Le droit de la guerre et de la paix

Frontispiece port. of Grotius by Jacques Chovin, v. 1. Vignettes on t.p.'s of both vols. by Chovin Signatures, v. 1: pi⁴ a-f⁴ A-3T⁴. Vol. 2: pi1 A-3O...

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fÙ 61 LU il Jû/;lo 2

.

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\

LE DROIT DE

LA GUERRE, ET DE

Lj

A FAI \.

HUGUES 'gROTIUS. NOUVELLE TRADUCTION, PAR

JEAN BARBEYRAC, Profcjfeur en Droit à

Groningue,

Rdiale des Sciences à

Avec

NoTe

les

s

& Membre de

/, /

la Société

BERLIN.

de l'A uteur même qui n'avoient & de nouvelles Notes du Traducteur. ,

point encore paru en François

;

TOME SECOND.

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Chez

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EMANUEL THOURNEISEN, MDCCXLVL

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(Sfr

LE DROIT DE

LA GUERRE, LA

ET DE

PAIX.

SUITE DU LIVRE SECOND. CHAPITRE Du Dommage

caufé injuftement,

&

XVII. de l'obligation qui en

réfulte.

II. Ce que c'eft que Dommage. III. Qu'il faut bien difiiuQiie toute Faute oblige à la réparation du dommage. ou le mérite , £? le droit proprement ainjl nommé , qui fe trouvent quelquefois joints enjém. apt guer suer entre i/'aptitude Que l'ejiimation tombe aujji du Dommage les IV. fruits, ou égards les revenu*. fur V. Comment ble à divers

VI. Que l'on caufe auffi du dommage par autrui ; £jf cela ou en (alprofit ceffant entre dans cette ejïimation. VII. ou en fécond chef : V1I1. Ou en ne faifant pa-i certaines cholant certaines chofes , Jbit eu premier chef i premier ou en fécond chef. on en IX. X. Quelle influence il faut avoir eu fur l'ucîe encore chefs cela fes i £? XI. Ordre du dédommagement, dans un concours de plufieurs d' autrui , pour être rejbonfable du dommage. le

XII. Que l'obligation de dédommager s'étend aiiffî aux fuites du Dommage. perfonnps à caufer le dommage. i. Lors qu'on a commis un Homicide. XIV. 2. Lors qu'on a XIII. Exemples de la manière de dédommager, XV. 3. Lors qu'on a commis adultère avec une maltraité quelcun en fa perfonne , de quelque autre manière. d'une qu'on Fille. XVI. Lors commis pudeur a un à la Vol , un attenté Larcin , 4. ou autres ou Femme , XVII. ç. Lors qu'on s' eji fait faire une Promejfe par tromperie, ou par force. XVI II. Dm femblables injujiiees. promettre eji jujîe Droit le Naturel. XIX. Si la crainte, qui eji repu, , félon cas où la crainte, qui oblige à pour antorijer à Je prévaloir de la Promejfe? XX. Comment le Souverain tée jujîe félon le Droit des Gens , fuffit par Tes Sujets. Du butin que des Armateurs font fur les Amis ççf Alliez , eji refponjable du Dommage caufé XXI. Si , par le Droit Naturel , on eji tenu du dommage caufé fans qu'il contre les ordres de leur commifjion. y ait de nôtre faute , par une Bête qui nota appartient, ou par la rencontre de deux VaiJJ'cauxP XXII. Que ton peut caufer du dommage à l'égard de /'Honneur ou de la Réputation ; £f de quelle manière il Je répare.

Tom.

II.

§. I.

I.

,

,

Du Dommage

2

§.

i^flk^\ ^n.OuT

,

£«f

die

ce qui nous eft dû l'eft ou par quelque Convention ou en coniëquence de quelque Délit ou en vertu de quelque Lo/,- félon la divifion que nous avons (a) faite ailleurs. Nous venons de traiter fuffifamment de ce qui regarde la première de ces fources ou les Conventions.

|r&)

I. i.

caufé injujlèment

,

,

,

(a) Cbap. I.

de ce Livre §. 2. num. $.

,

Paflons maintenant à l'obligation qui réfulte naturelle-

ment du

Délit.

2.j'entens

{bjMaltfi.

ici

par (b) Délit, toute faute (i)comife,foit en

ou en ne faifant pas certaines chofes, au préjudice de ce à quoi on étoit tenu ou purement & Amplement entant qu'Homme ou à cauje d'une (2) certaine qualité particulière dont on eft revêtu. 3. Or, quand on a caufé du dommage par une faute comme celle-là , (3) on eit

tinta.

faifant

,

naturellement tenu de (a)

tamtm.

D«-

1

§. II.

le

réparer (4).

Le Dommage comme îèmble ,

.

l'infinuer

Pétymologie (1) du mot

conliile en ce qu'on ùtelx quelcun quelque chofe de ce qui eftfien

(a) Latin,

tienne de Nature toute feule foit que cela lui appartienne en conféquence de quelque acle humain comme en vertu d'une Convention ou par une fuite de Pétabliflèment de la Propriété des biens ; foit enfin que quelque Loi le lui donne. c'eft la Vie dont on eft maître pour 2. Ce qui appartient naturellement à chacun &non pas pour la détruire c'eft enfuite nôtre Corps , nos Membres , nola conferver tre Honneur, nôtre Réputation, & nos Actions propres. 3. Pour ce qui appartient à chacun en conféquence de Pétabliflèment de la Propriété des biens , ou en vertu de quelque Convention j nous en avons traité ci-defliis par rapport au & par rapport aux chofes même qui deviennent ainfi nôtres , la

,

foit qu'il le

,

,

,

,

,

:

,

&

droit qu'on aquiert ainfi fur les actions d'autrui. 4. Chacun a aufli certains droits, dont il eft revêtu par quelque Loi.

même

CarlesLoix

&

de pouvoir que chacun n'en a fur foi-même , fur ce Ainli un Pupille aura droit d'exiger de fon Tuteur un degré coniidéqui eft à lui. de circonfpeclion dans le maniment des affaires delaTutérable (3) d'exactitude fi les Loix le requièrent ou formellement ou par une conféquence allez claire. Il le même chafaut dire la même chofe du Corps de l'Etat par rapport à un Magiftrat ; que Citoien en particulier peut prétendre que les Magiftrats (4) s'aquittent de leur devoir avec une grande exactitude , s'il y eit autorifé par les Loix.

ont autant (2) ou plus

,

&

,

,

&

,

f.

Chav. XVII. Ci) Le mot de Faute fe prend ici dans un feus général , qui renferme la mauvaife Foi , aiiili bien que l'imprudence. (2) C'eft-à-dire , non feulement à caufe d'une certaine relation qu'on a avec d'autres , ou d'un certain Emploi dont on eit revêtu , mais encore en vertu de tout engagement on l'on eft entré de foi-même. (3) Voiez Pi: F EN DUR F , Droit de la Nat. &f des Gens, Liv. III. Chap. I. qui doit être perpétuellement confronté avec nôtre Auteur fur cette matière. (4) Les Grecs appellent le droit qu'on a d'exiger cette Il en eft traité dans le réparation , Xf.it* is hx.?,. Digeste, Lib. IX. Tit. II. Ad Leg. Aqtàl. & dans les Titres fuivans; i.f.s

G

,

r o

Lib. V.

t

1

U

Tit.

comme aufli dans XXXVI. De injuriis

les

&

De'crb'tadamno dato.

s.

H

C'eft dans F SYCHius qu'on trouve A/ua/s <^x>j , exVoiez l'Indice du Tbréfor de Langue pliqué par 'Ç/tf/Jae isr r i Etienne. Greque , par §. IL (1) Damnant vient peut-être de detnere , comà àenttione , quant me Varron le dérive: minus refaclum , quant quanti confiât. De Lingua Lat.

h

H

DAMNUM

Mais

Lib. IV. (pag.41. Edit. H. Stepb.) D'autres aiment mieux faire venir ce mot , de Ax7tm>, , frais , dépenfes , comme puis Damnunt : fi l'on avoit dit d'abord Dapnum , de

&

que d'*' r^e* Sommeil, on a fait Sopntu , & puis, Somnut. On pourroit dire aufli , avecaflez de vraifemblance , que Damnum vient du Grec Aûutu [ou plutôt Au/uxco, àûnnïiui'] qui fignifie la même'chofe que &«'£» ou bien de Zïiutx d'où l'on a fait Damia , & puis Damnum: comme de Regia , Reguum. Grotius. La première de ces Etymologies , eft celle que donnent comme on l'a remarqué Damnum les Jurisconfultes &f D A M N AT 10 , ab cdcmtione £f quafi deminutione patri-

même

:

,

:

,

monii

,

dicfafunt.

DiGEST. Lib.

XXXIX.

Tit.

IL De

damno

infecio &C. Leg. III. (2) Voiez ci-deffus , Liv. I. Cbap. I. §. 6. (;) Ainli, par le Droit Romain, un Tuteur cftrefponfable non feulement de fa mauvaife foi , ou d'une négligence grefliére , mais encore de ce qu'on appelle que feroit faute légère , c'eft-à-dire , s'il n'a pas fait un Père de Famille médiocrement avifé Quîdquia Tutoris dolo , vel lut à culpa , uut lei>i , feu Curatorû, Aîinores amiferint , vel, quum pojfent , non adquifierint j hoc in

c

:

tute-

,

L IV.

?obligation qui en rêfuite. Mais

ou

IL Cil. XVII.

3

mérite, que l'on appelle aufîî droit dans un fens impropre, qui eft l'objet de (b) la Jujlice Attributive i nefuffitpas pour que l'on puiilè réputer fien véritablement ce qui nous convient de cette manière , par conféqucnt n'impofe point l'obligation de réparer le dommage car de cela feul qu'on eft capable ou digne d'avoir une choie , il ne s'enfuit pas qu'elle foit notre. Sur ce princif.

l'aptitude feule,

le

&

&

(b) VoiC7, Liv.

I.

1. §• 7,

Cbap. 8.

:

pe

ARISTOTE

,

tel ejî le

(f) dit, qu'/o/ homme, qui, par avarice, riajjljle pas de fou bien les Néau delà de ce qu'il devait avoir. Cice'ron foûtient aufîi , (<5) que

ri a rien

cejjiteux,

droit des Peuples Libres

cun ce qu'il leur

Un

plaît.

,

qu'ils

peuvent , par leurs Suffrages

peu plus bas néanmoins

il

,

donner ou iter à cha-

remarque

,

&

(7) qu'il arrive

Peuple fait ce qu'il veut, non pas ce qu'il doit; de forte que là le mot de devoir eit emploie dans un fens plus étendu. §. III. 1. Mais il faut bien prendre garde de ne pas confondre ici deux chofes très-différentes, (a) Car ii l'on a donné charge à quelcun de conférer certains Em(a) Thom. Cajetan. If, il elt tenu envers l'Etat de choilir des Sujets dignes, plois Publics & l'Etat a un droit &2. Quaeft. proprement ainii nommé d'exiger cela de lui de forte que quand il a choifi quel- LXII. Art. 2. que Sujet indigne , que l'Etat en fouffre du dommage, il eft obligé de le réparer. Soto, Lib. IV. 0_u. VI. Le/2. Tout Citoien aufîi qui n'elt pas indigne d'un certain Emploi Public , quoi qu'il fins, Lib. II. n'ait pas droit à la rigueur d'exiger qu'on le lui confère a pourtant un vrai droit d'y Cap. XII. Dtib. 18. Coprétendre , comme les autres. Si donc on le traverfe dans fa pourfuite foit par vio- varruv. ad lence ou par artifice il peut légitimement demander non pas à la vérité l'équiva- Cap. Peccatunt Part. lent de la chofe entière qu'il recherchoit mais un dédommagement de les efpéran- II. §. 7. ces à proportion du plus ou moins d'incertitude qu'il y avoit. La même chofe a lieu, lors que , par force ou par rufe on a empêché qu'un Teftateur ne fit un Legs à quelcun. Car la capacité de recevoir un Legs étant une efpéce de droit , c'eft faire du tort à une perfonne que de la fruftrer defes efpérances, en étant à un Teftateur la liberté ou la bonne volonté de difpofer en fa faveur de quelque partie de fes biens. n a moins qu'on ne de voit par conféquent on eft cenfé avoir reçu du §. IV. Dommage non feulement à l'égard de la chofe même qui nous appartenoit mais encore à l'égard des fruits , ou des revenus qui proviennent proprement de la cho(a) Sota (a) foit qu'on les eût déjà recueillis ou non , pourvu qu'on eût lieu de s'attenfe Lib. IV. dre à les percevoir bien entendu que félon la régie qui défend de s'enrichir aux Quxft. VIII. dépens d'autrui on déduife préalablement les dépenfes faites pour l'amélioration de Leiîtus, Lib. quelquefois que

le

,

;

,

&

,

,

,

,

,

:

,

,

,

O

&

,

,

,

,

t

,

,

:

,

la

ou pour recueillir les fruits. V. Le profit qu'on auroit pu retirer de fon bien , doit

chofe §.

IL Cap. XII. Dub. XVI.

,

aufli être

eftimé

,

non

pas

eu Uitelte

non

,

eft

feu negotiorum gejlorum incerti juris.

C

judieium venire, o O. Lib. V. Tit. LI. Arbitrium ,

utile

tuteU, Leg. VIL (4) Et par conféquen-t exiger d'eux un dédommagement du préjudice qu'ils lui ont caufé eu n'apportant pas à l'exercice de leur charge ce degré d'exa&itude. Nôtre Auteur a eu ici_ apparemment dans l'cfprit l'exemple de l'aftion fubfuliaire que le Droit Romain accorde à un Pupille contre les Magiftrats Municipaux qui ou ne lui avoient point donné de Tuteur , en étant requis ; ou n'avoient pas eu foin , en lui donnant des Tuteurs , de les bien choifir, ou d'exiger d'eux de bonnes Cautions. Voicz le Tître De Magi/htitilw çonveniendù , dans le Digeste, Lib. XXVII. Tit. VIII. Lib. V. Tit. LXXV. dans le Mais pour l'ordinaire les Particuliers font obligez de fupporter la perte , qui leur arrive par un effet de la négligence, ou même des malverfations du Magiftrat , fans être autorifez par les Loix à s'en prendre au Magiftrat , fur tout à ceux d'un rang fort diftiugué. Ce n'eft pas qu'à en juger , félon les régies inviolables de l'Equité

&

Naturelle , aucun Magiftrat foit difpcnfé en confeience de réparer , autant qu'il lui eft poffible , le dommage qu'il a véritablement caufé aux Particuliers , en manquant confidérablement au devoir de fa Charge , quel-

que impunité que les Loix lui alTùrent à cet égard. ce qu'il y a , c'eft que les Magiftrats étant homon doit leur pardonner quelque chofe ; & par conféquent on eft cenfé les avoir tenus quittes par avan-

Tout mes ,

arrive par l'effet d'un petit relâchement, ou d'une de ces négligences que la fragilité humaine ne permet pas d'éviter toujours; fur tout lors que, dans le tems qu'ils s'y font lailfé aller , il n'y avoit pas lieu d'en appréhender vraifemblablement des fuites fort ce de ce qui

fàcheufes

,

du moins prochaines.

Code,

tevS-tiUv-l Ethic. Nicom. Lib. V. Cap. IV. . (6) Ejl enim hœc conditio liberorum populorum. . pojjé fiiffragiis vel dure , i>el detrahere , quod velit cuique. Orat. pro Cn. Plancio , Cap. IV. At judicavit. Non de (7) Mule judicavit Populus. .

huit.

At

patuit.

Ibid.

Az

§.

V.

,

Du Dommage

4

caufé injujlement

&

,

de

en lui-même & aufli loin qu'il peut s'étendre , mais à proportion du plus ou moins de difpofition prochaine (i) qu'il y avoit à procurer l'effet des efpérances conçues. que l'on a ravagé , il faut donner à d'un Champ femé S'il s'agit , par exemple proportion de ce qu'il y avoit plus ou moins d'apparence d'une belle Moiflbn. ,

VI.

§.

me

00 T)om. lxiÎ a"' s«tv, Lib.iv! Quaft. VI.

Ait

i

(a)

,

Outre

.

y

il

,

celui qui a caufé le

Dommage

immédiatement

& par

a quelquefois d'autres perfonnes qui en font refponlables

lui-méparce qu'el-

,

'

* a ^ ou 9 u e M es nont P as * a certames chofes. Ce que l'on a fait par rapport au Dommage caufé par autrui, en rend refpoiv fable OU en pré} nier chef, OU en fécond chef 3. En premier chef, lors qu'on commande l'adion d'autrui d'où provient le dommage ou qu'on donne le contentement néceflàire pour la commettre ou que l'on ou qu'on le retire & le protège fournit quelque fècours à celui qui la commet en un mot, lors qu'on a part de quelque autre manière (i) à l'acTion même cri-

ônt

* es

* fc

2.

,

,

,

;

minelle.

Ceux

VIL

§.

lui qui

Q_U

chef

un crime

ELLE

différence

& l'approuver

,

V1IL

§.

qui confeillent l'adion , ou qui le flattent ,

commet

la

1.

Ce

y

a-t-il

,

difoit

dommageable, (i) ou qui (2) louent cefont refponfables du dommage en fécond autrefois (3)

quand il efi commis f que l'on a négligé de faire

ClCERON,

entre confeiller

refponfable

du dommage

,

rend

,

auffi

caufé par autrui , ou en premier chef , ou en fécond chef 2. En premier chef, lors qu'étant obligé à la rigueur d'empêcher le mal en le défendant à celui qui le commet, ou de (1) fecourir celui qui elt infulté; on ne le fait

pas (2).

IX. 1. E s fécond chef, lors que l'on ne diflfuade pas quelcun comme on le dede fe porter au mal qu'il va faire ; ou lors que le mal étant déjà fait , on quoi qu'on fût obligé de le révéler. ^arde là-deffus le filence que nous fuppofons répond 2. Or en tout ceci le (a) devoir ou l'obligation (a) Lejfiza, lîb.îi. Cap.' au droit proprement ainfi nommé, qui eft l'objet de la Jujlice Explétrice foitquece ,x ou fur une certaine (1) qualité particulière. Car fi droit foit fondé fur quelque Loi certaines chofes les Régies feules de la Charité nous engagent à faire ou ne pas faire §.

voit

,

,

,

,

,

,

,

,

,•

*

,

qui

§. V. (1) L'Auteur cite ici en marge une Loi, qui porte, qu'en faifant l'inventaire d'Une Hoirie, s'il paraît que le Défunt s'etoit engagé à quelque chofe fous une condition qui n'étoit pas encore accomplie au tems de fa mort , on doit mettre au rang de fes Dettes , non pas tout ce qu'il auroit pu être un jour obligé de donner , le cas avenant , mais autant qu'on pourroit vendre l'efpérance de l'événement de la condition , qui doit déterminer la quantité de cette Dette conditionnelMagna dubitatio fuit , de his , le , encore incertaine quorum comiitio mortis tempore pendet , id eft , an quoi fith conditione debetur , in flipulatoris bonis udnumeretur, Sed hoc jure utimur çff promiffuris bonis detrahutur ? ut quanti ta Jpes obligutionis venir e pojjït , tuntum flipulatoris quidem bonis accedere videatur promijforis vero, décéder e. D i G E S T. Lib. XXXV. Tit. IL Ad Leg. Voiez là-defius CujAS, Falcid, Leg. LXXIII. §. i. Récitât, in Paul, ad Edi titan , Tom. V. Opp. pag. 826*, 827. Edit. Fabrott. §. VL ( 1 ) Aut qui alio modo in ipfo criniine participât. Je foupejonne que l'Auteur avoit voulu mettre , ulio Jimili modo quoique toutes les Editions portent Car il ne prétend pas que ceux de l'autre de même. claffe inférieure n'aient aucune part au crime le contraire paroît par ce qu'il dit dans le paragraphe 10. Et au fond , fans cela , en vertu dequoi feroient-ils

du dommage ? Il a donc voulu mettre au premier rang , tous ceux qui ont , fur l'aétion dommageable commife par autrui , une influence femblable à ce qu'y contribuent ceux dont il a fait mention. Mais il falloit dire quelque chofe de plus précis. Voiez les idées les ouvertures que j'ai données fur cette matière , dans les Notes fur les Devoirs de F Homme refponfables

&

&/ du

,•

:

,

Liv.

Chap.

t.

I.

§.

27.

de la

3.

&

4.

Edition. §.

:

,•

Citoien

les

VIL

en forte que les Confeils, Flatteries , contribuent quelque

(i) C'eft-à-dire

Louanges

,

ou

les

,

chofe à déterminer celui qui commet l'action dommageable. Voiez la Note précédente. (2) Totilas difoit , dans un Difcours aux Goths , que celui qui loué l'Auteur d'une aftion en doit être regardé lui-même comme l'Auteur 'O >«f 'mainc-etç -rlv h:

n

iitrtraii tuv zrt?r£t/,y'iu.t»uv etvrafyoç yioçxy.oT* , xoiv htxi. Gotthic. Lib. III. (Cap. XXV.) Le Juriîconfulte veut , que , quoi qu'un Efclave fût entièrement déterminé de lui-même à dérober , ou à s'enfuir , celui qui a loué fou deflein en foit refponfable :

Ul?ien

Immo çffji erat fervus omni modo fugiturns , vetfurfum faclurus , hic vero laudator hujzis propofiti exftitit , teneuugeri malitium tur. non étant oportet laudunào D IG F. S T. Lib. XI. Tit. III. De Scrvo corrupto , Leg. .

I.

§.

4.

G B.

O T

I

U

S.

Mais

t obligation qui en refaite. L I V. IL C H. XVII. f du rapport au dommage caufé par autrui on fait mal à la vérité d'y mancette obligation mais on n'elt pas pour cela tenu de réparer le dommage quer venant d'un droit proprement ainfi nommé comme je l'ai déjà dit. §. X. i. Il faut (a) fa voir encore, que tous ceux dont je viens de parler font tequi ont

,

;

,

,

(a) Voiez

Thonu

II. 2.

nus de réparer le Dommage fuppofé qu'ils en aient été véritablement la caufe, c'elt- Qu. LXII. ou en tout ou en partie. Car il arrive fou- Art. 6. Soto, s'ils y ont contribué efficacement à-dire Lib. IV. vent , à l'égard de ceux qui concourent en fécond chef à l'action dommageable foit Quxft. VU. l'égard Art. de ceux quelquefois même à certaines chofes ?. ne faifant pas en en faifant ou , fouvent, que celui qui caufe par qui concourent en premier chef; il arrive, dis-je lui-même le dommage étoit entièrement déterminé à le caufer , fans tout ce qu'ils ont fait ou omis de leur part. Et en ce cas-là ils n'en font point refponfables. (b) Cafe2. Cela (b) ne doit pourtant pas être entendu de telle manière , que , quand on tan, ad Quccft. par exemple , confeillé LXII. Art. 6. voit qu'il le feroit trouvé alfez d'autres gens qui auraient ou qui l'auraient aidé à la commettre , ceux qui Medin. Qu. à quelcun une mauvaife action vu. ont effectivement donné le confeil ou fourni le fecours, ne foient refponfables de Mais il fuffit qu'il paroiffe que , fans ce confeil ou ce ferien par cette raifon. cours , celui qui a caufé le dommage ne l'aurait point fait. Car , li d'autres avoient ou aidé en quelque manière à la commettre , ils feraient auïfi confeillé l'action ,

,

,

,

,

,

.

,

,

,

,

refponfables §.

XL

du dommage.

Pour

ce qui

eit

de l'ordre

qu'il faut fuivre

dans

dédommagement

le

lors

que ceux qui ont commandé que plufieurs ont concouru au dommage ; je dis l'action dommageable, ou qui ont porté l'Agent de quelque autre manière à la commettre en font refponfables les premiers. A leur défaut on peut s'en prenaux autres qui y ont contribué dre à l'Auteur même de l'aclion ; & après lui de telle forte (i) que chacun d'eux en eit refponfable folidairement (a) fi l'aclion ,

,

,

,

:

,

(a) Voiez

Lex Lango-

a été toute produite par lui, quoi qu'agiflant conjointement avec d'autres. bard. Lib. I. §. XII. Quiconque eit refponfable d'une action dommageable, (a) eit refponfa- Tit. IX. ç.

même tems (i) de toutes les même de l'action. Sene'que,

ble en

ture

qui avoit mis le feu à

Mais voiez ce que

en font provenuës par un effet de la naRhéteur, propofantce cas feint d'un homme un Arbre de fon Voilin , ce qui fut caufe que la Maifon de ce Voifuites qui le

dit fur cette Loi , dans le qui répond à celui-ci, qui eft du partage de ProC P e , le Roi des Goths y parle d'une bonne aéticu, non pas d'une mauvaife ; ce qui n'empêche pas que l'application ne foit jufte , parce que la penfée eft fondée fur le même principe. (?) Qitid interejl inter fuaforetn falli &f probatorem ? Orat Philipp. IL (Cap. XII.) l 1 N applique ce mot à Probits , Préfet du Pré-

Chapitre

§. 4.

j'ai

Pufendorf,

de

Note

2.

Pour

ce

&

,

Ammien Mar-

cel

&

Gratien : Lib. XXVII. , fous Faletitinien , Valens , Par les Loix des (Cap. XL) celui qui a confeillé une chofe eft ccnfé y avoir part , Lib. Voiez le dernier verfct du Çhap. L de IV. Tit. IV. YEpitre aux là-detfus les anciens Dotteurs. §. VIII. (i)Nice'tas C H o N 1 A T E dit , qu'on regarde comme coupable d'un Incendie , non feulement celui qui a mis le feu , mais encore celui qui , pouvant l'éteindre , ne l'a pas voulu : 'o iuzrçy.Tftos h f-iôtou rS toire

qu'il le devtoit

Grotius.

ùvsiiJ/ccvTos

>

C6$\x

rS

xoiTMir&îtrctt

ài/nctuévg

,

eçâtrctt

toiStov cXas us, (itsXqB-ÛToç. In Manuel. Comnen. I. Cap. III.)'

à~é

rt

(Lib.

Grotius.

&

l'a répété il (2) Nôtre Auteur remarquoit ici , dans fes Notes i'ur ïEpitre aux Romains, I, 32. que celui qui n'cmpéch»pas les autres de faire du mal , lors

appelle par le Paraphrafte Chaldéert,

"TUD

f.

Sohed

,

comme

§.

IX. (1) Sur

certaines

relations

particulières eit

vertu defquelles on eft obligé d'empêcher le mal que à plus forte d'autres perfonnes pourroient faire ; Tels font tous ceux raifon , de ne pas les y porter. qui ont quelque autorité ou quelque direélion fur au-

&

trui.

Lombards,

Romains, &

eft

,

Le'viTIQUE, XX,

fur

qui diroit , un homme qui affermit les autres dans le mal. Et c'eft de ces fortes de gens que les Rabbins croient qu'il s'agit, L É'v IT'IQ, XXVI, 21.

§.

XL

Chapitre §•

Voiez

( 1 ) de

l'explication

Pufendorp

de ceci

fur

,

cette

dans matière

le ,

?•

XII. (1) Il y a une Loi qui porte, que fi l'on a qu'il fe foit communimis le feu à une Maifon , §.

&

qué à la Maifon voifine , on doit dédommager lement le Propriétaire de la première Maifon , core celui de la Maifon Voifine & autîï les res de l'une & de l'autre , dont les effets ont fit mez Si qui s infulam voluerit méat» exurere , etium ad vicini infulam pervenerit : Aquiliâ ,

:

etiam vicinq. non eorutn exujiaf.

Aqtùl.

Le.;.

mimu

D G 1

XXVII.

F.

non feumais enLocataiété

con-

&f

ignis

teiiebitur

etiam intpâlxnît tenebiiur , oh rei T. Lib. IX. Tft. IL Ad leg.

S

§. 8.

Aj

(O

(a) Voiez Thoin. I. 2. Quart. XX. Art. 5.

Du Dommage

6 Voifin partie

fe

brûla

:

(2)

£5? de

,

Qtioique vous n'ayiez voulu caufer qu'une

le mal arrivé Car on ne peut s'excufer valablement fur que quand on n'a voulu faire abfolument aucun mal.

du dommage

cela fujfit

,

aviez eu deffein de penfé à mal faire , Roi de Cappadoce

caufé injujlement

raifonne ainfi là-deffus

;

le

,

vous êtes rejponfable de tout

comme

,

caufer tout.

ce

fi vous

qu'on n'a pas

Ariarathe,

où le Fleuve les eaux , en s'édécharge dans YEuphrate la digue vint à fe rompre , chappant avec violence, firent enfler YEuphrate, qui emporta une partie des terres dans la Phrygie. Sur fit de grands ravages dans la Galatie (3) de Cappadoce, quoi le Peuple Romain aiant été pris pour arbitre , (4) condamna ce Prince à trois

Mêlas

aiant

,

pour

,

fe

fe

divertir

fait

,

boucher

l'endroit par

&

,

&

&

,

&

(a) Lefius,

l9 ix'ûft U '

(b) Diod.

IV Cap .^i.'

intérêts. cens talens pour les dommages §. XIII. 1. Voici quelques exemples de ce que renferme le dédommagement auUn homme qui en a tué injuitement un quel on eft tenu , félon les différens cas. donner à fi Ton en a fait pour cela ; (a) autre , doit paier les frais des Médecins Mère, à fes Femceux ^ ue * e Mort nourriflbit par devoir, comme à fes Père mes , à fes Enfans , autant que peut fe monter l'efpérance de leur entretien pour eu égard à l'âge du Défunt. C'eft ainfi (b) qu'Hercule , aiant tué Iphitus , paia l' a venir ,

&

une amende

l

n VTxi "

'

'

pour obtenir plus facilement l'expiation de fon crime. d'ARiSTOTE dit (1) que ce que l'on donne à la Femme, aux Enfuis,

Enfans

à fes

Un Commentateur ( c )LejFuf,

&

,

,

ou aux autres Pareus de celui qui a été tué, on le lui donne en quelque manière. 2. Quand je parle ici d'Homicide, j'entens un Homicide in jufte, (c) c'eft-à-dire commis par une perfonne qui n'avoit pas droit de faire ce d'où s'eft enfuivi la mort

Car li on avoit droit de mettre en danger la vie de quelcun encod'un autre. re qu'on ait péché contre la Charité , comme quand on n'a pas voulu fuïr ; on ne pour ce qui regarde le dédommagement fera pas refponfable d'un tel meurtre ,

,

dont nous (d) N'a. Cap.


xv mm.

22.

traitons.

la Vie d'un Efclave, qui pouvoit lui3. Au refte, on peut bien mettre à prix même être vendu (d) mais la Vie d'une Perfonne Libre n'eft pas lùfceptible d'el:

.

.•„„



timation. §.

tibles

Quand

on a eftropié quelcun, on eft auffitenu de paier les frais des de dédommager outre cela le Blette, à proportion (1) de ce qu'on Mais ici les cicatrices qui relient ne font pas fufeeplà de gagner. quand il s'agit d'une Perfonne Libre. (2) d'eftimation , non plus que la Vie 2. Ce-

XIV.

1.

Chirurgiens, l'empêche par

&

,

,

(2) Etiamft partent iamni dare noluifti , fi tantôt na~ faut lire Jl tamen partent voluifti , car , cornil paroît parles diverfes Leçons de S C o T T , il y a trois MSS. qui portent , Ji tamen voluifti partent: la reiïemblancc des mots tamen , partent , a fait éclipfer le dernier fous la plume des Copiftes] in totum , quajt luifti [il

me

&

Mo

enint noluijj'e débet, Ex prudens dederis , tenendut es. Lib. V. Excerpt. Controv. qui imprudeutiîi defenditur. V. Voiez ce qui fuit. tiré ceci, (?) S T R A B O N , de qui nôtre Auteur a T?? ri rZv dit , aux Galates qui habitent en Phrygie , Txhxra» , rm rw Pvyt'x> ty.ôvTm ix. èhiyw 'tXv^vxro. Geograph. Lib. XII. pag. 8iJ. Ed. Amft. (559. Ed. Parif.) Mais compreml-on bien auffi ce que dit là le Géographe? Pour moi, je ne vois pas comment VEupbrate en fe débordant aura pu ravager les Terres de Phrygie , li éloignées de là ? La fource même du Fleuve Mélos eft à une diftance confulérable de la GranOn n'a qu'à jetter un coup d'œil fur de Phrygie. Cependant les Commentateurs font ici les Cartes.

muets. (4) 'Avt< èi

rr,ç

Xxvtx TPiXKÔrM

,

$Xx8r,ç Itt^uvto 'r»f*xtoiS

£W«"

intT^ccms

«w'tov

rrji

reé-

xgiW

Ibid. §. XIII. (i) 'AJ&à >£ à 0ev?<;.9V
>

Cicatricunt

autem

quia liberunt

,

Mich ael

aut deformitatis

corpus

nuUam

,

nulla fit œftimatio

recipit aftimationem.

D

:

I-

De bis qui effuder. vel deE S T. Lib. IX. Tit. III. Cela s'obfervoit parmi les Juifs. jec. Lcg. VIL Voiez Cap. VIII. §. 1. le Livre intitulé Empereur. On dit la même chofe des AnEdit. Conft. glois , des Danois. Voiez un Traité entre ces deux G

Baba Kama,

L

&

Peuples

nus,

,

dans

fur la

la

Mer.

Differtation

du

Grotius.

Savant

Ponta-

dont nôtre Auteur veut parler , il ny a rien fur le cas de la mutilation dont il s'agit. J'y trouve feulement une claufe qui porte , Que li quelque Angiois tllë lin Norwégeois , ou quelque Normîgeois

Dans

le

Traité

,

un

».-

ToUigation qui en Celui (3) qui a mis même manière. 2.

ou

fait

L I V.

refaite.

C H. XVII.

II.

mettre quelcun enprifon, doit

le

7

dédommager delà

§. XV. 1. Un (a) Homme & une Femme Adultère font tenus non feulement d'in- .00 demnifer le Mari de la nourriture de l'Enfant mais encore de réparer la perte que les D b\ Enfans Légitimes peuvent faire en ce que l'Illégitime concourt avec eux à la Suc,

i,

Uffi'g ap * <;.

ceflion.

Celui qui a (b) abufé d'une Fille , foit par violence , ou par artifice , doit la dé- (b) idem, ld Pllb 1 à proportion de ce qu'elle devient par là moins en état de trouver à fe & I II Il eft même tenu de l'époufer , s'il n'a obtenu d'elle les dernières faveurs que marier. fous promeflè de mariage. (a) Lejjîut §. XVI. 1. Un (a) Larron, ou un RavhTeur , doivent reftituer ce qu'ils ont pris, ap ;' réparer aufli le dommage que le Maître de la avec tous fes accroiflemens naturels ; ^J- {j u ^ I chofe a fouffert tant en ce qu'il a manqué de gagner , qu'en ce qu'il a perdu pofitiveQue fi la chofe volée n'eft plus en nature , il faut que celui qui l'avoit priment. mais enfe en paie la valeur, fur unpié qui ne foit (1) ni trop haut, ni trop bas 2.

_

'

dommager

'

'

&

I

,

,

tre deux. Il faut mettre en ce rang ceux qui fraudent les (b) Impôts légitimes , établis par Souverain. 3. Ceux qui ont caufé du dommage en rendant une Sentence injufte ou en formant une Accufation injulte, ou en dépotant à faux contre quelcun ; doivent aufli réparer le tort de la même manière. §. XVII. 1. Quand on a porté quelcun à faire un Contratt ou une Promeflè, par rnfe, par violence, ou par une crainte injufte on doit (1) remettre le Contracqu'on tant ou le Promettant en liberté de fe dédire parce qu'il avoit droit d'exiger qu'on ne le forçât point ; le premier par une fuite de la natune le trompât point , re même du Contrat ; l'autre , en vertu de la Liberté Naturelle. 2. Il faut dire la même chofe de (2) ceux qui n'ont voulu faire que pour de l'argent, (a) une chofe à quoi ils étoient d'ailleurs engagez par devoir. §. XVIII. Mais fi quelcun a (1) été caufe lui-même de la violence ou des menaces dont on a ufé à fon (igard (a) pour le contraindre ou l'intimider ; il ne doit s'en prendre qu'à foi. Car (2) tout ade involontaire qui a pour principe quelque chûfe de volontaire , eft moralement réputé pour volontaire.

2.

le

,

.,

Q\Iim

*

xxxm. Dub. 8.
*£££. Part 11. §• s-

;

&

:

&

,

,

,

§.

chaque Roi s'engage réciproquement à que les Héritiers dti Défunt obtiennent & que celui qui l'a tué leur paie l'amende jQutcumque etiam ab Anglis Norvagi , vel Angli à Norvagis cœfî intelligentur , operam fiterque Regum dut , ut hcredibitf eorwn fcttisfiut , ac mulcia pendutnr. Ces paroles font à la page 145. Zib. IL Cap. XXI. du Livre , que nôtre Auteur indique , & qui fut imprimé à Haràervic en i£?7. fous ce titre Joh. IsaCli Pon fANi DiJcuJJïones Hijlorkœ , quibuf pracipuèquatenu; £jf quodnam Mare liberum vel non liberum claiifumque accipiendum difpicitur &?c. L'amende , dont il eft parle là , eft peut-être le Werigeli des anciens Saxons ; fur quoi on peut voir la Diffcrtation de feu Mr. HerTius, De Herede accijï vindice §.8. pag. 505. Tom. Opufc. III. Comment. & (2) Voiez la Loi citée dans h Note précédente , ce que l'on a dit fur le Chapitre de Pufendorf, qui répond à celui-ci, §. %. Note 2. (?) De conjeElione incarcèrent &c. On voit bien, qu'il faut fuppofer , que celui quia été mis en prifon y ait été mis injuftement. §. XVI. (1) Voiez le .Chapitre de tin

Anglais;

faire en

une

forte

jufte fatisfnétion

,

:

:

.

&

,

PUFENDORF

fi

fouvcnt

cité

,

§.

XIX

n.

XVII. (i) On le doit fans doute mais quand on voudroit pas , la Promette n'en feroit pas plus valide. L'Auteur raifonne ici fur un faux principe; comme nous l'avons déjà remarqué fur le Chap. XI. de ce Livre §. 7. en renvoiant au Traité de Pt'FENDORF, où il eft §.

ne

:

le

réfuté.

(2) Ceft-à-dire

,

qu'ils doivent rendre l'argent

,

fi

ce-

l'a donné le veut ravoir. XVIII. (1) Ceft-à-dire , s'il n'a pas confenti de bonne grâce , comme il le devoit en vertu du droit Voiez P u F E Nque quelcun avoit de l'y obliger. R F , Droit de la Nat. des Gens , Liv. III. Chap. P

lui qui §.

&

VI. §. 11.

dont on (2) L'Auteur veut dire , qu'une contrainte, n'empêche pas que avoit droit d'ufer envers quelcun , fon confentement , quoique forcé , ne palfe pour libre , parce qu'il a donné lieu à la contrainte par un refus volontaire. Mais la penfée eft exprimée d'une maniéje vois re à faire prendre le change au Lecteur: dans fon Abrégé qu'effectivement Mr. Vitriarics , de nôtre Auteur, publié fous le titre d'Inftitutianes Juris Nahirx Gentium , ( Lib. IL Cap. XVII. §.

&

&

14)

(a)Owr52i«ïï>»:

pa rt.

11

i.

\.

a

L î \f caV xvïi.

bub.V

Du Dommage

8

caufé injujîement

&

,

de

exception fondée fur le Droit des Gens. Comme il a été établi entre les Peuples par les régies de ce Droit que toute Guerre faite de part déclarée dans les formes, feroit tenue pour jufte d'autre par autorité du Souverain Ça)Z«>.ni. à l'égard des effets extérieurs ; dequoi nous (a) parlerons ailleurs c'eit auffi une de fes Chap. ni. ef maximes que la crainte par laquelle on a été porté à faire quelque chofe dans une tel, fl forte du moins qu'on (i) ne puitîè pas "(b) Eodin, le Guerre (b) foit regardée comme jufte, en de Kcpubi. redemander ce qui a été obtenu de cette manière. C'eft en ce fens qu'on peut admetLib. V Cap (2) entre les Pirates ou les Brigands, un Entrela diitinction que fait Cice'ron VI. nemi dans les formes , avec qui nous ayons félon lui plufieurs droits communs c'eftà-dire , en vertu du confentement des Peuples. En effet fi un Brigand a extorqué quelque choie par crainte , on peut le lui faire rendre, à moins qu'on ne fe foit engagé envers lui avec ferment mais on ne peut pas fe faire rendre ce que l'on a été contraint de donner ou de laiffer à un Ennemi. Lors donc que Polybe (3) trouve que les Carthaginois avoient le droit de leur coté dans la Seconde Guerre Punique parce que les Romains leur aiant déclaré la Guerre dansie tems qu'ils étoient occupez par une (édition .domeitique, une foiïie d'argentjcela femble à la vérité conforleur avoient extorqué l'Ile dtSardaigne me à l'EquitéNaturellcmais non pas auDroi.t desGens;come nous l'expliquerons ailleurs. les Magiftrats, qui n'emploient pas les m.oiens dont ils §. XX. 1. Les Rois, les Pirateries font doivent iè fervir (1) pour empêcher les Brigandages peuvent refponlàbles de leur négligence à cet égard à caufe dequoi ceux de l'Ile de Scyros furent (2) autrefois condamnez par les Amphi&yons. qui donna lieu à une (3) queftion fur cet2. je me fouviens ici d'un cas particulier de Wejlfrife avoient donné des Les Etats de Hollande te matière dans ma Patrie.. commiffions à plufieurs Armateurs dont quelques-uns firent des prifes fur nos propres amis ; après quoi quittant le Païs ils fe mirent à courir les mers fans vouloir revenir., quoi qu'on les en fommât. Il s'agiflbii donc de lavoir fi les Etats étoient refponfables du fait de ces Armateurs , foit pour avoir ainfi emploie à leur fervice de malhonnêtes foit pour ne s'être pas fait donner caution , en leur accordant des commiffions. gens §.

XIX. Voici une autre

&

,

,

&

:

&

*

,

,

,

,

,

:

,

&

&

&

&

,

,

:

,

&

,

,

,

,

,

Mon comme fi nôtre Auteur ï4. ) explique cet endroit , avoit voulu parler d'une renonciation ou expreffe , ou su droit d'exiger qu'on ne nous faffe point de ,

tacite

Au lieu qu'il s'agit uniquement de la validité des Conventions ou des Promeffes extorquées par une comme il paroît par la liaifon de ce juite contrainte ; par les fommaires paragraphe avec le précèdent , de ces paragraphes , qui font au devant du Chapitre. La maxime de nôtre Auteur , de la manière qu'elle eft .effectivement apeft tournée , convient mieux,

mal.

fe dédire

&

le confentement foravoit droit d'exiger à. la rigueur, parce qu'il devoit cé doit être tenu pour volontaire, La Contrainte n'a point alors ce.caraétére qui l'être. Engagcmens , je les lui donne la vertu d'annuller veux dire, l'injuftice de celui qui ufc de violence , ou Que fi celui qui ell contraint s'étoit vode menaces. lontairement fournis à la direction .ou à l'autorité de

celui qu'il oblige à le contraindre ; la libre déterminaen conféquence dution qui avoit précédé le refus , éloigne encore quel. on a extorqué Ip confentement , de contraire plus ce que la Contrainte a d'odieux

&

à la liberté.

En \m mot,

malgré

»'» pas plus de fujet de fe plaindre

lui

,

celui qui

a

confenti alors

& de

que n'en auroit un mauvais Paieur , qui a été Juftice , ou contraint par les Armes , à faou à promettre de le faire en un ,

certain tems.

XIX. (1) Voiez ce que XIX. §. n. Nota.

§.

Chap.

&

à ce que l'on fait dans un pliquée par les Moraliftes , mais état -où l'on n'a pas l'ufage libre de la Raifon , en forte qu'on s'eft mis loi-même volontairement dans H fuffit de dire, dans le cas dont il s'agit, cet état. que lors qu'on réduit quelcun à la néceffité d'ufer de pour obtenir de nous une chofe qu'il contrainte ,

,

condamné en

tisfaire fou Créancier

(2)

je dirai

Nam pirata.non eflperduellium

furie Livre III.

numéro

défini tus

,

fed

commuais h cjlis omnium, cum hoc nec files débet , necimRegulits yero non d:bait jurandum ejje commune conditiencs paclionesque bcllica* ctinpjufto

rio.

fus quem

De Offic.

nia.

(?) Voiez

&

ç_
Lib. III. Cap. le

& &

hoftiles

paeturbare prrju, adver-

legitimo hofte res gerebatur multa funt jura ,

jusfeciale

commu-

XXIX.

Livre III. de cet Hiftorien

,

Cap. XIII,

Jeqq.

§.

vre

enim

& totum

XX. §.

,

num.

(1) Voiez ci-deffous, Chap. XXI. de ce LiLiv. III. Chap. XVII. §. 3. gf fuiv. ,

&

2

6.

(2) Ce furent quelques Marchands Thejaliens , qui où on les retenoit après les avoir s'étant fauvez de prifon dépouillez , firent condamner ceux de Scyros par devant le Tribunal des Amphiilyons : Éît*/ èi hxfyoïrrss îx. t£* ,

arum

olky.v x.xtsc'ix.xfxvto 01 rîjç zrttewî ctvS'ÇMTrot > KuQlKTVWULW > « liovXtUfKUH TX Xg'iHMTX TV» ZïoX.ZlI rvtsxrintv &c. PLUTARCH. in Vit. Cimon. Tom. I. pag. Ed. IVecb. 48?. (?) Cette queftion fut apparemment agitée dans de Wejlfrife , lors que l'Affemblée des Etats de Hollande

C

&

nôtre Auteur y étoit Député en qualité de Penlionnaire de

,,

,

tolligation qui en rêfulte.

Liv.

Ch. XVII.

II.

9

tenus à autre chofe , qu'à punir les à taire d'ailleurs juihce aux Coupables , ou à les livrer , li on pouvoit les trouver ; Voici fur quoi je me fondois. Les Etats, diintéreflez, fur les biens de ces Pirates.

Mon fentîment fut là-deflus

,

que

les Etats n'étoient

&

&

ils n'y ont eu aucune part n'ont pus été la caufe de ces injuftes pirateries bien loin de là ils ont défendu par des Ordonnances expreiTes de faire aucun mal à ceux qui font de nos Amis. Ils n'étoient obligez en aucune manière d'exiger caution des Armateurs , puis qu'ils pouvoient , fans donner aucune commiflion exprefle , perEt mettre à tous leurs Sujets de piller l'Ennemi , comme cela s'eft pratiqué autrefois. qu'ils ont accordée à ces Armateurs , n'a pas été caufe du dommage que la permiflion ceux-ci ont caufé à nos Alliez ; puis que tout Particulier peut même fans une telle per-

fois-je

,

,

:

,

,

,

,

&

Il n'étoit pas pofîible bailleurs lé mettre en Mer. miflion, armer des VailTeaux , il n'y a pas moien de prende prévoir, que ces Armateurs dûlTent être des fripons: dre de fi bonnes précautions , qu'on ne fe ferve jamais que d'honnêtes gens ; autrement on ne pourroit jamais lever d'Armée. Lors que les Troupes d'un Prince, foit par Mer ou par Terre, ont contre fes ordres , fait quelque tort à fes amis ; il n'en eft pas ref- (a) Ordonen Angle- nances de en (a) France , ponfable ; comme il paroit par ce qui a été reconnu France, Tom. Si l'on eft refponfable du fait des perfonnes que l'on a à fon fervice , lors même III. Tit. III. terre. qu'on n'y a rien contribué par fa faute ; ce n'eft pas félon le Droit des Gens , dont il Ordonn. de cette régie même du Droit Ci- l'an 158?. s'agit dans cette queftion ; mais félon le Droit Civil Chap. XLIV. quelques autres Voiez aufli vil n'eft pas générale; elle ne regarde que les Patrons de navire, fortes de perfonnes , à l'égard desquelles on a ainfi réglé les chofes pour des raifons par- Tit. II. Ord.

&

,

&

&

&

:

&

ticulières.

je raifonnai alors

Voilà de quelle manière

:

& c'eit

&

ainfi qu'il fut

jugé dans

contre la demande de de Frife de Zélande , quelques gens de Poméranie , en quoi aufli on déclara qu'on fuivoit un pareil Jugement rendu deux cens ans auparavant fur un cas femblable. qu'il eft aufli purement de il faut remarquer §. XXI. Pour revenir à nôtre fujet Droit Civil qu'un Maître foit refponfable du dommage (i) caufé par fon Efclave ou Car dès-là qu'il n'y a point de h faute du Maître , il n'eft tenu à rien par fa Bête. la

Cour Souveraine de

Hollande

,

,

,

,

,

,

fe-

de Rotterdam. §. XXI. (1) Voiez

Tîtres du

Digeste

,

Si qua-

&

&

&

&

il me quoique je n'aie pas témoigné les défapprouver ; reftoit quelque embarras , dont je ne pouvois fertir qu'en méditant plus à loilîr fur la matière. Il s'en préfenta une je fuis bien aife occafion , il y a quelques années de rendre jufticc à celui qui me l'a fournie. Ceft Mr. Daniei Pury de Neufchàtel qui, dans un âge peu avancé , & dans un tems où c'eft beaucoup pour l'or:

&

,

dinaire fi l'on a retenu paflablement bien les leqons de fes Maîtres , a fait voir qu'il pouvoit tirer de fon Parmi fes Obfervationes Juridicte , qu'il propre fonds. foûtint à Baie en M. publia XIV. pour prendre le degré de Licentié en Droit il y en a une, (c'éft la VIL De noxa Beftix) où fe déclarant pour l'oo pinion de G B. T 1 u s , il réfute ce qu'on allègue en Il Faveur de l'opinion contraire. fe borne cependant à ce qui regarde le dommage caufé par une Bête ,

&

DCC ,

Tom.

II.

la décifion de cette queftion emporte de l'autre femblable au fujet des Efclaves. Sur ce donc qu'on dit , que l'établiflcment de la Propriété des que l'on fait privé biens n'a pu fe faire de telle manière , par là du droit de fe dédommager d'une manière ou d'au-

dans la penfée que les

Denodrupes pauperiem fecijfe dicatur , Lib. IX. Tit. I. xalibus a/lionibw , Tit IV. Pufenporf n'eft pas ici du Il foûtient , dans le parafsntiment de notre Auteur. graphe 6. du Chapitre qui répond à celui-ci , que , félon le Droit de Nature tout feul , un Maître eft refponfable du par fes Efclaves, dommage , caufé même fans fa faute , Pour ce qui eft des Efclapar quelcune de fes Bêtes. ves , je fuis toujours entré fans peine dans le fentiment de PuFENDOfcF: mais à l'égard du dommage caufé par une Bête , je n'étois pas tont-à-fait fatisfait de fes raifons

la décifion

il répond les Bêtes peuvent nous faire ; tout Etabliflèment Humain étant fujet à quel-

tre

du mal que

1.

Que,

que inconvénient rien n'empêche que celui dont il s'agit n'ait pu fuivre de l'établiflement du droit de Propriété, ,

fans que cet établiffement cefle pour cela d'être fort' parce que l'inconvénient qui en réfulte eft beauutile, coup moindre que les autres qu'on prévient par là. 2. Que tout ce qu'on pourroit inférer de la raifon alléguée c'eft que le dédommagement du mal caufé par une Bête , doit être pris fur ce que le Maître de la Bête n'anroit c'eft-à-dire , fur ce qui eft au delà pas eu fans elle 5

de ce qu'elle lui coûte s'il

la

,

&

qu'il pourroit

en

retirer

Pour ce qui eft de l'autre raifon , jQue du Dommage eft un titre infiniment phu faon répond , que , fi que Paqui/ition du Gain ;

vendoit.

la réparation

vorable

,

maxime a quelque fens qui ne foit pas rnam'feftement faux elle lignifie que , dans une égalité de droit il faut donner l'avantage dans un droit litigieux ou

cette

,

,

par à celle des Parties qui fouffriroit du dommage , Or en accordant cela , il deflus celle qui gagneroit. ne s'enfuivroit non plus autre chofe , da îs le cas dont Si , d'un côté il s'agit , que ce qu'on vient de dire. celui qui a reçu du dommage de la part de la Bête ,

B

peut

de l'an 154?.

Chap.

XLIV.

,,

Du Dommage

10

L I V.

caufé injujtement*

C H. XVII.

II.

félon le Droit de Nature ; non plus que celui , dont le Vaiffieau a endommagé le Vaiffeau d'un autre , fans qu'il y eût de la faute du premier. Cependant , comme il eft difficile de prouver la faute , lors même qu'il y en a véritablement ; les Loix de plufieurs Peuples

auffi

,

bien que les nôtres , veulent qu'en ce dernier cas fa part du dommage.

les

Maîtres des

deux Vaiifeaux fupportent chacun

XXII. Outre

&

perfonne les biens, on reçoit auffi du dommage, comme nous l'avons déjà dit , en fon honneur ou en fa réputation , lors que quelcun , par exemple , nous donne des coups , ou nous dit des injures ou médit de nous , ou nous autres femblables outrages, (a) Ici il faut diftin(a) Irjîm, calomnie , ou le moque de nous , Lib. II. Cap. guer , comme en matière de Larcin d'autres crimes le vice ou le péché de l'action , XI. Dnb. ^. La Peine répond au premier ; d'avec l'effet qu'elle produit. la réparation du DomP5. 27. mage , à l'autre. Cette réparation fe fait en avouant fa faute , en donnant des marques d'eltime pour celui que l'on avoit outragé , (1) en rendant témoignage à foninnocen(b) Soto , ce par d'autres femblables fatisfactions. (b) On peut auffi impofer une amende à Lib. IV. f Qffenfeur fi la perfonne lézée veut fe dédommager de cette manière car l'ArQuceft. VI. Art 3. gent eft la meiùre commune de toutes les chofes d'où il revient quelque utilité aux §.

la

,

&

&

,

&

&

,

:

Hommes.

CHA-

peut exiger quelque dédommagement aît fur quoi •le

fuppofé qu'il y , dédommager d'autre côté, le Maître en forte qu'il le dédommager même du Dommage. Car & comme Maîfe

;

Bête ne doit pas

la

fouffre lui

&

-

comme

,

éloigné d'avoir eu part au un tître plus an, fait quelque mal. Mais, ajoûte-t-il , la maxime fur laquelle il faut raifonner ici eft fauffe. Car , quand le droit eft ou litigieux , ou égal de part d'autre , les régies de la Juftice veulent manifeftement , ou qu'on partage le différend , ou qu'on en remette la décifion au fort. Voilà à quoi fe réduifent en gros les remarques de l'Auteur, que j'ai cité. Pour moi, en matière du je crois qu'il faut décider ici autrement , Dommage caiifé par un Efclave, que quand il s'agit du Dommage caufé par une Bête. I. A l'égard du Dommage caufé par une Bête, il me paroît évident , que, félonie Droit Naturel tout-feul, indépendamment tre

,

dommage

cien

il

,

que celui

,

étant

a

le

fort

même

à qui la

titre

&

Bête a

&

&

des Loix Civiles , celui qui a reqû du part d'une Bête appartenante à autrui ,

aucun dédommagement du Maître de celui-ci qu'il

n'a rien contribué au

ne peut

,

dis-je

,

exiger

la

dommage

de la

ne peut <*xiger Bête lop que par fa faute ; ,

dommage

aucun dédommagement

pas même fur ce en quoi le Maître profite de la poffeffion Une Bête , par cela même que c'eft un. Anide la Bête. mal deftitué de raifon , ne fauroit caufer aucun dom-

mage, proprement dans

l'Etat

de

ainfi

Nature

nommé. ,

celui

Quand on qui

**..

a

dit,

que,

reçu quelque

dommage de la part d'une Bête , auroît pu s'en dédommager fur elle ; tout cela n'eft qu'un langage figuré peu exact, qu'il faut mettre à l'écart, lors qu'on veut donner des idées juftes & philofophiques. J'aimerois autant dire, que, lors qu'un ^riveétoit tombé fur quelcun dans une Forêt , & l'avoit bleffé , celui-ci pou voit fe dédommager en coupant l'Arbre en le brûlant , ou s'en II. Mais il n'eft pas fervant de quelque autre manière. de même d'un Efclave. Cet Efclave eft Homme , & en cette qualité capable de caufer par lui-même un dommage ou un tort proprement ainfi nommé ; & par conféquent fournis par lui-même à la Loi de Nature qui ordonne la réparation du Dommage. L'obligation de réparer le Dommage eft une obligation générale, dont perfonne ne peut

&

,

dans quelque état qu'il fe trouve. A la véaux intéreffez de renoncer au droit mais il faut que la renonciadans iu\ doute il eft naturel de préfnmer , que comme perfonne ne peut par foimême fe dégager de l'obligation de réparer le dommage qu'il a caufé , perfonne auffi ne difpenfé aifément les autres de cette obligation à fon égard. A nli, dans tout Etabliffement Humain , l'exception des cas où l'on cauferoit du dommage à autrui , eft loit être tacitement renfermée , tant qu'il ne paroît pas qu'on ait relâché quelque chofe de cette obligation. Or , on ne fauroit montrer , que l'établiflement de la on a Propriété des biens renferme cette difpenfé j d'anêtre difpenfé

rité,

il

eft

,

libre

d'exiger cette réparation tion foit bien claire»

:

&

;

&

&

,

Du

L I V.

droit des JmhaJJades.

IL C H. XVÏÏÏ.

II

BPWI

CHAPITRE Du L Que

d'A

droit

le

IL Entre

IV. Qiie

baffadeurs ï

auprès de laquelle

V.

punir. efl

MBASSADE

perfonnes

quelles

Qiie

droit des

il

ejl

Von

il

efl

Ambassades.

un de ceux qui font fondez fur

a Heu.

Si l'on

III.

pas

la

Droit des Gens.

le

toujours tenu de

recevoir

les

Am-

chofe contre la Puijfance,

on peut bien fe défendre contre lui , niais non pas le égard au cara&ére d'un Ambaffadeur , qui

envoie ,

n'cjl

de

,

efl

quand un Ambaffadeur trame quelque

,

obligé d'avoir

VL

envoie auprès de quelque autre Vuiffcmce.

a reçu foi-même

XVIIL

part d'un Ennemi.

Mais Von

VIL Que

doit rejpecler ceux que l'on

l'on ne peut

pas maltraiter un

VIII. Qtie les privilèges d'un Ambaffadeur s'étenAmbaffadeur par droit de repréj ailles. Aeut à ceux de fa fuite , autant qu'il veut qu'ils en jouïffent : IX. Et même à fes biens meubles. X. Exemples d'obligations , dont l'effet ne peut être exigé par des voies de

XL

contrainte.

Importance de l'obfervation

TU s q.u e s

du

droit d' Ambaffade.

nous avons traité des chofes qui nous font dues par le Droit en y mêlant feulement quelque peu de remarques fur le Droit fur ce qu'il ajoute au Droit de Nature , en mades Gens arbitraire ; c'eit-à-dire Il faut maintenant palier aux obligations qui tière des obligations dont il s'agiiToit. viennent proprement & uniquement de ce Droit des Gais , que nous appelions ar§.i.

ï.

de Nature

ici ;

,

bitraire. 2.

Ce

qu'il

bassades.

y Les

Ambaiîades

&

a ici de plus confidérable

ce qui regarde le Droit des Amde penfées qui font regarder les on pofe pour maxides (2) chofes facrées ,

(ï)

c'eft

&

Livres font pleins d'expreflions

les

Ambaffadeurs

,

comme

:

me d'autant moins fujct de le préfum er

&

,

que

les

Efclaves

manière à Maître n'était pas tenu ou de réparer le dommage qu'ils ont caufé , ou de les livrer eux-mêmes à la perfonne lézée. Un Maître , en achetant ou aquérant de quelque autre manière un Efclave, dû compter , que fes droits ne s'éteudroient a donc pu pas jufqu'à fruftrer ceux qui pourroient être infultez par l'Efclave du dédommagement qu'ils auroieut pu auprendre fur fa perfonne dans l'Etat de Nature , Cétoit à lui à voir s'il quel ils n'ont point renoncé. feroient encouragez infulter les autres ,

fi

antorifez en quelque

le

&

&

vouloit avoir l'avantage qu'il tire du fervice île l'Efclave, avec les charges qui y font attachées. Je pourrais dire bien d'autres chofes pour confirmer ce que je viens mais ce que j'ai dit fuffit , fur tout dans une d'établir Note , qui efl: déjà affez longue. §. XXII. (1) Voiez l'exemple d'un certain Vivim , qui le repentit d'avoir aceufé quelcun injuftement ; dans Par. IV, 41. s. C H a p. XVIIL §. 1. (1) Le Droit des Ambaffades eft fondé véritablement jufqu'à un certain point fur la Loi de Nature , qui autorile tout ce qui eft néceffaire pour procurer , entretenir , ou rétablir la paix l'aVoiez Puff. n d o r f , mitié entre les Hommes. Droit de la Net. çff des Gens , Liv. IL Chap. III. §. A l'égard des droits qui ne font pas néceffaires pour 23. cette fin , fi les Ambaffadeurs peuvent fe les attribuer ce n'eft qu'entant que , l'ufage s'étant introduit de laiffer les Ambaffadeurs jouir de ces fortes de droits, :

Cassiodore,

Groïiu

&

quiconque reqoît une Ambaffade eft & peut être ceiffé la recevoir fur ce pié-là ; à moins qu'il ne déclare exqu'il ne veut pas fe foûmettre à l'ufage reqû , comme il lui eft libre de s'en difpeiifer , lors qu'il en difpcnfe lui-même les autres. (2) Santtiinonia Legatm'um : Santfum inter génies jitt Legatimmm : Feedera fancla gentibtu : Fœdus humanum un paffaVoiez deux Loix du Digeste, Sic. ge de C 1 C e'r o N , que l'on citera ci-deffous , §. 6. l'Hiftorien Juif, introduit Hérode Se 8. parlant avec beaucoup de force du refpedt qu'on doit au caraftére des Ambaffadeurs , & faifant même valoir la conformité d'un de leurs noms en Grec (" AyyiXoç) avec celui des Anges, ou de ces Efprits bienheureux , dont s'eft fervi pour annoncer fa volonté aux Hommes. Antiq. Jud. Lib. XV. ( Cap. VIII. pag. Ç22. ) V A R R o N dit , que les perfonnes des Ambaffadeurs De LinSancla funt colora Legatorim. font facrées gua Lat. Lib. III. L'Hiftorien Latin de la Vie de Péraconte , que ce lopidas grand Capitaine aiant été envoie en Tbejfctlie , comme Ambaffadeur , fe croioit fort en fureté , à l'abri de ce Legatiocara&ére refpeftable parmi tous les Peuples nisque jure fut/s tecittm fe arbitraretur , quod apud omnes fan&um ejfe confuefet &c. (Cap. V. mm. 1.) DiODORE de Sicile parle des Ambaffadeurs , comme de gens auxquels on ne peut faire aucun mal Tr.v èihtxv t?? rat preffément

&

Joseph,

'

Dieu

:

[Cornélius Nepos]

:

:

zrçsa-Ssvrâ» cic-vto'xs.

