a touché Vienne que du doigt, moi je saisirai cette ville avec lest deux mains. Ton maître pousse contre nous non -seulement ses sujets, les Espagnols, les Allemands et les Italiens, mais encore les nô-

eut pour résultat

,

déposition

la

d'Oweis-Pascha et son remplacement par AjasPascha. Le gouvernement de Ssaruchan fut conféré au prince sultan

Mohammed,

avec une as-

signation de 3,000,000 d'aspres de traitement

annuel

;

celui

de Konia, au prince sultan Selim.

Tous deux se présentèrent à des jours divers pour recevoir solennellement l'investiture par bannière et

tambour; ils passèrent successivement quelques jours à Skutari, puis l'un et l'autre se mirent en marche pour leurs gouvernements respectifs.

la

le

A peine Suleiman avait quitté Ofen, que deux

Waag

,

par

baiser la

main

,

à

voir le padischah,

ce sont les propositions

indignes dont tu es chargé qui le privent d'un tel

honneur. «Tranquillus craignait déjà d'être

arrêté

comme

du vesir sur

Lasczki

le

;

car suivant l'explication

sauf-conduit,

«

la

sublime Porte

était ouverte à tous

le pascha de Moravie; mais

gonflé par les pluies, l'arrêta sur sa

librements'enretourner.i)Toutcfoisrons'enlint

:

commandé par

l'un,

Bosnie, voulut se diriger sur le

lui

finit

Hongrois, les Transylvaniens etles Mol-

daves. Si tu n'es pas admis

à

padischah,

ceux qui venaient pour y implorer quelque chose, qu'ils fussent amis ou ennemis; mais il n'en résulte pas qu'ils puissent

corps turcs firent des irruptions sur les terres

ennemies

tres, les

le

la

menace

9 novembre, Tranquillus An-

route; l'autre marcha du côté de Giarraath

à la

pour dévaster

domaines d'Emerich Balassa.

dronicus quitta Constantinople sans avoir rien

comme

obtenu

Ce Babssa

les

était

,

Mailath

,

un criminel

:

le

(3).

Tandis que Tranquillus

d'État aux yeux de Suleiman, à cause de la ten-

de vains ef-

faisait

même

en Transylvanie pour s'approprier le pays [avril 1542]. Un ferman rendu contre ceseigneur et adresséaux Transylvaniens,

forts à Constantinople sans pouvoir

leur apprenait qu'ils étaient la propriété de Su-

gouverneur, appela le secours du Persan Ulama,'

leiman

cl

tative faite par lui

,

ses esclaves;

que

s'ils

écoutaient les

admis

une audience

à

de milliers de Tatares

le

draient porter chez eux

le fer et le

«Vnand envoya de nouveau

,

feu

(1). l'er-

comme nonce

à

Constantinople, Tranquillus-Andronicus, avec la mission de solliciter de la générosité de Su-

leiman

la

possession de

marque de

la

Hongrie, comme une

libéralité, et d'offrir

tribut annuel

,

pour

d'abord de 50,000

,

un puis de cela

,

le

nouveau

de Murad, sandschakbeg de Posega, qui

coururent,

vien-

être'

l'armée de Ferdinand

venait assiéger Pest. Bali-Pascha

ordres du roi Ferdinand, plusieurs centaines et d'akindschis

,

le

premier avec

second avec mille.

sous

le

néral,

ac-'

trois mille cavaliers, 3

y avait mille janitschares commandement de leur lieutenant géle

Il

segbanbaschi

Jusuf

:

le resle

était

des soldats des frontières des asabes des roar,

,

(1) Instructio pro Tranquillo Andronico secretario nostro.du 10 juillet 1542. (2) La lettre de créance est dans les Archives impériales.

(3) (I)

riales

La quatrième missive, dan» ,

Historemau

et diplomata.

les

Archive* impé-

Commentarius rcrum actarum

per Tranquillum Andronicum

no

1542.

,

Consiantinopoli

S. C. R. M.

legatum an-,

LIVRE XXX. :

)loscs.l nc mésintelligence entre les Allemands les Italiens fit

t

que

les

derniers ne furent pas

59

brigand Ladislaus More fut chassé de son château de Rahoczsa, et son ami Élïehric Losonzs

l'impétueuse ardeur des

ayant cédé sa forteresse de Nana au pied des monts Matra, Bali-Pascha emporta d'assaut ce repaire et envoya More avec ses fils prisonniers

aliens Vitelïi, Medici, Pallavicini,à la vaillance

à Constantinople, partager, dans les Sept-Tours,

)utcnus dans l'assaut livré à

Ainsi

la place.

la

rèche ouverte par quarante bouches à feu n'as-

pas un passage

ira

à

Revay

;s

Hongrois Zriny

it

blessé horriblement par

it

tué.

,

Banfy. Revay

et

un boulet, Banfy L'armée ne comprenait guère moins de

hommes; l'électeur Joachim ;Brandeburg commandait quarante-mille fanssins et huit mille cavaliers Jean Ungnad, cataine de la Styrie dix mille; les Hongrois au

latre-vingt mille

;

,

,

jmbre de seize mille, étaient sous les ordres de aspard Seredy et de Pierre l'ereny. Huit Alleen qualité de

jands étaient attachés à l'armée nseillers

de guerre. Ce partage dans

un empêchement à

ait

l'autorité

l'unité d'action et à

ut résultat; dès le septième jour

du

siège, les

latre-vingt mille assiégeants, avec leurs huit nseillers,

décampèrent devant

les huit mille

immes de la place. Dès les premiers jours du printemps de 1543,

c

les

Itèrent de Istait la

rait en personne; :re

par

r la :

la

elle se fil

prévoyance

rigueur de

et

le

sultan di-

remarquer en-

l'ordre des mesures,

la discipline.

Avant

le

le

destin de Mailath et de Valentin

More échappa de ses pères

départ

Constantinople, on avait réuni cent vingt-

Tœrœk. Mais

à la captivité en abjurant

et entraînant ses

que Mailath

apostasie, tandis

sèrent toutes les offres de

dans

fils

et

la

foi

la

même

Tuerœk repous-

commandements

et

de dignités pour rester fidèles à leur religion^). Ensuite Murad, Chisr-Beg, Mehsi-Beg, ,

et Ahmed-Beg assiégèrent le château de Valpo ou d'Essek, surla rive droite du Danube. Bientôt

Ahmed-Pascha beglerbeg de

après parut aussi

,

Rumili, qui menait l'avant-garde de Suleiman.

Le sultan

s'était

avancé accompagné de son

fils

prince Bajesid, d'Andrinople à Philippopolis,

le



beglerbeg d'Anatoli,

le

On

joignit l'armée.

montagnes, l'an-

drapeaux victorieux de Suleiman nouveau du côté de la Hongrie.

huitième campagne que

lui

Ibrahim-Pascha,

chassa trois jours dans les

et l'on reçut

de Constantinople

la

nouvelle que Chaireddin était parti de Galata

avec cent vingt-six vaisseaux, ayant à bord l'am-

bassadeur français;

et de la Hongrie, Kasim, beg de Mohacs, adressa un bulletin de l'avantage remporté sur l'ennemi qui avait voulu surpren-

dre

Ottomans près de Sexard. A Sofia l'on mort de Bali-Pascha, gouverneur

les

,

apprit

la

d'Ofen

,

nommé

et à sa place fut

Jahjapascha-

nte mille minots de farine, qui furent trans-

sade-Mohammed-Pascha. En même temps furent conférées, dans un divan solennel, plusieurs di-

rtés sur trois cent soixante-onze bâtiments

gnités dans la magistrature et l'enseignement.

lalre mille huit cents

la

i

hit

I*

mer Noire dans

sous

les

minots d'orge

le

et

Danube. Cette

qua-

flotte

ordres d'Ali-Beg et de Sinan-Aga,

de Szegedin, ancien kapidschibaschi ou du grand vesir Ibrahim. Suleiman

Lorsque l'on eut dépassé Sofia, on reçut un message de Murad-Beg, annonçant que le siège de Valpo

était

commencé,

et

que

les

ennemis, qui

limbellan

s'étaient

tut passé l'hiver à Constantinople, et, à la fin

kirehen, avaient été dispersés. Ce bulletin était

il avait détaché le beglerbeg de RuAhmed-Pascha, vers Sofia. Lui-même se V. en route le 23 avril, avec un grand déploient de pompe. ïn même temps que Suleiman quittait Andri-

rassemblés près de Siklos

et

de Funf-

[février,

attesté d'ailleurs par soixante-dix nez et autant

lli,

de paires

d'oreilles, et

par l'envoi de Forgacs

lole,

Bali-Pascha et

tombé vivant entre les mains des Turcs. Sur la rive du Danube arriva enfin la nouvelle que Valpo avait été emportée d'assaut par le beglerbeg de Rumili après avoir reçu trois mille cent

ferre

en Sclavonie

Irente-sept boulets de pierre.

'

Ulama commençaient la en Hongrie. Ce dernier cMurad,sandschakbegdePosega,etKasim, et

dschak-beg de Mohacs, prit le château d'UrBathyany, Athina, situé entre Cris et Poi,

Dans reçut

le

camp au-dessous d'Essek le sultan commandant de Valpo qui, ayant rendu le

,

volontairement

la

citadelle, obtint

puis Sophronica, château d'Etienne Banfy,

Jelostioa, possession

de Keglevich. L'ancien

(1)

Utuanfi

,

l.x?

;

Kattma

,

I.

ixi

,

289.

un

accueil

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

GO

nomma

détruit la tour; mais les prisonniers furent sau-

pour Valpo un commandant de place, un juge et un imam. Ahmed-Pascha eut ordre d'assiéger

furent envoyés â Constantinople ; le château fut

Siklos. Treize

compris dans

gracieux et un

fief

auprès d'Ofen(l). On

canons

et trente

fauconneaux fu-

rent transportés devant la place à force de bras

de peine

et

,

à travers les

Mohammed

kiaja

boues et

les

marais. Le

mit pied à terre, et

s'attela

lui-même à une pièce aussi le sultan récompensa ce zèle exemplaire par un don de 200 du;

cats (2). Les travaux

par

les

du siège furent conduits

sandschakbegs de Bosnie

,

Posega

et

Mohacs, sous le commandement supérieur d'Ahmed-Pascha, beglerbeg de Rumili. Mais tandis que s'ouvrait la tranchée , des parlementaires vinrent offrir une capitulation de

la part de la garnison de Funfkirchen Murad et Kasim furent députés pour aller la recevoir; ils prirent ;

Cent soixante-dix cavaliers de

vés.

De

le

la

garnison

sandschak du beg de Mohacs.

Suleiman s'avança sur le Danube. Le beglerbeg de Rumili, Ahmed, prenant à gauSiklos

,

che, dépassa Funfkirchen, pour aller renverseï

château de Szaz ou le recevoir à composition, Les habitants se déterminèrent à capituler. A le

Sexard,

Ahmed

l'armée

du

de nouveau sa jonction avec On laissa pour le moment le château de Nianyavar,à gauche de Tolna, quoifit

sultan.

gênât la marche de l'armée, et ce fut i Fœldvar que l'on campa. On fit encore deuj marches, et le 23 juillet Suleiman entra solen-

qu'il

nellement dans Ofen. Dans un grand divan

vainqueurs de Valpo, Funfkirchen et

les

Sikloj

possession de cette place située dans une belle

reçurent des récompenses. Murad-Beg sand-

plaine,

y laissèrent Bali-Woiwoda pour commandant, puis revinrent devant Siklos. L'armée

schakbegde Posega, obtint une augmentation de

assiégeante fut renforcée par l'arrivée de plus

un

de

trois mille

Mohammed

et

Talares

et en outre les vesirs Chosrew-Pascha le beg de Se;

,

mendra, Tekkesade-Hadschi-Mohammed celui de Morée, Mohammed-Turachan et celui de Swornik, Chaireddin, secondèrent les assié,

,

geants.

La grosse

artillerie avait à

cent décharges, et cents coups, que

jours de siège

;

peine

deux

les petites pièces tiré ville se

la

mais

le

fait

rendit après huit

château tint encore.

Scheili, kiaja

de Chosrew-Pascha, qui porta la joyeuse nouvelle au sultan, reçut en récompense une augmentation de 4,000 aspres aux revenus de son fief. Au bout de trois jours la reddition

du château

fut déterminée par les avis de Michel Diak, secrétaire de Pereny, et des deux

Nagy. Quelques habitants prétendaient avoir entendu avant l'arrivée des Turcs retentir du haut d'une tour par une nuit calme et tranquille, ,

l'appel à la prière

de

l'islam

par une nuit sombre quel

le roi

,

;

et

contre

Sigismond après

pendant

le

le siège,

cachot dans le-

la bataille

de Nico-

polis avait été retenu captif par ses États, et

où étaient maintenant déposés des prisonniers musulmans, ils s'imaginaient avoir vu briller une vive lumière. Ils avaient donc eux-mêmes

(1)

Smantschauscta,

fol.

68

,

dans

p. 299. '2)

Sinanlscbauscb

,

fol.

72

et 17.

Kalona

,

1.

xxi,

30,000 aspres à son traitement annuel son fils, ;

de 12,000 aspres. Le cuisinier des janitschares et son aide, qui les premiers avaient esfief

murs de

caladé les

Siklos, eurent

une

gratifi-

cation de 20,000 aspres. Quarante des gros

nons qui lançaient des boulets de cent

ca-

et trois

cents livres, et quatre cents petites pièces, re-

montèrent de

le

Danube sous

Silislra, le

barqué

à Silistra l'artillerie

tinople en ce lieu fleuve.

la

direction

du beg

Persan Sehri-Mar, qui avait em-

,

pour

amenée de Constan-

lui faire

descendre

Deux jours après commença

le siège;

le la

composée d'Espagnols, d'Allemands et d'Italiens. Les Espagnols Martin Lis* cani et François Salamanca commandaient dans la ville haute et la ville basse. Les capitaine^ garnison

était

allemands étaient Tristan Vierthaler et Michel

Regensburger

;

les Italiens étaient

sous les or-

dres des colonels Vitelli et Torielli bien formés

au service des places

il y avait en tout mille hommes. Trois cent soixante-quinze canons furent amenés d'Ofen sur cent sept vaisseaux les trois fils de Jahjapaschaoghli-Mohammed, gouverneur d'Ofen, Arslan-Beg, sandshakbeg de Wuldschterin , et le beg de Szegedin, Derwisch reçurent ordre de pousser des reconnaissances du côté de Stuhlweiszenburg et de battre le pays des alentours. Suleiman envoya trois renégats, un Espagnol, un Allemand et un Italien dans la ville, pour chercher à détermi;

trois cents

;

,

ner

la

garnison à se rendre. Les portc-drapeauî

LIVRE XXX. londirent qu'ils resteraient inaccessibles aux imesses et aux menaces

de

ite

;

l'arrivée toute ré-

animé encore par

était

hommes

six cents

courage des assié-

le

sous

conduite de

la

ipagnol Sancius Cotta, qui leur apporta de

61

renièrent le Christ et leur roi

remise de

(1).

Le jour

place, Suleiman

même

consacrer

de

la

la

cathédrale au culte de l'islam. Ensuite,

la

divan fut tenu dans

la

fit

tente impériale.

un

On laissa

pour occuper Gran sept begs, ceux de Semendra, Perserin

Po-

;nne l'assurance

Wuldschterin

ie arriérée.

sega, Swornik et Szegedin avec cinq cents sol-

du paiement prochain de leur Mais leur ardeur faiblit bientôt,

sque leur plus habile artilleur, Calabrais de ssance, passa dans les rangs de Suleiman, et des transfuges révélèrent aux Turcs

:

plus faible de la ville,

la

la

par-

tour de Y Eau,

la

laquelle aussitôt les batteries turques

de

l'île

igèrent leur feu. L'assaut ne devait avoir

que

j

le

jeudi

mais un devin avait prédit,

,

près des figures tracées sur succès pour

sable,

le

désir des troupes. Les assaillants firent des

considérables en morts et en blessés,

•tes

'mi ces derniers se trouvèrent le capitaine

du Danube

la flottille

devin lui-même.

et le

ran ilisa

nous

est à ;

(1). »

:

Bientôt ce présage se

codèrent

la

reddition de

pour

place

la

moyennant

assiégés avec leurs

les

Le 10 août fut signé l'acte de la capituon dont les articles ne furent pas exactement fiplis. Ali-Aga demanda à Liscani la chaîne ns.

;

r que

celui-ci avait

arrachée à Pereny,

comme

'souvenir, et lorque l'Espagnol se croyait

n racheté par ce

sacrifice

le

,

Turc

prit

en-

chevaux dont les selles étaient garnies en disant ironiquement que pour s'embar-

te les fr,

hronn'avait pas besoin de chevaux laisser sortir la

isevelir les

garnison, Suleiman l'employa

morts, à déblayer

les

décombres

tandis que sous de ces malheureux soldats vaincus leurs

tax ouvrages les plus vils sfyeux

Avant

(2).

,

'mes étaient déshonorées, ou noyées

si elles

jéfendaient (3). Par ces traitements le sultan

pousser à embrasser sa foi et son

lirait les

fcice, car

dans ce cas

offrait

il

Uages. Néanmoins quelques

ff

de grands

hommes à peine

Jovius, dans Katoua,p. 318,

kisch (

,

1.

offrir des félicitations sur

succès de l'entreprise et des présents (3). L'armée se porta sur Stuhhveiszenburg, où s'ac-

complissaient autrefois les cérémonies du cou-

ronnement

et des funérailles des rois.

de siège qui suivait

une pièce de cinquante

Jovius

,

Sinantschauscu dit

Stella

,

c. xr,

,

fol.

y avait une va-

qu'il

dans Katona

I.

xxi

,

p. 343.

mo-

un système de pièces moins lourdes que les monstrueux canons du calibre de cent livres, et d'un plus grand effet que les fauconneaux. Le sultan campa entre Gran et Komorn dèle dans

à Nesmil

,

le

lendemain devant Tata

(



Dotis).

furent conférées les places vacantes, et suivant

de

Le sandschak de Silibeg Schri-Mar était mort à Ofen des blessures reçues devant Gran, fut donné à Baltadschi-Mohammed-Beg, sandschakbeg de Tekke celui-ci fut remplacé par le général des sipahis, Chosrew-Aga, dont le grade passa au

l'ordre stra,

dont

la hiérarchie.

le

;

général des silihdars,

Mohammed

celui-ci fut élevé le général des l'aile

droite, Sinanaga, frère

Rustem-Pascha de

l'aile

;

;

au poste de

ghurebas de

du second

vesir

général des ghurebas de

le

gauche, Hasanaga, passa à

l'aile

droite,

son grade au chef des chasseurs à l'épervier, Ahmed-Aga, auquel fut substitué Melaissant

miaga, frère du chef des chasseurs au vautour. Tata se rendit à

la

première sommation

ses murailles furent rasées. Là,

(1)

Sinantschausch

(2) Jbid., fol. 156. ,

longue de

,

Esedullah, arrivé de Perse, pour servir de

xxi, et Sinant-

151.

Parmi

Ottomans,

les

dix-huit palmes, fondue par le maître artificier

fol. 139.

de 10,000 ducats

un

ces dispositions arriva

le

néanmoins |l

un même nombre

mille martoloses; le

fut

la ville

Le lendemain de

se trouvait

s'écria

et

envoyé polonais pour

été atteinte

Suleiman

asabes, cinq cents bes-

nière capitale (2).

Gran ayant ,

,

,

l'artillerie

car les Espagnols Liscani et Salamanca

e libre retraite

nommé pour

magnifique

renversée par un boulet

deux

,

juge subordonné à celui d'Ofen et le sandschak se trouva compris dans le paschalik désigné par le nom de cette der-

de janitschares

la

La croix dorée qui surmontait hédrale gothique de

du génie, cinq cents

chlus, cinq cents goenullus,

tant

lundi 6 août, que l'on céda

le

dats

Aladschahiszar

,

(3) Jbid., fol.

161.

,

fol. 153.

,

et

Su-

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

62

leiman reçut la nouvelle que

la flotte

commandée

par Chaireddin, portant à son bord l'ambassa-

deur français Paulin

,

avait prisReggio, et que,

renforcée par quarante galères venues d'Alger

avec Hasan-Beg,

une

était prête à faire

elle

entreprise de concert avec l'escadre française( l).

menée par Dewlet-Girai, fils de Mubarek-Girai se mirent sur les traces des troupes qui

Ils

Le lendemain, des courriers de Perse apportèrent l'avis de la guerre entre leschah et ses frères, dont l'un s'était enfui vers Amid(2);parun

sept cents cavaliers, près

autre message,

tra plus

de Ssahib-Girai, Emin-Sul-

le fils

tan, donnait l'information qu'il avait

envoyé

cinq mille Tatares faire des courses sur

le

ennemi,

pays

ramené cinq cents captifs. Le même jour commença le siège de Si uhlweiszenburg. Le beglerbeg d'Anatoli, IbrahimPascha, avait été détaché vers Ofen pour en ramener l'artillerie en attendant, les vesirs Rustem, Mohammed, Chosrew, avec le beglerbeg de Rumili Ahmed, et l'aga des janitschares, et qu'ils avaient

;

ouvrirent

la

tranchée. Huit joursaprès, la brèche

parut assez large pour l'assaut; mais

attaque fut repoussée assaillants subirent

La

ville

ne

fut

;

dans

la

première

seconde,

la

les

encore une plus forte perte.

emportée que

le

jour de Sainte-

commandant

Rosalie [4 septembre 1643]. Le

Suleiraan visita les

vivants

de respect pour

dés devant

le

verneur d'Ofen

,

Ahmed-Beg,

tulation

été

,

comme

A

mille soldats

de

Cependant le château de Niangavar de côté par le sultan dans sa marche sur

la place.

laissé

Faeldwar sim.

,

avait été soumis par le

woiwode Ka-

De Sluhlweiszenburg

furent adressées aux gouverneurs des provinces de l'empire, à Raguse et au roi de France, ainsi qu'à Venise, des lettres

ment

de victoire qui annonçaient pompeusede cette campagne, la prise de

les succès

Gran et Stuhlweiszenburg. Cependant les Tatares se répandaient au loin en deux hordes; l'une formée des Tatares de

Siklos, Sunfkirchen,

Krimée, conduite par Ifmiu-Sullan Ssahib-Girai

;

l'autre

(0 Sinautschausch, (2)

ma.

,

,

fils

du chan

des Tatares de Dobrucze,

y prêter le

dans

garantie de

et

la cap;

la vie n'avai

non pour toute

popu

la

l'équinoxe d'automne, Suleiman se mit

élait établi à

,

le

ci

un pou

et dix jours après,

Peterwardein sur

Danube. L

Belgrad, l'armée Tut envoyé)

à

les quartiers d'hiver, et

Constantinople.

Suleiman revint

:

Les fêtes qui auraient san

doute célébré son entrée dans la capitale si changèrent en deuil par la nouvelle qu'il reçu

sous un

la

du pays restèrent comme garnison

le

man serment d

la ville (1).

21 septembre,

jusqu'alors sancschak-beg de

nommé au commandement de Stuhlweissenburg avec un traitement annuel de 600,000 aspres; mille janitschares et trois

si la

marche de Pest,

le

Lepante, fut

juge pour

que pour ceux-ci

lationde

du gou-

frère

morts que pour

les

ques-uns avec lesquels avait été arrêtée

Mohammed

se

|

vassaux, furent massacrés, à l'exception de quel

en route de

tée pour cette fois.

lac Balaton, et

car les habitants qui avaient été

;

baiser la

;

du

A Stuhlweiszenburj tombeaux des rois, et mou

finitsa carrière héroïque.

hongrois Varcocs fut admis

à l'honneur de main du sultan l'église dans laquelle trouvaient les tombeaux des rois, fut respec-

s

de Stuhlweiszenburg. Nicolas Zrin; les battit sur le mont Somnyo, où une blessur l'empêcha de tirer tout le parti de sa victojrf François Kapolnay se jeta sur leur chemin ave retiraient

tel

la

mort de son

le

fils

plus chéri

gouverneur de Magnesia. Abatti coup Suleiman ordonna de porte) ,

,

cadavre à Constantinople, et de l'ensevelir place dans

le

sui

voisinage de l'ancien quarliei

des janitschares. Pour honorer sa mémoire, au dessus du tombeau il ordonna l'élévation d'uni

mosquée. Sinan,

le

plus grand architecte

du règne de Suleiman

et des

tufl

âges suivant^

acheva en cinq ans cet édifice qui coûta 300,0(M ducals.

L'année suivante la guerre se poursuivit et Hongrie, en Sclavonie, en Croatie par les lieutenants du sultan qui prirent des villes et

de/

châteaux. Le maître d'Ofen devait se saisir A

Wissegrad ou Blindenburg qui pouvait arrête la navigation du Danube. Située au milieu du plus magnifique paysage, Wissegrad avait jadi été choisi par le roi Charles et

pour conserver

le

pour sa résidence

dépôt de

la

couronm

Cette ville vit se célébrer dans ses

murs

di

former de puissantes ligui|J entre de grands monarques. Mathias Corvinusi j fêtes brillâmes et se

fol. 164.

(tj

Le manuscrit

italien,

dans Koyachicli

,

I.

i ,

p.

i

LIVRE XXX. beaucoup d'embellissements. Lorsque

it

0} es

du sultan

les

en-

du pape vinrent saluer Ma-

et

hias en ce lieu, le premier fut tellement ébloui

magnificence déployée autour de

tar la [u'il

ne put prononcer son discours, et

lui,

nonce

déclara que Wissegrad était un para-

lontifical

Gomme

terrestre.

lis

le

de dépôt pour

lieu

la

ainte couronne, cette ville obtint

de Corvinus le grands privilèges; mais Louis II la donna en ief à sa cuisinière. Après la bataille de Mohacs iù le symbole précieux avait été enlevé par l'enlemi,

Wissegrad tomba sans résistance entre

mains des Turcs et passa au pouvoir de îapolya. Après la mort de ce roi, Ferdinand es

,

possession de la couronne et

ivait pris

lieu

déposée. La restitution de Wisse-

elle était

»ù

du

63

envoyé de Constantinople pour mettre un terme aux courses entreprises d'Erlau par le vaillant Varcocs. Les forts de Dombovar, Daebrœkaez et Simontornya sur Ozara plus

de Sarvis,

la petite rivière

négligés dans

à l'ouest,

la

et

précédente

expédition, ne tardèrent pas à tomber entre 1rs

mains des Turcs. Le siège de Simontornya duencore lorsque

rait

troupes turques reçurent

les

l'ordre d'aller se réunir aux

sandschakbegs de

Bosnie et de l'Herzegovina, campés devant

Sclavone de Yelika.

place

la

Les paysans des

environs qui s'étaient réfugiés dans cette enceinte, et qui se trouvaient plus la

garnison

,

la

nombreux que

forcèrent à capituler.

Ils

avaient

été poussés à cette conduite par Pilât,

ami

des Turcs. Mais au lieu d'être récompensés

grad et de Stuhlweiszenburg avait été le point

comme

des réclamations exposées dans la ettre de Suleiman à Ferdinand avant l'ouver-

tous

ure de

Après la conquête de Vclika, Clama et Malkodsch portèrent la guerre de Sclavonie en

>rincipal

.campagne de Hongrie. Il insista enore sur cet objet, en congédiant le comte de la

alm et

le seigneurd'Herberstein à Ofen. StuhlVeiszenburg avait cédé a ses armes; le gouvereur dellougrie, Jahjapaschasade-Mohammed-

le

ils

s'y attendaient, les

dernier supplice

paysans subirent

les soldais seuls furent

;

épargnés.

Croatie.

Ils

enlevèrent

le

aux environs d'Iwoniza

,

château de Monoslo

que Pierre Erdœdy

occupait avec une faible troupe, en sorte que

lascha, se

chargea de conquérir AYissegrad. H son frère, nouveau sandchakbeg de tuhhveiszenburg Ahmed-Beg, Kasim-Beg et

l'évéque

d'Agram trembla pour

ppela

Dombro

et

jlurad-Beg

dein située derrière

,

uver

sur

la

moyennant

garnison

grand'peine vie

la

du

le

et la taillèrent en gouverneur d'Ofen put

commandant

vaillant

du

district

de Waras-

Nicolas, comte de Zriny, avec des Croates, et

il

de

tssurance d'une libre retraite pour ceux qui occupaient. Mais les janitschares tombèrent fèces; à

partie

Turcs par-

assiégea

-use défense, le château se rendit

i|ec fureur

la

Pierre

bade(l).

les

Bildeistein avec desSlyrienset desCarinthiens.

On

conclut un armistice pendant la durée du-

quel les vaillants champions des deux partis se défièrent à des combats singuliers. Mais une fois

en forces, L'iama battirent

les

et

Malkodsch s'avancèrent et Zriny et Bilderstein

chrétiens.

curent grand'peine à se sauver dans

Mohammed

'Après cette conquête,

de

les

Après une vigou-

Pran et d'Ofen, et avec ces forces 'v'issegrad durant dix jours.

coururent toute

ses châteaux ,

montagnes. En descendantdansleschampsdeLonska, ils rencontrèrent

prit la moitié des janitschares

,

de Chasma. Ensuite

-

Pascha

teau de

Lonska;

le

premier,

le

châ-

profondément

ssa le Danube, et se dirigea vers INeograd,

blessé, s'abattit sur le pont; et l'autre,

tombé

du comitat de ce nom. La garnison ait évacué la place, où Mohammed-Pascha étaun woiwode comme commandant. Puis, mar-

dans

barbe.

aut à

Nyary attaqua

lef-lieu

t

l'est,

il

parut devant

e les capitaines, les

le

château d'Hatwan

frères Danz,

abandon-

nent honteusement après y avoir mis le feu, |ur s'enfuira Erlau. l'ourle moment Deli-Kurd i

laissé

comme woiwode

installé

II) Stella

,

;

mais bientôt après

en qualité de sandschakbeg Weli, c.

iv

;

Fetschewi

,

fol.

Su

et S7.

les

fossés

,

en

fut

retiré par la

Les Turcs se retirèrent ensuite sur Dubicza et Banj aluka. Dans la plaine de Salla, François et battit les Turcs sortis de Gran. Les capitaines Schaaban, Kubad, Ramasan et Naszuh passèrent le Danube par une nuit claire

avec quatre cents janitschares et quinze cents cavaliers; déjà

de

Salla,

ils

lorsque

avaient escaladé les murailles la

garnison s'aperçut enfin

du danger. Melchior Ba'assa tomba sur les assaillants, et les chassa ensuite à coups de canon

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

C4 dans leur çois

Déjà fatigués de cette entre-

retraite.

prise nocturne,

furent attaqués par Fran-

ils

Nyarny avec

plusieurs centaines de fantas-

Le mort seule d'Odabaschi-Husein décida l'avantage en faveur des

sins ramassés à la hâte et quelques cavaliers.

combat

fut acharné, et la

A

Hongrois.

peine quelques janitschares se

sauvèrent à Gran

plus de cinq cents Turcs

;

Nyarny

défendu de faire des prisonniers, et il ne permit de ramasser les dépouilles qu'après avoir vu le triomphe restèrent sur

la

bien assuré

A

place.

(1).

Ofen, Suleiman avait placé à côté du

Mohammed-Pascha comme

beglerbeg

homme

prési-

,

dent de l'administration

grave

,

capable

et

defterdar Chalil

le ,

qui établit

douze sandchaks de

demi

siècle et

la

la loi

re-

le

pour les Hongrie. Ce fut pendant financière du gouverne-

gistre des contributions (le

un

avait

defter)

ment d'Ofen et dans toutes les négociations de Chalil occupe une place importante. Ce dignitaire revêtu de hautes fonctions d'administration pour servir de contre,

,

le livre

,

poids au gouverneur

,

informa

Porte que

la

le

sandchakbeg de Stuhlweiszenburg Ahmed avait pillé les églises de la ville épargnées conformément au traité, et enlevé les vases sacrés. ,

Suleiman

même chose

chargea de se transporter

le

lui-

à Stuhlweiszenburg pour examiner la ,

envoyer à Constantinople

et

le

fonc-

tionnaire accusé dépouillé de sa dignité. Cha-

conduite d'Ahmed, puis il fouilla tombeaux des rois de Hongrie respectés jusqu'alors par l'accusé, et en arracha

examina

lil

lui-même

les

la

les

couronnes

,

les

sceptres , les globes et tous

les autres insignes et

qu'il porta

dans

exactitude.

11

juge de

remit

un nouveau

le

arec une scrupuleuse

du roi Zapolya au disant «Voilà un de

les restes

en

la ville,

vos dieux», et

joyaux d'or ou d'argent

le fisc

lui

:

juge ensevelit

le

cadavre dans

cercueil qui fut déposé dans l'é-

de Saint-Michel (2). Cette année Suleiman écrivit au doge de Venise pour se plaindre des irruptions des habitants de Novi et de glise

,

Segna sur

les terres

Bientôt après

le

de Nadin et d'Urana.

retour de Suleiman de la

campagne de Hongrie

,

et après la

mort du

Mohammed

se firent deux changements Le prince Sultan-Selim alors âgé de vingt ans, passa du gouvernement deKonia à celui de Ssaruchan, devenu vacant par la mort de Sultan-Mohammed translation qui ne

prince

,

fort graves.

,

,

doit pas être confondue avec les changements

perpétuels dans les gouvernements de l'empire.

L'importance des gouvernements des princes n'était

pas appréciée d'après l'étendue des con-

trées soumises à leur autorité, mais selon

degré d'éloignement. Le plus proche de pitale était le premier et le plus favorable proximité était

la

;

cette

plus grande

du souverain, non-seulement pour mais encore pour les jours

confiance le

preuve de

la

le

la ca-

temps de sa vie

,

qui suivraient sa mort; car le prince-gouver-

neur placé pénétrer

1

moindre dislance pouvait ainsi premier devant le sultan, ou s'é-.^

à la

le

lancer bien vite sur le trône lorsque le maître tout-puissant avait rendu l'âme. Cet avantage

de

la

proximité de

la

résidence était attaché

surtout au gouvernement de Magnesia, confié

précédemment au plus cher des fils de Suleiman, Mohammed, que l'amour de son père, comme le droit de sa naissance, semblaient placer le plus près du trône. Maintenant au prince

au plus jeune prince, au préjudice de ses frères aînés , Mustapha, gouverneur d'Amasia et Bajesid, qui de-

cette place fut conférée

Selim

,

,

gouverneur de Karamanie. Selim ne se rendit pas de suite à Magnesia où régnait la peste il se tint quelque temps à Brusa pour jouir de la beauté du pays et de la pureté de l'air et à il eut à rendre grâces au ciel de la naissance de trois filles. A ce temps fut aussi nommé un nouveau grand vesir [mars 1645] La déposition de l'eunuque Suleiman fut décidée, moins encore à cause de| son âge avancé, vint plus tard

;

,

i

I

qui atteignait alors quatre-vingt-dix ans, quei

par une intrigue

du vesir Chosrew-Pascha, dont

l'ambition se flattait, sinon d'arriver au poste

dont Suleiman-Pascha

serait éloigné,

i

du moins

i

de monter d'un degré. La première dignité de au second vesir Rustem,

i

l'empire fut confiée

poussé à de sance

(1).

si

hautes faveurs par la mère de

Churrem, Russe de naisRustem, né en Croatie, au temps,]

son épouse,

la sultane

,

'

(1)

lsiuanlî

(2)

Wolfg.de

,

I.

xvi

,

dans Kalona

Betlilen, Hislor.,

,

1.

I.

xxi, p. 447-450.

ui

,

p.

418-420

(1) Aali,

dans

.ciolo di séritture

la liste des vesirs;

dans

le

second

fa»-

turchesebe des actes vénitiens des Af«

LIVRE XXX. mille esclaves, dont

toute-puissance d'Ibrahim, lorsque Sulei-

la

t

,

voulait assurer à son

il

;

comme

la

se

s

il

^

en

n'en

fit

cela

pendre aucun

et se

,

,

une suspension aux hostilités. Ce fut le premier traité conclu par Suleiman avec Charles, et le

protecteur

second avec Ferdinand. Quelques détails trou-

l'exemple d'Ibrahim,

toute-

;

Au

veront ici d'autant mieuxleur place,que jusqu'ici

reste,

sont peu occupés de ces négoou se sont trompés dans ce qu'ils en ont dit. Dès la seconde année de la guerre, les historiens se

vesir Lutfi-Pascha, quoique historien

grand

ciations

versé dans lessciences, n'aimait nullement la isie

ni les grâces

du

style

;

traducteur des

le

de Bidpai

fables

Ssalih, qui répandit tant

,

Alaeddin-Ali,

,

même l'ouverture de la campagne, l'évèque de Gran, comme lieutenant du roi, négocia, par son député, de Seuffv, avec le pascha avant

)logues fameuses en Asie et en Europe sous

10m des

,

garda d'imi-

des nourrissons des muses.

Êiclaré

de sa succes-

il

etse montrait l'ennemi juré des poêles,

vengèrent par des épigrammes

i

telles dispositions,

le reste

Après avoir raconté la guerre de Hongrie nous reste encore à parler de la paix ou plutôt de l'armistice qui mit pour un certain temps

guerre, mais n'avait nulle culture intel-

tuelle,

fils

sion (1).

entendait bien le métier

Il

par de

qu'il lui avait prêtés;

de grand écuyer; bientôt après il devint uverneur de Diarbekr enfin il fut investi

lui

ndre du sultan.

transmit huit cents au

il

deux cents au grand vesir; il remit par son testament, à ce dernier, 30.000 ducats

sultan et

nn revenait de la campagne de Mohacs fut rang de premier porteur d'armes à i vé du

vesirat et de la plus haute faveur

05

fils

de richesses sur la

gue turque lui ayant présenté le livre de uraajunname où il avait employé vingt ans Isa vie, Lutfi lui demanda comment il avait perdre tant de temps à cette oeuvre, et s'il lût pas mieux valu écrire un traité sur deux

d'Ofcn, un armistice pour un mois [juin 1544].

Rama-

stantinople pour convenir des moyens de mettre

,

A

,

paix

i

de

trois questions

k

iide,

droit. L'historien

depuis nischandschi,

la chancellerie,

et alors

sultan, qui,

I

le

même où

soir

il

les

fin

lut cette

lie

celle

l'urut

Barberousse [4

tktasch

,

du

juillet

sur les rives

du Bosphore

tusse et de lierre, au lieu flottes

f

ottomanes

,



,

;

là s'élève

lui fut donné Adorno avait pour instrucde rendre honneur au Grand Seigneur

et

Ibrahim,

et

le

quinze

sultan

dorno avait péri de mort naturelle et non pas empoisonné, il fut réexpédié sans avoir eu

couvert de

audience du sultan, avec une lettre de Rustem, était déplorée la mort d' Adorno. Anté-

viennent bai-

monument sous lequel repose celui qui bmena si souvent son pavillon sur ces mers,

où j

aireddin ne laissa que 60,000 ducats et deux

,

noble de Bologne, qui

lorsqu'il mourut dans la nuit même qui devait précéder sa réception. Malvezzi fut mandé devant les vesirs, et après avoir protesté là qu'A-

qui fut

se rassemblent

et les flots

mers des Indes, mais

secrétaire.

que Mohammed, Ahmed

le

t

les

jours après devait paraître devant

collège fondé par lui à Bes-

aujourd'hui son tombeau

dans

père de son souverain (2). Il arriva dernier jour de février à Andrinople avec Malvezzi, visita le grand vesir Rustem, ainsi

Suleiman

,

hostilités

Con-

le

même

1546]

-

comme au

année du prince Mohammed. Deux ans après

keveli près

fcore

zèle.

la

aux

tions

,

j'empire pleurèrent sa mort

non

,

comme

rçe

a talent et du tribut payé à son

année, Ferdinand donna

de négocier et de conclure la seulement à l'ambassadeur portu-

rie Malvezzi,

yeux

conféra, de sa propre main la place de de Brusa au digne Alaeddin-Ali. Celui-ci jouit qu'une année de cet hommage rendu à fcvre,

même

encore au prieur d'Erlau, Jérôme Adorno. Cet envoyé était accompagné de l'Italien Jean- [Ma-

grand

ir en matière de goût, acheta la traduction

(Bidpai 50 ducats, et la plaça sous

la

gais Odoardo-Cataneo, qui s'était rendu à

inspecteur

meilleur juge que le

de

la fin

plein - pouvoir

rieurement au dépari d'Adoruoet de Malvezzi de Vienne, pour le temps de leur voyage et du

__^_

)

ves de

la

maison impériale; instrumente délia possesvezir Rustem, conceduto dal serenissimo

medel gran

kior colla dichiarazione dei [•

[Iô4f.].

TOM.

conmii

;

Conslantinopoli

(\)

(2)

1544, Il

Kapport de Weltwick de Constantinople îi'Oj .dans les Archives impériales.

novembre

,

du 5

1

lnslruclio pro

Odoardo

et

Adurno 28 décembre ,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

6G retour, avait fen,

été"

conclu avec le gouverneur d'O-

Mohammed-Pascha, un armistice, en vertu

de novembre pour dix-huit mois quels l'empereur et

pendant

,

enverraient de

le roi

les

noij

duquel furent établis des tribunaux spéciaux

veaux ambassadeurs revêtus de pleins-pouvoii

pour

spéciaux pour

la décision

des affaires qui pourraient se

du côté des HonàSzigelh, Komorn, Erlau et Agram;

présenter dans cet intervalle, grois,

du côté des Turcs,

et

Velika et Jasberiu

maintiendrait

la

pas violée par

Au

(1).

Mohammed-Pascha

Ofen, Funfkirchen,

à

retour de Malvezzi

que pour

l'assura

Hongrois

les

lui

il

(2).

A

place

la

i

de Ferdinand.

Il

de Cnarl|

avait été précédé et annonj

au printemps par Ugrinovich, venu enqualil de nonce lui-même partit de Ratisbonne dai ;

l'été.

Dans des instructions très-dé veloppées,,

d'Adorno, Ferdinand nomma aussitôt le docteur

lui était

en droit Nicolas Sicco, qui, de Worms, reçut pour instruction de négocier la paix sur les bases du statu quo en Hongrie et d'accorder

possible, les principales difficultés opposées

,

pour

le

maintien de

de possession un pré-

l'état

core à

récommandé de surmonter, autant

la

conclusion de la paix

réclamation des biens des magnats, et

3,000 au grand vesir, et 1,000 à chacun des

guats qui s'étaient d'abord souniis

l'ar-

mistice en Hongrie fut signée entre le général

de Ferdinaud

,

Léonard de Fels

,

et le

pascha

ei

|

d'offr,

pour cela de l'argent. Les Turcs non-seuli

ment exigeaient pour eux

La prolongation de

q^

relatives à

,

sent annuel de 10,000 ducats destiné au sultan,

trois autres vesirs (3).

I

L'année su van te Vel t w ick retourna à Consta| tinople, investi à la fois des pouvoirs et

quelle ne serait

trêve tant

conclusion définitive de

la

paix (1).

rite,

mais encore

Gran avaient ,

les terres

durant

été,

comme

confiées

les

fiefs

domaines des m; à

leur

auli

qui, dépendant

(j

de cette plaçi de cavalerie. A chaque vi le siège

V envoya

Veltwick devait offrir un présent annuel 1,000 ducats, au grand vesir Rustem 3,00(1

Gonstantinople pour

à l'interprète Junis 500. Si les Turcs insistaief

paix de concert avec les représen-

de Ferdinaud, pour l'Allemagne aussi bien que pour l'Autriche. Sicco voyagea si rapidement que, d'après son rapport, il creva

Tœrœk de Pien Pereny, de Breweck et d'Homonay, il leur Sf rait répondu que ces seigneurs étaient ep réij Hté des sujets de Ferdinand qu'il lui était ljbj

aurait terminé aussi ra-

de châtier à cause de leur désobéissance, comq)

d'Ofen, pour

Au même le

la

durée de

mission de Sicco

temps l'empereur Charles

Néerlandais Veltwick

négocier

la

la

à

(4).

tants

dix chevaux en route.

Il

pidement sa mission,

si les

mis en défiance par

les

adressées

Turcs n'avaient été

lettres

par l'ambassadeur à

interceptées,

Charles, qui

recommandait de ne rien conclure avant son arrivée. De plus, l'ambassadeur français Montluc travaillait contre

une

et

lui,

cession

Veltwick lui-même,

désapprouva

fois à Constantinople,

du présent annuel mais ;

d'autant plus aux 10,000

il

la con-

fallut tenir

ducats offerts par

Sicco avant l'arrivée de Veltwick, que les Turcs

réclamaient en outre

Tœrœk

,

châteaux de Valentin

les

leur prisonnier

,

et d'autres encore.

11

y eut donc une trêve conclue au commencement

sir,

tl

sur les biens de Valentin

,

sultan pouvait agir à sa guise couire

le

hommes soumis

(1) lnduciae

Mehmet-Beg, 5

février 1545

,

dans

ta

Sur sa route, Tâtf basar, Veltwick rencontra l'ambassadeur fran çais

,

à sa

loi.

ji

Aramont successeur de Montluc ,

et s'e|

,

tretiul avec lui sur les violations journalières^

par les Turcs en Hongrie. Les démat

la trêve

ches d'Arampnt ; relatives à un prêt de

ducats

,

obtenu

étaient restées sans succès la

50Q,fllJ

mais

jl ava permission pour tirer une quantité d ;

salpêtre d'Alexandrie (2). Les négociations

jj

l'ambassadpur portugais n'avançaient pas

nft

Suleimap ne voulut pas entendre

par

plus, car 1er

d'un droit sur

Ottomans dans

les

pour

tugal exigeait

Archives impériales. (2) Rapport de Malvezzi

,

les

les

marchandises que ,

la

libre

le Pfl|

navigation

mers des Indes.

de

A Conslanii

nople, Veltwick fut reçu par vingt tschausç))* ,

dans

les

Archives impé-

et

par

le

maréchal de l'empire; mais on

lui as

riales. (3)

L'instruction

du 21 mai1545est dans

les

Archives (1) Littcra: Siccii

impénales. (4)

Inslruclio ad Bifjay

,

24 mai 1545; puis, relatio

Sigisw.ondi Possay, dans 1rs Archives impériales.

(2) rialcs.

d'Andrinople

Rapport de Veltwick,

,

dam

10 août 1545. les

Archive!

impé

LIVRE XXX. gna pour demeure

la

maison où jadis Lasczky

vait été retenu prisonnier. Durant les pretières semaines de son séjour, l'arrivée du •ansfuge Rogendorf, la maladie du sultan et la

enne même, empêchèrent l'ouverture des néChristophe Rogendorf, capitaine des fils du vaillant défenseur

tociations.

fardes de Charles V,

Vienne, plus malheureux ensuite devant

e

fen, ayant rompu avec sa femme, que l'empey.ur et la reine Marie couvrirent de leur pro;ction, avait quitté sa patrie, emportant 8,000

rendu à Constantinople pour Suleiman contre son ancien laitre [27 septembre 15451. Son extérieur plut sultan, qui lui accorda une audience solenikle, mais sans qu'il y eût ensuite de festin, et iicats, et s'était

Ffrir ses services à

un traitement quotidien de 100 asde se faire musulman, plus entire sa dissipation et sa passion de jeu ruinent bientôt un crédit qui aurait pu devenir danereux pour le représentant de l'empereur et b Ferdinand. Suleiman, en proie à la fièvre, iétait rendu de Constantinople à Andriuople assigna

lii

bes.

Son

refus

,

Veltwick, atteint de

t '

la

même

maladie, dut

suivre dans cette dernière ville;

°mbre 1546,

il

offrit

là, le

14 dé-

au sultan dans une au,

solennelle, des vases d'or et chargent,

l'ience

imme ëposa

présents de Charles et

de créance des deux souve-

lettres

les

du Ferdinand,

nus, prononça un discours, andes par écrit. Suleiman dit que tout marierait s'il apportait une réponse aux points mtenus l'année précédente et comme Veltet

remit ses de-

67

ducats annuels pour

la paisible possession de Hongrie occupée par Ferdinand, dans l'espérance que l'on n'exigerait plus les biens des magnats revenus à leur roi ni les fiefs de cavalerie conférés durant le siège la petite

partie de la

de Gran. Les négociations durèrent six mois

les

;

plus

grands obstacles venaient des exigences des Turcs, qui réclamèrent d'abord Tata et Erlau, puis tous les

Komorn, dans

de cavalerie entre Gran

fiefs

et

attribués à la domination ottomane

le rôle

du difterdar Chalil, enfin tous les ïœrœk, de Pereny et d'autres

biens de Valentin

magnats qui

s'étaient placés sous la protection

ottomane. Le 13 juin 1547

,

l'on finit par

conve-

Rustem, que pour les revenus et les biens des barons dont le produit était évalué par les Turcs à 11,000 ducats annuels, on donnerait 5,000 ducats tous les ans, pour ceux de Pereny, de Tœrœk et d'autres, encore 15,000 nir chez

ducats, ce qui, joint aux 10,000 ducats annuels

déjà concédés l'année précédente, formerait

un

de 30,000 ducats. Moyennant l'acquittement annuel de cette somme à la Porte, une trêve total

fut signée le 19 juin

nand, pape,

pour cinq ans avec Ferdi-

y comprit l'empereur Charles, le de France et la république de Venise.

et l'on le roi

Trois mois étaient accordés pour

de Charles

tions

et

de Ferdinand

Veltwick

Malvezzi et Ugrinovich

partit avec le traité,

demeurèrent. Six semaines après confirmait à

les ratifica(1).

Augsburg

la

,

l'empereur

paix dans laquelle

il

,

;

ick répondit qu'il en conférerait avec les veirs

Bien, » dit

«

:

le sultan.

Dans

divan,

le

eltwick se plaignit aux vesirs des violations à la trêve par la prise

ites

iptions de

Kasim

avait point

l'y



,

d'Hatwan

et les ir-

et les vesirs soutinrent qu'il

d'atteinte

aux conventions,

kuant aux barons hongrois qui s'étaient délanés delà souveraineté turque pour retourner

dus l'autorité de leur légitime souverain

em il

dit

:

cire. »

«

Nous avons

leurs lettres

Veltwick répondit que

ei

,

Rus-

>uis

,

était

il

compris

attaché à

(2). Justi

la suite

de Argento, qui avait été

de Veltwick vint à Constan,

de septembre, avec tion de Charles et de Ferdinand. Il tinople à la fin

cour aux vesirs

avec Malvezzi, et demanda

qu'Ugrinovich put revenir avec vezzi résidât

ratifica-

la

alla faire sa

lui, et

désormais auprès de

que Mal-

la

Porte,

comme chargé d'affaires de Ferdinand. Rustem répondit au nom de Suleiman, que le sultan l'acceptait comme otage, pour l'observation du

leur sceau

la cire

de leurs

behets, maintenant entre les mains de l'empefeur

était

encore plus molle et plus fraîche

(1)

Rapport de Veltwick.

(2)

liiletligimus

tris (

I

riostri

quomodo

oralor S. R. M. régis fra-

quinquennales inducias pepigerit

et

qua ra-

).

renouvela, par écrit, l'offre des 10,000

lione iu

illis

roiuprehensi sinius una cura sacro-sancto

imperio et subditis noslris

,

ila

ut

adderc quoque

f'œderi

possirnus nobis conjunclos et eonfeedeialos principes i

(1,

Rapport de Veltwik daté d'Andrinople du 18dc-

erabre 154G,

,

,

et

exigi a nobis confirmationem et rectificationem. Angst.,

Aug.,

I5'i7.

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

08 traité.

fallut

Il

encore dissiper

les

incertitudes

de Suleiman, qui doutait que Charles

nand eussent juré

solennellement qu'il

aussi

lui-même, par Dieu

l'avait fait

par ses ancêtres et son sabre crétaire calma l'interprète

rant que

formule

,

:

et Ferdi-

de

;

prophète,

et le

le conseiller se-

la

Porte, en assu-

suivant l'usage des rois chrétiens, la

Nous

le

promettons sous notre parole

impériale et royale

avait autant de force que

,

serment du sultan

Le 10 octobre 1547 , Malvezzi et Jusli, mandésdevant le sultan, furent gracieusement congédiés et deux jours après ils firent leurs adieux au grand vesir «C'est à vous maintenant, dit Rustem, à faire mentir le

(1).

,

:

les

Français qui prétendaient que

rait

trop au moine Georges Utyschevitz

des lettres contre

sultan

le

;

s'il

,

munique, comme on

lui fera

(1) Relatio Justi

versi.

(2). Si

(2) Justi relatio.

,

de Argento

a Csesaie

couper

le

nez et

les:

les 30,000 ducats annuels, Rustem demanda encore pour lui quelques chiens de chasse,

avec

et des

faucons , et pour Suleiman un habile hor-,

loger, qui serait parfaitement traité. Puis

il

leur

montra dans la ratification, le nom du sultan en caractères d'or, sur quoi Justi remarqua que cette signature avait été peinte par le nischand-

que l'empereur Charles et le roi Ferdinand avaient signé l'acte de ratification

schi, tandis

de leur propre main. Ainsi, après

trois

ans de

négociations conduites par trois ambassades,

la

guerre de Hongrie fut terminée par une trêve

dans lequel l'empereur Charles fut compris

com-

Rogendorf tombe entre les mains de l'empereur ou du roi il faudra non pas le punir de mort, ,

lui

présent en argent stipule

reçoit

connaître celles

qui seraient écrites contre 1\ mpereur

le

de cinq années moyennant le paiement de 30,000 ducats annuels ; ce fut le premier et le seul traité

fie

qu'il les lui

Outre

pas

paix n'au-

la

pas de durée; que Ferdinand ne se

mais se contenter de oreilles (1).

Turcuarum

re-

pour être considéré comme ami par

les

Turcs

;

ce fut aussi le premier acte par lequel l'Autriche fut obligée à

un versement annuel d'espèces,

qui, dans les historiens ottomans, est signalé

comme un

tribut.

(1) Justi relatio. Le baile adresse de Pera, en date du9oeiobre 1547, un rapport sur l'accueil fait à Rogen-

dorf par

les

Turcs à son départ.