EXCERPT. PriRESC.

Le Poète S r A c E

dit

,

que

B

2

le

(pag. ?49-) cara&ére des Àmbaffadeurs

Du

ia

me

&

fûre

droit des Ambaflades.

confiante

LlV. II. C eux

qu'il faut obferver envers

,

un Droit Divin

&

Humain

le

H.

comme Cice'ron

Droit

eft

lifie.

Auffi Philippe de Macédoine difoit-il

;

,

(4) que

,

XVIIL

Droit des Gens

,

&

que ce

(3) entr'autrcs le qua-

de l'aveu de tout

le

monde

,

il

non feulement de i'irljuftice mais encore de l'impiété à violer un tel droit. ici d'entrée, que, quels que foient les privi§. IL 1. Mais il faut bien remarquer dont nous allons traiter, ils appartiennes unilèges de cette forte de Droit des Gens quement aux Ambaffadeurs envoiez de Souverain à Souverain. Car pour ce qui regarde les Députez de Ville ou de Province ou autres femblables, qui ne vont pas auprès d'une Puiiïance étrangère ce n'eit pas par le Droit des Gens commun aux diffémais par le Droit Civil du Pais. Tïrentes Nations qu'il faut juger de leurs privilèges te Live introduit un Ambafladeur qui fe (1) qualifie Mejfuger public du Peuple Bgque le Sénat Romain déclara (2) que les Et ailleurs il nous apprend ma'm. Privilèges des Ambaffadeurs étoient pour les Etrangers, & non pas pour les Ci-

y

,

a

,

,

,

,

,

,

,

,

,

ou

toiens

Sur ce principe,

de l'Etat

les Sujets

Cice'ron

(3) ibûtenoit, qu'on

ne

&

de tout tems parmi les Nations , à caufe de cela , revenir en toute fu-

rieurs eft facré

peuvent

qu'ils

reté

,

_

:

Ibid.

injidiis

,

tact toque

CH R Y

S

quefois

(verf. 486.) St. de ce qu'ils n'ont pas ,

même refpedé la Loi à tous les Hommes , qui veut qu'on ne fafde mal aux Ambafladeurs : Kxt( xiïe rot xotuov

commune

rfoe&ntrx»

vIliov

srcttrxn

ort o zit\i
,

t<

Serïius

expliquant un «axe». où il eft dit, que quelques paflage de Ambafladeurs étoient- couverts de branches d'Olivier, remarque , que cela peut lignifier , qu'ils étoient par là à couvert de toute infulte , félon le Droit des Gens Aui cette v B L A T i , ai onttti injurie. te£H , jure genOn pourroit alléguer In JEn. XI. (verf. 101.) tium. '

Le Grammairien

Virgile,

:

un grand nombre

ici

5

O

S

d'autoritez femblables.

D

&

le'ius Paterculus, D R PROTF. CTOR, F.

faut fe

Tite

M



Il

Voiez d'en indiquer quelques-unes. i o n C lib. I. (Cap. XIV. num. i.) Confuetui. Orat. de Lege E , Lib. IL mit. (Excerpt. Légat. Cap.

•ontenter

Live,

H R Y-

V

E l-

MenanXIX.)

de Félix à Zenon , dans YAppendix du Code Selon Théodojeu , publiée par le Père S i R M o N D. P r o C o P E , les Peuples même Barbares refpe&cnt la Lettre

les

Ambaffadeurs

:

/u,h

Tlâc-i

aȍ &
Lib. III.

m

»

inizrxiïfov

ùtuv

,

vl-

tu» zrçtrliiuv iriS>n». Gotthic. A M B E R T de Schafnabttrg

témoignage aux Barbares. A i m o i N rend le Divines fait dire au Roi Clovis , que , félon les Loix Humaines , on ne doit faire aucun mal aux Ambaffadeurs,

même

&

parce qu'il n'v a pas d'autre moien d'en venir à une Paix j que celui qui va en Ambaflade , dépouille par là le caractère d'Ennemi : Ad extremum pro divinis Jïmul bu~ ntanisque legibw , quee injuriarum immunes Janciunt debeeos qui mediatores hojlilium ejficiuittur arvtorum, Lnter re

6

eft artn* namquefola legatio qui legatione fungitùr.

pacU fequeftra

H

R

A D

F.

v

i

Frideric L.

Folonois,

c

des

i

fa

par O T T o N

Cromer

Leu nclavi us eft

dans

,

Maures

,

,

,

eft.

Franc.

s T.

Exuit hoftem, Voiez aufli

Continuation de l'Hiftoire de de Frijin+ue : & au fujet des

Hift. Lib.

Lib. VIII.

Mari an a

& ,

XX.

fur. la foi

à l'égard des Turcs,

&

pour ce qui Lib. XVII. G r o r i u s. Lib. XII.

Ce que nôtre Auteur cite ici de V A R R o N , n'en eft La feule manière de citer fait d'abord foupqonpoint.

Denys Godefroi,

d'autrui.

dans une Note fur

invadere ftrro. o s T ô m E cenfure cer-

taines gens fe point

:

&

Sed jttfa patris , tutique regrejjm Legato, jusque preces vicère forer». Lib. IL (verf. 37?, 374-) Thebaïd. Et fanêtwm populis pcr Jkcula nomen

Legatum

car ce qui nous refte de l'Ouner quelque méprife vrage de cet Ancien fur la Langue Latine, ne commence qu'au IV. Livre. Je crois avoir découvert fûil paroîrement l'origine de cette fauffe citation ; tra par là , que les plus grands Hommes citent quelle

Digeste,

Lib.

L. Tit.

VIL

XVII. copiant ce que C u j A s Lib. XI. Cap. V. prend des , paroles de ce fameux Jurifconfulte pour un paflage de C u J A s remarque-là , que les Prêl'Auteur Romain.

De

Lerationibus

,

Leg-.

a dit dans les Qbfervatiom

nommez Fcciales , connoiflbient des cas qui re, gardoient la violation du droit des Ambafladeurs ; LLL. De il renvoie fur ce fujet à V A R R o N , Lib. Après quoi il ajoute de fonchef: Vitu Fopuli Romani. Nec mirum } quant Sancla Jint , ut dixinms , corrpora leLe Copifte a regardé cela comme les paroles gatorum. il a de plus cité même de l'ancien Auteur Latin ; comme pour corriger fou Original , le III. Livre de l'Ouvrage de V A R R o N qui nous refte , ne fâchant pas que le paflage qu'on a en vue, eft d'un Ouvrage tres

&

&

perdu, dont

Nonius Marcellus

nous a con-

fervé ce fragment, au mot Feciales: Ldem [V a rR o] Lib. III. De vita Populi Romani : Si cujut legati violati ejf'ent , qui id fecijfent , quamvis nobiles ejfent , uti dederentur civitati Jlatuernnt , Fetialesque viginti , qui de his rébus cognofecrent , judicarent , &f ftatuerent , confti-

Pag. 529. Édit. Mercer. Nôtre Auteur, qui tuerunt. s'en eft fié à lui , avoit lu la Note de d'autant plus facilement , qu'il pouvoit fe fouvenir d'acar voici ce que voir vu ailleurs des paroles femblables

Godefroi

:

dit

A

s

Co

N

1

u

S

Commentateur de Cice'ron, Harangues Etenim nomen débet , quod non modo inter fociorutn ,

fur ces paroles d'une de les legati

ejusmodi ejfe fed etiam inter hoftium

:

incolume verfetur. Sed ETIAM INTER HOSTIUM TELA] Lnvidiofc Orator hoc 'Nain Itgatorum in addidit , quum de Magiftratu dicat. fsedevibiti faciundis , vel legibix pacis bellique dicendù , jure gentium , atque invioIn Verr. I. Cap. XXXIII. Godefroi lata fervantur. citant le paflage de Cice'ron , le rapporte aiafi : Nonne jura

,

tela

SANCTA CORPORA,

legati inter hoftes incolumes

ejj'e

debent ? Nôtre

Auteur

le

précifément de même ci-deflbus , §. 6. ce qui ne aucun doute de l'origine de la méprife dont il s'agit. Il y a encore, outre quelque petite inadvertance que j'ai corrigée, une inexactitude , dans la citation de V'elle'ius Paterculus: car il s'agit d'un fujet différent, dans la fin du I. Chap. du IL Livre de cet Hiftorien: nôtre Auteur a rapporté le paflage dans fon vrai fens, cite

laifle

&

ci-

Du

L I V.

droit des AmhaJJades.

ne devoit point envoier d'Ambaflàdeur à Marc

C H. XVIII.

IL

1 5

Antoine.

comme

Etranger, il n'y a qu'à lire ce que qu'aucun Jurilconfulte n'au, tout Pais qui dit-il , pour Etranger roit fû en donner une plus nette (4) Je tiens Comme donc, dans une (a) Alliance Inégale, l'Allié (a) Voiez tfejl pas de nôtre dépendance. Inférieur ne celle point pour cela d'être indépendant , il a audi droit d'envoier des £ri?HSr Hift# AmbalTades à l'Allié Supérieur. Ceux même (5) qui font en partie Sujets de leur xxx. Allié ont ce droit par rapport aux chofes à l'égard desquelles ils demeurent indé-

Pour

2.

lavoir qui l'on doit regarder

dit là-defTus

Virgile,

dont

la définition elt telle

:

,

,

.:

1

'

,

pendans (6). dépouillez 3. Mais les Rois qui ont été vaincus dans une Guerre en forme, de leur Roiaume , (7) perdent , avec tous les autres biens de la Couronne , le droit C'eit pourquoi Paul Emile (8) retint les Hérauts de Perd'envoier des Ambaiïàdes.

&

fée

,

Roi de Macédoine Il

4.

,

qu'il a voit vaincu.

y a pourtant des cas où

Puiilànce Etrangère.

les

Ambafïàdeurs ne viennent point de

Dans une Guerre

Civile

,

d'une

la part

la néceilité oblige quelquefois à

en

re-

ce-

Ckap. XV. §. 16*. mon. 4. , (5) Sic enim fentio , jus legatorum

qpum hominum , munitum Jit , tum etittttt divino jure ejj'e vuUaOrat. de Harufpicum refponfis , Cap. XVI.

tum.

ro

YLecî to<

(4)

7rctÇ(*votis7»

sU xjçvicx

>



zr^îç-flUf

,

^

LCci'/.iÇX M^aiÇ T£ -BqI<7H oi
*} TOÏS

Plutarque

Roi de Macédoine , qui retint prisonniers les Ambaiïadeurs de Gentius , Roi d'I/lyrie. Vit. iEmil. Paul. (pag. 261. D. Tom. I. Ed. JVech.) Voiez encore Joseph, à l'endroit cité dans la Note 2. de ce paragraphe , vers le commencement. G K r 1 u s. §. II. (1) Ego fut» publient nuncius Populi Romani, Perfée

,

juftè piique legatus venio

verbisque mels fidesjit. Lib. I. , Cap. XXXII. mou. cî. (2) Denwtciutum cîejuitûs verbù , facefferent pr opère ex urbe , ab ore atque oculis Populi Romani , ne nihil eos le* {ationis jus , externo , non civi , compuratum , tegeret. ,ib. VI. Cap. XVII. mon. %. (3) Non enim ad Hannibalem mittimut, ut à Sagunto recédât .... ad noftrum civem mittimus Sec. Orat. PhiVoiez une Note de fur lipp. V. Cap. X. Lib. IL Cap. VIL (4) Ceft Amute , qui parle ainfi

Velle'ius Paterculus,

Boecleb

:

Omnem equidemfceptris Dijp.det

JEneïd. Lib.

(5)

,

externam reor

VIL

Comme

les

qux

terrant

libéra noflrit



verf.

369, 370. Carthaginois, dont

il

eft parlé ci-def-

On rapporte ici l'exemChap. XV. §. 7. nuin. 5. ple des Princes Feudataires » comme de ceux d'Allemagne , à l'égard de l'Empereur. (6) On peut joindre à tout ce que nôtre Auteur fus

il répondit aux difficultez qu'on lui là-deffus , lors qu'il fut envoie à Paris , comme Ambaiïadeur de la Couronne de Suéde. (7) La queftion eft inutile , par rapport au Vainqueur , qui n'aura garde de penfer feulement à examiner, s'il doit recevoir des Ambaiïadeurs de la par'; de celui qu'il a dépouillé de fes Etats. Mais comme un Conquérant , qui avoit entrepris la Guerre pour quelque fujet maiiifeftement in j iifte , n'aquiert point par fa victoire un véritable droit furies Et.tts conquis, jufqu'à ce que le Souverain légitime ait renoncé d'une ma* les autres niére ou d'autre à toutes les prétentions Puiiïances ne doivent pas moins, tant qu'elles le peuvent fans quelque inconvénient fâcheux, reconnoître par pour véritable Roi celui qui l'eH: effectivement $ conféquent recevoir fes Ambaiïadeurs , avec tour, leurs Le Vainqueur eft alors , par rr.pport à elles, droits. ce qu'eft l'Ufurpateur , dont nôtre Auteur parle ci-deffus , Chap. XVI. §. 17. La différence qu'il met entr'eux , n'eft fondée que fur les effets qu'il attribue malà-propos à fon prétendu Droit des Gens; comme nous

de quelle manière

ci-deiïus

prujidio

,

un exemple remarquable , dont il traite vient de dire lui-même dans fes Lettres , /. Part. Epift. 364. c'eft celui du Chancelier Oxenflicrn , qui , quoique Sujet, reqût des Etats de Suéde , après la mort de Gujlave , ,

1111 iï grand pouvoir , qu'il étoit autorifé à envoier des Ambaiïàdes comme il le jugeoit à propos , à faire la Comme la chofe étoit extraorGuerre & la Paix &c. dinaire , nôtre Auteur , dans la Lettre citée , allègue, entr'autres exemples , celui des Ambaiïadeurs , qui aiant été envoiez de Flandre par les Archiducs , en verfutu du pouvoir qu'ils en avoient reqû de Madrid rent reçus en France & en Angleterre , comme Ambaf* Voiez ce qu'il dit encore fadeurs du Roi d'Ejfagne. dans cette Lettre , où il raconte au Chancelier n.ênie ,

fit

:

&

le

montrerons en fon lieu. L 1 v E qui nous apprend cela (8) C'eft

Tite Cap. XLV. mon. GronOVIUS,

XLIV. (dit

1.

&

Cap.

XLVI.WW».

dont on avoit mis

1.

les

,

Lib.

Mais

paroles

comme fi c'étoient celles de l'Hif, même : inexactitude qui a été redreflee dans mon Edition de l'Original ) le Général Romain ne retint pas les Hérauts de Perfée , par la raifon que ce Prince étant dépouillé de fon Roiaume n'avoit plus droit d'envoier des Ambaiïadeurs : ce fut parce que fe croiant en état de le dépouiller véritablement de fon Roiaume , il ne voulut point entendre à des propofitions de paix ; à caufe que ces Ambaiïadeurs étoient venus fans en avoir permiiïion , comme c'étoit la coutume de la demander. Voiez L 1 V E , Lib. XXXII. Cap. Auffi ne leur fitLib. XXXVII. Cap. XLV. XL Paul Emile fe contenta de ne donon point de mal ner aucune réponfe h Perfée par leur bouche. Je vois pourtant, que Perfée aiant depuis envoie trois Ambafïàdeurs , avec des Lettres , Paul Emile les renvoia , fans rien répondre, à caufe que Perfée y prenoit enD'où il Lib. XLV. Cap. IV. core le titre de Roi qu'il devoit auffi ne pas regarder fes Ambafs'enfuit , fadeurs comme jouïflant des mêmes privilèges qu'ils auen caractère Italique torien

&

TiTE

&

:

:

roient eus auparavant, violables

,

& comme

n'étant facrez

&

in-

qu'autant que bon lui fembloit.

B

s

(?)

,,

Du

14

Liv. IL Ch. XVIII.

droit des AmbaJJades.

contre la régie lors , par exemple , (9) que le Peuple eft divifé en deux Partis prefqu'égaux en forte qu'on ne fait de quel côté eft le Pouvoir Souou lors qu'il y a deux Prétendans à la Couronne, qui allèguent chacun verain des raifons , fur lefquelles il eft bien difficile de prononcer en faveur de l'un", à l'excevoir de

tels

,

,

:

En ces cas-là une feule & même Nation eft regardée pour un tems comme faifant deux Corps de Peuple. Ainlï Tacite blâme ceux du parti de Fejpajien, (10) de ce que, par une fureur horrible, ils avoient violé à l'égard des Ambailàdeurs de Vitellius un droit facré même entre Etrangers. les Brigands ne formant point de Corps d'Etat, ne peu5, Mais les Pirates Tibère , lors que Tacfarinas lui vent point ici fe mettre à l'abri du Droit des Gens. à ce que nous apprend eût envoie des Ambailàdeurs , fut extrêmement mortifié un Brigand traitât avec lui en Ennemi Tacite, (n)de voir qu'un Traître Quelquefois néanmoins des gens de ce caraclére obtiennent de bonne guerre. par un Traité, le droit d'envoier des Ambaffades; comme on (12) l'accorda autrefois à quelques Brigands des Moûts Pyrénées. Il y a deux maximes du Droit des Gens touchant les Ambaffadeurs §. III. 1 clulion de l'autre.

,

&

,

&

.

on raifonne communément , comme fur des régies conftantes l'une, (1) Qi Cil faut recevoir les Ambaffadeurs $ l'autre, ÇhCon ne doit leur faire aucun mal. 2. La première fe trouve établie dans un paftâge de Tite Live , où Hannon , Sénateur de Çarthage, parle ainfi contre Hatmibal: (2) // vernit des Ambaffadeurs de la en faveur de vos Alliez : vôtre bon Général ne les a pas voulu laifpart de vos Alliez , fer entrer dans fon Camp j il a violé le Droit des Gens. fur lefquelles

:

&

3. Il

ne faut pourtant pas (3) prendre

cette

maxime généralement

& fans reftriclion. Car

(9) Voiez

MAR

1

ANa

,

Hift.

Hijb.

Lib.

XXII.

Cap. VIII. au fujet des Ambaffadeurs de la Ville de Tolède auprès de Jean II. Roi de Cajlille : Saxonic. XII, 33. touchant ceux de Flandres. G R O T I U S. (10) La chofe n'arriva pas, mais elle faillit à arriver , <& on y étoit tout ilifpofé : Et ni , dato ù duce p:\cJtdio defenjt forent , facrtan etiam in exterat gentes legatorwn JTt-s , ante ipfa patriœ mania , civilU raities usque in txitium temerajj'et. Hift. Lib. III. Cap. LXXX. num. 4. Ed. Rycq. Nôtre Auteur rapporte ici , dans une Note, ce que dit Z O S 1 m F. au fujet de Magnentiw , qui s'éConfiance lui aiant entoit fait proclamer Empereur. voie un des plus conlidérables de fa Cour , nommé Philippe , il délibéra en lui-même s'il le renvoieroit fans avoir rien fait , ou s'il le retiendroit , en foulant aux pieds les droits des Ambaffadeurs ^ Mu.ynmc<; x*.9-'

& Albert.

Crantzius,

h

fccirrov

iç^fi/s yvufArjv

X7ro7rt.U7tiiy gt
3.

,

zrxThn

a?

,

zroTtÇoy

xxti^sh

S-nr/xôv.


XÇq

tcx^ îxvtu Lib. II. Hiji.

,

t«i/

Cap.

mt

toÏç srgsc -

XLVII. num.

pag. 217. Ed. CeHar.

Non

ne expettatur , non fe prologum , fed oratorem nominat. P l A u T u s : Impia fecrete oratorem verberas. Ce paffage de P l A u T E n'eft pas , à ce que je crois , dans aucune des Comédies qui nous relient ; je ne le vois pas non plus dans le Recueil qu'on a fait de les Frag-

&

mens. (2) Legates nbfociis , Fjf pro fociis , venientes , bonus Imperator veficr in ca/lra non admijit ; jut gentium fufiuHt. Lib. XXI. Cap. X. num. 6. (3) Non feulement cela il faut remarquer encore , ayee Mr. T H o m a s i u s , que , lors même qu'on eft tenu de recevoir des Ambaffadeurs , c'eft un fimple Devoir d'Humanité ; de forte que le refus tout feul ne peut jamais être regardé comme une véritable injuftice. Voiez les Inftitut. Jurisprudentix Divina de cet Auteur, Lib. III. Cap. IX. num. 15, çff feqq. comme auffi fes Notes fur H u B E R , De Jure Civitatis , Lib. III. Seél. IV. Cap. IL §. 10. où il cite auffi un Traité, qu'il vante fort , mais que je n'ai point vu , publié fous un nom feint , & dont le titre eft, P R E sB F. u T A Difcurfiif De Jure Legationis Stutuum Imperii, :

Justini

magis fuii Populiquc Romani contumelià indoluijje Cafarem ferunt , quàm quod defertor , prœdo , hofiium more ageret. Annal. Lib. III. Cap.

Eleutheropol. 1700.

LXXIII. num.

fées

(il)

alias

&

2.

(12) Liceretne civibus ad cives de pace legates mitte? quod etiam fugitivù ab faltu Pyrenxo prœdonibwque licuifet Sec. De Bell. Civil. Lib. III. Cap. XIX. num. 2. Voiez là-deffus les Notes de Mr. D A v 1 F. S, de C E L l a R 1 u s. ;t

&

(1) Le Grammairien D o N A T parle île cette maxime , comme étant du Droit des Gens Orator AD VOS VRNto] Orator cm tmdire oportere , jut gentium In Prolog. Hecyrœ , verf. 1. G R o T 1 U s. eft. L'autre maxime fe trouve là auffi , immédiatement après ; je m'étonne que nôtre Auteur ne l'ait pas remarquée Oratortm non licet injuriant \>ati. Jdeo ergo, §.

III.

:

&

:

C A m B D E N , Hift. Brit. fur l'année M. à la quatrième des Queftions qui font propoen cet endroit. G R T 1 u s. (5) Périclès avoit fait paffer en délibération , qu'on ne recevrait ni Héraut , ni Ambaffaxleur , de la part des Lacédémoniens , tant qu'ils auroient les armes à la main : (4) Voiez

D.

LXXI.

'Hv yx% niçix.XÎa<; srÇ«r(inxy

ptr,

w. Thucy* que

les

différais

yvuf.tïi Ts-çorsça*

id* Lib.

Lacédémoniens à

&

y(nnriKv7x

spocà's^fa-B-xt AiCK-ioxif-taviu»

,

x.y,çvx.x tù

i£eç-Çxrsv,ici-

IL Cap. XII. Ed. Ôxcn. avoient

l'amiable , comme les Athéniens leur

C'eft

refufé de terminer les paroît par la fin du

il

Livre I. offraient encore cette voie, puis qu'ils dirent à Méléjippc , que, quand les Lacédémoniens auroient mis bas les armes, feraient retournez chez eux , ils n'avoient qu'à leur envoier

&

des

,

Du Car

Liv.

droit des AmbaJJades.

Ch. XVIII.

II.

if

Droit des Gens (4) ne veut point qu'on ne ref ufe jamais de recevoir les Ambaffadeurs ; mais il veut qu'on ne le refufe pas (ans fujet. Or on peut être bien fondé à le refufer ou à caufe de celui qui envoie des Ambafladeurs, ou à caufe de ceux même qui font envoiez , ou à caufe du fujet de l'Ambaflade. 4. Les Athéniens , fuivant l'avis de Pérklès , ordonnèrent à Méléjïppe , Ambafïàdeur des Lacédémoniens (5) de for tir des terres d'Athènes > parce qu'il venoit de la part d'un Ennemi , qui avoit les armes à»la main. Le Sénat (a) Romain déclara , (6) qu'il (a) Zonar. Tom. IL ne pouvoit point recevoir d'Ambalfade de la part des Carthaginois pendant que leur Armée étoit en Italie. Les Achéens ne (7) voulurent point recevoir les AmbaiTadeurs de Perfée Roi de Macédoine lors qu'il fe difpofoit à entrer en guerre avec les Romains. L'Empereur Justin ien refufa (b) une Ambaflàde de la part de Totilas qui lui avoit (b)Prowop. les Goths fouvent manqué de parole qui étoient dans la Ville d' Urbin (c) ren- nî^cap ^7' voiérent par la même raifon les AmbaiTadeurs de Bé/ifaire. Polybe (8) nous apprend , Ce) Sfcw, que les AmbaiTadeurs des Cynéthiens Peuple d'Arcade , étoient chaftez de par tout, ^ lb 'r"' S' parce que c'étoit une Nation fcélérate. allègue pourta tun eautre 5. Nous avons un exemple de la féconde raifon pourquoi on peut refufer une Am? 1 r f balTade , dans un Philofophe de l'Antiquité nommé Théodore & furnommé l'Athée lequel aiant été envoie par Ptolomée à Lyfimaque , celui-ci (9) ne voulut point lui donner audience. La même chofe eft arrivée à d'autres , qui s'étoient rendus odieux pour quelque fujet particulier. 6. La troifiéme raifon a lieu lors que le fujet de l'Amba(Tade(io) eftfufpect, comme quand Ezéchnu craignit (d) avec raifon que Bjiabfacé , Ambaflâdeur du Roi cha^xvm! ap d'AJJyrie , ne vint (1 1) pour exciter le Peuple à quelque révolte ou lors qu'il n'eft pas le

,

,

,

,

,

:

&

,

,

,

'

,

,•

,

,

'

'

:

de des Ambafladeurs , qui feroïent alors bien reçus. Otl voioit qu'ils vouloient abfolument en venir à la Guer-

&

on reganloit MéUjippe comme un homme qui n'étoit envoie que pour efpionner d'où vient qu'oir le fit conduire hors du Pais par des gens qui eurent ordre d'empécner qu'il ne parlât à perfonne. Voiez un exemple fcmblable , dans Appien , Bill. Mîtbr. pag. 511. Ed. Amft. (îgï. Ed. H. Steph.) & dans le Rhéteur Aristide Orat. Panathen. Tom. I. pag. 250. Edit. P. Stepk. C'eft dans des circonftances comme celle-là que nôtre Auteur donne à entendre qu'on a jufte fujet de refufer les Ambafladeurs d'une Puiflance qui a pris les armes. Il n'a garde de pofer pour régie générale , qu'on peut toujours refufer les Ambafladeurs qui viennent de la part d'un Ennemi armé; comme Zif.'gler & d'autres ont pris ridiculement fa penfée. Il n'étoit pas homme à fe contrere

5

:

,

dire

;



& ils

C'eft ce

que dit cet Hiftorien , qui ne parle point du tout de la manière dont ils furent reqûs par ceux auprès desquels ils étoient envoiez en Ambaflàde : À'£iov lipx%ù hxTtoçy.vxt zrcçi

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Lib. IV. Cap.

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pag. 402.

,



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& Cap. XXL

>

h ptTxrw ,

t£ (rÇxyiX,

XÛ^XS Z!XO-/jf. pag. 404 , 405:.

(9) Lyfimaque lui donna audience ; mais il lui défendit de revenir une autre fois à quoi le Philofophe répondit, qu'il ne le feroit pas, fi Ptolomée ne l'envuioit plus. C'eft ce que nous apprend Dioge'ne Laerce, de qui nôtre Auteur a tiré le fait Tix^iv F tiirirru :

:

VOC AR 1]

Dijfentit hoc loco à

Romana

confuetudine.

Nam

Jiquando incogniti venir e tinntiarentur

primo, quid , ub exploratoribzu rcquirebatur : pofl ad eos cgrediehantur magiftratiu minore* ; tune demum Senatïts extra ,

fouillez les lieux par

Edit. Amfitl.

GiOTius.

Nôtre Auteur veut parler de la coutume qu'avoient les Romains, d'examiner, avant que de recevoir des Ambafladeurs , d'où ils venoient & pourquoi car voici les paroles du Commentateur , qu'il a eues dansl'efpritj je ne fâche au moins rien d'autre , qui puiflè convenir ici dans les Notes fur le Livre qu'il cite: Intra tecta leguti

comme

faifoient de grandes purifications.

,

groftîérement.

in JEne'id. VII.

veilcnt

paffé-

dans leurs Villes

les laiflef entrer

d'autres regardant

Voiez, fur cette coutume des Romains, ServiUS,

fi

(
ne vouloient pas avoient

,

urbem pojlnlata nofcebat buntur. In verf. 168.

,

&

&

itu

,

Ji vifunt fuijfet

,

admitte-

mijjl ab rege [Perfeoj , quum dutaque opéra eft ab iti , qui timebunt , ne admitterentur. Tl T.

(7) Legati deinde. poftea Mogalopoli toncilium e[J'et

,•

ojf'enfionem apttd

Romanos

Liv. Lib. XLI. Cap. XXIX. mon. 20. (8} Ceux , par les terres de qui ils avoient

:

t» AvrifUêJCV

Bâstk o-xus un nxçtG-y zrçoç ripas in , xv f*q nroM/xxtcs eMreffiX»)* Lib. II. §. 10a. Edit. Amftel. (10) C'eft pour cette raifon , qu'André' de Burgo , Am-

Ovk

xv,

ityi)

y

,

baflâdeur de l'Empereur le rapporte

comme

,

Hift. Polon. Lib.

ne fut point reqû en Ejpagne Lib. XXIX. On trouve , ,•

Mariana

quelque chofe de femblable

XX.

,

dans

Martin Cromkr

Grotius.

,

(11) Dans la retraite des dix mille Grecs, dont Xe'nophon nous a laifle l'hiftoire, les Généraux réfolurent , que , tant qu'ils feroient en Pais ennemi , ils ne recevroient point de Hérauts. Et ce qui les obligea ;i prendre une telle réfolution ce fut qu'ils avoient éprouvé , que , fous prétexte d'Ambaflade , on venoit ,

à.

oafler

,

cfpion-

,, ,

Du

16

droit des Amhajjades.

LlV. IL Ch. XVHI.

d'une Puiffance de recevoir des Ambaflàdeurs pour le fujet dont il s'agit ou que les circonitances du tems la lituation des affaires ne le permettent pas. C'eft ainfi (12) que les Romains déclarèrent autrefois aux Etoliens , qu'ils ne leur envoiaffans la permiflion du Général de l'Armée Romaine à fent point d' AmbafTadeur (13) Perjèe, qu'il n'en envoiât point à Rome , mais feulement auprès de licinim. Les Ambaflàdeurs de Jugurthu eurent (14) ordre de fortir d'Italie en dix jours, à moins pour témoigner que leur Maître fe rendoit aux Romains avec fon Su'ils ne vinflènt la dignité

de

&

,

:

&

.oiaume.

Pour ce qui eft des AmbafTades ordinaires & accompagnées d'une réfidence perdont l'uiàge eft aujourd'hui fort fréquent on peut fort bien les refufer. (if) L'Antiquité les a ignorées abfolument; & cela fait voir combien peu elles font 7.

pétuelle

,

,

néceffaires. 1. Il est plus difficile de décider lesqueftions qui fe rapportent à l'autre générale , touchant l'obligation (0 de ne faire aucun mal aux AmbafTadeurs. Les fentimens des Auteurs célèbres de ce Siècle font fort partagez là-deffus. Il faut après parler premièrement de ce qui regarde la perfonne même des AmbafTadeurs ; de leurs biens. cela de leur fuite , il en a croient qui que , par le y , 2. A l'égard de la perfonne des Ambaflàdeurs ,

IV.

§.

maxime

&

&

Droit des Gens

,

feulement être à

elle doit

l'abri

de toute injulte violence car :

ils

fup-

po-

&

efpionner

débaucher

les Soldats

:

k*«

ix

rira l^Uii

rôti çpxra-yoiç fre^no» tirxt > àoy/t-ut 7roir,c-x S-uçov yxç vçtunôvrtç ris ç^xrtûrxî > t£ ivx yi

ro»

>

auty-

ho%x-

f&ro xntay vvk~ >£, yo\ hiûS-uçitr Hix-x^z » AçKctht «*w«. De expedit. Cyr. Lib. III. ris rit x&ttmus Cap. III. §. 4. Ed. Oxon. (12) Denuntiatumque , Jt qua deimie legatio ex iEtolis , provinciam^obtineret , ftjjt permijfu ImperatorU , qui eam cumlegato Romano, venijfet Romam , pro boftihtl vîmesfit" XLIX. num. ?. Cap. XXXVII. Lib. Tit. Liv. turos. (1?) Jujt renuntiai-e Régi , Confident P. Licinium brevi cum exerdtu futur um in Macedonia ejj'e. ad eum , JîfatisfaRomam quod praterea cere in animo effet , ntitteret legatos. tnitteret , non effe : neminem eorum per Italiam ire liciturum. Idem , Lib. XLII. Cap. XXXVI. num. 5 , 6. Cet exemple , & le précèdent , regardent plutôt la manière de recevoir une Ambaflade , que les raifons de la refufer. Senatm à advcntabant , C'4) Qui poftquam Romam placeretne legatos Jugurtha recipi Beftia confultttt eft , mœnibus iique decrevêre nifi regnum ipfumque deditum veniffent , uti in dicbus proxumis deccm Italiâ Sallust. Bell. Jugurtb. (Cap. XXX. Ed. d&cederent. '

1

m

&

'

,

:

L'Empereur Charles-Quint , aiant reqû des AmJVajf.) bafTadeurs de la part du Roi de France , François I , de qui venoicnt îles Florentins , la part des Vénitiens pour lui déclarer la Guerre ; les fit conduire dans un Guicciardin, village à trente milles de fa Cour Liv. XVIII. (§. 16. fol. ?20. de la vieille Trad. Franq. pag. 472. de l'Original , Ed. de Genève , 164c.) Mémoires Liv. III. ( fol. 103. Edit. de Paris, deDv

&

:

Bellay, Grotius.

1575.)

Ce dernier exemple ne fait rien au baffadeurs

,

fujet.

Il s'agit d'

Am-

qui étoient actuellement auprès de Charles-

Quint , & qu'il fit arrêter , jufqu'à ce qu'il eût avis que les Ambaflàdeurs qu'il avoit lui-même en France & en Angleterre fuffent en lieu de fureté. la Jurisprudentia Divina de Lib. III. Cap. IX. §. 2 5 , &feqq.

(15) Voiez 51 us

,

§. IV.

(0 Me'n ANDRE,

le

Mr.

froteéieur

THOMA-

l'Empereur Juftîn II. qui retint prifonniers deurs des Avariens

Gens

dit

,

,

les

qu'il viola en cela le

AmbafTaDroit des

7rxçx tov koivc» rut irçto-Hivra» S^irnat , 1/Refp. Xh £v èfcuoiç. Voiez Ernest XXXII. num. 29 , çfffeqq. Tom. V. Grotius. C'eft au contraire Bajan , Roi des Avariens , qui fit mettre en prifon les AmbafTadeurs de Jnftin II. comme lç rapporte l'Auteur Grec , Excerpt. Légat. Juft. Juftinian. Tiber. Cap. IX. où fe trouvent les paroles citées par :

O'

èi

Cothman,

&

nôtre Auteur.

(2) A la vérité , fi le confentement des Peuples étoit lefeul fondement du Droit des AmbafTadeurs, il feroit bien difficile de prouver la maxime dont il s'agit , de marquer jufqu'où elle s'étend. Mais nôtre Auteur n'avoit pas afTez confulté les principes de la Loi Naturelle fûres. qui lui auroient fourni des raifons claires Voici ce me ce que dit là-defTus Mr. Thomasius, qui a, femble , traité la matière mieux que perfonne dans fa Lib. III. Cap. IX. §. ?6 , &f Jurisprudentia Divina , Il diftingue d'abord entre les Ambajfadeurs qui n'ont Jeqq. ceux qui ont fait quelque mal ; puis enfait aucun mal , tre ceux qui font envoiez par une Puijfance à une autre avec ceux qui viennent de la part £un Enqui elle eft en paix , nemi. I. Il n'y a pas de difficulté à l'égard des AmbafTadeurs qui venant auprès d'une Puifiance avec laquelle leur Maître eft en paix , n'ont fait aucun mal à perfonne les les plus évidentes du Droit maximes les plus communes Naturel demandent en leur faveur une entière fureté ; de forte que , fi on infulte ou qu'on outrage en quelque ma-

&

&

&

&

:

&

un tel AmbafTadeur, on donne à Ton Maître un jufte fujet de Guerre. Le faint Roi David nous en fournit un exemple, IL Samuel, Chap. X. Pour ce qui eft des AmbafTadeurs qui viennent de la part d'un Ennemi , & qui n'ont fait aucun mal; avant qu'on les ait reqûs comme AmbafTadeurs , leur fureté dépend uniquement des Loix de l'Humanité. Car un Ennemi, comme tel, eft en droit de faiie du mal à ion Ennemi: ainfi indépendamment des Conventions , par lesquelles on devient en quelque faqon Ami pour un tems on ne peut être obligé à épargner l' AmbafTadeur d'un Ennemi nière que ce foit

,

,

parlant de

qu'en

Du

droit des Ambajfades.

LlV.

II.

Ch, XVÏÏL

17

D'autres au pofent que les Privilèges doivent être expliquez par le Droit commun. lent , qu'on ne peut pas ufer de violence à l'égard d'un Ambaflàdeur pour toute forte de fujets , mais feulement lors qu'il a violé le Droit des Gens , ce qui s'étend allez loin car le Droit des Gens renferme le Droit de Nature ; de forte que fur ce pié-là , toutes fortes de crimes à la referve de ceux qui font uniquement contre les Loix Civiles , auD'autres restreignent cela aux cas où un Ambaflàtoriferont a punir un Ambaflàdeur. deur fait quelque chofe de nuifible à l'Etat , ou d'injurieux au Souverain auprès duMais avec cette limitation même , il y a des gens qui trouvent qu'il quel il eft envoie. ils leroit dangereux d'accorder la permiflion de punir de foi-même un Ambaflàdeur veulent que pour éviter cet inconvénient , on porte fes plaintes à la Puiflance de la qu'on s'en remette à fa volonté pour le châtipart de qui l'Ambaflàdeur efl; envoie , ment. Quelques-uns prétendent qu'on doit confulter en ce cas-là les Rois ou les Peula prudence peut bien le demander quelquefois ; mais on ne fauples désintéreflez roit l'exiger comme une chofe d'une obligation indifpenfable. opinions allèguent, ne concluent rien 3. Les raifons que chacun des partifans de ces de précis ; parce que les régies du Droit des Gens dont il s'agit., ne font pas des conimmuables comme fequenc.es démonltratives , qui fe déduifent de principes fixes mais des chofes qui dépendent de la volonté des Peuples: celles du Droit de Nature (2) Or les Peuples ont pu .mettre en fureté les Ambafladeurs ou entièrement, ou avec ,

,

:

,

,

,

:

,

&

&

,

&

:

,

&

,

,

cer-

qii'en vertu des fentimens d'Humanité , que Ton ne doit qui nous engagent à refpefter tout jamais dépouiller , Lors donc qu'on exerce ce qui tend au bien de la Paix. quelque afte d'hoftilité contre un Ambaflàdeur venu de la part d'un Ennemi , avant que de l'avoir reqû , on ne donne point par là un nouveau uijet de Guerre ; on confirme feulement celui que l'Ennemi avoit déjà , fuppofé qm'tt

&

Je

fut légitime. étoit injufte

,

dis ,juppefé qu'il

c'eft-à-.dire

,

deur avoit véritablement il

l'cnvoioit

fi

fait

fût légitime: car

du

duquel à prendre les armes

tort à celui auprès

& l'avoit autorifé par là

,

s'il

celui qui a envoie l'Ambatffa-

contre lui \ les atles d'hutlilité que Cc'llli-Ci «1 eïei'CCZ Contre fon Ambaflàdeur ne font point palTer le droit de l'autre côté 5 à moins que l'OfFenfeur n'eût envoie rAmbafladeur

pour offrir à fon Ennemi une fatisfaftion ra-ifonnable » car alors cela devroit être regardé comme un cas de nécefTité Mais qui change l'obligation de parfaite en imparfaite. lorsqu'on a une fois reqû l'Ambauadeur.d'un Ennemi, on s'eft engagé par là manifeftement , quoique tacitement pour l'ordinaire , à lui biffer & procurer une en-

lui-même aucun mal. engagement , on fournit par là un jufte fujet de Guerre , ou du moins ou met le droit de l'autre côté ; parce que toute ConIl ne faut pas même vention donne un droit parfait. excepter ici les Hérauts , qui font envoiez pour déclarer la Guerre , pourvu qu'ils le falfent d'une manière qui Car , félon l'ufage des Peuples •n'ait rien d'offenfunt. cette déclaration emporte une proteftation civilifez , tacite qu'on veut ufer de la voie des armes conformétière fureté

De

fofte

tant qu'il ne fera

,

que

,

l'on

fi

manque

à cet

& avec deflein d'en venir à ment à la droite Raifon Voilà pour les Ambafladeurs innoune bonne Paix. ,

A

ceux qui fe font rendus coupacens. bles en quelque manière, ils ont fait du mal ou ^euxmêmes , ou par ordre de leur Maître. Si c'eft d'eux-mêlorsque le mes , ils perdent le droit d'être en fureté Car un Ambafcrime eft & manifefte , & atroce. II.

l'égard de

,

làdeur

,

privilège

quel ,

qu'il foit

,

ne peut jamais avoir plus de

que n'en auroit fon Maître ; or on ne parPar au Maître même un tel crime.

donueroit pas

Tom.

II.

xrme jxtroce

il faut entendre ici ceux qui tendent ou à troubler l'Etat , ou à priver de la vie les Sujets du Prince , auprès duquel l'Ambaflàdeur eft envoie, ou à leur caufer quelque préjudice coniidérable en leur honneur , ou en leurs biens ; fur tout s'il s'agit de perfonnes qui Lors que le crime offenfe direcfoient chères au Prince. tement l'Etat , ou celui qui en eft le Chef , foit que l'AmibafTadeur ait actuellement ufé de violence , ou non , c'eftà-dire, foit qu'il ait pouffé les Sujets à quelque fédition , ou qu'U ait confpiré lui-même contre l'Etat , ou qu'il ait; favorifé le complot , foit qu'il ait pris les armes avec les

Kebelles ou avec l'Ennemi , ou qu'il les ait fait prendre à fes gens ; on peut s'en venger , même en le tuant , non comme Sujet , mais comme Ennemi. Car fon Maître même n'auroit pas lieu de s'attendre à un meilleur traitement. Que s'il s'eft fauve , fon Maître eft tenu de le liMais fi le crime , tout vrer , lors qu'on le lui demande. atroce qu'il eft, n'offenfe qu'un Particulier manifefte l'Ambaflàdeur ne doit point pour cela feul être répumais comme , fi té Ennemi de l'Etat ou du Prince fon Maître avoit commis quelque crime de cette nane prenture , on devroit lui demander fatisfaftion dre les armes contre lui que quand il l'auroit refufée; chez qui la même raifon d'Equité veut que celui , l'Ambaflàdeur a commis un tel crime , le renvoie à foit Maître , en le priant ou de le livrer ,'ou de le punir. Car

&

:

,

&

le retenir en prifon , jufqu'à ce que le Maître ou le rappellàt pour le punir , ou déclarât qu'il l'abandonne , ce feroit témoigner quelque défiance de la juftice du Maître par là l'outrager lui-même eu quelque façon , puis que l'Ambaflàdeur le repréfente encore outre que , quand on n'a pas droit de punir quelcnn , on n'a pas ordinairement droit de fe faifir de fa perfonne. Autre chofe eft , lors que

de

&

:

crime a été commis par ordre du Maître ; car en ce casil y auroit de l'imprudence à lui renvoier l'Ambalfapuis qu'on a tout lieu de croire que celui qui a , commandé le crime n'aura garde pi de livrer le Coupable , ni de le punir. On peut donc s'affûrer de^ la perfonne de l'Ambaflàdeur , jufqu'à ce que le Maître

le



deur

ait réparé

l'injure

commife

& C

par

l'on

Ambaflàdeur

,

&

,

1

Du

8

,

L I V.

droit des Aiubajfades.

,

C H. XVIII.

H.

Carfi, d'un côté, il eft utile de punir ceux qui fe font rendus coupables de grands crimes ; de l'autre , il eft avantageux de faciliter les AmbalTades ce qui ne peut fe mieux faire qu'en procurant aux AmbafTadeurs la plus grande fureté certaines exceptions.

qu'il eft polîible.

jufqu'où les Peuples ont confenti d'accorder cette fureté* faut donc chercher exemples ne fuffifent pas pour nous donner là-detlus toutes les lumières nécef. contre. Le jugement des perfaires; parce qu'il y en a un affez grand nombre pour fonnes lages & les conjectures qu'on peut avoir de la volonté des Peuples , font ici les principes auxquels nous devons avoir recours. 4.

Il

,

Or les

,

&

,

l'une eftdeTiTE Live ; l'autre, 5. J'ai en main deux autoritez très-confidérables de Salluste. Le premier Hiitorien parlant de quelques AmbafTadeurs de Tarquin, dit, (3) qu'encore qu'ils femblajfent mériter qui avoient ménagé une trahifon dans Home ,

,

d'être regardez fur

le

pié d'Ennemis

,

à canfe

On

Droit des Gens l'emporta.

de

mauvaife pratique

cette

,

cependant la

que les privilèges du Droit des Gens (4) s'étendent à ceux même d'entre les AmbafTadeurs qui ont commis des a&es Le paflàge de l'autre Hiitorien regarde à la vérité les gens de la fuite d'un d'hoftilité. Ambaffadeur , de quoi nous traiterons plus bas ; mais on peut faire valoir ici l'argument du plus au moins c'eft-à-dire du moins vraifemblable au plus apparent. Salluste dit donc, (0 que Bomilcar, qui étoit de la fuite de celui qui étoit venu à Home

confidération

dit

voit



,

,

,

,

fous la foi publique , fut mis en JujUce plutôt félon les régies de l'Equité , que félon le L'Equité, dont il eft parlé ici , c'eft-à-dire, le Droit de Nature tout Droit des Gens. feul , permet de punir le Coupable , lors qu'on le trouve mais le Droit des Gens ex:

cep-

&

par lui-même. Pour ceux qui lie repréfentent pas fâ perfonne du Prince , comme les limples Meffagers , Trompettes &:. on peut les tuer fur le champ, s'ils viennent , par exemple , dire des injures à un autre Prince par ordre de leur Maître. Rien n'eft plus abfurde , que ce que quelques-uns prétendent , que fout le mal que les Ambaffadeurs font par ordre de leur Maître doive être imputé uniquement au Maître. Si cela les Ambafiadeurs ituroient plus de privilèges fur «toit, les terres d autrui , que n'en aurait leur Maître même, s'il y venoit , & le Souverain du Pais , au contraire, auïoit moins de pouvoir chez lui , que n'en a un Père de famille dans fa Maifon. les

(?) Et quumquam [Legati] vififuni commijijfe , ut hofiium lovo ejfcnt r J?u tamen Gentium valait. Lib. II. Cap. IV. num. 7. (4) Il me fcmble au contraire , que ce paffage fuppofe le contraire. L'Hiftorien vient de «lire, qu'on balança fi ort les mettrait en prifon , comme on avoit fait des Conjurez ,

:

Froditoriints extemplo in inncula conjeilis

,

de legafis paulltt-

lum iiddubitatum eft. Or auroit-on mis cela en queftion , fi ç'avoit été une maxime confiante , qu'un AmbalTadeur eft à couvert parfon caractère , quoi qu'il commette des aftes d'hoftilité? Les paroles

que

même

,

dont

il

s'agit

,

iiifinuent

,

Droit des Gens ne s'étend p"as jufqu'à mettre dans un Ambaffadeiir , qui commet des ailes d'hoftilité csr c'eft comme fi l'Hiftofien avoit dit qu'encore qu'on reconnût que la conduite des AmbafTale

l'obligation d'épargner :

deurs autorifoit

à les traiter

en Ennemis, cependant on

voulut bien leur laifier le privilège qu'ils auraient eu d'ailmais dont ils s'etoient leurs par le Droit des Gens , rendus indignes. De forte que c'eft ici une exception à la régie , qni déclare déchus de leurs droits les Ambaffndeurs , dès-fers qu'ils trament quelque trahifon: quelque conjuration , ou autres chofes femblablcs. lors qu'il m'eft J'avois écrit ceci il y a long terris , tombé entre les mains une Differtatio» de Feu Mr.

Coccè'juS, fie Zegato fanEîo , non hnpum , publiée k Francfort fur l'Oder en 1691. dans laquelle j'ai vu avec plaifirque ce fameux Jurisconfulte d'Allemagne explique à peu près de la même manière ce paffage Se le fnivant des deux HiftorienS Latins , Seci. III. §. 2 , çfffeqq. (5) Fit reiii mugis ex icqiw bonoque , quàm ex Jure GenHum Bomilcar , colites ejùs , qui Rovtizmfidc publicà venetat. Bell. Jngurth. Cap. XXXIX. Ed. Wujf. (XXXIV. vulg. ) Ce pafla'ge eft encore thaï applique par nôtre Auteur , Se les Commentateurs en ont donné le vrai fens. L'Hiftofien vent dire , qu'encore qu'à la -rigueur on pût d'abord faire mourir Bomilcar , félon le Droit des Gens , à caufe de ï'affaffinat de MaJJiva , fans lui donner le tems de plaider fa caufe en Juftice ; cependant, pour ufer de douceur envers lui (c'eft ce que Signifie ici, comme eu bien d'autres endroits , ex aquo &f bono) on voulut bieit lui accorder cette grâce , qui fervit à le fauver , comme il paraît par la fuite. Ainli ces paroles , cornes ejîu , qui Romzmfidc publiai verierat , bien loin de donner à entendre , que , parce qu'il étoit de la fuite d'une perfonne venue avec faufcoiidliit , ou ne pouvoit lui rien faire , fclorî ie Droit des Gens ; infinnent au contraire , qu'aiant commis un crime fi atroce , il s'étoit rendu par là d'autant plus digue d'être puni fans délai , qu'il étoit venu fous la foi publique. Confultez encore ici la Differtation de Mr. que j'ai citée dans la Note précédente. Voilà donc les deux paffiges , alléguez par nôtre Auteur i qui prouvent plutôt le contraire de ce qu'il en conclut ; quoique l'application qu'il en fait , (bit approuvée par WiCQUF.FORT , dans fon Ambajfadcur , Liv. I. Chap. XXVII. Toni. I. pag. 821, 822. Edit. de lu Haie \6%\. La vérité eft, que, fi on examine tout ce qui eft dit dans les anciens Auteurs, au fuiet de là fureté des AmbafTadeurs , on verra que celte fureté ne regarde guéres que ceux qui ne font aucun mal, qu'elle confifte feulement en ce qu'on ne peut pas fe prévaloir contre eux du droit de la Guer-

Cocce'jus

&

re

,,

Du

Liv. H. Ch.XVHI.

droit des Ambajjiules.

19

&

autres perfonnes qui viennent à l'abri de la foi publique. cepte les AmbalTadeurs , qui défend plufieurs chofes permifes par le 11 elt donc contre le Droit des Gens Droit Naturel , de mettre en Jultice un Ambafladeur. 6. Il y a auffi des conjectures , qui font préfumer que telle a été la volonté des Car l'opinion la mieux fondée eft que les Privilèges doivent être expliPeuples. quez de telle manière , qu'ils accordent quelque chofe au delà du Droit commun. (6) Or fi les AmbafTadeurs n'étoient à couvert que d'une injufte violence , il n'y auroit là rien de conlidérable , rien qui leur donnât aucun avantage fur toute autre Ajoutez à cela , que le bien qui revient de la fureté des Ambaflàdeurs perfonne. Car la Puiifance de l'emporte fur futilité qu'il peut y avoir à punir des Coupables. fi ella part de qui un Ambafladeur elt yenu , (7) peut être difpofée à le punir ,

,

:

&

voie des armes pour s'en prendre à elle-même , comme témoignant par ce refus approuver le crime. 7. Quelques-uns objectent ici, qu'il vaut mieux qu'une feule perfonne foit punie, que fi plufieurs étoient enveloppez dans les malheurs de la Guerre. Mais fi celui de le le refufe

on

,

a la

,

de qui l' Ambafladeur elt venu, (8) approuve ce qu'il a fait, on ne fera pas à couvert de la Guerre , encore qu'on ait puni foi-même l'Ambaflàdeur. D'autre côté, s'ils étoient obligez de rendre compte de les AmbafTadeurs feroient bien peu en fureté Car les vues de la Puiflance qui envoie des leurs actions à d'autres , qu'à leur Maître. celles de la Puiflànce qui les reçoit , étant différentes pour l'ordinaiAmballadeurs fouvent même oppofées ; (9) on ne manqueroit guéres de trouver quelre, que chofe à redire dans la conduite des Ambaflàdeurs , à quoi l'on donneroit le la part

,

&

,

&

nom re , ou de quelque autre raifon qui autoriferoit d'ailleurs s'en prendre aux Sujets de la Puiffance de la part de qui ils font envoiez. mais cela ne doit point être étendu (6) Fort bien au delà de ce que demande le but & l'ufage des AinOr il fiiffit pour cela , que l'on ne puiffe pas baflades. regarder un Ambafladeur comme déchu de fes droits pour toute forte île crimes , mais feulement pour ceux .à

:

&

atroces. qui font inconteftables , (7) Il ne s'agit point ici de l'utilité qui peut revenir de la peine , lors que le crime eft une fois commis, mais de ce qui eft necefiaire pour empêcher qu'on ne La fureté des Ambaflàdeurs doit être le commette. entendue de telle manière, qu'elle n'emporte rien de contraire à la fureté des Puiffanccs , auprès desquelles qui autrement ne voudroient ni ils font envoiez , Or qui ne voit , que les ne devroient les recevo-ir. Ambaflàdeurs feront moins hardis à entreprendre quelque chofe contre le Souverain ou les Membres de l'Etat Etranger , dans les terres duquel ils ont été admis , s'ils craignent qu'en cas de trahifon , ou de quelque autre malverfation conlidérable , le Souverain du Pais pourra lui - même en tirer raifon ; que s'ils n'ont à appréhender que le châtiment de leur Maître , dont pourront aifément fe mettre à couvert , foit parce ils que fouvent ils font affûrez de fa connivence ou de foit à caufe qu'ils efpéreront Ton approbation tacite , dans le terns qu'il faudra pour lui donner avis que crimes, ils trouveront moien de le retirer rie leurs

&

,

ailleurs.

(8) C'eft une de croire

Leu

e droit ircr foi ïiré "eroit

affaire de prudence , de voir s'il y a que le Maître de l'Ambaflàdeur apou non fa conduite. Mais , à conlidérer l'incertitude où l'on eft là-deflus autorife à , même raifon d'un crime dont on n'eft pas af,

>l'ouvera

,

,

d'avoir fatisfaclion d'une

autre manière

,

&

qui

capable de nous engager à entreprendre la Guer-

re

,

fi

l'on

étoit

obligé d'attendre ce que feroit à cet

Maître de l'Ambaflàdeur. Nôtre Auteur ne pourtant pas ici d'entreprendre la Guerre contre le Prince , pour fe venger de ce qu'il n'a pas puni Ion Miniftre ; comme l'explique Mr. Cocce'jus dans la Diflèrtation , que j'ai citée ci-deffus , Cap. III. pour répondre à l'obIl veut dire feulement , §. g. jection dont il s'agit , que, pofé même qu'on puiffe punir foi-même l'Ambaflàdeur , (ce qu'il nie) on n'éil le vitera pas toujours la Guerre par ce moien ; prouve parce qu'il peut arriver que le Maître de l'Ambaflàdeur approuve fa conduite, lors même qu'on a puor , en ce cas-là , ou il vouni foi-même le Coupable dra lui-même tirer raifon de la punition, comme d'un outrage fait à celui qui le repréfentoit; ou bien on fera en droit de prendre l'on approbatien pour une injure, & par conféquent de lui déclarer la Guerre pour ce fu>et , fi on juge d'ailleurs à propos de l'entreprendre Sur ce piéce que nôtre Auteur fuppofe fans doute. là donc fa réponfe n'eft pas mauvaife. Mais il faut dipar conféquent la réponfe , ne re , que l'objection , font rien au fujet , par la raifon que je viens d'alléguer dans la Note précédente. (9) Cet inconvénient feroit à craindre, fi l'on donnoit droit à la Puiifance, auprès de laquelle quelcun eft envoie en Ambaffade , de le punir pour la moindre chofe , fans diftinguer les cas , dont on a parlé c-ideflùs , Note 2. Mais à mettre même la chofe au pis aller , l'inconvénient fera pour le moins balancé par les dangers auxquels un Etat feroit expofé , fi les Miniftres des Pui fiances Etrangères pou voient fe flatter toii jours de 1'efpérance de n'être point punis par le Souverain , auIl faut ici avoir près duquel ils font Ambaflàdeurs. égard perpétuellement à ce que demande la fureté l'intérêt , tant de celui qui reçoit les Ambaflàdeurs , l'effet des Amque de celui qui les envoie. Le but baifades le demande également. C 2 (10) égard

le

confeille

.

&

:

&

&

&

&

.

Du

20

L

droit des Amlaffades.

H. C

V.

I

XVIII.

H.

nom

J'avoue qu'il y a, des crimes fi manifeftesj de crime avec affez d'apparence. qu'on ne fauroit raisonnablement douter qu'ils ne foienttels: mais, quoi qu'il puiffe arriver qu'un Ambaflàdeur commette des crimes de cette nature , cela n'empêche pas qu'il ne foit à propos de le mettre même alors à couvert de toute punition Car il fuffit pour rendre de la part de la Puiffance auprès de qui il eft envoie. utile une Loi générale , qu'elle tende à prévenir un danger auquel on eit jufte ,

&

expofé le plus fouvent 8. Je luis donc pleinement perfuadé , que les Peuples ont trouvé bon de faire ici, en la perfonne des AmbafTadeurs une exception à la coutume reçue* par tout de regarder comme fournis aux Loix du Païs tous les Etrangers qui fe trouvent dans les Terres de la dépendance de l'Etat. De forte que félon le Droit des Gens , comme un Ambaffadeur repréfente (10) par une efpéce de ricîion la perfonne même de Ion Maître , il eft au fli regardé , par une ficlion femblable , (i i) comme étant hors des Terres de là vient qu'il n'eft point tenu de la Puiffance auprès de qui il exerce fes fondions d'obferver les Loix Civiles du Païs Etranger où il demeure en Ambaffade. Si donc il vient à commettre quelque crime , dont on croie pouvoir ne pas fe formalifer , il faut ou faire femblant de l'ignorer, ou ordonnera (12) PAmbaffadeur de fortir de nos Etats, comme Polvbe nous apprend (13) qu'on en ufa à l'égard d'un Ambaffadeur, qui étant à R$me , fournit à des Otages qu'on y gardoit , le moien de fe fauver. D'où il paroît , pour le dire en palïant , que , fi les Romains , dans un autre tems, firent fouetter (14) un Ambaffadeur des Tarmtius pour le même fujet; (15) ce fut parce que les Tnrentins aiant été vaincus , étoient devenus Sujets des Rgmains. qui tende à caufer du 9. Que fi PAmbaffadeur a commis un crime énorme préjudice à l'Etat; il (16) faut le renvoier à fon Maître, en demandant à celui-ci punilfe fon Ambaffadeur ou qu'il nous le livre. de deux chofes l'une , ou qu'il , ,

,

,

,

&

:

1

&

,

C'eft

(10) C'eft fadeur de

aînfi

Rome

que

,

CiCï'rON

qu'il portoit

,

dit d'un

avec lui

la

Ambaf-

majefté du

$>éuat, Se l'autorité du Peuple Romain ; Prœc'arï : Senatùs enim facitm feentn adtulerat , autioritutem Populi

Romani &c. T 1 U S.

Orat. Philipp. VIII. (Cap.

%. )

GR

O-

(11) Cela a lien tant que les AmbafTadeurs n'ont rien fait par on ils (oient déchus du droit de fureté & d'indépendance , que demande la fin de leur Emploi. Mr. Cocce'juS) dans la Differtation que j'ai citée plus d'une fois, De Legato fimélo , non impuni, Seft. II. prétend néanmoins , que tout AmbaiTadenr eft fournis

&

Civile,

& Criminelle,

de la Puiflance Etrangère , dans les terres de qui il exerce fon Emploi. Mais il raifonne ou fur des préjugez tirez de ce que le Droit Romain établit au fujet d'une antre forte de Miniftres Publics , envoiez à leur Souverain même ; ou fur des principes qui ne détruifent point le fondement du droit , dont il s'agit C'eft que , comme »in Souverain n'aura garde de fe foûmettre de gaieté de cœnr à la jurisdi&ion d'un autre * on ne fauroit non plus préfumer qu'il veuille s'y foûmettre en la perfonne de fon Ambaflàdeur , qui le repréfente. Voiez , an Droit de la Nat, &f des Gens, refte , Chap. XI. §. ?. Liv. VIII. Chap. IV. §. 21. (12) C'eft ce que fit Etienne, Roi de Pologne, à l'écomme gard de quelques AmbafTadeurs de Mofcovie à la Jurisdiftion

:

Pufendorf,

&

,•

T

h o u , Bift. Lib. LXXIIL fur l'anDp. i?8t. ( pag. 66. col. 2. Ed. Franco/.) Elizabetb, Reine d' Angleterre , en ufa de même par rapport à des tïEjpagne : fur AmbafTadeurs d'EcoJè, le rapporte

r.ée

&

Cambden,

G R o T 1 u s. années 1571. & 1584. (13.) Nôtre Auteur , félon toutes les apparences, a

les

îcîAlberic Gentil,

copié

&

fuivant dans fon Traité

le

XXL

Maïs

De

qui rapporte ce fait, Lcgationibiu , Lib. IL

ne trouve rien de femblable dan» P o l Y B E , pas même dans les Fragmens qu'on en a recueillis de toutes parts avec beaucoup de foin quoiCap.

je

:

Gentil

que B 1 u s. (14)

Il

avec tous

L

1

v

E

,

(iç)

dife ici

Ut in

:

Seleclis

hubet

PotY-

du haut d'un rocher en bas, qu'on avoit repris. Voiez Cap. VIL

fut enfuite jette les

Otages

Lib.

XXV.

C'eft ainfi

,

TiTl

que

Charles -

Quint défendit à

bafiadeur du Duc de Milan , qu'il regardoit Sujet , de s'éloigner de fa Cour. Voiez

l'A m-

comme

fou

Guicciar-'

d

1

n

,

dans l'endroit

cité ci-deflus

(Note

14.

du

§.

G R o T 1 u S. (\6) Mais voiez ci-deflus, Note 2, & %. (17) Les Gaulois n'avoient pas en leur puiffance cet AmbafTadeurs ainfi ils n 'étoient point en état de fe faire raifon eux-mêmes Poftulatutnque , ut pro jure gentium violato Fabii dederentur. 1 T. L 1 V. Lib. V. Cap. XXXVI. num. %. Nôtre Auteur allègue , ici dansune Note , un autre exemple de l'Hiftoire Romaine. Quelques Jeunes Gens étant venus de Carthage à Rome, en qualité d'Ambafladeurs , y commirent des infolences. On les renvoia à Carthage. Les Carthaginois les livré-' rent (& non pas, comme traduit nôtre Auteur, ils" furent livrez aux Carthaginois : traditique Carthaginienjthw ; méprife qu'il fuit jufqu'au bout , puis qu'il ajou3.)

:

:

T

te

:

ab

ne leur te

hù vero firent

On

nihil

les

Romaint

les iaifTerent ailer

en liber-

nocitum

illis

aucun mal

,

&

eft. )

Mais

Kx^riooniait srçur/inç Pâujur,» ixB'oms vfiçi)£ovx , KXi i%f}<>!}"/jcr#v ffQfaw > «% t7rx$oy :

vixyi'irxoi' >

rtviç

eis

rry*

lis

rrjt

h

vtt^ ttv-

,

Du que

C'eft ainfî

LlV.

droit des AmbaJJades.

les

(17)

Gaulois

Ch. XVIII.

II.

demandoient autrefois qu'on leur

21 F*.

livrât les

bius.

comme

Mais

10.

marqué

toutes les

plufieurs fois

,

Loix Humaines, félon ce que nous avons

font de telle nature

déjà re-

qu'elles n'obligent point dans

,

un

cas

en matière de la maxime du Droit des de néceflité extrême; Gens , dont il s'agit , qui rend la perfonne des AmbaiTadeurs facrée & inviolable. Le point de cette néceflité extrême ne confiite pas en ce qu'il faut néceiTairement punir (car il y a d'autres cas où le Droit des Gens exemte de la punition , comme il paroîtra par ce que nous dirons ci-deiïbus , en traitant des effets d'une Guerre dans les formes) beaucoup moins confiite-t-il en ce que les circonitances du lieu , du mais il de la manière de punir , demandent qu'on exerce la punition tems , confiite en ce qu'il n'y a pas d'autre moien commode de fe précautionner contre un grand mal, fur tout contre un mal dont l'Etat eft menacé. Dans un danger arrêter un Ambafladeur, (19) & propreflant, comme celui-là, on peut donc C'eit ainfi que les Confuls (20) de Rgcéder contre lui par voie d'interrogatoire. me fe faifirent des AmbaiTadeurs des Tarquins , prenant garde fur tout qu'il ne fe perdît rien des lettres (21) & des papiers dont ils étoient chargez. 1 1. Que fi un Ambaffadeur entreprend quelque chofe à main armée , on peut alors fans contredit le faire mourir , non en forme de punition , mais en ufant du droit naAinfi les Gaulois n'auroient pas mal fait , s'ils euflfent ôté la vie turel de la Défenfe. aux Fabiw, que Tite Live traite (22) d'infracteurs du Droit des Gens. Dans une Tragédie cI'Euripide , Démophon s'oppofe par la force à un Héraut venu de la part cela (18) a lieu auffi

&

:

&

pour enlever des perfonnes qui

àiEuryjthée

nommé

ce Héraut,

caractère que je

porte?

Oui

s'étoient réfugiées à Athènes

;

& comme

(23) Oferiez-votts frapper un homme revêtu du bien, répond Démophon, s'il ne cejfe de vouloir ufer dévoies de

(a) Coprée,

lui difoit:

Ca) Voiez Homer. Iliade Lib.

XV.

fait» verf. 63?»

hÙtuv hmlv ih»

1

ù»J

cc
Dion,

Excerpt.

(18)

Il

paroît par ce qui a

été

dit

dans

les

Notes

précédentes , qu'il n'eft pas néceflaire d'attendre ici le cas d'une extrême néceflité. (19) Mr. Cocce'ju s, dans la Diflertation déjà citée plus d'une fois, De legato fanè'lo , non impuni, tire avantage de ceci contre nôtre Auteur , comme s'il reconnoifîbit par là qu'un Ambafladeur eft fournis à la jurisdi&ion de la Pniflance auprès de qui il fe trouve

&

l'indit-on , faire arrêter quelcun , font des actes juridiques d'un Juge envers , Mais la conféquence n'eft rien moins fon Jufticiable. les interrogatoires , qui, que jufte. Car la détention

Car

envoie. terroger

,

&

hors du cas de néceflité extrême , dont il s'agit , pourroient être regardez comme un acte de Jurisdiction ne font ici qu'un moien abfolument néceflaire , pour fe mettre à couvert des mauvais deffeins de l' AmbaflaUne jufte défenfe de foi-même autorife à faire deur. ont ce fans quoi on ne fauroit fe garantir du danger. qui interroge un AmEt le Prince , qui fait arrêter bafladeur eoupabie de trahlfon , par exemple, n'exerce pas plus par là un acte de Jurisdiction , qu'un Particulier qui tue un injufte Aggrefleur , pour défendre fa propre vie , n'ufe envers lui du droit de Vie de

&

&

Mort. (20)

la

Confules

Aomo rarum imprimù ,

,

ad deprebetidendos legatos conjuratosque,

fine tumultu rem omnem opprejfère habita cura, ne interciderent. TlT.

,•

lite-

LlV.

Cap. IV. num. 7.) Alexandre, Roi de Pbéres en Tbefalie , fit mettre en prifon Pélopidas , aiant découvert que, fous prétexte d'Ambaflade , il anin oit Secrètement les Thejfaliens à recouvrer leur liberté} II.

le I.

rapporte pag. 292.

Vie de Pélopidas

Gr

o

t1u

Plut arque, Vit. Pehpid. Ed. Wechel.) & l'Auteur Latin de (Cornel Nepos, Cap. V.)

s.

Pélopidas n'étoit pas en Ambafîade auprès d'Alexandre, auprès des Thejfaliens. Ainfi ceci regarde une autre queftion. (21) Voiez De SERRES, Inventaire de l'HiJioire de

mais

France , dans la Vie d'Henri IV. G R o T 1 u s. Nôtre Auteur Veut parler apparemment des Lettre» & Papiers du Secrétaire de l' Ambafladeur d'Ejpagne, qui fut arrêté avec Mairargues , lors qu'on eût découvert la trahifon de celui-ci. Mais la Vie d'Henri IV, que l'on cite, n'eft point de Jean De Serres , comme chacun fait , puis que X Inventaire de cet Hiftorien ne va pas au delà de Charles VII. mais elle eft de Monliard, fon Continuateur. Nôtre Auteur avoit lu apparemment la Traduction Latine de cet Ouvrage, imprimée à Francfort en 1627. in folio , où tout paffe , fans aucune diftinction , fous le nom de De Serres, quoique l'Hiftoire y foit continuée jufqu'en l'année 1625. Le fait, dont il s'agit , fe trou-

&

ve-là

,

Jeam

pag. 844.

(22) Voiez

le paflage

cité

dans

la

Note

17. de ce pa-

ragraphe.

Chœur qui

dans nos & je ne fai en vertu de quoi nôtre Auteur au Héraut , ici , & dans fes Excerpta ex Tragœd. Com. Gratis, pag. J17. XO. Mq , 7rÇof ®ià» > xr,çvy.x roXjxy.cas &îvav.

(22)

frofeili

(Lib.

comme (Tom.

Légat, trum. 19.

C'eft

le

fait

l'objection,

Editions: l'attribue

AH.

'E(

Heraclid.

Mr.

&

&

fty

verf.

Ba&N

E

y

a

xvçvij vufacviîv ftxS-r,
372, 373.

de

s.

C

3

(H)

Du

22

L I V.

droit des Jmbajfades.

H. C H. XVÏÏÏ.

Effectivement le Peuple d'Athènes le fît mourir , au rapport de (24) Philostrate, par cette raifon qu'il (2>) avoit commis des violences. 12. Cice'ron fe feit d'une dittinction femblable à celle que nous venons de faire au fujet des Ambaflàdeurs, (26) pour décider une queition de différente nacoupable de trahifon envers fa ture favoir , fi un Fils eft tenu d'aceufer fon Père L'Orateur Philofophe dit là-deffus , que le Fils y eft obligé lors qu'il peut Patrie. par là détourner le danger dont l'Etat eft menacé ; mais non pas lors qu'il n'y a qu'il s'agiroit feulement de punir le Traître. plus rien à craindre dont je viens de parler, qui met les Ambaf§. V. 1. La Loi du Droit des Gens fadeurs à l'abri de toute violence doit aiiffi être entendue en forte qu'elle n'oblige que celle auprès de qui P Ambafiadeur elt envoie , cela feulement d'autre Puiffance depuis qu'elle l'a reçu ; car c'eft dès-lors qu'il y a une efpéce de convention tacite fur ce Durefte, on peut, comme cela fe pratique affez fou vent, avertir celui de la fujet. part duquel on ne peut point recevoir d'Ambafîàdeurs qu'il fe garde bien d'en envoier, ou qu'autrement on les traitera en Ennemis. Les B$mams (1) rirent une femblable Et une autre fois ils (2) donnèrent ordre aux Ambaflàdeurs déclaration aux Etolims. qui

fait.

,

,

,

&

,

,

,

&

,

,

Auteur

(24) Cet

dit,

que

le

Héraut vouloit enle-

ver , jufqu'auprès de l'Autel , quelques Héradides réfugiez à Athènes ; &* que les mêmes Athéniens , qui le firent mourir , pleurèrent enfuite fa mort publique-

ment IlivB-xvTuv àr,//.o
>

>

>

De

K-sro
Vit. Sophift.

Lib.

II.

in Herod.

Cap.

V* P a S- 5S°ï Î5*« &&' Okar. (2$) C'eft ainfi qu'il faut expliquer ce que Théodabat , Roi des Goths , difoit aux Ambaffadeurs de l'Empereur Juftinim : Y-:/u,w y*vi ro X&fAX rZ» nçitrfciav tSto i£ x».ai; îvTt/u.ov Kxfy:fy,x,er a; isxvtx; xv-rÇuxii; àixraà'i ro yfifxç si; réos ti -a^irHiiç iv
itroTU (TtyiTiga izristx.six ÇvXxçacri Ta rr,; npif.UKSi7rct , ira* v) fis (ix.ix vli^icx; Qxtr/irxi, £x
,



si; Bvyy.v iX&ot. ?•> Le caracrelpectére d'AmbalTadeur eft , à la vérité, facré table , par tout pais : mais ils ne confervent leurs leurs privilèges, que tant qu'ils foûtiendroits

3,

nent

la dignité

3,

fage

&

w •yvvxLv.ùs xikw %wniK>i ry>? i

,,

5,

5,

35 3,

&

&

de leurs fonctions par une conduite Du refte , c'eft l'opinion commune,

réglée.

peut même faire mourir un Ambafiadeur , lors qu'il outrage le Prince auprès de qui il eft envoie , ou qu'il débauche la Femme de quelcun qu'on

:

Procop.

(Cap. VIL) Là-deffus les repréfenté qu'il n'y avoit lien de les foup^onner d'adultéré , puis qu'ils n'étoient pas même fortis fans avoir des Gardes Gotthic. Lib.

Ambaffadeurs , pas le moindre

I.

après avoir

:

fagement „ Lors qu'un Ambafiadeur ne que dire ce dont il eft chargé par fon Mailes difeours qu'il tient ne plaifcnt pas , fi ,

ajoutent 33

fait

55

tre

3,

ce n'eft

:

point

faute

fa

;

il

faut

la

rejetter entié-

rement fur celui au nom de qui il parle ; car un Ambafiadeur ne peut que Cuivre fes ordres Aoyx; o xx. xvres ai xk ayxïrot rvx,uay cun; t*îv ivrsv.TSv xtrixv r,v ys HK&ru; uy Xxîot otfà. o uiv KsXsvrx; Çxçoiro «» otx.xiw; ro syx.Xi]jU.x rxro tu et TtÇiyâsvryi rc rr,* vnxçyïxv Urstetrxt zrtÇiïçt u.',yc,y. Voiez auffi i'AMBDE N, dans l'endroit cité ci-deflus (Note 12.) fur l'année 1571.



:

s,

-,

,

'

'

Grctius. La maxime

,

&

,

&

,

,

&

:

,

&

&

&

imlicetne id magijlratibui filins ? nefas id guident eft. quin etiavi defendat fatrent , Ji arguatur. Non igitur paomnibus officiis ? Lnmo vero : fed ipji patvite conducit , pi os cives habere in parentes. jQitid , Jï tyrannidem occupare , Jîpairiam prodere conabitur pater ? Jikbitne filins ? Immo vero obfecrabit patrem , ne id facial. Ji nihil proficiet , aceufabit , minabitur etiavi : ad extremum , Ji ad perniciem patriœ res Jpeclabit , patri.c tria p)\cftat

que pofe

confile Roi des Goths manifeftement contraire aux conforme aux principes que kous avons .établis dans les Notes précédentes. Autre chofe eft de favoir , il elle étoit bien appliquée dans ,

dérée en elle-mcme

idées de nôtre

dont il s'agiffoit. Le contraire paroît par la fuide l'hiftoire. Pour ce qui eft du fécond cas fur lequel les Ambaffadeurs fe difculpcnt, la raifon, qu'ils allèguent, doit être entendue avec quelque reftricliou. Si un Ambaffadeur a eu ordre de faire quelque propofition ou quelque déclaration , qu'il voie bien ne devoir pas être agréable à la Puiffance auprès de qui il renfermer ou en elle-même , ou dans eft envoie , quelque ininftice, ou mêl'efprit de cette Puiffance , me. quelque çhofe d'injurieux ± pourvu qu'il expofe fa commiffion d'une manière honnête , il ne doit être reil faut fe gardé que comme un fimple inftrument, fans lui faire le moindre contenter de le congédier , mal ; fur tout s'il témoigne quelque chagrin de ce qu'on l'a chargé d'une commifiion comme celle - là. Mais s'il outrageoit lui-même en paroles , ou autrement , la Puiffance auprès de qui il eft envoie il auroit beau dire , que c eft par oriire de fou Maître qu'il le fait ; cela ne ferviroit qu'à autorifer plus fortement cette Puiffance à s'en prendre à lui , puis que , par ceil n'y la même qu'il auroit agi par ordre , auroit aucun lieu d'efpérer quelque fatisfaétion de la part du Maître. (26) Il dit, que, fi un Fils vient à découvrir que fon Père veuille trahir fa Patrie, ou s'emparer du Gouvernement il doit ufer d'abord de prières , enfuite de fortes cenfures , de menaces même , pour l'obliger mais que fi tout cela ne leri à changer de réfolution préférer le falut de rien , il doit enfin le dénoncer de fa Patrie à la confervation de fon propre Pei e. Que ou le Tréfi le Père ne fait que piller les Temples , for Public ; le Fils , bien loin d'être obligé de le dénoncer pour un tel fujet , doit même le défendre , fi on l'aceufe en Juftice. Quoi qu'alors le Père aît caufé quelque préjudice à l'Etat , l'Etat n'eft pas perdu pour l'intérêt de l'Etat même , que les cela ; il eft de Enfans aient de l'affeélion pour leurs Pères , qu'ils fnffent tout ce qu'ils peuvent pour leur confervation ; jQuidJî pater fana expitet , cuniculos agat ad terarium : le cas

te

eft

,

Auteur

,

&

ici

,

falu-

LlV. H. Ch. XVI1L

Dît droit des Ambaffades.

2?

de fortir inceflàmment de la Ville ; autrement qu'on Les Romains eux-mêmes les traiteroit de la même manière qu'avoit fait Tolwnmus. aiant envoie des Ambatfadeurs aux Samnites , les Samnites (3) rirent dire à ces Ampendant qu'ils étoient en chemin , que s'ils fe préjhitoient devant quelque baflàdeurs qui venoient de

la

part des Vêïens

,

,

,

Ajjemblée de leur Fais

,

ne s'en trouveraient pas bien.

ils

Cette Loi ne regarde donc pas les autres Puillances , fur les terres de qui les AmCar , (4) s'ils font envoiez auprès de , fans en avoir permiflîon. leurs Ennemis , ou de la part de leurs Ennemis , ou qu'ils faffent quelque autre chofe qui puiffe être regardé comme un acle d'hoitilité ; on eft même en droit de les faire mourir, comme les Athéniens (5) en uférent à l'égard des AmbalTadeurs qui alloient les lllyriens , à l'égard (a) (a) Appim. de la part des Lacédémoniens , auprès du Roi de Perfe ; Bc L I de ceux que l'Ile d'IJfe envoioit aux Romains. A plus forte raifon peut-on retenir feu- a ! II gy lement prifonniers de tels Ambaffadeurs, comme Xenophon (6) en traita quelques- Amft. (760.' 2.

baffadeurs paffent

&

' l

uns

;

Alexandre

Grand

le

(7) ceux que les Thébains

,

,

&

les Lacédémoniens

Romains , (8) ceux que Philippe envoioit à Harmibal, des AmbaQàdeurs des Volfques.

à Darius

-,

les

De

fahttem tinteponet fahiti patns.

Lib. tlt.

Offic.

Cap.

phe

5.

(i) Le paffage a déjà été

Note

cité

,

ilans le

paragra-

:

:

&

;

Auteur ajouta enfùite un nouvel exemple çff Romanis à Samnitibus , Ji quod &c. La première addition n'atiroifc point été néceffaire , s'il n'eût pas toujours eu dans l'efAinli il prit, que la réponfe brutale étoit des Romains. n'avoit point du tout reconnu fa bevuë , comme il s'apperqût d une autre qu'il y avoit à la fin du paragraphe 7. Car faifant une même hiftoire de deux chofes arrivées en divers tems , il attribuoit , dans la première Edition , au Çeu\ Scipion ce qu'il rapporte fur la foi de Titf. Live , & de Valf.'re Maxime: mais il diftingua depuis les faits & les perfonnes , comme on les trouve dans les deux Cette remarque n'eft pas inutile, pour Auteurs citez. en juftifier la liberté & le foin que j'ai pris de redreffer , :

de femblables inexactitudes de mon bien des endroits , Auteur, qui y eft tombé, je ne fai comment, dans dans le fuivant plus fouvent que dans ce Chapitre , aucun autre de tout l'Ouvrage. (3) Fetiales mijji , qui Samnitem decedere agrofociorum i uc deducere exercitum finibus Lucanis juberent. quibm ob-

&

mijji ab

Samnitibus

,

qui denuntiarent

,

Si

quod

adif-

lent in Sainnio conciUum , haud inviolatos abituros. Tir. Liv. Lib. X, Cap. XII. man. 2. (4) Les Siciliens , Alliez des Athéniens , arrêtèrent les

amenèrent à Argot

les

ïdefn

:

,

Latins,

3.

Que

lib. VIII.

( Cap.

Ambaffadeurs

,

que

envoioient

ceux de Syracufe

aux autres

,

Ennemis

de Sicile: Thucydip. Lib. VIL (Cap. XXXII. Ed. Oxou.) Ceux eniVArgos arrêtèrent les Ambaffadeurs d'Athènes , voiez à Lacédémone de la part des Qiiatre-cens , qui s'étoient cm parez du Gouvernement de la République d' Athènes

,

Les Etoliens aiant envoie des AmbalTadeurs ceux d'Epire , qui étoient en guerre avec les Etoliens , arrêtèrent ces Ambaffadeurs , leur extorquèrent une ranqon ; il n'y en eut qu'un , qui en fut quitte fans rien paier , parce que n'aiant rien voulu donner , il vint des Lettres de Rome , avec ordre de les relâcher. Polvb. Exeerpt Légat. Cap. XXVII. Les Ejpagnols prirent fur le Pô & firent mourir des Ambaffadeurs que le fur quoi Voiez le juRoi de France envoioit en Turquie gement de Paruta , Lib. XI. & de Bizaro , Lib.XXL L'Empereur Maximilien fit faifir des Ambaffadeurs , que les Villes de Flandres envoioient en France : KrANTZius, Saxonic. XII , ?. On loué la clémence de Bélifaire , de ce qu'il ne fit aucun mal à des Ambaffadeurs , que Gélimer avoit envoiez en Ejpagne , & qui revenoient déEJpagne h Cartbage , dont les Romains étoient maîtres alors ; comme nous l'apprenons de Procope, Mandai. Bell. Lib.L (Cap.

aux Romains

,

&

12.

(2) Ceft tout le contraire ce furent les Vè"iens (\\\'\ firent ce compliment aux Ambaffadeurs île Rome ; comme Veiens hélium mole Savant Gkonovi us l'a remarqué tum , ob juperbum rejponfum Veientis Senat/ts , qui legatis repetentibr/s res , nifacejjerent proféré urbe finibmque , datufos , quod Lars Tolumnius dcdijj'et , rejponderi jujjît. Tir. Et pour faire LiV. Lib. IV. Cap, LVIII. 'mon. 6,7' non voir que c'eft une véritable rm prifc de l'Auteur, que, pas une fimplc faute d'écriture; j'ajouterai ici, dans la première Edition , il y avoit Amplement : çff L'Edition de 1652. porte : clhn Veientibus ediclum &c. Veientibus edillum &c. purce que nôtre çêf olim à Romanis

viam

&

envoioient

les (9)

LXXXVI.)

XXIII. §. V.

&

Villes

,•

2,

G r o T 1 y s. ) Le fécond de ces exemples n'eft pas rapporté tout-àexactement. Ce furent les Paraliens , ou gens d'un

XXIV. fait

qui étant chargez de tranfpor, Ambaffadeurs , les livrèrent à ceux d'Argos. (5) Ces Ambaffadeurs ne paffoient point fur les terres des Athéniens : ils furent trahis & arrêtez en Thrace , d'où on les mena à Athènes. Voiez Thugy 01 de, Lib.IL Cap, LXVII. (6) On ne favoit point , où alloient ces Ambaffadeurs j l'Hiftorien dit feulement , qu'on les fit garder pour fervir de guides ÉvTvyzûvxa-t srçe
&

,

:

-,

,

Lih. VI. Cap. III.

'§. 7.

(7) Ceux-ci étoient déjà auprès de Darius , avant la BaAlexandre ils furent pris dans cette Bataille. taille , même les relâcha. Voiez Arrien , de Expcd. Alexandr. Lib. II. Cap. XV. (8) Voiez TiteLive, Lib. XXIII. (Cap. XXXIII. mm. 5.) Appien , Exeerpt. Légat. Cap. XIX. G R 0-

&

&

T

1

U

S.

(9)

mêmes

Ces Ambaffadeurs étoient envoiez aux Lutins pour les engager à entrer dans une Alliance ,

&

&

les Latins les menèrent liez contre les Romains ; garrotez à Rome. C'cft ce que nous apprend Denys iVIIaliearjtaJJ'c , de qui nôtre Auteur a fans doute pris; Cet

H

-

^

Stet b -)

Du

24 Que fi

3,

,

droit des Ambaffades.

fans qu'il

y

de

ait rien

tel

,

L I V.

C H. XVUI.

IL

on maltraite

des Ambafladeurs qui vont auprès

d'une autre PuiiTance ; ce fera bien une rupture d'amitié & un affront fait ou à celui de de qui ces Ambafladeurs font envoiez , ou à celui auprès de qui ils font envoiez ; mais non (10) pas une infraction du Droit des Gens , dont il s'agit. Justin (i i) nous apprend, qu'un Amballadeur que Philippe IL Roi de Macédoine envoioit , avec des mené au Sénat RoLettres, pour traiter Alliance avec Hannibal , aiant été pris, fauf , non pas par confidération pour le Rgi [on Maître , main , le Sénat le relâcha fain dont la mauvaife volonté étoit mais pour ne pas fe faire tin Ennemi déclaré de ce Prince , ,

la part

,

&

&

encore incertaine.

VL

§.

déclaré,

1.

Lors

fois reçu l'Ambaflàde ; même de la part d'un Ennemi (1) de la part de quelcun qui nous veut du mal, fans les Ambafladeurs font fous la protection du Droit des

qu'on a une

& à plus forte raifon

les armes ; Gens. Diodore de Sicile dit, (2) que les Hérauts font en paix, au (3) milieu de He'rodote parlant des Lacédémoniens , qui ayoient fait mourir les Héla Guerre. rauts envoiez de la part des Perfes appelle cela (4) un renverfement du Droit comAhu mun à toits les Hommes. Le Jurisconfulte Pomponius (ç) dit, que battre bajjadeur venu de la part d'un Ennemi , c'ejl une infra&ion du Droit des Cens ; parce Tacite (6) parlant de la qu'on regarde les Ambajfadeurs comme des perfonnes facrées. fureté qu'on doit donner aux Ambafladeurs , appelle cela, le Droit qui a lieu entre Ennemis , la fainteté des Ambajfades , le Droit des Gens. Maltraiter les Ambafladeurs d'un Ennemi même , c'eft violer le Droit des Gens , félon (7) C 1 c e'r o n , (g) S E n e'q_u e , (9) Tite Live. Le dernier Auteur racontant de quelle manière les Fidénates avoient fait mourir les Ambafladeurs des Romains , traite cela (10) de crime énorme , de chofe Et ailleurs , parlant du danger que quelques Ambaflaabominable , de meurtre impie. arrêtez, il en conclut, (n) qu'on n'obfirvoit plus deurs avoient couru d'être pris Alexandre le Grand, aiant envoie ni le Droit de la Paix, ni le Droit de la Guerre. des Hérauts aux Tyriens, pour lesfommer defe rendre à compofition les Tyriens les lesjettérent du haut tuèrent, contre le Droit des Gens , .dit (1.2) Quinte-Curce , des murs dans la Mer, 2. Et

avoir encore pris

,

m

&

&

,

&

cet exemple: Axinvei

è'c

,

vrçerQii'xf zrçcs xvrjùs

inirvu-

elç o/pxnTiS tkc ctreçxs > Lib. VI. Cap XXV. pag. 946. in fit. Eilit. Oxon. ( p. 561. Ed. S'vib.) (10) Autre chofe eft , fi quelcun dreffe des embûches , hors des terres de fa jurisdiilion , aux Ambafladeurs d'une autre Puiflance ; car c'eft alors une violation du Droit des Gens , comme les Thejjîtlicns la qualifioient , en fe plaignant de Philippe , Roi de Macédoine : Jam 11e à legatù quidem , qui jure gentium fanfHJint , violaniis ahftinere [Philippum]. infidiai pqfitas euntibits ad T.

f*xx,lccç xiTr,
yyxyov.

àîiiy.ou:

Antiq.

r,ç

,

Roman.

Quinftium. Tir. Liv. (Lib.XXXLX.Cap.

&

fed ne duhhu adbuc , indubitatia hoftis redderetur. Cap. IV. mm. 2 , 9. Nô§. VI. (1) Inimicus , par oppofition à Hoftis.

Régis

tre

,

XXIX.

Langue ne

fauroit exprimer en

un mot

cette diffé-

rence.

(2) Nôtre Auteur a apparemment en vue l'endroit, où cet Hiftorien parlant du Dieu Mercurt , dit , qu'on des Conlui attribué l'invention des Ambaffades , ventions qui fe font entre Ennemis , auflî bien que du à la faveur duquel ceux qui vont parler à Caducée, l'Ennemi peuvent revenir en toute fureté: tZ £' Éç/uti v£67U-7rTH
&

zrsçt

rirw

Tm

(rvcrijuav

K»-

toiutuv tx? Xoyxt

OIX T»T» Tvy/ÇXVOiTiÇ 7!XêoC TOtÇ ZTcXSUt* Biblioth. Hiftor. Lib. V. Cap. LXXV. ets x
,



Le 'Grammairien Don AT Commentateur de Tr'rf.nqu'entre Ennemis même il eft permis de , remarque ,

CE

,

s'aboucher:

Convenire ET Coxloqui]

tiundiun

ut quqfi dicat , Ziccat per te In £f/ in bello , licet. ,

eft

,

ctiam inter hoftes III. Scen. II.

(4)

(il) Legatum deinde ad Annibalem , jungenda focietaad gratià , cum cpiftolis mittit ; qui comprebenfw , Senatum pvrduHm , incolumis dvnijfus eft , non in honorent

>ù to

,

tycçsïv tiw&xtriv oi

,

TOIXUÏVOI

XXV. mm.

tis

Lib.

ÇvkcTôv

Grotius.

10. )

âiX>.Xxyx? >£ r-Kovibii

fcxï

.

{Mux,

Ket'yHS

promu ,

quoi

AH. U s. yxç tm» xïBçÛttmi »»'-

Groti

verf. 14. lcîv

Sic

Miles

,

Euuuch.

x7Tox.TsivxvTx? Krgvy-xç. Lib. VII. Cap. 197. fHilJajJct , contra jus gentium

(ç) Si qiiù legatum hojiium

commifwn ejje exiftimatur quia fanili habentur Legati. îtaque eut», qui legatum pulfajfet Q.UINTUS MUCIL'S dedi hoftibur quorum erant legati, folitits eft dicere. Diges T. Lib.L. Tit. VIL De ZegYtfrW/'r^Leg.XVIL id

.

.

,•

.

.

,

,

&

£9* facra legatiotiis , (6) Hoftium quoque jus , Annal. Lib. I. Cap. XLII. foi gentium , rupftis. num. 9. (7) Le partage a déjà été cité ci-defiùs , dans ce que j'ai ajouté à la Note 2. fur le paragraphe 1. (8) Fiolavit legationes , rupto jure gentium rabiesDe Ira , Lib. III. que infanàa civitatem tulit &c. Cap. IL (9) Lntervmtu Fidenatium , noverum fociorum, confu-

len-

Du

LlV.

droit des Ambajfades.

Ch. XVIII.

II.

2f

Et certainement c'eft avec beaucoup de raifon que le Droit des Gens a ainfi réglé Car quand on eît en Guerre il y a mille choies fur lesquelles on ne faules chofes. la Paix même ne peut guéres roit traiter enfèmble , que par des Ambaflàdeùrs (i 3) 2.

,

,

&

:

autrement.

fe foire

s'il eft permis de tuer ou de maltraiter un Ambafladeur par §. VIL On demande droit de repréfailles c'eft-à-dire lors que celui de la part de qui il eft envoie a tué ou maltraité quelque iimbafladeur venu de nôtre part? Il y a dans les Hiitoires un affez grand nombre d'exemples de cette forte de vengeance ; mais les H-iftoires ne raconinnocentes ; on y trouve aufii bien des chofes tent pas feulement des aérions jutces dans le feu de la Colère ou par quelque autre mouvement de faites contre la Juftice Le Droit des Gens ne fe contente pas de faire refpecter celui qui envoie des pallion. Ambaflàdeùrs ; il pourvoit encore à la fureté des Ambaflàdeùrs mêmes. On eft cenfé ainfi on leur fait du tort en les maltraitant , lors traiter auflî tacitement avec eux même qu'on n'en fait aucun à leur Maitre. Ce ne fut donc pas fimplemrnt par génémais encore pour obferver le Droit des Gens , que Scipion , lors qu'on lui eut rofité qu'on lui demandoit ce qu'il (a) AppiuM. amené (a) quelques Ambaflàdeùrs des Carthaginois , Bell. Punie, falloitleur faire , (0 répondit, Rien de femblable à ce que les Carthaginois ont fait aux pag. 30. (19. Edit. H. faufs. TiteLive ajoute, là-deflus les renvoia fains nôtres i (2) que ce GénéStepb.) Varal déclara , qu'il ne vouloit rien faire qui démentît les maximes du Peuple Romain. le're Maxime fait répondre aux Confuls Romains , dans un cas femblable , mais mais de plus vieille datte (3) Vous n'avez rien à craindre , Hannon, la bonne foi de Car alors les Carthaginois avoient ailfli mis notre République vous en ejl un bon garant. dans les fers Cornélius Afnia , contre le droit des Ambaflades. fon bagage, font auflî fa§. VIIL 1. Les gens de la fuite d'un Ambafladeur, D'où vient que , chez les anciens Romains , quand un Héraut crez à leur manière. étoit envoie pour faire quelque Traité il difoit au Roi (1) ATétabliffez-vons pour Amavec mon bagage ma fuite ? Et dans le bajfaâeur Riiial du Peuple Ro»uiu I G E sT E (2) on déclare fournis à la peine de la Loi Julienne contre la violence publique , ,

,

,

,

,

&

,

,

:

&

,

&

&

&

:

&

,

:

&

,

D

nos

lenthim de cxdt rupturh jus gentium &c. Lib. IV.

XVII. num.

Cap.

4.

(10) Nerejpicereficm ullamab Romanis pojfet confcien~ Ab caussa etium tia tanti SCELERIS &c. Ibid. num. f. tam NF.FANDA bclluvi exorjh &c. num. 6. Romanns odio impium Fiilenatem , pradonem Veientcm , ruaccenfus ptures induciarum , cruentos legatorum INFANDA C/tDE compellans &c. Cap. XXXII. num. 12. Et jam non modo paris, (11) Legati
.

.

.

:

occifos

,

pracij/itaverunt in altum.

Lib. IV.

Cap. IL

num. if. (13) C'eft ce que Phii.on , Juif, a remarqué: n«'Xf««< y«g ù*6%,xs >£ eiuXvrtti ï.xft$ctvis

'

tjjt»? ccTriPyxÇovTXi

wf

.

De

,

>£,

roïç

ÎTi
,

k} roi? ctftv»ef6f-

Légat, ad C-Ajum pag. 1006. A. Ed. Parif.

§. VIL (i) "ZkÎ7ïiuv > isx > iQr) y oui/ nrPxrlsiv , à reïi K*g;gijJbMM$ èyxaXÎstri. DiODOR. SlCVL.Exccrpt.Pcircfc. pag. 290. Les Romains eux-mêmes , quoiqu'ils fuirent ce que les Carthaginois avoient fait , ne biffèrent pas de Voiez Aptif.n d'Alexanrelâcher leurs Ambaffadeurs. drie, (dans l'endroit cité en marge.) L'Empereur Confauf 7Yf/r»,Amba{Tadeur de Magnetifiance renvoia fain

&

Tom.

IL

quoique celui-ci retînt encore Philippe , Ambafla, deur de Confiance : Ttrixto? uk» -apis Mtvytimê» humétiui

tù t*Ztx
trviisxwÇitTa

kItùs.

lar.)

&

Grotius. (3) Quibus Scipio , Etfi non induciarum modo fides à Carthaginienlibus , fed jtu etiam gentium in legatis violatum tamen fe nibil nec infiitutù Populi Romani , nec fuis ejfet moribw indignum , in iisfacturwn ejfè ; quum dixijfet, legatis dimijjis , bellum parabat. Lib. XXX. Cap. XXV. ,•

num.

10.

(2) Apud quos

quum

de bellifine ageret

,

& Tribunus mi-

ci dixijfèt , poffe illi merito evenire , quod Corneli» [AJinœ] accidiffet: uterqae Conful , Tribuno tacere jujfo ,

litum

Ifto te rât.

,

inquit

metu

,

,

Hanno

,

fides civitatis noftrae libé-

Lib. VI. Cap. VI. num. 2.

VIIL (1)

Pofiea [Fecialis] Regemita rogavit : Rex, facisne me tu régi u nuntium Populi Romani Quiritium? vafa comitesque meos ? Tit. Liv. Lib. I. Cap. XXIV. §.

m

num.

5.

(2) Item [Lege Julia de vi publica tenctur legatos

oratores

,

puljafe

,

XLVIII.

&Jive Tit.

,

]

quod ad

comitesve adtinebit ,Ji quis eortim \_quem~\ injuriant fecijfc arguatur. DlGEST. Lib.

VL'Ad

Leg. Jul. de vi publica

D

,

Leg.

VIL (3)

Du

26"

droit des AmbaJJades.

non feulement ceux qui ont quelcun de

L I V.

un Ambaffadeur

IL C ,

H. XVIII.

mais encore ceux qui ont

infulté

fes gens.

Mais ce

2.

infulté

n'eft

&

qu'à titre d'acceffoire (3) que ces fortes de perfonnes ces fortes par conféquent elles ne le font qu'autant qu'il plaît à l' Am,

&

de chofes font facrées

ont commis quelque crime coniidérable , on Si donc les gens de baffadeur. peut le prier de les livrer. Je dis prier : car il ne faut pas (4) s'en faifir par force. Les Achéem aiant voulu autrefois enlever quelques Lacédènonims qui étoient à la fuite des Ambaffadeurs de R&me (5) les Romains fe récrièrent fort là-deffus difant que c'était violer le Droit des Gens. On peut rapporter encore ici le paffage deSAixusTE, il (a) où juge de la manière dont ou traita Bomilcar, c ue nous avons déjà allégué Que fi l' Ambaffadeur refufe de livrer les gens de fa fuite dont on a lieu de fe plaindre avons dit qu'on doit agir à l'égard de PAmbaflàdeur luiil faut en ufer comme nous même lors qu'il s'eft rendu coupable de certains crimes. fi un Ambaffadeur a jurisdicfion fur les gens de fa Mai3. De favoir maintenant , s'il peut (6) fournir chez lui un azile (7) à tous ceux qui viennent s'y réfufon , volonté la de la permiflion du Souverain, auprès dugier; c'eft: ce qui dépend de Car le Droit des Gens ne demande rien de tel. quel il eft envoie. biens des meubles cFun Ambaffadeur , qui par conféquent §. IX. Pour ce qui elt font cenfez autant de dépendances de fa perfonne , on ne peut pas non plus les faiiir ni d'une fureté Dette , foit par ordre de la Juftice, foit, comme pour paiement, ni pour quelques-uns le veulent , par main forte du Souverain ; c'eft à mon avis l'opinion la Ambaffadeur pour jouir d'une pleine fureté , doit être à l'amieux fondée. Car un , par rapport à fa perfonne , par rapport aux chofes qui lui bri de toute contrainte Si donc il contradé a des Dettes , font néceffaires. que , comme c'eft l'ordinaire fa fuite ,

,

00 """^

§> 4.

5-

,

,

l

,

,

&

&

,

&

,

,

& &

il

(5) Voiez

les Lettres

& 279.

75,

tle

Du FRESNE La

Canaye

,

pag.

Grotius.

O*



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,

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vt x.xr

,



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c,»o/.:x->

zrÇofyiioiro

riva.

,

ras ai xurâv >£ x.xrxQ>vyu» év&x Oçifyç tux.ii ç$x»tsvrxç , [c'eft ainfi qu'il faut lire , avec Sy lkurge} vxôvoix.

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ivrivB-sv ifitucÇonro ïùKUv.ÇÏçîrriS êi

,



ci

»

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A%x.ixç è-Truçu/vrc > kxi Hvru> > r?,ç rf roXur,ç i7iiy,ii» x&ix.y,uxruy vSçsaiÇ xç%i:* îxfXivcv f/.î uvrjrfyxi 0-tyS.ç Lib. VII. five Achaïc. "Cap. XIV. pag. 'Vuftx'im. «ri» ,

m

£

h

219. Ed. Grœc. JVech. 158?. queftion du droit d''Azile , dont ragraphe. (
il

Ainfi cela fe rapporte à la eft parlé à la fin de ce pa-

Voiez là-deffus une bonne

THOMASIUS,

Ytim tsdihus

compétente.

XVI. parmi

C'eft la

celles

de

Leipfig.

(4) Voiez Jean De Serres, Inventaire de PHifloiG r o t i u s. re de France . dans la Vie $Henri IV. C'eft au même endroit , qui a été cité fur le §. 4. Note 20. & qui n'eft pas non plus de cet Hiftorien , mais de fou Continuateur. (5) Cet exemple eft mal rapporté , & mal appliqué. Les Achiens n'étant pas contens des proportions que leur faifoient des Ambaffadeurs envoiez de Rome en Gréce,\>our terminer les différens qu'il y avoit entr'eux & les Lacédémoniens , arrêtèrent tous ceux qui fe trouvoient à Corinthe , qu'ils fbupqonnoicnt d'être Lacéde'moniens , & allèrent même prendre par force , dans la maifon d'Orefte , un des Ambafiadeurs , ceux qui s'y étoient réfugiez. Les Ambaffadeurs s'en plaignirent , comme d'un attentat , par lequel les Achéens rompoient avec les Romains. C'eft ce que dit Pai sanias, cité en marge par nôtre Auteur.

intitulée

,

Diffcrtation

De Jure Azyli ,

de Mr. Leguto-

(7) On diftingue ici ordinairement félon la nature des crimes commis par ceux qui viennent fe réfugier chez un Ambaffadeur. Voiez Par UT A , Lib. X. où il raconte comment on appaifa le Roi de France , irrité pour un tel fujet. Voiez le même Hiftorien , Lib. XL Grotius. §. IX. (1) C'eft-à - dire , qu'on peut non feulement faifir alors les biens de l'Ambaffadcur , par tout où on les trouve ; mais encore ufer du droit de Repréfailles , dont nôtre Auteur traitera ci-deffous , Liv. III. Cbap.

IL

(1) Nicoi AS de Damas nous parle de cerchez qui l'on ne donnoit point action , en Juftice à ceux qui s'étoient fiez à la parole d'autrui dans un Contrait ; c'eft-à-dire , qu'on en ufoit , comme à l'égard des Ingrats , qui peuvent l'être impunément ; en forte que les Particuliers étoient contraints ou d'effeftuer en même tems ce dont ils étoient convenus réciproquement, ou de fe contenter de la fimple parole du Débiteur. [C'eft des Indiens , que parle dans Stobe'e , Florileg. Serm. XLIV. cet Auteur , §.

X.

tains Peuples

n«Ç

htroîf ix»



«^-oç-f^S-? octvsia y %xe\xy.xrx§-Y(Kt,î,

On utAA xvro» xiriocrxt à z>içiv
,

&

:

"

Du il

n'ait

paier

&

:

(1)

Païs

le

C H.

II.

XVIII.

,

27

honnêtement de après quoi on pourra

faut lui

il

;

dire

on doit alors s'adreiïèr à fon Maître aux voies que l'on prend contre les Débiteurs,

le refufe

s'il

enfin en venir

L I V.

droit des Amhajjades.

point de biens immeubles dans

:

qui font d'une

autre jurisdiction.

lq.u ES-u n s objectent que, fur ce pié-là, il ne fe trouvera pertraiter ou avoir à faire avec un AmbaflTadeur. Mais cet inconvéCar les Rois, qui ne peuvent point être contraints nient n'eft pas fort à craindre. ne manquent pas pour cela de trouver des gens qui leur prêtent Et il y à paier a eu même des Peuples, parmi lefquels (1) on n'avoit point action en Juftice con-

X.

§.

1.

Q,u

e

,

fonne qui veuille ,

un Contract. quelques autres objections , tirées du Droit Romain. Mais les pafiages qu'on allègue regardent les Députez de Ville ou de Province , non pas les Ambaflàdeurs dont il s'agit. en unifiant cette matière que les Hiftoires Profanes §. (1) font pleines de Guerres entreprjfes pour tirer raifon de quelque mauvais traiL'Hiftoire (a) Sainte même nous a confervé la tement fait à des AmbalTadeurs. (a> Voice mémoire d'une Guerre que (b) David déclara pour ce fujet aux Hammonites. C 1- ff stalrî/b agir m. ce'ron (2) foûtient , que , de toutes les raifons qu'on avoit de prendre les arII mes contre Mthridute, il n'y en avoit pas de plus jufte que celle-là» ç%* y? tre les Particuliers qui ne vouloient pas tenir

On

2.

fait

&

XL Remarquons,

,

'

m

CHA&

d'A P P r E S d'Alexandrie , re, gardèrent comme une chofe honteufe , d'emprunter de l'argent; parce que cela engage à mentir Se à tromper :


''AlO'X.tÇ'M Si XtjToÏTi TO ^iVO^KT^-Xt VSV6UIÇUI

'

OSVTSpX. £i,

sroX^w /xiy r.xi xthuy ttvSKct ptxXiçti, fhxi rov otpuhovTX. , x.xî t« ^sî/^W I R O d ô f. Lib. I. (Cap. i?8. Ed. Gronov.) Xiystyil Xoys* >utt lïépTXi to xixpx
ro à$ii>.£n zptes (3li

xvxyuxiy.y

'

,

tpxo-i

H

'

>

l'une , que d'Injures ; & il en allègue deux raifons chacun ne peut pas fe precautiouner contre les infultes :

comme

peut prendre fes mefures pour n'êl'autre , qu'il faut tre pas trompé dans un Contract éviter le grand nombre de procès Ai^ài ,««» www [ê» d'autrui

,

il

:

:

T*\ MtitriKttyù

%âpxj Bhw

tpéya >£

vfcpsojç. ir,

Itt'

xvtS

tu à* iv toTs ti; 7rxpx3Yi Tyy lit xutS îx.x7u. u?t xyi%s£ pcy\ h*ùy niçn. X7i\x kxi zrpcTi%tiy ctoi n^ivTtoy >

,

105 j. Bf Ed. AmP L A r o N vouloit, que, dans fa Jlei. 709. Parif.) République imaginaire , ceux qui auroient fait crédit ne puffeut point demander leur argent en Juftice ['o ^£ txy tî Kow'iri)TX( kx\ wp6tf.i£»os \_xH\xyyiï] ùs &içmuv , ày u< » ÇipytTU y ai hkÎti iJïxjjî ttx£et»y. 849, 850. Edit. II. Steph. Voiez , fur ce paffage , le vers la fin de fes Notes fur le docte Le Chap. XVIII. des Caractères de The'ophrastf.]. Législateur Chai'ondas établit cela actuellement par une b e'e , de fes Loix ; comme nous le voions dans S r Florileg. Tit. XLIV. de Legibuf. Aristote auffi remarque , qu'il y avoit des Pais , où les Loix ne donnoient point adtion pour l'accompliffement des enga-

zsM&

tjj»

vô>.iv.

Lib.

XV.

'(pag.

:

Casaubon,

w

gemens d'un Contract Ô1X.X1

,

xXb.

: At» nui m'ôis , tktu* st«-i otovTXi àety çtoyety txç kxtx vifiy o-v»x)iixNicom. Lib. VIII. Cap. XV. 'Ek*^5 t'

ïxyTX';. Ethic.

lûivouetj tm iKXiricoy svuSoXximi à'ixxî fU) eivXH. Ibid. IX. Cap. I. G r o t i u s. Ve que nôtre Auteur remarque ici au fujet des Perd'A p p 1 E N fes , fur le témoignage d'H e'r o D o T E Car il s'agit-là de i' Alexandrie , ne fait rien au fujet. il n'y a rien qui infinuë, .ceux qui s'endettent; que , parmi ce Peuple , on n'avoit point action en Juftice pour fe faire paier. Au refte , joiguez avec cette Note tirée du Texte , celle qu'on trouve fur P u F R ifdes Gem , Liv. V. Chap. D o R F , Droit de la Nat. iLib.

&

.

&

&

,11.

§.

§.

Note

?.

XL

( 1 )

1.

Les Romains entrèrent en guerre pour ce

fujet contre les Sénonois cerpt. Légat. IV. guriens.

POLY

&

X.

A

:

P P

1

Contre

E

N

les

B. Excerpt. Légat.

d'

Alexandrie

Illyriens

&

,

les

ExLi-

CXXV. & CXXXIV.

:Dion

Cassius, ExContre ceux de l'Ile AljJ'e cerpt. Légat. XII. Contre les Corinthiens : 1 T. L 1 v. Epitom. Lib. LII. (C 1 c F. R. Orat. pro Leg. Manil. Cap. V.) Contre les Tarentins : D I o N. N A S S. Excerpt. Légat. IV. (pag. 709, 710. Ed. Oxon.) Ou trouve des exemples femblables , parmi les anciens Francs & Germains , dans AiMOÏN , Lib. III. Cap. LXI. & LXXXVIII, &
T

HaliCAR-

Dion

,

&

&

D

2

Chap.

'

Du

28

L I V-

droit de Sépulture.

IL

CHAPITRE Du

XIX.

Se'fulture.

de

droit

C H. XIX.

U L T U R E vient

auffi du Droit des Gens. II. OriVon doit la Sépulture aux Ennemis mêmes. IV. Si les Criminels , qui ont été condamnez pour de grands forfaits font exclus de ce droit ? V. De ceux qui fe font donnez la mort à eux-mêmes ? des Sacrilèges, Que le refus de la Sépulture fournit un jujle £«? autres femblables gens. des Traitres

Que

I.

l'obligation d'accorder la

gine dé la coutume d'enfévélir

S

e'p

les

Morts.

Qiie

III.

,

,

Jùjet de

Guerre.

VI. Enumération de quelques autres obligations fondées fur

le

Droit des

Gens.

TL

§. 1. 1.

fus

X

y a une autre chofe que l'on eft tenu d'accorder, (i) en vertu du Droit des Gens arbitraire , c'eit la S e'p u l t u r e. Nous avons là-def-

un grand nombre

d'autoritez.

L'Orateur Dion de Prufe > furnommé Chryfojlôme, parlant des (a) Coutumes, 00 t*

(a)"£9-„.

non C H A P. XIX. §. I. (1) Le droit cïe Sépulture eft vériVoiez ce que l'on tablement fondé fur le Droit Naturel. des Droit de la Nat. a dit fur , Gens , Liv. II. Chap. III. §. 23. Note 9. de la 2. Edition. (3) K«c« tm fit* iyyçecÇv» [tié/uuv] xêiv tv rois zroXtri ai E.%j (pvXxrrerXi tïxÇm zrx~i xàv fis /zi'ois irzvst îc x.o(.ty v fX,$Ç*» •&Çoîx9-wri. T» y-Sy a*h kwàviiv ras hxçù; 3-cZ7r1uv > XOMfMi ytyçcC7rlctt «J&' tB-oS iç) ro zroiSv rr,s QtàatfyçaTtÎHS rxvrvjS ras x.xroizo/xiims rvytxx) /uovo,s X.tcvtiv cjuet'ûti- ro rZn Kii)§ùx.ui> ct7réztr?fxi , Orat. De Convirai? »»*(» to-pxteixt thcn (ixè'iÇiict.

&

Pufendorf '

,

,

i

'

'

'

& Lk>.

:

,

rr.s

num.

§. ? .

4.

x.om,s X7ii/,iri<7yi s rov

Nuv xci rat xotvav o^r^H

(9.)

>

tùj

/u.>}Kiri

LXIV.

çfivTx,

pag. 775.

icuv zrxrty ow.9-Çûw«j?,

&

tiottiss jhçorani jxq ptxiviiv.

(3) Il met cela au même rang , que l'obligation de donner l'Aumône , & de relever une perfonne qui eft tombée Qiitiham enitn jura nonferipta , fed omnibus feriptis certiora fuit. jQuamvis filhu familixjim , licet mihi

generis

VIL

Ibid. Lib. tierttG-%siv tx ii? > y^fi ri «A*« 5 *? rx
fuetudiue.

£f fïipem quum eft

Chap.

(pwtvs

III.

Tt)S

C8)

x.xrxx.pv^x>. Var. Hift. Lib. XII. Cap. Edit. Periz.

por-igere mendico eolhpjis

humant

eft.

,

& bumum

manttm non porrigere Lib. I. ControV.

cadaveri.

Lni-

commune hoc

:

I.

pag.

jus

85. Edit.

Supplie, verf. 378.

U dit, en parlant de la même hiftoire, dont il que les Athéniens prirent dans de ceux iVArgos , regardant comme faite à euxmêmes une injure par laquelle on violoit la Loi commune (11)

Euripide,

s'agit

le parti

du Genre Humain 'Aa* rHv pCn t« nxr,o-sw iXniïïx ru c-vmiïori ri K^ttrlttcs [Le Tradufteur Latin dit ici :

',

viSioria Jpe in prœjlantia repq/itâ

Gron. major.

(4) L'Auteur avoit apparemment dans l'efprit le paflage de ce Jnif qui fera cité plus bas , Note 29. de ce paragraphe , où il y a quelque chofe d'approchant. Je ne fâche du moins aucun endroit où P H 1 1. o N appelle formellement une Loi de Nature , la coutume d'enfévélir les Morts. (î) J e trouve cela dans l'endroit, oii parlant du Siège de Jérufalcm , il dit , que les Juifs , comme s'ils fufîent convenus enfemble (le fouler aux pieds , avec les Loix du Pau , celles de la Nature , les Droits Humains & le refpect dû à la Divinité , laiflbient pourrir les Corps à la vue du Soleil AK.x xx^àiree, cxs aiwtit^îjot rois rr,s -mxT^oi evyy.xTciXvô-xi >Ç ras rr,s Qwnus xux rs rois ùs xvf^&nriss i'.0iKt ux
,

l

reêlè"

fafli~]

TrovS-ôrss

rois

ju.lv

»

'

bôvrts

tjjv

^'

opru Xx&ovtis

ryy

riftr,v

V7tip

relis ai

,

rr,v

Tom.

XIII. five Pamtbenaïc.

,

otyw ru

>

pour , in confeientia urneç xv xvroi zrtx-oitQ va/xx srot7ia(rxv i

XtftMÇm» I.

pag.

xiti&otrxv. Orat. 202. B. Ed. F.

Stcph.

Non illum Pceilus humator Libycâ fuccenfœ lampade Cannx Confulis , Compellunt , homiuum ritus ut fervet in hojles, Pharfal. Lib. VIL verf. 799, &f feqq. (12)

&

(13) Terrarum

leges

,

Defenfuru manus

£5*

mundi fwdera

——-

,

ntecum

Thebaïd. Lib. XII. nerf. 642. Il eft parlé immédiatement après de la Nature , comme devant favorifer , conjointement avec les Dieux , une entreprise qui tendoit car il s'agit encore ici du même cas, à venger fes droits que dans les partages des Notes 10, & il. Hat omnem Divûmqw, tiomliiumque ,faveremt Naturamque ducem , catiisque JilentU Averni, :

Verf.

0-44,

& Ml-

,

N

U4)

Du

droit de Sépulture.

LI

C H. XIX.

IL

V.

29

l'obligation mais qui font plus certaines que toutes les Loix écrites de jetter quelques poignées de terre fur un Corps mort que l'on trouve. Philon, ce Pélufe s e p h (5) E u s e'b e (c) de Céfarée I s 1 d o r e (d) ap- 00 Ap(4) Juif, J pellent cela une Loi de Nature i entendant (6) par le mot de Nature , comme nous v g[; q!^' avons (7) remarqué ailleurs qu'il fe prend fouvent , une Coutume généralement re- xix. E^' conforme à la Raifon Naturelle. £ l i e n dit , (8) que la Nature commune çuë , ailleurs, que (9) tous les Homà tous les Hommes demande qu'on enfevéliffe les Morts ; C'elt la Loi du Genre Humain , comme l'appelmes ont également droit à la Sépulture. univerfelle félon l'expreilion (11) d'A r i sle (10) Euripide; la Loi commune TlDE; la Coutume générale des Hommes, à ce que dit (12) L u C A I N ; la Loi de félon ( 1 3) S T A C E ; un commerce que demande la condition humaine , toute la Terre comme (14) Tacite le pofe pour maxime ; Vejpérance commune de tous les Mortels, Empêcher qu'on ne rende à quelcun ainfi que l'Orateur (15) LysiAsla qualifie. les honneurs de la Sépulture , c'eit dépouiller l'humanité , au jugement de (16) C l a ud i e n ; deshonorer la Nature ainfi que (17) s'exprime l'Empereur Le'on; violer les régies de la Jujlice , comme le dit I s I D O R E (18) de Pélufe. 3. Comme les Anciens , pour rendre plus refpedables ces fortes de Loix , généralement reçues parmi les Peuples civilifez , en attribuoient Pétabliflement aux Dieux ; ils du droit d'Ambaflàde , faifoient aufli regarder les Dieux comme les auteurs du Euripide appelle le dernier, (19) une Loi des Dieux: voidroit de Sépulture. ci ce qiïAntigone répond , dans la Tragédie de Sophocle qui porte fon nom , au

non

écrites

,

.

,

,

&

,

^

&

&

,

,

,

&

&

&

Roi C14) C'eft en parlant de la manière dont Tibère traita ceux qui étoient accufez d'avoir été du parti de Sejan, car, après les avoir fait mourir, il défendoit de leur rendre les honneurs de la Sépulture Corpora punon cremare qttisquam , non continuere. intrefatïa terciderat fortû humanœ commercium , vi metùs. Annal. Zib. VI. Cap. XIX. nm». ?, 4(Î5) Cet Orateur dit aufïï cela à l'occalion de la Guerre des Athéniens contre les Thébuins : pour caufe du re:

fus cjnc Faifoient ceux-ci d'enterrer mée d' Adrafte : 'YniP iïi ruv iriçm

xvruv

arçarfçoy

Ùs

T/jv

ravris

y^

Efanivix-x

$os

>

iiiAct.PT/iKOrif.

tt7rtx3-co
nûfas

Orat.

,

les

Morts de

l'Ar-

['APyit'eov'] moi /uq 7TXTPI8 Ttotyji ttrvXA-

çtÇt&imç

XXXI.

,

feu

x.ct)

Kotvr,ç

i\7c(-

Funebr.

Cap.

III.

(16) Le Poète parle de Gildon, qui ajouta cette barbarie à celle dont il avoit ufé en tuant les Fils de fon Frère Alafcezel: Obtruncat juvenes , inhutnataque corpora vulgo Difyulit , &f tumulo cognatas circuit timbras : Nuturamquejimul , fratremque , hominemque cruentut Exuit , &f tenuent cajis invidit arenam. Au refte , pour le diBell. Gildon. verf. 19
&

&

&

,•

Stace, &

ClaudiKN.

Claudien &

STACE

Et Latimts alius [PoëHominemque cruentus Exuit Cap. XXIV. pag. 4^5,

ce Jurifconfulte ajoute

,

alium Creontem

ta] contra

De Jure

&c.