LIVRE XXXI. —

MORT DU GRAND VESIR SULE1CHUTE DE ELKASZ-MIRSA. CAMPAGNE DE PERSE. MAN-PASCHA ET DE CUOSREW-PASCHA. BECSE, BECSKEREK, CSANAD ILLADIA LIPPA. SIÈGE INUTILE DE TEMESWAR ET MEURTRE DE MARTINUZZI. SZEGED1N ATTAQUÉ PAR LES HONGROIS, WESZPRIN PAR LES TURCS. CHUTE DE TEMESWAR ET DE PLUSIEURS PLACES HONGROISES. CONQUÊTE DE SOLNOK ET SIÈGE d'ERLAU. CAUSES DE LA GUERRE DE PERSE. EXÉCUTION DU PRINCE MUSTAPHA. GUERRE EN PERSE. CONCLUSION DE LA PAIX. NÉGOCIATIONS DE PAIX DE FERDINAND PAR L'ENTREMISE DE VELES HONGROIS RANTIUS, ZAY ET BUSBEK. MALKOTSCH RAVAGE LE CANTON DE WARASDIN

LE GRAND VESIR MOHAMMED-SOKOLLI ET LE MUFTI EBCSUBD.



,

,











— —





— —









PRENNENT GRADISKA ET VELIKA. CONQUÊTE DE FULEK. CHANGEMENT DE PRINCES DANS LA MOLDAVIE ET LA kRlMÉE. RÉVOLTE DU FAUX MUSTAPHA.



Nous

allons,

dans ce

livre, raconter les sept

années écoulées entre

le

avec l'Allemagne, et

paix faite avec les Per-

sans; nous avons

à

la

premier

traité conclu

parler non-seulement des

campagnes de Perse, mais encore de l'expédition de Transylvanie, qui se place au milieu de

et devint grand vesir de trois sultans Ebusuud-el-Amadi mufti législateur dont nom est apposé aux fetwas qui garantissent

geth

;

,

voir: et

troublée par la perte d'un prince.

conquises, fut

Dans ce court

hommes de

espace de temps , les premiers

l'em-

Tous deux, pendant une généradu pouoffrent deux exemples de la conser-

ils

la

plus durable des hautes fonctions po-

litiques depuis l'existence

car

Mohammed-Sokolli

de l'empire ottoman; grand vesir pendant

fut

pire subirent des vicissitudes; mais malgré ce

quinze ans, et Ebusuud se maintint dans

changement

gnité de mufti l'espace de trente années

toujours

le

du gouvernement resta même, car il venait immédiatement l'esprit

du maître suprême,

la

tion, vont être les leviers les plus actifs

vation

villes

le

dispositions.

triomphes remportés

des

et

légitimité des institutions féodales et d'autres

ces événements. Cette fois encore' la joie des ,

,

Aucun

la di(1).

historien de l'empire ottoman, en langue

joignirent encore de tristes querelles de famille,

européenne n'a encore fait ressortir la cause du maintien de lu puissance ottomane à sa plus grande hauteur, pendant une génération d'hom-

l'empire s'affermit par de sages

mes

et malgré'les agitations con-

tinuelles des guerres extérieures, auxquelles se

et des lois durables.

On

des mosquées et des écoles

vit à la ,

institutions fois

fonder

des casernes et des

,

,

dans

et elle se trouve

l'action

de ce grand vesir et de ce mufti. Ce explique comment, sous

le

généraux

et des hommes d'État. Après le grand Rustem, dont il a été déjà donné quelques traits dans le livre précédent, deux personnages

d'un grand monarque

l'empire

vesir

brilla toujours

,

comme

ayant sou-

de la grandeur ottomane jusqu'à du règne de Suleiman et même de celui de son fils et successeur Selim. Ces deux hommes sont Mohammed-Sokolli qui conquit Szitenu

la fin

ressort

clairement jusqu'à la fin du règne de Selim, et

hôpitaux, et s'élever de grands savants, des

surtout attirent l'attention

prolongée

fait

le

Bosniaque

,

,

du

de son plus vif éclat. né dans

le

il

successeur indigne croissant

Mohammed

château de Sokol

,

au-

quel sa situation sur un roc escarpé a valu le

l'édifice

,

,

(1)

Sokolli de

suud de

972 [1564] jusqu'à 987 [1579] et Ebu982 [1574]. Tables chronologiques

9.52 [1545] à

dïladBcbi-Chalfa.

,

,,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

70

nom dans

de nid de faucons, fut élevé comme page le harem impérial il était devenu cham;

bellan, lorsque tout à coup la mort de Barbe-

rousse flotte.

Ebusuud-el-Amadi,

histoire.

le

il

avait rempli,

tions de

nomma

il

n'aperçut plus ni

ni kaftans dorés,

sentit s'échapper tout désir

il

coucha. Les médecins voulant lui administrer

pendant huit ans,

les

fonc-

juge de l'armée de Rumili lorsque Su,

leiman l'appelant à

lui,

du scheich

fils

Mohammed, avait parcouru la carrière de légiste comme professeur et comme magistrat, et déjà

regardant autour de

cours de cette

Ses destinées ultérieures seront exposées

dans

et

pages, ni gardes du corps, ni bonnets dorés,

de s'élancer sur un coursier et de vivre. « Mieux vaut rester au lit que se poser à cheval ainsi , » dit-il en soupirant, et, mettant pied à terre, il se

porter à la dignité d'amiral de la

le fit

ensuite, avec ses actions,

le

,

.

desremèdes, voulez

me

les arrêta

il

faire avaler

de manger

par ces paroles

du poison.

de boire,

et

:

«

Vous

S'abstenant

»

expira le septième

il

jour; c'est une fin presque inouïe dans les fas-

la loi,

tes des

Moslims, qui s'inclinent religieusement

mufti scheich de l'islam. Auteur de

devant

les arrêts

plusieurs traités,

la

il

première dignité de

s'est

acquis

le

plus grand

renom comme

légiste, par le fameux commenKoran dans lequel ont été fondus les deux grands commentaires de Kasi-Beidhawi et de Keschaf-Samachschavi. Lorsqu'il présenta le premier volume de cette œuvre au sultan Suleiman augmenta aussitôt son traitement de 300 aspres à 500, et, en recevant le second, il ajouta encore 100 autres aspres. MohammedSokolli et Ebusuud-el-Amadi étaient tous deux de haute taille et maigres comme Suleiman tous deux s'étaient fait construire des palais à Sudludsche sur le rivage et tous deux reposent en face de Sudludsche contre la mosquée d'Ejub: Ebusuud, au milieu de ses enfants Sokolli, sous un dôme construit par l'architecte Sinan (1). Le mufti Ebusuud, le kapudan Sokolli, et le grand vesir Rustem, étaient les trois personnataire sur le

,

du

destin, et reculent devant

mort par le suicide. Bien plus sage et plus courageux se montra le grand vesir déposé, la

Lutfi-Pascha, qui consacra les loisirs acquis par

disgrâce

la

à rédiger son histoire de l'empire,

,

dans laquelle

En 1 547 avec

le roi

parut avec

il

rapporte cette anecdocte

l'année

,

même où

Ferdinand les

du sultan

indien,

qui venait implorcf l'assistance

,

contre les Portugais.

sultan

Charles,

et l'empereur

ambassadeurs de ces souverains

à Constantinople, l'envoyé

Alaeddin

(1).

fut signée la paix

Il

offrit

du

en pré-

;

,

;

ges

les

plus importants de l'empire

;

tous trois

avaient de grands talents, que Suleiman sut em-

ployer avec

le

discernement du vrai génie d'un

même temps l'un de ses plus habiles généraux, Chosrew-Pascha gouverneur de Bosnie, et le vieux grand vesir Suleiman, parce que tous deux s'étaient dispusouverain.

tés Ils

11

avait déposé en

d'une manière inconvenante dans le divrtn. ne survécurent pas longtemps à la perte de

leurs dignités et de leur influence.

L'eunuque

nonagénaire traîna encore son existence durant trois années dans le calme et la solitude, a Malghara maisChosrew, trop faible pour supporter ;

la vie sans avoir

de puissance,

se laissa volon-

sents des

animaux rares

et

des perroquets de

couleurs merveilleusement variées, des épices,

des parfums et des baumes précieux, des nègres et un esclave qui mangeait de humaine (â). Un plus grand spectacle encore pour la cour et la ville, ce fut l'apparition du prince persan, Elkasz Mirsa, frère du schah Tahmasip, qui, traversant le Deschtkiptschack et la mer Noire, était venu à Constantinople pour chercher protection et secours auprès de et des

eunuques

,

la

chair

la

Porte, refuge pour les princes et les rois.

Une

audience

lui fut

donnée à Andrinople,

ravant

eut

spectacle de l'entrée solennelle

du

il

le

sultan avec tous ses gardes

sa cour.

A mesure que passèrent

du corps

et aupa-

et toute

les diverscorps,

les taillandiers, les artilleurs, les sipahis et les si-

lihdares, le prince se leva

chaque

chef paraissait, croyant que

le

fois

lorsque

c'était le sultan.

Cette opinion fut plus forte encore

quand

se

montrèrent l'aga des janitschares entouré de ses officiers, et enfin, après les trois vesirs, le

tairement mourir de faim. Lorsque, montant à cheval pour la première fois après sa déposition, (1) Histoire

Aali,

(2)

(1)

Ejub, dans Constantinople et

p. 251.

le

Bosphore

, I.

il,

fol.

de Lutfi, en 952 [1545],

xLiv e événement,

88; Dschelalsade

Lutfi

,

fol.

,

99 , Abdulasis

foi. ,

fol.

fol.

286,

98 et 99. Petschewi

265; Ssolaksade

fol. 160.

,

fol.

114;

,

,

LIVRE XXX!. grand vesir dans toule

pompe de

la

sa dignité.

Tous ces mouvements toute cette admiration de tant de magnificence, avalent tellement épuise le prince, que lorsque Suleiman se montra luimême au milieu de l'éclat que répandaient les .

,

bonnets dorés

casques orhès dé panaches, les les lancés étincelantes, il

et

ne le reconnaissant plus,

Le lendemain avant l'audonna un festin dansle divan; puis,

resta sur son siège.

dienceon

lui

lorsqu'il fut

de retour,

il

vit se

succéder chez

des envois de riches présents de tan

,

du harem

et

du

part

la

lui

de châles

de riches étoffes, des files de chevaux de main et de bètes de somme, des troupes d'esclaves des deux sexes, noirs et blancs; et de la et

Churrem, mère du prince

part de la sultane

Selim, des chemises et des tabliers de soie, cousus de ses propres mains.

pour

la tête

parmi

rouge

(1),

Une

telle

prodigalité

provoqua des murmures qui dans le schiite

zélés sunnites

les

dé faire en outre obtenir à l'aîné de ses trois le prince Selim gouverneur de Magnesia

et

fils,

,

licutenance du sultan en Europe, tandis que

la

dirigerait ses armées contre la

monarque

ce

Perse. La guerre de Perse fut résolue

Mirsa fut détaché en avant sur

auprès de

l'on mit

Pascha

même

porté en

,

ment d'Ersérum

Elkasz

:

la frontière

comme grand

lui,

,

et

maître de

de Bosnie, Ulama-

sa cour, l'ancien gouverneur

temps au gouverne-

(1).

Au printemps suivant, Suleiman en personne

sul-

des vesirs ; c'étaient des bour-

ses pleines d'or et d'argent, des ballots

71

pour

partit

la

guerre. L'armée suivit la marche

par Sidi-GhaSi

mière de ces

,

Konia

villes,

et

Siwas

;

dans

oh trouva Selim

neur de Magnesia; dans

,

seconde,

la

la

pre-

gouverle sultan

Bajesid, gouverneur de Karamanie; dans la troisième, le sultan Mustapha, gouverneur de

Rum,

qui attendaient leur père. Selim fut en-

voyé d'Asie en Europe, pour tenirà Andrinople, en l'absence de son père

comme

nement,

,

rênes du gouver-

les

lieutenant en Rumili (2). D'A-

persan ne considéraient jamais que l'hérétique

masia, Ton se rendit à Erserum et Aadilds-

digne de

chuwas d'où Ulama beglerbeg d'Ersérum

peut-être enoutrele

l'enfer, et

traître.

Lorsque ces propos du peuple lui revinrent aux oreilles, Suleiman se cofltenta de dire «Nous :

avons

que réclament l'honneur

fait ce

gnité de l'empire:

s'il

et la di-

de quelque

s'agissait

tra-

hison, nous en laisserions tout-puissant. »

cèrent que

le

le châtiment au Dieu Des signes irrécusables annon-

vent qui soufflait à

la

guerre con-

du harem. Déjà dix ans aufemmesdeSuleiman,

tre la Perse venait

paravant,

la

plus chèrédes

qui plus tard devint régulièrement Son épouse, la

sultane Churrem, Russe de naissance, que des

historiens français ont voulu rattacher à leur n;ition sous le

crédit

dh

nom deRoxelane,

tout-puisSartt favori

him, en partie en

le

avait ruiné

grand

représentant

le

Vesir Ibra-

comme attaché

aux thtérêts persans, parce qu'il avait refusé le pillage de Tebris et de Bagdad à la convoitise des troupes. Lé feu qui couvait encore sous une cendre trompeuse depuis dix années, éclata

,

,

détachés pour assiéger rut,

mandé par une

Sultan,

fils

coiffure des Persans.

de

la

pointe rouge de la

Wan. Là pa-

de Suleiman,

Ali-

deSchirwan. Schah-lsmaïl avait donné sa fille pour épouse à Chalil mais, après la mort de ce;

lui

-ci et tandis qu'Ali était encore mineur,

Schah-Tahmasip, à la suite d'un siège de sept mois mis devant Schamachi l'avait expulsé de ,

l'héritage paternel à

Elkasz-Mirsa

,

,

pour conférer ses domaines

frère d'Ali

qui en devint gou-

,

verneur. Après l'arrivée d'Elkasz-Nlirsa à Constantinople, Ali-Sultan, qui déjà était

cher un refuge auprès de

la

venu cher-

Porte, avait été

la mer Noire, et mainde nouveau dans la possession des domaines paternels (3). Sur les instances d'Elkasz-Mirsa, Suleiman, au lieu de se

renvoyé tenant

Schirwan par

à

il

fut confirmé

Wan

marcha sur Tebris, dont le la possession pour luiproposa un massacre général daris la

diriger vers

,

ville

tiré

place de

,

et l'épouse favorite

un nom

et

de Chalil ancien souverain légitime

prince persan désirait

(1) C'était

la

lettre

par l'arrivée du prince Elkasz, qui avait aussi hâté la conclusion de lapalx avec les Allemands;

de Suleiinah eut ainsi l'occasion tant désirée d'ouvrir une vaste carrière aux talents militaires de son gendre Rustem

,

Piri-Pascha, beglecbeg de Karamanie, furent

même.

Il

ou l'expulsion de tous

,

(1)

Petschewi.

(2)

Aali, XLv e événement;

laksjde

,

Dschelalsade

(3) Jbid.

,

fol.

les habitants

Petschewi,

268

;

Abdulasis

fol. ,

pour

89; Sso-

fol.

122.

,,

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

72

comme colons

transplanter ailleurs

les

leiman rejeta

maintenant

rie tels

;

mais Su-

occupa Schirwan en

avis,

plus sévère discipline parmi ses

la

troupes , et au bout de cinq jours se mit en marche pour Wan. Vers le 16 août, le siège fut

mis devant cette dernière place et de l'artillerie de siège arriva aussi d'Erserum. La ville fut canonnée pendant huit jours enlevée le neu,

,

vième par

moyen

le

d'intelligences des habi-

tants avec Elkasz-Mirsa

donné à

fut

et le

,

gouvernement en d'Anatoli

defterdar

l'ancien

Tscherkes-Iskender-Pascha; puis l'on se disposa à

prendre des quartiers d'hiver

(1).

,

surpris et battu

manes qui

le

Koran

de

et

la

d'autres poésies

liures garnies d'or, des armes de toute espèce ornées de diamants et d'autres pierres, des morceaux d'ambre , du musc, de l'aloès, des

bourses remplies de turquoises de Nischabur, de rubis de Bedachschan, des draps fins de l'Inde, des schals de Cachemire, des tapis de Perse,

du Chorasan et de riches étoffes. Les bulletins de victoire étaient du beglerbeg Iskender-Pascha, annonçant avoir anéanti le des housses

ou-

avaient surpris et tué le beglerbeg d'Erserum,

Pascha, reçut ordre de

d'Amid pour

partir

arrêter de telles irruptions.

Il

confia le

comman-

dement de l'avant-garde au vaillant tscherkesse Osman-Pascha qui surprit de nuit les Persans

traître

voisinage de

Kumach au moyen d'un ,

stratagème. Réunissant une troupe de chevaux, leur

il

fit

attacher des corbeaux à la queue , et

chassa ainsi

les

camp ennemi tumulte;

les

;

au milieu des ténèbres dans

le

à ce bruit étrange, tout fut en

Persans, croyant que

les

Ottomans

avaient pénétré dans leurs retranchements, se il y eut un grand massacre. En récompense d'un succès obtenu si ingénieusement, Osman-Pascha reçut le

jetèrent les uns sur les autres, et

gouvernement d'Alep. Au

prince persan Elkasz-

Mirsa,qui était peu aimé dans l'armée ottomane, fut accordée la permission vivementsollicitéede

;

,

,

Musa mis

de

et

,

prise de sept châteaux enne-

la

Au commencement de

(1).

juin, Suleiman

congédia, cinq jours prince Bajesid, qui retourna dans son

marche d'Alep

se mit en après, le

,

gouvernement passa l'Euphrate

campa

et

à Al-

,

,

le

et

,

enfermés dans de riches re-

,

corps de troupes otto-

avait été destiné A reprendre les

vrages de karsz. Le troisième vesir, Ahnied-

dans

du Schahname

traduction

chan de Choi Denbulli-Hadschi-Chan du vesir Mohammed - Pascha pour rendre compte de la défaite des rebelles albanais, qui

Cependant, Schah-Tahmasip avait dévasté les cantons d'Aadildschuwas, de Musch et d'Achlath

mandé par son père. ElkaszMirsa envoyait de magnifiques manuscrits du

sultan Bajesid,

avait été appelé le prince persan El-

malu. Là kasz; mais

sultan

,

ni

n'eut pas assez de confiance dans le

il

dans

le

troisième vesir, Ssofi-Moham-

quoiqu'en proie à la fièvre, il courut à Tschinar, où il fut surpris par son frère, le prince Sohrab et livré à son sou-

med pour ,

s'approcher

;

,

verain

,

le

schah Tahmasip

,

qui

le fit

renièrmer

pour sa vie dans un château fort (2). En septembre, Suleiman campa à Erserum, et envoya de là le second vesir, Ahmed-Pascha en Géor,

gie.

Dans

l'espace

de

six

semaines, celui-ci con-

quit vingt châteaux parmi lesquels Tortum Nedschah, Mirachor, Akdschekalaa Bengerd et Istertud. Après cette heureuse expédition, il vint baiser la main du sultan à Tscholek et ,

,

du butin dans les cantons de Kaschan Kum et Iszfuhan on lui fournit aussi quelques subsides en argent, mais on ne

reçut des vêtements d'honneur, ainsi que des

mit point de troupes régulières sous ses ordres,

présents.

que des kurdes et des aventuriers rail massés à la hâte. Le bairam fut célébré à Tschalek et à la fin de novembre Suleiman prit son quartier d'hiver à Alep. Pendant qu'il résidait

mença son mouvement de

des irruptions

faire

et

,

,

;

n'eut

,

Quinze jours après, l'armée com-

adressée à Ferdinand

une

lieux, arrivèrent des présents prélevés

(rente et

sur

butin du prince Elkasz-Mirsa

places, la

velles

des nou-

,

,

et

,

ment dans Constantinople. La lettre de

en ces le

retraite

vers la

moitié de décembre, Suleiman entra heureuse-

villes

,

la

annonçait

,

victoire

la prise

de

destruction de quatorze

construction

de vingt-huit forle

de succès remportés et l'on vil se préle gouverneur de Karamauie, le ,

senter aussi

(1) (1)

Pelschewi, Aali,

xiv* évënemeul

,

fol.

fol.

90; Ssolaksade

257; Dschelalsade,

fol.

,

fol.

274.

115;

fol.

Dsrhelalsade,

fol.

25S.

(2)

Pelschewi,

fol.

93)

279; Petscbewi

,

fol.

93; Aali

,

,,

//

LIVRE XXXI. ce dernier pays en adressant des lettres

de semblables bulletins furent expé-

resses (1);

La

pour leur défendre d'obéir à ce traître de frère Georges, qu'ils devaient lui livrer chargé de fers, pour se rattacher uniquement

de victoire à Ferdinand fut portée Ahmed renégat allemand

lettre

par l'interprète

grois

,

dont la mère et les parents demeuraient à Vienne l'envoyé avait pour objet principal de surprendre les vues du roi sur la Transylvanie, la

même temps

négociations par le moyen du moine Ulysche-

somme de 30,000

viz; la première

de Colocza

et

,

,

sultan

ducats stipu-

considérée par Ferdinand

,

En

furent adressés au sandschakbeg

Arslan-Beg des présents de la part du un arc, une flèche, un sabre et un turban avec l'ordre de marcher contre Erlau. Il fut enjoint à Kasim-Pascha, gouverneur d'Ofen, de se diriger vers la Tran-

d'Hatwan

possession de laquelle se suivaient des

lée au traité

,

à la reine et à son fidèle conseiller Petrovich.

;

pour

menaHon-

çantes aux Saxons , aux Szeklers et aux

diés à Venise et en Pologne.

,

,

comme

un présent en témoignage d'honneur, par Sucomme un tribut avait été remise l'an-

sylvanie au secours de la reine Isabelle et de son

née précédente par

fils.

leiman

et Justi

,

les secrétaires

deArgento,

et déposée

Singkmoser

dans

du sultan. Au même temps, Deseuffi, envoyé pour la troisième fois à Ofen, avait porté des

servée. Le Persan

weiszenburg,

ravagea tout

la

grande mosquée regardée encore aujourd'hui comme un magnifique spécimen de l'architecture ottomane et

pays entre Raab et Papa. Paul

pes, la première pierre de

Ratkai et Emerich ïeleki, commandants de Papa

attaquèrent

leur enlevèrent

,

qu'ils traînaient après

eux

,

les

captifs

firent six cents pri-

sonniers et prirent treize étendards

Welid-

;

Schan put à peine se sauver couvert de blessures. En vain le représentant du roi envoya auprès du gouverneur lurc à Ofen pour arrêter ces infractions à la paix. Des députés se réunirent à Gycengyœs André Tarnoczy Etienne Risquei, Anton Nagvath,du côtédesHongrois; ,

;

le

derwischTschelebi,

med

,

et

juge deGran,

le

du divan,

le secrétaire

Ali

,

Mohampour

les

Turcs; maislesdébatsfinirent par un tumulte. Le derwischTschelebieutpeineàcontenirla fureur des siens , qui voulaient se jeter sur les Hongrois, et ceux-ci se retirèrent sans que l'on fût arrivé à aucun résultat

L'envoyé de Suleiman s'étant confirmé par quelques manifestations imprudentes de Ferdinand, dans les soupçons conçus par Suleiman sur les négocia(2).

,

tions relatives à la Transylvanie (3), partit (1

)

Il

n'y a

dans

les

pour

(2) Isluanfi

,

I.

xvi

,

chef-d'œuvre du grand artiste Sinan (2). L'année suivante, l'inquiétude de Suleiman au sujet de la Transylvanie, fut encore long-

temps endormie par les faux rapports du moine Georges qui tout en négociant avec Ferdinand la cession de la Transylvanie et du Banat , écri,

vait à Constant inople qu'il

(3) Ep. verant.,4ocl. 1550 dansKat.

xxi,p. 10DS.

nullement

Allemands.

En

juillet,

lorsque la reine avait déjà remis la cou-

ronne

et se préparait à livrer le pays, Sulei-

man

aux Transylvaniens qu'en raison des nouvelles contradictoires, puisque, d'après les

écrivit

:

rapports du moine

,

Allemands n'étaient

les

du du pays, il avait ordonné au beglerbeg de Rumih et au pascha de Semendra Rustem-Pascha, de se préparer que le sandschakbeg de Widin point en marche, tandis que, selon ceux

pascha d'Ofen,

ils

seraient déjà au milieu

,

;

Malkodschoghli, conduirait

woiwode de Moldavie

,

Beg, mènerait

les

les

Valaques; quele

Elias, tout

converti à l'islam, sous le

récemment

nom de Mohammed

Moldaves

et lesTatares

de

la

(1) Dans la riche bibliothèque du prince Czartorinsky, Pulawi se trouvent de ces lettres en traduction po,

lonaise, des 1.

n'était

question d'une invasion des

à

p. 29t.

la

le

Archives impériales qu'une traduc-

tion latine de cette lettre de victoire.

Con-

,

et

les

se trouvait à

polonais, Nicolas

et des explications sur des irruptions

Welidschan, beg de Stuhlde quatre mille hommes,

,

même année

Bohoùcz qui apporta des protestations d'amitié de Lasczky autour d'Oczakow (1). Alors le sultan, accompagné du mufti, posa, au milieu de grandes pom-

paix fut mal ob-

de Weszprim, ayant tiré des renforts de Raab, vinrent à la rencontre des Turcs non loin de Weszprim a l'entrée de la forêt de Bakon,

la

l'ambassadeur

stantinople

à la tète

le

Dans

sultan.

présents en argent au nouveau gouverneur,

Kasim-Pascha. Néanmoins,

Unfernian ordonna de démolir la forteresse

construite à Szolnac, d'après les instructions du

trésor

le

(2)

,

années 1551

et 1552.

Ewlia, Tablci chronologiques d'Hadschi Chalfa.

,

HISTOIRE DE

74

l/R

Dobritdseha. LcchandeKriméeavcclcsTatares, le

grand

vcsir Husfcni rtYeclcs jânilscharrs cl

les sipahis étaient arrivés

Le beglerbeg de

Perse

Pascha

-

,

était rentré

(1).

Mohammed-Sokolli,

Slankamen pour ralliera

s'arrêta à

d'Ulama

au camp ottoman

Rtimili,

qui après

lui les

troupes

campagne de

la

dans son ancien gouverne-

MPIRK OTTOMAN. mais

lui,

Pelrovich, attendu que

à

ger, expédié par

,

Enfin, le 7 septembre, Mohammed, à la tête de son armée, composée maintenant de quatre-

vingt mille

pes de Kasim-Pascha, dernier gouverneur d'O-

près de Titel

fen (2). Celui-ci avait été déposé pour n'avoir

dont

les

Hongrois de

for-

tifier Szolnok, et sa place conférée à Ali-Pascha. Suleiman, ne pouvant plus douter de la trahison du moine et de la perte de la Transylvanie, fit appeler l'en voyé de Ferdinand, Malvezzi, dans

ledivah; et

celui-ci, s'excusant, faute d'instruc-

de ne pouvoir donner une réponse

tions,

faisante

satis-

chit le

hommes avec cinquante canons, fran-

Danube près de Peterwardeiu, ,

et parut

leiman

,

posa

principe étrange, opposé

le

même

au droit

des représentants poliliquesdaus l'islam, que les

ambassadeurs étaient garants de ges, payer

pour

la violation

Cependant âSlankamen ils

des promesses

(3).

s'étaient rassemblés six

de

Mohammed-

furent encore retenus en ce

moyen de

lieu au

parole de ota-

mille Turcs sous les ordres

Sokolli; mais

la

comme

leurs souverains, et qu'ils devaient,

de mesures dilatoires par le frère Georges qui, deux mois après, grâce à l'influence de Ferdinand, changea le capuchon de moine contre le chapeau de cardinal. Le beglerbeg, ayant exprimé son étonhement de ce que le frère Georges ne lui avait encore adressé

fépondit

celui-ci

lettres et

aucune marque d'hommage,

qu'il était

un

fidèle serviteur

la Maros , à une distance peu près égale de Wardein et de Szegedin. Les raitzes qui formaient la garnison passèrent

aux Turcs après avoir préalablement envoyé des

femmes

et

des enfants dans

comme gages de

furent abandonnés parla lâcheté de leurs défenseurs. Lippa sur la Maros, premier refuge

dit

de murailles et de bastions markgraf Georges de Brandebourg

avait été fortifiée

par

le

j

après qu'il eut épousé Beatrix, veuve de'

La défense avait été confiée Georges et Castaldo à Jean Pethae. A l'approche du beglerbeg Mohammed les habitants menacèrent démettre à mortle commandant de la place s'il ne se hâtait decapituler. Alors il ordonna de charger les canons outre mesure, fit sauter le magasin à poudre et s'enfuit. Cinq mille sipahis et deux cents janitschares sous les ordres d'Ulama le Persan, furent envoyés à Lippa Ahmed-Michaloghli conduisit deux cents

par

frère

le

,

;

beschlus et deux cents fantassins, pour former

garnison de Challia. Temeswar fut assiégé et

défendu par Etienne Losonczy et

de vaillants

et

italiens

:

après deux

mois d'opérations, l'automne étant fort avancé, beglerbeg se retira avec son armée sur Bel-

grad. Losonczy poursuivit les Turcs Solimani littera ad Transylvanos die

ap. Pray, (2)

t.

n,p.

il

;

en route,

rencontra Kailas de Nagylak, le poussa dans

p. 300.

de Suleiman

[septembre 1551].

1551;

118.

Istuanfi.l.xvn,

(3) Lettre

jul.

Ma-

thias Corvinus.

le

(1)

de lai

reine veuve Isabelle après son départ d'Ofen,

capitaines espagnols

il

tomber Illadia dans les une douzaine de châteaux

fit

et

de Lippa thory,

camp ottoman

aux amis et aux ennemis. Une trahison sem-

la

dé Solymos par des troupes de Baqu'il fallait s'en prendre non pas à

le

leur foi également suspecte

du sultan, et par conséquent obligé â un payement rigoureux du tribut. Quant à l'occupation et

Theisz

à

mains des Turcs,

;

la

de Becse

Csanad, située sur

d'une

au droit des gens mais Sudans sa réponse en forme de ferman,

le fort

l'armée se dirigea vers la ville épiscopale de

blable des raitzes

telle atteinte

devant

la garnison de deux cents hommes fut taillée en pièces. Celle de Becskerek s'enfuit bien vite pour se dérober à un semblable destin. Ensuite

dans le château d'Anatoli sur le Bosphore, dont la tour fut longtemps un objet de terreur pour les Hongrois et les Allemands. L'empereur se plaignit dans un écrit fut jeté

,

messa-

schakbeg de Belgrad avait été retenu prisonnier par celui-ci, et qu'il n'avait pas osé en envoyer un autre (1).

ment de Bosnie, les troupes d'AIi-Beg de Syrmium, les akiudschis de Michaloglili et les trou-

pas empêché assez à temps

le

l'année précédente au sand-

lui

du mois de schewwal 958

(l)Martinuzzi, Epist. ad be[;lerbegum Albae Julise 10 sept.; ap. Pray,

1.

i, p.

297.

,

,,

LIVRE XXXI. château, où

le

pont

- levis

«lira 3 sa suite, parce que

il

n'avait

le

être levé a^scz à temps.

pu

75

Le premier qui escaladera ces murailles aura, s'il est noble, 200 ducats de revenu annuel et

«

Kaitas Fut pris, le château saccagé et livré aux

deux cents maisons de paysans

flammes.

à la bourgeoisie,

Durant

le

siège de Temeswar, des capitaines

turcs et hongrois cherchaient mutuellement à

Deux cents cava-

Se surprendre sur la Maros.

de Nagylack tentèrent d'enlever le château de Mako mais la place, se trouvant trop fortement occupée pour leur petit nombre, liers

turcs

;

un juge du canton de transmettre

leur chef pria Urt avis

à Szegedin afin qu'on leur envoyât des

Au

de faire venir des Turcs, celui-ci appela des haiduques qui arborant des drapeaux blancs à la manière des Ottomans, furent pris pour des Turcs tombèrent sur le renforts.

lieu

,

,

gros

des cavaliers avant d'avoir été recon-

nus

et les jetèrent

,

dans

la

Maros leur

chef,

;

grièvement blessé, s'échappa lui sixième dans une barque. Le commandant de Challia, attaqué brusquement par François Horvath, surnomme le

Grand

â Cause de sa stature, à la suite d'une

obtiendra

il

élancés avant d'avoir reçu d'ordre.

s'étalent

Castaldo et

moine devenu Cardinal depuis

le

quelques jours, s'étaient précipités ensemble au

premier rang

Arco conduisait

;

Pallavicini les Italiens,

JeanTœrœk,

fils

ils

Danube après la retraite

se rendirent

devant Llppa.

Losonczy poursuivit l'ennemi qui se emporta et saccagea Nagylak dont

mandant

Kaitas avait

De f emesvvar

,

le

fait

une

beglerbeg

adressé des proclamations

de Transylvâhie les

les

le

com-

sortie sur

Mohammed

lui.

avait

aux trois nations

Saxons,

les

Szeklers et

Hongrois, aux magistrats de Kronstadt,

Herrmanstadt der

,

retirait,

et Szaz-Sebes,

au sultan

pour recomman-

mais cette mesure était tardive, car déjà depuis quelque temps frère Georges avait convoqué tout le pays Selon la

fidélité

l'ancien usage.

;

Une lance

et

un sabre ensan-

,

diges de valeur; turc, duquel ertseveli sous

son sabre

à

il

premier abattit un chef

le

reçut sept blessures; Forgâcs,

un monceau de morts, fut reconnu poignée d'or, retiré

à

la vie,

quoiqu'on

corps.

La

ville

château dans lequel Ulâma

le

restes

même

de ofl

beglerbeg de Rumili sortit de Temesvvar, Ulama offrit de rendre Lippa et Csanad en obtenant un armistice de vingt jours et un saufle

conduit pour se retirer.

moins

Il

y avait d'autant

lieu d'accepter ces conditions

manquant de vivres

assiégés

manger

les

chevaux

,

qtie les

étaient réduits à

et les chats;

et les chefs militaires

mais Castaldo

hongrois durent cédera

volonté de Martinuzzi.

la

Ce moine ambitieux

peu satisfait du chapeau de cardinal, aspirait maintenant à devenir prince de Transylvanie. Déjà le paScha Haider qui, en lui écrivant, signait cousin

du

frère Georges, lui avait fait

espérer une réconciliation avec retour des faveurs

Ulama le cas

lui fit



il

du sultan

la

(2).

Porte, et

le

Maintefiaht

de plus grandes promisses pour

sauverait la garnison. Suivant toute

homme

que dans ce

« Voici venir l'etthemi du pays, que chaque maison mette sur pied son homme pour nous sauver de cëttedélresse générale(l) «Une nou-

hommes

garnison. Le 16 novembre, le jour

demandé

:

rappelé â

et

comptât onze plaies sur le emportée fut saccagée, et mainlui

tenant on assiégea

glantés étaient portés de lieu en lieu par un cavalier qui les leuait en l'air, tandis qu'un à pied marchait à ses côtés, criant

Hongrois.

Sept Tours, et Simon Forgacs firent des pro-

la

Mohammed,

Allemands

les

deValentin, renfermé dans les

de délivrer Tettieswar, Castaldo et le frère Georges avaient réuni dans la plaine ennoblie par la victoire d'fitieune Bathory et de Paul Kinisy, une armée de cent mille hommes avec de

les

Nâdasdy

se jeta avec quinze cents

laquelle, franchissant le

appartient

noblesse avec

lOOécus et cent maisons (1).» A partir du 4 novembre, Lippa fut investie de trois côtés, mais il n'y avait que huit pièces d'artillerie en batterie; le 7, on livra l'assaut; les Espagnols

orgie nocturne, périt frappé d'une balle. Afin

,

s'il

;

la

vraisemblance, l'armistice de vingt jours fut

nople

à l'instigation délai

il

de

Martinuzzi

,

afih

pût recevoir de Constanti-

confirmation de sa rentrée en grâce. Le

la

!

velle proclamation retentit

aux portes de Lippa: ad

(1)

Ascanio Centorio , p. 100.

(1)

Ascanio Centorio,

(2)

Heydar-Pascha Epistol. ad Martinuzzi in

Lippam

civitat.

Pray,

1.

1

,

p. 308.

séria 4

p. 123.

,

post

fest.,

castris

Franc, 1551

;ap.

,,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

76

5 décembre 1551, ù minuit, par un beau clair de lune, Ulama sortit avec treize cents hommes bien pourvus de vivres par retirant

lampe

avait

il

,

d'or,

chevaux de

le cardinal.

En

se

envoyé à son protecteur une

un riche tapis de Perse, quatre bataille, un poignard enrichi de

Alors Pallavicini, que le valet de chambre n'avait pas

voulu laisser entrer et qui se trouvait l'épée à la main , et fen-

à la porte, accourut

,

« Qu'est-ce donc mes frères?» tomba mort après avoirprononcé ces mots: « Jésus Marie. » Le cadavre percé de soixante

Une troupe de rasciens l'accompagna jusque derrière Temeswar sur les rives de la Ternes. Au delà étaient postés François Horvath et Melchior Balassa épiant l'occasion de se venger d'une retraite dont la liberté avait été accordée contre leur volonté. Ulama, averti

qui dit en latin:

par

orgueilleux

pierreries (1).

,

cardinal, marchait en ordre de bataille,

le

,

de Martinuzzi. Après lui se précipita Lopez avec les Espagnols ; ils déchargèrent leurs armes sur le vigoureux vieillard dit la tète

puis

,

il

,

,

trois blessures

resta soixante - quinze jours

,

,

par Ambros de Nagylak

Ferdinand,

sortant d'une ambas-

et conduisit,

Hongrie à de de ces deux

livra la

il

Suleiman, fut infidèle au sultan dans

au

profit

l'intérêt

sade, attaquèrent les Turcs après que les ras-

souverains, la reine Isabelle à sa perte.

ciens se furent retirés. L'action

complices du meurtre

fut chaude;

Ambros de Nagylak périt en combattant; Ulama, couvert de

ment dû au crime.

blessures, put à peine se sauver à Belgrad avec

Turcs

Balassa fut grièvement blessé,

hommes.

trois cents

Au moment où

cardinal négociait, par le

plume

Pallavicini

,

fut

moyen d'Ulama pour sa rentrée eu grâce auprès du sultan, Castaldo avait fait connaître à Ferdinand que la prolongation du pouvoir du

sa patrie, à la suite d'une

cardinal lui enlèverait certainement

tôt après,

,

vanie, et

il

la

avait reçu l'autorisation

Transyl-

de mettre

de quelque manière que ce Des tschausches vinrent secrètement avec

fin à cette autorité fût.

des lettres, des spadassins espagnols et

ita-

aux gages de Castaldo entrèrent ouvertement avec lui dans le château d'Alvincz liens

,

,

appartenant au cardinal. André Losonczy, avec vingt-quatre Espagnols, occupa les tours

château

;

il

fut suivi par Sforzia Pallavicini.

du Le

18 décembre au matin le secrétaire de CasAntonio Ferraio d'Alexandrie, entra dans le cabinet du cardinal, des papiers à la ,

taldo,

main

,

pour avoir sa signature. Marlinuzzi, en

chemise

et

enveloppé d'une robe de chambre

garnie de fourrure

,

était

devant une table où

un bréviaire, un agenda et une écritoire. Tandis qu'il se baissait pour apposer sasignature,lesecrétaire lui porta deux coups de poignard à la poitrine et au cou. se trouvaient

une montre

,

«Sainte Vierge,» s'écria Martinuzzi bras vigoureux,

Cl) lstuanfi, p.

318

,

et

d'un

jeta l'assassin sous la table.

il

;

,

avant l'expira-

,

poignard

et le

Forgacs

,

p.

29.

nino perdit

muzza

fut

Des sept

nul n'échappa au châti-

tomba entre les mains des le supplice du fouet et de la bas-

tion d'une année et subit

,

tonnade. Le secrétaire , qui maniait

le

moine

qui trahit plusieurs fois sa patrie

et ses divers maîtres; car

,

l'assassi-

nat. Ainsi finit, à soixante-quinze ans, ce

rangs fort serrés. Horvath et Balassa, fortifias par Michel Dombay, venu de Szegedin et les

même de

sans sépulture sur le théâtre

la

tête à

si

bien

la

pendu en Piémont, condamnation;

Mo-

Saint-Germain; Scara-

coupé en morceaux à Narbonne. BienCampegio à la chasse aux environs ,

de Vienne, fut dévoré par un sanglier, sous les yeux même de Ferdinand; et Mercada, qui avait apporté à Vienne

velue

l'oreille

du

cardinal

comme un témoignage de l'exécution de

la

con-

damnation (1), perdit, dans une mécanique à Augsburg, la main droite avec laquelle il avait coupé cette oreille. La campagne de l'année suivante s'ouvrit par l'entreprise de Michel Tolh avec cinq mille haiduques contre Szegedin. Les Espagnols Aldana et Perez, le Silésien Opperndorf, les Hongrois Pierre Bakics, Nicolas Doczy, Etienne Dersfy et François Horvath le Grand, dirigèrent une attaque dans la nuit du 24 février 1552. Le commandant Michaloghli-Chisr-Beg se sauva à demi nu dans île château, la ville ,

fut saccagée par les haiduques. Déjà

ils

travail-

laient, avec des pioches et des leviers, à dé-

truire les

murs

extérieurs

du château lorsque ,

Chisr-Beg faisant une sortie, ,

de

la

(I)

porte; les Espagnols

Forgacs.

,

les

les

repoussa loin

Hongrois

et les

,, ,,,

,,,

LIVRE XXXI. Allemands

des troupes et des canons devant Weszprim.

qui avaient suivi les haiduques

,

se répandant dans les caves de la ville

,

avaient

oublié le château et ne songeaient plus a leurs

Cependant

armes.

Chisr-Beg

trouvé

avait

moyen d'informer, avec des pigeons, cha d'Ofen

du

péril

le

pas-

l'eunuque karamanien Ali-Pascha

,

trouvait. Celui-ci accourut avec

où il se

du gouverneur de Semen-

ses troupes et celles

dra, Rustem-Beg, et, malgré cet empresse-

Ottomans étaient en bon ordre. Devant Szegedin il forma ses gens en trois corps sur une seule ligne; à droite et à gauche était la cavalerie; au milieu il se posta lui-même avec douze pièces de campagne, six de chaque côté. ment,

77

les

Chassé par il

le

feu de

la

avait placé sa tente

,

place , d'une hauteur

Ali l'eunuque

la belle vallée de l'Abbesse. Le château fut canonné pendant dix jours et dix nuits. Une partie de la garnison passa dans le camp turc ; mais Ali se rappelant seulement les hostilités passées fit immoler tous ces hommes dans la vallée de l'Abbesse où au temps d'istuanfi on voyait encore leurs ossements blanchis. Taudis que .le commandant Michel Vas négociait la

dans

,

,

,

capitulation, les janitschares fondirent sur la

porte

attaquèrent les gens qui se retiraient

,

en massacrèrent un certain nombre. Ali-Pascha punir cette violation aux engagements arrê-

Les haiduques, pleins d'audace, attaquèrent en désordre méprisant les ordres des chefs es-

fit

pagnols et hongrois; mais bientôt

destiné à une captivité éternelle;

,

ils

s'en-

fuirent tous dans toutes les directions. Michel

Toth le

se sauva à peine avec vingt

;

Al-

Opperndorf s'enfuirent vers Lippa. Quarante drapeaux et cinq mille nez coupés furent envoyés comme trophées à Con-

dana, Perez et

Une troupe de quatre

stantinople (1). cavaliers

,

cents

conduite par Valentin INagy et Pierre

Tœrœk, qui dans

tés;

marche vers Szegedin avait le commandant kasim continuait de s'avancer sans rien savoir de la sa

mais

il

n'emmena pas moins Michel Vas,

commandant de Weszprim

il

nomma pour

l'aga Dschafer.

A la lin d'avril, le second vesir, Ahmed-Pascha,

hommes dans

château de Saint-Georges sur laTheisz



aHa camper

se mit eu et



mouvement d'Andrinople avec

en vingt-cinq marches

il

atteignit

l'armée,

Belgrad

beglerbegdeRumili, Mohammed-Sokolli, Lu mois après il

le

vint le joindre avec ses troupes. était

devant Temeswar, que Losonczy, avecdeux hommes, était résolu à défendre

mille cinq cents

jusqu à

la

dernière extrémité. La veille de saint

battu près de Becskerek

Pierre et de saint Paul, l'artillerie fut mise en

et

batterie

défaite

,

fut presque entièrement détruite; Va-

cha,

la

purent repasser

la

rurent à l'assaut sans l'ordre du sérasker. Us perdirent deux mille hommes et le sandschakbeg deNicopolis, Mustapha-Tenbel; les assiégés

nommé

à la place de Mohamnied-Sokolli

pour diriger cette année l'armée en Hongrie avait quitté

la capitale

qu'à Andrinople; de là,

et s'était il

envoya

avancé jusle

tschausch

Madschar-Ali auprès d'Ali l'eunuque, pour féliciter

et lui

une brèche fut bientôt ouverte ; mais

nage. Le second vesir Ahmed-Pas-

lentin et vingt des siens

Theisz à

:

avant qu'elle fût praticable, les assiégeants cou

le

sur sa brillante victoire de Szegedin

porter un vêtement d'honneur et

à poignée d'or

;

en

même temps

il

un sabre

annonçait sa

eurent à regretter surtout

le vaillant colonel

espagnol Castelluvio. Le beglerbeg d'Anatoli, Hasan, amenaheureusementdansle camp un convoi de poudre dont

on commençait à manquer

quoiquelui-mème,avecl'escorte, eût été attaqué

par

garnison de Karansebes

la

fuite.

Michel Toth,

le

,

qui

le

mit en

héros de Szegedin, n'eut

prochaine arrivée à l'armée, devant Temes-

pas cette fois autant de succès dans sa tentative

war. Le gouverneur d'Ofen

pour approvisionner les assiégés abandonné sur les rives de la Maros par la plupart des siens, il fut battu avec le reste; et, couvert de blessures, il n'échappa à la mort que par la fuite.

la lettre

du

vesir

,

et surtout

était

par

provoqué par

la captivité

sandschakbeg de Stuhlweiszenburg, lant

Hamsa

,

à

du

le vail-

une entreprise sur VVeszprim

dont la garnison avait surpris ce chef au moment où il accourait avec deux cents cavaliers pour prendre possession de son gouvernement. Le I e avril le gouverneur d'Ofen était avec '

(t)

,

lstuanfi,

l.ivi,

p. 319,

:

Cependant les assiégeants dirigeaient sans cesse un feu terrible sur la tour de l'Eau; lorsqu'elle se fut à peu près écroulée, un assaut général fut proclamé le 25 juillet. Au premier rang des assaillants le kiaja des tschauschs défia le Hongrois Biaise Pallantyus, qui combattait vaillam-

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

78 ment en face de tour. « Je

tau, portant

adversaire,

répondit

au milieu des ruines de

lui

me nomme kubad

le

la

mahomé-

dit le

»,

un coup violent sur la tète de son » lit moi, je m'appelle Biaise, Hongrois, en se protégeant avec

o

son bouclier: et aussitôt

perça

il

nuque de

la

Kubad. L'assaut dura cinq heures; il y périt trois mille assaillants et seulement cent treize Hongrois. Le lendemain l'attaque se porta de nouveau sur

Ahmed, Mo-

tour de l'Eau. Le vesir

la

beglerbegs de Rumili et d'Anatoli,

les

hammed-Sokolli sim

et

Hasan,

le

sandschakbeg Kanon-seulement

excitaient les assaillants

,

par ses blessures on lui coupa la tète, qui fut envoyée embaumée à Suleiman. La réparation des murs de Temeswar et leur défense furent confiées au sandschakbeg Kasim. La chute de :

Temeswar entraîna celle de Lippa et de mos et des autres places fortes du Banat la

,

quel Castaldo avait remis

et le

,

,

éteindre

feu et sauver ce qu'il pourrait de

le

l'artillerie.

Ainsi

le

remise

des Allemands et

à

duire

le fort

comme

cueillirent

honorablement,

et le placèrent

au

poursuivait le siège Ali s'occupa

de ré-

de Dregely, qui, perché sur un

rocher terminant

Losonczyà négocier la capitulation moyennant la liberté de se retirer. Lorsqu'il sortit de la place, le beglerbeg de Rumili et Kasim l'ac-

la

l'administration en fut

et

Kasim-Pascha (2).

des Espagnols qui menaçaient de traiter avec général, réduisirent enfin

Banat se trouva soumis à ,

En même temps que se de Temeswar, l'eunuque

l'ennemi malgré

le

défense de Lippa,

le feu à la ville il détacha de Temeswar beg Kasim avec cinq mille hommes pour

mis

de fer dont ils frappaient ceux qui reculaient. La tour fut emportée La prise du plus fort ou vrage de défense le manque de vivres et d'artillerie, et enfin la rébellion

la

avait fait sauter les murailles, détruit les canons

domination turque

,

A

nouvelle que l'Espagnol Bernard Aldaoa au-

avec des paroles, mais avec de grosses masses



Soly(1).

la

chaîne deBorsem, semble

de défense des

la tète

villes

du

tagnes. C'était la résistance

moncom-

des

vaillant

mandant Zondy, qui devait surtout répandre un grand éclat sur cette entreprise. Zondy, sommé de capituler par Ali-Pascha. qui em-

commencè-

ploya l'entremise du prêtre Martin d'Oroszfalva,

rent a se saisir des jeunes garçons qui leur plai-

tomba

deux jeunes garçons envoya au gouverneur d'Ofen en les chargeant de lui dire qu'il pouvait se charger d'achever de les former au service militaire, attendu que luimême ne pouvait se consacrer à de tels soins, résolu qu'il était de s'employer , jusqu'à la mort à la défense du château. Alors il fait jeter les armes, la vaisselle d'argent et les meilleurs objets du mobilier dans la cour du château, y met le feu de sa propre main, court à l'écurie, immole ses chevaux de bataille, et

percé d'un coup de lance au

s'élance ensuite contre l'ennemi qui assaillait

milieu d'eux; mais

saient le plus.

janitschares

les

Comme

ils

s'attaquèrent

même au

propre page de Losonczy, au jeune André To-

mory qui portait la cuirasse dorée du général, et l'arrachèrent de son ,

et le

casque

cheval, Lo-

sonczy, perdant patience, se tourna vers Ferez

Simon Forgacs qui

et «

Voici

la foi

le suivaient et leur dit

turque; aux armes

pas au moins sans vengeance; aussitôt le kiaja

pour apaiser

» et

côté.

abattit

il

du beglerbeg, qui était accouru

le

tumulte

avec Kasim. Après

avoir combattu longtemps en héros

frappé a

:

ne périssons

:

la tète et

,

il

Perez immola beaucoup d'ennemis, puis

espérant échapper à

la

foule qui l'entourait

du côté de Lippa, IaKœrœs mais il ne reparut plus. Forgacs, tout mutilé, tomba entre les mains de l'ennemi Losonczy, mené devant par il

la vitesse

de son cheval

.

s'élança dans les flots de

;

;

le vesir. l'accabla

de

*a parafe.

de reproches sur

Ahmed

qu'une représaille de

Llama

la

violation

répondit que ce n'était la

lorsqu'il sortit

perfidie exercée contre

de Lippa;

et

finir

turcs

,

ses prisonniers, et les ,

,

la

porte; atteint d'une balle

Ahmed

avec ce héros, épuisé déjà

s'appuie sur

il

le

genou, et dans cette position il continue de combattre jusqu'à ce qu'il tombe renversé de plusieurs coups de feu. On lui coupa la tète; ,

,

mais

le

pascha ordonna de l'ensevelir avec hon-

neur, ainsi que

le tronc,

sur

la

hauteur en face

du château. Ce glorieux exemple resta sans effet sur la garnison du château de Szeczeny qui abandonna la place aux mains de l'ennemi mais ,

;

Losonczy

continuant ses plaintes et ses insultes.

ordonna d'en

revêtir de pourpre

fil

(1) lsluanfi (2)

riale,

a

j<

',

xviu

I.

,

Bmhenabi

,

,

fol.

319

manuscrit

p.432.

il-

;

Dschelatsade, la

fol.

biblioth èqu e

295.

impé-

LIVRE XXXI.

Les nombreux succès de cette campagne dela conquête des deux

tour fortifiée de Busa, les du comte Balassa Michel Terchy, Etienne Suchay, André Nagy, avec quelques soldats, tinrent contre deux mille les

défenseurs de

la

vaillants serviteurs

hommes

et

de Jahja-Pascha-Oghli

,

comme

la vallée

une

et leur assura

de Salgo aurait

la tour, les

au confluent de paravant

vaillamment,

voyait-on les côté

honorant,

si le

et

de

la

Theisz, avait

par Nicolas, comte de Salm

,

toits

du midi, un

les

;

mu-

du dehors des maisons par-dessus; du

railles étaient si élevées

défen-

,

qu'à peine

fossé large et profond

,

rempli

d'eau, défendait les approches. Vingt-quatre

dans l'ennemi. Le château

résisté

Zagyva

la

été fortifiée dans les règles, quelques années au-

fils

d'où Arslan leur offrit

libre retraite,

Ali, la valeur

placesde Szolnok et d'Erlau. La première, élevée

d'après l'ordre d'Ali

Pascha. Sortant des ruines de seurs gagnèrent

vaient èlre couronnés par

,

deux canons amenés par Arslan,

79

gros canons

com-

,

trois mille

mousquets

et huit mille

mandant ne s'était laissé prendre à une ruse Arslan ayant fait traîner à grand bruit une poutre énorme par un grand nombre de bœufs sur

quintaux de poudre étaient disposés pour nourrir le feu les munitions de bouche élaient abon-

montagne donna lieu de penser aux Hongrois que c'était un de ces canons monstres de

sards formaient la force de la garnison

:

la

,

;

dantes.

Onze cents

fantassins et trois cents hus;

mais

Moham-

moyens de défense devenaient inutiles entre les mains du misérable commandant Lau-

conquête de Constantinople. Mohammed-Pascha devint facilement maître des

rent Nyary, profondément méprisé de ses troupes , et qui devait sa position non point à ses

châteaux d'Hollokœ, de Bujak, Sagh, Gyarmath-

services

campagne, près de Fulek, l'armée de Ferdinand, forte de

les

dont

l'espèce des pièces

med pour

s'était servi

de

la

Enfin, Arslan et Ali battirent en rase

hommes, sous

sept mille

le

commandement

su-

tels

divisés entre eux

Nyary

désertèrent leur poste , et

Mais avant de pou-

de Gundersdorf. Une bombe qui tomba sur les caissons à poudre des Hongrois, les fit sauter

amené devant Ahmed-Pascha. Cet homme, chef du comilat de Dont, osa bien acheter sa liberté

décida

air et

1

la bataille.

beaucoup de

et

L'évêque de Wai-

vaillants guerriers

mordi-

poussière; Pallavicini et Teufel furent

rent

la

pris.

L'eunuque entra triomphalement à Ofen,

se faisant précéder par quatre mille prisonniers,

par

le

général Érasmeïeufel, sans armes

que mais à cheval

mée qui

,

et par la

ni cas-

musique de

l'ar-

jouait des fanfares. Les prisonniers

tombèrent à

vil prix, et

surtout les Allemands:

on en vendit comme esclaves pour un boisseau de farine ou d'avoine pour un pot de beurre ou de miel; mais on réclama une rançon d'autant plus éleyée pour le chef. Paljavicini

dans un cachot frances et

la

a

Qfeu

,

,

jeté

expia par mijle souf-

part prise au meurtre de Marlinuzzi,

n'obtint sa liberté qu'en payant 18,000 du-

cats.

Teufel, envoyé avec quarante drapeaux

Suleiman, démentit son

nom

à

pour se délivrer avec une plus faible rançon. Indigné d'une telle bassesse, Suleiman le fit coudre dans un sac de cuir et jeter à la mer (1).

!\) Isiuanfi, il

fut décapité.

I.

xviii, p.

et sa position

335, d'après Ontorio,

p.

205;

il

en abandonnant sa

fut saisi sous la porte, et

fille

à l'un de ses gardiens;

un

plus tard, traduit devant

conseil de guerre,

obtint son acquittement en corrompant ses juges, le chancelier Olahus et l'archevêque de il

Gran. Le vesir les

fit poursuivre les Bohémiens et Allemands enfuis de Szolnok, qui furent

taillés

le

en pièces. Ensuite Ahmed-Pascha suivit

siège d'Erlau, non moins célèbre que celuj de

Vienne et de Guus, et les noms des défenseurs de cette place devant laquelle devaient reculer les

,

I

,

prit la fuite avec eux.

voir s'échapper,

en

!

mais à ses intrigues. Les Hongrois et les Allemands et les Espagnols,

périeur de l'Autrichien Érasme ïeufel, baron

zen

I

,

Bohémiens,

armées triomphantes de Suleiman, Etienne

Dobo et Etienne Melskci

vivront à jamais dans Hongrie. La ville d'Agria, ou Eger, en allemand Erlau est appelée ainsi des les fastes

de

,

la

,

aunes (en allemand erlen), qui poussent sur les rives de la petite rivière d'Erlau et de la Theysz. Le 9 septembre Vth-1 le vesir Ahmed ,

fit

savoir au

commmandanl de

la

place qu'il

deux armées triomphantes, la sienne devant laquelle étaient tombés emeswar et Szolnok et celle d'Ali-Pascha conquéétait arrivé avec

I

,

,

rant de Weszprim cl de Dregely, vainqueur de Fulek. Dobo de Buszka fit mettre pn prison le

porteur du message,

et

pour réponse

a la

soin-

, ,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

80

mation de se rendre, un cercueil

fut placé sur

haut des murailles, préparé pour l'assiégeant

le

ou

l'assiégé (1). Ali-Pascha

parut à

la télé

de

la

moitié, et forcèrent le messager a

manger

apprirent de cet

homme

l'autre. Plus tard, ils

quel était

contenu de

le

la

dépèche

vingt-cinq mille hommes, ayant avec lui Arslan-

traite était accordée

Beg de Stuhlwciszenburg, qui pointa près de de Sainte-Marie, dans le faubourg,

pareil a celui de Losonczy.

l'église

quatre gros canons contre

peu de jours

le fort:

janitschares campèrent devant rcr. et

du côté du nord

che de

la petite rivière

le

,

la

long de

gau-

rive

la

magasin

de

metetlelieuditSiégeduRoi,parceque. d'après la tradition saint Etienne s'y était assis pen-

les

,

,

dant

du dônue,

construction du château et

la

pour entretenir l'ardeur des ouvriers.

Ahmed

Mohammed avaient placé les baraques de

et

leur

mont

armée dans

la

OEgidius;

quartier d'Ali était vers l'ouest.

le

vallée d'Erlau

Celui-ci annonça l'ouverture

monter

sant

,

du

sur

le

siège, en fai-

gros canons, qui lan-

trois des plus

cèrent contre le fort des boulets de cinquante

Ahmed

Trois jours après,

livres.

établit

des re-

tranchements près du Siège du Roi

,

pièces et canonna l'une des tours

du dôme;

assiégés de leur côté répondirent vigou-

les

reusement à ce feu , canons

et firent éclater les pièces

Le 19 septembre,

turques.

et

onze plus petits

metière, ébranlèrent

de

plaça des

la forteresse,

la

tandis

les trois ,

du cimurs

établis près

cathédrale et les

que

l'artillerie

jouait de l'église Sainte-Marie.

mouillés

plus gros

d'Arslan

Avec des

on préserva les meules de blé

cuirs

et de foin,

à

poudre

la

vou-

et Ali

du 4 octobre tout

nuit

,

dans un caveau de

établi

l'église fit explosion et brisa

entre Fene-

de l'Eger

Ahmed

trois milles d'Erlau

Arslan lui-même se mettrait entre leurs mains

le

porte Malla-

re-

jusqu'à ce que les défenseurs fussent en sûreté;

comme otage. » Dans

vesir

le

«Libre

sans crainte d'un destin

laient bien s'éloigner à

Ahmed-Pascha et le beglerbeg de Rumili. Mohammed-Sokolli. Les après arrivèrent

,

:

Dobo

la ville.

et

les

deux moulins

Metskei parcoururent à

cheval les divers postes,

afin

de raffermir

courages par leur présence. Des hérauts crièrent devant les

turcs

murs une nouvelle

une retraite libre tambours et les trompettes Avec une prodigieuse ar-

invitation à capituler, offrant

Mais

et assurée.

les

couvrirent ce bruit.

deur on

travailla le soufre et le salpêtre

pour poudre perdue et l'on rétablit un des deux moulins détruits afin de satisfaire provisoirement aux besoins journaliers. Ahmed eut recours au moyen employé ordinairement par les Turcs dans les sièges de ce temps; il s'eccupa de combler le fossé et d'élever un rempart à la hauteur des murailles de la place. Près du ,

remplacer

la

,

bastion Bebeker,

rempli avec des

le fossé fut

sacs de sable et

de terre, sur lesquels furent rangées des fascines et du bois fut amoncelé à une grande hauteur. Georges Bornemissa, l'Archimède du siège d'Erlau, que les historiens ,

hongrois nomment Grégoire

Savant

le

,

médita

destruction de cet ouvrage et l'accomplit.

la

sur lesquelles les assiégeants tiraient à boulets

D'après ses dispositions, des seaux de cuir

ouvertures faites aux murailles fu-

garnis de bois résineux, de soufre et de poix de goudron et de graisse, trempés dans le suif, sont remplis de pistolets chargés , et descendus

rouges

;

les

rent bouchées avec des tonneaux remplis de sable.

Le

"29, l'assaut fut

tenté et renouvelé

trois fois avec

une perte énorme. Dobo

kei reprirent

un bastion qui

et

Mets-

avait été déjà en-

tout allumés pendant la nuit dans le fossé; les fascines et le bois s'enflamment

;

les assiégeants

de négociations par le lieutenant royal en Hongrie auprès du gouverneur turc d'Ofen périt dans ces engagements. Huit mille Turcs restèrent

accourent pour éteindre l'incendie ,

dans

missa perçait

Jean Posgay

levé.

,

chargé trois

fois

,

les fossés (2).

Le

même jour un Hongrois envoyé ,

par Ars-

lan-Beg, apporta une nouvelle sommation. Les assiégés déchirèrent cette lettre

,

en brillèrent

ils

sont re-

poussés effrayés par l'explosion des pistolets éclatant de tous côtés, et le rempart s'écroulant n'offre plus

qu'un monceau de cendres. Borne les

Turcs du haut des murailles

avec des espèces de lances rougies au feu et

armées de crampons qui ne lâchaient plus et

auxquels on se brûlait

les

mains,

si

prise,

l'on

vou-

(1)

Centorio.p. 222.

Le savant hongrois fit garnir de planches une grande

(2)

mu.

roue, contenant dans l'intérieur des matières

lait

secourir les victimes une fois saisies.

,

LIVRE XXXI. inflammables et des pistolets chargés ; cetle machine allumée roulait du haut des murailles, et,

tout autour

porte de

janilschares, conduits par

se portèrent contre la vieille

où Mekskei avec cinq repoussa leurs efforts. En

la forteresse,

cents arquebusiers

Le 10 octobre, un nouvel

d'elle.

et

Mohammed,

l'aga

mort

par des décharges continuelles,jetait la

81

chlus, akindschis

,

,

assaut fut livré, qui dura depuis le lever jus-

vain les tschauschs, rappelant aux janitschares

Hongrois y consommèrent deux quintaux de poudre. Deux jours après, l'assaut général fut proclamé dans

leur triomphe de

qu'au coucher du

le

camp

turc, et

qu'en fût

soleil

;

les

devait être

il

A

le résultat.

la

les

engagèrent si

décider à combattre contre Dieu qui

pour

claré

naissance du jour, les

La

les

lutte se

Hongrois

prolongea

ainsi

:

six

à

terribles

répondirent que nulle puissance ne pourrait

dernier, quel

le

Temeswar,

renouveler l'attaque; ces miliciens

les

dé-

s'était

Erlaufut sauvée.

jours encore, avec des

tschauschs rassemblèrent tous les corps janitschares, asabes, martoloses, sipahis, beschlus,

flèches et des projectiles; on tira quelques coups

akindschis,dschebedschis, topdoschis et topa-

de canon. Enfin

rabedschis; indiquèrent à tous leurs postes, et

arrivèrent fort à propos pour donner au vesir

,

poussèrent

de

Le

fer.

les

un prétexte vivement souhaité de lever

moins résolus à coups de barres

Ahmed

vesir

prit son posle sur

le

il

bruit

de

la

On

et autres.

musique

entendit retentir

militaire et les cris

Allah! Jésus! Marie!

çaient les troupes d'Ali

,





!

s'élan-

à pied, blessé à la main,

compagnons, avec

ses vaillants

le

Allah

Dobo, placé au milieu des

»

ruines du bastion, près du cachot,

anime

«

:

mots

les

de patrie, honneur, gloire, éternité. Ses discours enflamment tous les cœurs les femmes ;

mêmes railles

jeunes filles accourent sur

et les

avec des seaux d'eau bouillante

les

mu-

et d'huile

siège

:

ne se

pour quelque temps. « Vous vous êtes montrés vaillamment, habitants d'Erlau! s'écrièrent les assiégeants

,

le

rigueur" de la saison et

WeliBeg, Hasan-Beg, Mustapha-Beg, et les réfugiés persans venus avec Ulama, Weldis-Chan,

Mohammed

,

soyez maintenant tran-

nous allonsnous retirer; mais l'année prochaine nous reviendronsavec des forces irré-

quilles,

sistibles

med

pour venger notre affront!

>-Le vesii

Ah-

accabla de reproches l'eunuque Ali, pascha

d'Ofen l'accusant de l'avoir entraîné dans cette entreprise, ajoutant qu'il savait maintenant ce ,

que

c'était

que ce ramasd'enfauts,

primait Ali en vait jamais

Dans

artillerie

s'ex-

rencontré d'enfants aussi belliqueux.

nuit les tentes furent levées,

la

que

ainsi

parlant d'Erlau, et qu'il n'a-

lui

chargée sur des voitures

sance du jour

commença

la

,

la

et à

retraite.

grosse

la

nais-

Dans

la

enflammée, qu'elles versent sur les infidèles. Une mère, son gendre et sa fille combattaient serrés sur le rempart l'homme tombe. La fille

place on ramassa douze mille boulets, qui avaient

exhortée par sa mère à ensevelir

sur

;

pond «Non, pas avant de :

sitôt, saisissant le

le

l'avoir

le

vengé!

;

tienne.

pour

Lne

pierres sur

lui faire

autre

aux pieds de sa leur,

reprend

donner

la

prend

et le

porte

sépulture chré-

tombe frappée d'une

fille; celle-ci,

le

Aus-

femme portant une charge de

tète

la

»

alors seulement elle

cadavre de son époux dans ses bras,

à l'église

mort, ré-

bouclier et l'épée, elle ren-

verse trois ennemis

;

la

retirer que

sous eux, se trouvaient Derwisch-Beg



parut céder à

rempart. Ali-Pascha, Ulama-Pascha, et ArslauBeg, menèrent l'armée à l'assaut en trois masses :

1

neige, une pluie glaciale,

la

balle

étouffant sa dou-

fardeau ensanglanté,

le

jette

été lancés sur la ville durant le siège, et qui fu-

rent disposés en pyramides la

comme

des trophées

place d'armes. Les drapeaux conquis,

ceux d'Arslan-Beg, d'Ali-Pascha

et

un troisième

furent adressés à Vienne avec un bulletin très-

ndu. L'eunuque Ali, qui avait représenté au conquête d'Erlau comme une opération

ét<

vesir la

si facile,

dans l'espérance que cette place serait

attribuée à son tôt

déposé

et

gouvernement d'Ofen, fut bienremplacé par Tuighun-Pascha;

mais auparavant,

il

put satisfaire sa vengeance fit prisonnier près du vil-

sur Bornemissa, qu'il

d

sur les ennemis, et

le

lage de Keresztes, à deux milles au-dessous

t

bastion se tenaient Bornemissa , Zoltay et Fi-

d'Erlau, et qu'il envoya à Constantinople. Aus-

gedy, contre Arslan-Beg, qui de sa main blessée, agitait son drapeau rouge brodé d'or

sitôt s'ouvrirent

a-j

il

écrase deux Turcs. Sur

,

;

c'était

un signe de

victoire

,

qui avait coûté

huit mille morts aux assaillants. Trois mille bcsIIIM.

II.

pour

le

Hongrois}

les

cachots

des Sept-Tours.

Pendant l'année où

les

armées de Suleiman

reculèrent les limites de l'empire ottoman par

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

82 des conquêtes

importantes,

si

le croissant

quelques atteintes en Asie, de

reçut

part des Per-

la

de reprendre Ardschisch, Aadildschuwas et Achlath. 11 échoua contre les deux premières places grâce à la valeur de

sans. Le sellait tenta

,

kurde Ibrahim,

Ternir fils

d'Kmir-Mustapha,

et

de Sinan-Pascha. Les habitants d'Achlalh

furent déterminés à capituler par des lettres

simulées

mais

leur était accordée;

la libre retraite

:

lorsqu'ils sortirent,

crés avec les

femmes

furent tous massa-

ils

les enfants.

et

Après ce

succès,desintrigues pratiquées dans Ardschisch

immoler Mir-lbrahim, et le château fut fils du schah se tourna en-

rirent

rasé. Ismail-Mirsa,

,

d'hommes du côté d'Erserum, attira le commandant IskenderPascha dans une embuscade, et le défit si com-

suite avec quelques milliers

plètement que

begs de Trébisonde

les

,

Mala-

Bosuk, Karahiszar, restèrent sur la place; Le sandschakbeg Mahmud et les agas de l'aile tia,

droite et de

l'aile

gauche de

trouvèrent parmi

lière se

la cavalerie

régu-

les prisonniers.

Ce

revers n'affaiblit nullement aux yeux de Sulei-

man

le

mérite de

la

vaillance

dans l'action

lskender-Pascha

dautres circonstances.

Il

lui

déployée par et

dans tant

adressa une lettre

miliMohammed-Sokolli de prendre sesquarliers afin que les hostilités pussent s'engager au commencement du printemps contre les Persans. S'il y eut un changement dans d'hiver à Tokat

,

si Suleiman reparut sur les champs de bataille, ce ne fut point que les armes ottomanes s'arrêtassent dans leur carrière de triomphe ni que le maître doutât des sucil cès de généraux tels que Ruslem et Ahmed y eut à cela une cause plus grave et plus importante. Des quartiers d'hiver d'Akserai en Karamanie, le grand vesir envoya au sultan laga

cette résolution, et

,

:

des sipahis Schemsi, signalé par ses agréments et ses talents poétiques, et

de Suleiman, afin de

lui

admis à la confiance annoncer que les

sentiments des janitschares se manifestaient clairement en faveur du prince Mustapha; que

dans l'armée «que Suleiman était devenu vieux et ne venait plus en personue audevant de l'armée; que le grand vesir seul s'opposait à la succession du trône revenant légitimement au prince; que c'était maintenant chose facile d'abattre la tète de Rustem et de l'on disait

donner au vieux padischah le repos nécessaire dans le sérail de Demotika. Le prince, ajoutait le rapport, accueillant de telles pensées et de tels

d'éloges sur sa vigoureuse résistance aux forces

propos, Sallaulesse était suppliée d'entrer elle-

supérieures du prince persan

même

à la lettre étaient

:

joints un vêtement d'honneur

masse.

11

n'y avait plus à douter de

de porter maintenant la

,

un sabre

Hongrie contre

la

les

Perse

la

et

une

nécessité

armes ottomanes de ;

seulement

il

s'agis-



Dieu nous préserve, campagne. dit Suleiman à Schemsi-Pascha (comme celuici le rapporte dans un poème composé à ce sujet) ( ), que, pendant ma vie, Mustapha-Chan ose en

1

se couvrir

d une

telle infamie. » Aussitôt lesjar.it-

Suleiman remettrait le commandement supérieur de la première campagne

schares et d'autres troupes reçurent ordre de re-

un vesir, ou s'il dirigerait lui-même l'expédition. Animées par la présence du sultan, dans onze campagnes, ses armées s'étaient ha-

tre

sait

de décider

de Perse

si

à

bituées à la guerre et à la victoire, et tout ré-

cemment même en Hongrie malgré l'absence du maître suprême elles pouvaient citer les conquêtes de Temeswar, Szolnok, Lippa, et de ,

,

,

vingt-cinq châteaux, qui effaçaient l'échec essuyé devant Erlau. Suleiman, qui touchait à ses soixante ans, visiblement fatigué par tant de

travaux, voulut abandonner



ses vesirs la con-

duite des opérations militaires en Perse.

En con-

une letdu souverain appela le grand vesir à Constan-

venir pendant l'hiver dans leurs foyers

tinople, et il fut décidéqu'au

printemps prochain

campagne s'ouvrirait sous la haute direction du sultan (2). Aussitôt que cette résolution fut la

annoncée,

le

Mohammed

schah envoya

le

sandschak-beg

deux agas pris dans le combat d'Erserum, avec des propositions de paix, à la Porte. On ne les écouta point pour le moment, a cause du motif secret de l'entrée en campaet les

gne de Suleiman, qui redoutait non point les périls du dehors, mais les dangers intérieurs. On se contenta d'adresser au schah un séid ou ,

donné !ecomm;:nrlcnient supérieur au grand vesir Rus tem, laissant la garde de séquence,

il

avait

lafronlière hongroise à l'hcureuxconquéiantAh-

med-Pascha,

et

ordonnant au beghrbegde Ru-

;

(1)

Pelscbewi, Aali, Ssnlaksade.

;2i

Aali, xi.viii* éréiieuieut

;

fol.

2C1.

LIVRE XXXI. prophète

parent du

de paix

ciations

en différant

,

les

négo-

L'été était déjà bien avancé lorsque Suleiraan

se rendit à Skutari.

A

Jenitschelir l'attendait le

prince Bajesid, gouverneur de Kararaanie, qui,

durée de cette campagne

pour

la

de

dignité de lieutenant

la

A

nople.

,

fut investi

du sultan à Andri-

Kutahije Suleiman reçut l'ambassa-

le

rideau de soie. Pendant que

tente, au dehors

dans l'intérieur de

on abattait

la tète

la

du grand

écuyer du prince et de l'un des agaS. Aussitôt

que

nouvelle fut répandue dans l'armée,

la

les janitschares,

accoutumés à se soulever pour

des causes moins graves

éclatèrent en

,

ces et réclamèrent le châtiment

mena-

du grand

vesir,

deur polonais Yazlowiecki, qui fut congédié

aux intrigues duquel

A cette époque européenne n'envoyait des ambassades auprès de la Porte plus fréquemment que

événement. Les vesirs siégeant dans le divan ne savaient que résoudre et que faire. Alors

avec des protestations d'amitié. nulle cour

tragique

était atlribué le

Pologne pendant quatre années successivement on vit arriver des envoyés polonais auprès du sultan dans la dernière il en vint deux.

parut le grand chambellan qui redemanda au grand vesir le sceau d'or, jiage de la plus haute confiance et du pouvoir suprême. Après l'avoir reçu, le grand chambellan se tourna vers le

Depuis Nicolas Bohousz dont

troisième

la

:

;

il

a déjà été ques-

André Burzki,

tion, on peut citer

André Bzicki

Stanislas

,

vesir

Haider

Allez dans votre tente.

«

-

Pascha

,

et

lui

dit:

annonçant sa dé-

» lui

Nicolas Brzozowski. Les objets de leurs négo-

Bustem et Haider obéirent à l'ordre du divan demeura réuni. Au bout de quelques instants se remontrale grand chambel-

Turcs en Po-

lan avec le sceau d'or, qu'il remit à l'ancien se-

Tenezynski

,

,

Yazlowiecki

;

en

1554, se présentèrent encore Pierre Pilecki et ciations étaient les irruptions des

logne, les indemnités pour

la

reine Isabelle, la

position. le

;

reste

cond vesir Ahmed-Pascha

en l'investissant de première dignité de l'empire. Le defterdar ,

restitution des prisonniers, le renouvellement

la

de l'amitié entre

du trésor impérial se rendit dans la tente du prince immolé pour se saisir de ce qu'il laissait, au profit du fisc; les gensde la victime furent con-

les

nitien Navagiero

deux nations. Le baile vérevenu cette année de

était

Constantinople à Venise.

Aux équinoxes d'automne gouverneur de Ssaruchan

du sultan

à

Bulawadin

,

,

prince Selim,

le

main

vint baiser la

et reçut la permission

d'accompagner son père dans cette campagne. Lorsque le camp fut établi au delà d'Eregli (Archelais), dans le voisinage de cette ville parut

prince Mustapha

dont

gédiés avec quelques récompenses. Les ulémas d'Eregli reçurent l'ordre de réciter les prières

des morts sur

Brusa

Tous

le

et enseveli les

cadavre, qui fut transporté à près du tombeau de Murad 11.

historiens turcs et chrétiens sont una-

comme

nimes pour regarder Bustem

provo-

le

tente, déco-

cateur de ce meurtre , servant ainsi d'instrument

rée magnifiquement, fut plantée à côté de celle

à son ambitieuse belle-mère la sultane Chaszeki-

le

de son père

pompeux

,

la

Le lendemain les main, et reçurent de d'honneur. Le prince

[5 octobre].

vesirs lui baisèrent la

vêtements

,

monta ensuite un cheval couvert de harnoij magnifiques, et fut accompagné à l'audience du sultan par les vesirs et les janitschares, au bruit des acclamations de ces miliciens. Mais, de

quelle consternation dut être frappé '

caché derrière

cette exécution se faisait

et les transportant à Alep.

,

83

le

reux prince, lorsqu'en entrant dans il

n'aperçut ni

jivesir, et

le sultan

tente,

son père ni

aucun

trouva seulement les sept muets, ter-

cibles exécuteurs

des ordres sanglants de Sulei-

jmaii, qui avaient jadis étranglé

Tlbrahim Irèrent

malheu-

la

!

la

Ils

le

grand

vesir

se précipitèrent sur lui et lui ser-

gorge, étouffant des

appelaient vainement à

la pitié

cris qui en de son père

Churrem, de nation français,

même

vérité, veulent tion.

en conséquence, que des poètes

russe, et

appelée Bossa ou Boxelane

,

et

des historiens au mépris de la absolument rattacher à leur na,

Les écrivains européens racontent encore

beaucoup de choses sur des tentatives d'empoisonnement, des lettres supposées, et diverses autres circonslances ajoutant encore S

la

féro-

de Suleiman dans cette exécution mais de tout cela, les Ottomans ne savent rien, ou ne

cité

;

veulent rien savoir. Depuis

Thuan jusqu'à Bo-

bertson, les historiens les plus renommés ont jeté ce tragique

événement dans

d'emphase

Busbek

;

,

d'après

de moins

le cercle

leurs récits et l'ont répété avec pi s ou

l'ambassadeur

impérial

mais ce diplomate, rédacteur d'excel-

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

84

lents rapports sur d'autres points, dans

le récit

de ces faits accomplis eu Asie deux ans avant son arrivée à Constant iuople, a commis des erreurs

si

essentielles sur

deux circonstances,

ne mérite pas une confiance de l'exécution d'Eregli, en Karamanie, à Amasia, sur le Pont, où le sultan n'alla point dans cette cam-

que

reste

le

absolue.

pagne

,

S'il

transporte la scène

on peut bien douter de

la

vérité de sa

description de la fureur de Suleimun, pressant le zèle

des muets de ses paroles et de ses re-

gards menaçants

,

tableau que Robertson et

grandement développé.

Knolles ont ensuite

Bien plus digne de

bek sur

le

supplice

rapport de Bus-

foi est le

du

fils

de Mustapha, que la ruse aux

l'eunuque Ibrahim sut arracher par

cieux que

poêle Jahja ;car ilu'osait pasordon

le

ner son supplice de sa pleine autorité

il

les sciences et la poésie

le prince avait

,

au plus haut degré l'amour des soldats nourrissons des muses. le

pseudonyme de

11

laissa

gagné et

des

des poésies sous

Muehiliszi(le Juste), et fut le

renverse-

tète, réclamée par les janitschares, avait été ,

,

nullement suspect,

et

dont

le

en

les instiga-

de son

vie

conserva celle d'un poète qui ne

fils,

crime

lui était

était d'a-

voir pleuré la mort de Mustapha. Rustem, plus irrité,

manda

poète, espérant, dans une ré-

le

ponse imprévoyante, trouver matière à l'accuser « Comment oses-tu du padischah et les livrer

du crime de lèse-majesté. blâmer

les actes

dans

dans l'empire. Plein d'équité, de passion pour

du

l'empire, sa propre

grand danger. Suleiman qui sur tions de Rustem, avait sacrifié la

heureuse concession

et

moment de son

se rappelait, qu'au

ment du premier poste de

près du tombeau de son père.

répandit une tristesse générale dans l'armée

ainsi

poète Fighani, en châtiment d'une épigramme:

bras de sa mère, à Brusa, et qu'il jeta, sans vie,

Cette mort violente et injuste de Mustapha

,

qu'avait fait le grand vesir Ibrahim à l'égard

la

tes vers

en pâture au peuple?

sentence du padischah

condamné

le

»

Jahja répondit

,

prince à mort

:

«

nous avons

,

;

Par une

Avec aussi

avec ceux qui pleu-

nous avons aussi versé des Rustem, auquel il était défendu d'attenter à la vie du poète, le punit en lui retirant raient son destin, larmes.)^

la

place productive d'administrateur de fonda-

tions pieuses.

La douleur causée par

l'injuste

généreux protecteur de Sururi l'un des plus grands philologues ottomans, auteur d'un dic-

supplice de Mustapha

tionnaire persan très-apprécié, d'une poétique,

les

et des meilleurs commentaires sur les chefsd'uuvre des poètes persans, tels que le Gulistan et le Bostan, le Beharistan de Dschami le

de Dschihangir, frère de Mustapha. Ce prince,

Mesnewi de

qualités de l'esprit, avait aimé Mustapha de

,

;

Schebistani-Chial de Fettahi, le

Dschelaleddin-Rumi, et

même

le

Divan de Hafis

;

lui-

composé trois divans de ghaseles. Mustapha fut donc pleuré par les principaux poètes, mais avec une douleur plus profonde et plus amère par Jahja qui montra cette même avait

,

liberté

dont

ministration

him

,

il

avait déjà fait

preuve sous

du tout-puissant grand

en composant une élégie sur

l'ad-

vesir Ibrala

mort du

s'exprima,

non-seule-

ment dans l'élégie de Jahja, mais encore dans pages de hardis chronographes (1). Ce sentiment fut irrité encore parla mort prématurée

infirme et contrefait, mais doué de brillantes

l'amour

le

ment

coup frappé par son père

le

plus tendre

entièrement toutes

;

il

ressentit

les joies

dans une noire mélancolie, malgré tous les secours de

man

,

qui souvent

si ,

profondé-

qu'il perdit

du cœur, tomba

et

bientôt s"éteiguit

la

médecine. Sulei-

s'était diverti

aux spirituelles

sailliesdeDschihangir,déplora sincèrement une perte

si

cruelle

,

et

fit

ensevelir cette seconde

Mohammed

defterdar lskender-Tschelcbi, immolé par cet

victime à côté de son frère

orgueilleux favori. Les vers coururent de main

mosquée appelée aujourd'hui mosquée des Princes. 11 fit de plus élever à la mémoire de Dschihangir un temple sur la hauteur qui couronne le cap de Topchane. L'hiver se passa à Alep, dans des soins d'ad-

en main, passèrent de bouche en bouche, et Jahja hésita d'autant moins a s'en reconnaître l'auteur,

que Rustem, l'ennemi naturel de tous déposé. Mais lorsque, deux ans

les poètes, était

Rustem rentra en possession du grand il exposa deux fois au sultan combien importait au maintien de l'ordre du monde

après

,

vesiral, il

de faire tomber

la tète

d'un

homme

aussi

auda-

,

dans

la

ministration

;



furent abolies beaucoup d'in-

novations en impôts et droits fiscaux contraires

(1)

Pelschewi,

fol.

150; Aali.

,

,

LIVRE XXXI. à la loi (1). fut levé

;

Au commencement

d'avril le

mée pour

aller

occuper

le

poste de

l'ar-

Kaimakam

Constantinople. Le 15 mai, à Amid,

à

camp

l'eunuque Ibrahim-Pascha quitta

il

y eut

un divan général de l'armée, dans lequel on ne vit point

,

selon l'usage

pire, les vesirs

,

,

les

colonnes de l'em-

kadiaskers, defterdars et nis-

med,

ramanie; à

la

de Rumili.

On

Karsz, place frontière. la

que

les

gardes du

avec bienveil-

Ismail.

pour

de

phète,

de reprendre les armes contre les ennemis de la foi et de l'empire, les Persans, et de les porter jusque dans leur pays. Vieux jeunes versèrent des larmes et s'écrièrent

et «

Avec

joie

:

nous marcherons sur l'ordre du pa-

dischah, non-seulement jusque dans l'Inde et la

Chine, mais encore jusqu'au mont Kas

(2). »

La

De



Suleiman adressa

que l'on a pu déjà conde son père Selim au schah « Qu'en vertu disait en résumé

Il lui

des fetwas,

lance, s'enquit de leur situation, puis leur parla la nécessité

troupes

tion au schah Tahmasip, de ce ton offensant

naître par les défis

les accueillit

les

déclaration de guerre en forme de provoca-

de ce style injurieux

Le sultan

droite, se mitlc

se dirigea, dans cet ordre, vers

janitschares,les agas, kiajas, serdars, colonels,

corps.

l'aile

gauche, se rangèrent

chandschis, mais où parurent les officiers des capitaines, comptables, ainsi

A

a l'avant- garde.

prince Selim avec les gens d'Anatoli et de Ka-

que

,

:

marchait contre

il

anéantir; que, selon

les il

la

du pro-

présentait l'islam avant le cimeterre;

schah pouvait accepter

le

hérétiques

les

parole

mais que, dans

la foi

cas contraire,

le

pas reculer lâchement devant

orthodoxe,

ne

il

le fer

fallait

qui serait

pour l'exterminer, suivant le texte du Konous avons tiré le fer pour manifester notre colère (1). » La déclaration de guerre fut tiré

ran

:

marche se poursuivit par Erserum, Tschabakt-

mise à exécution par

schur, et le bras principal de l'Euphrat e (Murad),

fertiles

là de la poudre fut distribuée à l'armée. A Toptschairi des prisonniers kurdes s'échappèrent. A Ssuschehri, dans une

Schuregil, Scherabchane. Nilfirak, furent dé-

vers Karghabasari

:

,

la

désolation des belles et

campagnes de Nachdschiwan et d'Ériwan, et de la délicieuse contrée de Karabagh. vastés

-,

à

Ériw an

,

les palais

du schah

de ses

et

plaine bien arrosée, l'armée fut mise en bel

fils

ordre de

des queues de renard descendant des casques, de longs éperons de fer , d'énormes

nije détruit. Le 24 juillet 1554, on fit halte à Arpa -Tschairi le lendemain sur les rives de l'Araxe, à Karahiszar, les troupes de Karamanie tombèrent dans une embuscade et les Persans leur firent subir quelque perte. Le bon pays de Karabagh fut épuisé: ce que l'on ne put emporter, on y mit le feu à Nachdschiwan il ne resta pas pierre sur pierre. La destruction se promena sur un cercle de cinq jours de marche.

boucliers, des brassards bleus

Des éclaireurs

fer,

nouvelle que

bataille.

Le grand vesir Ahmed

et le

second, Ali-Pascha l'eunuque, rivalisèrent de luxe et de magnificence se

dirigeaient

sur

les

;

mais tous

armes

les

regards

étranges des

troupes de Rumili, avec lesquelles

beglerbeg

le

Mohammed-Sokolli vint joindre l'armée: on leur voyait des peaux de léopard tombant par-dessus les épaules,

, des gantelets de des drapeaux rouges et blancs, et même des chevaux peints (3). Six jours après le prince ,

Sultan-Selim organisa sa marche avec l'armée d'Anatoli, commandée par le beglerbeg Ah-

med-Pascha ,

et les troupes

Sulkadr, ainsi

de Karamanie et de que des begs turkmans, sous

ordres d'Haider-Pascha. Les liommes de Sulkadr et de Sivvas furent placés a l'arrièreles

garde;

Damas,

(1)

les les

beglerbegsd'Erserum, Diarbekr et paschas Ajas, Iskender et

Petscbewi

,

fol,

Moham-

i3)

,

fol.

;

,

,

,

;

et

le

transfuges ayant rapporté

schah

était

retranché dans

la

les

montagnes de Lor,

et le pays, tout alentour, ne présentant qu'un vaste désert désolé par le

fer et le feu, la retraite fut résolue.

de Bajesid,

le

6 août

,

Au

château

un sipahi prisonnier ap-

porta une lettre du schah en réponse au défi

du

Le schah, y était-il dit, exercera des représailles par le ravage de vos terres. Votre force nVst point dans la lance et l'épée vous vous confiez aux fusils et aux canons, vous manifestez votre valeur par le pillage et l'incensultan.

«

,

102.

Limite extrême et fabuleuse delà terre d'après idées des Orientaux. (2)

Petscbewi

furent rasés, le magnifique jardin de Sulla-

103

,

d'après Aali.

les

(1)

La

lettre

est

journal de Suleiman

donnée pai n° xxxvm ,

modifications dans les terme?.

Pelschewi et le mais aver quelques

Aali ,

,

,

HISTOIRE DE I/EMPJRE OTTOMAN.

86 die; néanmoins

ce

même

paix est

la

En

préférable.!)

que

lieu, parvint la nouvelle

beg

le

turc d'Amasia, Sultan-Ilusein, qui ayant poussé ,

de Meragha

ses courses dans le canton

Sehed

,

s'était

du Kurdistan,

capitale

et

de

ensuite établi à Tachti-Suleiman, avait été battu, et qu'un

paix, la bienheureuse Porte est toujours ouverte

aux amis

et

aux ennemis;

sincèrement

paix

la

ils

,

doivent envoyer, non

pas quelque misérable employé, mais un diplomate recommandable si telles ne sont pas leurs intentions, les Ottomans resteront l'hiver sur ;

autre des principaux begs kurdes avait disparu.

les frontières, et les désastres

Alors aux hostilités succédèrent des disposi-

beront sur

que pour cela se maun esprit de courtoisie. Une correspon-

tions plus pacifiques, sans nifestât

dance par

s'engagea entre

lettres

les ministres

persans et ottomans. Le grand vesir écrivit premier. Relevant les reproches de lettre

de schah

disait

il

,

quel côté on a tremblé

la

le

dernière

On sait fort bien de maintenant que l'on «

:

;

Derrière l'Araxe,Ferhad-Beg, sandschakbeg de Kirkkilise, remporta quelques avantages sur l'ennemi; à Konludscha, Turachan-Oghli-Omer-

Beg

obtint aussi des succès. Lorsque l'on eut

Perse sont encore obscurcies par l'ombre des drapeaux victorieux des Ottomans; si les Per-

bekr

combattre,

les

Ottomans

campagne pour

seraient prêts à les

repousser, sans fusils, ni canons, en maniant

simplement lettre

,

la

lance et l'épée.

adressée

,

comme

Une seconde

»

précédente

la

ottoman aux ministres persans

vesir

,

par

,

le

et por-

par un prisonnier persan, répondait de

tée

point en point à

verneur parlait

missive envoyée au gou-

la

d'Erserum

de

la

Ajas

-

comme

paix,

sirée d'abord par les

Pascha si

,

laquelle

dé-

elle eût été

Ottomans. La

lettre

com-

mençait par repousser cette prétention des Persans A représenter fait les

les

premiers pas pour

on

comme

Turcs

pont de Tschoban,

le

campé

à

et

Hasaukalaa

de Wan,

les

,

ainsi

que

et

fut

l'on

beglerbegs de Diar-

que

begs Kurdes, re-

les

çurent des vêtements d'honneur,

et

furent ad-

misau baise-main. Les tètes envoyées par SoltanHusein, beg d'Amasia, de Tachti-Suleiman, capitale

du Kurdistan plantées sur des ,

rémonie

lances,

comme ornements de cette cé-

furent exposées,

au bruit des fanfares de la musique [8 août 1554]. A la nouvelle que le

,

de l'armée

schah avait enlevé quelques châteaux de Géorgie le grand vesir reçut ordre de se mettre en ,

marche, de Saslik, contre

lui

,

avec quatre mille

janitscharcs, toutes les troupes de Rumili natoli et

,

d'A-

de Karamanie; mais, dès Olti, l'on

apprit la retraite

Cependant

ayant

la paix, à laquelle

des sujets retom-

des gouvernants...» Ajas-

tète

Perse.

passé

sans osaient paraître en rase

la

Pascha répondit dans le même sens et du même ton à la lettre qu'il avait reçue des begs de

de Nachdschirwan, le chakal vient bravement dans la forêt. Les contrées de la

s'est retiré

Persans désirent

si les

,

du

les

schah.

troupes de Bagdad et de Lo-

ristan avaient conquis les

deux

districts

kurdes

la citation

du texte du Koran faite par le PerQuiconque tue un fidèle est plongé pour jamais dans l'enfer. » Ahmed disait « que ce

de Schehrsol et de Belkasz, ainsi que les châteaux en dépendant, ce qui avait déterminé la sou-

san

mission des begs du Kurdistan.

A

rut enfin l'ambassadeur persan

investi

principe était vrai à l'égard des fidèles

voirs réguliers tels

d'ailleurs

:

au sujet de

était disposé; puis,

«

;

mais

que dans ce nombre ne pouvaient être comptés les Persans qui du haut de leurs chaires ,

maudissaient

les

compagnons du prophète

,

les

ainsi

premiers chalifes. Si ceux qui agissent ne sont pas des mécréants, à qui donc ce

titre

pourrait-

trois

doctrine

il être donné ?... La vérilable mahométane compte maintenant neuf

cent soixante années

peine d'un demi

siècle.

des grandeurs et de l'a

;

l'hérésie

la

. .

persane date à

Quant à

puissance

,

l'instabilité

le

padischah

toujours devant les yeux, et n'a pas besoin

qu'onla lui rappelle

..

Enfin en ce qui concerne la

man et

et ses vesirs

,

Erserum pade pou-

demandaient Suleiporteur d'une lettre digne

que

et

,

les

convenable [26 septembre 1554]. C'était

kurutschi-katschar, ou capitaine des gardes

corps du schah, nommé Schahkuli, qui

le

du

sollicitait

une armistice dans une audience solennelle. On accorda cette suspension des hostilités pour tout le

temps

qu'elle serait observée

Persans. Quatre jours après

Erserum

:

vingt marches

après douze autres,

il

le

,

le

du côté des

sultan quitta

portèrent à Siwas;

atteignit Amasia,



Au printemps parut dans cette dernière ville, comme plénipofurent pris les quartiers d'hiver.

,

LIVRE XXXI. du schah

tenliairc

(

I

,

)

son grand maître des avec

cérémonies, l'ischikaga Ferrtfchsad-Beg

,

des présents magnifiques et une longue lettre, qui, aptes de grandes louanges à Dieu, au

prophète

et à Ali

rappelait

,

une

de sen-

infinité

tences arabes et de protestations de paix

,

et

fi-

par demander que les pèlerins persans

nissait

pussent se rendre sans trouble vers les lieux consacrés de l'islam. L'ambassadeur fut comblé

de marques d'honneur

et

de présents on ré;

à la lettre de son maître par une autre moins pompeuse, mais allant plus droit au but. Dans cette pièce, tout honneur était accordé à l'imam Ali; mais en même temps on faisait observer qu'il ne fallait point pour cela dédaigner les autres compagnons du prophète, car celui-

pondit

a dit

ci

:

«Mes compagnons sont comme

les

en suivant l'un d'eux vous avez une bonne direction. » Quant à la paix elle serait avec la volonté de Dieu, maintenue aussi longtemps que les Persans n'y porteraient point atétoiles;

,

mane

Mecque

frontière otto-

et à

la

pèlerins

musulmans

Médine. Cette lettre est

la

première paix formelle conclue entre ;

car, depuis

fondation de

mail

,

les

la

,

armes ne

un demi-siècle

et la

à la

base de la ,

Perse

depuis

de Tschaldiran, sans que d'aucun côté

bataille

des rapports de

Porte avec l'Au-

la

de la Transylvanie, il est nécessaire de reprendre les efforts pacifiques de Ferdinand à partir du siège d'Erlau, au moment où nous avons quitté les événements de triche, et à l'égard

Hongrie [24 août 1552]. Avant la conquête de Temeswar, Ferdinand avait écrit de Linz au grand vesir Rustem, demandant le renvoi de Malvezzi et un sauf-conduit pour deux envoyés qui devaient aller avec des présents

nople négocier

De

la paix.

à

Constanti-

prison de

la

la

Tour-

Noire.Malvezzi avait été transféré dans le château

des Sept-Tours, où

la

somme

fixée

pour son en-

tretien quotidien fut portée de 15 aspresà 30(1).

Une

lettre

même

de Suleiman avait

justifier la violation

prétendu

du droit des gens commise

par l'incarcération de l'envoyé

,

en soutenant

choses à une conclusion pacifique à Constanti-

do voyage des

Porte

Persans. Pour ne point laisser de lacune dans l'histoire

s'étaient reposées qu'après la

sécurité

et la

;

dynastie Ssaffi par Schah-Is-

la

écarteraient toute cause de désaccord

emploieraient tous les moyens pour garantir

la

également de négocier la paix mais ces envoyés chrétiens ne furent point aussi heureux que les

que ce représentant de l'Autriche avait été retenu comme otage, et en garantie de la conduite pacifique de Ferdinand. Au printemps qui suivit la levée du siège d'Erlau Ferdinand nomma deux ambassadeurs, Verantius et François Zay, de Gratz le premier fut envoyé à Ofen avec Paul Palyna à l'effet d'obtenir auprès du pascha un armistice de quelques mois durant lequel les ambassadeurs pourraient mener les

Les commandants de

teinte.

,'7

donnée une assurance pacifique, et les deux empires étaient en face l'un de l'autre dans une fut

altitude hostile, tout prêts, à

la

première occa-

,

:

,

,

nople

(2).

L'eunuque Ali

,

alors sur le point

remettre son gouvernement à son successeur, accueillit

d'abord fort rudement

;

de les

mais ensuite,

adouci par un présent de 1,000 ducats,

il

pro-

reli-

mit de soutenir leur demande à Constantino-

gieuse qui sépare les sunnites et les schiites. Le

ple (3). Voulant singer les usages pratiqués à

sion

,

à signaler

29 mai

,

dans

anniversaire

Conquérant fonda Europe par

man

la

le

sang cette haine

du jour où Mohammed

le

domination ottomane en prise de Constantinople Sule|la

,

affermit sa puissance en Asie parle pre-

réception des ambassadeurs à Constantinople,

la



les vesirs

d'Ofen

siègent dans

s'était

divan,

de Gran, Hatwan, Neograd

mier traité de paix conclu avec les Persans, à

mistice ne fut accordé par

\masia.

mois

En même temps, parut alors à Amasia une imbassade du roi Ferdinand, composée del'ét'èque de Funfkirchen du savant et habile di)!omate Anton Wranczy du capitaine général le la marine danubienne François Zay et du laineux Néerlandais Auger Busbek: il s'agissait

le

,

et les

le

beglerbeg

entouré des quatre sandscliakbegs

la

et

Weszprim.

L'ar-

Porte que pour si*

deux ambassadeurs eurent mission

de se rendre à Constantinople, où des instruc-

,

,

l

(1)

Relazione di Angelo Rohaiu (secrétaire de Mal-

vezzi), dans les Archives impériales.

,

(2)

lustructio pro Ani.

Palinia

;

Gratz

,

le

Veranlioel

(3) Relalio Verantii el Pauli lilterati (t)

BuRbek,

ep.

i.

dans

les

l'aiilo lilterato

de

13 mars.

Archives impériales.

sur cetle mission

,

II1ST0IRK

88 lions

communes avec

geaient d'acheter nir

la

celles

paix

la

de Malvezzi

Hongrie tout entière,

les

char-

pouvaient obte-

s'ils

:

L'KMPIRE OTTOMAN.

l)K

promettraient

ils

gens par

les

Hongrois qui avaient coupé

nez

le

envoyé par Suleiman après son avènement au trône. Les repré-

et les oreilles à l'ambassadeur

150,000 ducats annuels; mais seulement 40,000 pour la hante Hongrie et la Transylvanie (1).

sentants autrichiens répondirent qu'ils avaient

Le 26 août

partenait pas à Ferdinand

arrivèrent à Constantinople, au

ils

,

moment où Suleiman Le lendemain tem;

med

le ,

ils

grand vesir Rusautres vesirs, Ah-

visitèrent le

jour suivant,

Ibrahim

pour Alep.

partir

allait

les trois

Haider

et

et le troisième

,

parurent en audience solennelle devant tan, qui daigna parler lui-même

,

ils

le sul-

en demandant

au grand vesir comment cette paix pourrait être accordée

(2).

Cette audience

prompte,

si

ils la

bien entendu parler de ce fait; mais qu'il n'apsous

le

règne du

Transylvanie, au mépris de ans

Dans toutes

les vesirs réunis

les

conférences avec Rusteni et

dans

le

divan

sentants autrichiens n'osèrent pas seule fois

la

Transylvanie

seulement, leur dit-on,

le

:

,

les repré-

nommer une

à cette condition

base,

pour

conclusion de

la

de

la cession

paix sur celte

la

Transylvanie à Zapolya,

la

Malvezzi devait se rendre à Vienne, et pendant ce voyage les deux autres envoyés resteraient à Constantinople.

On

rédigea

le

plan d'un re-

nouvellement de la paix pour cinq ans, en vertu duquel, en raison de la perte subie dans la dernière guerre en Hongrie, le présent annuel de 30,000 ducats était réduit de moitié, et il était établi

que

paysans dépendant de Szolne supporteraient pas de plus grandes charges qu'avant la conquête de la première et le siège de la seconde de ces deux pla-

nok

les

et d'Erlau

Ces points furent

nom de

s'ils

recherchaient aussi

l'empereur Charles;

qu'ils agissaient

nand, mais

seulement pour

,

n'accédât volontiers au traité

Zay

Neuf mois

premier. La maladie qu'il avail contractée dans les

cachots de la Tour-Noire et des Sept-Tours

une cause

était

réelle

,

prétexte spécieux pour tour. D'après

et fournissait aussi

une lettre adressée d'Alep,

de

mais qui ne parvint à Vienne qu'au mois

de mai,

à la fin

de ce mois Malvezzi reçut des longuement

instructions dans lesquelles étaient

développées

de

man

les

raisons de

Transylvanie

la ,

,

la

possession légitime

et réfutées celles

qui les appuyait sur le droit

Tandis que Malvezzi

de

Sulei-

du sabre

faisait ses préparatifs

(2).

de

départ, et qu'il était ensuite arrêté au milieu de

une maladie grave,

il

y avait eu de

fréquentes atteintes portées à l'armistice du côté la

mission de Ve-

nie, avec Murad et Malkatsch, begs de Klis et de l'Herzegowina, avaient porté le fer et le feu aux alentours de Warasdein; mais, près de Kris,

procha aux envoyés

durée

la violation

:

du

ainsi

il

ils

re-

droit des

sur le chemin des bains de Constantin, surpris

par Nicolas, comle de Zriny, avec Instructiopro Verantio, Zay elMalvezzio

;

Actio Antonii

(1)

Francisci

,

Malvezzii, oratortim S. an. 1553

,

I.

Zayi

et

Joannis-Mariae

R Majestatis apud prinripeni .

mens, auguste-

;

Katona.

les

troupes

Vienne,

13 juin 1553.

Turcarum.

fin

février,

Quelques discours de Rustem rappe-

reposaient sur une base plus vraie

(1)

un

un retard dans son re-

rantius et de Zay, Ulama, gouverneur de Bos-

la

laient les propos orgueilleux d'Ibrahim; mais

(1)

s'é-

de

préalablement on n'arrêta que l'armistice.

Ferdi-

(1).

restèrent à Constantinople.

des Turcs. Antérieurement à

et

le roi

coulèrent avant que l'on pensât à renvoyer le

encore différée jusqu'au retour de Malvezzi

,

paix

Malvezzi alla donc à Vienne; Verantius et

sa route par

traités, le

la

répondirent

aucun doute que par amour pour son frère,

29 août, dans un jardin du faubourg de Chalcédoine, avec le grand vesir; mais la conclusion définitive fut ces.

ils

qu'il n'y avait

l'Empereur Charles

sultan était prêt à

consentir à la paix. Afin de rapporter les instructions

trêve de cinq

gagné; Temeswar, Szolnok, Lippa et même Becse nous ont été rendus par le ciel. Rustem au

avec

la

vous avez encore beaucoup plus perdu que

,

demanda encore

tari.

en puni-

c'est

de ce crime, dit Rustem en se tournant vers Zay, que vous avez perdu Relgrad, le roi et le royaume; et naguère, pour avoir pénétré en

en effet,

lendemain matin, se rendit à Sku-

Mais

tion

devaient au départ prochain du sultan, qui, le

et qu'il s'était passé

,

roi Louis.

Rapport des

trois

ambassadeurs, dans

les

Archives

impériales. (2) Instruclio pro Malvezzio, Veranlioet Zay; Vienne, 22 mai 1554, dans les Archives impériales.

,1

lî'jty i|

WfJ

,,

LIVRE XXXI. hongroises riens,

il

,

David Ungnad à

et

fut défait, et son

fils

Jean Marbez. Pour venger

la

des Sty-

sans relâche les envoyés de la reine Isabelle et

Dschafer tué par

dePetrovich. Ceux-ci, introduits par l'interprète

la tète

mort de ce

Chasma mais Pierre Erdœdy

attaqua les châteaux de

fils

,

il

Werœcze

,

Dorobra; et Georges Zluny descendirent la Save avec trente bâtiments appelés tschaiks ou nassades et Marc Tomasovich enleva et saccagea les châteaux de Gradisca et de Velika (1). Une expédition beaucoup plus importante par ses consé,

I

1

Mahmud rent

la

(le

renégat allemand)

reine et son fils à

recommandè-

,

protection de Suleiman,

la

et demandèrent la restitution de Lippa, Solymos,Csanad, Csailyath, Fenlak, Nagylak et

Szolnok, à

la

Transylvanie

;

présents qu'ils

les

apportaient en riches étoffes de soie valaient

800 ducats. Deux interprètes, had et l'Allemand Mahmud,

le

Hongrois Fer-

et

le

tschausch

quences fut la surprise, dans l'année suivante, de la forteresse de Fulek formée de deux châteaux au-dessus l'un de l'autre. Les ouvrages

fen et de

inférieurs renfermaient des souterrains

reine Isabelle comme prince enTransylvanie(1

,

:

Sf>

où se

trouvaient des citernes, une poudrière et des cachots.

Tout récemment Fulek avait ,

encore par

fié

Par

la

dans

le

manœuvre d'un

le

été forti-

possesseur, François Bebek.

prisonnier turc renfermé

château supérieur,

le vaillant

Hamsa

sandschakbegde Szecseny qui n'avait été relâché sous rançon que l'année précédente par les ambassadeurs se rendant à Constantinople, occupa la formidable position. Bebek Balassa et Pereny amenèrent bien vite des troupes mais il ,

,

;

était trop tard.

Durant quinze jours

,

le

château

inférieur se maintint encore, quoique foudroyé parl'artilleried'en haut mais il tomba aussi entre ;

les

mains des Turcs, lorsque

le gouverneur

d'Ofen,Tuighun-Pascha,futarrivéavecdesrenforts. Le pascha d'Ofen représenta l'entreprise

comme une juste

contre Fulek

de la surprise d'Hollokoe, prétendant avoir chargé le sandschakbeg d'Hatwan et celui de Stuhlwieiszemburg de rétablir

le

représaille

En même

repos.

temps qu'éclataient ouvertement les hostilités en Hongrie, les travaux des Turcs se poursuivaient en Transylvanie

un

tournait pas

,

et

Suleiman n'en dé-

instant ses regards.