Quoi pour

Belli

,

:

:

Lib. II.

en foit , j'ai cru pouvoir remarquer par occafion , que mon Auteur , entre les Grands Hommes , qui foit fujet à fe méprendre , en citant de mémoire. (17) Cet Empereur ne parle pas précifément du refus de la Sépulture , mais feulement de l'inconvénient qu'il y avoit â" ne pas permettre qu'on enterrât les Morts dans les Villes , en ce que les Pauvres ne pouvant pas être fi - tôt portez hors des Villes , faute de laiffer dequoi faire la dépenfe des funérailles, demeuroient , pendant plufieurs jours , fans fépulture AtquoA lex mortuos non niji extra civitutes humari vult , qnomodo id humanum naturant dedecorc adficere non efi ? .... Qiii enim , dut» adbuc viverent , inopes deferti erant, 457. cela

n'eft

,

pas

qu'il

faire voir

le feul

,

:

&

quomodo

niortui

do autem

,

ipfo

,

quum

mortU

die

,

bumabuntur

propter paupertatem

?

quomo-

non acmtdtis diebus infeptdti , non miferabile Jimul £5/ horrendunt Jpeffacu/um jacebunt , tabefeentemque hominum naturant dedecorubunt ? LUI. Nôtro celeruhitur

,

,

fepultttra

,

Novell.

Auteur a indiqué le paiïage de cette Novelle , fur la foi d'A l B E R I c N'aqui l'exprime ainfi turœ communi dedecus fit , dum fit mortuis : De Jure Belli , Lib. II. Cap. XXIV. pag. 458. Cela paroît de ce qu'il y a , dans l'Original , Humanam naturam dedecorc non pas , Natura dedec?tt facere , comme adficere nôtre Auteur rapporte les paroles , après ce Jurifconfulte , de l'Ouvrage duquel nous avons vu qu'il reconnoît s'être fervi , Difc. Prélint. §. 59.

GëNTil,

:

&

,•

(18) tn, irùu v&e'&>. Epift. CCCCXCI. (19) Une ancienne Loi des Dieux:

Nauos zrxXxios Ax.t/u.ôva>v nsQS-ctpq. Supplie, verf. 56J. Il avoit dit , au commencem&nt de J

la l iéce

:

Oyd"

lbkric

ASmi Verf.

friAtset

etvxt?e
refit fi*

ariTtyrei <$em.

19.

D

3

(203

30 Roi

Du

L I V.

droit de Sépulture,

qui avoit

C H. XIX.

II.

défenfes d'enfévélir Polyuke

fait

(20) Ce n'étoit pat un ordre de Jupiter , ni de ceux qui exercent la Jujlice dans les Enfers : je ne croiois pas que d'un Homme mortel , comme vous les Edits euffent tant de force , qu'ils dkffent l'emporter fur les Loix des Dieux mêmes , non-ècriies à la vérité , mais certaines imCréo-,1

,

:

&

,

çf?

Car

muables.

mémorial

ne font pas d'hier ou d'aujourd'hui

elles

perfonne ne fait quand

j

elles

ont

on les trouve établies de tems imJe ne devois donc piis , par la

,

commencé.

Homme , m'expojer , en les violant , à la punition des Dieux. I s Oparlant de la Guerre de Théfée , contre Créon , dit , qu'AdraJle , Roi n'aiant pu obtenir une trêve pour enterrer ceux de Ton Armée qui avoient

crainte d'aucun

crA t e à'Argos

,

,

été tuez devant Thébes ê vint (21) prier ïhéfée., alors Roi d'Athènes , de ne pas foufrir que les corps de tant de braves gens demeuraffent fans fépulture , qu'en la leur refufant

&

on foulât aux pieds l'ancienne coutume , objervée de tous les Hommes , non comme Sur quoi Théfée

vine.

&

la

Loi du Pais

ou plutôt la Loi wnverfellc , Humaine , mais comme une Loi Di-

une Loi

,

inceffamment des Ambajfadeurs à

etivoia

Thébes

pour deman~

,

der

(20) 'Of V«Ç T' 'Ovfr

*0<

il

'Ovêi

VU

X»pv£xt

Ztli? JJVc

KXT» &SWH

£v))OIX.(&' TulV

x&panrotcrw teoTctn

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»? t

rx

tuo/x>)»

xi*s fe rapportoit à

Ttt<5V»

rot

xyexTtT*. KçrfuXÎj Qtâi

rxurx

,

y.iiïù? «iè'iv î|


h

eTH

&

Qxvv).

xvoçoç tsotvos €>ioï

&

Antigon. (verf. 460, fm-) Dansl'4/«*, on trouve G R. o x 1 u s. auffi NÔ/xoç Axijxo\av , (verf. ]H9-) (21) T'? yxp 8* otfov, y tU hx- kkvjkos rZv TÇxycpiïioxtrxxXm h Aiovwjîon > tus 'A^xtu ysvoixfvx; iv ®ï)Sxiois avtiïpcçx? j ort x.xrxyuv fia/WiS-us ro» 'Oi^Wx fiiv vton,

«yrS £i x.yjiïïrr,» > srxunXr/â-sTf ju.lv Apyiim X.71XVTXS $i ris s\o%xyiàs imlès à'ix(p$-xpî*TXS (7ro»!ivifuiS G-frB-siï

>

i?ritcv<

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èiï anhiT&ui ras rsre^svTiiKeTX? , i>ar})i ytvofAivcs rr,i aciXsuS > eV< ©sjo-e as xvry.v ciciy-WTos > iotÏTo ia.y, 7txpioiu toivtxs xvfyxï XTxtpxs ysvouivuî , (A^èi 7rx.\xiov (Ses '

tù 7rX7fio» vofiev KXTxXvotiivov

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,

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ùi

7rcXii

y,

TfXvris xvB-pu>7roi

%pu-

»? \% xvS-puniir.ç xauivm

Çivc-in/Çf

TtpoçtTxyfiiyu owàptu?.

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XpoVOV ITH'jXM ' 'tVifA^t TtpitrîlliXV sU 0?re tk$ xvxtpHrias cvjxIîkXivctcvtxs xvrtïs >

ôtneôiifcv fiisXtvFXG'3-xt

txs

ùi

?

x-xt

t/,v

XTroxpiiriv

7rpoTépui ytyîvr^ivyi ; 1

xvtoÏ;

hx.

'

youiuuTipx*

x.xks7v» vzsnèfi.^ùv-

7txpxâxivn^i TOV Panathen. Orat. (f'«sr« dit , que ce fût

(7rtrpty/Si

viuai rcv Kotvoy x7rxvTM E^qvwv. 268. Ed. H. Stepb.) par un accord que l'on obtint des Tbébains , qu'ils laifFit. îaflent enterrer les Morts de l'Armée A'AArajle:

Plutarque

Pausanias

affine , A. ) Mais qu'il fallut en venir à un combat , pour les y obliger. lib. \. feu Attic. (Cap. XXXIX. pag. 37. Edit. ÎVech.)

Thef. (pag.

G

R O T

I

U

14.

S.

(24) Nôtre Auteur Quintins

cite

en marge

la

Harangue pour

de toutes celles de l'Orapuis affiner, que dans toute il n'y a point cette Harangue , d'endroit où le mot d' Humanité foit appliqué au devoir de la Sépulture. Je crois avoir découvert l'origine de la méprife. Nôtre Auteur , en ramaffant des matériaux pour ce Chavpitre , avoit fait ufage des autoritez qu'il trouvoit toutes compilées par d'autres, il pouvoit avoir eu , par exemple , fous la main , à l'occafion d'un paffage de P e't r o n e , qu'il cite dans le §. 2. la longue Note de qui

,

Romain:

teur

à la tête

eft

mais

je

Pierre Daniel, mots de

où ce Commentateur expli-

humanités , apporte un grand de quelque Devoir d'Humanité , femblable à celui qui regarde la SépultuIl y en a là deux de l'Oraifon pour Quintins : l'un, re. du Chap. XVI. où il s'agit des cas où un Honnête Homme relâche de fon droit , en faveur même d'un Ennemi, par un principe d'Honneur & d'Humanité H.tc in

quant

les

nombre de

tralatitia

paffages où

il

cil parlé

&

hommes ciunt

,

alienijjimos

:

denique ir.imicijimos

,

&J hominum exijlimationis

Hu m a n1taT cité parPiE RRE

1

s

caujj'à

:

,

£ff

(paffage

Du Faur,

viri bonifa~

,

Commuais ,

que

je vois auffi

dans fes Semejlria, Lib. II. Cap. I. pag. 11. à peu près dans la même vue) : l'autre, du Chap. XXXI. ou dernier , dans lequel il eft queftion , à peu près, de la même chofe Aliquam , Jî nonpropinquiiutùy at xtatis fua Jî non hominU , atKXJM A N 1 T A T 1 S , rationem haberet. Nôtre Auteur làdeffus a confondu dans fon efprit ces paffages , avec ceux qui fe rapportaient à la Se'pulture. Ma conjetturc fe confirmera par une autre inadvertence femblable , que je remarquerai dans la Note 27. fur ce même paragraphe , qui vient de la même fource. Ce qui peut avoir aidé à faire tomber nôtre Auteur dans celle dont je traite ici , c'eft une réflexion que l'on trouve dans la Harangue qui fuit immédiatement celle pour Quintins. d'autant plus volontiers, Je vais la rapporter qu'elle eft remarquable ; en forte que je fuis fur:

,•

(22) Nôtre Auteur a mal pris ici la penfée d'I S oC R A T E. Cet Orateur , pour faire voir la déférence qu'on avoit alors pour les Athénien* , dit , que celui qui étoit toutpuiffant à Thébes refpedla davantage leurs repréfentations , qu'il n'avoit fait les Loix Divines touchant la Sépulture des Morts t«? èl Kvptts tvrxç ©«ucè thi'rB-u.t puiy&cy xvrùi ipijxiïiXi fia* outû/ oix&tïarxv :

,

rùs wo ry,s Tiahius ix.7riuty$-ftc-jv rtiç toPag. 269. C. uoi< roi? V7T0 78 AxittcviK xxtxç-xSsÏvi. îsôtre Auteur lifant a la hâte ce paffage , & fans faire attention à la fuite du difcours , a cru qu'^e t*-,? t«rots XùyotS

qu'il

jj

«M

Tx-ru» iyù Ùk tniXSev

au lieu

d'une autre Guerre, favoir, de l'expédition contre les Amazones: Kxi htXiXvr» 'Aux^oct» *)tj xp'/Cr> iÇ, è^ôf.id? Kj uroXif kÙvtxvS-x 'tHoriB-y^e rp x-eivr] (pvai. Tom. I. pag. 204. A." Mais comme cet exemple efl allégué après l'autre , qu'il y a d'ailleurs un kÙvtxvB-x, qui inlinuë qu'on peut faire tomber fur tous les deux la penfée d'A Ri s T 1 D E ; nol'a tre Auteur rapportée immédiatement au premier. Il parle

(23)

tiépiftcc S'vvxtrS-xt B-vr,To> ovr vTiepdÇxpisJy. xei ntre Ov yxç rt vvv yt kx%,Bss , Zr,

de Thébes;

la Ville

s'agit A' Athènes.

9IKH),

vopi&ç.

,

r,

&

,

pris

Du

L

droit de Sépulture.

I

C H. XIX.

V. II.

31

L'Orateur cenlure un peu plus bas les Tliébains , de Il fait ce qu'ils avoient préféré les Ordonnances de leur Ville (22) aux Loix Divines. mention (e) ailleurs de la même hiltoire, que l'on trouve auffi dans (f) He'rododans te, dans (g) Diodore de Sicile, dans (h) Xe'nophon dans (i) Lysias, (k) Aristide. Le dernier de ces Auteurs dit, que la (23) Guerre, dont il s'agit, fut entreprife pour maintenir les droits de la Nature Humaine. Aer qu'on

laijfât

enterrer ces corps.

&

,

(e) Panegyr. pag. 52. He-

len.Encom. p. 214. Plataïc. p. 506. Ed.. H. Stepb. (f) ZfflJX. Cap. 27.

(g)Z»UV.

&

Qjj intilien , (27) un a&e de d'Humanité y (28) un a&e de Compajjion P H 1 L o N Juif, (29) un a&e de CompaJJion envers la Nature Humaine Tacite, C30) un commerce que demande la condition du Genre Humain j Ulpien, (31) un autre Jurisconfulte , (32) un fouvenir de Piété i *&e de CompaJJion

Maxime

,

CompaJJion

(26) un a&e d'Humanité

&

de Bonté i

&

Sene'q_UE,

de Religion;

,•

,

&

Mûdestin,

de

pris qu'on l'aît oubliée

dans ce Chapitre , où elle trouvoit naturellement fa place. Cice'ron dit donc, en parlant de la peine des Parricides , qui conliftoit à être coula dans un Sac de peau , & jette dans la Mer} que les Législateurs , qui avoient établi ce fupplice , n'avoient pas jugé à propos de laiffer en proie aux Bêtes féroces les Corps de ces Malheureux , de peur qu'une telle pâture ne les rendît encore plus furieufes ; ni de les jetter tout nuds dans la Rivière , de peur qu'ils ne fouillaffent cet élément , qui fert à purifier des autres feuillures Qu'on avoit voulu auffi ôter à des Criminels fi abominables l'ufage de toutes leschofes communes aux Hommes , tel qu'eft l'Air pour les Vivans ; la Terre, pour les Morts} la Mer, pour ceux qui font dans unVaiffeaiij les Rivages, pour ceux Noluerimt [majores noftri] qui y font jettez par les flots :

:

feris corpus [parricidx] tantltm feelui adtigi[fent

ne beftiis quoque , quœ , immanioribus uteremur : non Jlc midos in jiumen dejicere , ne , quant deluti efent in mare , ipfutn polluèrent , quo cetera , quxviolatafunt, expiari putantur. Denique nihii tain vile , ueque tam vulgare eft, cujns partem ullant reliquerint. etenim quid tam eji commune terra mortuis , mare jtuïiuantibns , liquant jpiritzis vivU Uis ejeilis ? Ita vivant , dum pojfunt , ut ducere animant de cklo non queant : ita moriuntur , ut corum ojj'u terra non objicere

,

,

,

tangat : ita jatfantur fluilibus , utnumquam abluantur : ita pojlremo ejiciuntur , ut ne ad faxa quidem mortui conquiefcant. Orat. pro S. Rofcio Amerin. Cap. XXVI.

(2f) fuivant

On ,

citera le paffage entier, dans le paragraphe 12.

Note

(26) C'eft au De Humanitute

Livre V. Chap. I. qui c fl intitulé , Clementia où l'on allègue , entr'auplufieurs exemples de gens qui ont rendu les devoirs de la Sépulture à leurs Ennemis exemples dont quelques-uns font citez plus bas par nôtre Au-

&

tres

,•

,

:

teur.

(27) Voici l'autre méprife , dont j'ai parlé , qui confirmera celle que j'ai relevée dans la Note 24. L'Auteur cite ici en marge: NT. Lib. XII. Cap. ult. Il n'y a abfolument rien qui ait du rapJnft. Orat. Sépulture dans tout ce Chapitre. port à la , Mais nôdans les Semestria de tre Auteur avoit vu cité, Pierre Du Faur, Lib. IL Cap. I. pag. u. dans la compilation du Commentateur de n e , que le paffage fuivant , de cette manière ; j'ai indiquée , [Quintii.ien. Cap. 11. ult. lib. 12. Inftit. Hos i/.'e formabut quq/î eloquentix parent i ut veUts guberportus , nator litora quid çff quw tempeftatum Jigna , ftcundii Jîatibtis , quid udverjïs ratis pofeat, decebit , non

Qui

&

&

Pe'ïro

&

&

.

&

HUMANITATIS folum communi duEltu officio , fed afnore operi:.~\ Il avoit auffi lu plus bas , entr'autres paflagcs des Déclamations de Quintilien le Père , celui-ci, quodam

où fe trouvent véritablement les deux termes , dont il s'agit , cela à l'occafion de la Sépulture Nobis vero [natura] adverfns exanifnes genuit non folum MISERATIOquœ cogitationi noftrœfubit , fed etiam RELIGIO, NE.M. Inde ignotis quoque corporibus tnxnfeuntium viatovum co/latitiafepulturu &c. Il eft aifé de concevoir , que là-defiùs il a cité , par mégarde , les Inftitutions Oratoires

&

:

NEm

du

Fils

,

pour

les

Déclamations du Père

,

ou du Grand-

Pére.

(28) Hoc

Jt non mifericordia fîf humanitati dedi , ut quodlibet cadaver iabfconderem : fed Ji corpm agnovi ,Ji filio tune hoc prajlare me cogitavi. De tattten

Benefic. Lib. V.

ita beneficium eft

Cap.

,

XX.

(29) C'eft dans l'endroit , où il introduit le Patriarche Jacob faifant de grandes complaintes , fur la fauffe nouvelle que lui avoient donnée fes Fils , de leur Frère Jofeph déchiré par une Bête Sauvage. Le Père affligé ne regrette rien tant , que la privation de Sépulture ; & apoftrophant fon cher Fils, qu'il croioit défunt, il lui dit, entr'autres chofes Si tu devois abfolument mourir de mort violente & par embûches , il m'eût été moins fenfible d'apprendre que tu euffes péri par une main d'Homme } puis que quand même le Meurtrier auroit été affez inhumain pour laiffer ton corps fans fépulture , il auroit pu fe trouver quelque Paffant , qui , touché de compaffion pont la Nature Humaine , fe feroit aquitté envers toi de ce devoir T»v «/[ in «j£ zrxçiovT0> tireoç tis intacts >£ B-excrct" ftsvos eixroi/ r%S xawyç ï.ctîùiv (pôtrîws imtiîXtixs % txQaS :

:

,

viicoirs.

Lib. de Jofeph. pag. $;o. B. Ed. Parif. a été déjà cité dans la Note 14.

(90) Le paffage

) Jgitur lèflimandum crit arbitra , quo animo fumtw faillisfit [ in funus ] (?

1

quis i>el defuntli

,

vel beredis

,

gerit

,

.

& perpendendum negotium ,

:

utrum

vel ipjiut

HUMANI-

TATIS ; an vero misericordije , vel pietati tribuens , vel adfetlioni. mifericorPoteft tamen dijlingui diie modzts , ut in hoefuerit mifericors , vel pins , qui funeruvit , ut eumfepeliret , ne infepultus jaccret , non etiam De utfuofumtufeccritSic. Digest. Lib. XL Tit. VIL religiojïs &fumtibwfun. Leg. XIV. §. 7. (52) Paudandits eft magis , quant accufandzis ,beres qui reliquias tcjlatoris non in mare , fecundum ipfnis voluntutem abjecit; fed, memoria conpiiionis, fepultura tradidit. DiGESr. Lib. XXVIII. Tit. VIII. De condition, inftitutionum , Leg. XXVII.

&

,

humant

Cap. 67. (h) Hifl. Grtec. Lib.VI. Cap. V. §. ?8. Ed. Oxon. (i)Orat.Funebr. Cap. III.

(k) Panathen.

Tom.

pag. 40a.





Du

.„

L I v.

droit de Sépulture.

..... condition Imm.une

3



^

^

C H. XIX.

H.

un «3e

Capttolin, Tm P1T °UN (33) Jules de la a&edepjhce, ^udence, & (35) Lactance, un ceux *n manquent contraire ;

démenai Euripide (34)

de

U &;

rf

u

^Devo^jon^ ^Âu ce U7) appelle e e k m Ho odieux ^ ^ MorK un de Geo», quiretuio oe au ce

fait dire

bat, (38)

t

fujet

?*£Ï£^*teJ?£lZ

TE I' Homme.

S^ «*-

PsT^SteSo 5>tace ^ traite

e

>

„» ï"8S&f X' S 'Sîftïï-vr

G^,

Wïîv

convient de mettre les Lorp en te

avifez au commencement comme cela fe (a)

parle pas precifement de fîjï Cet Hiftorien ne Antomn , de faire de la bonté qu'eut maiss «ei «iture , ma pulture

aux dépens du au

commun,

^ funérailles des gens

J^Jf™^ eu

1

quon

p

eferri Sic. Vit. ^i**» (34) 2w to« f«'/3«ï

la

Se-

Faire

,

même du

r Uttwt

X1U

.

.

raw%

UcERON.ocue

magU

JujVti*

«« carWmmfacrificitm

/;»*.

VI. C«p. XII. »aiw.

UO

ratio confftit

,

auàm

?

T

efi

,

oputjuftum. Inft. Div.

fieri jubent. Inft.

f

L

(1

II

D

1

T

S

,

qui fttbervaccmeam famuh, jacere v*u-

dicerent

qam

tmpam JapenUj n

Um

dtvnuc
vin. Lib. <\. Cap.

gmm At mibi quidem «ntiqutfmumfepultur* Cvrus uUtur ipud XENOPHONTEM

)

,

ouo

^^

,

,

ATn» cremure

«p««i

,

,

f

,

te«c *»/?.#«*«».. Hiit.

Nat Ltb\ IL

condttm

tJ vero Jnimo contecim.

:

mot Sepehre^\es

fur la lignification du Objections de feu Mr. CuPER , Lib.

Voiez

huma. belles

Cap. Vil.

I.

denomierimcirafc contente «ci XTAH-fi Rutcur fans indiquer l'Auteur d«k oiSne?,:'^ dclh fa.on Je la, l'ancien Poète. de paflàge ce pris d'où il avoit où il fait part, e d un affez long

verf\6x

5

^XXIi Serf Ȕ.

roïve

vers dont tf/><77-

,

&

Lib.

au corps XHe£lor

cfans r

ent

:

,

n Stobe'e

dans lequel

,

Moschion

,

deent manière dont

& la

Ed. Çellar.

XXIII.

Lib.

verf. 24.]

s'agit

il

Le

XXIV. ^«^- "*.

:



,

TlufaH

x.xXwrTU»

fange

Genre Hu-

,

Kcùirtuoizxrt*^ *•*»

,

B-éint w/têievu* vëir&i *

T^

la vie le

Voxci longuial des

civilifé. vint peu-à-peu à être

put omnipotenti.

qu'il avoit fait

Poëte

quoqu* modo CtoffîsS** intelltgitnr Gbotius. Ibid.

fia

Qpiuexbibet Me benignum

«V-

Un

GrK>

Dnin rtiam non defuerunt

m Hommes SnSm main

-

Mifc'rans tegit aggere terra,

I&M.X.

^

^Ê-anmte^corplu **îî^xSu Cap XXII. DeLcg1b.Z7fc.il. .ùmwwtowWw e»W««*«r. Romanos non tut veteru «-

Quijaita cadaveru paffrm

Cbrijto

e

^^

S,

Cathemerin.

{1

p LISE

(a);

cereîtfcpilturam; nMlque efe latum atque ubjecium. quorum 0W ne bumanum genus rejfutl

idfviljividtur .

^oTfpWlF l 01#*« ez anffi Sophocle, V



b

Ç

4

^

530.

Supplie rî&t79,S***

(3
d#e

lo

^'

obrutos erui cognovêre

^Tkllolutem

te.

(4.) a Sepuliu-

inutile

>

cela ordinairement „e ées uft

4

Ca p.

M. Anton.

¥jz&

,„

N*a~#é.

qui delendoient denter



f

coutume de la plupart des Gr « remarque de (i) plus ancien, félon la

c'étoit la

càp%tr7 .gele

comme

£-*•

les

/s(il

refpeB pour

Lactakce

fujet.

cegardoient

^

.

Com_

un

ès

SSiK ££^^.^6 f f^Pf^^^ .'^^^f ^

^II- fc

(a)

Pour ce

««-

&A

L p oëte

a_,

'

ov
Eclog. lit. Al. enfcde Mécénas, Que >* Natui J (4) On fait le mot pas rendu ce devoir. elle-même ceux à qui on n'a

vélit

tffeqq.) GROTIUS. arttw Bello cogendru (jgj • In mores bominemque Creon.

OrYèrriMACENASait:

&

iVpc

tumulum euro

,

fepeht natura reheios.

:

fc

ffiS&S*tfi« ac

^"

l,//

Tragédic

y/

a ces paroles perdue d'EuRiPiDE , où il y ~• Rcàdenda ejl terra terra. :

——

go) /M/«i«

p^t/b

{JmUmf.vieftti ,4

ào"

Theb.

Zi'/b.

ait

^mmmmm

mulieruna, turb«im»»fta, &c. LA. VIII. Cap.

SûelocJincefmturi rentprecuta,flens

[Alexaruln , Ejnn Re»»***, ?«*»» Conientiam

te»* carparù

râTfatfa M«m«tf,

«J"g[**£ XXIV. mmt.

Fetatignerapi, factnupte feptlcbri III. verf.

97

?

98-

rT,,friil

Ouxft

Kent «orna Dieu

<7««

Z/fc.HL Cap.

.

.

XXV. L'original de ce Plutar^ue, C^/.

été conformé par

/'«v«t cto»^.

veif 9 ! Euripide fait fcmblable , en parlant de

Chap. XI Tbéfée quelque chpfe de Sépulture :

Ecclesiaste,

dire à la

y

.

,,

,

Du

droit de Sépulture,

nommé Moschion, Hommes, (3) donna lieu à Grec,

que de

croit,

que

introduire

L

I

V. II.

C H. XIX.

3J

des Géants, qui mangeoient les de la Sépulture, comme une mar-

la barbarie

Mage

de cette pratique brutale. que les Hommes ont voulu paier par là d'eux-mêmes le tri2. D'autres difent bon-gré malgré qu'ils qu'elle (4) tire d'eux but que la Nature leur demande en aient. Car le Corps de l'Homme aiant été formé de la Terre doit retourner dans la Terre, comme Dieu non feulement l'a (b) déclaré à Adam, mais encore (b) Généfe, III, 19. Voies Latins le reconnoiffent. plufîeurs (5) Auteurs Grecs M, X, 29. 3. Il y en a qui penfent, que la Sépulture elt comme un monument, par lequel les premiers Pérès du Genre Humain (6) ont voulu perpétuer parmi leur PosEn effet le Philofophe Démomte , au raptérité l'efpérance de la Réfurrection. port de Pline, enfeignoit, qu'on devoit (7) conferver les Corps morts, à caufe de la promefle qu'ils refiufciteroient un jour. Les Chrétiens rapportent fouvent à cela l'ufage d'enterrer honorablement les Morts ; comme il paroit entr'autres par (8) le Poète Prudence. de dire que l'Homme étant d'une nature fort (4) 11 eft plus fimple à mon avis relevée au deflus de celle des autres Animaux , on a trouvé que ce feroit une indignité que fon Corps leur fervît de pâture ; inconvénient auquel on a voulu remédier, autant l'abolition

,

,

&

,

,

&

,

,

,

,

qu'il

tantes,

Ta eu/**

lis yr,v.

cf[

HtiiTlÇOV XVTO ,,

)

yxç

ttrt

entr'elles

/ïl'oy.

Kct7T!iTX Ti)V B-gé-^/XTXll U.VTÙ , Ctï XX&ilï. Laîflez mettre les Morts en terre. Chaque partie

Nous ne pofledons pas ce Corps en propre , nous en avons feulement l'ufage , pour y loger pendant cette Vie ; il faut que la Terre , qui l'a nour„ri, le reprenne. Supplie, verf. 551 , £jf feqq. Voiez le palfage de CiCE'rON, qui a été cité dans la Note 1. fur ce paragraphe. Lucre'ce appelle la Terre, le Terre.

„ „

de toutes chofes Et quoniam dubio procul ejfe videtur Omniparens , eadem rcrum commune fepulcrum. (Lib. V. verf. 1260.) Philon, Juif, remarque, que la Terre eft la demeure propre des Hommes , tant des Morts , que des Vivans , que , comme elle les re:

&

quit

,

quand

ils

dans fon fein esi

rxy.iùv

>

xv&sofjrois XTti'juuv>

»

,

xvtï, y^

>

TW

il

,

eft

jufte

qu'ils

repofent

après leur mort BtXTio» xp' , h rvyxçîyjjv > rr S s v zrtXxyu Ç>S-oÇxs i7ttiàr,%ip •axm %tç
xxrx

Xj yr,t

naiffent

'

t

wpdTYiv vnoà'ixtiTxi yintriv

,



ryv

ix.

tS

nXivrxix» xtxXve-t». In Flacc. (pag. 991. C.) PliNE dit, à peu près, la même chofe Sic hominum Ma [Terra] , ut cœlum Dei : qua nos nafeentes excipit , natos alit , femelque tditos fv.flinet femper : novijjîmè complexa gremio , jam à r cliqua nutura abdicatos , tum maxime , ut mater , operiens. ( Hift. Natur. Lib. II. Cap. LXIII. ) Au refte, comme il n'y a point d'adtion louable dans l'Homme, dont Dieu n'ait mis quelque veftige dans quelque autre forte d'Animal ; cela fe remarque aufli à l'égard du devoir de la Sépulture. Pline dit, que les Fourmis font les feules de tous les Animaux deftituez de raifon , qui s'enterrent les unes les autres Sepeliuntur ititerfe , viventiumfola , pneter hominem. Lib. XI. Cap. XXX. Il avoit pourtant remarqué lui-même, qu'on a vu des Dauphins porter un Dauphin mort pour empêcher qu'il ne fût déchiré par les autres Monftres marins Confteilique fmt jam defunclum porT O M. II.

/3/s

:

:

:

des

Tum

,

Tombeau commun

laceraretur à

parle

IX. Cap. VIII.

Lib.

helkds.

funérailles, que les Abeilles font

:

Exportant

tlë

„ l'Homme iloit retourner dans le lieu d'où elle eft „ venue- l'Efprit, à l'Ethcr [Voiez là-deflus la Note „ de Mr. Barnes, fur le vers 1140.] le Corps à la ,5

ne

Virgile

Kêy-TY,/AS$x

TS^y ivùlKY^GM

corpora luce carentum

teclis

&

,

triflia

funera ducunt.

(Géorgie. Lib. IV. verf. 25c, 256.) Sur quoi le Grammairien Servius dit: Funera ducunt] Cum exfequiali feilicet

GROTIUS.

pompa.

On peut voir ici Pierre du Faur,

,

fi

veut

l'on

,

Lib. III. Cap.

Semejlria les XIII.

de

&

que l'ufage de la Sépul(6) Il faudroit prouver, ture eft aufli ancien que les premiers Pérès du Genre qu'on avoit alors une idée de RéfurrecHumain ; L'Hiftoirc de ces anciens tems eft trop concife tion. pour qu'on puifle dire là-demis rien d'adoré. (7) Nôtre Auteur, fe fiant fans doute à fa mémoiLe palTage fe troure, a changé le fens de Pline. ve Lib. VIL Cap. LV. où , après avoir traité de fade bles puériles tout ce qu'on difoit des Enfers , Sinti* l'état des Ames dans une autre Vie ; il ajoute de adfervitndis corporibm hominum , ac revivifeenlis di promijfa DEMOCRITO vanitas , qui non revixit ipe. „ Il faut dire la même chofe de Pimpofturc de Demo„ crite , que les Corps des Hommes fe conferveroient, qu'ils revivraient; mais qui n'eft lui-même ja,3 „ mais revenu au monde." Ainli il ne s'agit point là de la Sépulture , dont il a éfcé traité dans le Chapitre

&

&

:

&

&

précèdent; mais feulement de je ne fai quelle idée d'une Réfurreftion des Corps , que le Philofophe s'étoit faite j fur quoi on peut voir ce qu'a dit Mr. Le Clerc , dans fon Indice Philologique fur l'Hiftoire de la Philofophie Orientale, par Stanley ; au mot Rcfurrcélio. Nôtre Auteur avoit lu ou retenu le paflage comme s'il étoit ainfi conçu : De adj'ervandit corporibus hominum, ob revivifeendi Promissa. Mais s'il eût confulté l'Original , il auroit bien - tôt vu qu'il n'y A pas moien d'y trouver cela. (?) jDjâdnam Jibi faxa cavata ? jQuid pulchra volunt monumenta Res quod niji creditur Mis Non mortiui , fed data fomno ?

Cathemerin.

Hymn. X.

verf.

55

,

?

& feqq.

Edit.

Cet*

tarit.

E

(9)

&u

34

Corps Humains dans la Terre. Dans une Déclamaon remarque que (9) la Compaffion des Hommes met les

intilien,

tion de Q_u

LlV. IL Ch. XIX.

droit de Sépulture.

en cachant

qu'il fe pourroit,

les

,

&

Corps morts de leurs femblables à couvert des Oifeaux draient

mort

Cice'ron

manger.

les

dit

des honneurs qu'on doit à tous les

,

Virgile

de quelcun

Hommes

étant

,

des

(10)

,

laiffé

Sauvages

Bêtes

qui

,

vien-

prive, dans fa en proie aux Bêtes féroces. qif/7 fut

qui aiant tué fon homme parle ainfi , dans le feu de fa colère au Cadavre: (11) Ta Mère ne te rendra point les devoirs de la Séne mettra pas tes os dans le Tombeau de tes Ancêtres ; tu feras livré aux Oipulture , même menace , par fes Prophètes les Rois qui fe font feanx de proie. (e) jt'réw. rendus dignes de fa colère , de faire en forte qu'ils n'auront d'autre Sépulture (c) X que les Chiens (d) lécheront leur faner. C'elt le délir d'émw*p Que celle d'un Ane, viter cet inconvénient, que Lactance coniidere comme le vrai but de la SépultuXXI au, 19. introduit

un Ennemi

,

,

,

&

Dieu

,

&



re

,

lors qu'il dit

:

(

1

Nom

2)

ne foujfrirons pas que la figure

&

même (13)

D

l'image de

1

E u fait

:

qu'il

de nous

même

&

aux Bêtes fiuvages aux Oifeaux. St. A M B R o I s E eit auffi dans la penfée car faifant l'éloge de ceux qui s'aquittent de ce devoir , il dit

en proie

laiffée

n'y a rien

du

de plus beau, que de faire

rendre i de garantir des

le

infultes des

bien à ceux qui ne font plus eu état

Oifeaux

des

£5?

Bêtes, ceux

qui font

de

nature que nous.

Quand même

<;.

n'y auroit pas à craindre

il

une chofe peu convenable

un

à la dignité de la

tel

inconvénient

Nature Humaine

,

,

ce feroit toujours

que

le

Corps d'un

Homme fût expofé à être foulé aux pieds. On trouve une penfée approchante pater

,

ancien Rhéteur Grec

(14,)

:

// ejl

,

dit-il,

beau

&

honnête, d'enterrer

dans SoMorts :

les

la

(9) Cadaver ah incurfu avhim fer arum que tatitum tniferantium corom cujlodit. Déclamât. VI. ( Cap. III. Edit. Burin. ) Voiez la prédiction touchant ce qui devoit arriver à la pollérité de Jéroboam , en punition des péchez de ce Prince, I. Rois, Chap. XIV. verf. il. comme aufïi Tertullien , De Kefurreâfione. 0u e'r e parlant A'Egiftbe, qui avoit commis adultère avec la Reine & s'étoit emparé du Roiaume lYArgosi dit, qu'on ne jetta pas même une poignée de terre fur fon cadavre , qu'on le laifl'a en proie aux Oifeaux aux Chiens

H

,

&

&

TÎÀ)

ot

x.e

:

kJs S-xvétTi

XVTW

fri yxixv )%svxv,

AXX uPx

tov yi xvyts re k. otuvci Kxricïxii/xv' Odyff. Lit. III. (verf. 258, 259.) Mais Orejle, plus humain, fit enterrer ce Corps mort; comme je le dis

dans le Texte. [Voiez la Note 2. fur le pa, ragraphe 4.] fait dire à Ménilas , qu'il veut laiffer le Corps XAjax , fur le rivage , pour fervir de pâture aux Oifeaux de mer

plus bas

Sophocle

:

Dans le paffage d'HoME'RE , il ne s'agit point de ce qui arriva effeftivement , mais de ce qu'auroit fait Mé~ s'il eût été à Argos. On n'a qu'à voir la fuite , du difeours , pour en convenir. A l'égard de la queftion en elle-même, le plus naturel eft peut-être de dire , que l'on a introduit l'ufage d'enterrer les Corps morts , qui eft le plus ancien , afin de n'être pas incommode par les mauvaifes odeurs qui en exhaloient, fur tout dans les Pais chauds , qui ont été peuplez les A cela il a pu fe joindre enfuite d'autres premiers. nélas

différentes félon les tems & les lieux. La raifon, , dont nôtre Auteur parle , n'a pas fait impreffion fur Car on voit, par exemple, que les tous les Peuples. Hyrcaniens faifoient dévorer les Cadavres Humains à des Chiens qu'ils nourriffoient exprès pour cet ufage. Et les Mages , Philofophes célèbres de l'Orient , n'enfévé-

idées

,

leurs Morts , qu'après les avoir fait déchirer par des Chiens ou des Oifeaux. Voiez He'rodotf. , Lib. I. Cap. CXL. Cice'ron , Tufc. jQuafl. Lib. I. Cap. XLV. avec les Notes de Mr. D a v i e s S F. xPyrrbon. bypotyp. Lib. III. Cap. XXIV. §. 227. avec celles de Mr. Fabricius. A quoi on peut joindre un Mémoire qui fe trouve dans l'H 1 s r 1 r E Critique, Tom. XII. Art. X. (10) Item, inimicorum in manibus mortmis eft , hoflili in terra turpiter jacuit infepultus , à feris diu vexatuf , communi qiwqtte honore in morte cariât. De Invent. Lib. I. Cap. LV. (11} Iftic mine, metuende , jace: non te optima muter Condet humi , patriove oncrabit membra fcpulcro ; liffoient

:

Oçiitcri

tpeg/Zr,

cca.ga.Xioi?

Mais là-même Ulyfe s'y qui eft donné pour un modèle

oppofe; Ulyjje , dis-je , de fageffe. Le même Poète dit tigone

,

qu'elle n'a pas

Frère expofé «le

TUS Empiricus,

y£vr,
(wr/^1085, 1084.)

Ajac.

proie

Htiî

être

à

,

à

la

laiffer

le

des Chiens

louange iVAnCorps de fon des Oifeaux

&

:

ro\i

XVTqS xvtx£s\(Çov

TÏS7TTMT a.$-x7iTty Lixcr

voulu

mangé

oMdTxi

5

>

/xr,T

ur.T vit

&

v7T

h

(po.x7s

anxr.fûv

oIojvuv

KVVM

tivoÇ.

feqq. ) Voiez encore AppiEN d'Alexandrie , Bell. Civ. Lib. I. ( pag. 66^. Ed. Amft. 294. Ed. H. Steph. ) an fujet de ceux que Jlariw faifoit mourir: Am.mien Marceli.in, Lib. XVII.

Antigon. (verf. 711,

&

Cap. I. ) au commencement ; où l'on Voit le foin qu'eut l'Empereur Julien d'empêcher que les Corps de ceux qui avoient été tuez dans une Bataille ne fuffent (

en proie aux Oifeaux.

G &. o T

1

u

8.

Alitibîis linquére feris

/En.

X,

(12)

&

feqq. ÇJ7, enim patiemur

Non

m

,

fîgurarn £
fîgmmtum Dei,

prœdam jacêre , fed reddtmtw id terunie ortum eft , é^ , quamvis in homiv.e ignoto , necejfariorum fepulturam , nnlli negandum munut , implebimus : in quorum locum , quia défunt , fuccedat humanitoi &c. Lib. VI. Cap. XII. ««//;. 30.

feris ac volucribus

ra

,

Du Nature a

la

en

manière

quelque

deshonorez

&

dijjblvent

qu'ils fe

ou

des

Demi-Dieux

ont

qui

,

tout

:

mort

Cet

monde

le

ordonné

tifage le

dis -je

trouve

d'honorer

Humains ne tout,

mids

Jbit que ce [oient

tel,

ainji les

fujfent pas

Comme

Défunts.

pendant

,

naturellement

ejl

,

K

XIX.'

Corps

les

en paroijfant

,

,

C H.

IL

que

afin

,

leur

après

,

corrompent.

fe

conforme à l'Humanité

£f?

L I V.

droit de Sépulture.

à leur rendre ce devoir

appris

honnête

des il

,

Dieux , riejl pas

Nature foicut expofez après on a établi de tems immémorial la coutume d'enfermer la mort , dans des Tombeaux après leur mort où ils pUjfent pourrir les Corps Humains fans que perfonne les vit. Gre'goire de Nyjfe dit aufli, (15) que c'ejl pour ne pas montrer au Soleil la Imite de la Nature Humaine. 6. C'eit pour cela qu'on dit, que la Sépulture eft due, non pas tant a l'Homme, ou ou à (16") la Nature Humaine. Rendre ce devoir, à la perfonne, qu'à l'Humanité c'eit taire un acte de l'Humanité la plus commune, félon (17) Sene'que, Quintilien 08), Pe'trone (19). C'eit pourquoi (20) les anciens Docteurs Juifs, parlant de la Loi (21) qui défendoit au Souverain Sacrificateur d'approcher d'aucune chofe qui eût du rapport aux Funérailles ; l'expliquent avec cette restriction il pouvoit non feulement s'en approcher s'il trouvoit un Corps fans fépulture que mais il devoit (22) l'enterrer lui-même. Les anciens Chrétiens ont regardé le devoir de la Sépulture comme une chofe fi nécefïàire, (23) qu'ils croioient que, pour s'en aquitter on pouvoit vendre ou fondre les Vafes de l'Eglife même après qu'ils avoient été conikcrez , aufli bien que pour entretenir les Pauvres , ou pour racheter des Prifonconforme à la R^ùfon aux yeux de chacun $

d'ailleurs

que

,

les

de

fecrets

la

,

,

,

,

,

,

&

,

,

,

,

niers.

IIL

§.

(15) Nihilhoc tibi

officio pratftantizis ;

non potejl reddere

:

(l4)

OT< TO Toîi

tçstijie

ïïXTiTtHi


1

XXXov

tvx

,

I.

dabit

Satyric. Cap.

<£rc.

(20) Cette période, dans l'Original fur la ,

KXl OTi TO(StO>

1

etxXvô/xsvx

/xy

qui jam , vindicare à

et cottferre

vindicare à -volatilibut Lib. de Tobin , Cap.

beftiis confort em naturte.

î)

ÇÛiriS

jxitx fyxvxToy

feront mieux les avoit mifes , les

&

CXIV.

&

la

fuivante

fe

trouvent,

du paragraphe fuivant. Elque dans l'endroit où l'Auteur où il s';igit non de la Sépulture en fin

ici,

OHrùppï)TX ftSTX Tr V TîXtVTÏ,V X7CXfTt OitKVVC'B'Xi , "/r, X.ÇV7t}siV tov xvfyçMTiov vtvof.UY.xu.sv xvuBsv , IVX T'Jl Y.xXv7tllirB-xi ptfKftxrt iXuy&xyt Ta o-ùu/xx hxXvi/xtvov. ill

la Sépulture îles Ennemis en partide ces périodes n'étoit pas dans première Edition, il y a lieu de croire, que l'Auteur , en l'ajoutant , l'a placée , fans y penfer , ailleurs qu'il ne vouloir. Je fuis fur , du moins , qu'il devoit les mettre ici l'une
Controvcriiis.

&fuiv.

yv/tvu x.xS-Z7rte. xKrycv^TXt • t'sto rr, (pvtrsi xxXov , Tara (piXccuB-puTTOv nsro roi; oXoiç aoy.it, itrs Qsoi , sits Tin; Hçasf TavTiiv (tiret B-xvxtsv toi? xiifrpelx'oiï rrv my.xtî

'

t

SOPATER,

(il) Qvrsûj;.

mes

ils /Xq xvxhi%S-v;yxl T») V)XÎa> TV,V X7%11H»<7VVY1V

Epift-

a.l

enceintes ont

Letoïum.

que

'C'cft' ainfi

coutume de cacher

les

TnS

Fem-

la honte de l'ac-

couchement , tx x\\x tZv aiïivuv imKxXvtfltu, comme s'exprime ( Hiji. Lib. V. Cap. VL) Tant il eft vrai , que , dans nôtre naiffance , aufli bien que dans nôtre mort, il y a dequoi nous faire voir combien peu de chofe nous fommes naturellement! C'cft pour donner à entendre cela que les Docteurs , Juifs difoient, Qu'il falloit que les Grands les Petits Fuflent enveloppez , en naiffant , après leur mort, de bandelettes ou de draps de même étoffe.

Agathias,

&

&

&

Grotius.

(16) Le Grammairien S E R v

Comme une

la

XXL

(22) Le Grammairien

me

chofe

,

à"

Se rvius

remarque l'égard des Pontifes de Rome.

mê-

la

Gro-

tius. Livre de l'Enéide, où il dit, qu'il permis aux Pontifes île voir feulement un mais que q'auroit été encore plus mal ; fait à fi aiant vu un Corps fans fépulture ils n'y avoient pas jette quelques poignées de terre: Qui enint C'eft fur le VI.

n'étoit pas

Corps

mort eux ,

de pietatis genevibiu feripferunt , primum locttm in fcpultU' ra ejfe volueruut. Unie, quum Pontificibus nefas ejfet

cadaver videre , tamen mugis nefai fuerat fi vifum infepultum relinquerent. Genus aittem fuerat fepulturte , injectio pulveris. In verf. 176. Voiez G U T H 1 E R De Jure Manium , Lib. IL Cap. VIII. où l'on ne trouve pourtant pas ce paflage remarquable du Commentateur de V 1 R G 1 1. E. (25) Neino potejl queri , quia captivi redemti funt : nemo potejl aceufare , quia templum Dei œiificatum ejl : ntnw potejl indignari , quia bumandis fideiium reliquiis fpa,

,

I

u

S dit

,

que

la

Sépul-

Haud

ture eft due généralement à tous les Hommes ADSPERNANDA] Jujla, non contemnendu. Sepultura enint beneficium gencraliter debetur univcrjis. iEn. In Lib. (verf. 106.) :

Grotius.

mais de

général,

culier.

XL

(17) Atji terrain ignoto mortuo injeci , nuttum habeo hujus officii debitorem , in publicum bumanut. De Benefic. lib. V. Cap. XX. (18) Et ignoto quoque corpori publica humanitas qttqji quafiam fecit ,exfequias. Déclamât. VI. Cap. III. Edit. Burman. (19) Aut prxtviens aliquis trahtitia bumamtntt /nf :

quia in fepulturis laxata J'unt : nemo potejl dolcre , In hit tribut geChriftianorum requies defunciorum ejl. etiam initiata , confringere , con, A M B R S. De Offic. Lib. IL

tia

neribus vafa Ecclejix Jiare , vendere , licet.

Cap.

XXVIII.

E

2

§. III.

Bu

3$

droit de Sépulture.

LlV. IL Ch. XIX.

qu'on ne doit point refufer

la Sépulture à un tmtemi, foit public, foit particulier. 2. Pour commencer par les Ennemis particuliers 3 il y a là-deiTus, dans Sophocle, un beau difcours d'UlyJfe, par lequel il veut perfuaderà Ménélas de laiffèr renVoici entr autres ce qu'il dit: (i) Predre à Ajax les honneurs de la Sépulture. III.

§.

nez garde vous

i.

Delà'

,

b

Roi

,

qu'après

de

tant

belles

toutes les querelles

qui

;

eft la

&

Virgile (3), Stage (4),

après lui,

Tout

monde

le

commun

C'eft le droit

convient de

auiîi

mort.

En

même

Poëte (2) en rend

effet

Mort

la

,

vous ne

,

doit finir

ailleurs

&

,

d'autres.

qu'on doit

,

comme

Guerre,

la

que vous venez de débiter

fentences

homme raifon que le

à infulter injujiement un

laijjiez aller

3.

s'enfuit,

il

la

le qualifie

Sépulture aux Ennemis (?_)Appien d'Alexandrie.

lon (6), Tacite (7), Lucain (8) & Dion (9) Chryfoftme, Le dernier, aulli bien que le Rhéteur Sopater la même choie.

difent à

publics.

Phi-

peu près

(10) cité ci-defque l'on n'eit pas dilpenfé de ce devoir envers les plus grands Enneajoutent mis , qui ne font plus Ennemis , dès qu'ils font morts. 4. Auffi voit-on dans l'Hiitoire une infinité (1 1) d'exemples de gens qui ont pratiqué ici la Loi de l'Humanité. Pour ne rien dire (12) d'Hercule, qui tenoitcela pour

fus

,

,

,

maxi-

(i) Ce n'eft point Ulyfe

§. III.

le

qui

,

cela, mais

ilit

tre

Auteur

MsvtXxs

'Eir

xt/rcs

>

yvuvut?

a"}

ivB-xviic-iv

vfiPi
nu.

Ajac. verf. iiio, plus bas , verf. 1 549

Le


,

île

trouve

VAntigone:

M

mxtuv

ts'x®-

Sed

1

n-î^ev h H^otoI?'-) 'Eyjt' t< yxp t»^' (Verf. 29. apud Barnes.) Et dans les Suppliantes: E« yuç ri Ki itiirov?ïXT Apytiw vite > '

On

citation

du vers de

fe trouvent point certainement dans toula Rhétorique d'un Auteur ancien , qui a été long tems prife pour un Ouvrage de Cice'ron. Je puis ici montrer finement la fource de l'erreur 5 c'eft un exemple inconteftable , qui prouve que nôtre Auteur s'eft trompé quelquefois pour avoir cité fur la foi d'autrui. Alberic Gentil, dans fon Traité De Jure Belti Lib. H. Cap. XXIV. pag. 459. après avoir allégué plufienrs des autorités dont nôtre Auteur a fait ici ufagc ; ajoute ce paffage , qu'il donne pour être du III. Livre de la Rhétorique à He'rennius: Mortuti irutum ejj'e neminem ofortet. Et Jîc UlyfTcs in Ajacc SoïHûCi.iS. Et Jîc iEneas:

te

&

,

Nullum cum

Nam

quod

,

viclis cevtamen

malorum

eft

,

extremum

fir" ,

athere

accidit

cajjîs. illis

jam

?

nec quidquam incommoài fenfuri fiait. Et fie Apollo apud [ Iliad. Lib. XXIV. verf. 24.] contra Achil,

Homerum

lem

Surdam il

fa-dat hutnum , implncatii cancitw ira. n'y a pas un feul vers de Virgile dans tous

les quatre Livres de la

Rhétorique dont il s'agit; quoique ce Jurifconfulte fe ferve ailleurs de cette raifon, pour prouver en pafiant que l'Ouvrage n'eft point de Ciceron: Qui [Auftor] dit-il, non eft Cicero,^ Virgiliana habet. Pag. 551. Il eft donc clair, que nô,

mors obruit

iras.

Mi

fugua fuum finem

tov iv

10J.

E^oi^en ctvTX?'

,

quum ,

jacet hoflù

habet.

,

Voiez ce qui

54.

fuit.

iïri to

tçyov civ&etrtrtioi tc x.01rots noxipots iyép.sn'S- &c. De Bell. Punic\ pag. Edit. Amft. (63. Ed. H. Steph. ) '

&

(6) Cet Auteur dit que ceux qui ont de la bonté de l'humanité , enterrent même à leurs dépens les Morts de l'Armée Ennemie ; que ceux qui étendent leur animofité jufques fur les Morts , ne laiffent pas de faire un accord avec l'Ennemi , pour lui permettre de leur rendre les derniers devoirs "hj 5 t£ t«V nt-

&

:

rm

1%3-çZv rctffîç u^tëcrif at fûv retïç aixoSsv ocC7rcl\iXi? et V«V Trayait tu e-â/xxTx iïtiïôvTiç > vntç, '"S iay, t?î tiXsvtxixç X,x£it®- xnoif^irxi tZv va/niÇoftsitav. îv xoXtuai uh o\ cvcftfIn Flacc. pag. 974. A. raÛTut (7) jrVe hoftes quident fepultura invident. Annal. Lib. I. Cap. XXII. num. 3. (8) Le paflage a été cité dans la Note 12. fur le
lu

ru> 7coKif.iu

imsuctlf )ù


>

'

,

'

&c

mi

paragraphe

A ix

1.

r»f XTro&xvévTXÇ ioùç en xçi'vst 7ro\if%,B-ÇXii fù, tv,)i v3>Çtv ils rx
:

Mais

£ff triftes

,

Trift. Lib. III. Eleg. V. verf. 2?

(O la

cecidêre odia

(lÀb.Vl.ccuir. Farm.) GrOTIUÇ. peut ajouter, fi l'on veut, ces vers d'OviDE: Corpora metgnanimo fatis eft proflrajfe Leoni :

fabat,

:

Grotius. non plus que

&

( Theb. Lib. XII. verf. 572 , 574.) On trouve une femlève : Ut terreatis viblable penfée dans Optât de mortuos , negantes funeribns locunu vos , ma le trutlatis Si inter viventes fuerat certamen , odia vcftra vel mors aliéna compefeat. Jam tacet , cum quo paullo ante liti-

&

Ti^-pmtiv y,f.ivvxtô-c 7reXe filXf xxXZç. (Verf. cas , 529.) Grotius. (?) Nullttm cum viclls cevtamen, fif athcre caj/îs. (/En. XI, 104.) L'Auteur de h Rhétorique adrejjée à Hf.'rennius, citant ce vers, ajoute, qu'il eft arrivé aux Morts tout ce qui peut leur arriver de mal Nam quod malorum efl extremum , accidit illis jam.

Ces paroles , Virgile, ne

fai

les ai

&

ytr/].

difcotirs iVUlyJfe fe

ctvB-fOJ7rourt

1

d'où celui-ci avoit tiré les cherchées inutilement dans le Recueil des anciens Rhédans Quintilien, teurs Latins, publié par Pithou , à Paris , en 1599. Elles ont pourtant un air , qui n'eft pas moderne. Beltaviimts : efto. (4)

Je

paroles qu'il rapporte.

& fcqq.

,

(2) Dans un Fragment

&UvaT&> yxp

vxwrxf

qu Al-

n^a eu d'autre garant de fa citation

beric Gentil: mais je ne

Chœur.

X 0.

fttXÇ

>

tÎsto

aoi

ry,y

[email protected]>~

ir,vi

/xsXi)

uxtx

,

'>

TtS tX^^t u.'j*,
Controverf.

00

Jo-

Du maxime;

Alexandre

droit de Sépulture.

Grand (a)

le

fit

LlV.

Ch. XIX.

II.

enterrer de fon pur

37

mouvement ceux

qu'il avoit

Hannibal en ula ainfi à l'égard de (13) Cajus Ylam'mim , d'&nilim (14) lW/# , de (14) Tibérius Gracchus , de (16) Marcelin* , tous Romains; en forte que, comme s'exprime Silius Italicus, (17) on eut dit que tétoient des Généraux Carthaginois , à qui il rendait les honneurs de la Sépulture. Les Romains tirent la même chofe (18) à l'égard d'Hamion, Carthaginois; Pompée, (19) à

en pièces à

taillez

la Bataille d'IJJùs.

l'égard de Mithridate

à l'égard

;

d'Archélaiïs.

Démétrw, (20) à l'égard de plufieurs; Marc Antoine, (21) Dans le ferment que faifoient autrefois les Grecs lors qu'ils ,

il y avoit cette claufe alloient porter les armes contre les Perfes (22) J'enterrerai tous ceux de nos Alliez qui feront morts dans le Combat ; çj? je ne refuferai pas même la Sépulture ,

aux Barbares,

lors

que nous ferons Vainqueurs.

:

On

voit par tout dans les Hiitoires

les

,

Ennemis obtenir l'un de l'autre la (23) permifîon d'emporter leurs Morts. En voici un exemple tiré de Pausanias: (24) Cétoit dit-il une chofe confiante parmi les Athéniens que leurs Ancêtres avoient enterré les Médes [ qui avoient été tuez à la parce qu'il y a une obligation indijpenfable d'enfévélir Bataille de Marathon"] ; les ,

,

,

,

,

Morts

quels qu'ils foient.

,

On

5.

trouve à

la vérité

des exemples

du contraire

mais qui font généralement con-

;

damnez. (n) Joseph , met au rang des Loix de Moïse, Qu'on doit enterrer les Morts , fans en excepter ceux Ennemis Ox^ria-^-uc-xv $i >£ oi sroxîuioi. (Antiq.

des

repréfente Iliad. Lib.

Agamemnon

faifant

n'eft

HoME'REnous

enfévélir

les

Troiens

,

Antigomts en ufa de même à l'égard l'apprend Plut ARQUE (Vit.

VII.

de Pyrrhus;

,

comme nous

Pyrr'h. in fin. pag. 406. A. Il

pas dit

,

dans

B.) Grotius.

Ho m f'r e

fit

les

&

fut le premier, à ce qu'on dit, qui accorda trêve pour enterrer les Morts , au lieu qu'aupara-

(12)

Il

vant on

manger aux Chiens ceux qui avoient yxg tm If xiZvos vekç&ç viMxrnôviïus

laifibit

,•

,

parla perennis

:

-

XV

De

Bello Pun. Lib. verf. 589, 390. (18) Ceft de V a l s'r e Maxime que nôtre Auteur a tiré ceci : Pro quo fortijjimè dimicans Hanno dur Carthaginienfium occiderat ; corpus ejut è tabernaculo fuo amplo funeri extulit [L. Corn. Scipio.] Lib. .

qu' Agamemnon

,

Morts de l'Armée Troienne, mais feulement que l'on convint d'une trêve , pour enterrer chacun les liens. Voiez verf. 996, feqq. enterrer

une

cecidijfe ducem facem fubdens Laus , inquit Marcellum abftidimm Latio

Sidonimu Lpfe

:

Jud. Lib. IV. Cap. VIII. pag. 127. B.)

V. Cap.

num. 2. (19) Voiez A P P 1 F N d'Alexandrie Amft. (250. Ed. H. Steph.) (20) Comme, par exemple, après remporta à Salaminc , fur Ptolomée; ejus

I.

,

Vit. pag.

,

pag.

Ed.

415.

victoire

la

qu'il

PlutarCH.

in

896- A.

lian.

(21) Voiez Plutarque, dans fa Vie , pag. 917. B. (22) L'Auteur a tiré ceci de Diodore de Sicile; je ne fâche du moins aucun autre Hiftorien qui ait rapporté la formule du ferment dont il s'agit mais il

fi

a

ete

tuez

Tlçurcv

:

îito^oruy rut/ r«re oXiyuOiïy rZv TXtyr, fù, XTtoXÙTtiw xvnsç xvnav aiï'nvov tivxi. -^EFar. Hifl. Lib. XII. Cap. XXVII. Voiez aufPkutarque, dans la Vie de Théfée , pag. 14. A.

unoà&jcu

>

ttvYiPvif.t(]iuv

:

mal

pris le fens de

la

qui étant bien expli, Voici l'original 'A;&*

claufe

tw

Grotius.

quée

,

(13) Hannibal fit chercher le Corps de Flaminius ; mais on ne le trouva pas : Flaminii quoque corpus , funeris caulfa , magna cum cura inquijîtum , non invenit. Tit. Liv. Lib. XXII. Cap. VII. num. 5. (14) Ceft aufii Tite Live , qui nous apprend cela, mais comme une chofe rapportée par quelques Auteurs & qu'il ne donne pas pour certaine Confulem quoque Ramanum [L. iEmil. Paullum] conquijîtum fepultmttque , quidam mHores funt. Cap. LU. Ibid. num. 6. (iç) Autre fait encore incertain Funeris quoque Gracchi varia efl fama. Alii in cafirit Romanis fepultum ab fuis ; alii ab Annibale (£ff ea vulgutior fama efl) tradunt in veftibulo Punicorum caflrorum rogum exflru. ipfo Annibale omni rerum verborumque lium c(fe honore exfequias célébrante. TiT. LlV. Lib. XXV. Cap.

h rq

fitdx;r\

ruv
:

,

:

.

.

.

XVII. num. 4. (\6) Voiez Plutarque, dans fa Vie, pag. %\
(17) Ceft en parlant de

lilarcellus

:

ne

fait rien

au

fnjet.

:

rcXS'jry.a-xvrx?

x) x.Pxty,(txç

rZ

tw BxPâxpaiv

zroXÎ/uco

*-<

:

&

XL

&

Ennemis. Nôtre Auteur aiant ou mal retenu le paflage , l'a tronqué , changé

la

poiuftnation

,

comme

s'il

ou , tems Uxvru?

lu à la hâte

&

en

y

avoit

même :

Vol)£ , XÇXT^TCCÇ TV SToXiflM , T>i? BXÇllXOXJ. , exemple bien remarquable de la nécefllté qu'il de avoit de chercher les fources des Citations , conférer les PafTages cifcz avec les Originaux. (2?) Nik^v x>xipi
§cL-\/U là un

&

y

Chap.

XX.

§.

4$.

Grotius.

Voiez -en un exemple dans

la

Note 21. fur

le

§. 1.

de ce Chapitre. '

(24) Ta? •BXVTCOÇ

Pt Mjî'^î

OG-M XV&DMTTii

Ah/jvxloi fùv 1/£>.P0V

ùc. Cap. XXXII. pag. â.

bx^xi

XÎyuriv

y*i KPil^/Xt. Lib. ÏVech.

I. feil

,

ùs At-

Eli.

E

3

05)

(a) Diodor.

g^b.XVIL 40-

,,

dhwV

£>//

38

rfi?

Li

Sépulture.

Virgile traite de (2?) fureur, Ennemi; & Claudien (26) dit, que RE de Sicile, (27) c'ç/? une férocité brutale de même nature que nom.

C

IL

v.

c'eft

de

la

que de faire

,

XIX.

H.