Depuis

Urudsch, partirent avec

de Petrovich

l'assistance

,

la

long-

Malvezzi, alors expirant, et qui bientôt après

mourut à Komorn,

fut

nomméle Néerlandais Au-

ger Busbek, qui reçut des démonstrations bien plus développées que jamais des droits de Fer-

dinand

à la possession

de

la

Transylvanie dans ;

instructions rédigées pour lui et ses

les

deux

collègues, après toutes les preuves de légiti-

mité, on produirait d'obtenir la

s'il y avait lieu, la prière Transylvanie comme un présent de

la

,

générosité de Suleiman

("2).

Le 10 janvier

1555, Busbek arriva à Constantinople, où

Ibrahim occupait

le

ve-

du kaimakam, déposé en même temps que son frère Rustem celui-ci avait ordre de faire parlirlcs trois amsir

la

place

;

bassadeurs pour Amasia, où Suleiman passait l'hiver.

Ce voyage diplomatique

a été

rendu

fa-

meux par les lettres de Busbek (?>) et par la découverte du monument d'Ancyre, de l'époque d'Auguste

(4).

mieux

accueillis qu'ils apportaient

cats et

de

Ahmed

Les ambassadeurs furent d'autant

la vaisselle

demanda

leur

Ils ,

la

et

10,000 du-

d'argent richement dorée. si

c'étaient des présents

répondirent que

que

les

la vaisselle

ducats formaient

Transylvanie

(5). Ils se

le

plaigni-

rent desviolationsmullipliéesderarmistice,que (1)

Rap. des ambassad., dans Kalona,

(2)

Exemplum

A. D., 1554 (3)

(1 )

).

de Suleiman en

et

ambassadeurs Verantius et Zay combattaient

IstuanS

la

si

tribut pour

des lettres du sultan; il en fut adressé aussi d'Alep (2). A Constantinople, les

de

place de

à toutes les villes

des missives

et les victoires

fils

temps retardé des ambassadeurs. A

ou un tribut. était un don

aux États et aux nobles du pays, de temps en temps se succédaient encore

installer le

Perse devaient faire presser l'envoi

que, deux ans auparavant, un tschausch, au nom du vesir Ahmed, avait parcouru la Transylvanie avec des fermans menaçants adressés ,

desbeglerbegs d'O-

et

Temeswar pour

Ces mouvements

mission d'appeler

la

1.

xii

,

(2) D'Alep, en dale

dans Katona I. du 7 avril 1554

un

,

,

à

,

1.

xxn,p. 565. Turcarum

inslructionis ad principem

Augerii Gislenii Busbequii legationis turcicse epis-

tolae quatuor. ,

p. 450.

Kendy, Dobo

(4) Antiquitatesasiatitte, accedit

ranum par ,

rt autre*.

(5)

,

die 23 novembris.

E. Chishull; Londini

,

monumentum

ancy-

1728. p. 165.

Rapport d'ambassade de Busbek, du 14 août 15i5.

L'E M PIRE

HISTOIRE DE

90

aux pieds

s'étaient plu à fouler

le

noir

Hamsa,

donné

OTTOMAN.

à l'aga

des janilscharcs

.

Pertew, dont

la

parrcnlèveinentdeFulck;Arslan,sandschakbeg

place était passée à Iskender-l'ascha. Les pays

dcStnlilweiszrnhurg.parl'inccndicdcPalota-.lc

placés sous

sandschakbegde Weszprim, par les ravages du pays au-dessous de Pato et de Soralyo; le commandant de Gœrœsgal, par des courses au-dessous de Szigcth et de l'aezod celui d'Hâte an, par des sorties du côté de Poroszlo et d'Erlau d'autres officiers encore, par l'attaque de Csobanez, Tihany et Olohvar (1). Malgré ces

mée,

plaintes, et tant de raisons exposées par écrit

schko

;

;

le

protectorat de la Porte, la kri-

Valachie et

la

Moldavie, virent aussi

la

des changements de princes dans nières années. Mirtsche,

les trois der-

woiwode de

Valachie,

comme

après avoir siégé pendant huit années

premier dignitaire parait

fut

,

soupçonné, à ce

de sentiments trop favorables

,

nand déposé ,

,

nommé

et à sa place fut

qu'il

à Ferdi-

Petra-

pour démontrer plus complètement encore que

de Radul [24 février 1554] (1). L'année suivante. Alexandre, prince de Moldavie,

dans

perdit aussi sa situation, parce qu'il l'avait ob-

les instructions la

priété, et quoique,

Suleiinan

,

ils

légitimité

de

pro-

la

pour le cas de la concession par

promissent à ce monarque 80,000

ducats, à sonécuyer très-influent, 20,000

,'

et

aux troisvesirs, 14, 10et4,000ducats,selonleur rang (2), ils ne purent obtenir rien autre chose qu'une trêve de

six

mois

une

et

lettre

man pour Ferdinand, que Busbek

de Sulei-

devait porter,

fils

,

tenue par l'influence polonaise

mais

Krimée vité

:

,

lui

une réponse favorable

immolés

«Nous

l'espérons», ré-

du schah furent présentées en même temps dans un divan solennel par les ambassadeurs venus pour solliciter la paix. Le Persan réussit dans sa mission mais les Autrichiens durent ajourner leur succès. Le jour même du départ ;

de l'envoyé de Perse Verantius , Zay et Busbek quittèrent aussi Amasia. Les deux premiers ,

s'arrêtèrent à Constantinople;

Busbek

prit la

redouter

le

furent frappés encore trois

enfants

fils (3),

de Dewlet-Girai qui à la place d'Emin-Girai, nomma Ahmed-Girai pour kalgha; à partir de ce moment, Dewlet-Girai régna vingt-sept ans, et se montra ennemi reà la cruauté

doutable des Russes

,

(4).

Ssahib-Girai avait été

de Kipdschak de la famille de Dschengis. Iwan Wassili, conquérant de le

dernier chan

Kasan

et d'Astrachan, prit alors l'ancien titre

asiatique de czar.

Le

1

er

août

le

sultan entra dans sou nouveau

De

troisième

palais de Skutari.

Des envoyés de Venise, de France et de Pologne étaient venus présenter au sultan des féli-

vesir,

citations sur les triomphes

cantons de Salonique et de Jenitschehr

(4).

neveu

espérait n'avoir plus à

route de Vienne avec une lettre de Suleiman.

de sa campagne

la

comme rival à Constantinople, avait comme on l'a vu, renversé lui-même. Avec

son discours , l'espoir de rapporter de Vienne :

Dans

choses avaient beaucoup de gra-

Ssahib-Girai, qui, en proposant son

été,

Les offrandes de Ferdinand et

les

pourchan d'Astrachan,

pour revenir ensuite avec de nouvelles instrucA l'audience, Busbek exprima, dans

le sultan.

à

parvint à se faire donner une confirma-

il

tion nouvelle [25 octobre 1555] (2).

tions (3).

pondit

mandé

et fut

,

Constantinople pour répondre sur sa conduite;



il

Mohammed-Sokolli

expédia ,

le

avec trois mille ja-

nitschares et quatre mille cavaliers dans les

nom de Mustapha,

,

où un déplo-

la conclusion de la paix avec les Persans, Suleiman se mit en route

rebelle, prenant

d'Amasia [21 juin 1555], où il avait accordé, en récompense de leurs services récents aux

dix mille

hommes sous ses drapeaux.

le retour

de Suleiman d'Amasia

possesseurs de fiefs de différents degrés, des

verneur d'Andrinople, avait envoyé contre ces insurgés un de ses agas et le sandschak-beg

Trois semaines après

,

augmentations de solde, et conféré au beglerbegdeRumili, Mohammed -Sokolli, la dignité de vesir; le

gouvernement de

la

le

rablement mis à mort

,

avait entraîné

le prince,

,

,

(2) (3)

Rapport des trois ambassadeurs, eu italien. Rapport de Busbek du 14 août 1555. Busbek , ep. i.

(4) Dschetalsade

français Mondeni*.

,

,

fol.

318,

gou-

la famille

Rumili avait été ad Ferdinandum, Constantinopoli, apud katona 1. xxn p. 556. Jbid., 23oct. 1555, apud Katona, l.xxu, p. 760. Dans les Sept étoiles errantes fol. 68. /*id.,Dschenabi, Nochbetet-Tewarich et He6ar

(1) Ep. Veranlii (!)

environ

Déjà, avant

Mohammed -Chan de

de Nicopolis,

si

nomme

l'ambassadeur

l,i; (2)

(3) (4)

fenu.

Ma il. 1554

,

,

,

,

LIVRE XXXI. Sulkadr. Le prétendant au trône avait

un marchand de étudiants volailles

pour livra

volailles

pour vesir,

kadiakers.

nommé et

deux

Le marchand de sandschakbeg

son sultan au

de Nicopolis, qui l'expédia au vesir Sokolli, et celui-ci adressa le prisonnier au sultan. La trahison du marchand de volailles fut récompensée par un bon

fief,

et le faux

Mustapha

fut

pen-

du

91

Son supplice étouffa

la guerre civile: de Suleiman, dans un corpsmaladifet fatigué, était agité par des terreurs que provoquait sans doute dans la con-

(1).

mais

l'esprit vieillissant

science paternelle

ment (t)

le

spectre d'un

sacrifié.

Petschewi,

fol.

114.

fils

injuste-

,

LIVRE XXXII. — ACHEVEMENT ÉPOUSES. — MORT

SUPPLICE DU GRAND VESIK AHMED-PASCnA ET RÉINSTALLATION DE RUSTEM.

DE

LA SULE1MANHE ET DAUTRES MOSQUÉES DE CONSTANTINOPLE ÉLEVÉES PAR SCLEIMAN.— COR-

RESPONDANCE COURTOISE ENTRE LE SULTAN, LE SCHAH ET LEURS DE RELATIONS AMICALES ENTRE LES USREGS ET LES OTTOMANS. GUERRE DE HONROXELANE. GRIE. SIÈGE DE SZIGETH. DESTRUCTION DE BAROCSA, PRISE DE TATA. IRRUPTIONS EN BOSNIE ET DANS LA CARNIOLE. AMBASSADES DE FERDINAND ET D1SABELLE. AGENTS DU ROI D'ESPAGNE ET DU DUC DE FERRARE A CONSTANT1NOPLE.— CAUSES DE GUERRES CIVILES. — BAJEOU APRÈS UN ÉCHANGE D'AMBASSADES IL FINIT PAR ÊTRE SID BATTU SENFUIT EN PERSE ,















,

MORT AVEC

MIS A

,

,

SES FILS.

Déjà, dans le livre précédent, on a contemplé

une

triste

leiruan

de Su-

caractère

condescendance pour une épouse

sa

:

du grand

face

bien-aimée

qui dégénère en faiblesse sa rigueur contre un fils trop cher aux janitschares, qui devient de la cruauté maintenant nous allons voir ces deux défauts, joints à de la dé,

,

;

loyauté, obscurcir encore l'éclat dont

Sans doute

brillé.

lutte fit

longue

et

étrangler

nesse

,

le

il

avait eu

avait

une

à soutenir

pénible en lui-même, lorsqu'il

compagnon des jeux de

de son âge mûr

l'ami

il

sa jeu-

l'instrument

,

si

puissant de son gouvernement, son beau-frère, ce

grand

vesirsi redoutableet

cher, Ibrahim,

si

au mépris de ses serments donnés dans

Hadschi-Chalfa

fait, dit

auteur des Tables

,

chronologiques de l'histoire ottomane, pas déposé

Dans

tué. »

la

il

,

le

ne

il

l'a

plein exercice

de sa dignité, au moment où, un jour de divan, ilse rendait à l'audience du sultan, saisi et

décapité devant

il

fut.

d'audience (1) donna pour motif de

la salle

[28 septembre 1555]. On condamnation capitale,

cette

qu'il avait

voulu

pardescalomnies, enlever àl'ancien gouverneur

d'Egypte, devenu vesir, Ali-Pascha,

du

la vie. Voici

ser

la

faveur

sultan, et lui faire arracher sa dignité avec

:

A

comment

les

peine parvenu à

choses ont dû se pas-

la

l'empire, pour remplacer

première dignité de

un gouverneur

d'E-

tretiens intimes de ne jamais, quoi qu'il arrivât,

gypte, Ali-Pascha, appelé au poste de vesir homme joyeux bon vivant d'une énorme cor-

attenter à sa vie. Ses scrupules pour la violation

pulence,

de

ses parents

la foi

jurée furent apaisés alors par

les

la

en-

sen-

,

apparente, et que l'homme endormi présentait

sible l'excédant

ressemblance d'un mort

(

I

).

Sa conscience

dut être beaucoup moins agitée par

du grand

vesir

déposition de d'accepter

la

Ahmed

Rustem

,

qui, au

le

supplice

moment de

avait refusé

la

fermement

place dangereuse à lui offerte, et

n'avait fini par s'y décider qu'en cédant à

une

sorte de contrainte, et sur le serment solennel

de Suleiman de ne jamais

le

sor

du sultan

,

I.

îv

;

Venezia

.

Ahmed

es-

décesseur Rustem

qui enrichissait le trésor du moyens (2). Ali le Gros s'éà tirer tait borné, durant son gouvernement la somme annuelle accoutumée; Dukagin-Mo,

sultan par tous les

,

hammed

,

la

première année

,

l'augmenta de

déposer. «Dans le Petschewi fol. 115; Aali. Busbek,ep. i, s'étend longuement sur financier de Rustem. (2)

S3gredo

revenant annuellement au trévraisemblablement

:

pérait ainsi se maintenir au niveau de son pré-

(1)

(1)

envoyé au Kaire un de

,

avait

la

avait

Dukagin-Mohammed-Pascha, et lui donné l'ordre d'augmenter autant que pos-

tence d'u n légiste que le sommeil était u ne mort :

,

Ahmed

16S8

,

p.

221.

,

le

génie

,,

LIVRE XXXU. 150,000 ducats. Suleiman

des observations

revenus

les

,

et

répondit qu'il avait préféré administrer

celui-ci le

fit

dans

à Ali sur cette différence

pays suivant

que de

le

anciens règlements plutôt

les

ruiner à force d'extorsions. Néan-

moins, à Amasia, Suleiman

fit

suivre contre lui

une enquête dont lesrésultatsl'auraient perdu si en même temps n'avait été interceptée une lettre d'Ahmed à Dukagin, dans laquelle le vesir lui recommandaitdelever plus d'argent encore, si c'é-

93

construction de

mosquée dont

Suleimanije,

la

plus belle

la

fut décorée la capitale

de l'em-

pire sous la domination ottomane. Les travaux

avaient coûté plus de 700,000 ducats.

ment ne

le

de

diesse

Ce monu-

cède à Aja-Ssofia que par coupole

la

,

la

la

har-

magnificence des co-

la grandeur des souvenirs historiques; mais l'ensemble des constructions accessoires

lonnes et

tait

et les ornements d'architecture, en font une œuvre de premier ordre. La Suleimanije est la seule mosquée élevée par Suleiman qui porte

cette lettre

son

un moyen de sedéfaired'Ali. Celui-ci porta au sultan; de plus, tandis que Suleiman se rendait à la mosquée, une supplique lui

dans laquelle se trouvaient

fut présentée,

des plaintes mensongères sur d'Ali.

En examinant

couvrit que

le

les

oppressions

les

choses de près, on dé-

porteur de

la

supplique la tenait

elle avait été donnée par grand vesir. C'est ainsi que dans Constantinople on rapportait les motifs apparents du

d'un tschausch auquel le

supplice

tous les la

;

de sou père, de ses fils, de la sultane Churrem, et de sa fille, épouse de Rustem. L'achèvement de la Suleimanije et la réinstalde Rustem comme grand vesir furent considérés comme des événements politiques d'une si grande importance, qu'un ambassadeur lation

persan vint tout exprès pour offrir là-dessus

croyait à

des félicitations au sultan.

La véritable cause de

ruine du

tain

;

vesir était celle qui a

les

six autres, dont les frais furent tirés en de sa cassette privée, portent les noms

d'Ahmed mais personne ne

ces récits.

grand

nom

partie

la

donnée par

été

historiens ottomans contemporains et

auteurs de rapports européens

,

le désir

de

sultane russe de replacer son gendre à son

et

Il apportait un cernombre de lettres du schah pour le sultan pour Rustem du fils du schah le prince

harem

,

pour

de salutation

pour

Ires, le

moment, afin d'apaiser les murmures des janitschares irrités du meurtre du prince Mustapha, et menaçant de se soulever. Les intrigues du harem pouvaient arriver, sans trop d'efforts, au renversement d'un

homme

n'avait étéque provisoire

:

les

dont l'élévation

calomnies sur l'ad-

ministration d'Ali purent fournir un prétexte;

mais sur la véritable cause l'opinion fut unanime à l'intérieur comme au dehors de l'empire. Lors-

que plus tard Hasan-Pascha se rendit en Perse comme ambassadeur de Suleiman, le schah Tahmasip lui reprocha les supplices d'un prince tel que Mustapha, d'un grand vesir tel qu'Ahmed, comme les deux plus grandes taches du règne de Suleiman (1). Le mérite de la conquête de Temeswar et de l'enlèvement du camp persan n'avait pu balancer les intrigues des femmes et de Rustem, qui fut réintégré dans dignité de l'empire. L'été suivant fut

la

première

la

de la première

sultane Chaszeki. Les formules

la

et les titres

styledont

par leur

employés dans ces

elles étaient écrites,

pompe

épi-

formaient

l'exagération des éloges,

et

un contraste frappant avec le ton de la correspondance engagée durant la guerre. Après deux feuilles in-fol. de félicitations et de compliments en prose et en vers le schah s'adresse enfin au «sultan des deux parties delà terre, favorisé de ,

bienveillance divine, orné de lagràceduSeigneur, comblé des dons du Tout-Puissant au chakan des deux mers, nommé prophète de deux espèces de créatures des hommes et des la

,

,

démons etc..» 11 le complimente sur l'achèvement de la mosquée dont il n'y a point d'égale ,

sur la terre, et

le

remercie de

la facilité

mais assurée au pèlerinage de

la

désor-

Mecque. La

de Suleiman, beaucoup plus courte, comainsi «Seigneur de la majesté, ferme

lettre

mence

comme soleil

achevée heureusement

vesir;

épouse du schah, appelée eu Perse l'épouse du

ancien poste. Rustem n'avait été sacrifié que le

,

;

Mohammed, pour le grand

,

:

le

ciel,

qui s'élève brillant

environné de

doué de

l'autorité

l'éclat

comme

le

de Dschemschid

de Dira, de l'habileté de

Chosroes, du bonheur de Jupiter, possesseur (t)

Busbek

,

ep. î,

financier de Rustem.

s'étend

longuement sur

le

Génie

de

la

couronne de Keikobad

dun, schah du trône de



,

du trône de Feri-

magnificence, lune

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

94 du

de

ciel

puissance, qui arbore les bannières

la

de l'honneur

de

et

de

modération

la

la

et

fortune, qui étend

de

l'habileté, point

le tapis

du

lever

des étoiles des bonnes qualités, source et berceau des vertus, etc..»

Par

comparaison de ces

la

titres

avec ceux

que nous a conservés Agatias, dans la lettre de Chosroes-Perwis à l'empereur grec, on voit que le style de cour, en Orient, a peu changeait fond dans l'espace de mille ans; malheureusement

il

les conseils

comme

du monde

par Marie qui, ardente

,

Jésus, recouvre

ceinture nuptiale,

la

de

l'astre éclatant

perle brillante de

la

cou-

la

ronne de chasteté, par le voile de la purelé, image dérobée aux regards des profanes. » Le

Mohammed

prince

au grand vesir, en

même

s'adresse sur le

ton

de Sa réintégration dans sa dignité antérieure «Le bonheur a tenu ce qu'il avait promis et l'astre de la vicle félicitant

:

,

toire atteint le point d'où, grâce à

Dieu,

il

re-

ne nous reste des temps anciens aucune corres-

prend ensuite

pondance entre une reine de Perse et une impératrice grecque, pour établir des rapports avec les formes suivantes du style épistolaire du harem. Voici le début de la lettre de l'épouse du schah « Brillant joyau de la louange telle qu'elle s'élève des chaires du ciel, de la bouche des

tre couché, se relève de nouveau.» Le porteur de ces lettres et de ces présents était TubetAga serviteur vieilli daus les emplois de la cour de Perse, a laquelle il était attaché depuis un

:

anges qui jour et nuit louent le Seigneur, prière la plus tendre à laquelle Dieu prête l'oreille

parmi toutes

celles qui,

dans

cellules, surtent de la bouche

dans

actifs

temps,

le

les

les

mosquées

et les

des fidèles croyants

bonnes œuvres, ornement des

plus précieux de tous les bijoux,

sa course

demi-siècle

(1).

distingués dans les quatre académies attachées à ce

temple.

A

ces places de professeurs furent

des revenus plus considérables qu'à

affectés

toutes les autres, de sorte que

premiers rangs:

comme

rite avait déjà

comme

Marie, douée de

force vivifiante du la

gloire

femmes considérées comme des anges,

Kaidafa(4) des temps, les

la

par vos qualités attrayantes

soleil,

des

Ferengis (1), puissante comme Balcomme Suleieha (3), sans tache

noble

la

jours sont consacrés,

la

Niischabe a laquelle la

sultane Chaszeki.

»

pour le mérite de la construction d'une mosquée; lui envoie quelques exemplaires Elle la félicite

du Koran en présent espérant qu'ils seront recueillis pour un pieux usage dans la mosquée. Chaszeki répond «Perles des plus pures ,

,

,

:

,

dans

la

hiérar-

chie de l'enseignement, elles furent portées aux

choix

,

après s'ê-

,

Après l'achèvement de sa mosquée, le premiersoin de Suleiman fut d'installer des savants

douée de la majesté de Jupiter, environnée de l'éclat de l'étoile du matin, magnifique

kis (2)

car le soleil

,

soyez présentée à l'habitante des régions supérieures,

;

elles

y sont restées depuis. Le

du souverain tomba sur quatre

signalés par leurs ouvrages

procuré

la

,

légistes

auxquels leur mé-

protection

du savant

mufti Ebusuud et celle du grand vesir Rustem.

Deux d'entre eux avaient

été

précédemment Rustem à

attachés aux académies fondées par

Kutahije. L'un, descendant de Dschelaleddin-

Rumi, était

le

grand poète mystique des Persans,

Mohammed-Ben-Churrem, dont grand

la

glose

de métaphysique de Naszireddin de Tus, a été conservée en manuscrit de la main de l'auteur dans la bibliothèque attachée à la Suleimanije, comme un précieux au Tedschrid

,

traité

monument bibliographique

:

celui-ci eut l'aca-

couronne de roses que récitent les anges, coraux vaporeux des meilleurs désirs que produisent les pieux raoslims dans les mosquées soyez favorablement accueillies comme ornement du paradis par celle qui, douée de la

démie située au midi, du côté occidental de la mosquée; celle du nord fut confiée au grand savant Ali-kinalisade; les deux autres académies, du coté oriental, furent attribuées à Mi-

jeunesse des houris, delà vertu de Suleieha, de qualités prépondérantes, et de la force do-

du juge. Tous deux ont

minatrice de Darius, qui règle en souveraine

taux de

prières de

la

,

marsade,

fils

et des gloses

de

l'iirchilecte, et à

écrit

(2) (8)

(4)

Épouse de Siawusch fille de Cfrasiab. La reine de Saba. La femme de Putipbar. ,

La Kaudake des Grecs.

nom

à

le fils

marginales aux traités fondamen-

la législation islamite; le

s'éleva plus tard au poste (1)

Kasisade,

des commentaires

de mufti,

une mosquée fondée

(I) Ces lettres se

second, qui a

donné son

à Constantinople

trouvent toutes dans l'appendice su

journal de Suleiman.

,

,

LIVRE XXXII. et à

une

de lecture du Koran. La sultane

salle

Chaszeki,

longtemps à l'achèvement de son triomphe assuré par

à

comme grand

son gendre

le

réintégration de

la

par

vesir,

la

de

ses propres

un mausolée

Suleinianije, sous

la

même

année

mort de

vit la

dont l'influence avait été

particulier.

La

de kiptschak, qui, après

gleterre, et de l'empereur Charles V.

En même temps que l'ambassadeur persan porte de Suleiman

la

conquête de Sa-

:

,

schar. Aprèsqu'Ebusaid, petit-fils de Timur, eut

trois

été battu et tué par L'sunhasan, son

begs, souverain des pays au delà de l'Oxus,

Ahmed

maître de Samarkand et de Buchara.

mort de

de cette dynastie

dans des ténèbres

bée dans une

confusion

point encore été

n'a

même il

bien

de près

Schahi-Beg assiégea

quand

(1),

les

phases des

;

d'Ebusaid, souverain de Kabul

;

mais

Beg régna sur

les

la

dynastie des Lsbegs, en rapport

Après cet événement, Baher-Mirsa

d'affinité

si

étroite avec les

langue,

la

situation et la

religion,

et leurs alliés intimes contre les Persans.

Persans se trouvent entre rient

et les

,

peuples

Ottomans

à l'occident

de race turque

,

les schiites

la

à l'o-

deux doc



donc, par cette

naturellement ligués contre

foi,

persans

,

ces

;

professent

,

trine des sunnites, et sont

communauté de

Usbegs

les

Les

;

l'identité d'intérêts politi-

ques

les pousse en outre contre des voisins lont les domaines sont interposés entre eux.

La dynastie turque scheibani des Usbegs, au ielà

de l'Oxus,

s'éleva

au temps où

pSyS en deçà de ce fleuve

sent du

les

,

,

Ssaffi

dans

les

se saisis-

finit

par

pays au delà de l'Oxus jus-

mement

Ottomans, par l'ori-

il

rejeter celui-ci dans ses propres États. Schahi-

qu'à

la

la

le petit,

destinées des Ottomans, de connaître plus inti-

gine,

après

expulsé pendant trois ans par Baber, petit-fils

ne serait pas indispensable, pour

celui qui veut suivre

,

Sultan-

fils

et

dont

usage

fait

celui-ci

,

quelque mérite

à l'éclaircir avec des relations et des pièces il

avait succédé [1468]

,

tom-

elle est

grâce à des re-

,

lui

fils d'Ahmed Usta-Ali, fils de Mahmud dans Samarkand, l'attira dehors par des promesses, et le mit à mort [1504]. Dès lors, Schahi-Beg fut maître des pays au delà de l'Oxus il en fut

ou

,

qu'il y aurait

,

L'his-

est restée jusqu'alors

profondes

si

telle

cherches récentes

*

la

messagers, porteurs de lettres du chan des Us-

toire

petit-fils

,

tinées de la Hongrie; de la reine Marie d'An-

parurent aussi à

les

barbares.

markand, avait épousé la veuve du souverain du pays, Abdulasis-Mirsa sœur d'Ulug-Beg de laquelle il eut deux fils, Kudschkundschi, et Sundschak; une autre épouse lui avait donné trois fils Schah-Budak Chodschkumet Sand-

funeste sur les des-

si

de coupe, selon

qu'il lui servit

Schahi-Beg, filsdeSchah-Budak, était le

reine Isabelle,

la

orner d'or et de pier-

Fit

d'Ébulehair-Schah-Bacht ou Schei-Beg, chan

Elle fut ensevelie contre

fils.

crâne de

le

mœurs des conquérants

anciennes

successeur au trône, qui laissait les accès libres à l'un

pour

reries

mort du

de Merw:

bataille

la

trophée de cette victoire fut

Schahi-Beg qu'Ismaïl

Suleinianije, et

la

mention de

a déjà fait

Russe Churrem, ne survécut pas

la

Kabul il

malheureuse

la

,

et

fit

bataille

de

des progrès dans

la

Merw

11510].

de

sortit

contrée; mais

en fut chassé encore par Kudschkundsrhi

Kudschkundschi régna

oncle de Schahi-Beg.

vingt-trois années, durant lesquelles

souvent avec et

Tahmasip,

Il

combattit

les

et fut le

il

lutta

schahs de Perse Schah-lsmail

presque toujours victorieux.

grand vesir d'Ismaïl

,

l'émir

Nedschm-Sani, avec soixante mille hommes;

grand vesir

périt

dans

l'action [1631], et

le

Ba-

ber-Mirsa, qui s'était avancé de Kabul pour

la

pour uè plus reparaître dans la Transoxane (1). Le fils de Kudschkundschi, Ebusaid occupa le trône pendant seconde

fois, se retira aussitôt

,

puissance des

h\ ans, après son père (2). Il assiégea le fils de Tahmasip [1539], le prince Behram, à lierai maiS; à l'approche du schah, il se relira derrière

à la main, et,

l'Oxus

trône de Perse. L'Usbeg Schahi-Beg

;

l'tSchah-lsmaïl îsaffi

m

,

le

la

armes

cours des exploits d'Ismaïl, on

Dschenabi

et le Nochbelet-Ttvarich Hesarfen et rédacteur du Rausatul-Kbrar, ne sont que abréviateurs de Dschenabi les lettres de Borrak-

Kbdulasis les

fondateur de

se heurtèrent les

suivant

(I)

,

,

eut pour successeur Obeidullah, petit-

contre les Persans, dont

il

tua jusqu'à quatre

,

le

;

Lhan dans

11

de Schah-Budak, neveu de Scheibani; ce prince valeureux triompha dans les guerres fils

le

journal de Suleiman.

(1)

Dschenabi, Nocbbetet-Tewaricb.

f2J

Jbid.

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

96 mille, et anéantit hors

de Nischabur

le

science des lois,

formé aux

l'art oratoire, habile

même

Buchara seule tenait encore; aussitôt que cette

gouver-

neur d'Herat, Chalife-Ruruli. Versé dans

place aurait succombé,

la

dans

marcherait vers

il

Chorasan. Mais, deux mois après,

belles-lettres et à la versification

lui

il

le

apprit

progrès de ses armes portées au-delà de Bu-

le

chara

des Ottomans

par le nisameddin Ahmed-TschauschBeg qui revenait auprès du sultan [avril 1556]. Le porteur d'une troisième lettre fut le scheich

mention d'aucune relation amicale entre Constautinople et les pays de l'Oxus; mais les

stantinople pour y visiter ses parents. Suleiman

bons rapports s'établirent d'eux-mêmes dans

répondit à Newrus-Ahmed-Behadir,

turque, savants

il

aima

cl sut apprécier les poêles et les

(1).

Jusqu'à Ohcidullah

ne

l'histoire

,

Muszliheddin-Mustapha, qui se rendit à Con-

fait

la

Borrak-Chan

dernière campagne de Suleiman en Perse, entre ce prince et Obeidullah

,

comme

liés

naturels ligués contre

leur

ennemi commun. Alors

Scheibani

entre deux

s'étendit par delà

l'Oxus, vers

propos de

à

trône,

le

Chorasan, où ils possédèrent les villes de Bestam et de Damaghan (2). Après la mort d'Obei-

il

la

surnommé

lettres séparées

notification

;

dans

il

:

de recommandations pour

scheich allant visiter ses parents

domination des

la

dans deux

,

parla, dans l'une,

al-

schah de Perse,

le

,

le

l'autre,

de l'avènement au

dit qu'il était prêt à entretenir les rela-

engagées avec Abdullah et Able moment il ne pou-

tions d'amitié

dul-Latif; mais que pour

dullah régna Abdullah [1543J fils de Kudschkundschi, mais seulement pendant six mois; il eut pour successeur son frère Abdul-Latif ap-

de

pelé aussi Abdulasis, prince juste, sage, qui

Amasia par

gouverna douze années. Tandis que Suleiman faisait son expédition de Perse il envoya à ce

pouvait mettre fin aux hostilités irritées encore par des ressentiments personnels : au mé-

,

donner,

vait, ni

,

la

En Hongrie,

,

,

ni accepter des secours (à cause

paix avec les Persans).

les

la trêve de six mois, obtenue à ambassadeurs de Ferdinand, ne

prince, non-seulement des paroles d'amitié,

pris des conventions,

mais encore des secours efficaces car il expédia comme ambassadeurs trois cents janits-

et

chares qui traînaient après eux des cauons.

surer en combat singulier avec le pascha de

,

A

de cette ambassade, Abdulasis rendait l'âme, et Borrak-Chan, petit-fils d'Abulchair par Sundschuk, se saisit du pouvoir souverain. l'arrivée

On voit comment il y parvint, par ses propres expressions dans la notification de son avènement au trône : « Après qu'Abdulasis-Chan se fut élevé au paradis,

le chalifat

échus à nous, ses frères

domination sont

et la ,

Samarkand auprès du chan

qui nous trouvons à ;

et les autres sul-

tans, maîtres des châteaux de Dabusi, Kufin,

Kermine, Kesch Karschi et Chasar, se confiant dans leurs forteresses, firent une telle résistance qu'il nous fallut guerroyer durant les deux dernières années.» En conséquence, il s'excuse du ,

irruptions sur

Croatie avait sollicité

Bosnie, et

le

on ne voyait que luttes frontières. Le ban de la permission de se me-

les

baron d'Ungnad commandant su,

périeur des troupes styriennes et de tière,

sur l'ordre de l'empereur,

la

fron-

le laissa partir

de Pettau pour Saint-Georges, sous

la

condition

que chaque champion ne viendrait qu'avec trois cents, quatre cents ou cinq cents chevaux au plus; dans la suite, cette permission fut révo-

quée, sur l'observation d'Ungnad, qu'un

tel

combat entre mille champions pourrait bien rompre l'armistice. Le pascha d'Ofen, Tuighun, se plaignit, dans sa lettre à Sforzia Palla vicini et

,

de l'incendie des villages de Baja, Paks sorties de Wolf Dersffy d<

Gœrœsgal; des

Szigeth

,

et d'Etienne

Dersffy de Kaposvar

En

retard dans l'envoi des secours promis au sultan contre la Perse, depuis l'arrivée des janitschares

contre les gens de Papa et de Palota.

et des

de Ferdinand, agit avec une cruelle rigueu contre les pillards des Haiduques, qui ëcor

canons; maintenant

était maître

il

annonçait

qu'il

de Samarkand; que Pir-Moham-

med-Sultan et ses frères avaient pris la que tous leurs châteaux étaient enlevés,

fuite el

(2)

Dschenabi, Nochbetet-Tewarich. Dscbenabi.

te

chaient le peuple des campagnes; en vain, pou ;

que

effrayer la masse de ces barbares, les

(1)

vaii

MarcStansics, le commandant, d'après les ordre

yeux aux coupables, en

avec de

la

poudre

(1);

— (I)

lMuanli

,

I.

m;

fit-il

Tuighun

fit-il

arrache]

sauter en

*,l

l'ai

se vit contrain

M.

*

Forgacs

,

I.

v.

lu

,

LIVRE XXXII. de marcher contre leurs repaires de Korothna, Kaposvar et Babocsa. Pour cette expédition il réunit lebeg deStuhlweiszenburg, Arslan-Beg, le

beg de Gran, Ahmed, ceux de Novigrad,

Suleiman, de Sexard, Sinan, de Gœrœsgal,

97

mud, furent

resta prisonnier tées

au bois et aux fascines dans

amena

Pendant que le palatin

;

déjà fort avancée, au bout de deux jours retira par Funfkirchen.

i!

se

Après son départ, kerec-

avec

les

bavaroises et hongroises

Henri de Puchlieim

et

styriennes

tirailleurs autrichiens

les

communément

appelés

vieux Lenkowitz commandait trois cenls hussards et les Styriens; André Binddiables noirs

;

le

scheidt et Siegesdorfer avaient sous leurs ordres, le premier six cents cavaliers pesamment

de Thanbansen avait envoyé

bien supérieurs en

,

deux polweilers Jean Bauber menaient les :

armés,

les assaillants,

ce qui

la ville (1).

assiégeait Babocsa

des troupes autrichiennes

gal,

repoussèrent

de

Turcs se ruaient sur Szigeth,

Thomas Nadasdy

senyi tenta de surprendre le château de

Gœrœsoù se trouvaient cent quatorze Turcs qui

le fossé,

l'incendie d'une partie

nya, Maszum. Avec ces sept chefs, le beglerbeg Tuighun se porta sur les trois places en question dont les deux premières, lâchement abandonnées par leurs commandants, se rendirent aussitôt la dernière capitula moyennant une libre retraite pour la garnison. Tuighun fit mine d'assiéger Szigeth mais la saison étant ;

vingt-neuf tètes furent porle château; on mit le feu

;

en trophées dans

Ahmed, d'Hatwan, Mohammed, de Simoutor-

,

blessés; l'aga des janitschares Veli

second

le

six cents fantassins

Kanisa par Badkersburg.

à

Georges de Gratz

;

l'artillerie

A

ces forces se joi-

nombre, avec une perle de soixante-quatre hommes. Le siège de Szigeth abandonné par Tuighun, fut confié alors par Suleiman, gouver-

gnirent les Hongrois François Tahi, Jean Pethœ, deux Banfy et Nicolas Zriny; les volontaires

revenu d'Asie

A la nouvelle du siège de Babocsa, Ali-Pascha, laissant des troupes pour contenir Szigeth, marcha lui-même contre le

,

neurd'Ofen, à l'eunuque après tabli

Ali, qui,

paix avec les Persans, venait d'être ré-

la

dans son ancien commandement. Ce chef,

vaillant et habile autant

que son extérieur

était

'repoussant, déclara aux envoyés de Ferdinand

soumettre la Hongrie, non par mousquet, mais avec des balous

qu'il allait

sabre

et le

des massues. Les envoyés

lui

ihommes

prêts à

de

hâte

(J).

à la

dans

hâte

les

llaidukes, Marloloses, Us-

palatin avec vingt mille cavaliers, dix mille janitschares, et un même nombre d'aventuriers el

répondre aux bâtons avec des

frontières,

koques, Mor'aques.

le

répondirent qu'il

opposer des lances aux massues

villes

et

n'avait qu'à s'avancer, qu'il rencontrerait des

iballes, et à

des frontières ramassés

pillards rasciens et serviens réunis à la

(2).

Le 21

juillet,

l'armée hongroise, qui la suite

de

celte action

il

se trouva

le battit

sur

en face de Binya.

la

Babocsa, à laquelle les vainqueurs mirent et

dont

ils

A

Ahmed-Beg abandonna le

Du

firent sauter les ouvrages.

feu

côté

Funfkirchen, Ahmed-lîeg de Babocsa, Nasizuh-Beg de Koppuny, et d'autres sandschakbegs,

de Ferdinand, le frère consanguin du palatin Jacob Nadasdy et Jean Csobor, les Styriens Theobald Ziegler et Christophe Siegesdorfer,

i'vintasseoirsoncampdevantlechàteau de Saint-

étaient restés sur le

Laurent

cent soixante-dix vaillants soldats

'Le 21 mai 1556,Ali-Pascha, avec Derwisch-Beg 'de

!après

situé à

un

commença

prélude de

mille de Szigeth. Trois jours

siège; mais ce ne fut qu'un engagée dix ans plus tard sur

le

la lut te

champ de

bataille avec (3).

l'eunuque revint devant Szigeth, dont siège le 31

juillet. Pallavicini,

deux

Ensuite

il

leva le

polweiler, Len-

ce théâtre, et qui a immortalisé Szigeih dans

kovitz et Zriny, menèrent leurs troupes contre

l'histoire.

Korothna

'le

fossé

Cette foislesassiégeanls,ayant rempli

de bois

et

de

au château un mois après avoir paru devant Szigeih , et lorsqu'ils étaient déjà maîtres de la Ville.

Mais Ali Beg

,

Naszuh-Beg de Koppany,

périrent avec plus de sept cents ''oegs

de Babocsa et

(1) lstuanfi,

IOM.

1.

xix.

II.

enlevèrent d'assaut, après quoi

hommes les de Szolnok, Ahmed et Mah-

(1) lstuanfi. Historia obsidionis el oppugnationis arcis Zigcih in Hungaria a Marco Horvaih loci illius capita-

neo

,

etc....,

I.

xxm;

die

augusti

;

fol.

De obsiSyndiomus,

1556....

dione Zigethi auiore sambucco, dans

le

112; Wolfgangi laccii regii hislorici et medicirei

contra turcas gesta?, 1556.

____

|

qu'ils

fascines, livrèrent l'assaut

(2)

lstuanfi

(3)

Jbul.

,

Herald.

7

,,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

ys les

,

garnisons turques de Saint-Martin, Saint-

Laurent, Sellye

Gœrœsgal, abandonnèrent

et

ces places. Kasim-Paschafit une vaine tentative,

avec

hommes, sur Csurgo.

six mille

Musa,

et

du beglerbeg de Rumili, sur Szigelh:

kiaja

premier se retira

l'autre,

;

le

moins heureux, resta

entre 1 s mains de l'ennemi (1). L'eunuque avait perdu plus de dix mille hommes dans celte campagne glorieuse pour les Hongrois, et dans laquelle les soldats allemands étalèrent leur hor-

en ouvrant

rible convoitise

les

soupçonnaient renfermer de

cadavres qu'ils

l'or (2).

Eu Bosnie, antérieuremenl au

pulation

entre les mains des Turcs par

Tata,

s'était

son

Bunich

fortifia

l'UnnaetlaKulpa fut mis

,

siéue de Szi-

et Perussich.

A

la

tout le pays entre

feu et àsang, et KoLe sandschakbeg de Bosnie Zriny à un combat singulier, à

vin

défensrs récentes de Ferdinand

contre ces sortes de luttes, Zriny parut sur terrain désigné de Kaproncsa, mais

si

le

bien ac-

compagné

d'Ofen,

fil

le

Wende; mais

vieux général styrien Lenkoviiz l'attendait

au pas de Rakonigh trois cents

de Saint-Helena, avec

et

Allemands pesamment armés

chevaux légers croates italiens

qui,

nom de

Dieu,

et

,

cent

Gran

,

»

le

cri

hommes et en prirent quelques centaines (3). Un corps plus considérable, formé de cinq à six mille hommes, martuèrent

deux

mille

Weszprim

,

Waizen

,

lesquels

il

Karst Breg jusques à une attaque sur le Tabor à Klan, revinrent par Grobnik à travers la vallée de ,

,

,

Wedniz, emmenant

troupeaux et

les

la

po-

Sajo, et leur firent subir une

le

(2J l.-luanfi,

Valvasor

(3)

p,

78

I.

,

xu;

Foigacs.l. vu, p 182.

reprirent (rois cents Turcs qu'ils

prisonnitrs,

emmenaient, peaux

se saisirent

et

de quatre dra-

(3).

Cependant

ambassadeurs de Ferdinand à

les

Constantinople, au milieu de plaintes continuelles sur les irruptions des Turcs et l'enlève-

ment des

places, essayaient vainement de né-

gocier

paix sur

la



Transylvanie.

base de

la

A

la fin

avait quitté le sultan à

la

Amasia

les choses:

,

même où

Busbek

Valvasor,

à

1.

mort

(4).

A

trouva un grand Rustem réintégré

la lettre

la

que

I.

qui double

iv

la

,

p.

465

perte et

;

la

et -Jules

Osar ,1.

porte à quatre mille.

vi

place

lui

re-

iv,p. 488,

xx p. 396. réduit les nombres trop p. S»7 (3) Katona, I. xxiu élevés de cinq mille morts et treize drapeaux il les donne d'après le rapport officiel de Telekesiy. 1.

,

,

;

,

il

était

il

première dignité de l'empire, à

d'Ahmed mis (1)

possession de

la

de l'année

revenu à Constantinople, où

,

xn.

desGœnnul-

des Beschlus leur enlevtrent deux mille

lus et

(2) lsluanlî,

(I) Istuanfi.l.

Emerich Teledu village

et

perte considérable: mais deux agas

dans

Ziikniz

de Ferdinand,

kessv, battirent les envahisseurs près

Adelsberg

,

Les

investit Szikszo.

fidèles capitaines transylvaniens

changement dans

et après

de

Hatwan

,

Czecseny, Pest, Ofen, réunit environ trois mille

cha deux ans après du côté de Mmltling dans la Carniole; il se dirigea vers Gotschee et Reifniz, d'où les flots d'. kindschis se répondirent par

Klan,

We-

une irruption du côtédeZips.

hommes, avec

cent arquebusiers

de guerre «au tombèrent sur les Turcs, leur

poussant

enlevée

et

tirant des soldats des garnisons

,

de Kafa, sur

frontière

s'é-

d Hamsa (2). Après la conquête de Tata, Rustem ordonna que le Persan Welidsehan, sandschakbeg de Fulek, partant

ment. Bientôt après ce dernier fut remplacé par Ferhad qui avec quelques milliers de Turcs la

temps de

les martolttses

Georges Bebek, Jean Pethœ

,

le

rucher, près du Balaton, fut surprise

par

(il avait dix mi le hommes), qu'AliMalkodsch n'osa point en venir à un engage-

s'avança de Posega sur

le

La forteresse d'Hegyesd, perchée sur un

Tata

les

ces circonstances par

avant qu'elles eussent

,

appela

malgré

l'ivresse.

mur extérieur de la ville et enfin le château même, égorgea les sentinelles noyées déjà dans

lidschan

et

garni-

la

sommeil de

espions, s'approcha de nuit, escalada

stainicza succomba. le vaillant

négligen-e du

de Komorn:

le

Hamsa Beg, informé de ses

veiller.

il

plongée dans

était

le

siège de Szigeth

la

rendu, pour des affaires particu-

lières, à la ville voisine

de Kruppa, et celui de Kostainicza entouré comme une île par l'Unna. Voyant ses plans déjoués par l'activité

du

der-

,

avait tenté d'enlever le château

de Zriny,

la

Carniole, Tata tomba

la

commandant, et grâce à l'esprit actif et rusé d Hamsa-Beg, qui jadis avait surpris Fulek avec tant de bmheur. Jean Nagy, commandant de

geth, le nouveau sandschakbeg Ali-Molkodsch

suite

Dans l'année qui précéda

(1).

nière irruption dans

(4)

Busbequii

epist.

m.

UVRF. XXXII.

9fl

mit Busbrk, Sulci" an répondit par une antre

pour l'acquisition de Tala

que porta un messager d'État (1). Bebek, que la reine Isabelle avait envoyé à Consiantinople,

dinand envoya qualr;'

travaillait

activement contre

de Ferdinand en poussant à ,

,

mandèrent Lippa

plus favorables étaient insérés les articles rela-

l

'état

et

Temeswar. Les agents de

comme

ceux de Ferdinand fu-

Zay

rent congédiés avec un refus. Ver.mfius et

partirent

ge h la

(3);

avec une lettre qui réclamait Szi-

Busbek resta

seul a Consiantinople.

place de l'eunuque Ali

A

mort peu de temps

,

après son échec de Szigelh

,

contenant des modèles

uns des autres; dans

la

Plus tard, trois plénipotentiaires d'Isabelle de-

cette princesse

avril,

de

ambassadeurs guerre (2). Les

avant leur arrivée.

te! qu'il était

Là-desses Fer-

les

représentants autrichiens insistaient sur

de possession

d'Augsburg du 29

(1).

lellres divirscs datées

avait

été

nommé

Kasim, auquel succéda, au bout d'une année,

le

traités différents les

tifs à la rest

lution de Tala

ment dïlasam-Beg

;Ie

,

les

Fulek et au châti-

qualrièmepro.iet. rédigé

d'après les dernières paroles de Rustem, aban(2). Albert de Wysz, porteur de ces pièces, parut dans le camp de Skutari.que Suleiman avait établi pour être plus près du théâtre des querelles de ses fils, et où Busbek

donnait ces points

resta trois mois.

trouva

moyen

Durant ce temps l'ambassadeur fond l'état

d'étudier tellement

que

militaire des Turcs,

;i

par

l'écrit laissé

lui

sur

ce sujet est resté classique (3). Albert de AYysz

précédent beglerbrg Tuighun, qui après l'ex-

apporta pour présents un vase d'argent doré

piration d'une année encore dut laisser son com-

et

à Ruslem - Paseha. Busbek reçut pour nouvelle instruction de représenter que

phant soutenait sur son dos

l'abandon de Szigelh était inconciliable avec

jets

l'honneur du roi

de

mandement

qu'il n'était pas autorisé

,

si

Busbek remit de

comme

qu'un

,

élé-

unetour(4).

moins favorable desqualre pro-

le

traité,

traN aillée,

comme

faire accepter;

le seul qu'il y eût espoir mais cela fut sans résultat. 11

deman-

n'obtint pas plus de succès par ses instances

mais que néanmoins ce point serait accordé

dans lesquelles il sollicitait son conj'é. Le 7 juin, deux jours après son arrivée à Skutari, Suleiman avait admis l'envoyé autrichien au baisemain dans une audience solennelle. Celui-ci sollicita un (raité de paix quel qu'il fut. dit-il il

tripler les présents dait,

à

une horloge artistement

d'honneur que

l'on

Tata était restituée. L'interprète Murad

savoir encore à l'ambassadeur que, sans sion de Szigelh

,

il

ne

fallait

la

<

fit

es-

plus songer à une

Néanmoins une nouvelle trêve fut conclue pour six mois par Busbek et il fut enjoint aux commandants des châteaux de Hongrie de l'observer. Le sultan fut déierminé à ce parti par les querelles entre ses fils, réponse pacifique

(4).

,

l'année 15 9. les né-

gociations qui duraient depuis six ans parurent enfin arriver à là conclus on désirée. Après des

conférences entre Rustem et Busbek

,

religieusement l'acte envoyé et signé par

Quant aux sylvanie,

gage

qui seront exposées bientôt avec détails.

Au commencement de

:

garam issaii que l'empereur Charles observerait

il

lieux

en

litige

en dehors de

avait toujours tenu le

la

lui.

Tran-

même

lan-

que l'empereur s'accommoderait avec Isabelle; mais il ne voulait pas opprimer les localités de la principaulé. Comme ambassadeur il avait tenu sa parole, et remis un projet de ,

traité,

selon

qu'il

l'avait

promis.

Mais ces

dans lesen vain Szigelh et le

raisons ne produisirent point d'effet, et la paix

second Tata, l'un se plaignit inutilement des

ne fut garantie que d'un côté; car Suleiman, qui

quelles le premier réclama

,

martoloses, l'autre des haiduques, Busbek in-

voulait toujours avoir Szigelh, n'accepta point

forma sa cour que la paix pourrait être obtenue pour huit années, sur la base de l'état de pos-

encore

session actuelle

,

mais

qu'il

y avait peu d'espoir

(1) Miller, ep., p. 149.

1.

îv (3)

,

p.

La

Engel

,

Hist.,

lettre les

signé par l'empereur Ferdinand.

(2)

Rapport de Busbek, du 11 janvier 1559. Ferdinaudus Busbequio, 29 avril 1559, dans

les

Archives impériales.

158.

trouve dans (4)

;

traité

que rien fût terminé: et lorsque Suleiman revint dans son palais de Consiantinople, Busbek

(1)

Verantii epist. ap. Miller et Katona

(2)

le

Ainsi Busbek dut rester encore à Skutari sans

du mois de schewwal 964

[avril 1557] se

Archives impériales.

Rapport de Busbek du ,

1 1

janvier 1569.

(3) Au{j.

tra

Busbequii exclamatio sive de re militari con-

turcum instituenda consilium.

(4)

Busbequii

epist.,

I.

m.

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

100 fut tenu

en surveillance dans

sadeurs. tivité

tes et

dont

adoucit

11

les

l'hôtel

des Ambas-

rigueurs de sa cap-

en réunissant des animaux, des plandes manuscrits, en recevant des amis

les visites n'étaient point interdites.

tiens, des Florentins et des

vants

profitèrent

loisirs

science.

Busbek enrichit

Grecs

et

Ces sa-

(1).

en Autriche

le

plus beau,

Vienne (2). Tandis que Busbek était obligé de rester à Constantinople, les envoyés de la reine Isabelle étaient congédiés avec une lettre adressée au pascha de Tcmeswar, dans laquelle ce commandant était chargé d'accommoder les différends relatifs aux frontières de Transylvanie (3). Dans le temps où les ambassadeurs de Ferdinand et d'Isabelle se trouvaient à Constantinople

,

parut

de l'empire ottoman

Dadian de Kolchis, selon vint rendre ses

le

le

donné par

titre

prince de Mingrelie, qui

hommages à Suleiman,

et lui

en présent un magnifique rubis. Alors aussi Suleiman adressa une lettre au souverain

offrit

des Busses, auquel fois le litre

donna pour

il

de czar,

lui

première

la

rappelant les anciennes

relations d'amitié entre la Porte et la Russie, et lui

recommandant Moscou pour y

marchands

les

qu'il

envoyait

Outre ambassadeurs vénitiens et français, il vint un agent du roi d'Espagne, Franchi de Chios chargé de solliciter la paix; mais il n'eut pas plus de succès que le baiie génois. Alors aussi s'établit une correspondance par écrit avec le

à

faire

des achats

(4).

les

duc de Ferrare. Ce souverain, dans une lettre à Rustem, accordait la permission demandée pour le frère du juif Zuan Miquez, de quitter Ferrare avec sa famille était le juif

,

confiance et la faveur

comme

(5).

Ce Zuan Miquez

portugais appelé plus tard don

.lo-

juif attaché à

cour, l'influence la plus importante dans tou-

tes les affaires; agit

d'une manière prépondé-

rante sur la paix et la guerre, et

par

finit

s'éle-

ver au rang de duc de Naxos. Busbek ne se

le

à

le

la

qu'il acquit,

aussi bienveillant

de Dioscoride, forme encore aujourd'hui des ornements de la bibliothèque delà cour

Busbek, c'est-à-dire

la

haut dans

montra pas

des rieurs de l'Orient, et rapporta

la capitale

si

de ce sultan

rare envers

beaucoup de manuscrits grecs, dont

dans

et s'élever

ménagerie impériale

celui

aussi

seph, qui sut s'insinuer dans l'esprit de Selim

à l'empereur et à la la

et les jardins publics, transplanta

des fruits

vit

11

des Bagusains, des Véni-

ainsi venir chez lui

l'un

,

que le duc de Fer-

renégat hongrois Ferhad-Pascha.