Sépulture, par rapport à un dépouiller l'Humanité. Selon Diodo-

le refus

damnez.

la

guerre à des Morts qui étoieut

§. IV. 1. Je vois néanmoins , qu'il y a des raifons de douter, fi l'on n'eft pas dispenfé du devoir de la Sépulture envers ceux qui s'étoient rendus coupables de quelque qui eft une excellenLa Loi Divine , donnée aux anciens Hébreux , forfait infigne.

&

Ca) Deut. =?.

bien que de toutes les autres Vertus ; (a) ordonne d'enterVoiez Nombr. rer le même jour un Pendu ; genre de fupplice qui étoit regardé comme fort ignomiXXV 4. //. Auiii Joseph , PHiftorien Juif , (1) nous apprend-il, que ceux de fa Nation .Vuw.-.XXIjij. nieux. enterétoient fi fort exacts à rendre le devoir de la Sépulture , qu'ils emportaient D'auroient avant le coucher du Soleil les Corps de ceux qui avoient été fuppliciez. tres Interprètes Juifs ajoutent , qu'on en ulbit ainfî par refped pour l'Image de Dieu ,

XXI,

Ecole d'Humanité

te

auffi

,

,

&

à laquelle

l'Homme a

été créé.

Parmi les Grecs Orejle, aiant tué Egifhe, le fit enterrer, au rapport d'HoME're (2) quoique cet Egijtbe après avoir commis adultère avec la Reine Clytemuefre Chez les Romains auiîi le Jurifconfulte Ulpien (3) eût tué le Roi, Père & Orejle. fut d'avis de ne pas refufer aux Parens les Corps de ceux qui avoient été exécutez. Paul autre Jurifconfulte (4) dit même qu'il faut donner ces Corps à quiconque Et les Empereurs Diocle'tien & Maximien (î) déclarent, dans les demande. un Refcript qu'ils ne détendent point d'enterrer ceux qui ont été punis du dernier fup2.

,

,

,

,

,

,

,

,

plice.

On trouve bien,

3.

ont été viles

que dans

,

dont (O les Corps des exemples de gens , mais ces exemples font plus fréquens dans les Guerres CiGuerres avec des Ennemis du dehors. Aujourdhui encore on laide long dans

laiffez fans iépulture

les

les Hiftoires

,

;

(25) XJnum

hoc, per ,Jiqtia efl vieil; venta bojlihuf, oro ; Corpus huttto patiare tegi : fcio acet ba m e> n-m Circumjlare odia : hune, oro, défende fur or cm.

(/En. X, 902 mi carton tram T U S.

,

&feqq.) Sur quoi S E

&

,

poft fata

8.

V

I

U

S dit

Javire cupientem.

:

Lr.i-

G

R o-

I

(26) Voiez paragraphe 1.

le

pafiage

dans

cité

la

Note

16. fur

le

AuGV

S

GBST

TU

S

De Vita fua ferihit. D r. XXIV. De caiaveribus punito-

S Lib. I.

Lib. XT.VIII. Tit.

Guerre: npoijxB-oi j sis tooStov xcrifiiixs, «ci XTXpxs pi'-^/Xt , y-cti toi toitxvtw lxoxia» nsçi txS TX
H

&

&

remarque du Scholiaftc

Lcg. I. , (4) Corpora animadverforton quibuslibet petentibtu ad fepulturam dandufunt. Ibid. Leg. III. (5) Obnoxios criminum digno fupplicio fubjeSlos , fepuU

turx tradi non vetamus. C O D. Lib. çfffumt.fuu. Leg.

Htoi o T(,v xtsivxs exitv Txipev Apyti'ctTtv M«iT£ ôs tî çvyspts xxi xuxXKt^uS Aiyic-B-oiê. Odyff. Lib. III. verf. 509 , 510. P A V s A N 1 A s nous apLib. IL prend , qu'ils furent enterrez hors de la Ville feu Corinthiac. Cap. XVI. pag. $9. Ed. ÎVech. damnantur cognatis capite eorum qui ipfoCorpora , , (?) rum n'ganda non funt : £$r id fe obfervure etiam D I'

:

cette

coutume des Romains

vre touchant Fkccttt

T

u

1

XLIV. De

III. Tit.

XL PhïlON,

mention de

,

Juif, fait dans fou Li-

(pag. 977- A. Edit. Tarif.)

,

G

R 0-

S.

JOSEPH

appelle , infultcr à un Ca(C) Ceft ce que davre; dans le dii'cours qu'il fait tenir au Roi Alexandre Jannée , à l'heure de fa mort ''EtsfF xxd-v£ptT av XTXtptx fta B-£Xr,cxcri tov nxpov coç zroXXx zrs7rovB-oTéî i| itti' &c. (Antiq. Jud. Lib. XIII. Cap. XXIII. pag. Déclamât. IV. (Cap. 463. D.) Voiez Q.U IX. init. Ed. Burmann.) où l'on trouve ces mots: Quod :

>

intilien,

[lex] infepultum volait abjici

&c) G R

O T

U

I

S.

Hérodote qui nous apprend

cela. Voirépondre Paufanias à Lampon , un des plus confulérables de l'Ile iVEgine: 'n £«,1 'Aiyit» /xh tvtaiî» Ti kj zs^oùpx* t xyxfuti > y.uvy,tx >

(~)

C'efl:

comment

ci

jXyjÇ

uiv

il

fait

^8,

Têi r,yMpTr>x.xç ^ÇJîfîf. "t^ceexi yxg f.ve Ktct Te tiyey 1 t? to /ur,H» Kxrt(ixXs( >

Tv t uxTery ê

HM

:

,

rum

religiojis

Aï&cc ro TToXsuslv tZ» ôuotyi/Xuv toi? nriKivrr,Lib. V^ Cap. X^IX. pag. 215. Ed. H. xlri $y,çiZ}ss. Stepb. §. IV. (1) C'eft en parlant de la cruauté «les /rf«meens , dans le carnage qu'ils firent des Juifs , péti-

{-?}

félon la

v u

vstcÇui Xviuott'vfa-S-ett

tot u-

x>cx
'

««'

T«tT« vronu

,

,

QxS

x.x\

7rxpxtx/ust-

TX-sset-xu /xxXXev fixpUxpeicri foitap , Lib. IX. > 3 tmfàonof&Diî

,

&C

r.Ttip

"E^ntri

Cap.

LXXVII. LXXVIII.

,

Jjf

r-oix-st'utTi

Fade, atradature

(gj Supplicia

Thcbaid. lib.

,

extranique tatnenfecurefepulcri,

XIL

verf.

780, 781.

* §•

V.

,

Du

droit de Sépulture.

,

Nous voions

4.

L

C H. XIX.

IL

V.

I

monde

39

Corps de ceux qui ont été concertains crimes. Mais c'elt une queltion controverfée & entre & entre les Politiques fi cette coutume eft bien louable. qu'on a loué ceux qui ont fait enterrer les Corps d'autre côté

long tems expofez à damnez à mort pour (b) les Théologiens ,

la

vue de tout

le

les

,

,

de certaines perfonnes qui ne l'avoient pas elles-mêmes permis à d'autres. C'eft ainétant follicité par ceux de l'Ile d'Egme à lé venfi que Paufanias , Roi de Lacédétnone ger de la manière indigne dont les Perfes avoient traité le Corps de Léonide en u& du nom fant de repréfailles ; rejetta la p'ropofition, (7) comme indigne de lui ,

,

(b) Roch. de confuetud. fol. 12.

Abb.

in Can. XI.

Décrétai.

De

Sepult.Sylvefl.

verb. Sepultura , Quaft. X.

,

fes

coups

(8)

:

Va

,

qui

Théfée dilànt à Créon,

Stace introduit

Grec.

malheureux

,

point d'expirer fous , £f? qui peux néanmoins Roi Alexandre Jannée (c) quoi

elt fur le

que de cruels fupplkes attendent

(c) Jofepb. Les Pharifiens enfévélirent le Antiq. Jud. qu'il eût traité fort ignominieufement les Morts de fa nation. Lib. XIII. Si quelquefois Dieu a fait en forte, pour punir certaines perfonnes qu'elles fuf- Cap. XXIII. f XXIV. & /oqui le met au fepb. Gorion. il a ufé en cela de Ion droit fuprême fent privées de la Sépulture (d) I.Sam. Goliath en faire pour montre mais (d) de tête la David garda deflùs des Loix. XVII, 54. d'un homme qui avoit bravé infolemment le Dieu c'étoit la tête d'un Etranger, d'IJraèl: on vivoit d'ailleurs, en ce tems-là, fous une Loi, qui bornoit le nom de Prochain aux Israélites. §. V. 1. Il y a pourtant ici unechofe à remarquer, c'elt que les Juifs même, (a) Lib. III. comme nous l'apprenons de (1) Joseph, & (a) d'HE'GE'siPPE exceptoient de la eu?, xvii. régie générale touchant la Sépulture des Morts ceux qui s'étoient fait mourir eux-mêmes. Et il ne faut pas s'en étonner, puisqu'on ne fauroit punir d'une autre manière ceux pour qui la mort n'eft pas un fupplice. C'eft par la crainte d'une telle punition après (b) Attl. GeU. que l'on fit perdre autrefois aux Filles de Milet (b) l'envie de fe tuer elles-mê- Lib. XV. Cap. la mort on en ma de même à l'égard de (2) la Populace Romaine ce que (3) Pli- X. Plutarch. mes:

être ajfûré de la fépulture.

,

,

.

,

,

:

,

&

,

,

,

&

,

ne

de Millier, virtut. II.

(1) Ce n'étoit que jusqu'au coucher du Soleil corps fans fépulture , félon la Loi qui 011 enterrât même ceux qui avoient été peu lus: T»? ySv euisXovrxç txvTtc; , 7rxe& f**» i}uw fjtixtn ihtx iïvo-EaÇ ocruÇa? y-ÇVTp.uv sx.çt*ow > xott toi tCj §. Y.

qu'on

laiflbit ces

vouloi' Qll'âlor§

isotet*.n<; B-etxtuv

Lib.

III.

Cap.

iVHr'gï'sippe

S-éutrov

XXV. ,

De Bell. Jud. iyé&uwt &c. Pour ce qui eft 859. A.

pag.

que nôtre Auteur

cite auffi

,

il

ne par-

pas des Juifs , niais des autres Peuples , parmi lesquels .es uns , dit-il , font jetter à la voirie les corps les de ceux qui fe font donné la mort à eux mêmes autres enr coupent la main &c. Hœc non folum moribm boninum , fed etittm legibus , interdicia ciccipimzu : namque alii infcpultos projici jubent eos , qui fe inferrum dextram mamtm abfcindunt de('Hl dcjeoeruit Cette dernière forte de peine e'toit en ufunéti: &c. fage clez les Athéniens, comme il paroît par ce que nôtre Auteur remarque dans la Note $. fur ce paragraphe où il cite ce même endroit d'H e'g e's i ple

,•

.

P

e.

ait

informis

,

quum

lethi

nihil fit

Régime

MINA az'f,

,

Ergo , quafî mortis infamiffimx. Poêtam etiam pro ,

bac morte deformim

accipiamus. C'ASSIUS autem HeTurquinium Superbum, quum populum cloa, & ob hanc injuriam multi fe fut

dignitute

dixijj'e

cas facere coegiîret

pendio necarent , jufliffe corpora èorum cruci adfigi. l'une primuin turpe babitum e/t , mortem Jibi confeifeere. In Ea\. XII. (verf 603.) GrOTIUS. Voiez le Traité de Jaques Guthier De Jure Ma~ nium , Lib. I. Cap. X. & les Obfcrvationes Jurù Romani de Mr. de BrNC.KERSHOEK , Lib. IV. Cap. IV.

où cet illuftre Jurifconfultc allègue bien des raifons pour faire voir , que , félon le Droit Romain l'Homicide de foi-même n'étoit puni , que quand il en revenoit du tort on au Public ,
lier.

(9)

Il

ne défapprouve pas

moque de ceux

me

fi

,

après la

la

punition, mais

fur qui elle faiibit impreffion

mort, on pouvolt

être

i

fcniille

il

fe

comà

la

manière ignominieufe dont nôtre corps eft traité jQuum opus Tarquinius Prifcus pleins manibus faceret , ef:

(2) Ce fut Tarquin l'Ancien , qui inventa cette punition. Il faifot travailler par force le Peuple à des Cloaques. dangereux , pluComme l'ouvrage étoit pénible Il crut ne poufieurs 1: pendoient , pour s'en délivrer. voir mfeùx faire, pour prévenir ce mal, que d'ordonner, qie les Corps de ceux qui le feroient ainfi mouC'eft ce que nous rir fcrofiit expofez fur une Croix. apprend Se rvius , fur la foi d'un ancien Hiftorien Latin: Et nodum informis lethi] Fabius PiCTOR acit , quod Amata inediâ fe interemit. Satie ciendum , qiod caution fuerat in Pontifîadibw Libris , ut qui Uttds bene laqueo -eiuvn fnijj'ct , itifepuitus abjiççretiir*

&

f

id

incertum longior cm pericuiojïor , paj/im con, jQuiritibzis tadium fugientibitf,novum inex, cogitatum antea pofteaque remedium invenit illc Rex , ut omnium ita defunclorum f.geret crucibiis corpora , fpeéiauda civibus , Jïmul £9* ferù volucribusque lacer audit. .Çitamobrem pudor Romani nontinis proprius , qui fepe res perditas fervavit in praliis , tune qitoque fitbvenit : fed illo tempore impofuit , tum crubefeens , quum puderei vives , tumquam pudititritm effet exjtf'nffos. IliiL îut. Lib. XXXVI. Cap. XV.

fetque labor feità nece

&

(4)

Tom.

pag. 249.

Du

40

droit de Sépulture.

LI

IL C H. XIX.

V.

ne défapprouve. Cléoméne s'étant tué (4) le Roi Ptolomée fit pendre fon Corps. En un mot, c'était un ufàge commun, comme le (0 remarque Aristote de flétrir en quelque manière ceux qui s'étoient donnez la mort à eux-mêmes ce qu'un (c) Commentateur de ce Philofophe explique d'une privation de Sépulture. ,

,

;

(c) Andromc. Rhod. pag. dit.

552. Heinf.

E-

1617. (d) Orat.

LXIV. (c) Voiez Stobée, Tit.

CXXVI.

Démonajfe

que (d)

En

Reine de

,

Chypre

,

l'avoit ainii

ordonné

&

;

c'eft

un de

réglemens

fes

Dion

de Prufe loue fort. vain objecteroit-on contre cette coutume, ce (e)

f

qu'HoME RE, Eschyle, difent Que tes Morts n'ont aucun fentiment; du mal ni leur caufer de la honte. Car il pendant qu'on eft en vie on craigne d'être traité après fa mort d'uiiiffît que ne certaine manière (6) pour que l'on foit détourné du mal par cette considération. 3. Je dis, qu'il y a du mal à lé faire mourir foi-même. Car, quoi qu'en difent les 2.

Sophocle

&

Moschion

,

on ne

qu'ainfi

,

& d'autres

,

,

fàuroit leur faire

,

,

,

,

,

,

&

autres , qui ont cru qu'on pouvoit légitimement abréger fes jours, (7) Stoïciens , éviter PEfclavage , ou pour fe délivrer de quelque Maladie , ou même pour aquérir de la gloire ; les Platoniciens (8) avoient railbn de donner pour maxime , que l'on

pour

ne doit (9) pas déloger de cette Vie fans l'ordre de celui qui a mis nôtre Ame dans C'eft pourquoi les Juifs exprimoient la mort nôtre Corps comme dans un Pofte. par un mot qui donne l'idée d'un (10) congé: Expreffion qui étoit aufli en ufage par,

,

mi (4) Voiez Plutarque Ck'owéne, pag. 825. Tom.

&

dans la Vie d'Agà de Ed. Wecb, Mais, comme ce ne fut pas à caufe qu'il s'étoit tué lui-même , que Ptolomée Philopator détraita ainii fon cadavre ; mais parce que , dans le pit de fc voir retenu comme prifonnier , il avoit exci-

remarque

le

une



ici

&

fédition

(O

Aio

iCj

il

,

I.

Gronovius,

une conspiration contre lui. Ç^/xtot xxi tu utijxix

&0X1S

'

•srpctreçt

TU iXVTOf à~iOt
,

rateur

me

on

,

cela

Eschine,

lui coupoit la

&

que quelcun s'étoit tué lui-mêmain , dont il s'étoit fervi pour dans un autre lieu , que le refte

on l'enterroit K«î txv t<; xvtov Sixxç^o-tTxi t^> x £ ^x tSto arÇ«few#f X u Ç i; tS câuuToç > B-X7flo/usf &C.

,

du Corps Tr,t

lors

:

,

>

>

iEsCHiN.

Orat. adverf. Ctçfiphcnt. (pag. qoo. A. Edit. 1572.) Voiez He'ge'sippe, Lib. III. Cap. XVII. [& Joseph , Antiq. Jud. Lib. III. Cap. XXV. pag. $55. A. ] Grotius. (6) Dans une Déclamation de Quintilien, il eft remarqué , au fujet d'une Loi qui condamnoit les Corps des Tyrans à demeurer fans fépulture , qu'on a cru cette forte de punition nécelfaire , parce que l'idée en frappe bien des perfonnes plus vivement , que celle At berdes peines qu'on foufFre étant encore en vie de ut infepultm ubjiciatur Tyrcmmu , ad vindiciam , ad fecuritatem pertinet. Non fat if putavernnt majores, eas panm adverfu* lyrannum canftitucre , quai pqjjit excipere in vit». Multos magis tangit fepultura : ad cogitutionem Declam. pofi Je futworum plerique gnwiîts moventur. CCLXXIV. Au refte , cette Loi n'eft pas chimérique : l'Auteur du Traité fur la Poeiie d' Homère , attribué ordinairement à Plutarque, mais que d'autres croient être de DeNys d' Halicarnajfe , nous eft un bon garant de fa réalité. Voici ce qu'il dit , en citant les vers , que l'on a rapportez ci-deflus , §. 2. Note 9. Kxi oVeti «»>i£?3»*) L« " AiytcS-os] , (f>r,e-'iy oti ùx x» irvze TxÇtis , TSTO yxp i7TI TM TvÇXVtU» »£>«fITlÇ MfVlhXOÇ TtX^I Tw ks Sec. Pag. LXX1II. Edit. Barnef. pis-cti (7) Vo-iéz ma Préface fur PuFENnoRF, §. XXVII. à la fin ; pag. CXI. de la féconde Edition. (%) On trouvera plufieurs choies là-deflus , dans dans Macrobe, Plotin , dans Olympiodore, Plufieurs autres Philofophes fur le Songe de Scipion. Bafil.

:

'



&

étoient aufli d'opinion contraire à celle

comme Sene'QUE fos fapientiam nefas judicent ejfe

exitunt

,

le

des

Stoïciens >

reconnoît: Inventes ttiam profef-

vim adferendam

fux

,

qui

,

ipfum interemtarem fui fieri

quem vatura

vitœ-

}

negent

,

&

exjpcclandum

Epift. I.XX.

deerct-'it.

Brutits

même

qui imita depuis l'exemple de Cuton , l'avoit , défapprouve dans fa jeuneffe , fur ce principe , qu'il n'eft ni beau ni honnête , ni digne d'un homme de cœur , de fuccomber aux revers de la Fortune , d» fe dérober aux fâcheux aecidens , au lieu de les foùtc-

&

nir courageufement:

Nfo?


lyà,

Kxo-
k,

ts^xy-

bx età*' cira; iv Çi^atroÇicc. Xoytu el? ix. xvèçes 'îpyov , i>%e>x,upiïv tu cxi/movi , yC iayi xot'ùs , x)& à'eXic-B-xi TO (TV/XTtHifloV XTico'iè'pxcrx.stv. [Plutarch. ii) Brut. pag. 1002. E. ] Procope fait dire à quelcun , que les Sages trouvent qu'on donne mal-à-propos le nom de valeur à cette folle impétuofité qui porte à braver la mort ; que c'eft d'ailleurs une cfpéce d'ingratitude envers la Divinité: Bi'xieç xx/uctTu» U7istf>ss

f.ayxv ee-.ov

1

r,Tnx.(TûiuïiV

-,

aà'

&

TXÇfo(Pi}

tov

xxprs"'

S-Çx
1

xtoïiTov

>£ ,

TO 01 EtÇ CHOIX ZrÇCTïlTY.S tS ts o£xçr,Çiis zrfo
&XVXix-

tv-

emxi coxsï. xxi toi >£ tSto ectyre us to .ystov xyvauoiit*. (y.XoytCeo-mi y^v, ju.t] ti Gotthic. Lib. IV. (ou Hijt. Mifc. Cap. XII. dans la Harangue d'un Soldat , envoie par Bejjas à la Garnifon de la Citadelle de Pérée.) Les Sages des Indes , à ce que difoit Me'gasTHE'ne , blâmèrent Calanus de s'être fait mourir lui-même fur un bûcher; parce que les maximes de leur Philofophie condamnoient une telle manière de hâter fa mort , faute de pouvoir foufirir la vie: MsytwS4ms o\ h /xh t$ïs ÇiXocoÇoiç ùx. «vxi èoytix (Prj
Tois

ye

o-ûtpeoo-t* ,

'

'

.

Grotius.

Cel

mi

les Grecs,

&

tius,

Du droit de Sépulture. L I V. II. C H. XIX. & dont on trouve des exemples, entr'autres dans

41

(n) The'mis-

,

dans (12) Plutarque.

Quelques Juifs (13) pourtant exceptent ici un cas, dans lequel ils regardent l'Homicide de foi-même comme une (14) [ortie raifinmable de la Vie, c'eft lors qu'on voit que l'on ne peut plus vivre que d'une manière qui tourne à l'opprobre de JL)i eu même. Car comme c'eft Dieu qui a un plein droit fui- nôtre Vie, d'où vient que Joseph le repréfentoit très-bien nous n'y en avons aucun nous-mêmes ainfi que (1 à Tes Compatriotes; ils croient qu'il n'y a qu'une préibmtion de la volonté de Dieu, faire quelque choie qui avance le tems de nôtre mort. Us rapqui puilfe autorifer à 4.

,

,

portent à cela l'exemple de (f) Samfon, qui voioit qu'en fa perlbnne la vraie Reli- (f)/«Chap celui de (g) Saiïl , qui fe xvi feroit déformais expofée aux infultes des Profanes , pour ne pas devenir le jouet de ceux qui étoient (g) /. Srn». laifla aller fur la pointe de fon Epée les liens: car ils prétendent que ce Prince s'étoit repenti Chap- XXXI les Ennemis de Dieu depuis que l'Ombre de Samuel lui eût prédit qu'il mourroit , s'il livroit bataille ; que, non obitant cette certitude qu'il avoit de fa mort il ne lit pas difficulté de s'engager au la Loi défenfe de fa Patrie de de Dieu la aquérant là combat pour par une gloire ; immortelle au jugement même de David, qui loua aufli ceux qui avoient fait à Saut Docteurs allèguent honorables. Les funérailles un troifiéme des Juifs exemple c'en:

&

gion

*

,

&

-

,

,

&

,

&

,

,

celui

Ce

n'étoient pas feulement les Platoniciens

,

qui con-

damnoient l'Homicide de foi-même. Platon , leur Maître , avoit tiré ce dogme de la doctrine de Pythagore. Voiez ce que j'ai dit , dans ma Préface fur le grand Ouvrage de XVIII. pag. §.

Pufendorf,

LXXIX.

de la féconde Edition. (9) Voicz, fur cette matière, Pufendorf, Droit de la mt. £f des Gens , Liv. II. Chap. IV. §. 19.

(1?)

'

Luc,

Voicz

AiroXvsa-S-xt.

&

II, 29.

Verlion des Septante, Gene'se, XV, 29. ou verf. dern. , Grotius.

dans

la

Nomires,

2.

XX

Notre Auteur ajoute que

,

dans

Notes fur

fes

Marc Antonin

fe fert,

,

Evangiles

,

pour exprimer

'

,

'

'

>

Voici apparemment le paflafa mémoire l'a trompé. ge qu'il a eu dans l'efprit "AntS-i iv i* rS £?» tvftsvks, n [c'eft ainfi que Gataker lit avec raifon , pour UToêpyi
,

jj

&

&

Marc

&

& MKNT

d'Alexandrie, où xnoXvirii

fent de la

ge

fi

mort

lo

&

,

Cap.

&

x7roXvic$-xi fe din'auroit eu garde d'oublier un pafla-

;

exprès de fon Auteur

non plus dans

fa

Diflertation

VIL où

il

traite

d'autres approchantes,

même. Il ne le cite pas De Novi Injlrumcnti fly-

de cette façon de parler avec un grand étalage d'au-

toritez.

T

&

Dieu

&

&

:

II.

*

w-

,

'

',

Grotius. (14) "EvXoyo; i^xy^yi. Voiez Diogene Laerce

Expreflîon ,

Lib.

VIL

des Stoïciens. là190.

&

§.

deflus les Interprêtes.

(15) C'eft dans le difeours qu'il fit à ceux qui étoient enfermez avec lui dans une Caverne, & qui vouloient fe

tuer

eux-mêmes

mains des Romains /3*>.Ai<

:

,

pour

éviter de

oix-vuivovi



Koï.ciOtv miv ,

rS 0s»

'e« êi tiç

rnv 7fxpxKXTx6^Ktiv rS

y.xiov vsvouiçxi

j

tomber entre

a-tperipa

rus x-xocfxvrx ; oIkitxs

y.uy zrovtipxç

les

cûftMTo? £*-

XiX>iB-ivxi dbfcii rov *-. 1

tiXTXhfjuci os
01-

,

xv->

rci j x.xhXiçov oiTTior-viv xxootà'çx'j'xevTSÇ rov Qiov , a 00quelcun chafle de fon Corps le x-iftiv ctc-slistv ; 33 Si 53 ,5

O M.

De Anima.

xxXxtri.

(12) Eaiç xv ©fcV XvtoS «V«At» xu.q>eT£Çwv<ïo%xAvrox^xropx tvXx&tixi , xj tos< llofiîvisç , >ù ry,s wpoç ysvr.cerxt ) tSTy,s vpo? nss Kx^-cc-iufiévisî x%oiïox*sTô , (XV VTTSXTtoft-V CtfilOTX (llX KXTXtyeoVY.FXvrSS Q De Légat, ad Cajum , pag. 1026. B. C. Edit. Parif.)

&

les

du mot d" AnotetTxpyiïv , qui lignifie , fortir ou de fervice. On trouvera le partage , au Liv. X. §. 22. fur quoi on peut voir le Commentaire de Gataker. Mais pour cet autre paflage du même Empereur , que nôtre Auteur cite auffi au même endroit: je crois que ÀV<.9-< iv iXiuti >c. yxp à xtcùXvm ïxtus

Mort

la

Remploi

xxôkvcu

55

dépôt précieux, que Dieu lui a confié [l'Ame] ; croions-nous que celui , qu'il a offenfé par là , n'y prendra pas garde ? Lors qu'un Efchve s'eft fauve

F

53

on

Vu

42 (h)Z;V.iï. celui de Razia* Cbap.XIV,i7. MaCCHABF.'eS.

L I V.

droit de Sépulture.

Confeiller de Jérufalem} dont

,

il

ÏI. elt

C H. XIX. parlé dans l'Hiftoire (h)

des

du Chriftianifme nous fournit (i) des exemples femblables, de gens font donné la mort à eux-mêmes , de peur (16") que la violence des tourmens les contraignit à abjurer la Religion Chrétienne: comme aufïï de quelques Fildef.ub'vui ne lap. xh. 'les, (17) qui fe font jettées dans la Rivière, pour éviter la perte de leur honneur ; que l'Eglife même a mifes au rang des Martyrs , loin de flétrir leur mémoire. On fera bien néanmoins de lire ce que St. Augustin (18) penfe là-deffus. 6. Je vois que les Grecs mettaient une autre exception au devoir d'enterrer les Morts ; c'eft celle que les Locriens oppoibient 'à ceux de Phocée , lors qu'ils leur difoient, (19) que, félon la coutume reçue généralement parmi les Grecs, ou jette a la 0) Voiez Eu/ébe, dans

L'Hiftoire

?•

qui

fe

&

Dion de Frufe dit auflî que l'on refuie la Sépultuaux Scélérats. La même chofe étoit établie à Athènes contre comme nous l'apprenons de (21) Plutarque. les Traîtres 7. Pour revenir à mon fujet, c'elt une chofe reconnue fort unanimement des Anciens, que le refus de la Sépulture fournit un julte fujet de faire la Guerre à Cela paroit par ce que nous avons déjà (k) rapporté de l'hiitoire de quelcun. voirie les Corps des Sacrilèges.

,

re aux (20) Impies Se ,

(*0 r.um.

§• 5.

Thej'ee

après

,

Euripide & Isocrate.

Voila" pour

ce qui eft du devoir de la Sépulture. Il y a encore que l'on doit accorder ou laiffer à autrui en vertu du Droit des arbitraire comme cet que l'on a poifédé long tems fans qu'il nous appartint tablement; les Succellions abinteitat; & ce que l'on a aquis par un Contract y a de l'inégalité , quelle qu'elle foit. Car quoique toutes ces choies tirent en que façon leur origine du Droit Naturel les Loix Humaines les fixent & les

VI.

§.

tres chofes

,

,

,

d'au-

Gens véri-



il

quelaffer-

contre l'incertitude des conjectures foit contre certaines exceptions que le Droit Naturel femble fournir d'ailleurs ; comme (1) nous l'avons fait voir ci-deflus «n parlant, lors que nous traitions de ces matières, par rapport au Droit de Nature. millent

,

foit

,

CHA,, ,,

,,

„ v,,

on juge qu'il cfl jufte de le punir , quand même fon Maître feïoit un méchant homme. Et nous ne nous regarderions pas comme coupables d'impiété, lors que nous nous dérobons à Dieu , le meilleur des Maîtres ? Bell. Jinl. Lib. III. Cap. XXV. pag.

t$t. E. F. (16) Ces 'gens-là dévoient faire réflexion, que Dieu étoit allez puiflant pour les foùtenir au milieu des tour'mens les plus cruels ; que , quand même il les "y laifferoit fucco'mber, il étoit affez bon pour avoir égard ii la foi bielle de la Nature Humaine , pour leur •pardonner une abjuration forcée , s'ils en témoignoient une férieufe Tepentance. Ainfi cette raifôn ne les antorifoit nullement à fe croire dilpenfez de la Loi générale. Ils commet-toient un péché certain , pour en évi-

&

&

ter

un

incertain.

:

qui

fï%o/Ltiô

Les Rabbins

commence ,

ùMiXr,rt

racontent,

ainfi: ,


7rctTPt

qu'une

1

ruv cc^s ftiçm &'C.

Femme

Juive

étant

mer, comme on voulut la violer, demanda à fon Mari , qui étoit préfent , fi ks Corps noiez refTufcitefur

Chrétiennes, on a un grand nombre d'exemples de celqui fe font tuées pour un tel fujet , comme de quelques Femmes d'Antiocbe, fous Dioctétien i de SoVoiez les Martyrologes, Zopbronie, fous Maxence. Kare, Sextus Aurf.'lius. Procope parle de quelques autres Femmes d'Antiocbe , qui firent la même chofe Bel!. Perjk. Lib. IL ( Cap. VIII. ) St. Amautres, qui broise loué les Filles de Pbidon , avoient confervé leur honneur en fe tuant ( Lib. III. De Vivginibw , (pag. 97. Ed. Farif. 1569.) St. Je'rô-

les

& :

&

:

me

donne pour maxime, que, quand on cfl perfécuté , on ne peut pas pour cela fe donner la mort à foimême ; hormis quand on court risque de perdre fon honneur Unde in perfequutiotiibm non licet mibi

&

:

(17) Cice'ron parle de quelques Filles de Byzance, â'nn nrng très-confuiérable , qui fe jettérent dans des Puits , pour éviter la perte de leur honneur Quod nobilijjimas virgines fe in puteos ubjecijfe , conftiit , £f morte voluntaYia necejjariam turpitudinem depu/ijfê. Orat. de Provinciis Confular. ( Cap. III. ) St. Jf/rôme rapporte quelque chofe de fcinblable , au fujet de quelques Filles de Milet , Adverf. Jovinian. ( Lib. I. pag. 4?. Tom. IL Edit. B(iJiL) Voiez une ancienne Epigramme, dans I'Antholo'gie, Lib. III. Tit. de Juvenib. (Epigr.

XXIX.)

&

le Mari aiant répondu , qu'ouï , elle fe jetroient ? te aufn-tôt dans la Mer. Pour ce qui eft des Femmes

proprià perire

manu

fed peraitienti td fin. Cap. I.

,

absque eo

ubi caflitas periclitatur

Comment,

colla fubmittere.

(pag. ijo. D.

Tom.

in

,

Jonam

VI. Edit. Bajil.)

Grotius. Je ne

fai

quel Hiftorien nôtre Auteur a

voulu dc-

Sextus Aure'lius. Il n'y a dans Sextus Aure'lius Victor, ou dans ce qui patte fous fon nom, rien qui fe rapporte à l'exemple de ces Femmes qui fe font donné la .mort à elles - mêmes figner ici, par

,

pour éviter la perte de leur honneur. "N'auroit-il pas confondu avec cet Abbréviateur de l'Hùloire Romaine , un autre des derniers Siècles , qui fe trouve quel-

Eutrope, Aur

quefois joint avec autres femblables Abrégez

t R, Recueil

&

île

DenïS Godeeroi

,

,

e'i.

iusVic-

fur tout dans le

imprimé à Lyon en

,,

,

Des

Liv.H

Peines.

XX.

Ch.

CHAPITRE

XX-

Des Peines. Ce que

I.

te à

P

que la

c'eft

E

I

Explétrke

Jujlice

la

nE

&

;

ou

,

fou

origine.

P^goureufe.

Hommes

des

mais

>

que

rappor-

Ternes fi

naturellement

de punir

droit

le

permis par

ej

cela

le

commis une femblable faute. IV. Que toute Punition doit fi faire en vue de quelque utilité , pour-

Droit Naturel à toute personne les

.Que

déterminée

n'appartient point à une certaine personne

parmi

Que Pujage

II.

III.

lia pas

qui

&

,

que Dieu exerce. V. En quel fins En combien de manières il revient de l'utilité des Peines. VIL Comment elles tendent à l'avantage du Coupable même: en quel fins chacun a droit naturellement de punir dans cette vue. VIII. Comment on punit , pour l'avantage de la perfonne lézée jufqu'où la Vengeance ejl perIX. Comment on procure par l'infliclion des Peines , mifi par le Droit des Gens. quoi

la

il

n'en

ejl

pas de même à l'égard de

Vengeance

naturellement

ejl

illicite?

celles

VI.

&

&

:

,

de

l'avantage

tous

X.

généralement.

Quelles fout

maximes de l'Evangile fur

les

cet-

argument dont on fi fert , tiré de la miféricorde de Dieu, telle qu'il nous l'a révélée dans l'Evangile $ XII. Et d'un autre , pris de ce que l'on ote aux Criminels , en les faifant mourir , le tetns de fi repentir. XIII. Qu'il ejl dangereux à un Chrétien , qui n'ejl que fimple Particulier , de fi mêler d'infliger des Peines , lors même que le Droit des Gens le permet : XIV. Ou de fi porter pour Accufateur de fou pur mouvement : XV. Ou de rechercher un emploi de Juge qui permettent de tuer quelques perfonne s Criminel. les Loix Humaines , XVI. en forme de punition, donnent un véritable droit , ou une fimple impunité? XVII. te

matière.

XI.

Réfutation

d'un

5"/'

Divi-

i>9-te

le

Je P^le de Pomponttjs Ljetus trille

expédient,

,

qui rappor-

dont s'a/ifa Sophronie

,

pour

fe

du Tyraiï Maxence. Au refte , Euse'be fait auffi mention de cette hiftoire tragique, fans nommer pourtant la Dame Romaine, qui fe tua elle-même , & en marquant feulement la dignité de Hijt. Eccl. Lib. VIII. Cap. XIV. & De Vit* l'on Mari dérober à

la

brutalité

,

I. Cap. XXXIV. (18) DeCivit. Dei, Lib. I. Cap. XXVI. Epifir. LXI. ad Dulc. & Lib. II. Cap. XXIII. contra fecitnd. Garni. Epift. Voiez auffi St. Chrysostôme, fur Galat.l, où il eit décidé 4. & le IJL. Concile d'O Rle'ans, que l'on doit recevoir des Offrandes pour ceux qui ont été tuez en commettant quelque crime; mais non pas pour ceux qui fe font tuez eux-mêmes Oblationes

Confiant; ii. Lib.

:

ratum

eft

tribuat

,

tamen

çff

iudicia

,

&

ut Ji

Lib. VI.

quia

:

conjilii

LXX.

Cap.

(19)

On

îroeçà T«
EP&ho-i

t
,

Jugemens de qui jtnet

ipfum

Dieu occidit

font incompréhcnfiblcs : , aut laqueo fe fujjpendit ,

De

eo

,

corjide-

xoueç iou.Q^ ici»,

&

,

Attica de

tkç ptiitçS kx) xndvS-e.wxov X7retcriv fratris Ifaaci , Lib. III. (Cap. VIL)

quidquam huj?timodi patereutur , quis humamu runt , adftchu eu nolit ignofci ? De Civit. Dei , Lib. I. Cap. XVI. Dans un des Capi tulaires des Rois de Franil eft défendu de recevoir ce des Offrandes & de MelTes pour ceux qui fe font pendus des dire ou qui fe font tuez de quelque autre manière ; permis feulement de donner des Aumônes il eft & de pfalmodicr pour eux. On ajoute , que les

potejl

des Traîtres la Themit , MeurSi'US , Lib. II. Cap. IL (21) In Decein Orator. Vit. Antiphont. ( Tom. IL pag. 824. A. Ed. Wecb. ) Nice tas néanmoins racontant la mort de Jean Comnéne , furnommé/e Gros, qui avoit caufé un foûlévement pour s'emparer de l'Empire , & dont le Corps fut jette à la voirie ; dit , que tout le monde trouva cela fort inhumain Mstcc j to

au fujet des Sacrilèges


ne

ejw nemo

Voiez auffi Lib. VII.

ÙtkOxç ùnfli&xi rèt iie
dur, pour ne pas exeufer une Femme qui s'eft tuée, Ac per hoc pour éviter d'être violée qu*e fe occide-

&

,

oblatiouibiit

>•

incompreheiijibilia funt

CCCXLIV. Grotius.

defunfloruni , qui in aliquo crimine fuerint intcremti , récif i debere cenfemus ; Ji tamen non ipji Jibi mortem probentur propriis manibus intulifje. St. Augustin foûtient pourtant en un autre endroit , qu'il faudrait être bien :

eteemofynam dare

velît

pfaltnodiis faciat

in

£f profunditatem

Dei,

invejligare.

Cap.

compatiem

q'tis

orationes

mijf.i ipji careant

:

kvci

Koit oçvuri

Outre ceux d'autres

,

,

dont pour lesquels on là-deffus

,

KXi

vxçcctiBstxita'ax.st.

.9"/Jf<»-

Vit. Alexii

Grotius.

nôtre Auteur

,

crimes

pulture. Voiez

IZaçx

parle

,

il

y avoit

privé de la féArcbœolog. Grxc. dans la Note 6.

étoit

Pot ter

,

allégué ci-deffus , I. J'ai fur le §. 5. l'Exemple des Tyrans. §. VI. 1. Mais nous avons auffi fait voir, dans ces endroits-là , ou du moins renvoie à nos Notes fur Pu-

Lib. IV. Cap.

ff.Ndokf,où

l'on

trouve dequoi

montrer,

que

c'eft

fans raifon que nôtre Auteur fonde fur fon Droit des Gens arbitraire, les chofes dont il s'agit.

F

2

Ciiap.

,

Des

44

L

Peintes.

C H. XX.

IL

v.

i

XVIII. Divifons peu exaïïes , que quelques-uns font des différentes raifous de pmùr. Que les a&es purement intentes ne [ont pas puuijfables d'Homme h Homme XIX. Ni humaine ne fragilité permet la pas que de s'empêqui font tels les a&es extérieurs , XX. Ni ceux qui ne tendent , ni directement , ni cher abfohtment de les commettre ,

:

,

:

au dommage

indire&ement

,

qui

qu'il

croient

XXIV.

toujours.

de

XXV.

Pénales.

XXI.

Société.

la

de

tirées

de

la

XXII. Que

de

penfée

cela

ceux

permis lors

ejl

XXI11. Mais non pas même depuis l'ètabliffemeut des Loix nature même de la chofe, qui autorifent raijon-

Pénales fur certaines chofes

JLoix

Comment om peut pardonner

Rùfons

Réfutation

permis de pardonner.

jamais

n'ejl

a point encore

n'y

qu'il

,

der

la

:

,

XXVI. Raifons tirées de quelque chofe d'exnablement à pardonner en certcams cas. XXVII. Qu'il ejl faux de dire , comtérieur , qui rendent aujji le Pan-don légitime. me font quelques-uns , qu'on ne peut légitimement relâcher d'une Loi, que pour queldans

que raifon renfermée la

Loi-même comme une exception

la

proportion qu'on doit garder entre la grandeur de

XXIX.

criminel.

core

calogue, qui regardent

à

attention

nique. raifons

y

qu'il

ment

la la

adoucir

engage à

Chiirité

7ie

Peines

les

que

,

Peines, peuvent

Des Guerres Guerre ejl

enfin

Réfutation de ceux

XXXV.

oppofent point.

s'y

Harmo-

entendu que des

bien

,•

Que

la facilité

Que, quand une chofe un Crime, peut obliger à le punir. tantôt de pardonen coutume, c'ejl tantôt une raifon de punir: Ufage de la Clémence dans l'adoucijfement des peines. XXXVII. Com-

de commettre

régies

l'on fait

Peines, on fuive une Proportion

des

détermination

encore plus fortes

les

du Dé-

,

XXXIII.

qu'il n'en a caujè à autrui.

de

XXXVI.

des

en-

coufidére

Préceptes

XXXI. Que

Autres remarques.

Qiœ

charité

l'on

,

XXXIV. a

Coupable a été

le

Que

De

III.

gravité du fait

la

Ordre des

Crime.

.

dans

}

maiLvaife a paffé ner.

du détourner du

&

lesquels

XXX.

motifs.

XXV

tacite. ,

du Coupable qui le mettoit plus ou moins en état de pêcher XXXII Qu'un Crime peut être tel que le Coupable mérite de

abjïenir.

que

aux motifs par

ici

dijférens

ces

Prochain.

le

un plus grand mal,

veulent

qui

égard

la dijpofition

ou de s'en fouffrir

a

l'on

qui auroieni

raifons

les

ici

Que

Comparaifon Je

pouffé au Crime.

Peine

la

&

les

pour punir

entreprifes

&

Ritbbins

rapportées

être

Jurifconfultes

les

aux

chefs

I^onuins

dont on a traité

celui contre qui

on prend

les

donnent en

matière

XXXVIII.

ci-deffus.

XXXIX.

armes.

Si

dont on veut tirer raifon , n'ejl que commencé ? les armes pour punir les Peuples peuvent légitimement prendre XL. Si les Rois des chofes contraires au Drcnt Naturel, mais par lesquelles on n'a offenfé ni eux , Qu'il n'ejl pas vrai, que le droit de punir fuppofe nani quelcun de leurs Sujets? XLI. Dijiin&ion, turellement quelque Jurisdiffion fur celui envers lequel on l'exerce. jujle

la

,

que

lors

crime

l'e

,

&

qrfil

faut

faire

traire

aux

Droit

Divin

font les

de

crimes les

nues

dans

les

les

qui

£f?

évidence;

commis contre

idées

font

,

plus

pràniers

la

,

au

&

au Lh-oit Naturel , un grand nombre d'endroits j pas connu de tout le monde.

répugne

reçues

contraire

ejl

dernière

la

qui

ce

civiles,

arbitraire

de ce qui

matière

entre

ici

Coutumes

en

n'ejl

Droit Naturel

d'avec

qui

celles

il

Divinité)

touchant la

faut âiflinguer

les

£f?

comment

XL VI.

qui

Régies

XLlV.

ne font pas fi évidentes. à prendre les armes?

Convnnandemens du Décalogue.

con-

ejl

XLII. Ou au XLIII. Qii'en

XLV.

Divinité autorifent

générales

,

qui

ce

elles

Si

Quelles

font conte-

Qiie ceux qui

les

premiers

Chap. XX. §. I. (1) On doit comiparer, presque par tout, ce Chapitre, avec le Chapitre: III. du Liv. grand Ouvrage de Pupemdorf, où la mémc matière eft traitée, & où les penféess de nôtre Auteur font fouvent expliquées ou redreîiîees ; quelqueVIII. du

fois aufli

défendues dans les Notes.

00 Ta h

[©ff]

fWmu

Ai'*);,

-rm àrnoXu-nt^uv ri

B-ti'x

-pço;

r, xpûfi&tt zrxvris a&fanti Çvvsi De Exfilio , zrowrxs «v.9-çawW, iur-s» stoXitxç. II. pag.
vôpx rtfiupos,

Tom. les

TON,

De

Legib. Lib. IV. pag. 716. A.

Tom.

II.

Ed.

Stepb.

0)

'EttÙ ixiïti yt

fait, m

3-xvfiU€
,

i fois art bip* i'r

Des miers

Liv. IL Gh. XXêtre punis: XL VIL

Peines.

4f Mais non pas ceux

détruire ces idées, peuvent

tâchent de

qui donnent atteinte aux autres principes de Religion moins généralement reconnus.

ve de cela par ce que ?ml droit de prendre

MoïSE

la

Loi de

les

armes pour faire embraffer

ordonnoit fur

n'a

Chrétienne à ceux qui

Religion

la

Preu-

XLVIII. Qu'on

ce fujeit.

XLIX. Mais qu'on peut légitimement déclarer la Guerre Chrétiens uniquement à caufe de leur Religion. L. Qiie ceux Loi de I E u , ne doivent pas être punis ou attaquez pour un

ne la veulent pas recevoir.

à ceux qui maltraitent qui expliquent mal tel fujet.

la

les

D

Confirmation

de

On peut néanmoins prendre Dieux mêmes

les

qii&ls

cette

vérité,

jujlement

les

par des autorités

£f?

par des exemples.

LI.

armes contre ceux qui fe montrent impies envers

font profejjion de reconnaître.

T

Ors que nous avons propofé une divifion (a) générale des raifons pour waap.i. c c X_j lesquelles on entreprend la Guerre nous avons dit que le mal qu'a §. ^ fait celui contre qui on prend les armes doit être coniidéré en deux manières ou entant qu'il peut être réparé ou entant qu'il peut être puni. Nous venons d'achever ce qui regarde la réparation du mal il faut maintenant traiter de la punition, (i) Et cette matière mérite d'être examinée avec d'autant plus de foin, que Ton eft tombé dans un grand nombre d'erreurs , faute d'avoir bien compris l'origine la nature des Peines. 2. La P e i n e eft un à prendre ce mot dans fa fignification la plus générale mal que l'on fait fouffrir à quelcun à caufe du mal qu'il a commis. Je dis un mal que l'on fait fouffrir car quoique l'on ordonne quelquefois pour punition de faire certaines chofes on ne confidére alors ces actions que comme un travail pénible & défagréable; de forte qu'à cet égard il faut les mettre au rang des maux que §.

I.

i.

,

,

,

,

:

&

,

,

,

,

:

,

,

l'on fouffre.

Je dis enfuite que l'on fouffre ce mal à caufe du mal que l'on a commis. Car elt banni du commerce des autres Hommes ou exclu des Emplois , ou expofé à quelque autre chofe d'incommode ou de défagréable à caufe d'une Maladie contagieufe ou de la perte d'un Membre , ou de quelque autre forte d'impureté dont on voit un grand nombre d'exemples dans ta Loi de Moïse ; ce ne font pas là des Peines proprement ainfi nommées ; quoi qu'on leur donne quelquefois ce nom dans un fens impropre , à caufe de quelque reflemblance qu'il y a entre l'effet de ces fortes d'Ordonnances , & celui des Punitions. n'a4. Or une des chofes , que la Nature même nous enfeigne être permifes voir rien d'injufte , c'eft que celui qui a fait du mal en fouffre. C'efl une Loi trèsancienne , que les Philofophes appellent le Droit de Bfjadamanthe , comme nous 3-

,

quand on

,

,

,

,

&

&

Jujlice

\Hommes

,

comme

leurs

Concitoiens.

P

cun Dieu , ni aucun Homme , n'oferoit foûteuir , Uoive point en être puni. Hiérax définiffant la [plus

noble de

fes parties,

difoit,

venger\_

avoit déjà remarqué , (3) qu'auque celui qui a fart du mal à autrui ne

L A t o N

Jujlice

par cette fonction

(4) qu'elle confjle à punir ceux qui

les

comme

,

la

premiers ont fait

«*

«^Çtaiv

raX/tiu xî-yuv , ùç i rZ y% «^*«m àoréo» 1 8. D. L'ancien TraI.j Latin de St. e'f. a ainfi traduit ces pa|oles, celles qui les précédent ; Et Dens quittent, huemiidmoAnm vetat fermo eft, initium medietates hmnium , quœ fimt , babvns , rccfe pcrfîcit , fecundum naMttrtun cirtuniitm: hune curtem fempev conjequitur Jujlitiu

JpUw. [Euthyphron.'/wr.

Iren

Hu&eur

&

&

TW.

&

ultrix in eos qui

defîcwnt

a' lege

divina.

Lib. III. Cap.

XIV. GdOTius. (4) Ti^upU? x^uirr^n *r«£* rm TrÇo^KrjKo'rm. [Apud Stob. Scrm. IX. Dp j Juftitia.~\ Bélifuire dit, dans

Procope c'eft

,

cru'

de punir

un des prénuiers Devoirs de la Juftice Homicides nç~Tay
les

F

*.

,



:

ytyeiro yvJ>e«r,uM,, h tjm clàii*«f 3

Ùv^kÔtuv '

ttwjj.

Vanda-

}

Des

^6 du mal à Humaine.

autrui.

fait

que

&

d'injujlice

punit

qui

celui

les

,

L I V. IL C H. XX.

Peine*.

HlEROCLES

l'appelle (0 un remède pour guérir la Maiiû (6) d'erreur grofliére, la penfée de ceux qui taxe,:, les Ck'ithueus Humains Divins, s" imaginant mal-à-propo. Coupables doit lui-même , à caufe de cela , être tenu pour cou-

Lactance

de cruauté

,

traite

&

&

pable. S. Aurefte, que toute Peine, proprement ainfi nommée , fuppofe néceflairemem un Crime, pour lequel on l'inflige, comme nous l'avons établi; c'eft ce que St. Augustin a aufli remarqué lors qu'il a dit (7) que toute Peine fi elle ejl jujie, Et cette maxime s'étend jusqu'aux Peines que D 1 e c ejl une punition du Péché. par un effet de l'ignorance des Hommes il arrive quelquefois quoique inflige comme le même Père le remarque que (8) l'on voit bien la punition mais non peu ,

,

,

,

,

,

,

,

la faute.

IL

§.

00

Joiez

fi

Ziv.l. Chap '

On

1.

demande,

à

quelle forte de Juftice fe rapporte l'ufage des Peines: ou à la Jujlice Attributive ? Les fentimens font par,

c'eft à la Jujlice (a) Expletrice

Quelques-uns regardent la Punition comme un acte de Jujlice Attrifondez fur ce qu'on punit les Coupables plus ou moins rigoureufement féfur ce que la Peine eft infligée à lon que le Crime eft plus ou moins grand; quelque Membre d'une Communauté, comme par ordre de tout le Corps. on fuppofe là un principe , dont nous avons (b) fait voir la 2. Mais premièrement que la Jujlice Attributive ail fauifeté au commencement de cet Ouvrage , je veux dire lieu toutes les fois qu'il s'agit de réduire les chofes à l'égalité entre plus de deux termes. les autres moins , félon qu'ils D'ailleurs , fi l'on punit les uns plus rigoureufement , tagez

là-defliis.

butive

j

&

(b) Ibid.

,

,

&

font

dalic.

Lib.

V. dans Gr o t

Agathias,

Lib.

quemadmodum funt

( Cap.

IL )

ratione deliêiorum , panqs etiam confçituant : nequaquan veto immanem aliquam , multoque , quam pro delicii moNOVELL. CV. Sf.Ne' do , graviorem pœnam imponant. que dit, qu'il y a de l'injnftice à fe fâcher égalcmeul contre ceux qui ont commis des Crimes inégaux Naît aut iniquut erit , fi aqualiter irufeetur deliclis inœqualilms , aut iracundijjiimis , fi toties excanduerit , quotie. tram feelera meruerint. De Ira , Lib. II. Cap. VI. Voi. ci comment Tacite fait parler Manius Lépiius au fu. Chevalier Romain , que l'on condamnent i jet d'un mort pour quelques vers : " Si nous confulérons , d'ut n côté , que , lors même que les Crimes font en euxd'une énormité à ne pouvoir être punis au,-, mêmes „ tant qu'ils le méritent, là clémence du Prince, „ à l'exemple de vos Ancêtres , que vous fuivez vous-mêmes, ne laiffc pas de modérer la peine; de l'ail la „ tre , qu'il y a de la différence entre la vanité les mauvaife! „ fcélératefle , entre les paroles nous trouverons qu'il faut opiner ici d'il„ actions manière à ne pas laiiTer le crime , dont il , 5 ne à le punir en forte que nous n'ay; 5, s'agit , impuni , „ ions pas fujet de nous repentir ni d'une trop grandi Sin fiai ni d'une trop grande rigueur ,, indulgence , gitia çff fachtora fine modo fait , fuppliciis ac renia

(Cap. XIT.) Voiez où il parle à'Amtolius.

I.

L'endroit 1

u

s.

Dans l'endroit d'AGATHiAS que nôtre Auteur indique , il n'y a rien qui fe rapporte au Sujet. Je vois feulement qu'un peu après l'Hiftorien rapporte une penfée de Platon fur l'utilité des Peines par rapport SU Coupable même. (?) C'eft dans l'endroit, où il dit, qu'on doit tâcher fur toutes chofes de ne point pécher ; mais que , Péché , il faut aller infi l'on eft tombé dans quelque ceflamment chercher foi-même la Peine , comme le remède du Vice A;e 7rstçâ(&xi hi fixXiru, jjlîv pv «',

:

nome tas ty.v hx.*iv &c. Pag. 124. ce Commentateur de Pytbagore

Platon,

c'eft

aulïï de ce

Comme

Edit. Needh. fuit

ici

les

idées

Philofophe qu'il a pris

de les

termes que nôtre Auteur cite: £«0f&>»
>

x}

Ixreix-ri

yiyvsrxi

Troniieixs

jj

«/*«.

A l'égard de la chofe. In Gorg. Tom. I. pag. 47g. D. en elle-même, voiez Pufendorf , dans le Chapitre qui répond à celui-ci , §. 9. Note 2. (6) Non. exiguo falluntur errore , qui cenfuram , five jsutnmam , fii'e divinam acerbitatis notnine infamant , putantes nocentem dici opovicre , qui nocentei adjicit pana. De Ira Dei , Cap. XVII. num. 6. Edit. Cellar. (7) Omnù autan pana , fi jujia eft , peccati pana eft. Rétractât. Lib. I. Cap. IX. de Liber. Arbitr. Lib. III. Cap. XVIII. (8) Latet culpa, ubi non §.

IL (1)

latet pana. Cur non Ponderibus modulùque fuis ratio ùtitur, ac,

Ut quœque Lib.

I.

Sermon.

III 7g, ,

eft

,

ita fuppliciis delicla

res

coercet

79.

,

requiritur omnino

f

ut

,

prt

:

-

&

&

:

&

&

:

diis

,

Principis moderatio

tempérant

&

,

majorumque &f

vana à

veftra

cxctnÀ

dicta à maleficii , per quam neque huic delt clum impunè fit , &f nos clementiœ fimid ac feveritati non paniteat. Annal. Lib. III. ( Cap. L. num. 2.) L:

pla

différent

:

ejl

,

locus fententix

fceleftis

,

Nobleffe, au rapport d'AMMiEN Marcellin , en voia des Députés à l'Empereur Valentinien , pour prier de ne pas faire punir les Crimes au delà de c qu'ils méritoient Oraturi , ne deliéiù fupplicia fint graq diora &c. Lib. XXVIII. (Cap. I. pag. SS9- Edit. V» lef. Gron.) Un Scholiafte d'HoRACE dit, que, fi le moindres fautes méritent les plus grandes peines faudra , ou que les plus grands Crimes demeurent ira pu :

Mfit Régula , peccatis qux panas vroget œquas. Ibid. verf. 117, 11 g. (2) Ac fane fi lege* reverà Reipublic* parentes funt

profeflo

,,

,

Des

L

Peines.

V.

l

IL C H. XX.

47

font plus ou moins coupables , cela arrive par accident , & non pas par un effet de ce que l'on a principalement en vue car ce que l'on fe propofe premièrement directement , c'eft que la Peine foit proportionnée au Crime , félon la maxime (1) d'H ora-

&

:

& de (2)

ce,

le (c) 3.

l'Empereur

Le'on, conforme

Deute'ronome. On fuppofe encore un autre principe

,

à

une Loi Divine

,

qui

fe

trouve dans

Peine

feté

foit

cette penfée paroitra par ce

de

mais qui fournit (3) feuqui ne donne pas un droit proprement ainfi nommé lement occaiion de l'aquérir. J'avoue que celui qu'on punit doit ëtrepropre à la punition ou digne d'être puni mais ce n'eft point afin (4) qu'il aquiére par là queicune des chofes que la Jujiice Attributive ordonne de rendre à autrui. 4. Ceux qui veulent qu'en puniflant on exerce la Jujiice Explétrice, communément nommée Bermutative, ne fe tirent pas mieux d'affaires. Car ils envifagent la chofe,

mérite

,

,

,

:

,

comme

même qu'on le dans l'erreur c'eit ce que l'on dit ordinaieft due à celui quia commis quelque Crime: Expreffion trèsimpropre ; car celui à qui une chofe eft véritablement duè\ a droit de l'exiger d'autrui.: au lieu que , quand on dit , que la Peine eft due à quelcun , cela lignifie feulement (f)

fi

l'on rendoit au Criminel puni ce qui lui appartient de

Ce qui les

dans un Contract. rement, Que la Peine fait

a jettez

,

qu'il ou qu'on invente de nouveaux fupplices Si in ntinimis peccatis etiam muxiniœ panx confumuntur reflat ut maxima peccata aut marnant impunita , aut nova fupplicia (In Lib. I. Sat. III. init.) Dans les Loix adinveniantur. des Wisigoths, on blâme certaines Loix, qui décerpunis

,

:

,

peine contre des Crimes inégaux ; & on remarque, que cela eft contraire à la Loi Divine, qui veut que celui qui a le plus péché , foit battu de plus r am qiucdam leges , Jicut culpurum babent dide coups virjhutes , non Ha dij cretas in Je continent ultiones j fed 'permixta fûeltYtt tranfgrejbrum ad unhis permittuntur legù

nent

la

même

:

A

Nec fecundum modum quum major minorque

pœnale judicium.

culpœ modus

ejl

transgrejjïo non adbibitus peence , pricfertim unius debeut multtutionis prxdemnari fupplicio quum Domimif in lege fua pnecipiat : Pro menfura peccaplagarum modus. z.~] Lib. [Deutf.'r. ti erit -,

&

XII.

XXV,

Tit.

Chapitre

t

u

ï

III.

Voiez ci-delTous,

Cap. I.

&

;

Liv.

XL

Cbqp.

III.

§.28. de ce

§.

Geo-

1.

paffage de Tacite, comme s'il y avoit : Sin , jlagitia çff facinora , ET*8i fine modo funt , fuppliciis &c. Je fuis fort tenté de

que

,

flans quoi Ivoit

la

le

commencement du

mot

doit

et/'î

période

eft

combien aifément

mis

être

tout-à-fait

cette

dans

le

Texte

particule a

pu

;

On

elribarraflee.

être omife

'par les Copiftes ; & je ne trouve ici autrement aucun t'eus qui s'accorde avec les termes ou avec la fuite du ni Kfcours. Ni la paraphrafe de Freinshe'mius %. verfion d'ABLANCOURT, ne fatisfont point. Il avant fuppliciis , comme il y en a 'faudroi't aufïï un s'il y avoit ici trois membres , •lin avant le mot vuna , Sont le premier fût , Jlagitia £f facinora fine modo funt. ,

,

&

En

comme je

L'Editout eft de plain pié. , qui vient de paroître (en 1721.) Puis que j'y fuis foit permis de propofer encore ma conjecture ?' u'il me ur un autre paffage du même Hiftorien , où celles des fejiiterprêtes ne me iatisfout point. C'eit au IV. Livre lifant

tion de

&

&

mat que les Copiftes ont pu fort aifément omettre ce mot , qui étant fuppléé rend l'expreffion nette , & conforme au ftile de T A c 1 te , qui dit ailleurs , par exemple Nec attaquant adeo rerum bumanarum immemor , quem commoveret iUa FACIES &c. Hiftor. ,

:

LXVIII. num. 1. Un Pauvre, par exemple, d'aumône , n'a pas droit à

Lib. III. Cap.

quelque digne qu'il la rigueur d'exiger qu'on la lui faffe; hormis dans le cas d'une nécefftté extrême. Mais lors qu'on lui a donné une petite pièce d'argent , cette pièce lui appartient alors de plein droit , félon la Jujiice Explétrice ; de manière que , ft celui-là même qui la lui a donnée quelcun , veut la lui prendre, il commet contre lui une injujlice proprement ainfi .umméc. C'eft -ce que veut dire nô-

(;3

&

&

s.

J'ai traduit le

'croire

des Annales , Chap. XXXIIT. mtm. "j. Sic converfo fiatu , neque alia rerum quàm Jî umis imperitet , bac conquiri tradique in rem fuerit &c. Je crois qu'on a fauté un mot, qu'il faut lire : neque alia FACIE rerum , quàmf&c. Il y a tant de reffemblance entre alia, facie , fi vous ôtez la première lettre du dernier

foit

,

Gromovius

Ë'ajoîïte rien

ici

fais

,

aux précédentes.

tre

xxv 2 »?-

^

Ubifu$ rcu

>

pas

n'eft

originairement infligée par un Corps à que nous dirons tout-à-l'heure. Nous avons d'ailleurs fait voir (d) ci-deifus , que la véritable effence de la Jujîice Attributive ne confifte proprement ni dans l'égalité entre plus de deux termes , ni dans*un acte du Corps par rapport à quelcun de fes Membres ; mais en ce qu'on a égard à une aptitude ou un te

( c)

mieux fondé, c'eit que touquelcun de fes Membres. La fauf-

qui

Auteur.

on fuit (4) Car perfonne ne demande à être puni au contraire la Peine, autant qu'on peut. (5) Ce n'eft point cela, dit ici le docte vi us: ils confiderent , au contraire, le Coupable comme celui qui doit qui rend. D'où vient que celui qni punit eft d'il fumert, exigent, expetere panas; :

Grono-

&

&

puni

hure , pendere , Jblvere panas. , Voiez la Note de nôtre Auteur fur VII , 60. & quelques-uns des palTages citez dans la Note 6. fur ce paragraphe. La vérité eft, que toute cette difpute celui qui eft

,

dare

Actes,

eft fort inutile. Ilfuffit de reconnoître , qu'il y a une lhifon naturelle entre le Crime la Peine , en forte que , quand on punit celui qui a véritablement péché , ou ne fait rien que de jufte. Permis à chacun d'appeller

&

comme

il

voudra,

l'attc

de

Juftice

qu'on exerce

a-

lo;s.

QS)

L I v.

Des Peines.

48

C H. XX.

IL

&

qu'on ne fera rien que de jufte en le puniflant. 5. Il eit vrai néanmoins, que, dans la Punition, on exerce principalement directemen t la Juftice Explétrice & la raifon en eit que pour punir légitimemen or ce droit vient du mal que le Criminel a fait. il faut avoir droit de punir y a encore ici une autre chofe qui approche de la (jS) nature des Contrach ; c\ que connue un Vendeur eft cenië s'être engagé à tout ce qui eit eflèntiel à la Ve de même celui qui a commis un Ci te , (7) encore même qu'il n'ait rien fpécirié me eit cénfé s'être volontairement fournis à la Peine. En effet tout Crime 1 peu grave eft manifeitement puniflable de fa nature ainfi quiconque veut direcl ment le commettre veut auiïï , par une conféquence néceflaire encourir la Pein C'elt en ce feus que les Empereurs Se've're & Antonin difent, dans undeleu Refcripts (8) Vous vous êtes vom-mème fournis à cette peine. Le Jurifeonliilte (< Marc 1 en pofe aulîi pour maxime, que, du moment qu'on a formé te âeffein de coi

mérite

qu'il

puni

d'être

,

,•

,

,

;

,

,

:

,

,

:

,

,

:

par fa propre volonté c'eft-à-d dit, qu'il futréfolu dai le Sénat, (10) qu'une Femme libre, qui auroit couché avec un Efclave d 'autrui j toit cenfée avoir confenti à fin Efclavage ; parce que c'étoit la punition des Femm Michel d'Ephéfe, Commentateur d'i qui s'engageoient dans un tel commerce. RISTOTE, (il) dit, que, quand un Voleur a pris quelque chofe appartenante à autru qiùùnfi il y a là en quelque façon donner , d'un c il reçoit pour cela une punition mettre une mauvaife a&ion

on

,

:



recevoir

£«?

,

eji

en quelque forte puni

qu'on encourt volontairement

re,

de l'autre

,

,•

,

Tacite

Et

la Peine.

&

,

en quoi confijle la nature des Contrat!*.

mot de

plus bas, que (12) les Anciens entendoient par le ment les accords qu'on fait enfemble librement

&

que Von fait contre

ce

§.

III.

c'eit-à-dire

1. ,

Pour

les

ce qui eit

du

de la perfonne à qui

fujet il

,

non

pc

feul

volontairement, mais enco

dans lequel réfide

appartient de punir

Le Grammairien Servius remarque fotivent Coupables contractent une efpécc d'obligaIl laquelle ils fe rendent fujets à la Peine. par , dit, par exemple, fur le IV. Livre de Y Enéide de Virgile, que ceux qui commettent des Crimes d'une énormité excefïîve fe condamnent eux-mêmes à Nam qui excedunt deliuquendi modum , ipjïfibi la peine formait fanciunt. (In verf. 695.) Et un peu plus bas expliquant la lignification du mot de Damnare , il dit, que c'eft délivrer d'une Dette: Damnare autem eft damno adficere, id eft, iebito liberare. (In verf. 699.) Voici encore ce qu'il dit , fur le X. Livre , en examinant : s'il vaut mieux dire , luere pœnam , ou luere pecles

tion

,

:

catum: LUANT PECCATA] Luant, id eft, abfolvant. Dichnus autem fif luo pœnam fed meliw eft , luo peccatum. nam peccatum folvitur fana. Qui enim crimine tenetur cbnoxhtf , pana eum à priftina libérât obligation: Contra luo pœnam non procedit , quqfî pana folvatur. AuEioritM tamen ifta confundit licenter , more , quo folet :

foui , l'el à fcqueuti quoi prœcedit , vel a prœcedenti quoi fequitur. (In verf. 32.) C'eft ce que donne aufli à entendre une Façon de parler commune dans l'Ecriture

Sainte, où les Péchez, comme le dit Tertui.lif.N , font fouvent exprimez figurément par le mot de Detla punite, parce que la Juftice a droit d'en exiger l'exige en effet , tout de même que le paietion , ment d'une véritable Dette: Debitum autem, in Scripturis , déliai figura efl , quoi perinie jucUcto iebeatur , &f Mb eo exigatur &c. De Oratione (Cap. VIL) St. ChrtSOSTÔme traitant du Riche de la Parabole, qui eft mis en oppofition avec- le pauvre Lazare, & expliquant le mot d Mr
&

remarque un

ContraB

Loix.

(
que

Il

dit

25;.)

rie

&

les douleurs étoient d les peines Y.xpiaçxvT» ocvtu rtucapixt , 'i/CÇeaçhro a Orat. de Terra Motu , Toin. V. Il remarq que ie Péché eft une efpécc de Dette



,

:

sic

ô<.pt*ÇT/ifj.&Toi

tentia

Nature ne détermine

:

àfrwxt.

ailleurs

droit d'infliger des peine

le

la

que

,

au Riche

t*

;

op=
Lib. IL St.

cevxypoKpiTcu.

Augustin

De Pœi

fuivant ce idée , que , fi l'on ne veut pas rendre ce que l'on do; en vivant bien , on le rendra en fou fixant les peii qu'on mérite Itaque Jl non reddit facienio juftitiat reddet patiendo my triant : quia in utroque verbum ilï ,

dit

,

:

Hoc enim cti.vn modo dici potuit , quod Ji non reddit faciendo quod débet , reddet fat/a, De libero Arbitrio , Lib. III. ( Cap.

debiti fanât.

âhtm quod

eft

:

XV

débet.

Grotius. (7) C'eft ainfi que , par le Droit Romain , un Ve deur eft obligé à la Garantie , en cas d'éviction , c'e à-dire, à rendre le double du prix qu'il a reçu, s'il trouve que la chofe vendue appartînt à autrui , q l'Acheteur vienne à en être dépouillé par le vérital Propriétaire : le Vendeur , dis-je , eft tenu à cela , e core même qu'il n'en ait été rien ftipulé dans le Co tract : Si dupla non promitteretur , &f eo nomine ageti dupli condemnandm eft rem. DiGEST. Lib. XXI. Tit. Le Eviciionibw &f dupla ftipulation. Leg. IL Voiez C jas , fur le même Titre du Code, Tom. IX. 0}

&

&

Ed. Fabrott. pag. 1337, feqq. ANTONINUS [Afclcpi (8) Lmperatcres SEVERUS re fententiam

&

Tu , qui , defenjione emijjâ redin, quum tibi crimen objiceretur n maluifti

di] ita referipferunt

:

,

,

,

immerito quingentos folidos inferre enim ipjîuf cauffœ inquifitione , ipfe

Digist.

Lib.

XLIX.

Tit.

fifeo jujjiti es te

:

omîÀ

huic panne fubdidij

XIV. De Jure Fifo, Le

XXXI

Des

L I V.

Veines.

IL C

XX.

H.

49

qu'une mauvaife adion peut être punie ; mais elle ne nous dit point qui doit la punir. Elle nous fait entendre feulement d'une manière allez claire , qu'il eit très-conforme à la Nature que ce foit un Supérieur qui puniflè; & non pas que cela (i) foit d'une néceflité abfoluë: à moins qu'on ne prenne le mot de Supérieur en un fens qui réponde à cette penfée foûtenuë par (s) quelques Théologiens Que , du moment qu'un Homme a commis quelque mauvaife adion il elt cenfé s'être mis par là au delTous de toute autre perfonne & dégradé en quelque manière du rang de Créature Humaine pour ê~ qui font foûmifes à l'empire des Hommes. C'étre réduit à la condition des Bêtes toit un principe du Philofophe De'mocrite, (3) Que naturellement cehd qui a plus de mé~

La Raifon nous enfeigne bien

îà-deflus.

,

,

,

,

,

,

,

,

,

commander à

rite doit

moins noMe tijicielles

&

,

a moins.

celui qui en

naturellement fait pour ce qui

ejl

Et ejl

Aristote

plus excellent

(4) dit

&

,

que

,

ce qui

eji

en matière de chofes ar~

en matière de chofes naturelles.

que, du moins quand on (0 eft aufli coupable que celui qui a on ne doit pas s'ingérer de le punir. C'eft fur ce principe , aux Pha~ que Nôtre Seigneur Je'sus-Christ raifonnoit, lors qu'il dit aux Scribes (a) rijtens, au fujet d'une Femme adultère, qui avoit été furprife en flagrant délit Que celuit d'entre vous qui rïejl point coupable (c'eft-à-dire , d'un femblable péché) jette

D'où

2.

s'enfuit,

il

commis quelque Crime

&

g) ><«,

:

'

7

'

parce qu'en ce tems-là les Juifs étoient que ceux qui vouloient palfer pour les plus faints , s'abandonfi fort corrompus à d'autres péchez aufli énormes , comme il panoient fans fcrupule à l'Adultère ,

la première pierre contre

parloit ainfi

11

elle.

,

,

&

Paul

roît par les reproches que (b) St. là-delfus de yiez

même que Nôtre Seigneur

qui condamnez

,

les attires

vous condamnez vous-mêmes

,

vous

,

:

leur en

êtes inexcufable

puis que vous faites ce

dit-il

,

,

vous

que vous blâmez en la

part

raifonne-t-il ^Cb) Row.n,

Apôtre

car en condamnant

:

(6) Cjp'tm Jugement de condamnation, de

Q_u E dit,

Aufli cet

fait.

(c) Cejl pourquoi

qui que vousfo-

,

les

autres

Philon,

XXXIV.

pécher

île

Vita Moiis, Lib.

T

U

I

Juif,

courent à

,


>

dit, que ceux qui fe hâ-

hcorrtS erîB-S¥To

la peine

t&v tottm

(rniveiTi )ù

(pag. 652.

Ef.

'Avroi yxp rot nÇoï rijU&lÇIXÇ. De Ed. Parif.) G R 0:

S.

Nam

ex quo fceleratiffimum quis cotifîlium cepit , cxinde quodammodo fv.a mente punitus e(l. C O D. Lib. Ad Zeg. Jul. Majeft. Leg. VIII. IX. Tit. VIII.

(9)

princ.

(10) Lnter qua

rum

,

refertitr

ad patres,

qtuc fcrvis conjungerentur

,•

de pcena f(tmina~

jlatuiturque

,

ut ignaro

&

domino ad id prolapfa , in fervitutem fui confenjiffet , qui nati ejfcnt pro libertis haberentur. Annal. Lib. XII. Cap. LUI. nnm. 1. C'eft ainfi que portent les Editions mais il faut ordinaires , que nôtre Auteur a fuivies certainement lire , comme il y a dans celle de R Y cUt igjiaro domino ad id prolapfa , in ferviQ_ u 1 U S :

:

C'eft-à-dire , Jin confenjiffet , pro liberta baberetur. c'étoit à l'infû du Maître de l'Efclave , que la Femme libre avoit eu commerce avec cet Efclave , elle mais que , fi le Maître y devenoit Efclave elle-même avoit confenti , elle étoit regardée comme Affranchie. Ainfi le paffage ne fait plus rien au fujet , auquel nôVoiez les Recepta Sententiœ de tre Auteur l'applique. là-defJulius Paulus , Lib. II. Tit. XXI. A. §. 1. fus, Cujas, avec les Notes du dernier Editeur, le

tute

,

que

li

:

&

Mr. Schulting.

célèbre

(il) Tiyovi rçlvtov rivx iïôtriç >£ tô^is > ici ro
ixy^xvciiv

'

,

hiïar.ev civr

Cap.

II.

(12)

"Zmxy^xyuxTx

Tom.

II.

o\

ttoiïmm tKxhav

1

» uîvov à

-rtPoÇ

è~itiycÇsuficîvx.

d'une perfonne

x^tiXUS

woieT*

>

~\ c }

vous Chap.

SENE-

eux.

qui mé•

tent

,

x)is% t§

rite

tx vt»

Ibid. Cap. IV.

Voiez ce que j'ai dit fur le Chapitre de PUFENPORF, qui répond à celui-ci, §.4. Note 2. (2) Thomas d'Aquin, Summ. Theol. IL 2. Qtiœft. là-defTus le Cardinal Cajet an. Le LXlW.Artîc. IL Rabbin MoiSE , Fils de Maimon, dit quelque chofe de fur le Deutf/r. Chap. XXXIII. Grotius. femblable (?)
(1)

&

,

Florileg. Tit.

XLVII.

Wm

ïtSKît i£ (4) Ant yx' ro £SΣ«» t» HeXrt»>(Sh tSta (pxvsç)v cpioî&iç 'iv re rois tutrx ti%\»>v x^ rois x.x+ rx
,

&

ges fernblables.

G

(7)

Ibhi II

,

1.

Dw

5-

L i v.

P«»w.

C H. XX.

IL

Ailleurs il confeille , pour empêcondamnée , »'*/? d'aucun poids. avec excès contre ceux qui ont fait quelque cher qu'on ne fe fâche légèrement faute , (7) de fe demander à Jbi-méme , fi l'on n'en a point commis de femblable. St. Ambroise (8) donne à peu près le même précepte. autre queition qu'il y a ici a examiner, c'eft de favoir, quel §. IV. 1. Car ce que nous avons eft le but qu'on doit le propofer dans l'ufage des Peines. dit jusqu'ici fert feulement à montrer , que , quand on punit ceux qui font vériMais il ne s'enfuit point de tablement Coupables on ne leur fait aucun tort. cela au fond n'eft pas là , que tout Coupable doive être puni néceflàirement ; vrai car les Hommes , auiïi bien que Dieu , pardonnent bien des fautes à un grand cette indulgence eit même regardée ordinairement comme 11nombre de gens , ne matière d'éloge. C'eft un mot célèbre (1) de Platon, quia été traduit par (2) Sene'que; que l'on ne doit pas punir précisément à caufe du mal qui a été commis $ ( car ce qui ejl fait , ejl fait ; on ne fauroit faire qu'il ne l'ait piu été) mais à caufe du mal qui Thucydide introduit un Athénien, qui parle ainfi pourroit être commis à l'avenir. dans l'Aifemblée du Peuple, au fujet des Mityléniens, qui s'étoient révoltez de l'alliance (3) Je veux qu'ils foie) it très-coupables, je ne faur ois pourtant les condimner a la rite elle-même d'être

&

Une

,

&

:

&

:

mort, 2.

fi je

ne vois quelque

utilité

Ce que je viens de dire

,

qui en puiffe revenir. eit certain

,

à l'égard des Peines infligées

Homme car à caufe de la parenté naturelle aucun Homme ne doit faire du mal à un autre

d'Homme

à

y a entre tous les Hommes (4) qu'en vue de procurer par là quelque bien. Mais il n'en eit pas de même à l'égard des Punitions Divines; quoique (ï) Platon y applique la maxime que nous avons rapportée. Car Dieu peut agir (6) en vertu de fon droit fuprême & abfolu fur les Hommes fans fe propofer d'autre but que fon action même ; fur tout lors qu'il y a dans ceux , par rapport auxquels il agit quelque chofe de particulier par où ils s'en font rendus dignes. Et c'eft ainfi que quelques (a") Maimon, Docteurs (a) Juifs expliquent cette fentence de Salomon , qui le rapporte à nôtre :

qu'il

,

,

,

,

,

,

Direft. dubit. Lib. II. Cap. ;.

fujet

:

&

Rabb. j»;m. iu iYoi

(7) Faciet nos modérations rejpeélw noftri , Jî confu: Numquià &f itofi uliquid taie commijïmus ? Voiez Suffi un pafIra, Lib. II. Cap. XXVÏII. ] (Cap. IV. pag. fiige de St. Ambroise , Serm. XX. 1595. Edit. Parif. 1569.) fur le Pfeaume Bcati immaculatij verf. Miferationcs tua, Domine > qui fe trouve Canf. III. jQuafi. cité dans le Droit Canonique, VII. Car». IV. Et C A s S 1 o D o R E , Variar. VI , il. flteritnuf v.cs

[De

Grotius. de alio judicaturm , de fe ipfo pricondemnet , nec minora in alio errata , gravi or a conmtiferit. Apolog. Davidis, Lib. IL

(8) Unnsquisque

mum

judictt

quum

ipft

Cap. §.

,

didW rr v Pikw rS o\ US rot t

iysx.x Xgovov aux xctxixv tc vccçx7rxv xxçxnxv t&to ras huÇr,cxt «y ri tus ioavrxç iaavTxs xvrôv ôty-xtisf&vov , xvrey >) noy&x rr,i Totxvrn; ivpiÇegxç. De Legib. Lib. XL Voiez auffi pag- 954- A. Tom. II. Ed. H. Steph. Lib. IX. pag. 854- D. dans le Frotagoras , Toni. I. pag. 324. B. (2) Nam , ut Pi.ATO ait , Nemo prudens punit , quia Revocari enim prateritu peccatum ejl , fed ne precetur. nonpojfnnt , futura prohibent ur. De Ira , Lib. I. Cap. XVI. Ergo ne homini qitidem nocehimns , quia peccavit , fed ne peccet : nec umqnam ad pru teritum , fed ad futurum , non enhn irafeitur , fed cavet. Lib. IL faut» referctur. Cap. XXXI. (î) "ih rs yxç x7rc$v)>u 7iuvv xàiy-vvTXÇ xùra? , »

âvB-n rtS

r,

W

&

hx

tÎsto iù cc7roy.Ti7ïXt *£/>£

XLIV. Ed. Oxon.

eft

non repérerait

,

citia.

,

nec fe erigit in vinditlam.

De Ami-

Grotius.

&

il veut (5) L'Auteur cite en marge le Gorgias ; fans doute parler d'un endroit de ce Dialogue , où le Philofophe , après avoir marqué les diverfes fins des Peines , comme nous le verrons plus bas , donne à entendre qu'il parle également des Punitions Humaines des Punitions Divines: car il dit, que ceux qui retirent eux-mêmes de l'utilité du châtiment , foit qu'ils foient punis par les Dieux ou par les Hommes , font

&

I.

IV. (1) 'Ovx. oiSKx t« x.etx.i!£ y>i
(x yxç

Cap.

(4) Cassiodore [ou plutôt Pierre de Bloù] dit, que îi, dans le Corps Humain, une main vient à faidu mal à l'autre par hazard , celle-ci ne frappe pas jQi/odjt mala première à fon tour, pour fe venger: mis una cafu aliqtto forte lœdat altérant , /'//« , qme lofa re

vert)

,

ù

ur, ivf.U2>îpcv.

Lib. III.

ceux qui commettent des dire

'E«r<

:

Qiûv re

y.xt

xLtxçTa
j

ot

Tom.

I.

(6) Voici quelle y a des chofes qui tes,

Ii

elles

Péchez véniels

,

pour

ainfi

atpihavuî.oi re >ù eixjjy otoovTîç tnro xi ixa/Lcx xtuc^rruurx isrot ot pag. 525. B.

xvB-ço7T6»>

>

eft la

penfée

d'Homme

n'étoient

faites

à

de

nôtre Auteur.

Homme

pour

Il

feroient injufraifon ou

quelque

quelque fin diftinfte de ce à quoi l'adlion tend par clle-mtme , lefquelles néanmoins Dieu peut faire de Par fon pur bon plaifir , fans choquer fes perfections. exemple, un Homme ne peut pas ôter la vie à un aupurement & fimplement pour la lui tre Homme , ôter , mais ou pour défendre la fienne injuftement attaquée, ou pour exercer un afte de Punition jufte Mais Dif.u peut, toutes les fois qu'il lui néceffaire. plait , ôter la vie à qui U veut , fans autre raifon que fon

&

Des

DlEU fait

L T V. II.

Peines.

Ch. XX.

fi

&

le Méchant même pour le Jour pour elle-même , 0>) Prow*.XVI,4fâcheux $ c'eft-à-dire que, quand même il punit les Impies, il ne le fait à d'auque de les punir. Et la penfée revient au fond à la même chofe en tre defTein fuivant (7) l'interprétation commune, félon laquelle il faut dire, que Dieu a Fait toutes chofes pour lui-même c'eft-à-dire , par le droit de fa liberté abfoluë' de fa fans chercher ni regarder rien hors de lui-même ; comme perfection fouveraine lui-même né de perfbnne. parce qu'il n'eft on dit qu'il eft (c) né de L'Ecriture Sain- (c) 'Avro" , (pv/ti. te du moins nous donne à entendre ailleurs, que Dieu ne fe propofe autre chofe comme quand elle dit (d) qu'/7 (d) Deutérott. dans la punition de quelques grands Scélérats 6-}. De plus , le dernier Juge- XXVIII prejid plaifir à leur mal , quV/ fe rit fe moque des Impies. Efate, I, 24. ment après lequel il n'y a point d'amendement à attendre certaines punitions P roverb. 1,2 6. inviiîbles que Dieu exerce dès cette Vie, comme l'endurciffement montrent affez la vérité de ce que nous foûtenons ici contre Platon. 3. Mais la maxime de ce Philo fophe eft tout-à-fait bien fondée, en matière des Punitions Humaines. Quand un Homme veut punir un autre Homme qui lui eft égal naturellement il doit fans contredit fe propofer quelque but. Et c'eft ce que donnent à entendre les Scholaftiques , en difant , (e) que l'on ne doit point agir par un (e) Thotu. Sumtn.TheoI. efprit de vengeance qui fe contente de faire du mal à celui qui en a fait. Avant eux IL 2. £««-/?. le même Platon avoit remarqué, (8) que ceux qui condamnent à la mort ou à un CVIII. Sylveft. verb. banniffement ou aune amende, ne veulent pas cela puremmt finalement mais en Vindicla. vue de quelque bien. Sene'que dit, que, fi l'on eft réduit à la nécefîité de tirer vengeance de quelque injure , il faut le faire (9) non pour avoir le plaifir de fe venger , mais parce que notre intérêt le demande. A R 1 s T o T E diftingue entre ce qui eft honnête purement Amplement ce qui eft honnête parce qu'il y a quelque néceffité qui le demande; (10) il met au dernier rang l'ufàge des Punitions.

flljet

(b)

:

chaque chofe

,

,

,

&

,

,

,

,

&

,

&

,

,

,

,

,

,

&

,

&

,

&

,

&

V.

§.

1.

Tout ce que l'on (1) dit donc du

plaiiir

&

des douceurs de la

Vengeance,

&

fon bon plaifir, le droit qu'il a fur fes Créatures. Si la perfonne qu'il dépouille de la vie , eft innocente , il exerce , à fon égard , un afte de l'on droit fouverain abfolu. Que fi elle a mérité la mort , c'eft

&

alors

&

un

aclc de droit abfolu

&

un afte de Punicomme an a&e de Pu,

A confnlérer même cela nition , il n'eft point néceflaire qu'il y ait quelque autre raifon qui engage D i E u à punir. Encore que la Punition ne puiffe fervir , ni à corriger le Coupable, ni à donner un exemple, ni à fatisfaire ceux qui ont été lézez , ni à prévenir le mal qui en pourroit revenir aux autres ; elle n'en eft .pas moins légitime. Il fuflit que celui qui eft puni fût coupable comme tel, il a mérité d'être puni, Dieu a droit de le punir, tion.

:

&

uniquement pour

lui

faire

fouffrir

ce

qu'il

mérite.

C'eft tout ce qu'a

voulu dire nôtre Auteur , qui , dans première Edition , fe contentoit de parler d'une manière qui ne renferme que la moitié de la penfée qu'il

la

exprima enfuite toute entière

:

Dei

enint

aciiones reéia

etiam fi finem nuUum fihi proponant extra , J'ayouë qu'il auroit pu parler un peu plus clairement: mais je ne faurois voir fans indignation, que quelques-uns de fes Interprètes lui attribuent là - defius d'étendre le droit fouverain de jufqu'à vouloir qu'il puifTc punir des Innocens , les condamner même à des Supplices éternels. Si l'on avoit eu quelque équité , & qu'on eût fait attention à ce que nôtre Auteur dit dans le Chapitre fuivant , §. 14. on n'auroit eu garde de le charger d'un fentiment fi odieux. (7) Il y a une Lettre de nôtre Auteur, (c'eft la XCI. de la I. Partie ,) où il traduit ainfi le pafiage ejjc

pojfunt

iffis-

Dieu &

DiF.U a dijhofé toutes chofes, en forte qu'elles fe répondent les unes aux autres , le Méchant au jour de l'aifait en forte , par le ver/hé, c'eft-à-dire, que cours même de la Nature , que le Méchant fe trouve puni. Dans fes Notes fur le Vieux Teftament , publiées long tems après la datte de cette Lettre , il traDieu difpofc toutes choduit encore un peu autrement Le M.échant même (eft fes à ce qui convient à chacune. difpofé) pour le jour de VAdverJitè.

&

Dieu

:

\%) Owcvv iu cntotclinvuS)! > ei Tirât ctTC6x]t'Mvu.s* » xj ixBcOkousv , k. xÇ)xi^iSjxiB-x %çr,/xxlx , oiôus-.oi c/./xït a* HliiXl YifJ.lV TXVTX TTClS!!/ , î} fltj EvCK XÇX TU CtyxB-Q %x\\x TU.VTM. 7roiS
:

&

(10) AÎyc>>


i| v7>6§-i
,

TxvxyKxïx

'

%

) cczrhw?,

ro x.xhws' otot , tx irsçi rx\ oty.xix< 7tÇoci;sis , xi 1Ù KoXxtTîlS 1 etTT XÇilTJÇ fZ(V SHTIV XV*•yKxJxt 6% > >£ Te xxhZs x>xyx.xîaç e^xa-tv xiçilcTis^en /LCiV yxg jt«J.9-Si/
'

§. V.

porte

,

fouffrir

(1)

que

Une c'eft

des Sentences

un foulagement

de

Puki ius Syrus

à la douleur

celui de qui l'on a été offenfé

,

,

de voir

3

:

G

a

Létfo

,

Des

5*2

Liv. IL Ch. XX.

Peines.

ce, efl bien convenable à ce principe naturel que l'Homme a de (2) commun arec les Bêtes , d'où naît la Colère , laquelle , dans l'Homme , auflï bien que dans les BétesJ elt une agitation violente du Sang autour au cœur, produite par le défir de faiire Au mal à celui de qui Von croit en avoir reçu, félon la définition (3) d'EusTRAT 1 us

&

:

mais ce défir, confîdéré en lui-même , n'eit point digne de la partie raifonnable: (a) , dont l'office eft de gouverner les Pallions. Par conféquent l'efprit de Vengeance n'ef't nullement conforme au Droit Naturel qui confifte dans les principes que nouas enfeigne la Nature Raifonnable & Sociable, confidérée comme telle. Car la Raifosn nous dit, qu'un Homme ne doit rien faire dont un autre puiffe fouffrir , à moins que ce ne foit en vue de procurer par là quelque bien. Or la fouffrance d'un Ennemi , considérée purement & limplement en elle-même n'eft qu'un bien faux & imaginaire, tel que celui qu'on trouve dans les Richelfes fuperfluës dans plulieurs autres choies femblables. Et le défir de rendre le mal pour le mal , eft fi déraifonnable lors qif «om s'y abandonne qu'il porte quelquefois à s'en prendre à des choies de qui l'on n'a reçu aucun mal, comme aux Petits d'une Bête qui nous a bleue, ou même à des (4) cfaofes inanimées , comme un Chien mord la pierre qui l'a frappé. Aufli voions - nous , que ceux qui ont le plus de panchant à la Vengeance , ce font ceux qui font le moins d'ufage de leur Raifon, comme les Femmes, ainfi que le dit (O Juve'nal; les Enfàns les Vieillards , les Malades , félon la remarque de (6) Sen e'q_u e. là il 2. De paroît que , d'Homme à Homme , il elt contre la Nature de chercher en faifant fouffrir quelcun. à fatisfaire fon relfentiment Et en ce fens la Vengeance elt condamnée non feulement par les Docteurs Chrétiens, mais encore par les Philofophes ; comme on le voit dans (b) un Dialogue de Platon. Cejt un mot inhumain,

(a) Voiez Senéque , De Ira, Lib. I. Cap. V.

,

,

&

,

,

,

&

,

,

,

,

00 Dam le Voiez , de curandis Grxc. adfeft. (rorirtas.

Tbe'odoret

Lib.

La>fo doloris remédiant

XX.

(Verf.

540.)

tigari.



,

inimici dolor.

CiCE'RON dans

[ C'eft

fa

dolorem pœnâ mia dit aiiffi Harangue pour Aulus Cécina , qu'on a en Juftice pour caufe ,

de l'aftion Aclio enitn injuriarum non jus pojfejjionis adfe d dolorem imminuta libertatis judicio pœnàque mitigat. Cap. XII.] Pi.utarque compare le plaifir de )a Vengeance , après Simonide , aux rafraichiffemens que l'on donne à un Malade , qui eft fort échauffe parle

il

d'injures

fequitur

:

,

:

Ki*' Totvrcc

f.itv

ijV ccuvvt]Ç Ko uov- xxi

pcv

uvoçxç ôt-iotpvhaç

ci

oPyr,v

xxrx

echX'

,

ïv

~E,tf.tuvict)v ,

xctt ffvyytvtis

a xyx-xtç

aru

Tom.

I.

,

ù

,

à boire

At

ost-

râ Sv/xZ xxt
Arat.

pag. 1048. E. Ed. Wech.~\ Grotius. là vient qu'H o m e'r e dit , une colère pour marquer une grande colère : ,

(2) De

:

Qui partent

accepte fava inter vincla cicuiee Plurima felix atque errores exuit omnes, , Prima docens reclam fapientia : quippe minut.i Semper , £jf infirmi ejl animi , exiguique voJuipias Vltio : continuafie collige , quod vindiêfâ

de

Bett fauvage '

vindiâla bonutn vit à jucundizts ifja.

hoc indoili , quorum prœcordùi nullis Interdum , autlevibûf, videas flagrant! a canJ/Ts jQuantulacumque adeo efl occajio , fufficit ira. Chryfippus non dicet idem , nec mite Thaletiss Jngenium , dulcique Seuex vicinw Hymetto.,

yXvx-v yiverxt y.xi a
ae-nip x?iy'ùsiTt

:

Nempe

/xsTx%=iji(rx
B-epxrztixv xxt xvXTrtoÇatrtv zr^ca-^éj'ôvruv.

•ri

yxg

(s) Il dit, que la maxime qui porte, que la Vengeance eft un bien plus doux que la Vie mê:rme, ne peut être approuvée que des Ignorais, qui s'emportent quelquefois pour rien , ou pour peu die chofe ; mais qu'elle fera toujours condamnée par uni Tbalh , parmi Chryjlppe par un Socrate : le dernier, ajioûte-til , n'auroit pas voulu faire prendre à fon A.ccufateur même la moitié du Verre de Cigué qu'il fut condamné

Àccufatori

twllet dure.

Paulatim vitia

IV, 23.)

(Iliad.

AyPiov

tv çqB-so-cri

Siro fiiyxXtjra^x

B-v/xtv-

IX , 625.) Et domter la Colère AXX > A.%i\
(Iliad.

:

Nemo

~~"~~~

,

(Ibid. verf. 492.) Grotius. (?) ZfV
:

674.]

Grotius. „ N'cft-ce

;

G

R

t

Voiez

1

le

1:

&

gles (ut ad

Jean de Lery

,

&

les

,

Ignorais

fe laiflent

déraifounables

,

-

,

,

&

lors qu'ils

dit auffi

E

ont T
cmporteimens aveucherchent à fe vcinger: Et

aller à

des

hominum exempta redeamut)

imperiti qnimque

,

£9*

Ji quando accipiunt injuriam , cœco £9* irrationabi lifurore ducuntur , çj/ iis , qui Jibi no cent , incem retribuere conantur. Lib. VI. Cap. XVIII. num. 22. G R 0-

T

I

U

,

S.

(6) At qui iracundiffimi fiait

j

� invalidant

Lib. I.

Cap.

XIII.

infantes , fenefque , ontne naturâ querulum efl.

Te'kence

,

.,

£f

De

tegri

Ira

,

de la facilité mettre en colè-

parle aulfi

Femmes 8c les Enfans à fe comme venant de foiblelle d'Efprit

qu'ont les re

s.

Voiagcde

XIII. verf. 180

que les Sots que injure ,

injipientes

pas, (dit Senf.'quf.) une grande fo„ lie , de fe fâcher contre des chofes , qui n'ont pas colère, & qui ne la fentent point? ,5 mérité nôtre His ira/ci quant flultum efl , qnœ iram nojbram nec ntetmerunt , nec fentîufit ? De Ira, Lib. II. Cap. XXVI. Les gens du Bréjil, Peuple fauvage , s'en prennent au Fer, qui les a blelfcz , comme li c'étoit ne perfonne.

(4)

Sat.

quùmfemina &feqq. L a c T a N c

magis gattdet

:

pag. 163.

Pueri

Des que

îKahl

3

fuit

regardé

miers

injure

&

,

plues

Bête

injufîe

féroce

C H. XX.

H.

v.

S E N e'clU E

&

jujle

légitime.

que pour

MU

Homme

non pas à un

mal pour

S

N

ny

Il

U

I

D

n

renferma

qu'il

de

VAggreffeur fait

Le dernier

que (9) Que

(8)

difoit

S

ce

a proprement

tems.

le

,

vouloir mordre

de

,



quoique

,

qui fe venge en fait une autre. de Tyr va jufqu'à foûtenir ,

celui

que VAggreffeur.

,

&

,

I

(7)

Vengeance,

la

£5?

Maxime

plus excufable. ejt

difoit

,

comme

communément

entre l'Injure,

rence

L

Peines

Vengeance

de

celui

celui

peu

à faire à une

c'eji

mordu

nous a

Grec

pre-

venge

qui fe

celui

qui

diffé-

la

qu'un

n'ejt

,

qui rapporta la Phiilofophie de Platon à l'ufage de la Vie Civile, difoit, (10) que, félon les Loix, VaBiam de celui qui fe venge ejt plus jufle , que celle de VOffenfeur ; mais qu'à en jul'autre ont pour principe une même maladie du Cœur ger félon la Nature, l'une £5? de' chercher à rendre le

mal.

le

1

cet illuftre

,

,

&

Humau&i. Amplement Puis donc qu'un Homme fait mal d'en punir un autre purement 3. pour le punir ; il faut voir maintenant, quelles raifons d'utilité il peut y avoir qui rendent l;a Punition légitime. que l'on trouve dans §. VI. 1. On peut rapporter ici une divilîon des Peines, dans le PhilofopheTAURUs, un de fes anciens Commentateurs dont Platon, le Commentateur, fondent leur divifion fur car l'Auteur, parle Aulu-Gelle le but des Peines; toute la différence qu'il y a entr'eux, c'eft que Platon n'a conl'exemple; au lieu queTAURUs y en çu quie deux fins, (0 lavoir, la correction ajoute une troifiéme je veux dire (2) la fatisfaction pour le tort qu'on a fait. Cle'ment d'Alexandrie défait la Punition qui s'exerce dans la dernière de ces vues, que (3) Plu t a r q_u e n'a pas oubliée ; (4) un acle par lequel on fait fouffrir quel-

&

,

,

&

,

&

:

&

&

,

,

&

cun Pueri

quàm pro

inter fefe

runt

iras ge-

levihus noxiis

quia enitn infirmant gerunt.

Itid.e:m mulitres funt

qui eos gubcrnat animiis

,

,

ferme

ut

,

pueri

levi fenten~

,

tia.

&

:

,

&

'

&

Lib.

'Ett*

,

xv

tywyt

VTriplZab.?,

Dillert.

xLxiâripot.

>

II.

e

ttxsïy

,

oti ïi%tp

rtixu^Zv pag. 24,

tS

fe

Stobf/e

trouve dans

,

Patientiia

To

r.utiTiÇo»

ejmxt

Plutarchl. §. VI.

(1

J

>

uvtitiuùiÇsIiQ-cci

yivciAîvot

Ovirit

in Vit.

Voici

,

tS

x-xa

f/.'x?

,

ipfe verbis

bles il

le ,

a

Au

&c.

dixit

Quef-

Dion. Tôt». I. pig. 979. A. paiTage: ïlcoa-^u j nx^'t t«

le

u

j

eft ,

quutn

G

l.

immédiate-

Il dit, que les Peines qu'on inflige après que le Crime a été commis , Coupable n'en commette à l'avenir

& fait

empêchent de fembla-

une grande confolation pour ceux à qui du mal A< d[' ina X-^i* T0
Kô'iy.riUX.TUV 'évt^tv

PlaTO compofuit , feriptas reiiquit. apertis duas folas ejje pœniendi caujjas F. l l. Nocl. Attic. Lib. VI. Cap.

PlatoniS

autem

que

xcS-ivcixÇ.

dicitur

....

afiez

vôuii) S'i-

Unit

eft.

,

Tau

ment

7rpcthxs7v

Pcenicndis pec-

exiftintatum

caujjas

ne pnetermifta

,

X7[t&vTaicrcii

xg

xXXotÇ

quunt , tuenda , animadver/io contcmtum ejus pariât , eff honorem levet : ideircoque id ei vocabulutn à confervatione honoris faâium putant. Tertia ratio vindicandi eft , quee Tix^xhiyiix à Grxcis nominatur , quum panitio pr opter exeniplum eft necejj'aria , ut ceteri Jîmilibus à peccatis , qttic prohiberi pùblicittu intereft , metu cognita pana deterreantur. Idcirco veteres quoque noftri exempla pro maximis gravijjtmifque pœnis dicebant lias très ulcifeendi rationes £9" Philofophi ulii plurifariam , £jf nofter RUS, in primo comment ariorum , quos in Goreft

XIV.

Philofophe doit intenter aHion d'injures con-

3,

E>i>.TtCVt

tois

-,

Voici le pnffage entier.

:

debere

V)

>

t;

Ttu.^xo'n'y fjt.x

/xuçixt adpcllant. ea caujfa animadvertendi eft dignitas aucioritasque ej?ts , in quem eft peccatum

Edit.

la

jj

gratin , ut is , qui fortuito deliquit , adtentior fiât correchorque. Altéra qui vocabula ifta curiqfhu diviferunt , tieft , quant ii ,

XIX.

tin

«

oÇaWff zsx/ry^vrx U xv wxtrj^n ytyvenrM. In Gorg. Tum. I. pag.

,

26.

:

tion , iSï um tre quelcun.

(io)

'irw

7rpov7txÇ-

lïthTHss

,

catis très ejje

Serm.

où le Compilateur rapporte longpaffage d'un Traité de ce Philofophe, fur

De

Ira

ovuxâ'xt

ttx etXXot

qna vs.9-£
(3)

(9) Ce im-ot

'

CtXhS ef.TW? TllMUpOVttiVtf

V7T

,

x.*,t

525- A. B. (2) Ttuuçîx

giam

r oXtu.r,
XOir-txç OTfoiF uo:x.ixv

Èuvtoç Davif.

De

tantum excufatiîis peccat.

XXXII.

Cap.

II.

(8)

Ol/Ti

yiyvsâeti
Hccyr. (JSét. III. Scen. I. verf. 50.) Ammien Marcellin dit , que les Sages regardent la Colère comme aiant d'ordinaire pour principe une grande foiblcfte qu'ils en allèguent pour raifon , que les d'Ame; Malades font plus fujets à fe courroucer, que ceux qui font en famté ; les Femmes, plus que les Hommes; les Vieillairds , plus que les Jeunes Gens ; les Malheuliane reux , plu:s que ceux qui font dans la profpérité tnitn [iranvj! ulcus animi ejje diuturnum , interdumque perpetuum prudentes definiunt , nafci ex mentis mollitia confuetum : id'- adferentes argumento probabili , quod iracundiofeminœ maribns , £f jures funt incmlumihztf languidi , venibw fentes , &r felicilms arumnoji. (Lin. XXVII. Cap. XU.pag. 5 56. Ed. Valef. Gron.) Grotius. (7) Inhiimumum verbum eft , &f quidem pro jufto réà contumelia non differt , nijï ordine. ception , TTltio : Qiii dolorenn regerit

TlUVptU.

ytyvs&xi

?

jQtta-jpropter ?

:

Ttfiagtxi ,

,

x.xt raiv

KXt UX>it<ïX TO

civTxï;.

548. E. (+^ Tit/MÇiX

De S"i

fera

ttsXXîvrm

TtX^I'/O^iiV

Numin.

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TU?

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SriTCV.'^ÔTXt

Tom. IL pag.

vindift.

j

«ît<

to tS rt(ta~

,

.Dw

f4

L i v.

Pifcer.

C h. XX.

IL

pour fe dédommager du mal qu'on en a reçu. C'eft: proprement Cette forte de Punition, qu'AaisTOTE (0 rapporte à la Juftice, qu'il appelle Permitde la fatisfa&ion (6) de la corre&ion , il ne dit rien mais s'il parle ailleurs tutive cun à fon tour

,

&

:

de Y exemple. 2. Pour traiter

la

toute Punition

on

,

avoit intérêt que

&

matière avec plus d'exactitude , il faut dire , à mon avis , que , dans a en vue ou le bien du Coupable même , ou l'utilité de celui qui Crime ne fut pas commis , ou enfin l'avantage de tout le monde gé-

le

néralement. (a) NevS-eirtx. (l>) KoXxa-n.

(0

UftpcHfi-

trtr.

§. VII. i. La Punition, qui tend à h première de ces fins, eft ce que les Philofophes appellent , (i) tantôt (a) Réprimande ou CorreBion, tantôt (b) Châtiment, tan-

&

qui fe fait pour corriger comme parle le (2) Jurifconiulte tôt (c) Avertijjement i Paul, ou pour rendre Jâge , comme (3) s'exprime Platon, ou pour guérir l'Ame, comme (4) le dit Plut arque. Elle a en effet pour but de corriger le Coupable

& de le rendre plus homme de bien

,

comme toutes fortes

le

,

plutôt qu'il

mieux

Douleur.

&

eji

,

en guériiTant

mal par fon contraire. Car, propos délibéré aux-

le

&

fur tout celles qu'on fait de

,

revient fouvent, forment un certain panchant à en produire d'autres femblalequel croît de plus en plus jufqu'à ce qu'il tourne en habitude ; il faut éloigner

fauroit la

d'Actions

on

quelles bles

,

&

poflible , tout ce qui fert d'attrait au Vice c'eft de quoi on ne venir à bout, qu'en ôtant (5) la douceur du Crime par l'amertume de Quand les maladies de l'Ame en font venues à un tel point , que le Cceur

eft

:

&

corrompu lui-même,

Vardeur

corrupteur des autres,

dévorent i

il

ne faut pas

moin?

remèdes

des

Tacite

ce que

(6) fait dire à TiSelon les Platoniciens , au rapport d'ApuLE'E , (7) il n'y a pas de plus grand bère. que d'obtenir l'impunité , fans avoir du moins à fubir les fupplice pour un Coupable , que

forts,

des défirs qui

le

c'eft

Hommes. qui n'eft permis naturellement à toute (d) perfonne qui a du Jugement point entachée des mêmes Vices , ou d'autres auffi honteux, d'exercer la Punition qui Cela paroit par cette efpéce de châtiment qui fe fait en palert au but dont il s'agit. Car , comme le dit un Poète Latin , (8) reprendre un Ami , lors qu'il a comroles. cenfures des

(il)

Volez

TJiojJi.Summ Theol. IL 2. jQua/h

XXXIII. Art. III.

11 eft

2.

,

&

mis

0n

luae.v'iTtsvviuÇÎe.»» *»*#eftir*plvtl'

trouve aufli dans

St. Chrysostômf. , ces trois fins , vaB-sa-îx , Ti/auçïtc , In l'exemple. KokturiSi la correction, la fatisfaftion, I, ai Corintb. XI, 92. GB.OTIUS. Le paffage de C l e'm e n t X Alexandrie a été rap-

porté teur 5

car

en

citant

mémoire

tic

Ce paffage eft du mots. Cap. VIII. pag. 140. Edit. Oxon.

deux

ailleurs

VIL

,

Cap.

à

peu près

XVI.

(5) Voiez VII. VIII.

,

la

nôtre Auchangé il y avoit , Pédagogue, Lib. I.

que ne

exactement,

plus

ici

même

faifoit

Fotter.

définition

,

On trouve Stromat. Lib.

pag. 895.

fa

Morale à Nicomachus /

,

Cap.

Lib. V.

.,,-,,

xut y.ôXclTti ' j ftiv yuj) xcùufH, tS Tvtlo-ycvtas t»l*X Wiv K } rtuaçtct rà isoihCap.X. ros, n» »*«rXr.pm$î. Rhetoric. Lib. I. d'Aui.u -Geile , qui §. VIL (0 Voiéz le paffage a été cité dans la Note 2. fur le paragraphe précè-

(6)

àixit ) riptupix

,

'

,

dent.

(2) On aura occafion de citer la Loi, dans le Chapitre fuivant, §• 12- Note I. f T ? yct ~ 3 iXM ^ 6i ***** (^ Voici le paffage: x.Xuyi/MXTt tralpeonçvof ivsx.ee ZuHpCfttrw 7rpt>a-fr.TnrxT*t. DeLegg. Lib. XL pag. 93h E. Totn. IL Ed. Steph. Voiez le Tnité tlc Ia len (4) 'iwrpiut tkS Iv&if' teurde la Vengeance Divine, Tom. IL pag. 550. A.

LUw

559. F.

gue , que l'on brûle pour fend, non pour la rompre, tendre

:

Non

cie tioccmii.

&

il remarqué: (5) C'eft ce que Sene'que a de la comparaifon d'une pièce de bois ronde

fe fert

&

lon-

la

&

que l'on pour l'ouvrir & l'éfed medetur , fpe,

redreffer,

mais

nocet [caftigatio]

Qucmadmodum quadam

baftilia

detorta

,

ut

aduriwus , çff aduHis cimeù , non ut franga, fed ut explicemus , elidimus : fie ingénia vitio prava , dolore corpori; animique corrigimur. De Ira , Lib. L Cap. V. Il dit ailleurs , que les châtimens d'un bon Magiftrat , d'un bon Précepteur, d'un bon Juge, font des maux utiles , comme quand un Médecin fait appliquer le fer à un Membre gangrené , ou ordonne la diète à fon Malade : Quadam ejfe diximus , qu
corrigamw

mm

,

,•

&

&

praceptores , indices: quorum caftituf, parentesque , gatio fie accipienda eft , quomodo fcalpellum , çff abftinentia, çff uiia , qiue profutur a torquent. Ibid. Lib. IL Cap.

XXVII. Grohus.

&

fagrans ani(6) Corruptus Jimul gf corruptor , œger baud levioribut remédia reflinguendus eft quàm li, bidinibw ardejcit. Annal. Lib. III. Cap. LIV. mm. 2. (7) Graviusque £f acerbiw eft omni fupplicio , fi noxisimpunîtas deferatur , nec hominum intérim animaXverJione pleclatur. De habitud. Doclr. Platonic. pag. ai. Edit. Ebnenhorft.

mas

,

(8) N'a amicum caftigare ob méritant noxiam , Immune eftfacimts ; verîim in atate utile

Et ,

enint

conducibile

Plaut. Trinumm.

Acl.

(?) Les Empereurs

I.

Scen.

I.

verf. 1.

Valentinibn

& Valens

per-

met-

,,

L

Des Peines. mîs quelque faute

qui

mérite

le

I

C H. XX.

V. II.

ff

une chofe à la vérité dont ceux que Von reprend mais qui ejl d'un grand ufage dans la Vie.

c'ejl

,

poudroient bien qu'on ne fe mêlât point , des autres chofes qui renferment quelque contrainl'égard des Coups 3. non pas à l'autre d'ulèr de tels moiens cette permis (e) à l'un , te s'il eft

A

,

&

&

,

,

,

(e) Voiez

différence ne vient point de la Nature, (car tout ce que la Raiibn nous enfeigne ^Sfcâp. Mères ont un droit particulier de châtier leurs En- Lxxii. ici , c'eft que les Pérès fans , à caufe de l'étroite liaifon qu'ils ont avec eux) mais elle eft fondée fur les Loix, qui , pour éviter les querelles , ont reftreint cette parenté générale de tous les Hommes aux plus proches Parens , de qui l'on eft le plus tendrement aimé ; comme ailleurs. C'eft fur ce principe, que on le voit dans (9) le Code Justinien, Xe'nophon difoit aux Soldats de l'Armée Grecque qu'il avoit commandée (ro) Si fui frappé quekun de vous pour fon bien , y'avoue que je dois fubir la même peine , qu'un Enfant peut infliger à fon Père, lors qu'il en a été châtié, ou un Difciple à fon Maître. le feu aux Membres de leurs Malades Les Médecins même r? appliquent-ils pets le fer

1-

&

&

:

&

po-ur

Lactance remarque, (n) que

guérirt'

les

Dieu

veut qu'on châtie

les

En-

toutes les fois qu'ils commettent quelque faute , de peur que par une tenun excès d'indulgence, on ne les élève dans le mal. dreife nuiiible 4. Cette forte de Punition, qui a pour but le bien du Coupable, ne peut pas

fans

,

,

&

&

entant que l'on ras'étendre jusqu'à lui ôter la vie, li ce n'eit indirectement , mène à une idée pofitive une idée négative toute oppofée. Car comme, félon ce que dit Nôtre Seigneur Je'sus-Christ, (f) il y a des gens pour qui il vaudroit 2I -

font

:

de

même on

peut dire

vaudroit

qu'il

,

mieux pour un

naturel incorrigible

,

c'eft-à-dire que ce feroit un moindre mal perfonne puis qu'il eft certain que, ii elle vit, elle ne fera que deC'eft de ces fortes de gens que Sene'que venir de jour en jour plus méchante. (12) dit, que leur intérêt même demande qu'ils périjfent j parce qu'ils ne vivent que, plus encore à eux-mêmes, comme (13) parle Plut arque. On pour nuire aux attires, trouve la même penfée dans (14) Jamblique, & dans (15) Galien. y. Quel-

de mourir

pour une

que de vivre plus long tems

,

telle

,

,

,

&

mettent aux proches Parens

qui ont de

,

l'âge

de châ-

,

modérément un Jeune Homme en minorité comà moins qu'il n'ait comauroit pu faire fon Père mis quelque faute énorme , dont la connoiffance apIn corvigendis minoribus pro partienne aux Juges tier

,

me

,

;

:

,

fenioribus propinquis trihuimits pottjia, ad vit a; décore, , domcjlicœ laudti exempta non provocant , Jaltem correiiioni; medicina compellat. Neque tamen nos in punicndU minorum vitiis potejlatem in immenfum extendi vo'.umus, fed jure patrio auHoritas corprivatâ animadverrigat propinqui juvenU erratum , jQuod ji atrocitas facli J7is domeflica Jione compefeat. emendationis excédât, placet enormis delitfi reos dedi judicum notioni. C O D. Lib. IX. Tit. XV. De emendatione propinquorum. quaiitate

tem

:

delicii

ut quos

,

&

(1?) C'eft dans un endroit où il dit, que Dieu puPécheurs incorrigibles , au lieu qu'il le tems de fe convertir à ceux qui pèchent par l'ignorance de la Vertu , plutôt que par l'amour du Vice A?&x ro (ta cvqxiçûv ivS-vç içstXs rS lii'x ^ x-ntxoy/iv aiç trîpotç ys 7ixvruç IîXxÇipu/ otvrtà ri (iXxsSxn crvvitvxt /mru •gscvyipixç oiç ai V7c xyvoixs Çurxtoï nit d'abord de tels

donne :

>

>

>

ri KXXè s\y.às

xi%p£ ra

xux?rr,Tiy.ov dVJW» nsrxl$x?\{v. De fera 1 vindift. pag. 551. E. Tom. II. Ed. IVcch. /xxtisov

v,

7rÇoxiçt
ris

iyyîyovirxt

Num.

(14) Ce Philofophe dit, que, comme il vaut mieux pour une perfonne qui a un abfcès , d'y laiffer mettre feu , que de demeurer dans l'état où elle eft ; de même il vaut mieux pour un Méchant , de mourir , que de vivre KxB-xtts^ ru V7r07rva> liiXriov ri xxi'tS-xi, rS eix/xtuiv arca >£ rZ /u.o%B"/iPâi ro rsB-vx.ut rS <^r v. le

:

(

Eya yxp

(io)

/U.L

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rivet

,

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'

,

Cap. II. (1$) Après avoir

t

Protrcptic. «»'•



yxp ixrPoi

Ttptvna-i

tù,

xyxB-ù. Ed. Oxon.

y.xm
\tv

De Cy-

'

xi

Expedit. Lib. V. Cap. VIII. §.

8.

&

liedcntibus (il) Qui [Deus] jubet uti maledicis matins autem nojlras fupra minores fem, ut peccantes eos adjidv.is verberiper habeamus , hoc ejl ne antore inutili £/ indulgentià uimià bîts corrigumzts , ad vitia nutriantur. Inftit. Dieduerntur ad malum ,

non irafeamur

,

,

&

vin. Lib. VI. Cap. XIX. mon. g. Edit. Cellar. (12) Ut nemo pereat , nifi quem périr e etiam pereuntis inter/ît.

De

Ira

,

Lib.

I.

Cap. V.

Voiez

auffi le

Chap.

que l'on punit de mort un Homme , premièrement , pour empêcher le mal qji'il pourroit faire , s'il vivoit plus long tems ; & enfuite pour détourner les autres , par fon exemple de comil ajoute , mettre rien de femblable : qu'il y a une troihéme raifon , c'eft qu'il vaut mieux pour le Criminel même de mourir, lors qu'il eft d'une malice incorrigible K«i rçi'rov ici >£ xvloïs ftstyci; x/ust^ov rsêvxdit,

,

:

yxt

>

oii.p3-x?iu.fvotÇ

x.xkixv.

De

fera

ureo

Num.

Vt/^v > ai avtxlov vind. pag. 551. E.

rriv

ffcîui

tjjv

xvi. (16)

Des

?6 (g)

tre,V

I.

c'eft de ceux-là mêmes que l'Apôtre St. (g) qu'il y a une forte de Pécheurs, (itf) dont le péché va à la mort. Mais comme les preuves qu'on peut avoir d'un panchant incorrigible à mal faire , font fujettes à tromper , la Charité veut qu'on ne défefpére pas lé-

,

Et /-Jean

16

.

Liv. IL Ch. XX.

Peines.

Quelques Do&eurs croient, que

S.

parle," lors qu'il dit,

gèrement de l'amendement de qui que ce foit. Ainfî il ne peut arriver que trèsrarement que l'on foit obligé de punir quelcun par cette raifon qu'on a tout lieu de croire qu'il ne fe corrigera jamais. §. VIII. i. Voila pour la première fin des Peines. Inféconde, ou Yutilité de 1

le Crime ne fut pas commis , confifte en ce qu'il faut faire en forte qu'il ne foit déformais expofé à rien de femblable, ni de la part de celui qu'on punit, ni de la part d'aucun autre. Aulu-Gelle (i) définit cette forte de

celui

à

qui

que

i

on

l'entendre

Tacite

importoit que

il

donnée a rautorite de la perfc contre la liberté ou contre tout autre droit de chacun. (2) donne à entendre , que l'on peut pourvoir à fa fureté par une juflc dit la

d'un

de

l'atteinte

attentat

punition. 2. Or il y a trois moiens d'empêcher que la perforine lézée (3) ne fouffre plus de mal de la part de POffenfeur. Le premier eft de faire mourir le Coupable le fécond , de le mettre hors d'état de nuire le dernier , de lui faire fouffrir quelque mal , par où il apprenne à les dépens à être plus fage; ce qui a du rapport avec la correction dont nous avons parlé ci-deffus. 3. Pour mettre en fuite à couvert la perfonne lézée du tort des maux pareils que d'autres pourroient lui faire; il faut que le Coupable foit puni, non pas en cachette , mais publiquement à la vue de tout le monde, ,

:

:

,

&

&

4..

(16) Ces fortes de Pécheurs font attaquez d'une maincurable, félon St. CHRYSOSTÔME , et xv xtx L'Empereur lu IL ad Co&inth. XIII . 9. Julien diftingue aufli entre les Coupables , dont on a quelque efpérance qu'ils pourront être guéris de leur malice i & ceux en qui elle eft incurable. Il dit que les Loix puniffent de mort les derniers , autant pour le bien d'autrui , que pour le leur propre. Airlùv j ovrm ladie

iôo-ïvTss.

,

TUV XUXÇTr,,UXTû>V vas , ^ n nxi/ry tÙ»i tjÏv

TUV



>

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B-XVXTOV

Si

>.t,
%x. sic Tr.v ixitiiav KCtxw ckSvoy.txv llÇ /xxt&ov ) t£» ît».m ù,QtXeixv. Oration. II. ( pag. 89. B. Edit. j

>

Spanhem.') Grotius. §. VIII. (0 Voiez le paffage cité ci-deffus, Note 2. fur le paragraphe 6.

(2) C'eft Poppée

nal. Lib.

XIV.

Cap.

dans la

que Néron

LXI.

mm.

7.

(5) On voit dans les Bétes même quelque image d'une punition faite dans cette vue. remarque , que , quand une Lionne s'eft accouplée avec un Léopard , le Lion , qui s'en apperqoit à l'odeur du Léopard , fe jette fur elle de toute fa force , pour la châOdore Pardi coïtum fentit in adultéra Léo , totàque tier :
Pline

Grotius. ( dit ici le Savant Grono(4) Lors , par exemple vi us.) que rOffcnfeur fe trouve un Père, ou un hom,

me qui îfétoît pas en fon bon fens , ou une perfonne à qui l'on avoit fait foi-même auparavant quelque inqui nous l'avoit pardonnéc. jure, Le premier mais rien n'eft plus le troifiéme exemple , font juftes mal appliqué que le fécond. Car peut-on faire une injure , proprement ainfi nommée , quand on n'a pas l'ufage de la Raifon? ( ç) Ac natur ce quidem jus eft , quod nobis non opinio, fed qtuedam innata vis adferat , ut religionem , pietatetn , grattant , vindicationcm , obfervantiam , veritatem Vindicationem per quant vim £f contumeliant , drfendeudo aut ulcifeendo , propulfannu à nobis , « noftris , qui nobis ejj'e cari debent , £ff per quant peccata punimus. De Invent. Lib. IL Cap XXII. (6) Qttippc adverfus latronent , Ji nequeant pro falute , pro ultione tamen fua , omnes ferrtan Jlringere. Lib. XXXVIII. Cap. IV. Htm. 2. (7) On a cité le paffage tout entier , dans la Note 1. L'Auteur repetoit, fans nécefllfur le paragraphe ç. té , ce paffage dans la Note fuivante ; comme il lui eft arrivé en d'autres endroits , par oubli fans doute. (8) Rontulus , au rapport de Plut arque, difoit. en parlant du meurtre de Tatius , commis par quelques Laurentins , qu'on avoit rendu meurtre pour meurtre

&

&

:

,

&

.

venoit d'époufer , qui repréfente à cet Empereur, qu'il devoit ou reprendre Ociavie de fon bon gré , plutôt que par force , ou bien punir Ociavie , pour fe mettre lui-même en fureté : Denique , Ji id rébus conducat , libens , quant coacius , acciret dominant , vel confideret fecuritati jujlâ ultione. An,

Si

&

qu'ainfi l'injure étoit

(pîuv içeçSc-i

j

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Ç*Çt)5-£ÏtTXt)

rov èi TafivXev x(ps7te>\v£rxt. (Vit. Romul. Pont. I. fait dire à Bélifaire , qu'il eft ,

pag. 52. C. ) Procope naturel de haïr ceux qui nous ont fait quelque injure OU quelque injuihee :
(Cap. XVI.)