Ce mécréant demandait qu'on laissât venir aului son père, sa mère et sa sœur. Busbek, qui savait queFerhad avait déjà fait circoncire près de

son frère, répondit que cette permission serait des plus faciles, à ses parents

la

si

seulement

le

pascha

laissait

Ce Fer-

liberté de leur religion.

had, étant aga des janilschares, avait tellement

gagné les affections de Suleiman, en maintenant une discipline sévère dans son corps, que le sultan lui donna pour épouse sa petite-fille, la

Humai

sultane

med, et pour

le

,

fille

de son

chéri

fils

Moham-

mettre au rang des vesirs

il

porta

nombre de ces dignitaires jusqu'à cinq. Ferhad avait une belle écriture et faisait des copies du le

Koran, il

qu'il vendait cent ducats l'exemplaire;

amassa ainsi de l'argent

qu'il destinait

aux

de sa sépulture.

frais

En

suivant le cours des hostilités de Hongrie

d'accommodement, nous avons camp de Suleiman, à Skutari, où l'avaient appelé les querelles de ses fils et les symptômes de guerre civile qui menaçaient d'éclater. Avant d'arriver à la conclusion définitive de la paix, il est nécessaire de nous reporter en arrière pour examiner le germe et des tentatives

été conduits dans le

d'où sortirent des fruits

si

funestes

ser les causes d'événements faits

si

et d'expo-

,

tragiques. Les

sont racontés dans toutes les histoires de

ce temps

,

d'après les rapports

d'ailleurs si

,

dignes de foi, de Busbek; mais on ue voit choses que sous un seul aspect, et aucun historien européen n'a encore consulté sur ce point les Ottomans les plus clignes de confiance, nommément Ali, qui, en sa qualité ainsi les

de secrétaire intime

,

vit

de près

le

principe

des trames et des complots, eut sous les yeux ti)

Busbequii

(2) /Mil., (3)

(4)

(5)

\.

epist.,

1.

correspondance écrite entre Suleiman

ui.

iv.

Bajesid

Rapport de Busbek du fi août 1559. Karamsin Hisloire de la Kussie I. TOI, p. 270. Dans les Sciïlture ledesche des actes vénitiens des ,

,

Archives impériales.

vice

,

qui

et

même, ayant mis sa plume

du grand maître de

la

cour

,

son

la

fils

au ser-

Lala-Musta-

,

pha-Pascha, rédigea des lettres du prince, puis rappela toute cette lamentable histoire dans

,

LIVRE XXX II. unouvTage spécial. Mustapha, élève et protégé du dernier grand vesir Ahmed-Pascha était comme tel, odieux à Rustem successeur d'Ah,

,

med. Bientôt après sa réintégration dans la première dignité de l'empire, Fustem enleva la

Mustapha pour en

place de second écuyer à

un écuyer

faire

daus

tranchant, et l'éloigner ensuite

sandschak de Ssafed

le

connaissant plus

;

la

confiance dont

:

en tra-

avait joui auprès

il

de

Selim

la

correspondance.

savoir "à son père

fit

En que

lettres reçues

duite et regardant

telle

comme dangereux

de Bajesid dans

tien

de son souverain

le

le

con-

main-

gouvernement de Konia, le chemin lui était ou-

parce que de Karamanie vert

de

le

du côté de changer ,

la

Syrie et de l'Egypte, résolut

et

pour enlever

à celle décision

être envoyé dans

trône à son frère,

fut

la

il

espérait acquérir sous le

plus haute influence, et s'é-

lever jusqu'à la dignité

de grand

dressa donc ses batteries.

11

,

vesir.

Il

se mit à dire à Se-

croupissant dans la débauche, que la suc-

manquer comme

s'il

ne rencontrait pas trop d'obstacles

une autre province. Bajesid de Ram, et dut quitter Konia pour Amasia; Selim, auquel fut assigné l'Anatoli au lieu de Ssaruchan, dut échanger Magnésia contre Kutahije.

nommé gouverneur

A

peine l'ordre reçu, Selim quitta Magncsia,

et vint à

Brusa

Suleiman

lui

;

Bajesid se tint à Konia. Alors

dépêcha le quatrième vesir, Pertew-Pascua, pour le déterminer à l'obéissance;

dans Rustem, qui, dévoué au prince Bajesid ne laissait échapper aucune occasion de représenter le prince aine comme un débauché perdu dans les voluptés grossières, et devenu inca-

vesir,

pable de se livrer aux affaires

s'il

voulant qu'aux yeux du peuple ces sortes de

prendre

députations parussent des témoignages de sol-

mains

libres

aux choses un

autre

il

;

mais que

ferait bientôt

tour. Selim

donna

lui

plein pouvoir d'agir selon ses idées, et lui

mon-

tion,

en

licitude

même temps

il

envoya

paternelle.

Bajesid

,

au

troisième

le

Mohammed-Pascha-Sokolli,

Selim,

à

lieu

d'obéir,

lui

combien il serait facile de se défaire débauché Selim, qui seul lui barrait le che-

cienne famille souveraine de Ramasan, de faire

de grand vre.

11

vesir. Alors

Mustapha se mit à l'œuune lettre daus laquelle,

écrivit à Bajesid

Jse parant de son ancien

dévouement,

il

(insinuait :lu

mais, afin d'éviter toute mauvaise interpréta-

armée d'environ vingt mille hommes, Kurdes Turkmans et Syriens. A cetle nouvelle, Suleiman ordonna aux paschas d'Analoli et de Karamanie, Dschenabi et Ssolak Ferhad A l'ancien grand naître de la cour de Selim, aubeglerbeg de Sulkadr, Gilun-Ali-

tra dans l'avenir une récompense immanquable de l'heureux résultat de ses services, la place

Lmin du

trône.

Il

montra

la

lettre à Selim,

et

'envoya par un messager sur. Bajesid tomba lans le piège et adopta les conseils du traître,

rassembla une

,

,

Pascha, et à celui d'Adana, Piri-Pascha, de l'an-

camper leurs troupes dans afin

la

plaine de Konia

,

de s'opposer à toute tentative que pourrait

faire Bajesid à

main armée. iMohammed-Sokolli

une réponse que celui-ci porta toute ca:hetée à son prince. Dans une seconde lettre Mustapha conseilla à Bajesid de provoquer son

janitschares, des sipahis et des silihdares, des

rère au combat par des injures

d'artillerie (1).

laus

!

même temps

secrets de ce prince à sa perte pour assurer le

avait les

;

arrêter et mettre à mort

toute apparence de partialité, Selim dut aussi

.

I

fit

Bajesid, et faisant servir sa connaissance des

à l'aîné,

I

Mustapha

messagers, et brûler

les

lim

I

les

Suleiman, indi;;né d'une

le

cession au trône ne pouvait lui

l

sévères.

et père.

espérant

règne de Selim

I

prince son aîné, lui adressa des remontrances

ruiner ainsi pour jamais.

,

hissant

I

conduite indigne de Bajesid, surtout envers un

Bajesid avait tué les courriers et livré aux

le

occasion de fonder sa propre grandeur

|

objets

de cette

irrité

flammes

il

,

I

les

Bajesid,

,

I

symboliques à Suleiman, qui,

une que-

et et

de Mustapha pour le prince nomma grand maître de la cour de

Mais ce plan manqua complètement et Mustapha aussi grand artisan d'intrigues que Rustem, vit dans son nouveau poste la meilleure

I

une jupe, un bonnet de femme, nouille. Selim envoya la lettre

lard l'attachement

Selim

\

10!

I

ait bientôt

I

id

une

,

une décision dans

,

ce qui aniène-

les choses.

outrageante, à laquelle

il

canonniers, des armuriers et quarante pièces

Le 30 mai

vit

décider

la

ques-

Baje-

suivant cette odieuse impulsion, écrivit lettre

eut ordre de se rendre sur ce point avec mille

joignit

(l)Aali,i.v e événement laks^rte,

fol.

123.

;

PeUchewï

,

fol.

162; Sso-

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

102

et ceux de Bajesid mort de leur père. on avait conibaltu avec acharnement

de Selim

tion entre les droits

souveraineté, après

à la

La

veille

la

sans qu'il y eut avantage d'aucun côté; mais

3

I

Dajesid

fuit

avec son

une

écrivit

complètement

fut défait fils

lettre,

,

le

et s'en-

Lrchan vers Amasia. De là il arrosée des larmes amères du

repentir, implorant

le

pardon paternel pour

pour ses quatre fils; mais celte lettre, inleneplée par les espions de I.ala-MuslaphaPascha, ne parvint pas aux mains de Suleilui et

man

appris par des courrieis

(I), qui, ayant

de

l'issue

après, au

rendu, sept jours

bataille, s'était

la

camp de Skutari pour

du théâtre de la lutte entre les trouva beaucoup de sympathie à

être plus près

,

que

enflammé

le teint

de Selim annonçaient portée de

mère

la

hommes en

état

de porter

les

Alep. Ajas-Pascha paya de la vie ses procédés

envers

le prince et sa place fut donnée au beg de Malatia, qui s'était signalé par son ardeur à poursuivre Bajesid le sandschak de ,

;

Chosrew-Beg. Le grand maître de la cour, Lala-Mustapha, dont les intrigues se découvraient maintenant aux yeux du grand vesir Rustera, fut présenté par ce haut Pasin fut conféré à

comme

tunes, tomba dans

em-

prince vaincu

Le

put réunir encore autour de

Suleiman ordonna au vesir Sokolli et au gouverneur d'Adana, Ramasan-Oghli PiriPascha, de prendre leurs quartiers d'hiver à faits,

dignitaire

et les joues bouffies

Ainsi

frontière persane. D'après le rapport de ces

la

d;ins le peuple

les traits et l'ardeur

(2).

quelques chevaux chargés de fers et de

frères. Bajesid

cause de sa ressemblance avec son père, tau-

dis

même

clous pour faciliter sa fuite et l'aider à franchir

lui

douze mille

armes;

se mit

il

dans

cause de toutes ces infor-

la

disgrâce et fut éloigné

la

sandschak de Posega.

le

A

sa place,

la

cour de Se-

tunsif devint granrl maitre de lim.

Sur

les instances

tion qu'il

donna de

de Selim,

de Posega

Selim ayant représenté que

homme

et la justifica-

conduite de Mustapha,

la

celui-ci fut tranféré

Tu-

Temeswar,

à

et

présence d'un

la

au milieu d'eux avec ses quatre fils, et, prenant congé en pleurant de son harem et de ses fi-

persane,

le traître

reçut le gouvernement de

dèles serviteurs,

Wan

Suleiman

et

de Perse.

se dirigea vers la frontière

emprunta 30,000 ducats au pascha

Il

de Siwas,

il

en arracha 18,000 autres, avec

et

chameaux, soixante chevaux et- vingt mulets (3). A cette nouvelle, Suleiman fit partir du camp de Skutari le troisième vesir, Mohammed-Soko!li et le beglerbeg de Rumili KisilAhmedli-Mustapha avec le prince Selim pour se trente

,

mettre

poursuite de l'armée fugitive. Se-

à la

lim attendit à Siwas l'arrivée du vesir, mais

donna

au beg de Malatia

l'ordre

celui d'Aintab,

Chosrew,

,

Mustapha, à

au beglerbeg de Siwas, Temerrud-Ali-Pascha de courir sur les traces de Bajesid. Ils atteignirent les fugitifs et

,

non

tel

(1).

était indispensable sur la frontière

jesid

,

et le

pourrait porter atteinte

il

entre les deux empires

retint le priuce

du schah

sur

férence

la

et

rapidité de leurs chevaux

leur course.

,

à

,

précipitèrent

Le beglerbeg' d'Erserum

frère de Sinau-Pascha,

,

Ajas

conquérant futur de llémen, de la Goletta et de Raab, vint à la rencontre du prince infortuné, et lui donna

Petscbewi,

(2)

Busbek, ep. iv. Rapport de Busbek.

(3)

fol.

127.

(2).

en attendant ,

alors

occupé

,

lui

mandant

en personne à Tcbris pour

il

à

son rang

les

ordres néces-

à

;

le

,

jusqu'à

qu'il se rendrait

recevoir avec

que dans

les

cette con-

certaines confidences que

lui ferait

prince pourrait ensuite

communiquer

père lorsqu'il serait rentré en grâce, attendant une lettre de Suleiman

il

et

à

le

son

qu'en

le traiterait

Pelschewl Ssolaksade. de Suleiman se trouve dans l'appendice au journal de Suleiman n° 50; celle de Selim, dam (1) Aali

(1)

le rebelle

paix subsistant

vesir d'Aserbeidschan, Gajasz-Atallah

honneurs dus

,

persane

la

une expédition dans le district d'Astrabad. Schah- Tahmasip considéra l'arrivée de Bajesid comme une compensation delà fuite de son frère, Elkasz-Mirsa. Il envoya au devant du prince un mihmandar, le chan Nifameddin Schahkuli Ustad-chlu, et le saires

ceux-ci, après une vive défense, comptant moins sur leurs armes que

Tschukuri

frontière

à

Le gouverneur persan d'Eriwan, Schah-Kuli,

Nachdschiw an

la

révolte de Ba-

la

prévenir qu'en accueillant

Saat-

de

loin

Selim écrivirent aussitôt

au schah pour l'informer de

(2)

La

,

,

lettre

,

1

1

use lia

du defterdar Ibrahim.

,

.

,

LIVRK XXXII comme snn propre

Le schah revint aus-

fils (1).

m

hôte avec toute

sitôt à

Tebris, et reçut

pompe

persane. Trente pla s remplis d'or et

s

du prince on ;

lui

,

;

De

furent offerts en présent. Les agiles cava-

de Bajesid donnèrent aux Persans émer-

veillés le spectacle des joutes et des tournois,

Ferhad-Kodos

et

vigueur

et

attira

son adresse

du sentiment de

tous les regards par sa (t).

Ce

supériorité des

la

dans l'exercice des armes sur

manda au prince jeu au sérieux,

guerrier, plein

la

les

Ottomans

Persans, de-

permission de prendre

le

de transformer ce combat

et

apparent en une lutte réelle dont l'issue non douteuse serait de placer la couronne de l'erse sur

scrupuleuse des formalités, pour

si

is

un parjure,

produites encore dans l'histoire

Les deux premières lettres de Sulciman et Tahmasip se croisèrent probablement en route. Dans la sienne le sultan représente son fils Ba-

schabraques d'or et douze harnais d'argent liers

observation

avec une

des autres États; aussi allons-nous les suivre avec un soin particulier.

le passage du schah furent tendus du damas, du velcurs et de riches étoffes, et cinquante chevaux turcs, avec des

satin,

lui

suivies officiellement

ne s'étaient p

imposant. Sur

du

négociai ions

arriverai! meurtre d'un parent et à

Ba;esid déploya un luxe non moins

,

à

écrite.

présenta neuf

chevaux couverts de harnais magnifiques. son côté

la postérité par leur correspondance Cet échange de mes agers et de lettres est unique dans les annales ottomanes et des

;

la

d'argent, de perles et de pierreries fuient versés sur la tète

mis

103

jesid

comme un

sue de

rebelle

la bâtai le

fut portée par

Ali-Aga,

le

et

,

rend compte de

de Konia; dans

un

officier

de

la

la

l'is-

missive qui

cour persane,

schah tenait un langage conciliateur,

et intercédait pour le prince. Ensuite Suleiman dépêcha Sioan-Beg, Selim son écuyer et confident, Turak-Aga. La deuxième lettre de Sulei-

man

rapporte l'attentat de Baiesid qui s'est mis en révolte ouverte mais finit par des paroles de pardon, en demandant toutefois que le schah ;

tels

fasse tomber les tètes des auteurs de tout le mal, de Tursnn-Abdulschan-Oghli, Ferruch et

les

Seifeddin-Absal, retienne les autres coupables,

la

tète

de Bajesid. Celui-ci réprimanda de

propos, et défendit, sous peinede mort, de répéter parmi ses confidents. Soit qu'il en

néanmoins revenu quelque bruit au schah, soit par pure mesure de prévoyance, sous le

et

prétexte d'épargner au prince les frais d'entre-

cet effet viendrait le recevoir. L'épitie

de ses troupes, on ordonna de distribuer les soldats de Bajesid entre les chans et es sultans, en sorte que le petit nombre de fidèles

est

fut

tien

renvoie

prince sous escort. dans

le

vernement d'Amasia, où un beglerbeg

le

gou-

nomméà

de Selim remplie d'injures et d'invectives contre son

frère rebelle, orgueilleux sultan, qui, après avoir si

souvent

pillé

des caravannes, est indigne de

la

compagnons qui l'entouraient encore ne pouvaient plus donner le moindre motif de crainte

protection persane, et ne mérite que l'indigna-

sérieuse (3).

«

Le soupçon que contre

le

schah pouvait avoir conçu

personne de Bajesid,

la

sou propre trône, ou plutôt

comme menaçant

les

avantages que

sa pol tique se promettait en livrant à

le

prince

son père, déterminèrent dès lors sa conduite

non moins honteuse que l'ardeur de à poursuivre la mort d'un

perfide,

Suleiraan et de Selim fils

et

d'un frère.

Ces sentiments souillent de leur diplomatie, et ils ont été trans-

l'histoire

(1) Dans l'appendice au journal des campagnes de Suleiman, n° 59, et dans la collectioû du reis-effendi SsariAbdullah.

(2) Busbek nomme ce Kodos-Ferhad Chiuntum et •transporte les scènes du tournoi dans le camp de Bajelid , à Kouia.

du schah d'après la sentence du Koran : L'amour vient de Dieu et la colère émane de

tion

,

,

Dieu,

» et

d'après levers de Saadi: « Faire du bien

aux méchants, c'est faire du mal aux bons.» Le schah fit accompagner les envoyés à leur retour par le vieux capitaine Tubet-Aga, qui se rendit auprès de Suleiman, et par Seifeddin-Uruschtu-

Aga, né

à Sulkadr, dont le message s'adressait Pour exprimer le blâme sur le choix du porteur de la lettre de Suleiman et faire sen-

à Selim.

,

de son contenu le schah commence par mettre en doute que cette pièce tir

l'inconvenance

vienne réellement de Suleiman , attendu qu'elle

remise par deux hommes du gouverneur d'Erserun. Ensuite, quant a l'exécution de lui a été

.

(3) Aali

,

Peuchewi

,

Ssolaktade.

,

Bajesid et de ses les

fils

messagers, sur

demandée verbalement per le

motif que leur mort

préférable à leur existence,

le

c'ait

schah déclarait

,

HISTOIRE DE L'EM PIRE OTTOMAN.

104

être prêt â l'ordonner, et pour cela

terre

(

Suleiraan

),

dont

les

un

traité qui

dans ce monde

et

n'atten-

volontés sont sous-

un

crites d'avance par le destin; niais

vice était

il

Yornbre de Dieu sur la

dait qu'un signe de

dans

liait

l'autre.

tel

deux parties

La

lettre

remise

à Selim par Uruschtu-Aga s'en référait

de Suleiman,

ser-

les

à celle

que les faits annoncés étaient bien avérés, et que la convenance du parti adopté était bien démontrée, suivant la sentence du Koran: «Tuez les idolâtres et les D'ailleurs le schah était complète-

rebelles. »

ment

d.ins l'espoir

éclairé par les explications verbales

nées sur

don-

kadr ou de Meraasch, l'ancien maître de la cour de Selim, Ssofi Ali-Pascha et le kapid,

schibaschi flasan. Selim expédia son chambellan,

kara-Mabmud-Aga. Les messagers rappordu schah l'une adressée à

tèrent deux letires

Suleiman

,

:

Après quelques cen-

l'autre à Selim.

taines de lignes consacrées

compliments persans, arriver à l'objet dont

à

finissait

autoriser le

à

Tahmasip prétendait qu'ayant juré

;

au prince Bajesid de ne

le

point livrer aux dé-

putés envoyés par sou père pour

recevoir,

le

de l'exécution ou de l'extradition de Bajesid. La lettre de Suleiman demandait expressément l'extradition de Bajesid et de ses quatre fils; celle du schah expri-

n'y aurait point violation de serment

mait une disposition absolue

claire.

la

peut-être

nécessité

Tahmasip

Bajesid ne menaçât

à faire le sacrifice:

craignait-il le

tages.

vie

la

de

trône de Perse, peut-être

aussi calculait-il seulement ce

complaisance

que

pourrait

lui

qu'une pareille

procurer

d'avan-

L'insinuation contenue dans sa lettre

commupersan. En re-

rappelée plus haut fut appuyée par les nications verbales de l'envoyé

connaissance du consentement du schah au meur-

du prince, le vieux Tubet demanda dans le divan que le sultan conférât le .gouvernement de Bagdad su schah. Le grand vesir Rustem tre

l'interrompit aussitôt

à moi

c'est

Et, il

à

:

«Sortons, s'écria-t-il

répondre à ceci; suivez-moi.»

après avoir

quitté

la

salle

d'audience,

de vifs reproches sur l'audace d'une demande. « L'indigne rebelle Bajesid

lui fit

telle

par

s'agissait, exposait des

il

raisonnements forcés tendant parjure

pompe des

la

première

la

si

il

l'extra-

dition se faisait entre les mains d'émissaires de

Selim.

La

lettre

dans ce sens,

Dans

Selim,

à

était

écrite

absolument

bien plus explicite et plus

l'espoir

qu'une

à favoriser des projets

telle

complaisance

de meurtre rendrait Su-

leiman plus disposé à écouter

la

demande grand

si

brusquement Rustem, lorsqu'elle avait été produite verbalement par le vieux Tubet Tahmasip la fit présenter plus tard dans une sorte de mémoire que remit Beschret-Aga. Dans cette pièce il était dit d'abord, que le schah désirait placer deux fonctionnaires près des tombeaux d'Ali repoussée par

le

vesir

,

:

d'Husein (à Kerbela et àMeschhed), l'un

et

comme

surveillant, l'autre

comme

secrétaire

des fondations pieuses faites par les Persans;

secondement qu'il voudrait bien voir un ou deux de ses fils revêtus du titre de sandschakbeg ou gouverneur, et qu'il sollicitait l'investiture

accoutumée par

bannière et

la

le vête-

que quelques milliers de misérables qui ne pouvaient jamais être dangereux pouf l'empire; si le schah refusait obstinément de se prêter au châtiment, alors

ment d'honneur ceci s'appliquait à Bagdad et à un autre gouvenerment des frontières; troisièmement qu'il recommandait pour une augmen-

bonnes relations se changeraient en hostilités et de grands obstacles n'arrêteraient

qui

dit-il

n'avait ramassé

,

les

,

pas

troupes ottomanes lorsqu'elles iraient

les

arracher

le

criminel de son refuge

;

dans

le cas

:

tatioude solde et de l'avancement lui

dit à ces trois points, le

dans une

visoire; mais

il

promit de

rendu

fils

grandement récompensé.» Su-

laissa

point passer les allusions au

lettre

que porta

faire toutes les

cessions possibles aussitôt

serait

personnes

tschausch Kara-Mustapha, par un refus pro-

contraire l'amitié serait fortifiée, et le service

leiman ne

les

avaient rendu service. Suleiman répon-

que Bajesid

con-

et ses

lui auraient été livrés.

Tandis que Suleiman

affectait

un ton de dou-

meurtre prochain de Bajesid, contenues dans la lettre du schah; il en traita dans sa réponse, et ne négligea point d'adresser des

ceur, prenait le langage de la bienveillance,

présents aux ministres persans. Ses envoyés,

dans des lettres adressées par lui à d'autres princes asiatiques débordaient sa co-

pour

cette fois, furent le

gouverneur de Sul

paraissait

même

de l'amitié dans schah,

se sa

livrer

aux épanchements

correspondance avec

le

,,

LIVRE XXXII. contre Tahmasip. Par

1ère et sa haine

écrivit le

«

:

le

sultan

premier à Pir-Mohammed, souverain successeur de Borrak-

des Usbegs, second

Ce

Per.-an, gonflé d'orgueil

qui porte

,

couronne, ce schah égaré, courbé par

la

miliation, a

dont

il

porte

il

le

mon il

fils

;

cri-

est ré-

que nulle confiance ne sera plus ajoutée à aucune de ses paroles, que mon bras va se relever pour l'anéantir, et Usbeg-Ciian,

comme

bon musulman, voudra bien offrir son concours pour cette œuvre (1).» Absolument dans le sens, avec quelque modification dans les

expressions

injurieuses, étaient rédigées

autres lettres adressées par le

les

moyen du même

derwisch

Mohammed

Alans

Le prince de Géorgie, ayant envoyé

de Bedachschan à Ali chau des Turkmans (2), et à Ibrahim chan des ,

(3).

auprès de

Porte son defterdar Abdnlaallam

la

porter des plaintes contre le schah, et offrir de

Géorgie à la suzeraineté persane soumettre au protectorat ottoman, il

soustraire

pour

la

la

annoncé qu'encore bien que le schah eût obtenu, à force de prières, une paix de onze années, néanmoins le schehinschah voulaitbien lui fut

étendre son bras pour soutenir

prince et

le

changer sa peine en joie (4). Cependant la situation de Bajesid

à

Kaswin

devenait de jour en jour plus pénible. Ses troupes, déjà réduites à

'rois mille

hommes,

lui

avaient été demandées par le schah, pour l'expédition d'Astrabad, tant

moins en

état

et

le

prince était d'au-

de refuser, que

ses soldats avaient été

gagnés par

par des flatteries. Touiefois

il

la

plupart de

l'or

persan et

fui invité,

comme

parle passé, aux fêtes du schah Dans une de



ces occasions

assis l'un à côté

»Le schah, effrayé par

cet

avertissement, s'éloigna rapidement sous

le

La

(1) est

lettre

,

tête.

prétexte d'horribles coliques. Le ministre Maas-

zum

le

schah

et le

prince étaient

de l'autre avec l'apparence d'une

,

dans

le

datée du dernier joui-

journal de Suleiman, n°

6i de silhidscue 963 [10 septembre

murmurées par Mohammed-Arab,

qu'il avait comprises. Bajesid

,

sans poursuivre

plus loin l'examen de la chose tète

à

,

couper

fit

la

Mohammed-Arab. Deux des complices

de ce dernier, Aksak Seifeddin

Meslane

,

Mir-Alai-

et

redoutant un pareil sort, s'enfuirent

auprès du schah,

prétendirent que

et

le

prince

Mohammed-Arab, du schah. Le peuple assaillit le palais du

avait voulu les pousser, avec à

un attentat contre

la vie

s'assembla eu tumulte et

prince en poussant des cris de fureur. Alors

Lala-Kodos réunit

rangea devant bien sa

fin

le

les

gardes restés fidèles,

les

palais, et Bajesid, qui sentait

approcher

se

,

fit

amener

ses quatre

enfants, voulant les immoler de sa propre main,

plutôt que de les

laisser

frapper par un fer

étranger. Les deux ministres

du schah vinrent

présenter une infinité d'excuses sur l'émeute, des vêtements d'honneur et des sucreries pour calmer les inquiétudes du prince. Les provocateurs de l'émeute furent punis en apparence; mais dès ce moment fut prise la résolution d'inoffrir

carcérer Bajesid et ses

fils.

Quelques jours du schah se

après, le prince, sur l'invitation

,

rendant à une fête [12 février 1 560], des soldats se précipitèrent d'un corps de garde placé sur sa route, se saisirent et tuèrent ses

défendre. Le

schah

fit

la

de

lui et

de

ses quatre

fils,

gardes du corps qui voulaient

même

de mille gardes taient pour

comme >

et

dansla

fusil

les paroles

paix qui a

la

solu

même

son père

de

à l'oreille

Prenez garde à un fils qui a trahi qui peut vous envoyer deux balles a

:

a violé la paix avec cette bassesse

des ambassa-

depuis, en accueillant

minel Bajesid,

de Tahmasip

un perfide chambellan de Ba-

moyen de murmurer

signe gravé au frout,

fois

un temps comme une grâce

été accordée pour

comme

l'hu-

intimité parfaite, jesid trouva

et Hasan-Beg excusèrent leur maître et accompagnèrent le prince à sa résidence. Là un de ses fidèles serviteurs en signe de grande infortune, jeta son bonnet, se précipita lui-même à terre, et rapporta au prince

envoyé plusieurs

deurs pour solliciter humblement mais

der-

,

pèlerinage dans l'empire ottoman,

Chan

le

Mohammed de Bedachschan venu en

wïsch

105

jour fu; ent mis à

et soldats

le

mort plus

de Bajesid qui s'agi-

défense de leur maître. Ensuite

le

excuser tous ces faits auprès deBajesid

des mesures de précaution pour

le

pré-

server à l'avenir contre les violences et les ou-

trages du peuple

(1).

Bientôt après arrivèrent

1561]. (2)

Journal de Suleiman

(û)

/bit!., ii° 66.

(4)

Jbld., u° 07.

,

n° 65.

à

Kaswin

les

(l) Aali

PeUchevi Ssolaksade, Ewlia.

,

envoyés de Suleiman et de Selim

,

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

106

n'y

conduire un éléphant avec un cheveu, sans

de doute sur l'extradition il s'agisseulement de savoir de que'.le manière elle

qu'il y ait besoin pnur cela d'un envoi de troupes qui pourrait seulement troubler le repos,

qui remirent des lettres et des présents avait plus sait

se fe ait

;

il

,

pour

qu'il n'y eût pas violation

appa-

attendu que

les

si

montagnes s'agitent les homDans leur réponse les vesirs

rente du serment prêté parle schah au prince

mes

de ne jamais

s'apesantirent sur le crime de Bajesid; «car

le livrer à

son père. La diplomatie

tortueuse et perfide des Persans trouva un expédient, ce futde remettre Bajesid,

envoyés de Suleiman, mais

à

non pas aux

ceux de Selim.

C'est par rette violation honteuse de la foi jurée

à l'aide d'inlerprétations

turées que

pour

rantir

mensongères

et tor-

politique de la l'erse pensa ga-

la

l'avenir la sol dite d'une alliance

s'enfuient.

»

il

n'y a pas déplus

d'un

grand crime que la révolte contre son père. Quant aux moyens

fils

proposés pour dissimuler

le

parjure,

ils

leur

paraissaient en contradiction avec la promesse

antérieure d'extradition

compli

,

une fois acbon service,

cet acte

;

récompense suivrait

la

le

car les souverains aval nt coutume de montrer

avec Selim successeur de Suleiman maintenant

leurs libéralités dans le payement,

chargé d'années. La seconde ambassade de Su-

mais après

leiman partit de Kaswin avec cette proposition.

dé à

Le gouverneur de Sulkadr revint à Meraasch mais Hasan continua sa route pour Constant i-

souverain avant Tahraasip n'en avait reçu de

,

nople (1), accompagné de Beschrel-Aga envoyé du schah auprès de Selim il atteignit Kulahije au moment où arrivait la nouve'le que Suleiman avait conféré le gouvernement de Magnésiaà son petit-fils Murad, fils de Selim. Avec Beschret-Aga ambassadeur du schah, se trouvait

aussi

Dschaafer-Sultan,

lettre des trois

porteur

ministres du schah

d'une

du grand

,

Maaszum-Chan-Ssafcwi, du généralis-

vesir

sime Sundikbei (2) et du chancelier d'État (3) Schah kuli-Chalife, aux cinq vesirs de Suleiman.

Au

reste,

;

élevés en dignité.

si

Telle fut

neur de

»

que portèrent le gouverChosrew-Pascha et le chambel-

lettre

la

Wan

,

lan Sinan-I'ascha, qui formèrent la troisième

ambassade de Suleiman

quant à Selim,

;

voya son tschauschbaschi jouer

,

Ali-Aga

double rôle d'ambassadeur

le

reau. Le schah

demanda

à Sinan

mais

qu'il le reconnaîtrait peut-être

à ses

yeux

Ce

on

disposés à l'acomplissement de

livrer. Puis,

ils

saisirent

et

de bour-

connaissait

sa jeunesse, alors qu'il était encore

derniers ambassadeurs, et déclaraient être tout

sion relative à Bajesid; toutefois

s'il

en-

il

qui devait

,

prince; celui-ci répondit qu'il l'avait vu dans

le

d'un indigne traitement pour

haule mis-

sultan avait

fait

Les minisires persans exprimaient leurs remerciements pour les présents apportés par les la

non pas avant, le

preuve de sa considération pour le schah par le rang même de ses envoyés aucun

;

,

le service.

fit

et à ses sourcils.

raser

la

barbe

et les

imberbe,

maintenant

fut la le prétexte

prince, auquel

le

cheveux avant de

le |

couvert de misérables vêtements et |

le

corps ceint d'une corde

,

fut

il

remis au re-

pour rappeler en termes polis et avec des formes amicales aux vesirs que dans

présentant de Selim, qui aussitôt remplit ses

de vingt-sept années de guerre la Perse n'avait éprouvé que de durs traitements de la part de Suleiman que, dans les six dernières de paix quatre ambassadeurs persans étaient

Cette tragédie se joua dans

cette occasion

l'espace

,

,

auprès de

allés

la

Porte avec des présents, et

que pas un d'eux n'avait reçu un don

même

été

«L'homme,

revêtu

d'un

habit

,

n'avait

d'honneur.

disaient-ils, est esclave des bien-

de douces et gracieuses paroles font plus que des termes rudes et blessants et l'on peut faits

;

,

fonctions de bourreau sur lui et ses quatre

des Persans (25 septembre 1561], alors que les schiites célébraient le

Rapport de Busbelt, du 25 août 1561.

(2) Kuridschibaschi. (3) ltimadeddewlet.

martyr d'Husein par des

plaintes et des représentations lugubres. Ainsi finit

Bajesid, prince infortuné, destiné au trône

par l'amour du peuple et les prédilections de

doué même de

fa-

Ses dépouilles mortelles

et

Rustem ami des sciences ,

cultés poétiques. celles

de ses

fils

et

furent transportées à Siwas,

où s'élève leur tombeau devant

la

bord de la route. Aussitôt le meurtre accompli

sur (1)

fils.

semaine sainte

la

porte du nord

le

,

le

schah expé-

dia bien vite deux de ses gardes de confiance,

Sinan-Aga

et

Husein-Aga, à Suleiman, avec un

LIVRE XXXII. donet de

billetde sa propre

main dans lequel

nait l'heureux avis

de l'exécution d'un fils les médisant s

,

il

lui

107

donner, en se montrant à cheval, une opinion favorable de sa santé (I) En reconnaissance de

quatre petits-fils « qui allait réduire

l'immolation des princes

yeux à l'envie, re nplir de joie le cœur des amis. » Chosrew-Pascha devait retourner vers lui au plus tôt accompagné de Mohammed-Aga Kurt>chi-Ustadsrhlu, ambas-

tew-Pascha apporta de

ausilen

e,

fermer

les

sadeur persan près de

Aga

la

Porte; Finis et Tubet-

se rendraient auprès de Selim (1).

Ces der-

niers apportèrent à Selim, maint nant assure

300.000 pièces dor, Selim à Kasabad;



et

ces

du sang, la

le vesir

part de

100,000 de

sommes

Per-

Suleiman la

part de

furent reçues

par Elias-Heg, sandschakbeg de Karahiszar. et

Mahmud-Aga, chambellan de Selim, Un cinquième

par les

qui

transférèrent à Kaswin.

de Dajesid

fils

d'une tranquille succession au trône, une longue

âgé seulement de trois ans, qui se trouvait à Brusa, sur l'ordre de Suleiman. avait

de félicitations du schah, qui prostituait

été étranglé avant ses frères (2). L'exemple de

lettre

toutes les figures de

pour dissimuler

la

l'art

oratoire des Persans

boule de l'assassinat et du

parjure, et qui exprimait en

même temps

poir d'une réciprocité de complaisance.

l'es-

A u com-

mencement de novembre, lambassadeur persan la nouvelle officiel e du meurtre du prince arriva dans la capitale de l'em-

chargé d'apporter pii e

,

ces exécutions atroces avait été

sultan ler

son

Murad fils

er 1

,

donné par

le

qui ne craignit point d'immo-

Savved-chi; mais Suleiman le sur-

passa de beaucoup en plongeant deux fois ses

mains dans plice

le

sang de sa famille, par

le

sup-

de sultan Mustapha, de sultan Bajesid

et

de leurs enfants.

ottoman, et quelques jours après, Suleiman

avec un pompeux cortège l'habitation

se rendit devant de ce messager sinistre, pour lui ,

(1

j

(2)

(1) Ssari

Abd., n° 47.

Dans le rapport de Busbek daté de file des du 4 novembre 1561. Rapport de l'ambassade vénitienne du 18 aorti ,

l'rinces,

1562.

,

— ,

LIVRE XXXIII. — SON SUCCESSEUR —

MORT DU GRAND VESIR RUSTEM.

CONCLUT LA PAIX AVEC BUSBEK.

ALI



PRISE ET DESTRUCTION DE PLACES EN HONGRIE. AMBASSADE D'iBR VII il STROZZENI. ENVOYÉS DE L'EMPIRE, D'ESPAGNE DE FRANCE, DE GÈNES, DE FLORENCE, DE POLOGNE, DE PRINCE DE MOLDAVIE. INONDATION. L'INDE, D'ALGER, DE TUNIS. l' AVENTURIER BASILIUS AQUEDUCS. EXPLOITS DE TORGHUD ET PIALE, P1RI- REIS ET SIDI - ALI-KAPUDAN SUR LA MÉDITERRANÉE ET LA MER DES INDES. SIÈGE DE MEHD1JE PAR LES ESPAGNOLS. —CONQUÊTE DE BUDSCHA, ORAN, BENESERT ET DÉSOLATION DE MAJORCA. CONQUÊTE DE DSCHERBE PAR I

,







,







,



— REPRISE

ENTRÉE TRIOMPHALE A CONDE CETTE PLACE PAR TORGHUD. SIÈGE DE MALTE. STANTINOPLE. LES ESPAGNOLS PRENNENT LE PENON DE VELEZ. NÉGOLES DEUX SOKOLLI CIATIONS POUR LA CONFIRMATION DE LA PAIX AVEC L'EMPEREUR. MOHAMMED ET MUSTAPHA, OPPOSÉS A LA PAIX. RETOUR DE LA FLOTTE.— ENVOI D'iIOSZUTI, D'ALI ET DE MAHMUD COMME GOUVERNEURS D'EGYPTE. CAMPAGNE DE SZ1GETH. EXÉCUTION d'ARSLAN-PASCHA. MORT DE ZRINY ET DE SULEIMAN. LES ESPAGNOLS.

















Peu de temps avant la fin tragique de BajeRustem-Pascha, gendre du sultan, mourut d'hydropisie. Ce grand vesir, qui avait su, après la mort de sa belle-mère Roxelane, se maintenir à la première dignité de l'empire, n'avait pas néanmoins conservé sa position de favori, sid,

dant

emplois

les

(1).

tème de finances

et

Le

seul mérite de son sys-

i

d'administration était dans

la

modicité du prix des gouvernements,

si

on

nié

le

compare à ce qui

dans

ctde

l'espèce

de

fut exigé plus tard

stabilité relative

,

et

des emplois ainsi

conférés, qui étaient laissés quelquefois pour

ii

remarquable des

pour le gouvernement d'Egypte, il ne demandait que 10,000 ducats, et la moitié de cette somme pour d'autres d'une importance ordinaire; il observait sur ce point une grande équité d'après la mesure de la va-



Mohammed-

leur et des produits qu'il connaissait parfaite-

m

à la direction de l'État un peu de ce sultan, appartient plutôt aux deux règnes suivants, de Selim II et de Mustapha III. Son administration de quinze an-

ment. Le beglerbeg d'Erserum, gouvernement

et s'était trouvé impuissant

pour soutenir

prince infortuné son protégé,

recommandé par

les affections populaires,

du

gouverneur de

Après Ibrahim,

il

la

contre les intrigues

cour Lala-Mus(apha.

est le plus

grands vesirs de Suleiman Sokolli,

avant

nées

le

;

car

parvenu

la fin

(1),

interrompue seulement par l'élévation

d'Ahmed- Pascha, Rustem

la fit

servir princi-

palement à grossir des trésors pour

lui et

pour

aux dépens de l'État car il est le premier qui ouvrit la porte à la corruption et à

le sultan,

la vénalité

:

dans

les affaires

publiques, en ven-

plusieurs années. Ainsi

ni!

,

fie

ma

M

des plus stériles de l'empire,

pour

lui ayant adressé nomination 5,000 ducats et un beau

sa

cheval, Rustem ne garda que le cheval avec

3,000 ducats

Avec

le

,

et

renvoya

même genre de

demanda

et reçut

de

l'argent. il

de Busbek, ambassadeur de

Ferdinand, de l'argent qu'il promettait

le reste

scrupule et d'équité

comme

pour mener

paix à bonne fin ; puis

le

il

prix

les

du concours

négociations de

renvoya parce que

W«i PS?,

,

% k (1)

Rustem devint grand vesir dans l'année 1544

,

fut

déposé en 1553, réinstallé eu 1555, et se waiuliul jusqu'à sa mort , eu IMl,

(1)

Aali,fol. 209; Petschewi, introduction à son His-

toire, fol. vesirs.

a

;

Osman-Lfendi dans ,

les

Biographies de»

f)As

,

,

LIVRE XXXIII. pas arrivée

'affaire n'était

conclusion

â sa

Naturellement sombre et sévère,

(1).

encore

était

il

dans cette disposition par la crainte relâchement de rigueur ne fût attribué

brtifié

[u'un

son avidité bien connue du lonc toujours triste,

lui

de sa

sentait

«Trésor amassé par

les soins

de

lustem b(3); et lui-même en mourant laissa une

énorme dont

il

n'y avait pas d'exemple

huit cent quinze fermes dans

:

et l'Anatoli

lili

loulins à l'eau,

,

Ru-

la

quatre cent soixante-seize

dix-sept cents esclaves, dix-

euf cents chevaux de bataille, onze cent six

hameaux

ciuq mille kafians et vêtements

(4),

'honneur, huit mille turbans

(5),

onze cents

onnels d'étoffe d'or, deux mille neuf cents

de maille, deux mille cuirasses

jttes

,

six cents

garnies d'argent, cinq cents ornées d'or

;lles

de pierreries, quinze cents casques plaqués

;

argent, cent trente paires d'étriers d'or (6), >pl cent soixante sabres garnis de pierreries, mille lances garnies d'argent (7), huit cents ,;emplaires

ent reliés

du koran, dont cent trente richecinq mille volumes sur diverses

,

78,000 ducats, trente-deux pierres

alières,

•écieuses d'une valeur

de 11,200,000 aspres, 10,000,000 cl'aspres ou deux millions de ducats I argent monnayé. Quoiqu'il eut entassé tant trésors,

it

il

employé des sommes

avait encore

un contraste bien frappant avec

h)

Ibid.

|3) Jbid., ep.

prise

parmi

kiaja

les

enfants des chrétiens pour re-

du grand vesir Ibrahim- Pascha, par

protection de cet officier sérail,

d'où

,

il

était entré

80,000,

M. de Diez dans

par

queues, il fut envoyé en Egypte comme gouverneur (3). Surnommé le Gros ou le Gras à cause de son embonpoint, il n'en avait pas moins l'esprit vif et l'humeur légère. L'histoire des vesirs a consigné plusieurs de ses saillies et de ses épigrarnmes, dont l'une des meilleures est la réponse faite au légiste Molla-Hilali de Karamanie. Ce dignitaire plein de vanité répétrois

souvent que

tait

saient

que

complète

les

les autres ulémas ne connaisdouze sciences dont l'acquisition

cours des études académiques, tan-

le

que lui-même en possédait six fois autant, et avait écrit un si grand nombre de volumes que le monde en était rempli. Ali-Pascha, riant de cette vanité bouffonne, dit à Hilali «Il te dis

:

serait difficile

de remplir ainsi

avec

de

rais

le fatras

combler

formé de les frais

tes si

le

tes

nombreux

&

,

pour-

un pont

ainsi

volumes épargnerait aux moslims

fréquents du passage, et ta science

nettoyée, purifiée par ce bain de mer, devien-

pour

Son aménité na-

les affaires,

encore

l'âge et par

conférences étaient

difficiles et

tronquées avec

,

,

7)

monde mais

écrits, tu

canal de Galata;

la

'

cela

le

,

,

,

I

ne

ferait

Des lances

de Diez.

,

le

en qualité d'aga des janitrevêtu de la dignité de pascha â

chameaux.

somme dounée

dans les Souvenirs d'Asie 1. 1, 97 offre un zéro de trop comme le chiffre 8,000 inné pour les exemplaires du Koran. 6) Non pas cent vingt étriers comme le dit Diez I

la

une longue expérience, favorisèrent singulièrement les négociations de l'ambassadeur impérial Busbek (4). Autant les

i.

liduction de cette liste

dans

sortit

il

schares; puis,

mûrie par

iv.

'4) Aali dit mille cent-six

^5)

som-

cruter les janitschares. Parent de Chasta Ali,

turelle et sa capacité Busbek, ep.

le

,

drait utile à la ville et à l'État.»

,(1)

affabilité,

son désintéressement, pré-

second vesir était fils d'un renégat dalmate de Brazza; avant même la conversion de son père à l'islam, il avait fait partie de la levée

,

l

vant lui

avait

reprochent de n'avoir jamais

poètes

les chambres intérieudu harem, dans les caisses établies au dehors; en fut amoncelé dans les Sept-Tours pour îs circonstances extraordinaires. Aux finances npériales il y avait une chambre portant cette

irtune

il

bre, rude et cupide Croate (2). Ali, jusqu'alors

les

argent fut entassé dans

:

Hama;

Le successeur de Rustem, par son sa bienveillance et

es

iscription

et

cuisines des pauvres (1).

et re-

remplit les trésors de l'État et du sultan;

i. 11

Rusdschuk

construit des mosquées, des académies et des

dans leurs

louche était un ordre, et ,

sortait

considérables en édifices et en fondations pieuses à Constantinople,

était

Il

menaçant, cupide

Toute parole qui

loussant (2).

pigrammes

sultan.

ior>

que soixante

paires.

non pas des sabres

,

comme

traduit

Osman-Efendi. Busbek ep. iv, p. 294. (3) Aali, dans la liste des vesirs, phids par Osman-Efendi. (4) Busbek epist. iv. (1) Aali,

(2)

,

,

,

et

dans leurs Biogra



no



HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

Rustem, autant

elles étaient

commodes pour

cats était confirmé; l'empereur promettait

le

de

développement des raisonsavec Ali (1). Souvent les Turcs murmurèrent d'être obligés de rester

rieur de

des heures dans l'antichambre, eu attendant

qui étaient hors de ce: te province, de s'entendre

fin

des en retiens avec l'ambassadeur

mon

bien, disait Ali a Busbek, que tre a besoin de repos et

«Je

:

Quand ou

peuples,

sur

la

sont

il

désire

de tranquillité le

scène du carnage; miroirs

:

objets qu'on leur présente conseillers se reflètent

De bons

avec

suis

à

le fils

rentrés

mais

;

la

les places situées

Transylvanie, et au sujet de

de

la reine Isabelle.

Melchior Balassa,

ou qui rentreraient dans

vers Ferdinand

l'em-

cette paix

,

,

dont

le

maintien serait recommandé

traité ser.iit réprimée: ceux qui oseraient enle-

observations des

ver une place à main armée seraient punis de mort; la place surprise serait restituée. A chacune des deux parties était permis de fortifier

;

les le

le lion

endormi

cœur des

princes.

comme de bons

de combiner des

il

les

points de son territoire

qui appartenaient à

,

mais non pas ceux

mets convenables pour tous, et non point seulement agréablesau palaisde tel ou tel convive(2). »

justice Tata ne fut pas rendue,

Ces dispositions bienveillantes étaient sincères,

châteaux

car elles ne furent point détruite

nube ne devaient pas

s

par la nouvelle

d'une irruption de troupes allemandes en Mol-

et les

raient à être levés sur

augmentation

Rustem, par l'influence de l'ambasl'avait les

recouvrée sur

négociations de

pais, qui duraient depuis huit ans, furent

à

bonne

fin

vesiral d'Ali.

dans

la

menées première année du grand

Busbek

son co gé, et demanda que l'interprète lbr<.him fut envoyé avec

l'acte

sollicita

turc contenant les conditions proposées,

auprès de l'empereur, qui certainement

les ap-

prouverait. La proposition convint, et Busbek,

sans avoir été invité

à

un repas

officiel,

parce

que la paix n'était pas encore approuvée par Ferdinand, reçut pourtant du grand vesir, avant de quitter Conslantinople, un vêtement d'honneur, un cheval arabe, de la thériaque d'Alexandrie, et du

baume de

la

Mecque

(3)

[17 août 15621.

La ratification des conventions arrêtées entre Busbek et le grand vesir avait été signée à Pra-

gue, dès le 1 er juin de cette année 4). En vertu de ce traité le don annuel de 30,000 du,

(1)

Rusbek, ep. iv.

(2)

/b
(3)

Episioa

(4)

Declaratio et confirmatio conditionum pacis

Turcit; Praga?,

être inquiétés. Les impôts

ment des

le

même

ni vexation.

pied sans aucune

Pour l'accommode-

affaires pendantes, et

des frontières

nommés, dits, et les

,

pour

brigandages punis,

les

1

junii 1562.

la fixation

des commissaires devaient être le?

duels inter-

provocateurs châtiés surla dénoncia-

tiondes adversaires. Les ambassadeurs, chargés d'affaires et délégués impériaux étaient libres

d'entretenir des interprètes et de les prendre où ils

voudraient, en quelque nombre qu'il leur

conviendrait.

A

ces conditions la paix fut re-

nouvelée pour huit années. Avec Busbek, l'interprète

de

la l'orte

Ibrahim

(le

partit

renégat po-

lonais Sirozzeni) qui s'intitulait premier inter-

prète du sultan;

il

alla

jusqu'à Francfort, où H

:

remit à l'empereur, en audience solennelle, l'acte

turc avec ses lettres de créance, et

lui

présenta quatre chameaux, un cheval une boite ,

de baume, un lapis, deux étriers plaqués d'argent et deux coupes d'agate (1). L'acte turc difféiait en quelques points de l'exemplaire rédigé en latin. Avec Balassa et Bathory n étaient ,

compris que les barons rentrés dans le devoir, mais non pas ceux qui devaient y retourner; il était aussi question de l'extradition des fugi-

que l'excmp'aire impérial

tifs, tandis

*4ti\

parlait

seulement de rebelles et de brigands, mais non

,1. îv.

er

contre toute

Si

payés jusqu'alors aux deux parties continue-

interprète de

Porte, qui, après avoir perdu

l'autre.

du moins les" paysans de l'autre côté du Da-

davie; et grâce à l'assistance d'Ibralum-Beg,

Hntercosion de Busuek,

devoir en-

le

devaient être compris dans

cœurs des princes

dans

sadeur français Lavigne,

celles

ceux-ci renvoient les

les

ministres doivent être

sa place sous

l'inté-

rigoureusement aux sandsclakbegs, woiwodes, begs et capitaines. Toute atteinte portée au

cuisiniers, toujours occupés

la

dans

Nicolas Bathory et d'autres vassaux, qui étaient

salut et le bien des

ne faut pas rappeler

comme des

la

vieux maî-

ces biens ne sont pas moins nécessaires

pereur.

renoncer à toutes

cum

-

.

i

(1) Isluauli

,

I.

m.

,^_— Uni

,

LIVRE XXX11I. pas de

réfugiés; les

woiwodes de Moldavie

et

de

Valachie, sur lesquels l'acte latin gardait le silence, figuraient

sur l'exemplaire turc. Le su'.tan

ue s'obligeait pas,

comme

l'empereur,

à ce ser

111

surpassaient en valeur tout ce qu'avaient pré-

vêtements d'honneur, de vases d'argent

chevaux

ne pouvoir rien exiger de leurs paysans établis

libre passage

Tolna

i

Mohacs. En outre, l'envoyé Ibrahim

et à

trésenta encore

une note

écrite concernant les

0,000 durais, reliquat de trois années de tribut, mise en liberté des prisonniers turcs en

et la

échange de l'Espagnol don Alvaro délivré de aptivité a Conslantinople. Ces prisonniers de-

vaient être choisis d'après

la liste

de sujets

rc-



à

lïnterprète Ibeahim

le

même

pré-

1° les secours

a

la

.Mecque;

qui faisait partie de sa suite, d'ailcr finir ses

jours

cinq

Jérusalem; 4° enfin l'extradition des

à

du chan de

fils

Bidlis, qui s'étaient

domination du schah

sous-

enBagdad, le premier point fut rejeté par motif que la religion ne permettait pas d'as-

traits à la

et s'étaient

fuis a

main armée les Persans

schiites, c'est-à-

dire hérétiques, contre les Usbegs, qui étaient

comme

sunnites

les

Ottomans;

le

second

pillés

par

ment

la

les

Arabes, ce qui amènerait fa dé-

ruine de

la

paix; le troisième ne fut

comme

point accordé

offrant

quelque chose

d'inaccoutumée; l'extradition seule descinq

•}eg.

Le point important des 00,000 ducats, pour «quel liusbek avait prononcé quelques paroles demi obligatoires, fut passé sous silence. Le

du chan de

i

que

éjour d'Ibrahim à Francfort avait duré près

des bourreaux,

deux semaines;

(ière le jour >a

ni

eut deux audiences,

même où

l'empereur quitta

réponse à ses lettres de créance et fut expédiée de Spire (I).

Au moment où

i

il

le

la

der-

la ville.

à sa

note

lissait à

renégat Ibrahim se trou-

Constaminople une grande ambâs-

persane pour répondre à celle qui, l'année Tfcédente, avait porté au schah de la part du

iide

,

tiltan

,

ajesid.

les

400,000 ducats, prix du meurtre de

Cette fois les présents ne consistèrent

n'en sept tapis d'une beauté médiocre, un xemplaire du Koran, cinq grands plats de por-

une boite de bezoard. Rien plus brilfurent les dons que le grand vesir seul

plàbè nts

rfrit a

et

l'ambassadeur et à sa suite.