Grotius. (9)

,

f

Ds

L

Peines.

I

IL

V.

C

H.

XX.

f7

&

qu'on renferme dans les bornes de l'Equité elle n'eft point illicite la Vengeance même particulière à en juger par le Droit de Nature tout feul c'e t-à-dire indépendamment des Loix Divines & Humaines, mis à part les circonitances (4) qui ne font pas eflèntielles à la chofe ; foit que la Vengeance s'exerce par celui-là même qui a été offenfé , ou par quelque autre; qu'un Homme en fecoure un autre. On peut adcar il eft conforme à la Nature mettre en ce fens la penfée de Cice'ron, (5) qui, après avoir décrit le Droit NaSi l'on rapporte à ces fins

4.

,

,

,

,

,

&

,

comme une Loi qui eft fondée non fur nom, en donne pour exemple la Vengeance, turel

l'opinion

qu'il

,

mais fur des fentimens nez

oppofe au Pardon:

avec

& afin qu'on ne

doutât point jusqu'où il étend la lignification de ce mot, il définit la Vengeance, en fe défendant ou en fe vengeant aèlioji par laquelle on repouffe la violence £5? les qui doivent nous être chers j ou aux nôtres hifultes faites ou à nom par laquelle aulfl le monde tire Vépée on punit les fautes. contre un Brigand , du moins pour fe venger fi on ne le peut pour fauver fa vie ; c'eft ce que Trogus Pompe'e faifoit dans une Harangue que (6") Justin a copiée. Et Plutarque dire à Mithridate une

,

,

,

&

,

Tout

,

,

C'eft aufîi fur ce droit (8) naturel que (7) appelle cela , la Loi de la Vengeance. Samfon fe fondoit, lors qu'il difoit, (a) que, s'il faifoit du mal aux Philiftins après 0) J'igts, en avoir reçu d'eux , il feroit entièrement innocent. Et quand il fe fut vengé ef- XV, 5. fectivement , il fè juftifia de la même manière , (b) difant qu'il leur avoit fait com- (b) Ibid. me eux-mêmes lui avoient fait lés premiers. On peut alléguer (9) plufieurs autres verf "' paffages femblables d'Auteurs Profanes Eccléfialtiques. ,

'

&

Mais

,

&

comme nous fommes

lujets à nous laitier furprendre aux illufions de la Pafde nôtre intérêt ou de celui des nôtres ; on trouva bon à caufe de cela , lors que plufieurs Familles fe furent jointes enfemble dans un même lieu d'établir des Juges , de les revêtir eux feuls du pouvoir de venger ceux qui auroient été S".

fion

,

quand

il

s'agit

,

,

&

offen-

THUCYDIDE introduit ceux de Platée foûtenant ont eu raifon de punir les Thcbains , qui s'éemparez Je leur Ville , dans un tems de paix ; & qu'ils n'ont Fait que fuivre en cela une Loi établie chez tous les Peuples , félon laquelle on peut jufte(9)

qu'ils

toient

ment repoufler un Ennemi

: n«A<» yxç xvrtsç rr,» ifttriçx» KXTX^x/u.lixvo*rxç ii nrov&xïç , »t 7rçe
qu'il pour une Loi commune à tous les Hommes , repoufler ceux qui nous enlèvent nos eft permis de [ Le paflage a déjà été cité , Cbap. I. de ce fécond Livre, §. II. mon. i.] Jttgurtha aiant parlé des embûches qn'Adberbal avoit dreffèes , pour lui ôter la vie ajoute , que le Peuple Romain feroit mal de l'empêcher , lui Jugu) -tha , d'ufer, à l'égard XAdherbal, du droit des Gens , c'eft-à-dirc , du droit de fe venger d'un viUe fuœ injïdlatum : tel attentat quoi ubi comperijj'et , ejw J'celeri obviam ije : populum Romamim nequt reclè , neque pro bono faclttrum , Jî ab S a l l u s T. Bell. Jug. jure gentittm fe prohibuerlt.

biens.

,

:

AtherbalEm

XXV. ELlVaf.) Aristide dit, que c'eft une maxime approuvée & par les Poètes & par les Législateurs , & par les Orateurs une maxime confor-

( Cup.

,

,

me aux Proverbes même qui expriment les Commun Peuple une maxime en un mot ,

idées

du

reçue de venger d'un Aggref-

Qu'on peut fe tout le monde , feur : A?*, o %u^tx\ , >£ »o/xoôi]xt

,

tù icxçoiftlxt

,

xx)

tSt> ùa-^yiÏTo &c. Orat. Platon. IL pro jQuatuorviris , (T>m. III. pag. 259. A. Edit. Paul. Stefib.) St. Ambrcisf. loué les Mwcdbées* de ce qu'ils avoient venII.

Tom.

un jour même de Sabbat , la mort de leurs , dans fé'réres innocens Sed Maccabcei conjidcrantes , qttod hoc exemplo gens omnis pofet perire , Subbato etiam , quant bellum provocarentur , ulti funt innocentium necen* ipfi fratrum fuorum. De Oftic. Lib. I. Cap. XL. Voitz auffi ce que dit le même Père , dans fou Difcours contre Symmaque : Joseph , Antiq. Jud. Lib. XIII. Cap. I. au fujet de la vengeance que l'on tira de la mort de Jean , frère de Jonatban. St. A m B R o i s E répondant aux plaintes que faifoient les Juifs, de ce que les Cbre'tlens leur avoient brûlé une Synagogue , parie " Si je voulois en appeller au Droit des encore ainfi : combien de Temples des 5, Gens , je ferois voir ici , Chrétiens ont été brûlez par les Juifs, du tems de , 5 Ar certè Ji jure gentittm agerem , ,5 l'Empereur Julien. diccrem , quant as Ecdejix Bajîlicas Judxi tempore imparti Juliani incenderint &c. Epift. XXIX. ( pag. 562. Edit. Parif. 1569. ) Il appelle là une maxime du Droit des Gens , rendre la pareille il fe fert de la même expreflîon , que Tite Live , au fujet des I.aurentius, qui demandoient raifon de ce qu'on avoit maltraité leurs Ambafiadeurs Pojl aliquot annos , propinqui Régis Tatii legatos Laurentium pulfant. quumque Lauren:

m

&

C

:

&

:

JURE

GENTIUM AGERENT

&C. Lib. L (Cap. A1. ) C'eft ainfi que Civil* dit , dans qu'après avoir été maltraité en plufieurs manières , à un tel point , que fes Soldats même demandoient fa mort , il vouloit s'en venger , félon le Droit des Gens : Egregium , inquit , pretium laboris cepi , necem fratrif , vincula mea , &f fxvijftmas bujut exercitus voces , quibm ad fupplicium pctitws , jure gen-

tes

T

XIV. num.

cite,

&

&

tium pœnas repofeo. Hift. Lib. IV. 4.)

GROTI U

( Cap.

XXXII. num.

S.

H

(10)

.

Des

5-8

Liv. IL Ch. XX.

Peines.

Membres de la Communauté furent ainfi priNature leur avoit donnée ; L u c r e'c e dit (iq) que l'on par des Loix la manière d'avoir fatisfaction des injures , parce s'avifa de régler que chacun en voulant lé faire raifon à foi-même , ne confultoit que fon reflentiment & paflbit les bornes de la Juitice. Plufieurs autres Auteurs de l'Antiquité ont (n) reconnu la nécellîté d'établir, pour cette raifon, des Tribunaux de Jultice. 6. Cela n'empêche pas pourtant que la liberté primitive de fe taire raifon à foimême ne fubfiite encore dans les lieux où il n'y a point de Tribunaux de Juitice, comme fur mer. On peut rapporter peut-être ici ce que fit Jules Céfar (c) n'étant encore que limple Particulier. 11 avoit été pris par des Pirates lors qu'ils l'eurent mit en fuite une parrelâché , il les pourfuivit avec une Flotte ramaffée à la hâte & coula à fond les autres enfuite , comme le Proconfuil tie <* e ^ urs V ai fTeaux il fe remit en mer négligeoit de punir les Pirates qu'il avoit fait prifonniers les" fit lui-même crucifier. dans les conferve aufli lieux déferts & dans ceux où Ton 7. Cette liberté naturelle fe parmi les (1 3) Umbriciens au rapvit à la manière des (12) Nomades. C'eit ainfi que fe failbit juitice chacun foi-même à & on peut encore port de Nicolas de Damas lors qu'après avoir porté aujourd'hui en ufer ainfi impunément chez les Moscovites dans certain pas juitice un tems. là rend De ont pris aufli naifil ne plainte au Juge de forte que tous

offenfez

vez de

que

la liberté

les autres

la

,

,

,

,

,

(<0 Vettej. JPuhr c.Lib.lL Cap. XLII. ¥iï,tani"iii

Tom

7

P

Week,

ïi*



,

:

,

:

,

,

&

,

,

,

,

:

,

,

,

fan-

(10) Acrim ex ira quod enhtt fe quisqne parabat Ulcifci , quàm mine coiice[[uin eft legibus œquis Hanc ob rem eft bomines pertœfum vi colère œvum

Tarif ris xvSeJuy ytvtr ùrsp(& Oç>? ro uiy Sixutoy ix. \tt.To >

,

Ova

:

fy.XTiS

rr.v

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'Eï&r,vidv

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vofMv. ,

3-vydTPôS t?,ç iu'r.ç vxiP x-âpot,-, * ' >i > , ? • Ai%içev , iPyn a yttç cmig-u kot* ) X£?v etvrov tTiBs7vxi ju.iv #/ÂtoST©-> frix-yy Tl/Styiis ni

>

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:

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Etsît yctQ tçi-xvsvriv Ayxf^i/uvav $tov

Lib. V. verf. 1147, éffî<]1(11) Les Loix, dit De'mosthe'ne, ont réglé la manière dont chaque injure doit être punie , pour empêcher que chacun ne fuivit en cela les mouvemens de fa colère, ou fon jugement particulier 'a*' h Tûïi

rt Xêev ï-nt

htÇe&ily ti iïaftxTuv ro o-uQçov r tXciSiv tjjî
à'icux.ovr

,

Mcfltçx



m

,

ur^e llxXJcrst roivrx x-çîts&sù. Orst. tidverf. Conon. ( pag. 7?o. A. Ed. Bajîl. 1^72.) La même raifon eft alléguée par les EmpeIdcireo tamenjuiireurs Honorius & Thf.'odose ciorum vigor , juritque publia tutela videtur in medio con-

Kai ri

ne quisquam Jîbi i(>fi prnttittere valent ultienem. C O D. Lib. I. Tit. IX. De Judxis £f Cœlieolis , Lcg. XIV. Voicz aufiï un paffage de Cassioiore, qui a été cité ci-deffus , Liv. I. Cbap. III. §. 1. mim. 2. Voici

Et r»y X rSee

sruïs etv ftïinp

ÙHuttokIsvsÏ

Y^U7îttr

x-tivH ysvo[Aiv<&'

(Çovov

ur,

tS

t»5

«Çyî?

•bpo<ïUX,o'Ï\@*

)

tivv d[ K.O.X.Ï,;

flituta

Tyv.dure parle contre Orejle , dans la Tragé" S'adie iI'Euripide qui porte le nom île celui-ci: Si ce qui eft git-il de difputer avec lui de fngeffe ? 3, honnête ou deshonnête eft connu clairement de tout 31

monde comme on n'en fauroit douter y q\\ Orejle, lui jamais d'homme plus infenfé

3, le

3,

eut - il qui n'a

,

,

,

régies de la Juftice , ni les Loix toute la Grèce ? Car lors que ma Fil3, 3,1e ( Ciytcmncjh )) eut tué fon Mari Agcimemnon , que je n'approuverai jamais) „ (riction très-infame , formes , la chaiTcr 3, Orejle devoit l'accufer dans les la qualité de Mère. 3, de la maii'on , fans avoir égard à dans fon 5, Par là il auroit témoigné de la modération félon les Loix. 3, malheur , il auroit agi pieufement <& lieu qu'il eft tombé dans le même excès de fu3 , Au il Il la traite de méchante , 3, retir , que fa Mère. ,3

confnléré

ni

les

communes de

&

&

&

il eft devenu pire qu'clmoi , Métélas , de vous faire une Si une Femme aiant tué fon Mari , eft queftion. tuée elle-même par un Fils, & que le Fils de cequand verlui-ci expie ce meurtre par un nouveau

35 a

3,1e. 33 3,

3,

raifon: mais en la tuant,

Permettez

-

•>

j3 ra-t-on la fin

TTN.

de ces fpeftacles tragiques?

Tiçc? rov i\

Et TU KU/\X

7iXQ~l

xyuv fis ÇXVSÇX

,

c.y



coÇiixç

TU

(tr,

ef\_

>

7CîÇtS

,

uû]ipx x\uvwi.

Mivt}\caç , ritroy Si Ci , u^ox^-ivîttv ôuô\eySip(&* yvvq

1

>

0ova

Aveu 7rîçuç j Ttot X.XX.M 7r^cBy,(rilxi J 491 , £5/ feqq. ) Les dernières paroles , qui font pleines de bon-fens , ont fourni matière aux réflexions des Philofophes , des Orateurs. Ecoutons aX 1 m F. de 7'yr: „ Si celui qui a reqû une injure, s'en '

'>

( Verf.

&

55 53 33 53 33 33

M

&

mal paffera , & fautera , pour ainfi dire , de l'un à l'autre une injure fera fuivie d'une autre. Car , fi vous permettez à l'un de rendre le mal pour le mal , l'autre le rendra à fon tour avec le même droit , puis qu'ils font à deux de jeu. Et bon Dieu que voulez-vous faire ? Voulez - vous venge toujours

,

le

:

!

faire naître la Juitice d'une Injure? Où en feronsnous ? Où s'arrêtera le mal ? t* } rétn» ïfm xtu "o, uiTotTznè'ài > iCj ctxh^flui ùc'ty.iu otS~tx.icM. Et yup rù uvr'ù T>trm St3,

33

'>

xutci)

ru, sruB-ÔJlt

,

G-vy^a^its

Ï7rt%ii.xt fis rov uSty.KC-x.ylx,

'ntxvxx.u^iî xvB'K Ù.7T ixava nÇa; roj uvrov y rtuupt'x ro yxç Stxxtov fsr xuÇoïv ttrov. il 2>tv , tù otov 7z?Gîoiv x.xSi StKatoo-vvrjy ei aStx.*)uûroJ)> k^ toi fixhurxt ro x.xx.01 , >£ zrS ÇY,c-s]xt 5 Dilfcrt. IL Utrum rej'eretida fit iiijnriu, (pag. 22. Fdit. Davif. ) " Reitera-t-ii enfin un feul Grec , di'

l

'>

33 foi t y.y.st

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eyîtîlo

'

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,

comment

ùç rov xvrcv Sut /te»' r,x3-t /uulîçt yuç avr:;v ivSi "<<" ifyin&v®* -

AvTos x-ux-tw

:

3

vo/hx



Arisfii^e,

pour venger ceux qui ont

fi,

tuez, ceux qui reftent

tw

'Etkyvwy MjÇfytc-flxt

fe }

font

ù

eux-mêmes tuer

?

été

Tt; yxç

Stx nés zr^olt^as (c&o>\vXoy.ô-

De*

L I v.

Peines.

C H. XX.

II.

f9

faneeles "Duels , (14) qui, avant le Chriltianifme , étoient fi communs chez les (iO dont l'uiage n'eft p^s tout-a-fait aboli en certaiiis endroits. Nations Germaniques, C'elt pourquoi les anciens Germains faifant attention à l'ordre judiciaire que les Ro-

&

mains obfervoient, étoient ravis en admiration, à ce que remarque Velle'jus Paterculus, (16) de voir que iajuftice mit lin aux injures, & qu'on terminât, par des démêlez qui ne le vuidoient ordinairement chez eux qu'à le moien des Loix la pointe de l'épée. (d) Nombr. 8. La Loi de Moïfe (d) permettoit au proche Parent d'un homme qui avoit été xxxv 9tué de tuer lui-même le Meurtrier s'il le trouvoit hors des bornes de l'Azile. Sur quoi les Commentateurs Juifs remarquent fort bien qu'au lieu qu'un Particulier pouvoit ainfi infliger de fa pure autorité la peine du Talion, pour venger le Mort; on ne pouvoit exiger cette peine pour lé venger foi-même lors qu'on avoit reçu par exemple, quelque bleflïire, qu'en aiant recours aux Juges: parce (17) qu'il eft plus difficile de modérer fon reifentiment, quand on foufire en d perfonne. Parmi les Grecs dans les tems les plus anciens il y avoit une femblable permiflion de venger le meurtre de fes Parens comme il paroit par autorifée par la coutume ce qu'HoME'RE (18) fait dire à Théoclyméne dans VOdyjJee. les plus ordinaires de cette coutume fe voient dans la manière 9. Mais les exemples dont s'exerce la Vengeance entre ceux qui n'ont point de Juge commun. D'où vient ,

l

»

,

,

,

,

:

i

,

,

,

,

,

que, , ci ftsr xvrès «si rxvro r'urro •bsîÎ

C

TIUS.

Grotius.

ailleurs.

Voie?

la

Note de

Henri de Valois, qui

fur lepafla-

fc prouve

à la page

ad

bornait

Mémoires de Mr. "DE auffi

peut voir

le

Be'thune, Tom. IV. pag. 522. Traité Anglois deSEL^EN, in-

The Dutllo &c. qui a

été réimprimé à Londres en Chap. V. d'une Diflertation de Mr. S l 1qui mérite d'être lue , qui a paru en 171 7. à Amjlerdam, fous ce titre: Jani a' Slicher Dijjert. Jurid. de débita ac légitima vindicatione Exiftide Due/lis. matiovù : ubi Une chofe qui fait voir que l'on a regardé l'ufagc des Duels comme un effet de la permiflion du Souverain , qui auroit pu les défendre abfolument , s'il l'avoit jugé à propos ; c'eft que fouvent ces Combats linguliers fe font faits par autorité publique , comme il paroit par les Auteurs que je viens -de citer. On a même compofé des Livres, pour donner là-deffus des régies j'ai un Traité ( je ne fai s'il eft fort connu) de Bellisaibe Aquaviva , D.nc de Nardo , intitulé , De Jingulari certamiiie , où la matière eft réduite en fyftême, expliquée en fort

1712. & cher,

le

&

W.

&

:

&

&

beau Latin.

&

Il fait partie

De Vcmtione

,

d'un Recueil de Pièces

Mo-

De Principum Liberis educuudis , De Aucupi-o De Rc Militari , compofées

Politiques

:

TM

%tivxt rtsç

Je ne

oiy.stm

(Çhhisiç.

GROTIUS.

d'où nôtre Auteur a tiré

le dernier parta1n'y a rien là-delfus dans les fragmens de c o 1. A s de Damas , pas même dans le Recueil de ces Fragmens, que nôtre Auteur lui-même fit, envoia

fai

N

Il

&

au célèbre Mr. de Peiresc.

(14) Le Savant Gronovius renvoie ici à un Expour Tmtiquité des Duels , qui fe trouve dans les

trait

rales

res traêletur.

Cur

ge.

gc de Nicolas de Damas, 515. des Excerpta Pcirefciana.

On

Cassiodor. Var. Lib. III. Ep. XXIII. nwnoinachiam recurritis ? jQuid opiu Hnguà , Jï caujfam marna ugat armatu } Epift. XXIV. Parmi les Trachonites, Peuple d'Orient, les Parens d'un homme , qui avoit été tué , pouvoient venger fa mort, à quelque prix que ce fût; c'étoit une coutume reçue & autorifée NoV^ » t«v7# tçoVw imarmis eft

(12J Voiez ci-deflus , Liv.l. Cbap. I. §. 1. Note 2. (15) Apud SroB. Tit. de Legibzu. Peut-être que cet Auteur a voulu parler des Umbriens , Peuple d'Italie. La même coutume le pratiquoit en plulieurs endroits d'Afrique, comme le remarque Le'on d Afrique , Liv. II. à l'endroit où il traite de Tcijeut , .& de Tefza; &

titulé,

à corriger ce Peuple de la coutume des Duels : Remove confuetudines abominanttr inolitas. verbis ibi potiïis , non

,

,

par le même Duc. Leunclavius les fit réimprimer à Bàle , en 1578. à la fuite du Traité de l'Education des Princes, de l'Empereur Paléologue. (1?) Thiodoric , Roi des Goths en Italie, travailloit

Voiez

264. Lettre de

la

I. Partie , qù on les trouve. Pour ce qui eft des deux paflages de CASSiODORE, les Goihs y font propofez au contraire pour exemple , comme étant éloignez de la coutume , dont il s'agit , qui eft attribuée aux Ut autres Nations. Un peu avant le premier , il y a

la

.

:

inter nationum confuctudinem perverjam

demonflrare iuflitiam &c. tamini certè Gothos noftros , runt exercere modejliam,

Jis

,

Gothorum

pof-

dernier tmu qui foris prœlia , intzu no-

Et après

le

:

(16) Et nunc [Germani] provocantes alter alterum , nunc agentes gratias , quod eas Romana jujlitin feritasque fita novitate incognito; difeiplinaj mi~ ,

injuria finiret

tefeeret

,

çff folita

armis difeerni jure terminarentur. Lib.

mm. 1. Edit. Burman. (17) Difficiliw eft etiim moderari , ubi dolori debetur ultio , quàm ubi exemple Senec. De Clément. Lib.l. IL Cap. CXVIII.

Cap.

XX.

(18) Ce Théoclyméne dit, qu'aiant tué un homme de fon pais , il a été obligé de s'enfuir , pour n'être pas tué lui-même par quelcun des Parens du Défunt , qui étoient en grand nombre: Qvlco

m

Et*4>u)\ov

Apy^h

tù '

mv

tym

zxo)jts6t

sk 7?cc!e;io& )

mnonolùi

,

fityot.

Manuel

Odyff. Lib.

XV.

verf.

>

KXtrîyivlct tî

272

,

&

j

xveçx x.x!xk]xS >

xçul

trxt ri

s«>

,

A%ct(6t.

feqq.

Ha

(i5»)



Des

6o que, félon

L I V.

Peines.

Augustin

C H. XX.

II.

on appelle (19)

Guerres

jufies , celles qui fe jbnt pour L a t o N (20) permettoit de poufler lai que ceux qui avoient tort furent contraints de faire une Satisfa&ion rai-

St.

Et

tirer raifort des injures qu'on a reçues.

P

Guerre jufqu'à ce fonnable aux Innocens qu'ils avoient maltraitez, vu ojfeufez, L'a v a n ï a g e de tout le monde généralement §. IX. 1

qui

,

.

eft la treifiéme

Se

dernière fin des Peines , demande les mêmes chofes , que l'intérêt de la perfonne léCar il faut empêcher d'un côté que celui qui a fait du mal à quelcun n'en faizée. pour cet effet il eft néceffaire ou de lui ôter la vie ; te déformais à aucun autre ,

&

mettre hors d'état de nuire , en Paffoibliflant , ou le tenant enfermé ; ou de lui en faire perdre l'envie, en le corrigeant de l'autre, il faut empêcher (i)que flattées par l'efpérance de l'impunité (2) n'infultent quelcun d'autres perfonnes les Lac'eit à quoi fert la vue' des Peines infligées en public, que les Grecs (a) n**«- tins appellent à caufe de cela des (a) Punitions exemplaires. é'-.iyu.Cltu 2. Chacun a auffi naturellement le pouvoir de punir dans cette vue. Plutarque Exempla Magiftrat perpétuel ; la dit, (3) que tout Homme-de-bien elt Magiftratné, (4) Loi même de Nature donnant le premier rang à celui qui fuit les régies de la JultiC'elt auiii une fentence (f) d'EimiPiDE , Qite tout homme fage a droit de cow~ ce. Cice'ron prouve (6) par l'exemple de Scipion Mafica , que le Sage n'eft mander. Et (7) appelle Lollim-, Conful pour plus d'ime jamais (impie Particulier. an-

ou de

le

:

,

,

.,

&

&

&

Horace

:

Guerres des Grecs t »7k •xnna-tvlxi

les

uiz?*

'a».x

fxiXPtç i xy yvïïu* èSvou

De Rcpûbl.

hxt».

uns contre

rr,v

hxtytçxy

xvxyKXoà~û>o~iy vtto tu» xvxtTteay ttX-

01 ociTtoi

Lib.

pag. 471. B.

V.

Tom. IL

Ed. H. Steph. §. IX. ()) 0» eu ufe quelquefois de même à l'égard Pline rapporte, fur la foi de Pul be, des Bétcs. qu'en Afrique on crucifie les Lioas , pour empêcher qu'ils ne mangent les Hommes: l'une [Icônes] ohjïdere Africde urbes : eaque de caujfa irucijixos ^vidi^e Je cunt Scipione , quia ceteri , mttu peena Jimilis , abjlerrerentur tadem noxa. Lib. VIII. Cap. XVI. G ROTI US. (2) Afin que la punition d'un feul en intimide plu-

Ut unitu pacomme parlent les Loix mêmes metw pnjfît ejj'e multorum. Cod. Lib. IX. Tit. XXVII. Ad Leg. Jul. repet. Leg. I. Ac propterea Jt quem in hu:

,

na

jnfmodi facinvre deprehendefis , capite eutn bitabis

pana génère Ad Leg. Fahiam ut

j

pleclere

deterreri ceteri pojjînt.

XX. thr'ne

VIL Dk'moS-

Leg.

de plagiar.

non du-

Ibid. Tit.

dit, que ceux qui foulent infolemmeiit aux qui Outragent impudemment la Dipieds les Loix , afin vinité , doivent être punis par deux raifons : afin que les qu'ils fouffrent ce qu'ils ont mérité ; autres prennent garde à eux , -dans la crainte d'être

&

&

&

même:

punis de

tm

K«<

vtfMv Tuy vfASii^uv

QiKS

>

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(poGulxi [ Orat.

fjt.r)$\v

,

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,

>

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t te.fii.6i vçayttxy %6iuyrxt >£ TiS QiiS >£ tkv 7roXiy xf**£Tx'y£tv. pag. 52&. B.] G R G T ï u s.

èûariv

i'tKyjv

x
uyxioaJs o\

>

ct%ioy Tifta?r,(rx<â'cti

yàixyuivay

>

ol

(3) Le paflage n'eft pas rapporté tout-à-fait exactement. H y a feulement, que la Loi (& par là on peut entendre , la Loi générale du Gouvernement ) donne toujours le premier rang dans l'Etat , ù celui qui pratique lajujiice, $£ qui connaît ce qui

ru tx tx-,

tes

§. 2.

,

les autres

fieurs

fnivantes , bien loin de faire a fon but , peuvent infinuer quelque chofe de contraire à fes idées. Car ils tendent à prouver que chacun peut naturellement punir pour l'avantage îles autres en général , parce que

Le paflage a été déjà cité , au Cbap. I. de «e num. 7. où l'Auteur l'explique dans un

(19) Livre

feus plus général. (20) Il parle des

foxx.a.

t»v

7rÇeé
kpÛtv\> r«|
gerend. ce paflage , cept.

&

Reip.

,

iy

Tom.

£ t'y,

II!

ejl

utile:

'o yxç V6!A<&

yivurxtvlt 7toXïTtix

pag.

817.

ceux que nôtre Auteur



tx trvfttpiçe,nhwNy. PrxD.

a naturellement droit de commander à ceux qui font moins éclairez moins fages que lui cene s'accorde point ni avec ce que nôtre Auteur foûtient avec raifon , dans le Chapitre XXII. de ce Livre , §. 13. ni avec le principe qu'il a établi ci-deffiis, que le droit de punir n'eft pas naturellement une fuite du droit de Supériorité. (4) Le même Auteur dit , dans la Vie de Pelopidaj, que la première la Loi de Nala foltverailie Loi , ture , veut que c#ux qui ne font pas en état de fe conferver eux-mêmes , Te foûmettent à ceux qui peuvent travailler efficacement à leur confervation 'o ytcç

chacun

&

&

&

:

7rçu>T& 0i6ju.t»a>

ùç

, j

1tiy.11



>

KvÇiorxl^ veu®" toi
Toy o'ûÇtty ovyx/xsrov

5

(Tom. I. pag. 290. C. ) Il dit ailleurs la mêcft^ua-i'. chofe , à l'occafion de Fhilopêmen , qui , quoi qu'il n'eût aucun ordre de l'Etat, prit le commandement de quelques Troupes , lefquelles le fuivirent volontiers

me

pour défendre Tvfi

a/y

TOTt

Mcjpne : 'Ervyzttvt uh ihû-

la

Ville de

è

(biKtifoifiiï

AVTOS

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>

TUS HtVTS

uot/ucts

xv-

7T0XtT
XTS yofMv , ktï x,ttÇ6Toyix xxtx Çvg-iv Î7T0/XiyHS, à*tX7rxvT<>; xç%û»ti > Vit. Philopœm. ( pag. '565. A.) Voiez a-iifli à la fin de (pag. ?8a. E. ) L'Auteur du la Vie de Flaminiw, Dialogue fur les caufes de la corruption de l'Eloquence, (attribué à Tacite, ou à Ql'intii.ien) dit, en parlant des anciens Orateurs de Rome , que ceux d'entr'eux qui n'étoient que fimples Particuliers, gouverle Sénat , par leurs confeils par naient le Peuple Ht , ne privati quil'autorité qu'ils s'étoient aquife : Çc*y

,

&

dem

,

con/ilio

St.

„ „

No-

j,

&

Jîne poteftate erant

&

;

quum

autloritate regerent.

Chrysos /ôme

en parlant de Moïfe

D'ailleurs

cite dans les

:

la

raifonne :

"

& Fopulum & Senatum

,

XXXVI. num. y.) le même principe, (dit- il,) qu'il con-

(Cap. fur

Avant

,

le Peuple hors d'Egypte , il en étoit déjà le C'étoit donc «ne fotte Coinluîreur par fon mérite. objettion, que celle que lui faifoit cet Jfraêlite qu'il , 3 CCD-

duisît

Des

L1

Peines.

C H. XX.

v. II.

6"I

Tout cela néanmoins fe doit entendre dans une Société Civile autant que les Loix de l'Etat le permettent. 3. Voici comment le Philofophe De mocrite raifonnoit fur ce droit naturel; car minée.

,

,

11 parle premièrement du pouvoir de tuer les A(8) que quiconque tue une Bête qui a fuit du mal, ou qui veut en faire , ejl imiocent , en forte qu'il vaut mieux la tuer en ce cas-là , que de ne pas la tuer. que Von doit abfolument tuer tout ce qui fait du mal iujujlement à Il ajoute ,

fes paroles font remarquables.

nimaux&

Iblltient,

il

Et en effet il y a apparence que les Gens-de-bien fuivirent cette maxilors que Dieu n'a voit pas encore déclaré aux Hommes (9) avant le Déluge , fa volonté fur la permiffion de manger les autres Animaux. Ce que nous avons dit, des Serpens , qui font nos Bine(10) continue le Philofophe, au fujet des Rçnards qnelqif autre.

me

&

,

&

mis ,

faut

il

à

,

mon

avis

Hommes,

dire des

le

,

on peut

.....

même

traiter de

les

quand on a tué un Voleur ou un Brigand, de quelque manière que ce foit , ou de fa propre main , ou par le bras d'un autre à qui on en a donné ordre j ou en le condammmt à la mort par fon fuffrage. Je crois que S e n e'q_u e a eu en vue ces paffàges, lors qu'il dit en un endroit: (11) Qiiand je condamnerai à la mort un Criminel, je le fa' ai fans colère avec le même vifage les mêmes dijpojltions que je tue Chi

innocent

ejl

,

&

101

Serpent,

les

Vipères

Et

ou quelque autre Bête vénimeufe.

même,

dont

ni les autres Bêtes

la]

morfure ou

Nom

(12)

ailleurs:

piqueure

la

ne tuerions pas

dangereufe,

ejl

fi

elles

Qui fa



cenfuroit

35

four Juge ? Que preuves de fait,

j, 55

5, 5, 53 ,5

„ ,5 55 ,5 >>

comme

:

fur

établi



ilis-tu

&

,

now pour Magijlrcct &? Ignorant ? Tu vois des

tu difputes fur

nom.

le

C'eft

voiant un habile fecours pour lui faire deman.doit Qui vous a ? qmi vous a dit d'appliqmer le fer à mon corps? C'eft mon art, lui répondront - il , vôtre maladie, qui m'ont donné ce pouvoir. De même, qui l'établit Chef ce fut l'habileté de Moïfe , Coiuiu&cur. Car le pouvoir de commander n'eft pas feulement une dignité ; c'eft une feience , la pins fllbïime lie tmte§ les Sciences k<*< npi t7,s

nue perfonne

fi

Chirurgien

bleflce

qui vient à fon

,

une opération établi Médecin

nétceffaire

lui

,

£«"

&

:

xvo-^tus sXiyi npoS xvtov o Tiçycty xexovTcc tù, àïy.xw

et» rZv tgyojy. eto x^ o-tpôtyx E/Sçxïêï txihos ' Tti
Ti hiyusî tx x^ttpiâx^ns uvtpyx ôçxs , xxi zieçi ty,; %tç xy ti TU iSoi tÎ/xvovtx rov ixtpov x^i^x xx'i rm tts7i

'*$

*>f*.âs

'•>

^

o<Âtiyo{ixç r

'

,

nétei

7rovr,x«Ti

xXTtTttri Ixrçô»

Ttçt

,

xxi ' xxi r,

iuciïj
t» fuxxto; fio/iB-MTx

,

xxi TV**"* iKfXiva-fv 5 htm tÇ t£tov a-)), *t

y,

,

vîtr-oS

yxç

Tt^vti to xj>%iiv tçiv

In

xxt rt%vt) is%và>* 7cx
VII, y fait

19.

Ce Père

,

Xïyot

1

y Tt%y>)

,

tiris-qu.»

rtf

rs

u &i\roiSroy

ad

II.

Corinth.

fujet,

&

il

u C'eft ton injuftice , c'eft parler airifi Moife. férocité , qui m'a établi Magiftrat Juge : 'h XOlXIX JJ G-ï) XXI qV.OWy , XVTY, fit KXTiÇYItrtV àfJ.ÔT7lS , xpZotiTx kxi hy-xçv. In EPHES. III. in fin. GKOTIUS. Voiez ce que j'ai remarqué , à la fin de la Note précédente.

&

j, ta

j

t)

xvw

Plut ARQUE,

T

V

I

utili

,

&

con-

S.

(10) "Oxas tZy

zroXif.uei)v

ovtu

4"<4>.f'

,

K<|aîAAîji/

yeypxÇoyrxt

iÇxiTiw

x&çimui

xxt

x^

.....

Ttç x3-ûo; xv tin Ubi fupra.

vuv

k

xivxïïîav tî

7tBçt

,

o-xontï*

fivxt



xxi xvTo%iiçtx

/xot

xçsm

zrxirrx

xrn-

iïor.û

Ajirijv

xxi xsXsvm

,

xx)

cervicem noxio pracidi iwperabo .... Jim ira , eo vultu animoque ero , quo ferpentes.& animaDe Ira , Lib. I. Cap. XVI. lia venenatapercutio.

Etquum

(11)

Ne

(12)

viperas qttidem

,£Jf natrices

çffjî

,

qua morfu

nocent , effligeremw , Ji , ut reliqua , manfuefacere Eraut efficere , ne nobis aliisve periculo ejfeut. , homini quident nocebimus , quia peccavit , fed ne

uut

it~lu

pojfemm

go ne peccet&c. (Ibid. Lib.

XXXI.) PhilON

II. Cap.

comme on

,

Juif,

les Scorde même jufte de punir les Hommes , qui aiant reqû de la Nadeviende Bonté , ture des femences de Douceur trouvent du plainent féroces , comme des Bêtes , fir du profit à faire autant^ de mal qu'ils peuvent

auffi

dit

pions

,

&

,

que

,

autres

tue les Vipères

animaux malfaifaus

il

h

,

eft

&

&

rxi-,

Judex boneftumpratulit

Tom.

même,

&

TrfopvfotTlttisvoi iïtx Ttjv ,*

Déluge

:

Cap. XXIII.

(7) Confulque non unhis anni Sed quetiens bornu atque fidnt

le

fervérent l'ancienne coutume comme il paroît par le témoignage de Dice'arque, d'autres anciens Auteurs, que St Je'rôme cite, dans fes Livres contre Jovinien. ( Tom. II. pag. 78. Ed. Bqfil. ) G R 0-

\ls x»ip 7rxs , çwitriv r,v tx*>v T v%*tKS) Iphigen. in Aul. i>erj\ 375. (6) Mihi vero ne Scipio quident ille Tontifex maxiqui hoc Stoicorum verum effe declaravit , num, quam privatwn ejfe fapientem. Tufcul. difput. Lib. IV.

mw

Animalium,

de folertia

904. F. Edit. Wech. (9) Et ceux auffi qui , depuis

II. pag.

vx. xfciwfix fiôyov,

même

traite ailleurs le

'

,

Voiez

&

%iiÇccy/wyicts ^ïjuotywyc? iv

' tx xiïi~ tyô*x ûSe'ty^et 3 ÇâavCpwit xxi xx\ &i?\ovTX xotxs7v xB-âe; à xrrivm ' të -nPot txto t'àuv ftxXXov > t) ftri Kretiitn) yaq tx ovtx extx ^ixjjv vxi/tx vfpi •bxvtosApud

,

»v

um Stob. Serm. XLIV.

zri)

,

&

m

K«t*

(8) xîovtx tv

&

aux autres XXI

Ôff

f*i)C%y

Hommes

loir,}. cC

ZTÇIII

,

9-ixo-xixsyoi

Z!X&:l»

Çei
,

01

'

KxS-x7rep ùv tx,us , xxi o-xoçzrixç , iïxKlt» jj TfZc-XI XXI CFUJùXui Off-i/j-

fiovav

,

%u£iç

^?^£Ç.9•6«»5

>

XTtuouev

,

hinrxçxistrxv h xvtoiî xxxix* to TO* XVTùV TÇâlTOV XXI Xll$Çû>7(XÇ XÇIOV TIU.M-

cpùa-icos

xirixv rXoyixw

:

imhxx'ôyie;

UïiyYjv

,

nfttftf

iT!iTY,o'iv
t

ê'ix

ty,v

xoivmixi

§y,ûiuv xti&xctxxt ù\Ç>s^iix i<.9-t-

TtpoS

Rejecit alto dona nocentium

«~uy xyçioTrjTxS

Vultu

De Ipecial. pavei to xxkZç zsotity ocras txv o'wuvrxi. tegib. Lib. II. (pag. 793. A. B. Ed. Parif.) P-0 R * H Y-

Lib. IV.

0U.JX,

w,&fm-

tilTxlïvcXXxtri

H

,

%

ty Y,eey'r]

RE

Dm

62,

L I v. II. C H. XX.

"Peines.

ou fi l'on trouvait moien (V empêcher qu'elles ne fijjlênt plus forte raifort devons - nous ne pas faire foujji rir du mal ou a nom , ou à d'autres. mais ajin qu 'il finalement parce qu'il a commis quelque faute , un Homme purement être

pouvaient

elles

apprivoisées

,

A

&

n'en commette plus déformais.

comme

&

beaucoup de foira beaucoup de fagelfe & d'éles Sociétèz bien réglées ont cherché quité pour proportionner la peine au Crime un expédient pour éviter les querelles qui ne pouv oient que s'élever chacun aiant tirop bonne opinion de foi-même & les autres ne voulant pas s'en rapporter à fon jugement. en Pour cet effet on a trouvé bon de choifir ceux que Ton croioit les plus gens de bien même tems les plus fages ou que l'on elperoit qui le feroient. Le même D e'm ocrite, que j'ai cité tout-à-l'heure, difoit, (13) que fi l'on n'avoit p
4.

fujet,

d'exactitude pour s'jhftruirè d'un fait criminel

il

faut fou vent

& toujours

; :

,

,

&

,

,

,

vivre

de

raient pas empêché

& de

fource de féditions

Car

chacun à fa fantaifie.

ajoûte-t-il

,

,

une

l'Envie et oit

querelles.

&

quelques traces quelques reftes de l'ancien droit, 5. Cependant il s'elt confervé en matière de cette forte de Punition faite pour l'exemple auffi bien qu'à l'égard de la Vengeance. Cela fe voit dans les lieux & entre les perfonnes qui ne relèvent pas de & de plus en certains cas exceptez. Ainii , félon certains Tribunaux déterminez qui renonçoit au culte de l'ufage des anciens Hébreux , une perfonne de la Nation Dieu & à là Loi, ou qui tâchoit de porter les autres à l'Idolâtrie, (14) pouvoit être ie Vo ( i) u tuée fur le champ par tout autre. C'eft ce que les Docteurs Juifs appellent (b) un ;

,

r

/

J H'

24,26.

RE fait dire à Claude de Naples , que quiconque voit un Serpent , ou un Scorpion , le tué d'abord , s'il peut encore même qu'il n'ait rien à craindre pour loi en fac'eft, ajoûte-t-on, une vengeance qu'on exerce :

veur du Genre Humain 'Ovk. ici yxp oçts tiï'àii o(piv j X* ixrM» iïwxptivc? , à? fir,r' xvros è~y%&a>) » A"î T J*** 8* :

n&pwxos

ijffjis iniuxriv

r,f*tv

,

.





.

"O^

xniveusv,

tfot

^K'f" firtf


«A^e;

ttço?

y.cçv^ f.tr,

om/tsw »

*

De non rZv ù&çûnw ûfitvvovTSÇ. efu Animal. L';b. I. (pag. ?*, 40. Edit. Lugd. 1620.) Le même Philofophe dit ailleurs , en parlant de fon

sr«.9-*l

•>

ru

KotvcÔ yivit

chef, qu'encore qu'on ait quelque cfpéce de fociété ou la relation naturelle de l'Humanité, avec les plus grands Scélérats , on les punit juftement, de l'aveu de il fe fert de cette raifon pour montout le monde ; trer, qu'on peut, à plus forte raifon, tuer les Anifélon fes principes, qui quoique, malfaifans, maux font ceux des Pythagoriciens , il foit défendu île les manger "çiis r,pùv nças ra? x**«*< x«$-«Vsf v%o nvoç jvo^f S-eânxs rùs x.xxo7Totùs RXxifleiv ih'ecs Çvcsus Kut fiez^eicts (piÇofitiviss *Ços ro îyûfA&x «ô >£ y.oXxJjiv xxtxi^'y X.xvovtx , lirrvy tùv

&

:

>

>

xtus

'

thxvtx?



xXoym Çâm tx xhxx

tu»

t%*
vg*S ts ro fiXxir%v ùçfinfisxx, Tf JP*™ Lib. II. tus innfoxtovTXÇ , «»«<ç«» htùx; zrçixrr.y.u. (pag. 159.) 'C'eft auffi ee que Pythagore établit, -dans

tù Kxy-oTreix

,

Ovide: petentia letum falvâ pietate , fatemur : Sed , quàtn danda neci , tarn non epu/andafuerunt. Metamorph. Lib. XV. ( verf. 108 , &f feqq. ) Gro-

Noftrum

.

Corporci mijjii neci

,

tius. ^

(ij) 'OVK X> è%xt?ixi/

>

ei

t

t

lK.Uh.V0V

ur; irsços

0(

trtço*

a

;

X.XTWIXV ixuu.xmra-
Ç^V

IX-XÇCH

Apud Stob. Serm. XXXVIII. xp%ïv ÙTreipyxÇeToVoiez-en un exemple, (î4) Deutf.ro X. XIII, 9Joseph , Aatiq. Jud. Lib. XII. Cap. VIII. Voiez

o-toç

dans

Mois E

auffi

&

dans fon

T

I

U

fur les XIII. Articles 9 Fils de Maimon More Nebochim Lib. III. Cap. XLI. G R o,

,

S.

DeUTe'konome

eft mal expliquée par Elle fuppolé une condamnation en Jufveut feulement, que chacun fe porte pour Voiez P D t E NAccufateur du crime , dont il s'agit. DO R F , dans le Chapitre qui répond à celui-ci §.

La Loi du nôtre Auteur. tice,

&

elle

,

&

le Commentaire de 13. Pentateitque.

Mr.

Le Clerc,

fur

le

(if) Le Gouvernement du Peuple iVIfra'él n'étoit Voiez Mr. Le fur pas encore bien formé. une DHferdu Chapitre cité en marge ; le verf. 7. D D EU S , de jure ZdoUruin in gente tation de Mr. Hebrxa , §. 34 , tëfeqq. (16) Ce Juif parlant d'un Faux Prophète , qmi veut qu'un tel engager les autres dans l'Idolâtrie, dit, homme mérite d'être puni comme un Ennemi Public, fans confulércr les relations les plus étroites qu'on qu'il faut avertir de ce qu'il fait peut avoir avec lui toutes les perfonnes pieufes , afin que chacun accoure inceiramment pour faire mourir cet Impie , avec une

Clerc, &

Bu

:

pleine lir

:

perfualion

que l'ardeur de tuer

KoXaç-seï' u? «yiaiot

x-xi

koivov

eft

un

faint dé-

E^.T^a» ovtx

,

oXiyx

(ppovTicxvTuts otKUort'To? , kxi txç 7rxçxi>î 01 uvv7tsç9-£T(j> tx-

kxt xvàçoç xiioctn Î77ioÇXf.cxvrxt iiu'jp:otiç îjî< rxiç De lacriKcantib. KPivivTiÇ evxyis ro y.xr xvrS
GRONOVIUS, SOCRATE.

comme

le

remarque

ici

le

Savant 1

eft

Voici

de l'Oraifon Panathénaïque d Ipaflage: t£v yxç ovru nit t| xp-

tiré le

%>}ç iswx •srez'evB-oTwv , èi/ j rois Trxpxtrt xxiÇoiz %pwîu.uv ovtuv , e|fS"< Tcit ïipoçeii XK-piruç X7ioKTthxi rocrutxî, otrat a* fhvM$ûrm ' Pag. 271. B. Edit. H. Sïcph.

Mais,

,,

Des Jugement de

zélé

&

,

,

L I v. II. C H. XX.

Peines.

63

(c) Nomh. difent avoir paiïe en (15) coutume depuis Phinées , (c) XXV. voit que (d) MdttatlYias, transporté de ce zélé, tua (d)I.Mac-

qu'ils

On l'exerça le premier. Juif qui ne faifoit pas fcrupule de le fouiller en pratiquant les cérémonies des Grecs. cab. Il 24. (e)lILMuc Et trois cens (e) autres Juifs furent ainil tuez par ceux de leur Nation. Ce fut auf- cab. fi fous ce prétexte qu'on (f ) lapida St. Etienne , qu'on (g) fit une conjuration con- (F) AH. VU, tre St. Paul. On trouve plufieurs autres exemples femblables, dans (16) Philon, 57qui

un

,

&

&

dans Joseph. Parmi plufieurs Peuples

(g)

les

,

&

,

:

rer

qu'il fe

corrige te

,

corrigera de lui-même

quoi qu'on fajfe

&

à l'honneur

ce jhé

i

ou

la dignité

de faire un exemple

lors

de

la

,

ou qu'au contraire qu'il n'ejl

il

n'y a aucun lieu d'ejpérer qu'il fe

point à craindre

perfonne ojfenfée

en tous ces

:

cas-là

,

ou

j

ejifin

on a cru

que lors

qu'il

crime donne attein-

le

qu'il

n'y a point de né-

ne valoit pas

la

peine de

Philofophe parle là comme fi , du moment qu'une des fins de la Punition vient à manquer la Punition devoit auffi ceffer au lieu qu'il faut pour cela que toutes les fins manquent , fans en excepter une feule. De plus il a omis le cas où l'on ôte la vie à un homme incorrigible , pour empêcher qu'il ne commette d'autres crimes ou

Le

punir.

,

,

:

,

,

même Mais , dit nôtre ou Hélotes, qui

l'Orateur parle des Ilotes , , pas Citoiens, mais prefque renvoie là-deflus à Nicolas CraGius, De Repub. laced. Lib. II. Cap. IV. Ce Savant Danois dit feulement, ( pag. 132. Edit. Lugd. Bat. 1670.) que les Ephons exerçaient principalement leur pouvoir fur les Hélotes : du relie , il laine les paroles d'IsocRATE dans toute leur généralité; il donne feu-

Efclaves;

&

Critique

n'e'toient

on

lement à entendre, que cet Orateur pouvoit avoir un peu outré les choies pag. 1 30. Pour confidérer le paffage en lui-même , il me femble , que toute la fuite du difeours montre qu'IsoCRATF. ne fe borne nullement à parler des Hélotes , ou Efclaves publics. Il s'agit du Peuple , ou de la Populace , par oppofition aux plus confidérables de Lacédémone , sr^.9-©- , [email protected]~. Il s'agit de perfonnes libres , mais que l'on avoit dépouillé des avantages dont elles auroient dû jouir en cette qualité 'Asu*»t; 7rsçi«lx.xs^7rnr
:

l

>

,

,

fe(Tl

,

K,

Lib. III.

TOI; VTtOLUtOO-i

Cap. III.

>

£

TOÏS TTietOlKOlS.

Hift. Gl'XC.

Il s'agit enfin de Ed. Oxon. obligeoit ordinairement d'aller à la S.

6.

gens , que l'on Guerre, & de faire les plus périlleufes corvées; comme il paroît par ce qui eft dit un peu avant ie pafor on fait que les Iacéd'moniens fage de queftion n'armoient les Hélotes que dans la dernière néceflité comme apiès la bataille de Leuiarès ou dans celle de ïlutée. La critique de nôtre Commentateur ne paroît donc pas bien fondée j mais il auroit pu remarquer :

,

,

AcL

XXLU,

&

Maîtres avoient droit de Vie de Mort fur leurs Efclaves; les Pérès, fur leurs Enfans. A Laeédêmonè , les Ephores (17) pou voient impunément faire mourir un Citoien fans aucune forme de procès. §. X. 1. Par l'énumération que nous avons (1) faite des différentes fins de la Punition, il paroît qu'il y a un peu d'inexa&itude dans la manière dont le Philofoplie Taurus traitoit cette matière. Voici ce qu'il difoit, au rapport d'ÂULU-GELLE (2) Lors que le Coupable paroît difpofé de telle manière que l'on a grand fujet d'efpé6.

&

que les Ephores étant des Magiflrats , des Magiftrats qui avoient un très-grand pouvoir; rien n'empêche que, ils faifoient mourir quelcun , fans autre forme de procès, ils ne pûflent être cenfez le faire par autorité publique , fuppofé que cela fût renfermé dans l'étendue des droits dont la République les avoit revêtus ou expreffément , ou tacitement. Ainfi l'exemple n'eft pas allégué fort à propos , pour montrer que , depuis l'établiffement même des Tribunaux Civils, les fimples Particuliers ont confervé , en certains endroits, quelque refte du droit de punir que chacun avoit dans l'indépendance de l'Etat de Nature. §. X. (1) Ce paragraphe eft le treizième dans l'Original , cela dans toutes les Editions. Il interrompt là fort mal-à-propos l'examen des queftions qui regardent l'exercice des Peines , par rapport à ce que le devoir d'un Chrétien permet : je ne puis m'empêcher de foupqonner , que nôtre Auteur aiant voulu ajouter ce paragraphe \ après avoir déjà écrit les autres dans fon Manufcrit , ne prit pas bien garde où il le placjoit, ne s'en apperqut point depuis; comme il lui eft arrivé quelquefois à l'égard des additions qu'il fit à fon Ouvrage imprimé. Quoi qu'il en foit, on n'a qu'à examiner bien la fuite du difeours , on verra que ce paragraphe , qui trouve naturellement fa place dans l'endroit où je l'ai mis , Fait une interruption défagréable dans celui d'où je l'ai tiré. Il n'y a pas d'ailleurs un grand inconvénient à faire cette petite tranfpofition , qui ne dérange que quatre paragraphes. (2) jQuando igitur aut ftes magna eft, ut is , qui peccavit , dira ptenam ipfe fefe ultro corrigut aut Jpes concorrigi tra nulla eft , emenduri eunt pojfc , aut jac~luram dignitatù , in quant peccatutn eft , metui non neceffum eft j aut non id peccatum eft , cujiit exemplo necejjario metu fuccurrendum fit : tum , quidquid ita dcliéfum eft,

quand

&

&

&

&

,•

&

non fané dïgnum Lib. VI. Cap.

elfe

itnponendic

pana Jiudium

,•

vifunt

eft.

XiV. (?)

13.

,

Des

64 même

Peines.

de plus énormes. Et ce gnité de la perfonne offenfée dommage qu'on a à craindre. ,

L

I

v.

C H. XX.

IL

de l'atteinte donnée à l'honneur ou à la didevoit l'étendre aux autres fortes de perte ou de

qu'il dit il

&

les bons Princes (3) fe 2. Sene'que eft plus exact: car il dit, que les Loix propofent trois cbofes dans la. Punition , [avoir , ou de corriger le Coupable , ou de rendre châtiment ou de les mettre en [ureté en , les autres plus gens de hien par l'exemple de [on

Si par les autres on entend ici ceux qui ont été déjà ofun Méchant. bien que ceux qui peuvent l'être encore ; on aura-là une divifion complexe il faudra feulement ajouter à ce que le Philofophe dit , d'ôter la vie aux Mêchans pour la fureté publique, un autre moien qu'il y a de parvenir au même but Huis ôter la vie aux Coupables , c'eft de les mettre hors d'état de nuire , en les te-

étant la vie à

feniéz

,

auffi

:

nant en prifon , ou en leur ôtant les forces de quelque manière que ce foit. Le même Philofophe fait ailleurs une divifion moins exacle lors qu'il dit (4) que , dam ou de s'en défaire. toute Punition , on doit [e propofir ou de corriger les Méchans maxime de Q_u intilien: (5) 3. Il y a encore plus d'inexactitude dans cette Toute Punition ne [e fait pas tant a cau[e du Crime , que pour l'exemple. ce que le Droit pour ce qui regarde le but des Peines, §. XI. 1. ou ce qu'il permet encore aujourdhui malgré l'éde Nature permettoit là-deilus Voions maintenant , fi la Loi de l'Evangile a tabliffement des Sociétez Civiles. relTerré cette liberté dans des bornes plus étroites. comme nous l'avons déjà re2. Il n'y a certainement aucun lieu de s'étonner par la Loi de Nature (a) Iàv. 1. marqué (a) ailleurs , que certaines chofes permifes l Ch & une foient défendues par une Loi Divine Révélée num n ùm'^ 'Lh?' P ar l es Loix Civiles iCcbàp. I. Loi très-parfaite qui promet d'ailleurs une récompenfe au deffus de la Nature Hu10. on eft appelle à C'eft avec raifon , que , pour obtenir cette récompenfe maine. des Vertus qui furpaffent celles que demandent les Préceptes du Droit Naturel Parcourons les différentes fortes de Punition pour examiner en quoi tout feul. ,

,

,

&

Voila

,

,

,

&

&

,

,

'§.

,

,

,

&

jufqu'où cela peut avoir lieu ici. 3. Que les (1) Châtimens , qui n'emportent aucune

flêtriiïiïre

,

ni

aucun mal durable,

vindicandù , hxc tria (?) I}1 q'ùbiis [alienis injuriis] lex fsquuta eft , qux Princeps quoque fcqiti débet : aut ut que», punit , emendet ; aut ut pana ejus ceteros mereddatj aut ut /«blottis malis fccuriorcs cetcri viDe Clément. Lib. I. Cap. XXII. Philo n , Juif, dit auffi , que , fi les Punitions ne corrigent pas toujours le Coupable, elles rendent au moins les autres par la crainte d'être expofez à fubir la plus fages

eum

Grotius.

Cauf. XXIII. Oji. III. Can. I. Il faut toujours diftinguer ici entre la lettre de la Loi , Xeftrit du Législateur ; comme on l'a remar,

&

,

Iiores

vant.

,

même vl^u

peine

:

'A»J

on

t^

i>

x.i'ha.cti

mB-flei

y^
Si ue» 1$ r*f ùf*xÇTx»eiUt' p* ' ySv Th( irXwrtxÇoflxs' xi yae. tTtpm rtfMnçitu "xxçxvtM
noï&XKtS

TtxvJus

/î£X7
e'i

f

»

m

$u TIUS. v.

qué ailleurs. (?) 'Ovx. à^lua r\% hxxtxi xixvvtis xrvt? » âxtui xçeiT7»»®- t£t w$$iK*Kt*s. Lib. VIL Cap. XXIII. (4)

vicem

Novam

plané patientiam docet

injuria: prohibeus

,

Ch RIST US,

permifthm à Crcatorc

&

etiam

oculum

,

dentem pro dente contra ipfe & fuper tualtcram amplius maxillam offerri jubens nicam pallio quoque cedi. Plane boc Christus adjeexigente pro

oculo

,

:

,

cerit

,

ut fupplementa

confentanea

difciplina

Creatoris.

Atque adeo hoc ftatim renuntiandum

eft , an difeiplina papradicetur pênes Creatorem. Sic per ZACHARIAM pracipit , ne unnsquisque malitix fratris fui meminerit , fei rurfus : Malitiam , inquit , proxinec proximi. mi fui unnsquisque ne recogitet. Multo magis patientiam indixit injuria , qui indixit oblivionem. Sed çff quum ego vindicabo [Levitic. dicit , Mihi vindiftam , XIX, 18. De UT. XXXII, ??. ] proinde patientiam doIn quantum ergo non capit, cet , vindifla exjpeclatricem. ut idem videatur £f/ dentem pro dente , oculum pro oculo , in vicem injuria exigete , qui non modo vicem , fed etiam recogitationem injuria: proultionem , etiam recordationem hibet j in iantum aperitur nobis , quomodo oculum pro oculo , &f dentem pro dente , cenfuerit , non adfecundam injuriam talionts pertnittendam , quant prohibuerat , interdielîi ultione , fed ad primam coéreendam , quam probibuerat , op-

tientiit

ut (4) Hoc femper in omni animadverjïone fervabit , feiat altérant adhiberi , ut emendet malos , altérant ut tollat. De Ira. Lib. I. Cap. tilt. Otnnis enim pana non tam ad deliclum pertinet ,

(5)

quant ad exemplum. Declam. CCLXXIV. péché, de §. XL (1) Lactantce dit, oue c'eft un ne pas châtier fes Enfans , ou les Efclaves Servorum autem , filioruntque , peccata non coërcere , peccatunt eft. De Ira Dei , Cap. XVIII. (num. 12.) Voiez ce qui fuit, :

Grotius. ce qui précède. (2) Oeil pour œil , c'eft , pour ainfi dire , la juftice Unde C'eft un mot de St. Augustin: Oculum pro oculo. Qux, fcf lex modum ultionis ftatuit ; dici poteft, injuftorum juftitia eft. In expofit. Psalm. C a N oCVIII. Cela fe trouve cité dans le

&

des Injuftes.

f

nique

Droit

Nam

&

&

&

po/ità talione

,

ut unitsquùque refbiçiem licentiam

fecundx inju-

Des ble

&

,

que

L I V.