Il le

la

revêtit

étant

Un peu

62

,

dans

tel

Archives impériales.

destin de Bajesid et de ses autorisait

une

telle

fils

con-

fut

avant l'arrivée célébré

le

de l'ambassadeur mariage des trois prin-

de Suleiman. Des deux filles de Selim, âgées de seize ans, Esmachan fut donnée au second vesir Mohammed-Sokolli; cesses, petites-filles

la seconde au kapudan-pascha Piale; la fille du prince Mustapha épousa laga desjanitschares, Abdulkerm. La veuve de Rustem étant,

dit-on, fort occupée des noces de ses nièces, on se dispensa d'offrir le repas d'usage A l'am-

bassadeur avant son départ.

A

l'immolation de

Bajesid

Siwas, cette

de Suleiman pria

le

sorte

que son père

Bajesid

.

Wyss,

le

descendance.

li

'(1) Ferdinandus ad Alberlum de

coutume ne s'opposaient à ce

un précèdent qui

rail et la

;

la

fils

attendu que ni

ces princes fussent remis entre les mains

deux habits de drap d'or, et vingt-cinq périmes de sa suite de kaftans dorés six vases et | ix plats d'argent, deux magnifiques chevaux, B

Bidlis fut concédée,

religion ni

persan

Francfort en qualité d'envoyé turc, pa-

ait à

fut

refusé parce que les pèlerins persans seraient

sent qui avait été fait à son prédécesseur Junis-

ie

du

et les

permission, pour le père de l'ambas^a leur,

la

le

j'on promit

les

de

Usbegs; 2" un Ftats ottomans pour les

Turkmans

dans

et

somme de 150,000 as-

pèlerins persans qui se rendaient

sister à

nues dans l'acte turc devaient être rectifiées.

de plus une

sultan contre les

es

;

et

,

L'ambassadeur demanda

pres.

ommandés parla

sultane veu\e de Rnslem. A demandes produites en mauvais lai in, l'empereur déclara que son ambassadeur à Contaninople répondrait aux réclamations du sultan (u'à l'égard des prisonniers on ft rait les recheehes convenables; mais que les erreurs conte-

du sultan un même nombre de

l'audience

l'envoyé du schah reçut

de forteresses L'article relatif mx paysans était conçu de telle sorte que, d'après ses termes, les gens de Szigeih paraissaient toute élévation

A

senté les Persans.

grand

à

la

nouvel e de fille

vesir Ali défaire

l'accueillit

dans

le

en

vieux sé-

réconciliât avec son frère Selim, dont

elle avait

combattu

même que son

b}s prétentions au trône, de époux Rustem, tant qu'avait vécu

(I). Elle avait

insinué au grand vesir

13 décembre (i)

Rapport de l'ambass. véuit.,du 27 octobre 1562.

,

HISTOIRE DR L'EMPIRE OTTOMAN.

112

d'équiper une flotte pour une grande entreprise

comme la conquête de

mis d'armer pour

quatre cents galères à

cela

Mais Suleiman

ses frais (1).

Malte, et avait pro-

et Selim

ne voulant

,

pas priver l'une des jeunes mariées de son époux,

2

étaient contraires à ce projet

qui n'aimait pas

sir,

.

Le grand ve-

kapudan-pascha, mena-

le

seurs

Melchior Balassa et Zay. Afin de porter

,

secours à son frère enfermé à Szathmar, Jean

marcha avec quatre

Ba'assa

dant

Mahmud

défense à son lieutenant Saswar. Ce-

laissé la lui-ci

expédia en toute hâte

le capitaine

dans la faveur du maître. Suleiman. déjà profon-

accourut avec cent dix cavaliers,

dément

Bebek eût pu appuyer Balassa,

affecté par la révolte, la fuite et le sup-

deBajesid, trouvait encore des causes de douleur amère dans la vie de débauche grossière

où se plongeait Selim.

remontrances, et

11

adressa des

lui

recommanda de ne

lui

point

violer la loi de l'islam en s'adonnanl au vin. lieu

Au

d'écouter les avis paternels, Selim des-

messager qui

titua le

les lui avait

apportés

(2).

Beschir

Fulek pour demander une prompte

à

plice

comman-

devant Szathmar, ayant

était

de donner la place d'amiral à l'aga des janitsehares; mais Piale était fermement établi çait

fantassins et

mille

mille cavaliers sur Szecseny, dont le

taqué

assis-

commandant Hasan-Prodovich. Hasan

tance au

de monde

battu, et perdit autant

et

avant que

et,

celui-ci fut at-

Jean Crusich, commandant de Carpon. Thomas Palffy, et beaucoup d'autres tombèrent vivants au pouvoir

qu'Hasan avait de

soldats.

,

des chefs turcs, qui

les

envoyèrent en présent

au sultan. Celte défaite des Hongrois

fut

com-

pensée par la reprise du château d'Hegyesd

dans

alors à Constanlinople, Murad-Tschelebi, comme

[14 juillet 1562], et par l'entreprise de Zriny

un compagnon de débauche de son

de Szigeth. Le palatin et Ekhard comte de Salm, fils de l'immortel défenseur de Vienne, commandant de Baab, élevèrent des batteries

mettre à mort, porter

nouvelle de

la

pour

l'ordre,

le fils

fils, le fit

envoya deux chambellans

et

celte exécution, avec

de Selim, sultan Murad, de

se rendre à son sandschak. Selim dévora sa colère, et feignit

une soumission complète aux vo-

Mu-

lontés de son père (3). Bientôt après sultan

rad demanda

une galère à son beau-frère le

kapudan-pascha, qui, pour être agréable au prince et à Selim, avait déjà

préparer

fait

le

bâtiment, lorsque Suleiman défendit de faire

prendre

la

mer

à la galère, et permit seulement

d envoyer une galiote

départ,

(4).

et

même

après son

y avait eu encore en Hongrie des entre divers commandants turcs et

il

le

le lac

,

contre

le

château, firent prisonnière

son de quatre-vingts hommes,

la

garni-

et rasèrent les

fortifications. Quittant Szigeth avec mille cavaliers

et

deux mille fantassins Nicolas Zriny Drau entre Babocsa et Ternes, pour ,

franchit la

détruire les ouvrages qu'Arslan-Beg,

Jahja-Pascha, frère

fils

du beg de Szecseny,

de

faisait

élever à Monoslo, au delà de la Drau. Les Turcs,

quoiqu'en nombre supérieur, s'enfuirent

à l'ar-

rivée de Zriny, saisis d'une terreur panique;

Tandis que Busbek suivait des négociations

de paix à Constantinople,

comitat de Szalad, sur

Balaton

Suleiman regardant peut-être le favori de Selim,

Arslan lui-même qui mourut sous

,

après avoir forcé

lui,

un cheval

eut peine à échapper en,

prenant une seconde monture

et

,

abandonna

hongrois des frontières.

aux ennemis ses harnais d'or, ses chiens de chasse, de nombreux bagages, deux canons et

d'Ofen, et Malkodsch

quatre fauconneaux. Le siège de Szathmar fut

hostilités

de Nemethi que mais sans

furent transportées par ses soldats à Herzego-

arracher à leurs vaillants défen-

vvina pour être déposées à côté des restesde son

,

deux

sépare

villes

la

pouvoir

Bustem, beglerbeg samlschakbeg de Te-

levésurtoutàcausedumanquedevivres.Le vieux Malkodsch mourut bientôt après ses dépouilles

meswar réunissant les

,

leurs forces,

de Szathmar

et

Szamos, et y mirent les

attaquèrent

;

,

le feu

,

même temps la peste emporta le gouverneur d'Ofen, qui eut pour successeur

père. Vers le

Rapport de l'ambassade vénitienne cembre 1562. (1)

(2)

ma.

(3)

Rapport de l'ambassade vénitienne

vembre

du 27 dé-

Arslan-Pascha. celle

1562.

,(4j Ibid., (5) Ibid.,

,

du mois de décembre 1562. du mois de janvier 1563.

,

du 14 no-

du

Une capture importante

vaillant Bebek, qui, attiré par

fut

de faux

avis d'un renégat passé de la foi de l'islam à celle

du Christ, puis redevenu musulman pour tomba dans

affecter encore de se faire chrétien,

,,

LIVRE XXXIII. Hasan Prodovich dans de Ralogh, non loin des rives de la Rima. Enveloppés par Sarkœzy et Mades masses turques Bebek gocsy avec Rakoczy Hangony Bokry et Peikesch restèrent prisonnier.-. Sarkœzy, qui, au piège que

le

lui tendit

la forêt qui environne le château

:

,

,

,

,

mépris de

s'était jadis

jurée,

la

foi

le

Long, capitaine de

Mohammed

fde Pesth et du tschausch saxon de Transylvanie,

de

saisi

la

cavalerie

Hedajet,

renégat

fut maltraité à

coup de

lit

113

de mort, par Jacob Heraklides

qui s'intidespote de Samos, de Paros, et d'autres

tulait iles

de

la

mer Égée(l). En raison de

firma à Basilicus

V conde despote de Samos

et

le titre

Paros, possessions auxquelles l'empereur lui-

même

n'avait

aucun droit

nommer des

pouvoir de

el l'éleva

docteurs

correspondit avec Melanchton.,

une rançon de 14,000 ducats, pour laquelle s'engagea le juge de Debrezin; Rakocsy el Han-

poètes couronnés. Par

à

somme emmené à relâché jadis Mo-

furent délivrés en donnant

de "2,000 lhalers; quant

à

Bebek

Cmstantinople, quoiqu'il eut

hamuied

I

le

Long

el le

faible

la

fut

il

tschausch, ce qui

liait l'espoir d'obtenir sa

liberié.

-econnaissance de cet acte, Hasan

I

lui clou-

Pour louie lui

permit

n'envoyer Bocri auprès de son épouse et de ses

I

mfants;

!

il

rendit

à

Magocsy

le

jeune Peikesch

jour un casque d'or. Bebek arriva a Constanii-

un mois avant

îop'e

le

départ


Busbek

;

il

ogea d'abord chez le troisième inlerp ète Ferlad, qui fat mêlé à toutes les affaires de Tranylvanie. Kn vain l'envoyé transylvanien, Gas-

i

|

i

de Bâches

>ard le

,

s'employa pour la délivrance

Bebek, auquel on demandait d'abord l'abjura-

ion de sa religion.

11

enfermé dans la tour Hasan de Fulek échoua

fut

du château d'Asie. nouveau complot pour se saisir du omte Nicolas Zriny; mais les ouvrages du hàtcau de Monoslo, sur la Dau furent pouroire

ans un

i

!

,

jivis, et les

Martoloses poussèrent leurs cour-

ts jusque dans

Slyrie et

la

emmenèrent des

lui

en outre

donnant

des protono-

,

couronnés

et des poètes

taires,

,

de comte palatin, en

à la dignité

,

gony

cette décla-

ration d'hérédité, l'empereur Charles

massue par Hasan lui-même qui finit par le faire mettre à mort au milieu de tourments affreux. Magocsy obtint sa liberié moyennant

I

,

(2).

Basilicus

Wittemberg

;

publia un traité en latin sur L'histoire; en vertu

des pleins pouvoirs de l'empereur

en Moldavie, où

il

parenl de l'épouse

,

nomma deux

Pologne,

la

il

se rendit

donna d'abord pour un du prince régnant, Roxanse

moyen d'une généapour un descendant de l'an-

dra; et bientôt après, au logie supposée,

cienne race princièremoldavedesHeraklides(3).

Forcé de s'enfuir en Transylvanie,

il

gagna

la

Pologne, et chercha un refuge auprès d'Albert Lacsy, palatin de Siradie, qui lui préla 10,000 ducats pour rassembler une armée. Sa première entreprise échoua

mais la seconde, secrètement appuyée par Ferdinand (4), fut plus

heun

A

use.

la tète

;

de mille cavaliers, aprèsquel-

ques petits engagements,

Alexandre,

Le grand vesir

1.562].

irruption

cette

à

il

battit le

woiwode

en fuite [10 novembre

et le mit

Ali-Pascha reprocha

l'ambassadeur de

Ferdi-

nand Busbek et le sultan s'en plaignit dans une lettre portée à Prague par le tschausch Mahmoud et à laquelL on opposa des récriminations (5). Alexandre s'était échappé de Conslantinople mais les mains vides. Des députés de sou adversaire vinrent apporter 40,000 ducals, au lieu du tribut fixé jusqu'aiors ,

,

,

,

et, grâce a cette augmentation, Jean Basilicus reçut l'investiture comme woià 30,0(10;

risonniers de Luelenberg(l).

Pendant que l'on s'agitait ainsi sur les frouères de Hongrie, des événements bien plus raves se passaient en Moldavie. Le prince Te-

nant

Alexandre

,

,

avait été expulsé par

un

eniurier qui, soutenu d'abord secrètement

Ferdinand

ir

ir

k

,

avait fini

par être

reconnu

Suleiman. Voici en peu de mots l'histoire

cet

homme

:

Jean Basilicus, né à Candie,

un capilaiue de vaisseau,

(t)

au

,

Histoire de

Islnanfi,

I.

xx

Moldavie, d'après Gratiani ,

p.

401

et

427;

Korgacs

Mart. Crus., Turco-G: scia, rapport de Busbek, du 21 juin 1562. (2) Gratiani.

Engel Histoire de la Moldavie, p. IU9. Caesaris ad Jacobum Basilicwm Heraclidum, despotiim Sami t Paros et Moldaviae voivodam. (3)

(4)

fut adopté,

En{;el

Sommer,

,

Liiterae

Pragae, 3 Februaiii. (5) l'{t)

Rapport d'Albert rom, m.

deWysz.de

Constantinople.

Busbek,

episl. iv; lstuanfi, liv.

xxi, au

commen-

ccment. 8

,

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

114

wodc de Moldavie, par

et l'épée ,1a

redoutant l'hetmann des cosaques, Démétrius

kuka que lui' porta un tschausch turc(l). Bientôt un second tschausch vint trans-

Wîschnjewetzki comme rival au irone de Moldavie, l'attira dans le pays, le fit prisonnier

masse

et la

bannière

la

,

mettre l'ordre de congédier

troupes étran-

les

gères^ à l'exception de 300 lanciers hongrois et

de 300 gardes du corps mit

proniplcnient

si

;

woiwode

et le

à cette

se sou-

injonction, qu'il fut

soupçonné d'avoir eu recours

un

à

tel

pour se débarrasser de ses auxiliaires

moyen mais

:

mesure ne le mit point en plus haute estime

cette

son sytèrae financier n'était guère propre

gagner

;

à lui

,

avec son lieutenant Piasek,

et les

deux

ils

à

Conslantinople, où

envoya tous

périrent parla

corde (1). Dans le troisième mois du siège de Suczawa parut un sandshakbeg turc, avec cinq cents

hommes

remettre

place

la

sommant le despote de moyennant la liberté de se rene se fiait pas à cette proposi-

tirer. Celui-ci

,

tion mais la garnison le contraignit a l'accepter. ,

non plus que d'autres pratiques. Avec un grand candélabre d'argent d'un couvent, il avait fait frapper de la monnaie, imposé une capitation d'un ducat

Reprochant en peu de mots

à ses

manque de

la

par individu

Démétrius,

fils

bigamie, appelé dans ses

présenta

pain coupé en croix

Sommer

sacré de l'amitié chez les Moldaves; et néan-

les affections

entravé

,

peine de mort à

la

écoles les Allemands

cer

populaires

,

les divorces

et

,

applique

la

Gaspard Peu-

gendre de Melanchton, et fait des dispo. pour fonder une bibliothèque (2). Par

,

sjtions

des

affidés

il

parmi le peuple le du jour de Noël lui étaient

accrédita

bruit que, le malin

apparus

trois anges avec des couronnes d'or présages de sa domination sur trois

comme Étals,

,

la

Moldavie,

Valachie et

la

la

Transyl-

foi

Conduit devant Tomsa,

moins

le

le

lendemain

telle était la

coutume moldave

la

Tomsa ne put

confirmation dans

la

:

Turcscoutinuaicut encore sur l'on n'avait pas

persécution frappa les Arméniens,

parce que quelques

- uns avaient prié pour Iwan (1). Bernowsky Moczog, Stroitza, ,

les trois

chefs des conjurés, remirent

gnité de despote

specteur des

la

di-

un certain Tomsa inmagasins d'hvan Ce Tomsa, à

,

et

latin

d'Auersperg

(2)

davie (3) tai.ii.

Forsacs. Graiidiii ,

contenant qui

,

Sommer dans ,

Eugel, Histoire de Mol-

p. 201''.

Eiifjcl, Histoire

de Moldavie,

p.

209, d'après Gra-

le

la

conclusion

irruptions des

les frontières, et

,

traité.

le

Herbard

auparavant

trois ans

,

au

temps del'armistice si mal observé, avait répondu à une irruption des Turcs en Carniole par une expédition sur le territoire ottoman poursuivit cette fois un parti de pillards turcs jusqu'à ,

Costenoviz

,

et lui

causa une perte de quelques

centaines d'hommes. Le secrétaire Albert Wisz

d'Amsford

,

Constantinople après

resté a

départ de Bubek

se plaignit, au

,

nom de

dinand, de celte violation du traité accord du texte turc avec

De son

côté

,

Suleiman Engel

l'Histoire universelle ,

l'an-

mis l'accord entre les deux actes

,

(1) Gratiani et (1)

et les

,

les colons alle-

s

la

écoulé déjà depuis

était

faux avis d'une

mit à mort les épouses des adhérents du despote qui s'étaient laissé enfermer avec lui à Suc-

zawa

Un an

turc

;

dans

(2).

et

Allemands, artisans pour la plupart, furent massacrés partout dans le pays; une fille naturelle du despote fut immolée clans son berceau, la mère jetée dans un cloître; on 1

fut réintégré

le

attirés sur les fron-

du pou-

dignité princière

woiwode Alexandre

miner

tières;

à l'égard des

obtenir, à Constantinople,

delà paix avec Ferdinand

,

plus

bour-

le

toute espérance d'arriver à la succession voir.

boïards se conjurèrent secrètement pour exter-

hongrois

par

le

parents des princes déposés, pour leur enlever

pouvoir

les soldats

gage

,

ù

lui

narine droite, parce

la

en changeant son nom de Jean contre celui d'iwan cher aux Moldaves. Cependant les

mands. Les premiers par irruption de Ta tares, furent

Tomsa fit grâce

lui fit faire

il

cien

,

cheval.

d'hvan, l'admit à sa table,

reau une incision dans

que

troupes leur

ville à

celui-ci l'abattit à ses

pieds avec une massue de fer.

vanie; lui-même se para d'une couronne d'or

,

de

sortit

il

,

,

I.

,

la

s'irrita

Histoire de

xlvii

,

,

et

du

rédaction

de

le

Fefdés-

latiue.

que

ce

l'Ukraine

,

dans

p. G8.

deux écrivains, histoire de Moldavie d'Engel; mais Enjjel se trompe lorsqu'il lait solliciter par Tomsa sa confirmation près du grand vesir Rusiem, mort depuis un an. (2) Gratiani, Sigler, d'après ces

h

,

,

LIVRE XXXIII. l'argent stipiri* en présent n'était pas encore

deW'yszfut

arrivé. Enfin, Albert

ambassadeur résidant près de

la

ce dernier remit

rentins pouvaient naviguer dans la

une partie de la somme dans un diwan solennel, et tut congédié un mois plus tard, avec

pour

et

Mais c'étaient surtout

les

Depuis

se succédaient rapidement.

colas Brzozow ki

mer

Noire.

missions polonaises qui

de Ni-

celle

Simon, staroste de Lemberg

,

,

venu rendre ses devoirs au sultan à Au aL'année suivante, avait paru Yazlowiecki

était sia.

sous des réserves et protestations, attendu qu'il

chargé de traiter des affaires de Valachie et du droit de pâturage. Ces questions formèrent en-

y eut beaucoup de débats

core les objets principaux de la mission de

ratifié

l'acte

ne put

mais

,

le vérifier.

11

accepta seulement

qu'il

sur l'égalité des corvées entre les sujets de l'em-

pereur et du

sultan en Hongrie

sur la mise en

,

Le grand vesir Ali-Pascha demanda que les heiduques deSzigeth, Erlau et Giula tussent maintenus dans l'ordre ajoutant qu'il ne pouvait pas intercéder pour la (délivrance des prisonniers hongrois, Bebek liberté des prisonniers.

Thomas Paly, Crusieb, parce que

les

condit ons

imposées à l'égard des Kspagnols Alvarès et et Sanchio n'étaient pas encore remplies iqu'une partie seulement de la somme stipulée ,

dans

reçut aussi

Philippe

II

,

de l'instruction de négocier, pour

avait été payée (2). Albert

traité

le

Wysz

une paix de huit

à dix ans

,

attendu

ique les tentatives antérieures faites par Fran-

Vargas

chi de Chios et

étaient

restées sans

Sur ce point encore, Ali-Pascha se montra prêt à traiter, mais après l'entier acrésultat.

quittement de

de naissance •

de Brusa,

Porte, et Paul

avec l'ambassadeur,

,

soie

juridiction des consuls (1). Les bâtiments llo-

la

Palyna fut chargé d'apporter, comme nonce, présent d'honneur (1). Un mois après son ,

du commerce de

liberté

nommé comme

le

arrivée

115

la

somme convenue

colonel

,

français

,

(3).

Un Corse

se

présenta

au grand vesir avec des lettres de créance du

de

,roi et

la

reine de France

11

comme

demandant

l'assis-

turque pour soumettre sa

tauce d'une Hotte patrie

,

province tributaire à

la

Porte.

n'obtint pas plus de succès qu'un négociateur

.génois

venu pour

ide sa république

solliciter :

un

traité

on répondit

en faveur

à ce dernier

Nicolas Brzeski

deux ans plus tard

nommés commissaires pour régler les droits de pâturage. Le tschausch Ali fut envoyé comme commissaire à Venise (2). Les rapports diplomatiques n'étaient pas moins fréquents avec cours

les

de

pour combattre

l'artillerie

(4); et des envoyés de Tunis réclamaient de l'appui pour conquérir la

Goulette

(S).

Dans l'équinoxe d'automne, les environs de Constanlinople furent submergés par la plus dont

terrible inondation

les annales ottou

fassent mention. Elle ne peut être

lit

emporter l'armée des croisés avec le

rad

,

vallée

sur

le

;

deflerdar

jardins d'iskenderischelebi (7), le

Bagdad

exécuté à

,

lorsque s'éleva un épou-

vantable orage qui dura vingt-quatre heures sans interruption, pendant lesquelles

(1)

vei tu

(2)

ide ce traité, les Florentins étaient assimilés aux

tiens

la

la

de Chalkalidere déjà il était parvenu rivage de la Propontide, non loin des

journal de Ferdinand

Vénitiens; des mesures étaient assurées pour

fail-

Kon-

Suleiinan s'était rendu à la chasse vers

la

En

roi

Le malin du jour où se déchaîna ce

(6).

fléau

mation de

I.

ânes

comparée

qu'à celle qui, quatre siècles auparavant,

tomba soixante-quatorze

renouvelée déjà sous Selim

Portugais (3);

ment de gouverneur

donner des pouvoirs à un ambassadeur. L'envoyé de Florence fut plus heureux clans ses efforts pour la confirisid II, et

les

des députés d'Alger sollicitaient un change-

à

capitulation accordée sous Baje-

Une ambas-

asiatiques orientales.

sade indienne du roi d'Assi vint demander

;que Gènes,

cet effet, devait

ensuite

;

Nicolas Sieniawzki et Hasanbeg furent

L'acte entier

Dans

les

du

fois.

traité se

la

foudre

Le Mêlas

et l'A-

trouve en appendice au

u° 71.

,

Scritture tedesche, parmi les aclesvéni-

desaichiies impériales

,

se trouvent trois lettres

de Suleîmari au doye, de l'année 1563. (3j Rapport de l'ambassade vénitienne, du

12 juin

1562.

de juin 1561. Ibid, du 18 août 1562. JbiJ.fde juin 1561.

(4) /We/.,

(1; Credeutiales lii

pro

Alberto de

Wysz;

Pra(j., 17 ju-

1563. (2j (3;

Rapport d'Albert deWysz, du 12 novembre 1563. Jbiil. du 22 décembre 1564. ,

(5) (6)

Cinnami

(7)

Constanlinople et

Raschid

,

I.

i

,

,

c. 11

fol.

,

20

14,

,

le I.

Otto de Freysingen.

Bosphore, ,

fol.

I.

56.

n

,

p. 12,

d'après

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

110

thyras, qui se jetlenl dans

Tschekmedsche, vèrent

profonde baie de

la

se grossirent

;

leurs eaux s'éle-

une hauteur prodigieuse,

ci

les alentours

de

la

vallée

couvrirent

el

de (.halkadire;

vironnèrent

où se trouvait Suleinian, pénétrèrent même dans l'enceinte, et le sultan lui-même eut été noyé s'il ne se

le

palais d'iskendcrtschelcbi.

d'un

fût élevé sur les épaules

gigantesque, jusque dans resta jusqu'à ce

que

les

les

homme

charpentes, où

il

eaux se fussent retirées.

Les torrents delà vallée ruinèrent

aqueducs

les

récemment construits par Suleinian: ceux de Maglawa s'écroulèrent. Dans la belle plaine des eaux douces, à Kiaghadschane les platanes déracinés furent emportés comme des fascines on ne voyait que débris de maisons de campagne et de métairies. es eaux douces ,

;

I

portèrent les ruines dont elles étaient chargées

contre

le

De

les

précipitèrent en torrent impétueux, en-

flots se

que l'architecte Sinan soutint sur une voûte en ogive, mais dont on ne vit l'achèvement que sous le rè^ne du sultan Selim.

faubourg d'Kjub, pénétrèrent dans

la

mosquée de ce nom, et s'é'c èrent au-dessus du tombeau du porte-étendard du prophète. Le les rives du Bosphore aux vagues, qui montèrent

la

description des ravages de l'inondation,

ottomans passent tous presque

les historiens

aussitôt au siège de Malte

plus tard, mais pour

armements maritimes. Avant d'exposer ce

les

récit,

faut rappeler les principales expédi-

il

tions des

ottomanes depuis

flottes

Barberousse, ,

point

,

commandement supérieur des flottes ottomanes avait été remis à Piale. Cet homme, issu de la Croatie, quitta

le

harem impérial, où

de beglerbeg. Lorsque, après

la

la

con-

suite d'autres succès

la

la

plupart

maritimes dont

il

les

plus so-

paraissait avoir

des droits à

seulement résistèrent. Les ponts du grand

exerçait

charge d'amiral, mais avec le titre de sandschakbeg, qu'il échangea quatre ansaprès contre celui

lides

il

chambellan, pour remplir

fonctions de

les

quête de Dscherbe, et à

par-dessus le rivage et ren.versèreni

mort de

afin que leurs noms n'arrivent brusquement aux oreilles du lecteur. Après la mort du kapudan-pascha Sinan, frère de Hustem arrivée presque à la suiie de la déposition de celui-ci du grand vesirat, le

sur ses chefs

port de Constat. tino; le et

des édifices construits en ces lieux;

la

présenter une notice rapide

et

ne purent

résister

deux ans

entrepris

,

lequel se faisaient alors

sera question la

plus loin

,

il

dignité de pas-

aqueducs etàla construction deponts de pierre dont la solidité put braver à l'avenir les coups de l'élément furieux (1). Antérieurement, des travaux de ce genre

à trois queues, Suleinian trouva que c'était un avancement trop rapide qui pourrait porter atteinte à la dignité du vesirat; mais pour lui donner un témoignage éclatant de la plus haute faveur, il l'unit à sa petite-fille. Ce fut seulement au bout de cinq années que Piale reçut les trois queues. Après le kapudan-pascha, le gouverneur d'Alger avait le commandement maritime le plus important. Lorsque Chaireddin mourut î-on fils llasan jouit quelque temps de

avaient été dirigés par Ssofi-

cette autorité

du

Tschekmedsche, d Maramidere et de Sihwri furent emportés; durant une semaine et

petit

entière la

plus de

mer

fut troublée, ses

saveur saline.

eaux n'avaient

Suleinian

affecta

un

demi-million de ducats au rétablissement des

Ali, qui,

du gracie

de général des armuriers, s'était vu nommer grand chambellan. Au moyen de cent dix tuyaux de plomb, chacun de trois pouces de diamètre, l'eau fut amenée

à

Constanlinople,

cha

,

Ssa'.ih-Beis

(1)

Rapport de l'.unbassade vénitienne.

remplacé par

conquête de Tu-

bats entrelesTroyens et lesGrecs, et puiser sur

appellent

aqueducs qui aujourd'hui encore décorent la ville et la désaltèrent. 11 ne porta pas moins de soin à la réédification du pont de Tschekemedc,

fut

il

à la ,

saire (1).

construction des

mais ensuite

Né au pied du mont Ida Ssalih-Beis avait pu entendre parler dans sa jeunesse des com-

commença de nouveau

la

,

déjà signalé

nis.

de beglerbeg de Meraasch en récompense. L'inondation ayant détruit en grande partie ces ouvrages, Suleinian

et Ssofi-Ali reçut la place

,

cette terre poétique l'ardeur héroïque fit

dont

il

preuve dans ses audacieux exploits de corTori;hud,queles historiens européens

communément Dragut,

était sorti

de

parents chrétiens du sandchak de Mentesche,

dans un village du jeunesse

I)

Aali,

,

district

il

s'était

dans

la liste

de Serulus. Dans

signalé

sa

surtout par son

des begs de Suleim.ui.

LIVRE adressée tirer de Il

vigueur A

l'are, et sa

du service comme

prit

la

XXXIII.

lutte.

soldat, et devint bien-

ria et

11?

Tolède, réunissant leurs forces de terre et

de mer, prirent Munastir, où

ils

saisirent

douze

de troupes de marine(l). Plus tard,

cents prisonniers. Cependant Torghud se porta

ayant tenté, avec treize vaisseaux, une entreprise

contre les côtes espagnoles d'Alicante et de Va-

contre

lence; mais aux îles Baléares il fut repoussé vigoureusement par les habitants de Polentia; l'entrée de Mehdije lui étant interdite parles

tôt capitaine

Corse,

la

il

fut pris par le

attaché au banc de

Barberousse

comme

esclave (2).

briser ses fers lorsque, parais-

fit

sant devant Gènes, la

galère

la

jeune Doria et

menaça drravager toute

il

riviern. Soutenu par Barberousse,

Torghud

mer avec vingt-

porta bientôt la terreur sur

la

cinq vaisseaux

débarqua dans

[1548].

11

golfe de Naples, surprit Castellamare, et

le

em-

porta de cette ville et des v liages environnants

un

riche butin. Bientôt après

il

s'empara d'une

galère maltaise expédiée à Tripoli avec 70,000 ducats (3). Lorsqu'ensuite le kapudan-pascha,

de Rustem et Torghud se renconixèrenl enpleinemer, l'esradre des corsaires se signala

frère

par

,

la supériorité

impérial invita

hommages

à

de son

artillerie, et l'amiral

Torghud

à venir présenter ses

comme

Constant inopte,

Barberousse.

Torghud

avec huit vaisseaux.

se

Il

avait fait

rendit a l'invitation

fut gracieusement ac-

nommé sandschakbeg de

impériaux qui l'assiégeaient alors, sur

A

de Dscherbe.

l'île

fin

la

il

se relira

de juin ar-

riva aussi Vega, viee-roi de Sicile, avec des

vaisseaux et des troupes pour

dyr,

et les chrétiens

siège de

le

Meh-

Irouvèrent encore de puis-

sants renforts dans l'alliance avec Sidi-Aarif,

chef de qu nze mille Arabes, qui avec Kairouan à

la

s'était soustrait

domination du prince de

Dans la suite de Vega se trouvaient aussi Muley-Hasan, le souverain de Tunis installé par Charles V, que on fils Hamida avait précipité du trône et privé de la vue, et un chérit" que Vega avait amené de la Goulettc. Par l'enTunis.

tremise de ces deux musulmans

habilement avec Sidi-Karif que ,

après l'arrivée de

la flotte

le

négocia

il

si

troisième jour

impériale, deux mille

cinq cents Arabes vinrent dans

reçurent, avec un trai-

le camp, qui abondamment pourvu de bétail 28 juin 1550". Bientôt après mourut Muley Hasan, vingt-

tement quotidien de 70 à SOaspres, un vaisseau de guerre à commander et le droit d'élever un

deuxième souverain des Beni-Tlafsz et sur la demande de Sitli-karif ses restes furent ense-

fanal.

velis à Kairouan.

cueilli

et

Karli-Ili.

Les capitaines des sept autres batimenis, tous corsaires

renommés

,

Délivré des fers des Génois

Torghud songea

,

aux moyens d'acquérir des possessions fixes et permanentes sur la côte d'Afrique; il chassa les

Espagnols des

de Susa

villes

Monastir, dé-

et

pendant autrefois de Tunis,

et

s'empaa par

trahison du fort de

Mehdije, donné par les géographes européens, tantôt pour Afrikija, tantôt pour Aphrodisium,

eux-mêmes

talistes

et

crurent

que être

les

orien-

Mahadia.

Maître de Mehdije, Torghud menaça les côtes d'Espagne, de Sicile et de Naples avec quarantesept vaisseaux. Pour attaquer

pirate dans son envoya une flotte conquête de Mehdije. Do-

repaire, l'empereur Charles et

une armée

faire la

le

V

fut

,

,

Déjà le siège durait depuis un mois, avec une grande obstination de part et

grand obstacle aux efforts des les deux murailles éloignées de vingt-cinq pieds Tune de l'autre, hautes de douze toises. Torghud tenta de jeter du

d'aulre.

I

e plus

assaillants était

dans

renfort dans

place: avec huit cents arbalé-

triers, il

la

,

deux cents cavaliers

pénélra dans

ville, et

d'où

les

et

cinq mille Maures,

le bois d^oliviers situé

contre

la

assiégeants tiraient leurs fas-

cines, et attaqua

brusquement

le vice-roi de.

commandeur de Rhodes Sanjjlo, et te commandant de la Goulette Vargas, qui périt

Sicile, le

avec plusieurs vaillants guerriers. Mais ensuite il

lui fallut se replier

sur

le

bois et regagner

Dscherbe. Depuis, son autorité

alla

toujours

décroissant parmi les Arabes des alentours, qui (1) fol.

Hadscbi-Chalfa

,

Histoire des guerres maritimes,

30.

(2)

Job. Stel'se de Aphrodisio expugnalo commenta-

rius, et Verlot

,

1.

xi.

Remarques sui l'élal d'Alger, 1. n Morgan l.augier deTussy, Vertot. (3)

,

,

p.

644, d'après

approvisionnèrent

maintenant le camp plus abondamment que jamais. Le jeune Doria amena

encore des vivres

et

de

l'artillerie

de

Sicile;

vingt-deux grosses pièces mises en batterie à deux cents pas des murailles dirigeaient leur feu

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

118

sur les deux plus fortes tours; l'assan! fui livré

tours

queurs.

après l'enlèvement des deux

:

rendit

la ville se

furent partagés

;

butin entre les vain-

remit au capitaine de vaissoixante-dix blessés, afin

seau Génois Cicala

fils

sepl mille prisonniers

comme du

I.e vice-roi

avec eux obtenir

qu'il put

10 septembre

le

la

délivrance de son

Au

retenu dans les fers par Torghud.

bout

de quinze jours la flotte mit à la voile, ayant laissé une garnison dans la place (1). Bientôt après Dora poursuivit le pirate dans sa dernière retraite, à Dscherbe.

se posta devant

Il

l'entrée d'un canal appelé Alkantarat la

nuit

Torghud

;

mais dans

éleva des batteries dont le feu

contraignit l'amiral à s'éloigner avec ses vais-

de

seaux. Attendant des renforts espérai! pouvoir attaquer

du l'exemple donné

i'ile

tant

de

et

Torghud

fois déjà,

ter les bâtiments sur la terre.

pages

sur tous les points,

pirate. Alurs

et se saisir

Doria

Sicile,

A

suivit

de transpor-

l'aide des équi-

des esclaves de ses galères,

établir

il fit

une route en planches qu'on frotta de graisse, puis au moyen de rouleaux les vaisseaux furent

du port

miié opposée de

du Koran, comme gage de

Tripoli était conquise par ses armes,

si

promesse

la

il

gouvernement en qualité de begierbeg. Avec l'aide de Sinan-Pascha, il l'arracha aux chevaliers de Saint-Jean, que Charles V avait chargés de la défendre. Néanmoins, le kapudan-pascha investit de ce gouvernement l'eunuque Murad-Aga, au mépris delà parole donen aurait

le

née

Irrité

fit

(t).

gouverner

seaux

de ce manque de

Torghud

foi,

à l'ouest, et la plupart des vais-

Alors Sinan-Pastha

le suivirent.

lui

fit

mille promesses, et l'attira encore à Constanti-

nople

;

de

là,

il

mer

prit la

l'année suivante avec

quarante-cinq galères pour aller ravager les côtes de Naples et de Sicile.

de

et assiégea la capitale

11

débarqua en Corse,

l'ile,

Bastia; quatre

mille cavaliers et mille fantassins vinrent au se-

Torghud les battit en rase campagne 17 août 1553 et promit aux habi-

cours des assiégés

:

tants de Bastia

liberté

la

de se retirer; mais

quarante-sept seulement purent user de cette

condition de

capitulation; sept mille furent

la

d' Alkantarat jusqu'à l'exlré-

emmenés chargés de fer(2). A sou retour, Torghud châtia, sur la côte d'Albanie, le chef des

tandis que le feu des bat-

Chimariotes rebelles, Alimed-Beg, et regagna

,

,

entraînés

plaire

que

l'île

,

teries trompait et occupait la flotte impériale

Constantinople avec un riche butin

(3).

embossée devant

ghud ayant marché

les traces

Doria ne s'aperçut de

le port.

si

dignement sur

Tor-

tant des secours, fut enlevé presque sous ses

de Barberousse, Suleiman était disposé à lui conférer le gouvernement d'Alger; mais Rustem ayant représenté qu'un service constant

yeux par Torghud

convenait peu à

cette

manœuvre qu'au moment où

le

grand

seau, cinglant rapidement de Sicile,

vais-

appor-

lui

(2).

Torghud ayant capturé des vaisseaux vénitiens

,

coulé bas ou brûlé

au mépris de

,

la

paix

de

formait

Rustem, qui considérait d'un mauvais ail le capitaine de corsaires, devenu sandschakbeg de Karli-lli comme un rival dangereux pour son frère Sinan, kapudan-pascha, saisit cette occasion de l'appeler à Constantinople pour rendre compte de sa conduite. Alors Torghud se réfugia avec ses vaisseaux dans les ports de Maroc, et persista deux années dans sa désobéissance. Suleiman, qui avait besoin du corsaire contre 1rs Maltais, pardonna le passé, et envoya à Torghud, avec un sabre à poignée d'or, un exem-

îles (4).

la

Porte

et

Venise

,

le

vesir

,

mage de

Venot. I.

xi

,

et

Hadscbi-Chalfa

guerres maritimes Petschewi ;

nement

,

fol.

,

Histoire

116, et Aali

,

des

I e évé-

le

se contenta

sandschak de

Karli-Iii,

département maritime,

reconnaissance, saisit l'occasion

sa

cheval de Suleiman pour

à

s'avancer à pied (levant le sullan, baiser son étrier, et solliciter le

gouvernement de

Tripoli

qui lui avait été promis. Suleiman tint alors parole,

sa

Torghud

et

(1) Hadschi-Chalf.i fol.

,

resta jusqu'à

Ibid., ,

mort

Histoire dos guerres maritimes]

fol.

31 el 32; Dschelalsade

Dschelalsade.

(4)

l'or,

la

fol.

division

330; Ssolaksade des

,

p.

253.

,

;

Sso-

Aali.

gouvernement

constitution et l'administration partie

314

fol.

,

334.

fol.

(3)

ne

sa

27.

(2)

(t)

le

une partie du gouvernement des Torghvd, sous prétexte d'offrir l'hom-

d'une promenade

laksade

(2) Vertot,

,

qui, compris dans

grand

régnant alors entre

Torghud Suleiman

confirmer dans

le

,

dans

ta

de l'empire ottoman,

,

LIVRE xxxm.

119

gouverneur de Tripoli. Bientôt après mourut

son oncle Kemal

kapudan-pascha Sinan. Au temps même où Piale, Torghud étaient la terreur de la mer Egée et de

l'indication des courants, des bas-fonds, lieux

le

et Ssalih

Médi-

la

terranée, les capitaines de vaisseau Piri-Reis,

Murad

e( Sidi-Ali

kapudan portaient

dards ottomans dans Persique,

jusque dans

et

augmentaient

les

mer des

la

éten-

les

Arabique et

golfes

les

Indes, et

connaissances de leur nation

par des ouvrages géographiques et nautiques,

de ce genre que possède la littérature ottomane, écrits par des gens du métier. Piri-Reis, neveu de Kemal-Reis qui, sous Bales seuls

fameux par

ijesid, se rendit

kapudan d'Egypte,

ses pirateries, étant

de

avait mis à la voile,

Suez, avec trente bâtiments, pour descendre

mer Rouge et remonter ensuite dans Persique. La saison étant fort avancée, quelques bâtiments sur

fit

il

il

dont

possession était

la

les

si

des présents,

ennemie et

,

il

se saisit

du

de ce nom,

l'île

importante pour

navigation du golfe Persique Baszra. Là

perdit

habitants esclaves.

assiégea Ormus, dans

Ensuite

il

côte arabe de Scha-

d'Omman

har, puis sur la côte

port de Maskat, dont

la

la

golfe

le

mais,

;

la

gagné par

leva le siège (I), et se retira sur

il

surpris par

se réunissait

la

nouvelle qu'une flotte

pour

lui

donner

la

chasse,

pensant qu'elle pouvait rendre impossible sa

sortie

du

golfe,

lement avec

ne

s'il

se hâtait,

trois galères,

il

s'enfuit seu-

pour sauver ses

tré-

L'un de ses bâtiments échoua près de Bahrein; avec les deux autres il regagna Suez,

sors.

et se rendit ensuite

au Kaire, d'où

le

gouver-

neur adressa un rapport à Constantinople du

mauvais résultat de l'entreprise

et

de ses causes.

La Porte envoya pour réponse un ordre de mort contre l'iri, qui fut décapité au Kaire. Ses immenses trésors, dans lesqm ls se trouvaient d'énormes vases de porcelaine remplis d'or, furent expédiés â Constantinople. Après sa mor'

vinrent des députés d'Ormus au ,

nom

des habi-

tants, pour réclamer les richesses qu'on leur avait arrachées

La

;

mais

ils

n'obtinrent aucun suc-

de l'héritage de Piri, et qui n'entrait pas dans le fisc, fut le Bafirije, allas maritime de la mer Egée et de cès.

la

partie la plus précieuse

Méditerranée, dont

(1)

Pelsrhewi

schi-Chalfa

,

,

fol.

il

reconnut

118; Aali,

les côtes

1.

ou

seul

,

et qu'il décrivit avec

de débarquements, anses, détroits

et havres.

La place de kapudan d'Egypte fut donnée à l'un des plus fameux corsaires, appelé Murad, ancien sandschakbeg de Katif qui n eut l'ordre de se tenir en station à Baszra avec deux grands vaisseaux, cinq galères et une galiote; néanmoins ,

il quitta son poste dans l'espoir de pouvoir gagner l'Egypte; mais en face d'Ormus, attaqué par la flotte portugaise, dans un combat acharné il perdit deux des plus habiles capitaines, Selman-Reis et Rcdsched-Reis ainsi que l'un des deux grands vaisseaux, qui alla échouer sur la côte de Lar; lui-même sauva le reste de la flotte en le ramenant à Baszra. De là, il fit connaître son désastre; mais n'ayant point amassé de ri,

conserva sa

chesses,

il

Sidi-Ali

célèbre sous le

,

Deux ans après,

tète.

nom poétique de Katibi

appelé Katibi-Rumi, fut expédié d'Alep à

et

avec l'ordre de prendre le commandement supérieur des forces maritimes en ces lieux. Avec quinze bâ'iments il sortit de Baszra, eut deux engagements avec des flottes portuBaszra

,

de vingt-cinq et quarante-quatre Après avoir perdu dix vaisseaux dans ces combats, il fut assailli par des tempêtes qui lui gaises, fortes voiles.

firent subir

de plus grands désastres,

et le chas-

sèrent jusqu'à Diu, Gudschurat et Surat. Sans artillerie,

endommagés,

avec des bâtiments

capables de tenir

la

mer,

et surtout

aux escadres portugaises,

il

de

laissa à

in-

résister

Demen,

mains du lieutenant du sullan de Gudschurat, ce qui restait d'armements à ses vaisseaux, permit à ses équipages de prendre, s'ils le voulaient du service pour le sultan; et. entre

les

,

avec trente de ses compagnons

,

il

entreprit de

suivre sa roule parSind et Hind, traversa leSabulislan, le Bedachschan et

la Transoxane, le Chuaresm, leChorasan et la Perse; il n'atteignit la Turquie qu'au bout de trois ans, et alla baiser la main de Suleiman à Andrinople, où il lui

remit des lettres des radschas indiens et de sultans Lsbegs

maître

la

(1).

Plus tard,

il

offrit

à

son

description de son voyage, moitié en

prose, moitié en vers, sous

le titre

de Miroir

avec

ne événement; Had-

Histoire des guerres maiïiimcs,

,

28,

fi) fol.

Hadschi-Chalfa, Ilisioiie des guerres triariiimêJ

28; Petschewi

,

Aali, Ssolak>;nle.

,

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

120

des pays (1). Suleiman, louché des aventures et du mérite de l'auteur, lui confirma une p'ace de muteferrika, avec un traitement quotidien de 80 aspres; la

compagnons

ses



solde arriérée des trois années

une

gratification.

Sidi-Ali

compter

fit

il

,

du voyage,

et

encore d'autres

fit

travaux:

]

siantinople [1555, 1556] il

prit la

cent cinquante galères dévas-

ter Mallorca et Sorrento. L'année suivante

de ces

vit pas

que

sortesd'ex|>loi(s, parce

ne

Piale,

de Constalinople avec quatre-vingts vais-

de Valona

un ouvrage

mena

il

sous

du sinus,

(2).

,

En 1558,

seaux, et

de Miroir des êtres, sur l'usage de

L'année suivante

voiles, et s'empara

du port de Benesert aux environs de Tunis

il traduisit la géographie mathématique d'Alikuschdschi, écrivit lui-même un traité de mathématiques appliquées a l'art nautique,

le titre

(1).

mer avec soixante

sorti

après par dix autres

fortifié bientôt

bâtiments, observa tranquillement dans les eaux (3) les flottes

ennemies qui se prépa-

aussi

raient à l'expédition contre Dscherbe et Tripoli.

précieux que rare sur la navigation de la mer des Indes, intitulé Valut, l'Océan, d'après les

Les chrétiens profilèrent du retour de Pia'e à Constant inople pour la mettre à cx^cu'i m, dans

meilleures sources arabes et persanes.

les

l'astrolabe et

et laissa

mer des Indes pour nous reporter maintenant sur la Méditerranée, où Torghud,

mois d'automne et d'hiver. Ils réunirent plus de deux cents voiles fournies par l'Espagne et le pape, Gènes, les diverses puissances d'Italie

réuni au nouveau kapudan-pascha

Florence, Malle,

Quittons

la

Piale, suc-

cesseur de Sinan, inquiétait les cotes de Naples.

Ces entreprises avaient été déterminéescette fois encore par la diplomatie française. Un débarque-

ment sur

cote de Naples avait été résolu à la

la

,

conde s'était rendu à Amasia pour attendre Suleiman à son retour de l'expédition de Perse,

Messine, puis

et lui offrir ses félicitations (2).

vrier et

,

leiman adressa l'ordre

ravager

les côte

de

à Piale et

l'Italie

rent et prirent Reggio

clavage

et

,

D'Amasia Suà Torghud de

[1654].

assiégè-

Ils

emmenèrent en

es-

habitants ainsiquecrux de quelques

les

autres places (3). Ssalih, beglerbeg d'Alger, châtia un chef arabe nommé Mohammed, qui allié

des Espagnols

,

du Penon de Vêlez, il

se

ville

avait assiégé la forteresse

un rocher élevé; rendit maître de cette place ainsi que de la de Budschia quelque temps après (4). De

son côté, tative sur

assise sur

Piale, après avoir fait l'île

d'Elbe et

Oran, regardé comme l'aide

qu'il

d'une

flotte

une vaine tensur Piombino conquit ,

le

deTelmesan,

port

à

enes,

Génois Cicala;

le

pour chef La

chrétienne se rassembla d'abord à

flotte

Malte:

a

se

le

Sicile,

,

(3) Histoire

(4)

IrouveDt à l'appendice du journal

Ssolaksade

fol.

guerres maritimes,

117

fol.

fé-

le vice-roi

de

Hugues de Moncade mais où Torghud ,

avait ensuite établi sa domination, grâce

aux

querelles survenues entre les trois scheichs qui

administraient

les trois dislricts

de

fois ses extorsions et ses violences

les habitants qui lui

que parurent

livraient

chrétiens

les

:

il

l'Ile.

Toute-

avaient irrité

un combat lorslui fallut

se reti-

rer sur Tripoli avec deux galères qu'il expédia aussitôt sous les ordres (le

renégat

ita

des présents

à

du corsaire Uludschali de l'argent et

ien Ochiale), avec

Constantinople,

et

qui apportè-

rent le premier avis de l'arrivée delà flotte chré-

Petscnewi,

fol.

,

;

,

fol.

115.

Aali.

33.

Hadschi-Chalfa

(2)

,

Histoire des

33.

Ibid.

Hadschi Chalfa, Hisloire des guerres maritimes. (4) La hsioria dell' impiesa di Tripoli di Bjibaria; Veneza I5B6; successi dell' armata délia Maesla caiolica desiinaia

,

1)7; Hadschi-Chalfa

fol.

(3;

d?s guerrps maiilimes.

Peischewi,

en

pour Dscherbe,

port de Con-

de Suleiman, n os 17 et 48. (2) Sur celte ambassade, voy. Petscbewi Dschelalsade

elle leva l'ancre

voile directement

fit

soumise au sceptre espagnol par

(1)

livres

don Alvaro de

(4).

de quarante-cinq galères

ramena triomphant dans

Deux

troupes avaient

les

colonel espagnol

le

guerres maritimes, (1)

seigneur

el

Sandi

,

,

Sicile, Naples, le

commandées par l'amiral André Doria, ayant sous ses ordres le commandeur de Malte Guimaran, les commandants espagnols don Sam io de Levia, don Berenger cel Requede Monaco,

du représentant de Henri II le seigneur d'Aramont qui avait été chargé de deux missions auprès du sultan et dans la se-

sollicitation

lu

Hisloire des

délie

ail'

gerbe

impiesa

di Tripoli di

Barbai

ia,

délia

e prosressidell'aimataiurca.scrilti

Franc. Cirni Corso ; Venez.

1

500.

pria

perAnt.

,

,

LIVRE XXXIU. tienne à Dscherbe(l). Le 4 mars 1560, la flotte

du

à l'ouest

nrra, et

loule l'armée opéra son débarque-

fort

,

!

au cap Balguer-

jeta l'ancre

ment de

121

la flotte

au sandschakbeg de Mitylène»

lui-même se rendit dans

et

le

j

le 7

dura quatre-vingts jours; dans

ment. Apres quelques escarmouches et diverses négociations, le château se rendit

le

huitième

jour, et aussilôt furent jetés les fondements de

nouveaux ouvrages pour défendre

Le

l'Ile.

prince de Kairouan vint visiter les chefs espagnols, et le 14

scheich de

le

l'île

se rendit au-

près des autorités chrétiennes pour jurer sur

le

Koran l'accomplissement de payement annuel du tribut stipulé, consistant

la capitulation et le

en 6,000 thalers zelles,

jeta par terre

ghud

quatre autruches, quatre ga-

,

quatre étalons

bannière avec laquelle Tor-

la

investi

l'avait

de

sa

charge,

et agita

l'étendard royal. L'acte fut scellé

l'air

gent fut jeté parmi

Tandis que

Dscherbe

peuple

,

de

l'ar-

mer

et l'occasion favorables

avec une flotte de ccnt-\ ingt voiles

Modon

.

,

la

et se

quarante mille flèches

et

que

a flotte

l

I

chrétienne était encore à Dscherbe,

et,

marche de quarante-huit heures, vit l'entière

défaite de

la

:endiés; sept galères se réfugièrent dans le ca-

de Dscherbe;

îal

.'enfuirent

iictoire tarut

le

vers

les

autres, avec le vice-roi, Piale informa

l'Italie.

de sa

beglerbeg de Tripoli, Torghud, quj

six jours

après pour prendre part à de

îouveaux triomphes et au siège de Dscherbe. -ortifié I

par les troepes de ce vaillant chef et

de Kairouan et de Sax, Piale comnença vers la fin de mai le siège en règle du )ar celles

château de Dscherbe.

confia le

Il

garnison découragée fut réduite à de

par

les désertions

dans

le

camp

en tentant de s'échapper Sicile, et le château tomba

turc, Alvaro fut pris

sur un esquif vers

la

aux mains des musulmans. Piale, ayant ordonné les

mesures nécessaires pour

rétablissement

le

des fortifications, se rendit avec Torghud, d'a-

bord à Tripoli, ensuite à

27 sep-

l'reve, et, le

enRn son entrée triomphante a Constantinople (2). 11 avait envoyé le premier avis de sa victoire par une galère qui (rainait après elle dans les flo s la grande bannière espagnole fil

sur laquelle était représenté

de

joui-

l'arrivée

le

Christ en croix.

de Piale, Suleiman se ren-

du kerschk du sérail sur le bord de la mer pour contempler de là ce noble spectacle. A l'arrière du vaisseau amiral éta ent don Alvaro :

deSandi,

le

général don Sancio de Le\ia,

le

commandant des bâtiments

siciliens,

renger de Requeenes,

commandant des

et le

don Be-

Napolitains (3). .Les galères conquises, toutes

plus que de misérables carcasses, étaient traî-

,

!

les assié-

démâtées, dégrées, sans gouvernail, n'offrant

:

i

que

Le

chrétienne vingt galères et vingt- c ept transports furent jetés à la côte coulés bas ou ini

de mai

la fin

Hotte

'ancre fut jetée à douze mille de Dscherbe.

our suivant

la

faibles restes

dit

liprès une

A

geants se trouvèrent an pied des murailles, et

Rhodes, Kurdoghli-Ahmed-Beg et du sandchakbeg de Mitylène, Mustapha-Beg. Après avoir bien radoubé ses vaisseaux, il leva l'ancre lie 30 avril, et le 7 mai il se trouvait à la hauteur lie Malte (3). Là il reçut avis, par Torghud, que ,

(1).

s'étaient réfugiées daas le canal,

Le

à

premier mois

le

lorsqu'eurent été brûlées aussi les galères qui

des bâtiments du beg de

fortifiait

étaient

seulement furent lancés douze mille boulets

tembre

(2).

de Naples perdait à pour

vice-roi

le

temps

le

le

en

conquête de Tripoli, Piale-Pascha prenait

la

I

un chameau. Le scheich

et

camp où

hommes. Le siège

réunis plus de quatorze mil e

commaude-

nées

à

tacle,

remorque. Suleiman assista à ce specgrave et sérieux comme toujours ni

la

:

du triomphe, ne purent éclaireir son front, tant son âme était préparée à toutes les \icissitudes du sort, ou

l'orgueil

de

la victoire, ni la

bien peut-être

le

poids de ses infortunes de fa-

mille avait étouffé dans son

du succès Don Alvaro les

autres

joie

esclaves

;



fut

cœur

les

émotions

mené au bagne avec

il

heurta du front

travée trop basse de la porte, recula, et

au kapudan-pascha qu'une indigne d'un

homme de

telle

fit

demeure

sa condition

;

la

dire était

il

lui

en fut accordé une plus convenable. Trois jours I

(t)

Alfonso Ulloa

Oui

,

,

Vertot, Hadschi-Chalfa

llistoire des guerres maritimes. I

(2j

Ibid.

(3;

Hadschi-Chalfa

ol.

33.

,

Histoire des guerres maritimes

,

(t)

UUoa.

(2,1

Hadschi-Chalfa, Histoire des guerres maritimes

fol.

35.

(3)

Busbequii epistola îv.

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

122

La délivrance des prisonniers faits a Dscherbe départ avec Busbek qui terminent le

après leur arrivée, les prisonniers furent atta-

promenés en spectacle par les rues de Constant noule. Le kiaja de l'arsenal menait lecorté ,e. Dans le diwan, les vechés trois

avec Alvaro

sirs s'entretinrent

un commandement contre abjurer

meté ne

et leur

à trois, et

au Christ

la foi

Perse

la

et a

lui

et

son

viennent se ratlarher à

(I).

Mais

du Penon de Vêlez, entraîna immédiatement après le siège de Malte, il semb'e néde

la

perte de Dscherbe, bientôt suivie

la prise

cessaire d'exposer

prisonniers furent amenés sous

du

sultan

,

derrière laquelle

pièces

fenèire gril-

cipant de trois années sur l'histoire des temps

il

se tenait in-

qui suivirent

de soie

d'étoffes

pièces de drap de couleur

que

le

la

sept

et

grand amiral

Piale offrait en présentai! suhan.

reçut de Piale

Don Alvaro

permission de voir des étran-

gers et ses compagnons d'infortune

misères furent soulagées par

tueux de Busbek et par

ces faits militaires, anti-

ici

la

aperçu. Soixante-dix-sept janitsehares portaient soixante-dix

(*2).

Leurs

les soins affec-

conclu avec l'Autriche.

le traité

Le roi d'Espagne, ne pouvant étouffer leur sur

perte de Dscherbe, station

la

tante sur la côte d'Afrique

dommager fortifié

par

sur les

mêmes

vage d'Espagne

.

de Gomere de Vêlez

vêlements et des moyens de subsistance, et s'engagea en outre à de fortes sommes pour

appelée Penon de Vêlez

leur rançon. Enfin

semblance

liberté Alvaro

parvint à faire mettre en

de Sandi

mangèrent chez lui mais parce que leur haine les ,

circonstance

cette

Sancio Levia

et

(4).

(3),

qui

des tables séparées,

à

dans

divisait encore

Parmi

les

prisonniers

s'étaient trouvés aussi dou Juan de Cardona gendre de Berenger et Gaston fils du duc de Médina. Le premier avait déjà trouvé moyen de ,

,

,

se racheter à Chios; le second,

que Piale avait

caché au sultan, fut l'objet de perquisitions actives, sur la dénonciation

rut clans les fers de défit

la

de Rustem,

peste

,

grâce.

le fit

fois dé-

lui-même tomber dans

Alvaro, Sancio,

mou-

ou bien Piale s'en

de crainte que son existence une

couverte ne

et

!a

dis-

Berenger accompa-

gnèrent Busbek lorsqu'il revint auprès de son maître. Le fils du Génois Cicala jeune homme de dix-huit ans, plut au sultan, se fit musulman, ,

entra dans le corps des pages de

la

première

chambre, d'où il sortit ensuite pour devenir kapudan-pascha, grand vesir en Hongrie et sérasker en Perse (5).

(2)

Busbek ne Busbek, ep. iv.

(3)

Busbek

(1) Ulloa.

et Istuanfi

dit rien

I.

face

du

ri-

sur une

cote d'Afrique, la

la ,

devant cette

et

ville

ou plutôt sur un rocher

île,

à cause de sa res-

,

pomme

avec une

de pin. Le seul

senlier praticable est taillé dans

qui sépare

troit canal

le

qui peut à peine contenir dix seaux, sert en

même temps

poste

(1).

la

l'é-

douze

vais-

voile de

Ma-

10 août 1564,

de Gomere de Vêlez

la petite

à

fit

laga vers la côte d'Afrique, le

mina

roc, et

de port. Garcia de

Toledo, vice-roi de Catalogne,

prit la ville

le

rocher du continent, et

,

ce qui déter-

garnison du fort à quitter son

La prise de ce château et plus encore, ,

capture d'un grand bâtiment chargé de mar-

chandises pour

le

harem, que sept galères mal-

entre Zante et Céphal.onie, deSuleiman, déjà poussé depuis longtemps vers la conquête de Malte. Sa détermination fut excitée encore par le grand

taises capturèrent

irritèrent l'esprit

vesir qui lui représenta que de la Goulette et du Penon, l'Espagne dominait les côtes de Tunis etd' Alger, et parles plaintes du bostandschibaschi,el des femmes, auxquelles appartenait le chargement du vaisseau enlevé. Sa fille, la pieuse Mihrmah, lui peignait sans cesse la conquête de Malte comme une entreprise impor,

de cetle circonstance.

Busbek ,ep. iv. Rapport du messager de Ferdinand tembre 1561.

TVrza parte délie historié (d'Alfotiso Ulloa), che,

rontienela libération di don Alvaro, l'espugnationedel Pi-

xxi.

gnon

(4)

(5)

dé-

à s'en

battu de tous côtés par les flots, la forteresse

(1) ,

En

parages.

distance, est siluée, sur ville

impor-

environ à quarante lieues de

s'élève,

la

songeait

,

dou-

sa

si

conquête d'un autre point

la

douceur du nouveau grand vesir Ali-Pascha. Busbek leur fournit des

il

des hostilités par

paixavec l'Aulriche.

Sa fer-

n'avait fléchi sur les remparts de Dscherbe. Les

lée

la

voulait

que son courage

fut pas plus ébranlée

comme

guerre maritime,

la

la fin

terreet à la conclusion de

offrirent

s'il

roi

,

événements de

récit des

,

du 30 sep-

di

Vêlez délia

l'aûno 1565

Gomera

mandata

sinia ariuata ,

et

Vertot

dal ,

1.

et

il

successo délia poleulis-

Turco sopra xn.

l'isola

di

Malta,

,

LIVRE XXXII

sipahis et trois mille cinq cents soldats irrégu-

tante dans la sainle guerre contre les infidèles.

Le

r

123

1

r

contre Naples sor-

avril la flotte destinée

port de Constant inople, sous les ordresdu

titdti

kapudan-paschaPiale:

le

commandement

supé-

débarquement éta't remis du litre de sérasker, au septuagénaire Mustapna-Pascha de la famille souveraine de Kisil-Ahmedlu, qui tirait son origine de Chalid-ben-Welid, porte-étendard du prophète et qui jadis sous le nom d'Isfendiaroghli avait régné avec indépendance sur la côte asiatique de la mer Noire. F.c grand vesir, Ali le Gros, auquel se présen-

sous deux sandschakbegs et un alaibeg. La

liers,

flotte était

composéede cent trente

mahones,

trois kara

rieur des troupes de

seaux

au cinquième

rils

vesir, revêtu

,

,

,

,

taient toujours des expressions plaisantes, après

avoir, avec les autres vesirs, irniral et

accompagné

l'a-

général jusqu'à leur bord, dit d'un

le

« Voilà deux hommes de -elle humeur, aimant à savourer le café et l'opium que l'on envoie faire un voyage d'agrément aux les. Le chargement de la flotte pourrait bien fe composer de fèves d'Arabie et de jus:piiamc (I ). » Si cette espèce de bon mot est rappelée ici, c'est à cause du grave jugement porté

Ion de raillerie

:

1

,

par les principaux historiens ottomans, qu'à ces paroles

peu dignes d'un grand vesir doit

si

jtre attribuée, rislc issue

comme un mauvais présage

de toute l'entreprise. Au reste,

,

la

c'est

un trait du caractère du grand vesir, et le ugement des historiens peut donner une idée

à

le l'humeur superstitieuse des Turcs.

historiens l'était

remarquent

Ces mêmes

d'ailleurs qu'Ali le

Gros

en bon rapport ni avec l'amiral ni avec aux dépens desquels il plaisantait;

dont

,

l'un

de poudre

cents' sipahis

,

,

qui avait treize

,

galères, huit

mursales. onze gros vais-

bord

à

Modon

près de

périt

ba-

six mille

boulets

mille

et

six

corps

et

biens, dix galères du vieux Al i-Portuk

,

com-

mandant de la station de Rhodes, deux galères de Mitylène, deSsalih, fils du dernier beglerbeg d'Alger, dix-sept petits bâtiments appelés en tout deux cents

fustes,

Le 19 mai

voiles.

1.565, ces forces parurent devant Marsa Sci-

rocco

au sud-ouest de

,

lendemain vingt mille

l'ile

et mit à terre le

,

hommes

cinq canons

et

de campagne, contre l'opinion de Piale, qui conseillait d'attendre l'arrivée de Torghud. Aussitôt l'on ouvrit

canon contre tué sur les le 1

la

le

la

tranchée et Ton pointa

château Saint-Elme, qui,

le

si-

pointe de terre, entre les deux ports,

protégeait tous deux, et en face duquel était

château Saint-Ange. Cinq jours après arriva ludschali avec six galères d'Alexandrie

,

et le

2 juin parut enfin Torghud avec treize galères portant treize cents

hommes,

dix galioles

et

sur lesquelles étaient huit cent dix soldats.

H

blâma l'attaque sur Saint-Elme, qui plus tard serait tombé de soi-même; mais il jugea qu'il serait maintenant contraire à l'honneur otto-

man d'abandonner

l'entreprise

commencée. Il fit la pointe du port

élever une seconde batterie, et de

Muset

il

foudroya leravelin avec le canon de ses

e général,

galères. I.e fort Saint-Elmeessuya le feu des vais-

deux chefs n'étaient pas d'accord entre :ux,etque tous deux étaient jaloux de Torjhud dont ils auraient dû atlendie l'arrivée

seaux et de trente-six pièces du côté de la (erre. Après diverses tentatives d'assaut, Torghud

lue ces

,

mena

qu'un boulet avait

ante défense des chevaliers

sang

,

amment la A Modon evue

triste issue ,

le

du

,

expliquent suffi-

siège de Malte.

sérasker passa ses troupes en

avait sept mille sipahisde l'Asie

Miun sandschakbeg et leux alaibegs, cinq cents de Karamanie, et :

leure,

il

commandés

par

piatre centsde Mitylène, quatre mille cinq cents

anitschares et treize mille

hommes de troupes

rrégulièrcs; la Rumili avait fourni douze cents

Une pierre du château Saint-

enfin une vigoureuse attaque.

commencer le siège: ce sont la des cirpùstances qui indépendamment de la valvant de

fait éclater

AngeatteignitlebeglerbegdeTripoliàlatète.Le jaillit

en abondance du nez

Mustapha-Pascha ordonna de couverture,

et prit la

sence d'esprit parfait

,

la plus

même

et

des oreilles.

jeter sur lui

une

place avec la pré-

complète,

le

calme

le

plus

entretenant l'ingénieur de l'établisse-

ment d'unenouvelle batterie. Lesrestes de Torghud furent transportés à Tripoli. Le 23 juin, cette mort fut vengée par lachute de Saint-Elme, dont les défenseurs, au nombre de trois cents parmi lesquels cent trente chevaliers mouru,

(t)

Aali,Lvi e événemeut; Petschewi

iDiki.fol. 18.

,

fui.

123; Su-

rent en héros. Mustapha, considérant l'exiguïté

de ce

fort,

qui avait

fait

verser tant de sang, et

»

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

124

mesurant l'étendue des perles que la place elle-même coûterait laissa échapper ces pa,

roles

«Si le

:

fils

coûté déjà

a

pour avoir

dra-t-il

le

colère sur les défenseurs morts les

cadavres

clouer les

et

cher, que fau-

si

père?» Voulant exercer sa il

,

écarteler

fit

membres en forme de

Saint-Ange

furent

rieux chel

guesau pied duchàteau Saint-Ange et delà ville. Legrand maître La Valette, oubliant les principes de charité chrétienne, ordonna en représailles

hommes

de bouletsdanslecamp turc. Mus-

tapha-Pascha

fit

soiiimer, par

un esclave chré-

tien septuagénaire qui avait été attaché

ans au banc des galères,

rendre

geries bastions et disposé

:

rente

grand maître de La Valette, montrant au messa-

la place.

cette réponse

i

le

les fossés, le

«Voilà

le seul

renvoya avec

terrain que je suis

céder à ton maître, pour qu'il vienne remplir avec les cadavres des janitschares. à

au

livrés

le

Saint - Mi-

château

vaillamment repoussés.

et

,

Turcs

têtes en guise

avec

les pirates

le fort Saint-Michel. Le siège dura encore deux mois entiers, durant lesquels dix assauts fu-

croix sur des plancliesqui furent jetées par les va-

d'immolerles prisonniers turcs, eldelancerleurs

que

et la ville, et

beglerbeg d'Alger poursuivraient l'attaque sur

Au

dernier,

et chrétiens prétendirent avoir

étrangers

Les

part.

vu deux

une femme sur

et

chrétiens

le

persuadèrent

se

remqu'ils

avaient reconnu la sainte Vierge avec saint

Paul et saint Jean-Bapti-le

,

patron de l'ordre.

Cette croyance à une apparition miraculeuse inspira aux Mallais des prodiges de valeur, et

put bien exruser

découragement des assiéla veille de la nativité de la \ierge, le secours si longtemps espéré et tant retardé du vice - roi de Sicile arriva heureusement Mustapha et Piale levèrent le geants

-,

le

lorsque enfin

,

:

le

siège

qui avait coûté aux chrétiens environ

,

et de Saint-Michel, qui, construits sur deux langues de terre formant les côtés du

hommes et plus de vingt mille aux Ottomans [21 septembre 1565]. Après avoir parcouru ces épisodes de la guerre maritime, qui se déve'oppèrent durant

grand port, couvrent

vingt-six années sans

interruption

revenir à l'époque de

paix conclue avec l'Au-

le

Alors

l'attaque se porta sur les

deux

forts

de

Saint-Ange

rivée d'II.isan

,

le

port des galères. L'ar-

beglerbeg d'Alger

avec vingt-

,

sept voiles et deux mile cinq cents fortifia les assiégeants. Fils

hommes,

de Barberousse

et

gendre de Torghud, Hasan aspirait à se montrer cligne de sa naissance et de son ail iance par de brillants exploits il s'offrit pour l'attaque :

du château Saint-Michel. Mustapha lui donna hommes, avec lesquels il livra l'assaut, tandis que le capitaine Candelissa renégat

six mille

,

grec

.

vieilli

au métier de corsaire

comman-

cinq mille

triche

,

au point où nous avons laissé

,

événements

Dans

terre.

relatifs à la paix et à la

la

deuxième année qui

deur résidant

à Constantinople,

du présent annuel

l'envoi

les six

En 1563,

lisaient le

Koran

et

prononçaient des malédic-

tions contre les chrétiens. La lutte fut longue et meurtrière;

à peine cinq cenis

hommes en

échappèrent: on ne fit quartier à aucun Turc. Les chevaliers de Malte semaient le carnage, en disant qu'ils donnaient la monnaie de Saint-

Elme.

eurent à déplorer la mort de Garcia Toledo, fils du vice-roi de Sici e et neveu du Ils

grand maître. Dans un à la suite

conseil

de celte action,

et les soldats

de

la (lotte

il

fut

de guerre, tenu résolu que Piale

assiégeraient

le

château

suivit la paix, le

l'un Ali-

Pascha réclama hautement, auprès de l'ambassa-

qui fermaient le port des galères, au bruit des

précédé d'une

des

fil

mourut Ferdinand, des contractants. Aussitôt le grand vesir

Candelissa gouverna droit contre les chaînes

,

le

faut

guerre par

sultan et l'empereur,

deux années, et

chaloupe remplie d'imams et de marabouts qui

il

,

renouvelée pour huit ans par Busbek, entre

dait les vaisseaux avec quatre mille Algériens.

trompettes et des tambours

la

le

Albertde Wysz,

stipulé,

en retard de

renouvellement du traité pour

ans qui restaient

à courir [juillet

1564

J.

présents devaient être apportés par des nonces nommés à cet effet, mais la garles

nison rebelle d'Ofen avait déclaré ne pas vouloir les laisser passer.

Maintenant Maximilien

différa cet envoi jusqu'à ce

renouvelée. Suleiman

lui

que

la paix

sur son avènement au trône

tions

tschauschBali,

eût été

adressa des félicita,

par

le

demander si Maximilien guerre. Cependant le fils

et fit

voulait

la paix ou la de Zapolya avait attaqué Szathmar, et Michel Czernowicz l'ancien interprète de Venise fut ,

,

envoyé en qualité de nonce à Constantinople, pour se plaindre de cette atteinte à la paix(l). (1)

i'

!ll

,ll!l

.

1.

xxu.

,

LIVRE XXXIII. Lorsque Czernowicz fut arrivé lan-Pascha,

de Gran ne

Rustem

,

le laisserait point

des présents

transylvanien dont ,

Scherer

,

pour

lui

le

,

pas joint

le

iribut

eut

l'on

tinuer sa roule pour Vienne avec Hedajet.

renégat

nom allemand était Marc

messager, en remettant

l'acte

Suleiman, se plaignit au

annoncer que toutes missions

auxquelles ne serait

l'on eût envahi

,

Après que

Arslan expédia

vers Maximilien le tschausch Hédajet

que d'un autre coté,

ïokay. exprimé durement à Czernowicz l'indignation du sultan, il put con-

et

passersansobleuir

même temps

en

;

,

savoir que llasan

lui fit

125

un rassemblement de troupes. Suleiman se montra très-irrité que l'on réclamât Szathmar,

Koniorn, Ars-

nouveau gouverneur d'Ofen

le

successeur de

à

Maximilien

res-

,

Ce

de ratification de

nom du

sultan,

que

sans attendre la réponse à la de-

teraient sans effet.

mande de

mant

lemment enlever Tokay et Serencs en raison de ces faits, ajouta-t-il, Suleiman avait ordonné aux beglerbegs d Ofen et ïemeswar

restituiionde Szathmar, eut

Outre les 60,000 ducats formontant des deux années échues, il s'agissait de verser encore les 30.000 ducats promis par Busbek aux vesirs personnellement, mais l'empereur craigi.it de livrer tout

ainsi qu'a sept

cet argent aux Turcs en pure perte. Toutefois les

fils

dcuxtschauschsBalietlléiiajetreprireutlaroute

fen, Arslan, avait

rleConstanlinople, chargés d'annoncer l'arri-

celui

vée prochaine des présents

(1). A cette nouvelle, Czernowicz partit de nouveau pour Constantinople, et jusqu'au retour de cet envoyé, Hedajet-

le

mais en

même

temps

ils

novembre 1564

l

portaient une

]

fait

vio-

;

sandschakbegs, de protéger

de Zapolya. Lu conséquence

de

emoyé

le

pascha d'O-

le

six mille

hommes

,

ïemeswar, Hasan Prodovich, avait

enlevé Pankotta

;

demande

relative à la reslitulion de Szalhmar. Les trois nonces Michel Czernowicz, Gt orges Albani et Achaz-Csabi arrivèrent le 22 décembre à

tschausch fut gardé en oiage. Czernowicz devait réclamer la restitution de Pankotta et une

.

injonction pour

mourut au commendeux autres déposèrent le 4 février 1665 aux pieds du su tau, :n audience solennelle, les 60,000 ducats dus

du représentant autrichien tomba le plus ferme appui de la paix: Ali le Gros mourut le 28 juin

jour deux années

lôt>5, et à sa place fut élevé le second vesir, le

Constantiuople.

Albani

cement de janvier, et

traité

les

puis donnèrent les 30,000

,

)romis aux vesirs. Quant à

la

Bosnien

demande du

enouvellement de la paix il fut répondu jue, la paix devant durer huit années, le sultan ,

le fils de Zapolya d'observer le de >zathmar. Le lendemain de l'arrivée

Mohamraed->okollovich, connu par

ses dispositions belliqueuses.

:

:onserverait les localités au d<

là de la Theisz, lépendant de la Transylvanie, à l'exception de ianya ou Neustadt appelé aussi Frauenbach

Zapolya

était

de nu

avait été conclu sans

,

,

[ui

foraine les nonces porteurs des présents, ni

retourna

lédajet

,

accompagné

chargé de

minerait

tantinople lu

ur

,

joute, lorsque

le

renou-

Wysz,

,

perdu [7 juillet]. Czernowiczfut retenu, etcefut seulement lorsque Ton fut informé qu'Erdard après un siège de vingl-quaire jours et deux

de Tenvojé transylvanien

du sultan pour Czernowicz pou. suivait sa

et grâces à l'amitié

|ean Sigismond.

question

Ni l'ambassadeur

rent de Transylvanie des nouvelles alarmantes, annonçant que, sans l'aide des Turcs, tout était

,

l'intercession

la p.iix.

ni le notice Czernowicz ne pouvaient accepter de pareilles décisions. Le dernier allait être congédié avec la réponse du sultan lorsqu'arrivè-

du tschausch

la

pour y recommander le maintien repos. Georges Bebek avait été mis en liberté

3ekessi

comme première

vellement de

proposition exposée citessus; un autre tschausch fut expédié à Con,

permission du sultan;

,

ambassadeur, ne pouvaient adhérer à cette ondilion, Achaz-Csabi fut retenu; Czernoviez

valeur, attendu qu'il

le la

que tout po.ivaitresterdansle.ytata quo jusqu'à 1 arrivée du tribut échu et qu'ensuite on exa-

domaine des reines de Hongrie,

était le

Celui-ci déclara

que l'empereur devait restituer Tokay et Serencs; que le traité de Szathmar avec le fils de

,

assauts, avait été

emporté et détruit par Hasan, beglerbeg de Temeswar que Czernovicz fut mandé devant le grand vesir. On lui remit alois

arrivé A Tschorli , le Tzurudes Byzantins, il fut atteint par deux 'schauschs expédiés en toute hâte de Conslaninople pour le ramener parce que le pascha ,

um

,

,

l'Ofen avait annoncé

une attaque surTokay

(1) Isujiili, Bizaii,

et

!

fie

expuin.

ai ris

de belio panonico liber. Siinbucd.

Tokai. dans Syiidromaii

s

,

p. 127.

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

126

la lcllre du sultan qui déclarai! le traité
pel des troupes allemandes,

la

mise en liberté

hommes pour passer lTnna; dans son camp par un excès

seulement mille

ij

retint ses troupes

de prudence qui lui fui imputé à lâcheté par les Hongrois, et il arriva qu'en vue de ces renJ

du tschauseh

lledajet (1).

nowicz franchit

la

En quinze jours Czer-

dislance de Constanlinopie

vingt-cinquièmejour du siège, kruppa

forts, le

emportée de vive force

fui

incendiée, et que

,

Vienne avec cette lettre. Derrière lui venait plus lentement AchazCsabi. Presque eu même temps Muslapha-Sokollovich, neveu du j^rand

ses vailUinls défenseurs furent massacrés avec

Mohammed, gouverneur de Bosnie, fit une irruptiou en Croatie, pour opérer de ce côté une diversion qui pût dégager Zapolya en Transylvanie. Mustapha était né, comme son oncle Mohammed, à Sokol (nid de faucons). Sorti du harem impérial où il s'était élevé au poste de grand fauconnier et de porle-armesdusullau,

pha se précipita dans de nouvellesentreprises,

à

vesir

,

Mohammed

avait été porte aussitôt à la dignité

femmes

leurs

leurs enfants. Novi subit

et

même sorl. Enflammé

le

par ces succès, Mustaet

i

poussa ses courses, avec dix-sept cents hom-

mes, jusqu'à Obreslo, non là

loin

de Cris; mais

Erdudy

rencontra tout à coup

il

avec

,

quinze cents cavaliers et trois mille fantassins qui l'attaqua,

sonniers bêles de

arracha cent vingt-cinq

lui

pri-

avec un bulin considérable, douze

,

somme appartenant aux

propres ba-

de kapudan-pascha, et bientôt après à celle de beglerbeg de Bumili. Son neveu Mustapha, d'écuyer tranchant, était devenu deflcrdar de

gages de Mustapha, et une immense quantité' de boucliers, de lances et autres armes (1). jT A

ïemeswar,et avait été investi emuite du sandschak de Fulek. Transporté de là dans le sandsdiak de Klis, il conquit le châleau de Chorian, ce qui lui valut le poste de Szegedin, puis celui d'Hersek. Comme gouverneur d'Hersek il entreprit l'irruption de Croatie et le siège de Kruppa, ancienne possession des chevaliers de Saint-Jean, appartenant alors au comte de Zriny. À la sommation de se rendre, Mathieu Bakics fit une réponse digne du nom qu'il portait et envoya demander de prompts secours au capitaine delà Carniole, Herbart d'Auersperg, à Zriny à Sluuy et à Erdœdy. Le siège

de Venise, se plaignit des irruptions des Us coques de Segna (2).

,

,

,

cette

époque Suleiman, dans une

Au moment où en Hongrie de

velle

la

Piale

,

par

au dogi

événements se passaient

ces

arrivait à Constanlinople

,

levée

était rejitée

lettre

du

par

la

nou-

siège de Malte, dont la faute

les

uns sur

kapudan-pascha

le

sur le serasker Mustapha.

les attires

Le premier reçut ordre d'entrer de nuit dans le la flotte, de crainte que le mauvais élat

port avec

des galères ne frappât les regards. Dans

wan

le di-

tenu à cheval bientôt après, Suleiman

(retint avec kolli, et le

le

premier vesir

s'en-n

second, Pertew, et ne parla point aux

autres, afin d'adoucir en quelque sorte la dis-

de Mustapha qui avait épuisé ses boulets il lui fallut envoyer des bêles de somme à Banyaluka et à Verbosen pour chercher de nou-

grâce du cinquième,

en attendant il fit recouvrir des cailloux avec du plomb par des zigeunes. Auesperg accourut, à la tète de sept mille hommes, avec lesquels il campa de l'autre cùté

sous

prise conduite par le serasker.

Dans

del'Unna, de sorte que

Irouvail l'historien Selaniki

alors simple lec-

:

velles munitions;

seulement par

la rivière,

les

soldais,

séparés

s'envoyaient des balles

et des flèches, et pouvaient

même

échanger des

provocations et des outrages. Sluni et Farasies prièrent en vain Auersperg

quel

il

1.

xxi

arriva

;

,

22

à

Vienne.

,

au-

parole. Le

de Mustapha, Ahmed-Pasrha, connu poétique de Schemsi alors beg,

apprit en route

teur

le

du Koran pour

funeste résultat de l'entre-

le

,

sa suite se

beglerbeg, mais qui

s'é-

leva graduellement aux postes de maître des

cérémonies

et

,

même de

président de

la

cham-

de leur donner

comme

ledit lstuanfi,

car Czeruowicz quitta Constanlinople le

la

lerbeg de Bumili, se rendait à Sofia, lorsqu'il

U) en onze jours

serasker de Malte

nom

lsluanfi

,

I.

(2) Cette lettre

(1) [Von pas

le

ne voulait point adresser

frère puîné le

i

Mohammed-So-

,

durait déjà depuis seize jours, contre l'attente ,

[

le

8 août

et

huit volumes des vénitiens des

scuaaban 973.

xxii. est la dernière

I

de Suleiman, dans

Scritture tedesche

Archives impériales;

,

elle

les

parmi les actes est du mois de

(i,

'

i

'}

(t.

,

,

LIVRE XXXIII. bre des comptes de

Mecque de Médine

la

,

et

d'Anatoli, et qui, témoin oculaire des événe-

ments de son temps, va nous guider dans nos récils

des trente-six années suivantes de celte

Mahmud-Pascha, ne put

seur,

année aux exécutions

se livrer qu'une aux poursuites aux-

et

quelles l'entraînait sa soif de sang et d'or.

histoire.

Maximilien

ment

127

desdirhems d'argent de trente pour cent audessous de leur valeur intrinsèque. Son succes-

tout en se préparant sérieuse-

,

à la gerre,

fique, et

encore une tentative paci-

fit

envoya

au commencement de l'année

,

1566, le Hongrois G. orges Hpszutoti (1) à Suleiman pour demander la restitution de Pan-

Ce messager de

kotta et de Kruppa.

pour

portait des présents

paix ap-

vesirs, et dans

les

sa suite se trouvaient vingt prisonniers,

parmi

s'empara des trésors de l'émir de

,

mais un jour

pièces d'or;

cheval, a Bulak, au

il

par terre.

sie

pour la veuve de Ruslcm,

qui avait réclamé

de

le

Comme

tribut arriéré, et ne

restitution de

la

de Suleimau

de Kasim.

liberté

la

Hoszuioli arrivait sans parlait pas

la fille

Tokay, Suleiman

et fit renfermer le nonce dans la même maison avec l'ambassadeur Albert de Wysz, où ils furent surveillés rigoureusement (2). Eu même temps fut résolue et proclamée la guerre s'irrita

,

fut enseveli

Il

dans

la

victoire, qui

drapeaux, ne encore,

les

qu'il

et

planterait

les

il était arrivé en même en offrant des présents d'une



,


richesse prodigieuse, avait gagné complètement

faveur du père et du fils, et obtenu ainsi le gouvernement d'Egypte (3), qui fut retiré la

Ssofi-Kilun-Ali-I'ascha. Celui-ci

qui, dans la de Konia entre sultan Bajesid et sultan Selim, avait rendu de si grands services à Selim,



,

.bataille

•avait

passé depuis par

,Bagdad, Alep, Hamas

,

les gouvernements de pour èlre mis enfin à la

celui iet

de

le

Ssofi (4).

de son costume

.pompe

que

chute d'Erlau

la

tache imprimée par

et le

Malte, et que la fortune

miner par

la

carrière de ses victoires

par

(2), et

din, qui

lui

le

fille

Mihr-

fanatisme du scheich Nurcd-

reprochait d'avoir négligé depuis

contre

Enfin le fils de Mohamnouveau gouverneur d'Ofen

les infidèles (3).

med-Paseha,

le

nommé

Arslan, c'est-à-dire le Lion, ne cessait de répéter, dans des lettres et des messages, qu'on ne voyait aucune apparence d'armée impériale, et queSuleiman.de quelque côté qu'il se tournât

trouverait

,

la

Hongrie ouverte. Arslan,

courage dont

A

la simplicité

de ses mœurs

son successeur opposa une éclatante. Ali-Pas-

les titres, et

De bellopannonii'O

frappèrent

liber

;

Isiuanfi

,1.

il

était

doué, voulait,

sans attendre la présence de Suleiman, ni ses

ordres et, se

,

lui

préparer

les

voies par des victoires,

chargeant de toute

entreprit

hommes

et

le

la

responsabilité,

quatre pièces de canon. Héjà depuis dix jours

,

et avait

il

bat-

entamé

murailles, lorsque l'approche de troupes

pro Hosioii.dd. 31 janvitr 1566.

Selaniki

(4)

Aali

,

p, 23.

dans

la liste

des vesirs

;

Suheili

,

fol.

56.

il

siège de Palota avec huit mille

xxu,

(2) Relat. Hosloli. (3)

si

longtemps d'accomplir en personne le devoir d'un musulman, en se mêlant a la guerre sainte

les

,

la

poussé en outre

était

11

exhortations religieuses de sa

les

tait la place

et hislruelio

la

et

et le vin le

nayeurs qui altérèrent

(1) Bizai-i

de Komorn

commencées par

surnon de kilun des Turcs

il

amené d'Alep au Kaire des mon-

cha avait

par

accorderait de ter-

à exalter journellement par l'opium

où ,

,

lui

de Raab

prise

;

de Szigeth effacerait la malheureux siège de

accoutumé

une magnificence

et

fois

sur les murs

avait

iéte de l'administration de l'Egypte,

reçu des Arabes

suivi ses

d'Erlau et de Szigelh, écueils de ses armées

mah

temps

espérait que

abandonnerai! pas cette

I'Iémeu, qui s'était dirigé par terre du côté de

Conslantinople

11

longtemps avait

si

conquête de Belgrad.

Hongrie.

la

mosquée con-

Plusieurs raisons déterminèrent Suleiman à

Un peu avant l'entrée en campagne, Mahmud, gouverneur déposé de

contre

devant

struite par lui à Romeila(l).

la

acte de courtoi-

passait

des Bédouins, une balle retendit mort

le palais

Thomas Nadasdy

un

se rendait à

qu'il

moment où

se mettre à la tète de son armée.

c'était là

Il

Haute-

Ég\p(e, Mohammed-Ben-Omer, et du defterdar Ibrahim chez lequel furent trouvées 100,000

lesquels !e vieux tschausrh Kasim, pris quelques années auparavant par les soldats du Palatin :

la

(1)

Al-Manab-Er-Ranianijuet

(2)

Extrait des rapports d'ambassades vénitiennes.

(3)

Kausalul-Ebiar.

Sctheili

,

fol.

57.

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

128

impériales, appelées par et

que

lui

annonça

le

commandant Thury, des Beschlu

l'aga

,

Deli-

après une reconnaissance dans la forêt de Bakon le contraignit de lever le siège. Ensuite le comte Eck de Salin attaqua brusquement Weszprim et Tata et enleva ces deux places. Lutfi

,

,

,

La fureur des soldats allemands qu'ils

était

si

percèrent les Turcs jusque dans

grande, les

bras

vaincus cherchaient un re-

des Hongrois, où

les

fuge, frappèrent

même

ceux qui voulaient pro-

téger les malheureux qui demandaient grâce, et

provoquèrent enfin

les

Hongrois

à

immoler

lskender-Pascha,commekaimakam, au deuxième et au troisième deflerdar; le kapudau - pascha Piale et le bostandschibaschi

gés de le

la

garde

d>' l'arsenal.

Daud furent charLe mufti Ebusuud,

kaimakam Iskendcr-Pascha

Constantinople,

compagnèrent le sultan, mosquée d'Ali-Pascha

la

porte de

la

Sous

nople.

les

deux autres

murs de

la capitale

on

,

jus-

porte d'Andri-

dite

la ville

plaine de Rustem-Tschelebi

ment,

juge de

le

premier, jusqu'à

le

les

,

qu'à

et

,

Kasisade-Ahmed-Efendi, ac-

,

dans

la

un campe-

fit

poètes Abdulbaki, Newaji, Furi

et les

plusieurs de ces alliés impitoyables. L'orgueil

et

de Weszprim, la grande église du premier roi de Hongrie, ouvrage de saint Etienne, fut réduite en cendre avec sou clocher. Soixantedix prisonniers, saisis à Tata, furent envoyés à

triomphes du grand padischah du monde. Suleiman, dès sa première halte. contempla,

Kasi-Obeidi-Tschelebi présentèrent au sultan des poésies où ils chantaient d'avance les

plein de joie

Raab avec le capitaine Kurd des janitschares. Cependant l'armée ottomane s'était mise en niarche de Constantinople en diux divisions

par ses soins,

ayant chacune sa destination différente. Vingt-

l'âge, et

cinq mille

deux

hommes

cavalerie et infanterie,

,

mille janiischares

,

conduits par

le

et

second

taient

pour

point

à

d'orgueil

el

et

dernière

la

les

aqueducs achevés

fois.

Alors

il

rongé par il

Le grand

goutte,

la

il

même pour

se tint

se

fit

vesir devançait toujours le sultan

d'une station, afin de faire mettre

marchèrent vers

en

frontière de Transylvanie,

où, fortifiés par les troupesdes gouverneurs de Terni

swar

de Belgrad ils devaient conquéde Giula. Le prince de Transylva-

et

rir la place

nie, Sigismon

,

I

Zapolya, et

chan de Krimée,

le

étal

après

agréable. Là,

avec

la

un chambellan apporta une

joyeuse nouvelle qu'un

prince Murad,

douloureuse

encore aux Ottomans. Enfin Suleiman lui-même er

mai et déploya une pompe qui effaçait tout ce que l'on avait vu dans les précédentes expéditions pour sa ireiquitta sa capitale le

1

,

;

zième campagne

marcha contre Szigeth. Il était accompagné du grand vesir MohammedSokolli, comme serasker, du troisième, du quatrième et du cinquième. Lesecond vesir Pertew l'avait précédé de deux mois pour marcher sur Giula. Avec le sultan se trouvaient encore les deux juges de l'armée, Hamid et Perwis-Efendi, l'aga des janitschares Ali, le premier deflerdar, Murad Tschelebi, le nischandschi, FgriAbdisade-Mohammed-Tschelebi nommé à la placedu grand nischandschi Dschelalsade, l'his,

il

,

torien, qui, en cette qualité, prit part aux der-

comme témoin néanmoins n'a point parlé de celle de Szigeth. Le soin de Ja capitale fut confié à nières campagnes, les décrivit oculaire, et

mois

départ de Constantinople on se trouvait à Tatarbasari, dans une plaine d'un aspect

de choisir un nom pour

si

Un

le

Dewïetgirai, avaient ordre de reprendre Szalhperle était

chemins

les

convenable pour son maître.

mar etTokay,dont

la

porter en

recevoir les ve-

vesir Pertcw-Pascha, ancien agades janitschares, la

ne chemina

cheval, selon sa coutume: affaibli par

voiture, où sirs.

,

sur lesquels ses regards s'arrê-

fils

de Selim, qui

voulut qu'il s'appelât

de pluie rendirent

deix

était

priait

son aïeul

Mohammed. Des

la

lettre

né au

prince. Suleiman

le petit

marche

passage de Kapuluderbend. à Sofia,

fils

torrents

fort difficile au

On

fit

à Niss;i, et trois

a

un jour

halte

Belgrad, où

Suleiman entra quarante-neuf jours après son dépari de Consl anlinoplc Durant la mari

mée

lie, l'ar-

avait été inquiétée par des brigands auda-

cieux.

Suleiman donna

reux pour que

les

L'aga des janitschares el

gendarmes sous

ordres

l'on se saisit les

les plus rigou-

de ces hommes.

jasakdschi, sorte de

ses ordres, redoublèrent d'ac-

tivité; par leurs soins el

Milgara,Orenbeg,

les

par ceux du beg de

voleurs et les brigands

furent arrachés de leurs repaires, el à chaque

on en exécuta plusieurs. Le gonflement des eaux du Danube ayant rendu impovsible la station

construction subite d'un pont, Suleiman or-

donna qu'en attendant près de Sabacz

,

l'établissement

du pent

l'aga des janitschares, le def-

,

LIVRE XXXIII. erdar, les troupes rie Rumili,d'Anatoli et de ïaramauie fussent transportées sur des bateaux Semlin, pour attendre ensuite son arrivée \

laus

plaine de

la

Syrmium. Oren-Bcg, en ré-

:ompense de ses heureuses mesures pour

sé-

1j

du camp, fut nommé tschauschbasehi. )ans la marche de Belgrad à Sabacz, le trouble :urité

le

:t

désoidrecausés par

les pluies elle giossis-

perdre beaucoup de

iement des eaux firent

:hameaux 1

;

fin forcé

du sultan ne put arriver, et servir de celle du grand vesir.

la tente

de se

3n mit quatre jours à franchir le

Belgrad à Sabacz, où

oendra, Bairam-Beg

,

la

courte dislance

sandchakbegdeSeenfin parvenu à éta-

le

était

un pont. Suleiman le passa a cheval et entra )ompeusement dans Semlin, en vue de son arblir

née rangée sur deux lignes. Les beglerbegs de \u:uili, d'Analoli et la tète

i

înmnages )lié

de Karamauie

de leurs troupes, en

de cette fête

veille

mvoya

sa

L'ordre fut pu-

et leurs félicitations.

de célébrer à Semlin [2,1

reçurent

le

offrant leurs

lui

La

petit Bairain.

le

juin lô6ti]

Suleiman

,

propre barque à Sigismond Zapolya,

)Our l'amener à une entrevue à laquelle

il

l'avait

nvité de Constantinople. Zapolya se rendit aux lésirs

du sultan

,

accompagné de quatre cents

lobles, et fut escorté par

des sandschakbegs et

tschauschs jusqu'à

tente impériale, dres-

les

ée sur

la

la

hauteur où s'élevait autrefois

chà-

le

eaude Hunyad. Le pr.nce de Transylvanie

fut

eçu au milieu des salves d'artillerie, et logé irès

des paschas. Le lendemain

ut célébrée en grande le

fête religieuse

la

pompe dans

le

camp,

grands présents furent distribués dans

nee

les

:

beglersbegs reçurent

andschakbegs 30,000,

l'ar-

50,000,

les sipahis

et

1,000,

lée

état j

uombre de

par un égal ;

le

grand chambellan

marche,

et le

grand mare-

îaîtres

des cérémouieset

le vesir

,

trois

précédaient à

electi régis (1) Profeciionis ser. principis Joannis II lung.ad Sule.manum imperalorem Turcarum moduseî •rie», ariuoCh. 1566, facia; et cel>:t>ialae, transcrit d'un ,

ncien manuscrit

xïiv io.i

,

p.

207

,

par Samuel l'horday, dans Kaloua

ei suiv.

;

Istuanfi

I.

,

xvm

,

et la

,

récep-

de Sigismond Elieuue, dans Peischewi, fol. 135, 284; Ssolaksade, fol. 27 Selaniki, p. 32.

ali, foi.

;

TOM.

II.

du

tente

cheval

sultan,

on

lui

signe de descendre de

fii

cent janitschares le devançaient, por-

:

tant des présents

parmi lesquels on distinguait et un rubis d'une Avec neuf nobles de

douze vases richement dorés valeur de 50.000 ducats

.

,

sa suite, Sigismond Etienne entra dans la tente

du sultan, où les quatre vesirs se tenaient debout autour du trône d'or trois fois le prétendant à la couronne de Hongrie s'agenouilla, et ;

Suleiman lui dit de se relever, lui ofmain a baiser, et l'accueillit comme son fils chéri ensuite le grand vesir le fit asseoir sur un siège orné de perles et de pierreries mais sans dossier, et Sigismond dit à l'intertrois fois frit sa

;

Ibrahim que, troublé par cette impo-

prète

sante magnificence, et se contentait

ne savait plus que dire,

il

de déclarer

qu'il était le fils

ancien serviteur de Suleiman.

pondit

qu'il

ne se

reiirerait pas

d'un

Le sultan

ré-

avant d'avoir

fils Sigismond Etienne roi de HonQuarante années étaient maintenani écoudepuis que les marais de Mohacs avaient

couronné son grie. lées

englouti le roi légitime. Cette plaine avait vu, trois

ans après,

en rendant

lier

le

prétendant hongrois s'humi-

hommage

vingt-c.nqans que enfant à

le

au sultan;

y avait

il

de Zapolya,

fils

mamelle, avait été

alors

d'Ofen ainsi que sa mère avec la promesse d'obtenir un jour le royaume de son père. Maintenant Suleiman piomit de nouveau détenir la

tiré

,

parole donnée depuis

mond présenta ses man déclara vouloir

ces messagers

hal avec les bâtons à chaînettes d'argent

Lorsqu'il fut arrivé à la

tenaient ses élricrs.

la

fer-

lui

eu coslume persan;

quatre d'entre eux revêtus d'habits d'étoffe d'or

les

5U0 aspres(l). Le 29 juin, le fils de iapolya eut son audience .solennelle du su tan; la

le

se tenaient les coureurs

les

înitschares

inquante tschauschs ouvraient

cheval

129

prince de Transylvanie; à côté de

si

longtemps. Sigis-

prières par écrit

qu'il était prêt à secourir les

phelins.

voya

que

le

lui

Il

le

;

Sulei-

exaucer, et protesta

les

veuves

congédia gracieusement

et les or,

et lui en-

jour suivant, à son tour, des présents portèrent vingt-deux

tschauschs

:

c'é-

taient des poignards et des cimeterres garnis

de grand écuyer lui mena aussi de magnifiques coursiers. Le sultan voulait même donner à son hôte un festin mais le grand vesir l'en dissuada, en représentant que si le faible prince, étranger au luxe de table des Turcs, allait être affecté de maux d'estou ac, les Honpierreries; le

;

grois

pourraient

Détail 1A

le

croire

qu'un prétexte

;

empoisonné. Ce

Mohammed-Sokoili

,,

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

(30

qui avait désire recevoir dans sa tente la visite de Sigismond offensé de ce que ce prince avait répondu que l'entrevue pouvait avoir lieu à

Il ordonna d'établir un pont sur le Danube, près de Vukovar. Déjà cet ouvrage était achevé, et le kapidschibaschi Ali-Aga qui réglait les mou-

cheval, à ciel découvert, voulut

l'honneur d'être appelé à

vements de l'armée comme quartier-maître, avait fait franchir en une seule marche la di-

Sokolli

stance calculée pour deux jours. La tente de

,

le

priver de

la table du sultan. montra plus lard encore son ressentiment coutre le prince de Transylvanie. Le er juillet 1566, Zapolya reçut son audience de 1

et le sultan lui adressa ces gracieuses

congé,

Tâche de te pourvoir de soldats, de poudre, de plomb et d'argent; si tu as besoin de quelque chose, fais-le-moi savoir, afin que je t'envoie ce qui te manque. » Deux fois Suleiman se leva pour l'embrasser. La demande écrite de Sigismond concernait seulement la bande paroles

«

:

de terrain entre

Theisz

la

sans qu'il osât réclamer

et

la

Transylvanie,

Temeswar et Lippa,où

élevées des mosquées; elle tou-

déjà étaient

,

,

,

Suleiman avait été dressée à sultan

la tête

du pont. Le ordonna

aigri par l'âge et la maladie

,

d'abattre

,

du quartier-maître qui avait osé des marches à lui donné. Le

tète

la

changer l'ordre

grand vesir sauva la vie de l'officier trop zélé, en représentant que l'infraction aux ordres suprêmes avait eu du moins un bon résultat de jeter l'effroi parmi les ennemis, qui tremblaient de voir que Suleiman, chargé d'années affecté ,

,

par

maladie,

la

pides

comme

,

Le Danube

jeune

était

s'il

s'enfla

mouvements

des

faisait

si

ra-

de santé.

et plein

de nouveau et emporta le Suleiman ordonna main-

chait aussi la question de la délimitation de

pont de Vukovar

Debrezin et de Szolnok. Sa modeste prière

tenant d'en établir un sur

la

Drau près

d'Essek.

Les troupes de Rumili

et

d'Anatoli

ramas-

on

fut accordée;

lui

lui

remit aussi trois cents pri-

Le même jour que

;

,

de

sèrent du bois de tous côtés, et dans l'espace de

Zapolya, l'ambassadeur français, Guillaume d'Aube, eut aussi une audience pour offrir au

dix-sept jours, le pont, porté par cent dix-huit

sonniers.

vœux du

fut reçu le

fils

de France en faveur des succès de sa campagne. Déjà précédemment Suleiman avait reçu de semblables vœux. Dans sultan les

roi

campagne de Guns

sa

dans

offrit;

la

Laforet; dans

deur du

ce fut

Ricnon qui

abjuré

qui

,

le

passage des trou-

l'ancien

beg de Rhodes

chargé du commandement supérieur de

,

du Danube

flotte

,

amené

avait

le

la

yacht vert du

sultan, avec trois galères, de Constantinople,

par

son maître

la foi

pes. Ali-Portuk-Beg

dernière, Codignac; l'ambassa-

roi très-chrétien,

nom de

les lui

cents aunes, fut prêt pour

première expédition de Perse, qui s'associail ainsi à

des succès de l'Émirul-Muminin,

la joie

au

la

,

bateaux, sur une longueur de quatre mille huit

le

félicita

jeune Zapolya d'avoir

catholique pour embrasser

la

doc-

dans

le

moment

le

lant d'or

,

et le

,

de

lit

,

,

sur lequel Suleiman visita

bruit des salves de l'artillerie.

sous

trine de Luther (1).

Danube pour entrer enla Drau tenait en ce gouvernail du bâtiment tout bril-

mer Noire

la

suite

la

pont aa

le

Le sultan

entra

tente de l'aga des janitschares , auquel

il

begleberg de Karamanie, Suleiman-Pascha, reçut ordre de se diriger vers

donna des marques de sa munificence, ainsi qu'au beg Ali-Portuk ordonna aux beglerbegs

Ofen

de

De Semlin

le

Suleiman voulait passer le pont de Peterwadein pour marcher contre Erlau. Alors et

,

arriva

la

nouvelle que

Nicolas Zriny

avait

,

faire passer sans délai

et le franchit

après,

le

l'armée sur le pont,

lui-même vingt-quatre

19 août 1566. Les ordres

heures les plus

surpris à Siklos le sandschakbeg de Tirhala

rigoureux avaient été donnés pour empêcher

Mohammed,

de

pillé le fait

cats

camp

l'avait tué, ainsi

fils, et

tout entier, dans lequel avait été

un riche butin où ,

que son

se trouvaient 17,000

du-

en argent monnayé seulement. Suleiman

furieux changea son plan tinuer sa marche sur Erlau

et,

;

,

au lieu de con-

voulut, avant tout,

châtier Nicolas Zriny par la prise de Szigelh.

piller et d'incendier

feu

,

Suleiman

,

:

voyant des villages en

furieux, envoya

le

grand cham-

bellan Gulabiaga, avec cent kapidschis, vers

les

maisons d'où s'échappaient

lui

les

flammes

,

ordonnant de pendre

les pillards et les incen-

diaires sur la place;

il

vesir

de

veiller

,

fut enjoint

au grand

avec les tschauschs

,

à

la

prompte exécution des coupables. La grosse ar(lj .Sclaiiiki, p. 35.

tillerie

dut être transportée à Szigeth

,

à

l'aide

,

,

LIVRE XXXIII. de

grie par l'excellence de ses vins

tristement

être

mane par

dans

célèbre

vesir, Muslapha-Sokolli

et qui devait

,

slan entrèrent dans le

l'histoire otto-

supplice d'un vaillant chef mili-

le

Mohamed-Beg

,

,

par

et

par sa tentative pré-

et par des

lettres

grand

que Suleiman

à ce dignitaire,

la

Mohamed - Sokolli. De

attiré l'inimitié

Siklos,

quinze tschauchs, et de

de

apporter

hamed

'arriva

Pascha

-

vesir lui

,

et

dans

occuper

alla

il

le

,

divan.

avec quinze cavaliers

dans le

la

du grand

tente

siège préparé pour

Cette conduite provoqua de

aïeul

nom dans

n'était pas fou

de quitter

armée sans ordre. Alors s'avança

'son

grand vesir qui lui dit « Que veux-tu ? Pourquoi estu ici ? A qui as-tu confié ton armée ? Le padischah avait fait de toi un beglebreg tu as livré des forteresses aux infidèles; malheur à toi Ta sentence de mort est prononcée, sois maule

:

;

!

dit

!

»

Puis setournant vers lelschauschbaschi,

et

son

fils

Arslan devinrent beglerbegs

d'Ofen.

Le lendemain du supplice d'Arslan-Pascha, fit son entrée solennelle dans Funfkin lien. Trois jours auparavant le beglerbeg de Rumili était venu camper sur la hauteur de Similehov, au nord de Szigeth, avec quatrele sultan

,

vingt-dix mille

hommes

lui dit

Défais-nous de ce mécréant.

en personne parut à cheval devant

La place, située et

entourée par

:

;

'tschauschbaschi se saisit de sa victime. Le bourreau était absent ; ses fonctions furent remplies

par son élève. Tandis qu'on entraînait Arslan Ajasaga lui dit : « Les choses de ce monde n'ont pas de durée; repens-toi, et tourne-toi vers !

»

Arslan

ces paroles

mon

,

,

!e

commencer

s'adressa au bourreau fais vite,

et

:

«

Allons

,

appuie ferme-

siège.

château, l'ancienne

ensemble au moyen de

se trouvaient le

magasin

à

;

la

tour ronde, où

poudre,

les

cloches,

corps-de-garde chargés de donner ,

était seule construite

l'a-

en maçonnerie de

briques. Dans la forteresse, Zriny, châtelain de Szigeth planta une grande croix au pied de laquelle il fit exécuter un soldat qui avait tiré ,

1

epée contre son supérieur

discipline sévère

cruauté inutile,

mais a cet acte de en joignit un autre d'une en ordonnant d'abattre la tète ,

;

il

sans paraître tenir compte de

cher maître,

murs de le

,

le

de triples fossés pleins d'eau

,

biel

Suleiman

les

ponts. Le château avait cinq bastions entourés

larme

tira

la

d'artillerie ,

deux milles de Funfkirchen, rivière de l'Aimas est com-

et la nouvelle ville, unies

de son sein deux rapports qu'il mirait voulu remettre au sultan le grand vesir les prit le

»

à

posée de trois parties:

et les



un parc Le 5 août

et

trois cents pièces (2).

Arslan

il

Ahmed ;

hamed

Szigeth, et ordonna de

s'il

;

gouverneur de Stuhhveissenburg, derwisch de Szegedin et ensuite de Funfkirchen Mo-

faire en ce lieu

et

combats.

les

petit-fils

fut

de

,

un

et

nombreux propos parmi les tschauchs on se demandait ce que le gouverneur d'Ofen venait :

Mo-

signalé dès l'âge

s'était

un grand Bali-Beg en eut trois

,

Arslan

Son

II.

firent tous

,

pesamment armés,

l'infortuné

,

de Jahja-Pas-

nerbeg. Jahja- Pascha avait eu quatre fils, qui se

,

Suleiman changeant son predonna pour instruction de décapiter Arslan à son entrée dans la tente du grand vesir. Le lendemain matin on fît halte à Harsany, où fut tenu un divan. Dans l'après-midi

était petit-fils

,

,

alors

du surnom d'Arslan

de quatorze ans par des exploits héroïques et au siège de Vienne se trouvait au poste de wie-

la

,

:

,

cha, l'un des plus vaillants lieutenants de

Suleiman or-

lui

sa valeur

gouverneur d'Ofen

de

du gouverneur d'Ofen Arslan-Pascha. En même temps, un chargé d'affaires d'ArsIanbeg annonça que d'après des nouvelles reçues par lui le pascha avait quitté son armée depuis trois jours pour se rendre au camp du mier ordre

transporta au

avait prédit sa fin tragique (1). Décoré, à cause

le

communiquées

tête

sultan

le

,

donna au tschauch Burunsis de prendre avec lui

On

sépulture de la famille Jahjaoghli, où

concernant

avait

s'était

la

on

nuit

Arslan reposa à côté de son père qui jadis dans un accès de colère, l'avait maodit et lui

insultantes

il

de

la

matin partit

le

colère du sultan;

perte deWeszprira

la

de Tata, avait provoqué

lieu

possessions d'Ar-

Durant

qui

pour sa dernière demeure.

le I.ion

maturée sur Palola,

vesir,

les

;

fisc.

du cadavre,

près

veilla

de la Turquie.

taire

et

ment le pouce. » Il fut étranglé à l'instant. Le gouvernement d'Ofen passa au neveu du grand

Le sultan campa entre Funfkirchen àHarsany, lieu renommé en Hon-

buffles.

et Siklos,

131

(t) Selaniki (2) Selaniki.

,

qui assista au supplice, p. 38.

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

132 unaga

a

poudre

tombé entre

turc

pompe que

à la

Tour ré-

ses mains.

déployait

de montrer que, de son coté, a recevoir un si grand monarque, et afin

le il

sultan,

était prêt

il

des

prit

dispositions afin que les bastions fussent tendus de draps rouges, que la tour fui recouverte en dehors de plaques d'élain él incelantes, et aussi-

que

pad isehab eut pris son poste sur la hauteur deSimilehov, un gros canon le salua par une tôt

le

commença de

décharge. L'attaque le

trois côiés;

troisième vesir, Ferhad-Paseha, et le begler-

Schems- Ahmed

grand

bombe en

riers, fut

récompensé par

éclatant tua plusieurs guer-

Dans

premier assaut livré à

le

enlevés par les assiégeants, et l'ancien gouver-

neur d'Egypte, ^sofi-Ali-Pascha, fut anniversaire de

bataille

la

Quatre jours après,

furieuse.

funéraire à Suleiman

,

,

Kodscha le

lli

,

,

avec

begs des frontières

les

,

dont

premier, celui de Posega, Naszuli, dirigea sur

de cinq gros canons. Zriny

la vieille ville le feu

donna

l'ordre

de mettre

Sur les décombres,

le

feu à la vieille ville.

assiégtantsétablirentdes

les

batteries: puis, avec des sacs pleins de terre

ils

élevèrent une digue qui leur offrit un chemin

marécage séparant la vieille ville de Quatorze jours après l'arrivée de Suleiman les Turcs étaient maîtres des ouvrages extérieurs, et néanmoins le château résistait toujours. Suleiman tenta vainement

à travers

le

la citadelle. ,

l'âme héroïque de Zriny par des menaces

et la

tué.

de Mohacs,

Le '29, de la

(t

prise d'Ofcn et de Belgrad, l'attaque fut plus

Rumili,Sal-.Mahmud; au centre se trouvaient le beg de l'aga des janistchares Ali-Portuk

,

la forteresse

intérieure [26 août], deux étendards furent

suspendirent l'assaut

d'Anatoli,

place lucrative de

la

muteferrika.

commandaient l'aile droite; la gauche était sous les ordres du cinquième vesir, Mustapha, etdubeglebergde

beg

dangereux où bientôt

vesir d'un poste

après une

grand vrage

basi ion prit feu

,

janilschares

comme pour :

en

servir de torche

effet,

dans

soit

de

la

du

la nuit

5 au 6 septembre, ce monarque mourut, d'épuisement,

le

5 septembre au matin, cet ou-

le

:

les

commencé pour miner

soit

dyssenterie, ou peut-

grand vesir cacha mieux scellé, il paraît que l'on étrangla le médecin (1). Avant de rendre l'âme Suleiman n'eut pas la consolation de voir la chute de Szigeth, ni d'apprendre la reddition de Gyula qui, assiégée par Periew-Pascha avec vingt-cinq mille hommes,

être frappé d'apoplexie. Le cet

événement

et

;

pour que

le secret fût

,

,

depuis

4

le

juillet, avait élé

tembre par Keretsenyi

de

la

remise

le 1

er

Impatient,

(2).

sep-

irrité

longueur du siège de Szigeth, Suleiman

avait écrii

de

sa

propre main au grand vesir:

«Cette fumée n'est-elle donc pas encore

dissi-

promesse de 1 i donner toute la Croatie; le porte-drapeau et le trompette du fils aîné de Zriny, qui se trouvaient dans l'armée envoyée

pée, et n'allons nous pas entendre retentir

par Maximilien au secours des assiégés, avaient

l'armée, mais encore aux vesirs, de prétendues

élé pris par les Turcs. le fils

voulut, aire croire que

même du commandant

en conséquence les

On

la

succom

avait

é;

bannière fut plantée devant

murailles, elle trompette dut sonneries

fanfares bien connues de ses compatriotes

(1).

lettres

autographes du sultan, écrites dans ce proclamées

sens, furen

comme

premier porie-armes du défunt, qui avait initié seul,

avec

le secrétaire

par

en croate

leiman. le 8 septembre, h

la ville

lettres, écrites en allemand en hongrois, furent lancées dans avec des flèches, à l'effet de diviser les

des ordres du

jour. L'auteur de ces pièces était Dschaaferaga,

En même temps des et

le

roulement de la conquête? » Après la mort de Suleiman, qui resta cachée, non-seulement à

le

grand

vesir,

au secret s

élé

intime Feridun,
mort de Su-

ouvrages extérieurs

étaient réduits en cendres, et, dans les fortifi-

troupes composées d'hommes de nations diver-

cations intérieures, la tour seule où se gardaient

ses; elles avaient été rédigées par l'interprète

les

Ibrahim-Beg,kiaja

moment

et par le

de Mustapha- Pascha, sécréta re intime Fei iduu qui dès le la'.a

.

commencement du

(1)

siège, ayaut

Forgacsii Zigethi

aimi vera deseriptin,

et

HungarUe

,

arraché

le

ctaustri praestantis-

obsidionis Fpilnme.

poudres restant intacte, Zriny était arrivé

vit

que

le

de se rendre ou de périr:

avec une résolution bien réfléchie et un calme plein de grandeur et de dignité,

(1)

Budina, Bizari,

(2)

Uiiunfi

,

Bizari

Isluanfi. ,

Bethlen

,

Forgac».

il

se décida

LIVRE XXXIII. pour

la

mer! des héros;

il

demanda

à son valet

hongrois

v 3 t.,..

mis

,

mort sur

à

la

pièce décorée

du

de chambre François Cserenko un court surtout

nom du

traître,

une chaîne d'or aulour du

lité et le

supplice récent de l'aga turc, son pri-

de soie cou,

(1), se passa

d'un chapeau noir brodé d'or,

et se coiffa

orné d'une touffe de plumes de héron, sous quelle brillait un diamant; ensuite

poche 100 ducats bien compiés, au

sa

hongrois,

que ceux qui

afin, disait-il,

la-

mit dans

il

titre

le saisi-

paya

tout dans le château; on ne pouvait s'avancer que sur des monceaux de cadavres: des femmes

des enfants arrachés de leurs foyers étaient

et

souvent coupés en morceaux par les janitschares qui se diputaient un

trouvé sur

le

du château

puis, se faisant apporter lesclefs

;

dans la poche où étaient «Tant que ma main pourra remuer, personne ne m'arrachera ni cet or ni ces clefs; ;près ma mort les prenne qui voudra; j'ai juré que dans le camp turc nul ne ,

les plaça

il

les ducats, et dit

pourrait

:

me monlrer

sabres garnis d'or,

«Avec

au

Parmi quatre

doi;;t. »

choisit

il

plus ancien

le

:

de l'hospita-

sonnier. Cependant le fer et le feu dévoraient

raient ne pussent se plaindre de n'avoir rien lui

la violation

tel

Le chambellan,

butin.

trésorier et l'échansnn de Zriny furent pris

vivants; on leur coupa

Le grand vesir leur

fit

la

barbe, qui fut brûlée.

demander, par

l'inter-

prète Ibrahim, où étaient les trésors de Zriny.

jeune Hongrois plein d'un noble que Zriny possédait 100.000 ducats hongrois, 100,000 thalers, 1000 grands et peL'échanson

orgue

,

1, dit

vases, mais qu'il avait tout anéanti

tits

:

«A

arme, dit-il, j'ai conquis mes premiers honneurs et ma première renommée ;

objets pour 5,000 ducats dans une petite caisse;

avec

de Dieu

mais ses provisions de poudre étaient immen-

celte

elle je subirai le sort

que

la justice

peine, ajouta-t-il, reste-

prononcera sur moi.» Précédé du porte-drapeau, et suivi d'un page chargé de son bouclier,

ses;

sans casque et sans cuirasse,

s'avance au mi-

riez

braves dévoués

truction

de

lieu

avec

troupe de

la

lui

à

six cents

mort,

la

il

enflamme leur courage

et

par une courte allocution terminée au Jésus trois l'intérieur faire

la

fois répété.

du château

:

Dé;à c'était

dernière sortie. Sous

gros mortier chargé

donne d'y mettre

Zriny fidèle

les

le

Zriny or-

:

pont

sont ren-

,

et

l'éclair,

Laurent Juranitsch, qui

nière impériale;

porte était un

la

fumée

la

comme

s'élance

précédé du ban-

agitait la

s'enfonce dans

il

ruines,

les

rangs

les

plus épais des ennemis (1), et bientôt

tombe, frappé de deux d'une flèche à

la tète

triomphe allah

;

trois fois retentit le cri

la tète.

terre, et

la table

molé par son hôte,

(1)

le fit

mettre

katzianer,

ordonna de

le

lui

l'em-

i

visage

abattre

Katzianer, traître à l'empereur, invité à

Tenir s'asseoir à

Selaniki

diewi,

de

Les janilschares portèrent leur

!

bouchure du canon de la

il

balles à la poitrine et

prisonnier devant l'aga, qui

tourné vers

de

feu, et environ six cents

le

travers

à

cri

dévorait

moment de

le

mitraille

a

des assaillants, pressés sur versés;

le feu

fol.

,

137.

p.

49

,

et

de Zriny avait été im,

maintenant

donne beaucoup de

le

Léonidas

détails

;

maintenant des

t-il

que nous parlons, ce magasin va

tandis

faire explosion, et le feu, sans lequel

jamais pris

de

le

vous n'au-

château, va causer

votre armée.

Ces

»

la

des-

paroles

de

l'échanson furent confirmées par ses deux com-

pagnons. Le grand vesir, alarmé, ordonna au tschauschbaschi de

prendre

une

les

courir avec les tschauschs

mesures nécessaires pour détourner

catastrophe.

telle

gné

le

A peine

purent-ils avertir

de s'éloigner avant qu'ils eussent gachâteau, on entendit un craquement ef-

les chefs

froyable

:

,

comme

tour sautant en

si le ciel allait l'air,

s'écrouler, et la

recouvrit plus de trois

Le même jour le grand vesir envo\a, par le grand chambellan Gu!abi-Aga, la tète de Zriny le chapeau et la mille soldats de ses débris (1).

,

chaîne d'or de ce chef au gouverneur d'Ofen,

en

le

chargeant de faire parvenir

le

tout au

camp

de l'empereur. La commission fut remplie aussitôt, et la tète fut transmise au comte Rck de Salm; plus tard cette glorieuse relique fut transportée par Balthasar Bacsanyi à Tschakathurn,

déposée dans

le couvent de Sainte-Hélène, première épouse de Zriny, née Frangipan. Le lendemain de la prise de Szigeth

et là

,

à côté

de

la

y eut grand divan, dans lequel le nouveau muteferrika Dschelalsade, le reis-efendi Moil

Pets(t) Selaniki.

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

134 hammed-Tschelebi

et le secrétaire

Feridunbeg

expédièrent des lettres de victoire, qui furent adressées, au

nom de

les gouKrimée , au au scbah de Perse et à

Suleiman à tous ,

verneurs de l'empire, au chan de scherif de la

Mecque

d'autres souverains

récompenses

,

(1).

la

En même temps, des

et des gratifications furent distri-

grâce à Dieu de son éclatant triomphe. Beaucoup d'emplois, devenus vacants par la mort des Dschelalsade

titulaires, furent conférés, et

torien fut de

nouveau revèlu de

la

l'his-

dignité de

nischandschi. Les travaux de fortification marle secret de la complètement caché à

chèrent très-rapidement. Ainsi

mort de Suleiman

fut

,

tribuées, et l'on publia de prétendues lettres

l'armée, retenue trois semaines devant Szigeth,

autographes de Suleiman, écrites en réalité par

par l'habileté et

la

prévoyance du grand vesir

premier porte-armes Dschaafer, qui savait

Mohammed-Sokolli jusqu'à

l'arrivée

de main souveraine, en vertu desquellesune partie de l'armée était destinée à la conquête de Ba-

veau souverain de Kutahije

à

le

fort bien imiter les caractères tracés

boesa, l'autre à

la

construction de nouvelles

fortifications à Szigeth.

de tous côtés

,

cette

Le sultan répandit-on ,

auquel l'enflure de ses pieds ne

,

Mohammed-Sokolli conquérant de Szigeth au ,

nom de tra si

Suleiman

et suivant sa

de l'armée

pendant

et

les trois

,

c'est-à-dire jusqu'à

années suivantes,

après l'achèvement de la mosquée de Szigeth

sa propre

mort, en observant

sa

prière

du vendredi,

et

rendre

Suleiman, périté et

(1) Selaniki, p. 50.

il

les forces

que non-seulement semaines, mais encore durant

de l'empire

permettait pas de paraître en public, voulait,

faire

pensée, concen-

vigoureusement dans sa main

les treize

y

du nou-

Constantiuople.

les principes

de

maintint l'empire au point de pros-

de puissance où

que des Ottomans

le plus

l'avait élevé.

grand monar-

,

LIVRE XXXIV. MONUMENTS ET nOMMES REMARQUABLES DU RÈGNE DE SULEIMAN.



SECRÉTAIRES D'ÉTAT

POETES, LÉGISTES. — INSTITUTIONS RELATIVES A L'ENSEIGNEMENT, AU SYSTÈME DE DÉFENSE, DES FIEFS, DES IMPOTS. — LOIS PÉNALES ET DE POLICE. — CAUSES DE DÉCADENCE VENANT DE

SULEIMAN

,

QUI NÉANMOINS MÉRITE LE

Les principes posés par Suleiman sout

NOM DE GRAND.

les té-

moignages ks plus importants de sa grandeur aux yeux de son peuple, cpii lui a donné le surnom de Kanuni, c'est-à-dire Législateur, tandis que les historiens européens (appellent seurant les

Grand ou le Magnifique. En énuméfaut monuments de son régne,

signaler

aussi

lement

le

il

ceux de

la

littérature

et

arts, et s'arrêter surtout à la législation.

des

A

la

gir à Galata

Mihrmah, la

les

,

fille

deux temples de

la

sultane

de Suleiman, à Skutari, et contre

porte d'Andrinople à Constantinople

,

et ce-

de Hoxelane sur le marché aux Femmes. Après la Suleimanije, le monument dont Sulei-

lui

man dont

plus était l'aqueduc

s'enorgueillissait le

a déjà été question, appelé des

il

Quarante

Arches et des Quarante Fontaines, parce que l'eau,

conduite sur quarante canaux, alimente

des productions littéraires

quarante foniaines. La description détaillée des

viendront donc les institutions à l'aide des-

constructions de Suleiman donnerait matière à

suite des édifices et

ottoman

quelles l'empire

,

sous ce règne, a pu

dtteindre son plus haut point de gloire. Quoi-

que les

les

œuvres de

hommes qui

l'art

et

de

I

intelligence, et

lesontproduites. se soient trou-

un

livre

fices

comme

cessivement tale

et

dans

vés à l'occasion jetés dans la narration des évé-

ponts,

nements,

posées à

il

paraîtra convenable de leur consa-

crer exclusivement

un chapitre, car à aucune

autre époque l'histoire littéraire et la statisti-

que de l'empire ottoman n'offrirent autant d'intérêt

que sous

le

règne de quarante-six ans de

Suleiman, et pendant

les huit

années de l'ad-

celui

dus à Justinien. les

les

de Procope sur

On

les édi-

pourrait vanter suc-

mosquées élevées dans

la

capi-

provinces, les aqueducs, les

les fortifications, et enfin les

fondations

Mecque et à Médine. Comme son père Selim, à Damas, arracha à l'oubli la sépulture du grand scheich mystique Muhijeddin-AI-Arabi, et en élevant un dôme au-dessus la

de ces précieux restes, en nage, ainsi Suleiman

fit

fit

un

lieu

de pèleri-

reparaître aux yeux des

tombeau du grand Imam Ebu-Ha-

ministration de Selim. Jamais avant, ni depuis,

fidèles

on ne

nife, détruit par les hérétiques persans, édifia

vit

s'élever tant d'édifices

,

se produire

tant de créations de l'esprit; jamais ne parurent

de légistes de poètes Déjà il a été question de

tant

,

et la

de philologues. construction de

Suleimanije et des six autres mosquées qui, sans porter le nom de Suleiman, ont été élevées sous son règne, avec l'argent tiré de son trésor

:

tombeau de Selim e1 la mosquée des Princes, près du tombeau de Mohammed et de Dschihaugir, celle de DschihauI

une mosquée, et répara celle qui du tombeau du scheich mystique Abdulkadir-Gi ani. Le grand poète tout près

avait été élev ée au-dessus

la

ce sont la Selimije,prèsdu

le

',

unstique Mewlena-Dschelaleddiu-Riimi dateur des Mewlewis,

et

,

fon-

Sid Hattal, reçurent de

Suleiman des honneurs de même nature. A kouia, il bâtit contre le tombeau de Dschelaleddin-Rumi une mosquée avec deux minarets,

une

salle

pour

la

sainte valse dçs derwischs,

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

13t>

des cellules,

une cuisine des pauvres:

et

à

que

leur assigne; puis viennent les

l'histoire

Sidi-Ghasi, un grand couvent avec mosquée,

defierdars, les nischandschis et les

medrese cuisine des pauvres et des étrangers le tout recouvert en plomb. Le couvent fut occupé par les derwisches Begtaschi, dont le fon-

c'est-à-dire les présidents

dateur avait consacré

dans

,

Par ces

les janitschares.

de

les secrétaires d'État,

qui sont

ministres réels. Mais

comme

du cabinet

silence

le

r<

is-efendis,

la chancellerie et

à vrai dire

,

s'efface ordi-

il

,

constructions en l'honneur d'Abdulkadir, de

nairement dans

Mewlana-Dschelaleddin-Rumi, et de Sidi-Battal Suleiman s'éla t attiré les bénédictions des

tants de la guerre, en sorte que rarement

,

si nombreux et si mewlewis et des begtaschis (1). A Kaffa Nicée, Damas, il répara des mosquées; près du pont de Mustapha-Pas-

de derwisches

trois ordres

,

influents, des kadris, des ,

cha, sur rai

la

,

plus

la

Marizza,

mosquée

il

restaura

et la cuisine

le

caravansé-

des pauvres. De

Suleiman augmenta encore ses mérites

,

les signale

muezzims appelant

les

musulmans

à la prière,

où des églises avaient été transformées en mosquées; à Rhodes, à Koron, Sabacz, Belgrad Temeswar et Ofen on répara les remlà

,

,

parts, on éleva de nouveaux ouvrages de défense. Belgrad

,

aussitôt après sa prise, dès le

commencement du règne de Suleiman, avait mis en bon état de défense,

été

et vers la fin

de

monarque, la foudre tombée sur le magasin poudre ayant fait sauter lout le château inté-

ce à

rieur, les fortificalions furent refaites

veau

Suleiman construisit

(2).

les

rusalem depuis leurs fondations à la

Mecque surtout

qu'il

le

Mais

c'est

plus grand

Le premier dessu'tans ottomans,

zèle.

nou-

murs de Jé-

(3).

déploya

à

l'exem-

à

il embellit la sainte maison de IaKaaba, fonda des établissements d'éducation et de charité, et fit amener à grands frais de

ple des chalifes,

Mecque.

l'eau à la

Dans

est

occupé par

Ottomans,

le

les vesirs et les

begîerbegs, qui, dans les événements auxquels ils

racontent eux-mêmes leurs ac-

ils

que font le MustaphaRamasansade. Parmi

tions eu qualité d'historiens et

le

Dschelalsade et Mohammed defterdars

les plus

,

,

ainsi

nischandschis,

petit

remarquables

donnent l'impulsion, se présentent

en Hongrie

1^ registre

et Ebulfasl, fils d'idris

,

d'impôt de Suleiman,

qui exploita sa branche

d'administration en Syrie. Avant Chalil

mati (V)

,

à la

,

place

Tableau de l'empire otto-

I. iv, p 622-625. HaJschi-Chalfa , Tables chronologiques

Aali

;

.

.

munément appelé Egri-Abdioghli, le

fils

et

son talent d'é-

crivain: aussi deux fois son mérite le ler

d'Abdi

Boiteux, ne fut pas moins recommandable

par l'élégance de sa plume

aux fonctions de defterdar

fit

appe-

de nischan-

et

grand nischandschi de plusieurs lois nouvelles, et leur réunion en codes. Le premier publia leKannuname du sultan Mohamschi.

C'est à

Mustapha que

med

II,

lui

au

et

l'on doit la rédaction

et l'autre le

dars ont

laissé

sur les affaires

,

Kannuname de finances II. Deux autres defter-

un nom par leur influence Nakkasch-Ali

,

le

calomniateur

d Iskendertschelebi, à la ruine duquel il travailla puissamment avec le grand vesir Ibrale prohim et iNewbeharsade Mustapha tégé du nischandschi Dschelalsade. Lorsqu'il refusa de fut élevé au poste de defterdar,

an 971

prendre place avant ,

n'y

,

,

il

,

[1563]. (3)

il

que trois defterdars, de Ruraili d'Anatoli, de Syrie et d'Egypte. Chalil fut le quatrième, nommé pour la Hongrie. Ebulfasl suivit les traces de son père, le grand h storien des Oltomans, en continuant l'ouvrage de celui-ci, les Huit paradis , où étaient compris les règnes des huit premiers sultans, en y ajou ant huit autres années qui renferment le règne de sul'an Selim 1 er Mohammed-Tschelebi comavait

,

Mnuradjen d'Ohsson

(1)

après

,

Iskendertschelebi, sont Chai il-Bcg, qui introdui-

sous le règne de Selim

l'ordre politique, chez les

premier rang

arriva pour

il

,

grand

sit

,

on

supplice du defterdar Iskenderstchelebi ou

bien quand

dans les villes conquises. De Rhodes de Koron jusqu'à Temeswar et Ofen au lieu du son des cloches convoquant les chrétiens aux autels du Christ on enlendit les cris des ,

faits écla-

excepté dans des circonstances ex-

un grand retentissement, comme le

les

et

des

l'histoire à côté

traordinaires où leur élévation ou leur chute a

aux yeux desmoslims, en transformant un grand nombre d'églises chrétiennes en temples de l'islam

,

les

,

leur rôle se joue

Petschewi

,

Dscbelalsade

,

Abdulasis.

le

nischandschi sur lequel

jusqu'alors le defterdar avait eu

la

préséance

LIVRE XXXIV.

Ot tomansleur point leplusélevéetleplusbrillant

du rang disant quïl était prêt à renoncer à sa place plutôt que d'accepter li supério. ité -ur son bienfaiteur. Suleiman approuva ce beau ,

mouvement de reconnaissance

,

el

137

dans Selim

dans

décida qu'à

période des règnes deSu'eiman

la 11

;

er

et

1

de

poètes et les savants qui moururent

les

lis huit

années du dernier sultan appartel'époque de son

du nischandl'avenir les rangs du defterdar schi seraient réglés d'après leurs années de

naient incontestablement à

Le defterdar dl'Egypte, Ibrahim, est l'auteur d'un recueil très-précieux de papiers d'État en langue turque, dont le mérite ne peut toutefois être comparé à la plus complète de

furent animés de l'esprit de sa longue domina-

toutes ces sortes de collections, au Munschiati-

tueuse, une grandepureté desentiments, etl'es-

bumajundu

prit

et

père, car

service(l).

reis-efendi Fei idun,dout

corequestion plus !ard, sous Murad

remarquables dues

les pièces les plus

il

sera en-

111(2).

à la

Parmi plume

ils

naquirent

et se

formèrent sous

lui,

tion.

Quant aux œuvres

elles

ne sont pas empreintes du génie poétique;

mais

elles se

au

de Suleiman,

distinguent par une dignité majes-

d'humanité qu'elles respirent répond bien

nom de Muhibbi

par

littéraires

(

qui aime avec amitié) pris

sultan dans l'ordre poétique.

le

ne peut

Il

de vic-

sans doute rivaliser avec les premiers poètes de

toiresnrlabatai'lede.Mohacs,laconquètedcBel-

son peuple; mais, dans un âge avancé, alors

grad, Rhodes. Tebris, Bagdad, Ofen et Szigeth,

qu'il est

de

la

ces secrétaires d'État sont les lettres

correspondance avec Schah-lsmaïl et Schah-

Tahmasip,

et avec leurs vesirs,

pour l'extradi-

si

difficile

aux natures vulgaires de

ser d'anciennes idoles et de saluer

naissante de divinités nouvelles,

il

bri-

grandeur

la

eut

le

incontestable de reconnaître à l'instant

mérite

supé-

deSuleiman pour leschérif de la Mecque et le grand vesirlbrahimPascha. Trouver des présidents de chancelle-

riorité

rie et des secrétaires d'État écrivains el histo-

l'honorer

moins étonnant que de rencontrer des princes et des vesirs en même temps favoris des muses. Suleiman, dont le père, Sclim 1 er et l'oncle, Korkud, sont auteurs de compositions en vers, figure lui-même avec

nementsdeson grand empire et deson époque, si

tion de Bajesid, les diplômes

riens

c'est

,

un

la

fait

,

ses quatre fils, 'elim

Dschihangir, dans fois

il

paraît n'avoir

et

biographies des poètes

les

ottomans de ce temps,

Mustapha, Bajesid

,

et



au premier rang toute;

cette place distinguée

qu'à son litre de sultan. Le vérilab'e prince de tous

les

poètes lyriques ottomans, depuis

la

fon-

dation de l'empire jusqu'au temps présent, est

Abdul-Baki, ou simplement Baki, formant, avec l'Arabe Motenebbi et trinité souveraine

le

dans

Persan Hafi les

,

cette

productions pas-

sionnées des trois langues dominantes de l'Orient.

Né au commencement du règne deSulei-

man

il

,

grandit pour ainsi dire

lui-même, et se maintint

durant

le

à

règne de Selim

et la puissance, qui,

pas toujours du

dans

même

1

comme

apogée de

II

(3).

l'empire la

gloire

La littérature

l'histoire,

ne marchent

pas, atteignirent chez les

Mnuradjea d'Ohwon l.^m, p. 1S3. La b bl'otheque de Paris possède un exemplaire incomplet del'lnscha de Feridun u° 79. (3) Diwan de Baki le plus graud poêle lyrique des Tares; Vienne, 1825. (1)

,

(2)

lui-ci

de Baki sur tous ses rivaux

lorsque ce-

présenta son premier ouvrage, et de

lui

à l'avenir

comme l'un

remarquable par tant

ment

,

la

des premiers or-

d'illustrations. Non-seule-

récompensa en sultan Baki, son panégy-

il

mais encore, dans une composition où

riste,

sont signalés les beaux génies persans,

donne mans,

le

nom du

lui

il

plus grand des poètes otto-

et lui prédit la

durée de sa gloire. Recon-

naissant de tant de preuvesd'affectueuse estime,

Baki pleura

mort du grand monarque

la

,

fleur la plus précieuse

de

la

,

son

comme

protecteur dans une élégie regardée

poésie turque.

la

Une

digne de de Baki, futeompoée par le savant mufti Ebusuud qui, grâce à quelques ghazeles est classé, comme son devanautre élégie sur

la

mort de Suleiman

,

rivaliser avec celle

,

,

cier, le savant mufti

Kempaschasade

et

'adi-

Efendi, parmi

les

poètes parles biographes.

Des

et

même

I

paschas,

exemple de Suleiman

et

des vesirs,

de ses

fils,

imitant

ne pensè-

rent pas abaisser leur dignité en chantant des

ghazeles,

et

l'infortuné

beglerbeg d'Ofen,

Arslan-l'ascha, les vesirs Dschemali et

SchemsAhmed-Pascha, le grand vesir Piri-Pascha, figurèrent aussi dans les biographies des poètes; mais nul d'entre eux ne peut prétendre à un rang

,

,

élevé, ni la

approcher

même

des neuf princes de

poésie turque, après Baki leur contemporain.

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

138

imagi nation, mérite ce nom par de ses images et la vivacité deses couleurs,

Chiali, riche en

de Nisami,

l'éclat

chanta aussi

qualités qui lui attirèrent la faveur d'abord

du

tout-puissant grand vesir Ibrahim

,

et puis

de Suleiman chaque ghazele chaque kaszide lui fut payée avec une magnificence souveraine, et il finit par recevoir un fief de lo0,000 aspres. Use déclarait l'antagoniste de Sati, qu'il imila beaucoup dans la suite. Ghasali, l'Arélin des Ottomans, l'auteur du Schah et du Mendiant, et ,

:

de

la

Révolte de Constantinople, Jahja-Beg,

Maillet d'Aarifi;

il

souffrances de Ferhad, et

le

le Ballot et le les

martyr d'Husein, traduisit les Apologues arabes sur la noblesse de l'homme écrivit un recueil de Facéties, un Commentaire au Gulistan ,

de Saadi traduisit une description de la Vie des mystiques de Dschami, et chanta une ré,

Outre ces dix grands poètes du règne de Suleiman les anthologies et les biographies en comptent cent autres, et cinquante, volte de Brusa.

,

plupart lyriques, sous

la

le

règne de Selim.

out été déjà cités à l'occasion des événements

Toutefois, quelques-uns aussi mirent envers

qui les concernent. Fusuli chanta les jouissances

certains

de

l'ivresse et

et

de Medschnun;

de l'opium, il

et les

amours de

Leila

traduisit aussi le Paradis

événements de

d'un sultan, ou

la

même

de Michaloghli; Merachi

romantiques, Dschelili et Fikri se sont acquis

Deruni

un grand nom. Le premier s'inspira surtout des poèmes persans Chosrewet Schirin, et Leila et Medschnun, et traduisit le Schahname. Fikri choisit un sujet nouveau dans l'amour des astres, du soleil et de l'étoile du matin (3), de Mars et de Vénus (4) il a mis en vers le Parterre des

rerni, celui

;

Rewani, première année du règne

qui mourut dans

de Selim

,

la

appartient réellement à celui de son

comme

,

ou

le

règne

entière de

l'empire ottoman. Ainsi Sudi rima les actions

persan des martyrs (1), sous le nom de Jardin des bienheureux (2). Comme auteur de poésies

fleurs (5) et les Vierges des pensées (6).

guerre

l'histoire

sujet poétique le siège

et

,

le

et Agehi prirent pour de Szigeth Schukri et ;

règne de Selim

er I

de Suleiman; Adidi

Mah-

;

Hajati et

,

Schemsi, Aarif

Hasarparapara ceux de tous

les sultans otto-

mans jusqu'à

leur temps. Les quatre derniers

portent

de schehnamedschi,

le titre

c'est-à-dire,

auteurs de livres royaux, parce que leurs livres

embrassent toute l'histoire ottomane,

comme

le

Schahname comprend les annales de la Perse. Avec la double qualité d'historiens et de poètes se présentent les biographes et les auteurs

de rede poésies. Le premier de cette classe est

auteur du livre des plaisirs (7), ouvrage descriptif sous une forme brillante: il

cueils et

mis au nombre des plus grands poètes ottomans. Cet honneur est partagé aussi par Lamii,

titre

Schemsi,de Bagdad, Persan d'origine, qui,

qui en outre occupa

dans son Parterre desroses des poètes (l),men-

père,

est

les prosateurs,

quoique

de Bidpai par Aliwasi

ment comme

la

le

première place parmi

.

des Huit paradis

;

puis vient

le

Ahdi-Ben-

traduction des fables

tionne deux cents auteurs ses contemporains,

soit

regardée communé-

auxquels il donne libéralement le

la

prose tur-

que. Lamii rivalisaavec Sali, en écrivant,

comme

un poëme romantique la Lumière et le Papillon avec Ahi en traduisant en turc le roman allégorique de Fettahi la Beauté et le Cœur. Sur l'ordre de Suleiman, il traduisit aussi les vieux poèmes romantiques persans, Weis u Ranim de Nisami, Absal u Selman de Dschami, Wamik u Asra d'Anszari, puis les sept Formes ,

,

;

,

la

chef-d'œuvre de

celui-ci,

Sehi d'Andrinople qui donna à son ouvrage

,

On

titre

de poètes.

peut reprocher une prédilection non moins

exagérée pour ses comppatriotes , les habitants de Kastemuni, au biographe Latifi (2), qui compte parmi eux trois cents poètes. Enfin, des quatre cents poètes dont Aaschik'ischelebi a cité les

ouvrages,

lume,

le

et a décrit la vie

dans un gros vo-

quart appartient au règne dusultan Su-

leiman, auquel cet auteur ne survécut que six ans.

Des grands légistes qui jetèrent tant d'éclat le règne de Suleiman, nous avons déjà cité, à l'occasion de leurs ouvrages les deux muftis Kemalpaschasade et Ebusuudavec le molla Ibrasur

(1)

Rausatoscb-Schuheda, par Husein-Wais.

(2) Hadikaies-Suada. (3)

(4)

Mirb u Anahid. Befaram u Snhre.

(5) Schukuselar. (6)

Ebkari

-

Ëfkar.

(7) Ischretuanie,

,

(1)

Gulscheni-Schuara. Ahdi mourut en 971 [1563].

mourut en U90 [1582]. Son ouvrage, ti ad. en extrait par Cbabert, contient deux cent quatre-vingt(2) Latifi

deux

poètes.

LIVRE XXXI V. him d'Alep, auleur du Code

islamite encore

Réunion des deux mers,

la

,

philologue

gieux

,

Un

Surori.

et le

grand

encyclopédiste prodi-

tinuateur Atlaji nous ont transmis les biogra-

àTasch-

d'elles,

trois cent sept sciences

et

,

dans son ouvrage intitulé

:

Parcelles d'anémone, a le premier ras T semblé les biographies des légistes ottomans, les

depuis

:

et

systématiquement

chacune

noms aux conquêtes de Suleiman, en enflammant le zèle de l'armée par leurs paroles tel

principaux auteurs qui ont écrit sur

en

et

kœpri, qui, dans son Encyclopédie, a rangé

ies

Osman

1

er

jusqu'à la moitié du règne de

fut le rôle

phies, à peine cinquante sont connus commeécri-

vains par des ouvrages de quelque importance.

Acetaperçu delà

Suleiman. Hafis-Adschem a composé aussi deux

des mesures appliquées à enseignant

étendue bien moindre

:

l'un a

En digne

rival

pour

titre la

des sciences

•Cité (1); l'autre, le Registre

(2).

de Mustapha, secrétaire d'État

signature du sultan, fut son frère Ssa-

la

lih-Dschelalsade, qui, sous Bajesid,

ordre, traduisit

par son

et

grand recueil des Contes persans (3) puis écrivit l'histoire de Sel ira I er iUn auteur non moins précieux pour l'histoire, le

.

,

Persan Lari

est le

.

qui passa

du service du

sul-

Humajunschah à celui des Ottomans, composa une histoire universelle sous le titre de Miroir des aïones et des routes des connaissances , et joignit des gloses margi-

stitutions

à ce degré d'organisation qui les a retenus jusqu'ici

en un corps bien compacte, en dépit de

écoles

ottomanes

a

,

grammaire récemment encore

.de la

du renom dans et la

livres élémentaires .étéfait

qui

,

de

,

la

science

dogmatique,

la

et

presse a multiplié

sur ces questions. Déjà

mention, à l'occasion de

concision,

din

Canisius et le Dunat des

ses il

a

de la cir-

la fête

du précepteur de Suleiman, Chaired-

dans

toujours à côté

les

du

disputes publiques

Des

,

siégeait

médecins de la cour qui prenaient rang parmi les ulémas, sous le règne de Suleiman, un certain Moham-

med

,

rable

fils

sultan.

de Kaisuni acquit une réputation du,

comme

jouit aussi

poëte, sous le

nom de

Nédaji;

d'un grand crédit à cause de

tance par lui prêtée kolli

six

pour cacher

la

au

vesir

mort du

il

l'assis-

Mohammed-So-

sultan.

Sur plus de

dissolution. Les améliorations de Suleiman consistèrent à fixer les

(1)

Medinetululum.

(3)

degrés à parcourir par

les

muderris ou recteurs de collèges, que Moham-

soixante),

affectées

quarante,

Aux

trois

les

la

leur était

et

les

provinces et

à l'exception des huit

la capitale,

medreses de

cinquante et

premières classes étaient

medreses dans

les

même dans

classes (les vingt,

les

distingués encore en intérieurs

et

extérieurs.

il

en cinq

avait distribués

mosquée de Mohammed

attribué un

11

:

et

traitement quoti-

dien de ôO aspres. Aux mosquées d'Aja-Sofia et

à

d'Éjub

celle

quatre

muderris

,

de

Suleiman la

attacha

les

Suleimanije, avec 70

aspres de traitement quotidien, et fixa d'après

le

nombre

dix,

si

degrés par lesquels

les

cher aux Ottomans,

on devait

s'élever

corps enseignant. Il y avait : 1° les muderris extérieurs; 2° les extérieurs proposés pour l'avancement 3° les intérieurs ; 4° les in-

dans

le

;

térieurs

proposés pour l'avancement

candidats aux huit attachés à

Mohammed

II; 6°

les

la

;

5° les

mosquée de

huit; 7° les soixante;

8° les seconds soixante; 9° les candidatspour

Suleimanije

;

mème(l). Les

(2) Fihristuleulum.

de

toutes les causes extérieures et intérieures

les trente, les

le

de l'empire, sont parvenus

et les théologiens

med

,

hiérarchie du corps

sitions, les ulémas, qui sont à la fois les légistes

tan indien

prudence. Birgeli

la

comme complément des sages inde Mohammed II. Grâce à ces dispo,

et

nales à plusieurs traités fondamentaux de juris-

ottomane sous

littérature

Suleiman se rattache tout naturellement un état

ouvrages du genre encyclopédique, mais dune

pour

peine sont signalés

à

que jouèrent le scheich Alaeddin à la prise de Bagdad, et le scheich Mureddin à la campagne deSzigeth. Enfin, dans les deux cents légistes dont Taschkœprisade et son con-

mais savant surtout en biographie

bibliographie, est Taschkœprisade. né

cité

deux

trente scheichs.

par l'histoire, parce qu'ils ont attaché leurs

aujourd'hui en vigueur dans tout l'empire otto

man

139

10° les recteurs de

la

la

Suleimanije

sujets qui ont passé par tous ces

Dschamiul-Hikajat de Dscbemaleddin-Mohammed

îl

Aufi, traduit

le

poète Redscbati.

précédemment par lbn-Arabschah

et

par

(1)

1525

,

Rapport de Pietro Bragadino, du 29 décembre dans Mai lui Sanuto.

,

HISTOIRE DE L EMPIRE OTTOMAN.

140

degrés ont seuls droit

à

enirer dans

mière des cinq classes où sont pris dignitaires de

rave ou

faut se contenter

Mais tous

quand on

li loi;

temps de monter

le

de

et

la

,

il

inf rieurs. et

des der-

l'affranchissement

garantie de

leurs familles; leurs biens

pre-

lentement

de places déjuges de

la

premiers

n'a pas le cou-

ainsi

ulémas des premiers

les

niers rangs jouissent

d'impôts

les

propriété dans

la

ne retournent jamais

au fisc. A insi laseule aristocratie de l'empire otto-

man

,

celle

du corps enseignant

et judiciaire, est

affermie par l'accumulation des fortunes de

génération en génération dans milles des

ulémas;

pour tourner

la loi

et

grandes

fa-

moyen

qui oppose des obstacles à

l'avancement trop rapide; les

les

n'y a qu'un

il

enfants des grands, dès

mudrrris; arrivés à l'âge

c'est le

de faire inscrire

berceau, parmi

les

sont déjà pla-

viril, ils

grâce au zèle de ses gouverneurs

dans

le

l

Avec son caractère généreux et libéral, Suleiman ne reconnaissait pas moins l'argent comme le nerf delà guerre et la source de la vie ei de

A

d'aqueducs.

;

en produisit

cet

ces revenus réguliers se joi-

gnaient encore des ressources extraordinaires, comme les richesses du souverain indien de

Gudschmat, déposées à la Mecque, les biens des vesirs et gouverneurs mis à mort, qui, détournés pour quelques instants

au

Ainsi

fisc.

,

revenaient bientôt

des richesses du def-

arrivait-il

terdarlskcndertschelebi, du tout-puissant grand vesir Ibrahim

des vasi

,

s

remplis de

l'or

de

l'E-

de l'Arabie, du marin Piri Reis. Le plus grand mérite de Rustem aux yeux de Suleiman était l'accumulât on d'énormes trésors:

gypte

et

quoique

le

sultan n'ignorât pas l'immoralité des

moyens employés pour des

emplois,

la crainte

cés sur un degré élevé de l'ordre judiciaire.

,

excédant n'entra pas résor, et fut appliqué à la construction

1, '200,000

bientôt

il

cela et surtout la vente

laissa

faire,

persuadé que

dans laquelle Rustem vivait devant

pour mettre des bornes à ses exDurant l'administration de Rustem négocations de paix avec l'Autriche,

suffirait

lui

torsions.

dans

les

,

la

prospérité pendant la paix. Dès

années deson règne, et

les cariipa

les

premières

nés de Belgrad

de Rhodes l'avaient pnussé à

la nécessité

de mesures financières exceptionnelles. Immédiatement avant l'expédition de Mohacs dans tout l'empire fut décrétée une contribution de guerre, de 15 aspres par tète, s;ms

de religion ou de fortune. Ce impôt extraordinaire levé sous le

distinction

fut là le seul

règne de Suleiman. Tenter de renouveler une pareille mesure, c'eût été provoquer les mur-

mures du peuple il

ne

;

tières à

grands le

frais

:

le

pillage des contrées

tribut imposé aux vaincus cou-

vrirent les dépenses de la guerre. La Hongrie, si

souvent frappée du

gée par

les

fléau

des invasions, rava-

comme

vanie, par le règlement financier

dar Chalil, dut s'arracher

la

Transyl-

du

,

la

y eut encore une fixation de sommes

vesir. Rust m taxait la collagouvernements d'après leur produit, dons ordinaires de 500 ducats offerts sous

tion des et les

Mahommed

11

montèrent

3,000(1). Mais du moins les impôts

a

,

à la

nomination d'un patriarche,

réguliers étaient trés-modérés; la contribution

n était guère que de 40 à 50 aspres(2), un ducat environ parmaison, et l'on peut évaluer foncière

à

lamèmesomme les impositions indirectes(awaPour deux moulons, on donnait

1

aspre,

de 3 à 5 aspres pour le commissaire. Les biens de la couronne produisaient alors la sjmme énorme de 2,441 charges d'aspres, à peu près 5

et

million^ de ducats. L'ensemble des revenus est

évalué, en général, danslesrapportsdesbailesau

retour de leur mission, à 7 ou 8 millions de ducats.

Malgré neurs les

les entrailles

Non-seulement Raguse,

Valachie payaient tribut

il

,

la vénalité

introduite

grades mi

des charges des gouver-

par l'avidité de Rustem

itaires n'étaient pas

encore mis

à

ilefter-

pour

fournir de l'argent à ses conquérants sangui-

la

,

payer au grand

Akindschis, puis soumise à un tribut

annuel, et enfin épuiée,

naires.

à

d'ailleurs elle cessa d'être

s'agissait plus d'acquérir des places fron-

envahies et

sultan

ris).

car dans les campagnes suivantes

nécessaire,

outre les stipulations pécuniaires en faveur du

Moldavie

prix: Suleiman tenait rigoureusement aux principes de son père sur ce point.

Un marchand,

qui avait prêté à ce sultan 60,000 ducats, solet

mais encore Venise

et l'Autriche, l'une,

pre

,

l'autre

,

pour la possession de Chypour conserver la haute Hongrie.

L'Egypte, d'abord imposée

à

800,000 ducats,

(t) Crusii

(2)

man.

Turco-Gnecia

,

Kotscbibeg, Traité sor

p. 167. la

chute de l'emjiire

otto-

,

LIVRE XXXIV. une place de schebedschi (armurier) fils avec une solde de 2 aspres pur

licitait

pour son

,

supplique, présentée et appuyéeparlesvesirs.Selimécrivitoe sa propre

jour.

En marge de

main

:

J'ordonnerais de vous exécuter tous,

«

.sur la foi

par

si

je n'étais retenu 1

est arrivé

en

cause de l'argent. Donnez-lui son capi-

gardez-vous

et

,

de mes ancêtres,

crainte de faire dire qu'

la

lainsi à

tal

la

ipareilles

à l'avenir

demandes

de

m adresser

de

ment

Suleiman suppression de

à l'armée furent la

irrégulière de

infanterie

,1'iuruk,

Rumili

la

l'augmentation des janitschares. Avant lui, .leur nombre le plus élevé n'alla pas au delà de et

jl2,000

Suleiman

;

la

porta jusqu à 20,000

id'un aspre

et

;

se distinguait,

s'il

(2).

sodé

janilschare ne jouissait que d'une

,Le

recevait à la

il

une augmentation de

ifinde chaque camp;igii"

deux à trois aspres. Suleiman établit de solde la première ( kœtschek :

)

trois classes

de 3 à 7

,

aspres par jour pour les eschfiiiiclschis, c'est-àdire, les

hommes

un service effectif;

faisant

seconde, de 8 à 9 et jusqu à 20 aspres

,

la

pour

amelmandes ou vétérans, dont ceux qui

les

dans des casernes spéciales de nom de kurudschis

iétaient logés

capitale reçurent le

;

comme

invalides, de

30

qua re ou cinq ans :

distinction (1). Suleiman leur

la

première

seurs,

le

premier

pour du lieutesolde de 40 aspres

jour de

la

la

)

et ses succes-

paye, se rendirent, sous

devant

,

les visita

casernes, et

les

le

de chambre recevait, des mains du du premier régiment, la solde qu'il

distribuait ensuite parmi les soldats

de garde,

en y ajoutant quelques p lignées de ducats. En conséquence de celte distinction si honorable,

un Irône fut dressé dans une des chambres du premier régiment, que l'on tint toujours fermée. Quelques années avant la constiuction des nouvelles casernes des janitschares, Sulei-

man

donné à ces milices une preuve de sa en acceptant une coupe de sorbets et

avait

faveur

,

,

en établissant qu'à l'avenir lui

le

chef du soixante-

renouvellerait, cet te offre

fois qu'il passerait

devant

les casernes.

Ce régiment eut donc également une trône toujours fermée.

Un

salle

du

autre officier présen-

ausM un sorbet au chef des eunuques, s'il accompagnait le sultan et un semblable honneur était rendu au grand \esir toutes les fois ,

aux casernes. Le sultan portait coupe à ses lèvres et le porle-épée qui la

qu'il se rendait la

,

la

remplissait d'or.

campagne de Szigeth,

Au moment de

alors

que

la

la

puissance

de Suleiman avait atteint son plus haut poini de développement l'état militaire offrait pour

de mumdsihis( al franchis). Le corps entier

l'armée régulière quarante-huit mille quatre

que de quarante.

.des janitschares n'avait

douze mumdschis

que

mais

proclamait

trois tschauschs et

tschauchs et

,

cent

seize

hommes, dont

2,640,900 aspres (2)

solde montait

la

i<

kiajas des ..anitscliares ne changeaient pas fré-

double des forces que Suleiman avait trouvées a son avè-

quemn

nement

ent,

temps

:

postes

(3).

ils

;

comme on

l'a

les

vu dans

les

derniers

repaient de sept à dix ans

L'on continua de recruter

les

à

leurs

Kolcbibeg

(1)

,

Traité de

la

chute de l'empire otio-

man (3)

,

p. 309.

KotschhVfç.

,

les

c'était

le

l'infanterie et

akiudschis

à

cavalerie

la

cheval

,

les cou-

Kotschibeg, Mouradjea d'Obsson, 1. vu, p. 355 Hesarfeuu, d'après le registre df s chance. leries,

(2)

dans Mouradjea d'Obsson

,

;

les janit-

man. (2)

Avec

(3).

irrégulières

(1) ,

Kulkiaja

(

celle

rarement des nomina ions de ischauschs

schis n'était jbien et

On

de

construire de

valet

colonel

rendait

actif.

pour

reçut des mains

il

,

un déguisement

mues dont

pables d'un service

fois

d'un vétéran. Depuis, Su'eiman

tait

de lis rendre incaLe nombre des kurud-

fit

nouvelles casernes, et lorsqu'il

unième, d chemaat

avait été

et le service,

milice d'élite lorquï's étaient dignes

chaque

,

langue

la

enfin incorporés définitivement dans la

être

pres; mais ces dernières places, avec un traitement si élevé, n'étaient don ées qu'avec une extrême réserve et seulement à des vieux guerriers blanchis dans les combats qui pouvaient .témoigner de leur valeur par des blessures rel'effet

,

la

120 as-

à

leur

en enlevant des enfauts de chrétiens, qui, vêtus de drap rouge, apprenaient

institution

la

troisième enfin, pour les soldats et oLiciers

pensionnés

141

comme dans les premiers temps de

nant général

» (1).

Les principales mesures prises par .relativi

schares

Tableau de l'empire otto-

la

constiiuiioii

l'empire otioman

et l'organisaliou administrative de I.

n,

p. 181.

Rapport de l'ambassade vénitienne de ,Maiïni Sa-

(3)

mito

,

,

I,

v.

,

HISTOIRE DE L'EMPIRE OTTOMAN.

142 rcurs

et les

batteurs d'estrade à pied

en mouvement

l'artillerie la

;

on mit

,

dans certaines expéditions

,

hommes

environ deux cent cinquante mille

nons

,

au complet comptait

aspres

(1

;

trois cents ca-

cat

Suleiman ne porta pas moins de soins sur l'organisation des fiefs de cavalerie, les timars

Les gouverneurs éludaient

les dispo-

les

teskere ), une lettre d'assignation

(

que

flotte, trois cents voiles.

).

contenues dans

fermans, en y annexant, après leur réception, au lieu du certifi-

sitions

les

;

de

sorte

sipahis se mettaient en possession de

leurs fiefs sans plus s'inquiéter de l'expédition

du diplôme de

Porte

la

qui

c'est ce

:

fit

adresser

au

pahis, ne doivent pas être confondus avec les

beglerbeg deRumili, Lutfi-Paseha, plus tard grand vesir, un ordre sagement conçu en

sipahis soldés qui forment le premier des quatre

vertu duquel à l'avenir on ne devait plus donner

siamcls, dont les possesseurs, appelés si-

et les

corps de cavalerie régulière.

organisé

système féodal de

;

er

Murad la

et, à l'extinction des mâles

,

avait

I

que

enlever son

fief,

fiefs,

sans que ses enfants fussent

fief,

mais un siamet ne pouvait

être divisé en lin,ars.

Aucun siamet ne pouvait

avoir une valeur moindre de 20,000 aspres

;

la

Dans

collation en était confiée aux gouverneurs. la

dixième année de son règne, Suleiman dé-

cida qu'à l'avenir les gouverneurs ne pourraient

plus conférer que les petits fiefs sans consulter

Porte: de

la



leur

nom de

teskeresis (sans

certificat ). Les siamets furent d'abord donnés provisoirement au moyen d'un ferman d'inves-

titure

ce ferman, adressé au gouverneur de la

:

province où était situé le fief, lui enjoignait de s'enquérir si le poursuivant était réellement d'un sipahi, et quels revenus

fils

dait au

ments vait

moment de

le

père possé-

sa mort. Si les renseigne-

étaient favorables, le poursuivant rece

du pascha un

certificat (teskere ), et sur la

production de ceite pièce près de

la

Porte

le

,

transformer leurs certificats en diplômes. tions i^hisza)

et

conféré à divers possesseurs;,

maisces parties étaient toujours considérées dans leur ensemble,

comme formant un seul

dit sans la permission

d'abord que d'un timar de 4

à

6,000 aspres

père mourait, non pas sur un

mais dans son

deux

champ de

;

:

:

considéraient

les

comme

d'i