Peines.

ou quelque

l'âge

IL

C H. XX.

autre état rend néceflàires

6)

n'aient rien de contraire

,

aux Préceptes de l'Evangile, lors qu'ils font exercez par ceux à qui les Loix Humaines le permettent, tels que font les Pères & Mères, les Tuteurs, les Maîtres, Précepteurs

les

remèdes pour

cela eft

;

les

par la nature même de la choie. des remèdes aufïi innocens ,

clair

&

maux de l'Ame

,

Car ce font des que les potions

fait prendre à un Malade. ne peut pas dire la même chofe de la Vengeance. Car lors qu'elle tend uniquement à fàtisfaire le reflentiment de la perfbnne offenfée, bien loin que l'Evangile l'approuve elle eft même illicite félon le Droit de Nature ; comme nous La Loi de Moïfe défendoit non feulement (b) de confer- 00 LêvMq. l'avons fait voir ci-deflus. XI I7 ver quelque rancune contre le Prochain c'eft-à-dire contre ceux de la Nation mais encore elle ordonnoit de rendre à de tels Ennemis certains (c) fervices du Ce) Exoi. nombre de ceux que l'on rend à tout le monde. Le nom de Prochain aiant été de- XXIIÏ * *> puis étendu à tous les Hommes par l'Evangile , il eft clair que cette fainte Doctrine veut non feulement que nous ne faflions aucun mal à nos Ennemis quels qu'ils comme cela eft aum exprefTéfoient , mais encore que nous leur faflions du bien ment (d) commandé par Nôtre Seigneur. Pour ce que la Loi permettoit aux an- (d) Mattb. de tirer vengeance des injures conlidérables , non par des voies.de fait, v +* ciens Hébreux mais en aiant recours aux Juges Je'sus-Christ nous le défend ; comme il paraît par (e) Vous avez appris , qu'il a été dit , Oeil pour œil dent pour (e) Mattb. cette oppoiition dent. Mais moi je vous dis , de ne point réfjler à ceux qui vous font du mal &C. Car quoi v 38 39 qu'il s'agifTe-là proprement de la défenfe de foi-méme contre les injures dont on eft menacé , défenfe dont l'ufage y eft reftreint du moins en quelque manière ; le paffage n'en eft que plus fort pour établir la condamnation de la Vengeance , puis qu'il abolit l'ancienne permiffion, comme ne convenant qu'aux (2) teins d'une Loi moins Ce rteft pas qu'une Vengeance raifonnable [oit injujle dit l'Auteur des Conji tinparfaite.

défagréables qu'on

On

4^

,

'

'

,

,

,

,

»

»

,

,

>

,

,

:

,

&

»

,

Cle'ment, mais la Patience vaut mieux. Voici un long paflage de Tertullien fur cette matière

tions (3) attribuées à St. f.

dit-il

,

nous

enfeigne

une nouvelle forte de Patience , puis

qu'il

:

nom

(4) Notre Seigneur, même ce que

défend

le

Faciliw enim injuria , c) prima femetipfum continent, vint comprimi feit , reprœfeutatione talionis , quant repromijjîone ultionis. Utrumque autem conflituendum fuit , pro natura foie bominutn, ut qui Deo crederet , ultionem à

&

Df.0 exjpeflaret j qui minus foieret , leges talionis timeret. Hanc legis volunUitem , de inteUeilu laborantem , domirnu £f fabbuti , £f legis , fif omnium pateruarum dijpofitionum,

&

revelavit , çff compotem fecit , mandans quoque maxillte oblationem , ut tanto magis vicem

CHRIST US, altcrius

injuria exfiingueret , quam £?" Lex per talionem voluerat immémoptàife, certè quam Propbetia manifefli co'ércuerat, ultionem ad Deltm redigens. Ita riant ht] irrite probibens, fi quid CHRIS TUS intulit, non adverfario, J'ed adjutore prx-

&

&

cepto,

non deftruxit difeiplinas Creatoris. Deniqueji in ipfam

rationem patientix pracipienda , &f quidem tant plcnœ atque perfeclœ , conjideremzu ; non confijlet , Ji non ejl Creatoris, Alioqui qui vindiciam repromittit , qui judicem prxflat. patientitc pondus , non modo non repercutiendi , fi tuntum fed £jf allant maxi/lam prxbendi , £îf non modo non remaledicendi , fed etiam benedicendi , £5* non modo non retinendi tiinicam , fed amplius £9* pallium concedendi , is mibi imponit , qui non fit me defenfurus , in vacuum patientiam prtecepit , non exhibera mibi mercedem prxcepti , patientia dico fruilum , quod ejl ultio , quam mihi permijijje debuerat ,fi ipfe non prœftat , aut , fi mibi non permit tebat , ipfc prajlaret j quoniam difeiplina interefi , injuriant vindicari : meceterum, paftu enim ultionis , omnis iniquitas refrenatur ,•

Jim

emijfa libertate II.

Tom.

,

dominabitur

,

utrumque oçulum

eJJ'of-

fur a,

£9"

omnem dentem

excitutura

,

pra impunitatis fecuri-

Adveif. Marcion. Lib. IV. ( Cap. XVI. ) Le mémo Père dit ailleurs , que Nôtre Seigneur , en ajoutant la Grâce à la Loi , pour étendre perfectionner la Loi s'eft fervi principalement du Précepte de la Patience parce que c'étoit la feule chofe qui manquoit pour remplir l'idée de la Juftice , telle qu'on l'enfeignoit avant lui Ita fides patie;itià illuminata , quum in Nationes feminaretur , per fettten Abrahx , quod eft Chrigratiam legi fuperduceret, ampliandx adimplenS T U S, dteque legi adjutricem fuam patientiam prœfecit , quod ea fola ad juftitix doclrinam rétro defuijjet. Lib. de Patient. (Cap.Vl.) St. Chrysosiô.mE remarque aufïi, que, quand la Loi dit , œil pour ail , £ff dent pour défit , c'eft pour retenir ceux qui feroient tentez de crever l'œil à quclciin , ou de lui caffer les dents , non pas pour engager celui à qui on a crevé l'oeil , ou caffé les dents, a demander que l'Offcnfeur foit traité de même ; c'eft pour fauver les yeux de l'un de l'autre. La question eft , ajoûte-t-il , de favoir , pourquoi , la Vengeance étant alors permife , ceux qui en ufoient ne laiflent pas d'en être blâmez. Di£U , (dit-il , un peu plus bas) pardonnoit à ceux qui , emportez par un vif reffentiment de l'injure , fe laiffoient aller à la vengeance. Oeil pour œil, £jf dent pour C'eft pour cela qu'il dit: dent. Mais ailleurs Les voies des gens colères mènent à la mort. Que fi , pendant qu'il étoit permis de faire fouSrir la peine du Talion , les perfoiuies fujettes à la tute.

&

:

&

&

&

:

I

co-

<

'

»

Des

66 Créateur permet toit

le

œil

&

,

dent pour dent.

on tende ï'autre

,

Manteau.

U S-C

e's

J

forme aux

Il

Fi'ére:

oublie

même

veut

il

qu'il

que

,

injures

les

même

le

que

,

injure

le

&

,

la

Vengeance i mais

en

décernant la peine

aifément

d'infulter

de

penfêe

à

D

de

parole

la parole

E U

I

falloit

il

,

DlEU,

de

pas

bat

& de &

,

verte

claire

affez

confirmée

né un

Soufflet

& &

,

condamné mayiifejlement

D

ce à

de

tes

I

E U.

peut pas dire

,

chacun

,

les

Loi du

la

défendue

du

s'empêche plus

Talion

que par

,

Cependant

injures.

les

d'une

la permijjlon

que l'on

,

peine préfente

la

la

connue

,

j

&

que

le

pas a/fez

celui qui n'auroit

dans cette Loi l'intention du Législateur

de fon Père, nous

coufeils fecrets

Talion

,

Je'sus-Christ

&

comme Maître

Çf?

dé-

du Sabdécou-

l'a

l'autre joue à celui qui nous a

de rendre la pareille

le dejir

,

don-

ce qu'il

que fes Prophètes av oient du moins

fouvenir des injures

le

déjà

confidérant

Je'sus-Christ,

de tous

deffein

E U fait bien

de lui la vengeance

Comme

à

été

l'avoit

,

&

renvoiaut la

a ajouté quelque chofe

,

à quoi

Vengea)i-

les

Précep-

non feulement n'ont rien de contraire , mais font même favorables j on ne qu'il ait renverfé la Do&rine du Créateur. Enfin, fi nous confidérons la

raifon pourquoi

rons qu'elle

par là incom-

font plus ou moins portez à ajouter foi a la, £f? cette promeffe , afin que celui qui croioit

qu'ils

en défendant

,

donc

Si

DlEU

de

I

afin d'étouffer d'autant plus eu nous

avoit aujji voulu prévenir par

pas

qu'il

commandant de tendre

nous

eu

,

D

Car

cette peine

Talion.

Loi entière,

la

enfeigne

il

qu'il paroit

de permettre mie fé, en défenla première injure, qu'il avoit aujji défence n'a

que

afin

,

£5?

Notre Seigneur

,

,

puis

de venger un jour

,

attendit

de foi, craignit la Loi du toit

Talion

première.

la

différent

ejl

,

vue d'empêcher

du

autres par la crainte

les

Hommes

naturel des

pareille

la

promeffe qu'il a faite

la

l'exercerai;

Autant donc

Lors aujji

ejl

dent pour dent

en

de

s'abjlint

,

qui plus

rendant

eu

due

féconde injure

&je

veut

qui

Celui

fouffre patiemment.

les

injures qu'on a reçues.

les

car, voici ce qu'il dit

j

malice de fon Prochain.

la

de rendre la pareille , mais encore de Ce de fe fouvenir des injures qu'on a reçues , ou même , dis-je , puijfe vouloir qu'en revenche d'une injure on demande dent pour dent; autant ejl-il clair, que, fi Dieu a permis de de-

faite

,

oublie celle de fou Prochain

qu'on

£f?

,

dant ,

pour

Oeil

,

qu'après avoir été frappé fur une joue , à celui qui vient yious enlever le ajouté cela , connue un fupplément con-

défend non feulement

qui

manière

Oeil pour œil, & mander Oeil pour œil conde

aura fans doute

penfe point à

venge lui-même

venger en aucune d'y penfer

,

Tunique

la

veut à plus forte raifon qu'on qu'appartient la Vengeance,

,

moi

C'elt à

j

à attendre patible

HR1ST

Que chacun ne

qu'il dit

abandonne

qu'on a reçu mie injure

du Créateur. Voions donc d'abord, fi le Créateur recommande la ordonne, par la bouche de Zacharie, que chacun oublie la malice

de fon qu'on

veut au contraire

//

£f? que l'on

C H. XX.

II. lors

,

Préceptes

patience.

encore:

L I V.

Peines.

de rendre la pareille

,

on

nom

preferit

Patience

la

n'auroit aucune force

elle

fi

,

&

,

une Patience fi parfaite , nous trouvepar le Créateur , qui promet la

propofée

n'étoit

vengeance , £f? qui répond du Juge. Car fi une Patience aujji onéreufe , que celle qui engage non feulement à ne pas donner à fon tour un Soufflet , mais encore à tendre l'autre

colère étoient menacées d'une fi grande punition ; combien plus feront punis ceux qui s'abandonnent à cette aujourdhui qu'il eft ordonné de s'expofer mê, me à recevoir une nouvelle injure ? Aix tSto àçêx\paffion

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>

ftxXSov

Tti xitTXt tiuojç/x.

toi? yù t

xccrS? xihev<&sï
',

xxçtxav

Le

paffage de

Zacharie,

tetvTys

In EPHES. IV

Grotius.

ixsi-

toi.?

cLyls%ct,yxyy'

""eis

rr,v

(tÛh-.

>£ Tis? iy.suis ôKX.Tr,Pri<7y

>

olvTi

fio»

zrço? To

fur lequel

,

IJ.

Thtul-

lien fonde fon raifonnement , fe trouve au Cbap. VII. où il y a Et qu'aucun ne yenfc du mal en fon cœur contrefort Frère. Je ne fâche aucun autre endroit, où cela Ibit répète, & dit du Prochain , comme ce Pèverf. 10.

re

:

Tonne à entendre. Mais il y a plus le véritadu paffage eft tout autre. Le Prophète veut comme nôtre Auteur même le remarque dans Notes fur le Vieux Tcftament, que l'on doit fe

le

:

ble feus

dire, fes

met-

Des

L I V.

Peines.

IL

C H. XX.

67

nou feulement à ne pas dire à [on tour des injures à celui qui nom injurie , mais encore à dire du bien de lui i non feulement à ne pas empêcher qu'on ne nom enlève nôtre Tunique, tuais encore à abandonner le Manteau, fi, dis-je , taie aulji grande Patience nom et oit impofée par quelcun qui ne voulut pas nom protéger , ce fer oit fans rai-

tre

joue

fon

qu'il

i

la prefcriroit

lions

,

puis

qu'il

ne

nom

donnerait point la récompeuje de l'obfer-

veux dire le fruit de la Patience, qui ejl la Vengeance. Il devoit s'il ne voidoit pas la procurer lui-même , nous permettre de prendre cette Vengeance ou s'il ne vouloit pas nom la permettre il devoit s'en charger $ puis que l'intérêt de fes Car la crainte de la Vengeance eji Loix même demande que les Injures foient vengées. wi frein qui détourne de toute forte d'iniquité. Au lieu que , fi on laiffe à chacun la liberté d'infulter impunément les autres, la Malice Humaine régnera dans le monde: les Médians, furs de l'impunité, nous crèveront les deux yeux, nous cajferont toutes

du Précepte ,

vatiou

je

,

,

&

dents.

les

On

que Tertullien croioit non feulement qu'il eft défen, quelcun en Juftice pour lui faire fouffrir la peine du Talion, mais encore que fi cela étoit permis autrefois aux Juifs c'étoit pour éviter un plus grand mal non pas comme une chofe entièrement innocente. La penfée eft vraie fans contredit , pourvu qu'on l'entende d'une pourfuite entreprife par un principe d'animoiité ; comme il paroît par ce que nous avons dit ci-deffus. Car entre les Juifs même ceux qui qui ne s'arrêtant pas aux paroles de la Loi entroient fe diftinguoient par leur fageiïé , dans le but du Législateur , ont défapprouvé tout ufage des voies de la Juftice fait dans cet efprit-là. Voici comment Philon fait parler les Juifs d'Alexandrie , au iùjet du malheureux état où étoit tombé Flaccm le Perfécufeur de leur Nation (?) Nom ne pre6.

du aux

voit par ces paroles

Chrétiens d'appefter

,

,

&

,

,

&

,

,

:

nons pas plaifir , b DiEU , à voir nos Ennemis punis ; vos faintes Loix nom ont appris à être touchez du malheur des Hommes. C'eft précifément fur le même principe que Je'sus-

Christ nous

de (f) pardonner fans diftinctionà tous ceux qui nous ont of- (Ç)Matth. de ne leur caufer ni fouhaiter même aucun mal par un reflenti- VI, 14, 15. ment de celui qu'ils nous ont fait. Car ce feroit-là un plaifir inhumain, par lequel, comme le dit le Poëte (6") Claudien, on fembleroit tirer foi-même la vengeance C'eft pourquoi Lactance rapportant ce que qu'il n'appartient qu'aux Loix d'exercer. dit Cice'ron, (7) que la première partie de la Jujlice coufijle à ne faire du mal à perqui ont eux-mêmes provoqué par quelque injure , remarceux nous fonne , fi ce n'efl à y que là-defliis, que l'Orateur Romain (8) a gâté une maxime très-véritable, par l'exception renfermée dans les deux ou trois derniers mots. St. Ambroise (9) que ces paroles de Cice'ron ne font pas conformes à l'Evangile. foûtient aufli maintenant de la Vengeance Que dirons-nous conôdérée non pas entant qu'elle 7. fe rapporte au paiTé , mais entant qu'elle a pour but de prendre des précautions pour l'avenir? Ici l'Evangile veut encore qu'on relâche la pourfuite de l'ofrènle, premièrement, lors que l'Offenfeur (10) donne des marques apparentes de repentir. Et dans fenfez

prefcrit

c'eft-à-dire

,

,

,

,

les

mettre dans une telle difpofition , qu'il ne nous vienne Il pas même dans l'efprit de faire du mal à perfonne. ne s'agit donc point ici de la Vengeance en particulier. O'jk iÇtièoneêx

(i) £

Z-^"Ç*

Stïv.

'

,

Xtyovls?

oioiaUyfAtvot ttÇoS

In Flaccum

,

rm

,

ù

tsçZv

Aso-no]ct

-,

TtfAwçicta

vafiw ctv&çai'srozrx-

(pag. 982. D. Edit. Pari/.)

Orige'ne, contre Celfe. Grotius. (
Voicz

videtur

verborum adj celions

corrupit ! jQuid enim oprn fuerat , nifi lacelïitus injuria? Inftit. Divin. Lib. VI. , Cap. XVIII. mm. 16. Mais voiez là-deflus P u f e NDroit de la Nat. des Gens , Liv. II. Chap. V. §. 14. (9) Dicunt enim illi [ Philofophi ] , eam primant ejfe Juftitia formant , ut nemini quis noceat , niii hcdfitus injuria. jQi'.od Evangelii aucloritate vacuatur. Offic. Lib.

adjungere

r

l mdiclam prxftare Jîbi Mallii Confulat. verf. 224, 225;. (7) Sed Juftitiœ primuut munit? eft , ut ne cul noceat, niji lacejfîtus injuria. De Offic. Lib. I. Cap. VII.

De

(8)

quant jimplicem veramque fententiam

,

ducrum

&

DORF,

I.

Cap.

XXVIII.

(10) Voiez un pafîage du Rabbin Moïse, Fils de le Savant Constantin L'Empereur , que cite , dans l'on Commentaire fur le Kam a ,

Maimon

Baba

Cap. VIII. §. 7.

Grotius. I

2

(n)

Des

68 (g) LUC

XVII,

Peines.

LlV. IL Ch. XX.

nous eft prefcrit, il s'agit d'un pardon plein entier qui aille jufqu'à redonner place dans nôtre amitié à l'Offenfeur c'eft-a-dire d'oiî il s'enfuit qu'on ne doit rien exiger de lui en punition de l'offenfe. 8. Lors même qu'on ne voit point de telles marques de repentir, Nôtre Seigneur veut que Ton ne pourfuive point la réparation d'un dommage qui n'elt pas trop difficile à lùpporter ce qu'il donne à entendre par le précepte (h) d'abandonner U Tunique à celui qui veut nom enlever le Manteau. Platon eft aufli allé jufqu'à dire, qu'il ne faut pas rendre le mal pour le mal, quand (11) même on feroit expofé à fouf-

j.

&

cela

,

£>/;# IV, 32

;

Coiof.ni, ij

(h)



(g) palfages

les

y

;

itfhtt/;,

;

V,40.

frir encore quelque chofe de plus fâcheux: penfée,

xime

qui

trouve encore dans (12)

fe

Musonius,

Tyr.

Ma-

autre Philofophe Païen, difoit (13) qu'il ne voudrait jamais intenter , ni confeiller à perfonne d'intenter action pour caufe d'injures ( qui eft précifément ce que Nôtre Seigneur donne à entendre par l'exemple d'un de

beaucoup mieux pardonner ces fortes d'offcnfes. Mais fi les choies vont de telle manière qu'on ne puilfe diflimuler ou méprifer une injure fans un grand danger on doit alors fe contenter de prendre lés furetez de la manière la moins nuilible à l'Offenfeur, que faire fe peut. En effet, la peine du Talion n'étoit pas même en ufage parmi les anciens Hébreux, comme (14) Joseph & d'autres Docteurs Juifs l'ont remarqué mais, à la place de cela on condamnoit POffenfeur à (if) une amende envers la perfonne lézée, outre les dépens au lu jet desquels il y a une Loi particulière dans (i) I'Exode & dont la reititution (k) n'eft qu'un fimple dédommagement, qui n'emporte aucune peine. La même chofe fe pratiquoit à I{ome comme nous l'apprenons du Philofophe Favorin cité par (16) Aulu-Gelle. Lors que Jofeph chez qui Nôtre Seigneur a été élevé crut que Marie fa Femme étoit convaincue d'adultéré, (1) il aima mieux (17) s'en défaire par un divorce , que de l'expofer à l'opprobre & l'Evangélifte remarque qu'il en ufa parce que c'étoit un homme jujk c'eft-à-dire ainfi un homme de bien & plein de douceur. Sur quoi St. A m b r o i s e (18) dit, qu'un Homme jujle a de l'éloignéSoufflet ) parce qu'il vaut 9.

,

,

:

(0

,

,

C/bfl/;.

XXI,vcrf. 19. (k) Voiez

Zw

Wifigoth.

VI,

1?.

,

,

,

,

(1) JM««fr.

1,19.

,

:

,

,

,

& pour

ment

cruautez de lu Vengeance,

les

,

& pour

,

la févèrité des

Lac-

Accufations.

t anCi i ) C'eft ilans le Dialogue , intitulé Critort , ou le Philofophe parle de l'Injuftice en général. Il dit , que c'eft une chofe ahfohnnent mauvaife toujours hon-f teufe de faire la moindre Injuftice , foit que l'on s'at* tire par là un mal plus fâcheux gue celui dont on veut fe délivrer , foit qu'on puiffe fê procurer quelque bien. Il eft vrai qu'enfnite, il fait regarder comme une véritable Injuftice, de rendre le mal pour le mal, de quelque manière que ce foit. Kx) &7i èeï t)ft£s ht

&

xxXszrarrtgx 7tx%U\i

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Tu)

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....

7roX\oi oievlxi

ei

Tom.

dèiKett.

xf*.iv

,

I.

'

Ovinn-

pag. 49. B. Edit.

Steph.

apparemment à la fin de la II. Differtation où néanmoins la penfée ne paroît pas tout-à-fait la même. (12)

C'eft

,

(15) phie

B te

parle de

Il

ceux

& c'eft dans un nous a confervé ,

;

k'e

qui s'attachent à la Philofoaffez long paffage , que S T 0d'un Traité fait exprès fur cet-

queftion.

que

Loi crevé un œil, de ,

la

ne

dit point

laiffe la



fi

p.y,Tt

\

fe

il

I

.-l

%Çr,uxlx haÇilt

lui î

remarque feule, à qui on a

à celui

contenter d'une

*t

TX OfAOiX, f.'WM»©-

T«y TrtnçvtoTx

cela:

liberté

dommagement dû mal qu'on •BIX'VITU

^

C

que

l'on pratiquoit quelquefois

à là lettre le Talion. eft néanmoins fort apparent, que le vrai fens de la Loi étoit feulement, qu'on devoit punir ces fortes de crimes , félon la gravité du fait. Voiez ce que j'ai Il

remarqué te

amende,

en dé'o zwpûc-x; , TtXW TZizs^uyÀv®-' xvtov

a fait: V

X7ïtÇ XX\OV

t$-£Xy)
»

-

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\

t'ïtçïffl

kvçm t» **/«¥ ttomt®* Tl/*?,
,

t« rvfi-

ci -

deffus

Liv.

,

I.

Chap<

IL

§.

tfo~

8.

15.

Ci 5) Voiez le Commentaire de L'E m p e r e U r , fur le B A B a .

§. 1.

Constantin KamA

,

Cap. VIII.

Grotius.

(16) Ce n'eft pas Favorin, qui remarque cela, mais Sextus Cacilius Nolo hoc ignores, ha»C quoque ipfam talionem ad a-Jlimationem Judicis redigi ne:

ccjfario Jblilam.

mm Jï

rezu

qui depaafci noiuerat , Judici talionem ibtptrctnti non parebat , œftimatà lite Judek hominem pecttnia damnabat. atque ita, fi reo paclio grava , £f acerba ta/io vifa fitérât , feveritas legis ad pecuniie multam redibat. NocT:. Attic. Lib. XX. Cap. 1. pag. ,

&

858. Edit. Jac. Gronov.

(17)

(H) Joseph ment

ÇtÇqxoi xvrù) 7ret$-&' , tfvyzvçiiyl®- , t) /uj BtXflxt ysviSrxt zr t Kçolsç<&. Antiquit. Jud. Lib. IV. Cap. VIII. pag. 12g. Ainfi cela femble fuppofer, au contraire,

Augustin

St.

dit

,

qu'un Chrétien ne

doit

pas tuer fa Femme furprife en adultère , mais fe contenter de la fenvoier ; c'eft , à fon gré , l'opinion la mieux fondée Si autem , quod vefità dicitur , non licet homini Chrifiiano adultérant conjugem occidere , fed tautum dimittere &c. De adiilterinis conjugiis, Lib. IL :

CCap. XV. T

)

(18,) iA o«

Grotius. tantum ab tiltimw

atrecitate

,

fed etiam ab açai-

Des Peines. L I V. maxime, (19)

quelcun en Jujlice

d'accufer

Martyr

,

quand

Calomniateurs.

P ignorance où

font de

ils

Ils

font

C

69

pas permis à un

Homme

crime p:iniffable de mort.

Chrétiens

les

XX.

H.

qu'il n'ejl

s'agit d'un

il

parlant de ceux qui dénonçoient

,

qu'on punijfe nos

piis

II.

avoit déjà pofé pour

tance

dit

,

Justin,

Nom

(20)

:

ne voulons

punis par leur propre malice

ajjèz

jujle

,

& par

la Vérité.

examiner fi Pufage des Peines infligées non pas Amplement pour l'inmais pour le Bien Public & qui tendent en partie à empêcher ou par la mort du Coupable , ou par quelque autre châtiment qu'il ne falfe plus de mal à perfonne , en partie à détourner les autres d'en faire , par la févérité de l'exemple li l'ufage , dis-je de ces fortes de peines elt aboli par l'Evangile ? Nous avons prouvé (m) ailleurs , que non & cela par cette raifon inconteftable , que Nôtre Sci- c£™\{l §; l\ gneur Js'sus-Christ, en donnant fes Préceptes , a déclaré qu'il ne prétendoit rien g. Or la Loi de Moïfe , qui en matière de abolir de ce que la Loi de Moïfe prefcrivoit. tant que les Juifs formeroient un Corps d'Etat ces fortes de chofes , devoit fubftiter recommandoit (n) fortement aux Magiftrats de punir l'Homicide , & quelques au- (n) Exod. Si donc il n'y a point eu d'incompatibilité entre les Préceptes de Nôtre «^J: très Crimes. ,' Seigneur & l'obfervation de la Loi de Moïfe en ce qui concerne (21) les cas même xxxv ji. uti iv où elle décernoit la peine de mort ; ces Préceptes pourront (o) aufli s'accorder avec \f ' qui imitent ici la Loi Divine donnée aux anciens Hébreux. yVez les Loix Humaines o y ( qu'il ne foit plus permis <&• Au^ftm , §. XII. 1. Il y a néanmoins des gens, qui veulent, ils en allèguent pour de punir fi rigoureufement les Criminels fous l'Evangile i™"" raifon, que, Dieu ufant de tant de douceur dans cette nouvelle Alliance , tous les Hommes doivent l'imiter , & les Magiftrats même , comme fes Lieutenans ici-bas. La maxime elt vraie à quelque égard je l'avoue mais elle ne s'étend pas aufli loin Car cette grande milëricorde , que Dieu nous a manifeftée dans qu'on le prétend. regarde principalement les Péchez commis contre la Loi (1) la nouvelle Alliance A donnée au commencement, ou même contre la Loi de Moïfe , (a) avant que d'avoir X ^\\ eu connouTance de l'Evangile. Car pour ceux que l'on commet, après avoir été xm,i%.Ront. 10.

Il

relie à

,

térêt des Particuliers

,

,

,

,

;

:

,

,

,

,

,

^

,

:

,

&

^j,

:

,

,

éclairé (In PsALM. CXVIÏÎ. V.) Voiez Hincmar. de Divortio

accufationis aiiena eft jufti perfona.

Serm. VII. Cap. ad interrogat. V.

,

in fine.

&

Cauf. H. Qjixft. VII. Can.

TAN.

&

dans

le 5:.

Décrétâtes,

Droit Canonique, & là-deflus Panormi-

Tit. I. Cap. par Brocard, ou Burcard. Voiez aufli Gailius , de Pace ROTI US. publica, VIII, 3. que (19) Il dit, que tout meurtre eft défendu, ou de le c'eft tout un de tuer quelcun avec un fer, tuer par des paroles , comme on fait quand on l'accu fe maxime , qui, prife ainfi d'un Crime puniflable de mort Neque vero acgénéralement , eft faufle fans contredit. eufare quemquatn crimine capitali [ Jufto licebit] quia nihil diftat , utrumne verho , an ferru potius , occidas , quoniam Lib. VI. Cap. XX. num. 16. occifio ipfa prohibetur. les

VIII. de la manière que

ce

Lib. V.

Canon

eft

cité

G

&

:

(20) L'Auteur donne feulement uneVerfion Latine :N'opuniri , qui in nos calumniantur. Stifficit itlis fua rerum bonarum ignorantia. [Voici l'Original: pravitas , Of yàç T8? y.XT*iyo£iivTUS KtàxÇitv yi/xxs U^iâxroi^u xçiutnits eos

&

'

xwTXi y&Ç t?i Tipoa'WTi 7ievY,Çict kxi Tf rm x.x'h.cLv xyi/oiet. Apolog. IL *ou plutôt I.) Pag. 44. Edit. Sylburg.~\ Le même Père dit ailleurs que l'Auteur de la nouvelle Loi ne ,

,

veut pas qu'on

fe

venge

le

moins du monde de qui que ce

x.xtMjj^è uixÇov xf.it i/iscB-xt f*t)Oivct Ihahô uàvot > ùs oV w^W-rtjs ïxiksojn. [ Dialog. cum Tryj>hon. pag. 182.] Voiez ce que l'on dira ci-deffous , §.15. Grotius. foit

:

(21) JoSEi'H loue les Phari/iens de leur modération De là vient qu'on fit tant d'ex(imsiKux) à punir. ceptions aux Loix qui concernoient les Peines infligées

par autorité publique. De là vient encore ce qui eft dit dans le Talmud , Tit. Ketuboth , que, quand on eft indifpenfablcment obligé de condamner quelcun à la

mort

fible.

Le

,

il

faut

le faire fouffrir le

Grotius. Joseph

moins

qu'il eft pof-

que nôtre Auteur a eu dans l'efprit, fe trouve dans l'endroit où l'Hiftoricn Juif raconte de quelle manière un Sadducéen , nommé Jonathan , rendit les Pharifiens fufpects & odieux à Hyrcan , en engageant celuUci à leur demander comment devoit être puni Eléazar , pour les paroles injurieufeS qu'il avoit dites à lui Souverain Pontife. Les Pharimis Jiens fe contentèrent de le condamner à être battu en prifon , ne croiant pas que de fimples injures méritaient la mort , & étant d'ailleurs naturellement portez à la douceur en matière de Punitions 'o« yxç îiïi* x.£t Xoiooçixç tvey.x S-xvâru Oinwt. xh.Xui re xxi tpvtru Antiq. •xpôs rxs xoX4xetirx7ot. Jud. Lib. XIII. Cap. XVIII. pag. 45?. F. Il y à§. XII. (O Legem Ptimavam , dit l'Auteur. voit dans la première Edition , contra naturx legem. Le changement infinité, que Dieu révéla lui-même les principales régies du Droit Naturel aux premiers Hommes, qui les tranfmirent enfuite à leurs Dcfcendans. Nôtre Auteur a fait de femblables corrections en d'autres endroits , dans la penfée où il étoit entre depuis , que la Tradition étoit ce qui avoit le plus contribué à la connoiffance & des principes de la Religion , & des Loix de la Nature; Voiez ci-deflbus §. 4J» num, 4. Note G* paffage de

,

&

:



(0

«* a&r. & IX, H-

Des

70

Peines.

L I v.

C H. XX.

II.

éclairé des lumières

de cette feinte Doctrine , fur tout v-^.x^io lors v^j qu'on uu ptuic pèche avec obftinaUDllitla/i\xt-i j ,\ n i, t ( 10, ; menaces d;un Jugement beaucoup plus Ce) rigoureux, que touft. ] Et ce n'eft pas feulement dans une autre orat. ad Fa. tes les Peines de la Loi Mofaïque. Vie ue DiEupunit de tels Péchez; il le fait (d) fouvent dès celle-ci. On n'en obtient ? le pardon, (e) qu après (2) s'être puni loi-même en quelque manière, (f) par une (c)//ir.n, r 29. grande trilieue. j. x 9 "' qu'il faudroit du moins faire grâce aux *' 0n dit encore, Criminels STtJ repentons 00 /• c r. Mais , outre que les Hommes ne peuvent guéres s'aflùrer que la repentance d'un Cri' XJ minel foit fincére > qu'ainfiil n'y auroit point de Coupable qui fut puni, s'il fuffi(<0°hid verC?i.&>7. foit de donner quelques marques de repentance; Dieu même ne tient pas quittes de cor. vu, 9 toute peine ceux qui fe repentent de leurs crimes. L'exemple de David fuffit pour nous en convaincre. Comme donc, fous l'ancienne Alliance, Dieu (f) il pouvoit faire Cor. il, 7. grâce de la peine portée par la Loi, c'eft-à-dire, d'une mort violente ou hâtée par quelque autre accident, faire néanmoins fouffrir au Coupable d'autres maux allez grands (3) de même il peut aujourdhui faire grâce de la peine de mort éternelle, punir cependant lui-même le Pécheur d'une mort prématurée, ou vouloir qu'il foit ainfi puni par le Magiltrat. §. XIII. ï. D'autres trouvent ici à redire , qu'en ôtant la vie à un Criminel on ne lui laiffe pas le tems de fe repentir. Mais on fait, que les Magiitrats pieux ont grand foin de n'apporter autant qu'en eux eit , aucun obftacle à la repentance des Criminels , qu'ils n'en font exécuter aucun qu'après lui avoir donné le tems de reconnoître fes péchez , d'en concevoir un fincére déplailir. Or l'exemple du Brigand, crucifié avec Nôtre Seigneur Je'sus-Christ, nous fait voir, que Dieu peut agréer une telle repentance, (1) quoique la mort empêche qu'elle ne foit fui vie des effets qu'elle auroit dû produire pour la réformation de la conduite du Criminel. que fi le Criminel eut vécu plus long tems, il auroit pu s'a2. On dira peut-être mender plus férieufement Mais il y a des gens , auxquels on pourroit fort bien appliquer ce que dit Sene'que (2) que la mort ejl le feul bien qu'on leur puiffe procu-

^^^

j.-

S^T

,

T£tL ,

,

&

,

&

:

&

,

&

,

&

,



,

rer

(n)tiv.i.

er il

§. 7.

,

parce que ce]}

le feul

moïen de faire en forte

qu'ils

méchans ;

ceffent d'être

comme

un Phllofophe (3) Grec l'avoit déjà remarqué. joint avec ce que nous avons dit au (a) 3- Ce que nous venons de dire, cornmencement de cet Ouvrage fuffit pour répondre aux difficultez de ceux qui veulent ,

qu'il

TERTULUENdit,

que, pour obtenir le pardon de fes péchez, il faut auparavant avoir déploré l'on Feccator , autv ieniam , défère fe débet. état De Pœnitentia (Cap. VI.) Voiez St. Amsroise , fur leFfeau««• XXXVII. St. Chrysostômf. fur la I. Epître aux (2) :

,

Hora. XXVIII.

Corinthiens,

&

Hom. XLII. Grotius. (3) Voiez St. J e'r 6 m e,

fur St.

MATTHIEU, du Pro-

I.

,

de

la

mort iïAnatolius

Lib. V.

,

Cap.

IL)

G

c°vm r^ v (r c* t * %. XIII. CO Voiez un partage de St. J E R 6 M E dans une Lettre a Damafe; lequel partage fe trouve cite dans le Droit Canonique, Cauf. XXIII. •

/

1

,

Quxft.III.

T

U

I ,

.

S"

.

De

Fcenit. Diftinft. -,.-/,

reAdam : qnando ingeniis talibw vit
fur le Chapitre

phéteNAHUM: partage qui fe trouve cité dans le Droit Canonique, Cauf. XXIII. Qtuejl. V. Can. VI. Voiez auffi Syne'siUS, Epift. XL1V. & Agathias, dans l'endroit où il cite un paflkge de Platon, (à l'occafion

leurs, que le feul remède pour des gens comme ceuxlà, qui vraifcmblablcment ne reviendront jamais à eux-mêmes, c'eft la mort ; par laquelle auflî on rend fervice à tout le monde: Et ji ex toto ejzts fanitas dcfperatafuerit, eadem manu benefeium omnibus dabo illi

I.

Can.

Gro-

LVIII.

.

.

-

.

».

&

(2; Auferemm tibi tftam , qua vexaru , infamam ; per tua aliemque volutato fupplicia , id quod unum bonum tibi Jupercft , refrafentabimut , mortem. De Ira , Et quo wio modo pojjunt , Aefmant Zib.l. Cap. XVI. malt efe. Ibid. Cap. XV. Le même Philofophe dit ail,

De

Benefic. Lib. VII. Cap. XX. Grotius. Il fe fervoit de cette raifon pour montrer , Législateurs, en décernant la peine de mort'

(3) les

que

n'a deflein de faire du mal aux Criminels qui fouffriroient !e dernier fupplice, mais au contraire de leur procurer par là le dernier remède' à le " r malk '***?' $ ?• oV ' «•' •' ' T auros *x S x r<£* U? i K «xi, «w«ù^. «s t^xro* , km i, , x i*m , K * TJ r 2, t?? k»kUs , ï*»s, Imiiï ** «/*

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EuSEBlUS

apud Stob^UM , Serm. XLVI. (4) Et même celui des Romains , du moins en grande partie puis que depuis la Loi P ordonne aucun Citoien , parmi eux, ne pouvoit être puni de mort, ou fouetté, à moins qu'il ne fût Criminel de ,

,

Lé-

Des

L

Peines.

I

IL

V.

C H. XX.

71

défendu à tous les Chrétiens fans exception de punir les Criminels , ou du moins de les punir de mort. Cela elt directement contraire à la doclrine de l'Apôtre St. Paul. Car il nous fait regarder (b) comme une partie du devoir des Puiffances 00 Rom. XIn 4> l'ufage du Glaive en quoi il les appelle les Minières de la Vengeance Divine il exhorte ailleurs (c) à prier Dieu que les Rois fe convertirent au Chriilianifme Ce) /. 7Yles Protecteurs des Innocens or telle eft la malice d'un 'C^; 11 I qu'ils foient , comme Rois grand nombre de gens même depuis la propagation de l'Evangile que les Princes ne fauroient protéger les Innocens fans faire mourir quelques Criminels pour réprimer l'audace des autres. Cela elt fi vrai, que, malgré tant d'exécutions, malgré tant de gibets de roues l'Innocence n'elt pas encore allez en fureté. 4. Les Puiffances (d) Chrétiennes feront bien néanmoins d'imiter , du moins à (d) Voiez quelque égard, l'exemple de (4) Sabacon, ancien Roi d'Egypte très-célébre pour fa £," dctli vV pieté. Ce Prince, au lieu de faire mourir les Criminels, les condamna à travailler de cefiv. §. 2. a des Ouvrages publics il le rit avec beaucoup de fuccès , comme nous l'apprend (e) Diodore de Sicile. Il y avoit aufli quelques Nations près du Mont Cm- (e )Z#. I. on ne faifoit mourir perfonne, quelque Ci'P- LXV café , chez qui au rapport de (O S T r A B o n grand crime qu'il eut commis. Quintilien fait une réflexion, qui n'eft pas à méqu'il foit

,

&

:

,

,

'

&

'

'

:

,

,

,

&

,

,

l

,

&

,

,

-

,

prifer: (6) // n'y a point de doute, dit-il, manière ou d'autre , comme on avoue qu'ils

à l'Etat de

les

fauver

que de

,

punir.

les

que, fi

Coupables peuvent fe corriger d'une

les

peuvent quelquefois

le

il

,

Balsamon remarque, que

ejl

avantageux

plus

les

Loix Romai-

qui décernoient la peine de mort , furent pour la plupart changées par les , derniers (7) Empereurs Chrétiens , qui ordonnèrent (8) d'autres punitions afin que les Criminels euffent , d'un côté , de plus vifs fentimens de repentance , que de l'autre la peine étant plus longue fût plus utile pour l'exemple.

nes

,

&

,

,

§. XIV. De ce que nous avons dit jufqu'ici, on peut inférer, qu'il eft fort dangereux pour un Chrétien qui n'eft que fimple Particulier de (a) punir de fou 00 Voiez qu lque ch e chef, foit "pour fon propre bien ou r pour le bien du Public un Méchant quel ?f qu'il f l quon aditlar r j t-v A lur tout de le punir de mort ioit quoique le Droit des Gens le permette quelque- demis, Liv.i. -I ^' fois comme nous l'avons (b) remarqué ci-deflus. Ainfi on ne peut que louer l'ufàge n " des Peuples, che:z qui ceux qui vont fur Mer fe munilfent d'une Commiflîon de l'Etat, cha §.T P Pirates les qu'ils trouveront afin que pour poiufriivrê dans Poccafion ils agilîènt par autorité publique contre ces Ennemis publics & non pas comme d'eux-mêmes. ,

,

,

..



1

1



,



i

,

,

i

l

,

1

:

%

,

r'

.

,

,

,

,

,

XV.

§. Léze-majefré

ou condamné

,

par

fentence

du Peuple

même. Grotius. ,

,

inféparable de la Liberté, dont on étoit fortjaloux, mais qui donna lieu avec le tems à une licence, que l'on fut obligé de réprimer en éludant la Loi par une fiction de droit. Voiez Sigonius, De antiquo jure Civium Rom an or. Lib. I. Cap. VI. & les Probabilia Jurù de Mr. Noodt , Lib. III. Cap. XII. (ç) On banniffoit feulement, avec leurs Enfans, ceux qui avoient commis quelque grand crime. Les Derbiciens , au contraire, autre Peuple de ces Pais -là, faifoient mourir pour les moindres crimes 'Eréçot? :

[ vouiuov

iç t ]

/nriiïivx

xzrotlitvtiv

rwv eçtx/uxplôvlav

j

roc ftt-

uflct

rtx.tt»v , v^svxvliov rcïi Geograph. iroi c^xtIho-iLib. XI. pag. 790. B. Ed. Amftel. ( 520. Parif.) (6) At hoc nemo dubitabit , quin , Jj nocentes mutari >

in

aiïs '

si;oÇtÇitv

y* ya-o

honam mentent

conceditur

,

Jalvoi

Mtï

tiovov

f^ty.etsts

uliquo ejfc

eos

modo

ficut pofe intefdum republiça fit , qufon pu-.

pofjhit

magis

è

(7) Voiez

,

eomme

Ae'o/3
Inftit.

Orat.

Lib. XII. Cap.

I.

pag. iojç. Edit.

Burmau.

la Loi P or vienne Tite Live Lib. X. Mais ce ne fut point par un principe de douceur & d'humanité, que l'on défendit aux Magiftrats de punir de mort, ou de fouetter un Citoien Roque s'on regardoit alors main. C'étoit un privilège

Voiez, fur

Cap. IX.

yiçot,

«m.

,

TA

s

C H o

le

ferment iVLfàc l'Ange,

N at 1

e

,

Lib.

I.

dans

( Cap. IV. )

N 1 c ELe même

Hiftorien remarque,

que l'Empereur Jean Commue ne fit mourir perfonne pendant tout fou régne. ( In Joann. Comn. Cap. XII. feu ult. ) Voiez ce que dit A LCHUS, de Philadelphe , au fujet de l'Empereur Zénon (inExcerpt. Légation.) & St. Augustin, Epift. CLVIII. & CLIX. àd Marcellin. Comit. paffages citez dans le Droit Canonique , Cauf. XXIII. fMueft. V. Can. I. IL Voiez aufli St. ChrySOSTÔME, 'adverfus Judaos, dans l'endroit oùj il traite de la peine de Caïn.

M

Grotius. (8) Qui confiftoient fur tout à les faire travailler. Augustin veut, qu'on laiffe en leur entier les des Criminels , pour les emploier à quelque travail utile: [ C'eft en parlant des Cireumceiiion$~\ Tu St.

membres

opère mifei'icordi effice , ut illa , nuis nefandis operibus excrcebant , alicui utili operi intégra eoruttt membru deferviant.

CLX. Voiez aufli de l'Eglife , laquelle

Epift.

la

re

eft

Lettre de Neélaire à ce Pé-

parmi

les

bennes,

la

CCI.

GROTIUS. §.XV.

Des

72

L I v.

Peines.

C H. XX.

IL

XV.

C'est fur le même principe qu'eft fondée la coutume établie en plufieurs endroits, de ne pas recevoir (i) pour Accufateurs en Juftice tonte forte de gens, §.

^

M.

j.™

vj«~

,

«»«»«« w «w

w^

MV .tuii.

Communion, même

(4) prive de la

k;

wu

v-nat^.

Million UULOllClie rfr,LIBLRIS

de la mort, tout Chrétien, qui en dénonçant quelcun aura été caufe de fa mort ou de là profcription. §. XVI. Il paroît encore par ce que nous avons dit ci-deflus qu'il n'eft ni avantageux ni bienféant à un vrai Chrétien de rechercher de lui-même les Emplois (1) Publics, qui demandent qu'on jugea mort, & de témoigner ainfï qu'il fe croit digne d'avoir droit de Vie & de Mort fur fes Concitoiens comme aiant plus de mérite qu'aucun d'eux comme étant une efpéce de Divinité entre les Hommes. Je'sus-Christ nous avertit qu'il eit (a) dangereux de juger d'autrui parce que le même jugement qu'on aura fait des autres, Dieu le fera de nous en pareil cas! à l'Article

,

,

,

&

,

(a) Mattb,

VI

,

,

,

i

,

fif

fitiv.

maxime

Cette

doit certainement être appliquée ici. C'est une queftion célèbre , de lavoir

§. XVII. 1. , fi les Loix Humaines qui permettent de tuer certaines perfonnes donnent au Meurtrier un vrai droit , même devant le Tribunal Divin, ou fi elles lailfent feulement le meurtre impuni devant les Hommes? Co v a rru v i as (a), (b) Fortunius tiennent le dernier: mais Fernand Vasquez (c) va jufqu'à traiter cette opinion d'exécrable. 2. Il n'y a point de doute, qu'en certains cas les Loix Humaines ne puiffent faire l'un ou l'autre ou rendre entièrement innocente Paclion qu'elles permettent ou accorder une fimple impunité ; comme nous l'avons remarqué (d) ailleurs. Pour la,

,

&

(a) De JUutrimon. Part. II. Cap. VII. %."j.num,

20,

&

feqq.

(b) De tint, fine

Illat.

,

,

ul-

Leg.

XI.

(c)

Controv.

illuftr.

Lib.IV.

Cap. VIII. (d) Liv.ll. Chap. I. §. 14.

,

voir donc quelle a été

ici

du Législateur

l'intention

faut

il

,

en juger en partie chofe dont il s'agit. ,

la Loi , en partie par la nature même de la Loi qui permet de tuer quelcun le fait pour donner quelque chofe'au relTentiment d'une perfonne cruellement offènfée elle met bien à l'abri de toute Punition devant le Tribunal Humain mais elle n'empêche pas qu'il n'y ait du crime, & que ce ne foit un véritable Homicide. Tel eft le cas d'un Mari (1) qui tué fa

par

termes de

les

Si la

3.

,

,

,

Femme

furprife en flagrant délit,

ou

le

Galant avec qui

commis

elle a

adultère.

Mais

4.

XV. CO

§.

&

St.

CHRYS0ST6ME

dit qu'il faut termi-

prévenir les Procès Civils

de

par un accommode, mais qu'on ne doit jamais intenter Procès Criminel K<*xà» (mv hv omç eï%ov , tù

t*s

ZÇfilMtTiKoès

ner

ment

à l'amiable

:

:

it.ccilty.oc,'

X,r,v

7i\u

Toi

5T£ôf

àt'x.cts;

T>j?

,

(pfyûviiv

oix./,ç

j fenen cficthvScQ-xi

îyyv/ctmÇeiv.

De

hxXvcrîtrt ÇtXtxxïs

rèv ÇtXov

x.vQigvY,
yîvoflo

Pœnitent.

ccXbtt

>

Hom.

/tcttêe

'

ïvx

,

iyx.'h.vt-

ry»

VIII.

elp-

Gr

o-

TIUS. cat Fifcal

(?) c'eft

ce qu'on appelle Procureur Fifcal

Avo-

&c.

plutôt la licence des Délateurs.

(4) Delator Jî quis

XVI.

CO

otio Sapientis

cxjliterit fidelis

,

£7"

,

per delationem ,

placuit

eum

Voiez le Traité de Sene'que, de où il examine , fi le Sage doit fe mêler

des affaires de l'Etat.

Grotius.

Voiez un paffage de St. Augustin, de Civitate Dei , cité dans le Droit Canonique, Lttuf. XXIII. jQu*ft. VIII. Cap. XXXIII. Voiez aufli Caiif. XXXIII. Quaft. H- Cap. VI. VII. Grotius. La première partie du paflage de St. Augustin , cité dans le Canon , n'e-ft point de ce Père , mais de §.

XVII.

M

E

,

in Ezecb. Cap.

IX. (

Tom. V.

pag. 404.

Dieu:

même ci

exprimée d'une manière différente. VoiHis igitur exceptis , quos vel Lex jujla vel ipfe fous juftiti* D E u S , Jpecialittr ocquis quis bominem , vel fe ipfum , vel ntem-

penfée

,

le paflage.

generaliter

libct

, ,

occident, homicidii crimine innetlitur.

Lib.

I.

Cap.

XXI.

a remarqué , avec raifon , que ce qui a donà l'établiflement de certains Accufateurs publics,

ejus aliquis fuerit proferiptiu vel interfeclw nec in fine accipere communionem. §.

,

On

né lieu

e'r 6

J

A. Fd. Bajîl. ) comme on l'a remarqué. Les autres paroles pourraient bien aufli être de quelque autre Auteur Eccléfiaftique. Je ne les trouve pas du noins dans le Traité de la Cité de mais j'y veis la

cidi jubet

Comme

(2)

St.

CO

CO

C'eft-à-dire

,

qu'ils

vont piller,

rejïftendi

Soldats même : car cela regarfont pas Gens-de-guerre. Et la foit de nuit , à la campigne

les

de auflî ceux qui ne Loi fuppofe que ce

ou

&

aflaflîner

les Paffans.

cunclis tribuhnus facultatem

litum vel privatorum ad àgros verit, aut itinera frequentata

Libérant

ut quicumqie minotlurnus populator intra:

adgrejjïonis ibfede-

infidiis

rit , permijfà cuictitnque licentiâ , digno jugetur : ac mortem , quum minabatur

fupplica fubexcipiat ,
illico ,

quoi intendebat , incurrat. Melim enim eft , oaurrere in tempore, quant pofl exitum vindicare. Veftram igitur vobis permitthniu ultionem &c. Cod. Lib. III. Tit.XXVII. jQiiando liceat unicuique fine judice fe vindicare

blicam devotionem

,

Leg.

I.

Voiez

CujAS

,

tel

pu-

& FAJROT

fur ce Titre.

(?)

3,,

Des

Peines.

Loi

L

I

C

v. II.

XX.

H.

7

en vue de prévenir un mal que produiroit le débelle doit être cenfée donner un pouvoir public au Particulier lai de la punition de forte qu'en ce cas-là il n'eft plus Particulier. Il faut rapporter ici une Loi du Code Justinien, où il eit permis à chacun de tuer fur le champ, fans autre forqui ravagent. On en allègue pour raime ^de procès, les Soldats (2) qui pillent Cejl fon , qu'il vaut mieux prévenir à tems le mal , que de le punir , quand il eji fait. Arcadius, pourquoi, continuent les Empereurs Valentinien , The'odose, nous vous laijjbns le foin de vous venger vous-mêmes , £5? comme il ferait trop tard de punom les châtions d'avance par cet Edit en voulant que pernir ces Malfaiteurs en Jujlice fonne ri épargne toi Soldat , qui mérite qu'on le pourfuive les armes à la main , comme un Dans la Loi fuivante du même Titre, il eit permis à chacun (3) de tuer Brigand,

Mais

4.

lors

que

la

a eu

,

&

&

,

les Déferteurs

&

,

Homme

tout

on appelle

On

commun.

repos

,

cela une permijjion d'exercer la vengeimce publique pour

peut rapporter encore

Soldat de l'Etat

ejl

,

ce que dit

ici

Tertullien

le

(4) que

,

pour agir contre des Criminels de Léze- Majejié

,

&

des Ennemis Publics.

On

chaque Particulier , de tuer (0 ces fortes d'Exilez qu'on y a cette différence entre les cas dont nous venons de parqu'il y a eu une Sentence particulière rendue contre les Bannis ; celui-ci ler , au lieu que dans les autres cas il n'y a qu'un Edit général, qui a force de Senten<).

permet

aufli à

appelle Bannis. Mais

&

,

il

,

lors que le fait fuppofé eit (6) manifefte. o 1 o n s maintenant, fi tous les actes vicieux font de nature à XVIII. 1. pouvoir être punis par les Hommes ? Sur quoi il faut d'abord pofer pour maxime qu'ils ne font pas tous tels. 11 s'agit feulement de marquer fûre & inconteitable en détail ceux qui doivent être exceptez. 2. Je dis donc, en premier lieu, que les atles purement internes, quand même ils viendroient enfuite à être connus par quelque accident, comme par l'aveu qu'on en feroit foi-même ne peuvent point être punis par les Hommes parce que comme nous (a) l'avons remarqué ailleurs il n'elt pas convenable à la Nature Humaine que les actes purement internes produifent quelque droit ou quelque obligation, d'Homme à Homme. Et c'elt en ce fens qu'il faut entendre la maxime du Droit Romain (1) Que perfonne ne mérite d'être puni pour de fimples penfées. 3. Ce-

ce anticipée

,

V

§.

,

,

,

;

(a) Iàv. II. Chap. IV. §.5.

,

,

num. 2. & Chap VI. §.l. num. y.

,

(5) Opprimendorum Aefertorum facultatem provinciale Qui Ji rejïftere aiifi fuerint , in but jure pcrmittimus. Cunili etenim, his velox ubique jubemm ejfe fiipplicium. adverfiis latrones publicos defertoresque militix , jtu Jtbi fciant pro quiète commuai exercend
&

&

&

les empêcher: 'ov ycç. rpurrfroït pânn , 4 Ctï&WÇ OVVXTUTCtTôlÇ Ô TT/i fWCICtÇ f&tXtt (TKOTrOf tU-

pour

lui


Qvt&ott

dVrK ytiv

,

y

>£ tù.

>£ TrÇoirtCj/.vstii ne.o(r?l x.o\i

Te

,

koivk

y

uï&ct xa,Ç\i

ty,S t»

y,


TiTcoQxt tiç



âaXofifvco (Zxlo¥

wrtÇctXKuroÇêSv. Lib.

7eoXilsta.s

iïvvxpti»

IV. ( dans la Harangue de Ruftiau. Cap. II. ) ce que nous avons dit dans ce Chapitre , §. 9.

T

1

u

Voiez G R 0-

Gronovtus cite ici une Loi, raplaquelle porte portée par Quintilien qu'il eftpermis de tuer un homme qui a été banni n on le ,

,

,

,

Declam. CCCV. Exfulem , intra trouve dans le Pais deprehenjum , liccat occideie. fines Mais , quoi qu'on m. IL :

T

la

même

CCXLVIII. Exfulem

chofe

dans

Déclamation il pour;

la

occidert intra fines lîcet

que ce fût une Loi fuppofée , comme tant d'autres , que les anciens Déclamatcurs ont inventées, pour fournir matière à leurs raifonnetnens. Quoi qu'il en foit nôtre Auteur a eu ici en vue , comme roit bien être

,

il paroît par fou expreffion ( Exfules , quos Bannitos vacant) ces fortes de Profcrits , qui font mit au Ban dt l'Empire , en Allemagne. Car , félon les Conftitutions de cet Empire , chacun peut impunément maltraiter de tels Bannis, en leurs biens, en leur perfonne, jufqu'à leur ôter la vie. Voiez Jaques Me'nochius, De arbitrtir. Judic. Lib. I. Qjixft. XC. ANTON. MatTH.ff.US, De Criminib. Tit. V. Cap. IL le Conduclcr. Carolin. Tom. IL Differt. pag. 74, 75. Jus Publicum de feu Mr. Cocce'jus , Cap. XXXII.

&

&

BOECLEE, &

§. 12.

&c.

(6*)

Quintilien

contre l'Etat tent

ad

S.

(5) Le Savant

encore

voie

,

dit, qu'il y a des Crimes commis qui font d'une telle évidence , qu'ils fauJudices y ,

aux yeux Reipublictc la/a: quadum funt quorum pronuntiationcm oculi fujficiunt.

CCLX.

:

Declam.

Grotius.

Voiez ci-deflus, Liv.l. Chap. IV. §. 17. que perfonne n'eft §. XVIII. (1) Il y a feulement, Cogitation» puni , c'eft-à-dire , par les Loix Civiles :

fanât»

mmo

patitur.

Digbst.

K

Lib.

XL VIII.

Tit.

XIX. De

Des

74

Peines.

L

I

IL

v.

C H. XX.

Cela n'empêche pourtant pas, qu'on ne puiiTe avoir égard aux ades internes alors ou ne les confidére pas propre» (b) s®™, (b) entant qu'ils influent fur les externes b ment en eux-mêmes mais on les fait entrer dans Peftimation des actes extérieurs, Cap' vî qui en deviennent plus ou moins dignes de punition. §. XIX. 1. Et* fécond lieu, les Hommes ne doivent pas punir les fautes inévitables, qui font une fuite de la fragilité de notre nature. Car, quoi qu'il ne puiflTe point y avoir de Péché qui ne foit commis librement , il eft néanmoins au defliis de la conen tout tems de toute forte de Péché. dition humaine , de s'abftenir abfolument D'où vient qu'on 3 dit , qu'il eft naturel à l'Homme de pécher maxime qui a été avancée, entre les Philofophes Paiens, par (1) Sopater, pai (2) Hierocles, par (3) Sene'que (4) ; entre les Juifs , par (0 Philon ; entre les Hiftoriens par (6") entre les Chrétiens , par un grand (7) nombre de Docteurs. Ainfi 3.

:

m

&

*

,

&

:

&

,

Thucydide;

il

De

ce que dit BYNKKRSHOEK, Obfervat. Jur. Rom. Lib.III. non les Jurifconfultes Romains parlent - là

XVIII.

Tsenis, Leg.

Mr. DR

félon

D'ailleurs,

Cap. X. d'une fimple penfée , d'un fimple deflein vague , qui n'a déterminé à aucun acte extérieur , par lequel on le foit difpofé à chercher les moiens d'exécuter ce que l'on fe propofoit; mais d'un deflein dont l'exécution n'a pas été fuivie de l'effet car un tel deflein , quoi n'étoit point puni qu'accompagné d'efforts aftuels par le Droit Romain , hormis en matière de certains par rapCrimes énormes , fpécifiez par les Loix , port auxquels on avoit fait exception à la régie géVoiez-en les preunérale , en faveur du Bien Public. le détail , dans le Chapitre de cet illuftre Juves Sur ce pié-lii, il rifconfulte, que je viens de citer. faudra regarder les paroles fuivantes , que je trouve dans Maxime de Tyr , ou comme ne convenant pas au Droit Romain , ou comme peu exactes en partie. Les Loix , dit ce Philofophe Orateur , puniflent comme Adultères , ou comme Voleurs , ou comme Traîtres , non feulement ceux qui ont actuellement eu commerce avec la Femme d'autrui ou dérobé quelque choie , ou trahi l'Etat , mais encore ceux qui ont voulu commettre ces Crimes , fans trouver moien d'y :

,

&

&

,

réuflir

:

ftovov

let

K.osi ,

?i«t$V«*»7«

yùç fcct^c»

x>i\X

XttÇqirxvlx

,

>

£

x.uv

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x.oXcîÇii

/3«A>).9-£i/7#

vift©* , % toi o'ex'rxvToixaçv%o)i rov èwi-

o '

XxS-fl fyxirxs

>£ '



Dïflert.

srf*|j}.

7rço£ÔTy t

rov ue-

i>

IL pag. 20. Edrt.

Cantabr. Davij'. §. ft, y .

tia ]

Ad détériora faciles

non temporum

,

fumtts : £f res etiam ipfa,

quia nec dux poteft , nec cornes deejj'e : duce , Jine comité , procedit : non pronum eft tantum Epift. XCVIL ad vitia , fed pneceps. (4) Le même Philofophe dit ailleurs, que perfonne ne pent fe difculper lui-même de toute faute : Nemo , inquam , invenitur , quife pojlït abfolvere. De Ira , Lib. Selon lui encore , c'eft une infirmité inI. Cap. XD7. d'être réduit à la féparable de la Nature Humaine, d'aimer fou ernéceflîté de tomber dans l'erreur , reur ; [ d'où il s'enfuit , félon le principe des Stoïciens, qui dîfoient que tout Péché vient de quelque erreur : Fcccantes vero quid habet cur oderit , qttum error illos in hujufmodi delicla compel/at ? il s'enfuit , dis-je , que les

Jine

& &

Hommes ne peuvent s'empêcher de pécher quelquefois. hue eft caligo Juter cetera mortalitatis incommoda, nec tantum neceJJÏtas errandi , fed errorum amor. Ibid. Lib. IL Cap. IX. Ce Philofophe foûtient ailleurs , que perfonne n'ofeïoit fe vanter de n'avoir péQui* eft ifte , qui fe pt-qfitetur ehé Gontre aucune Loi omnibus legibus innocentent ? Ibid. Cap. XXVII. /Tu Livre

&

mentium

,•

:

que nous fommes tous méjQuid knioribus verhis hulcus puhlicum ohfcomlo ? Dans le Traité de la Nous avons Clémence , il s'exprime plus directement. tous, dit -il, commis quelques fautes, les uns plus grandes, les autres moins; les uns de propos délibéré, les autres par quelque bazard , on entraînez par la malice d'autrui les autres , pour n'avoir pas eu la force en perdant malde fe foûtenir d'ans un bon deflein , III.

"dit

il

dians

en un

mot,

:

Omnes mali fumui. Cap. XXVI.

:

XIX. ("i) ~ZvfcQvT<» ùvxi oL&çc!>7tets ro âuxçlctCe mot fe trouve dans STOBE'E f Serm. XLVI. ,-

De Magiftrutu &c. Ajoutons

les paroles

fuivantes d'un

Philofophe beaucoup plus ancien, c'eft Xe'ncphon, qui dit , Qu'il n'y a point d'Homme qui ne commette jamais de fautes : 'Oeû y«.ç ruv xvêçâzrm i$ivx ùi/ccfixgHift. Grax. Lib. VI. Cap. III. §. 6. xjj7e» A««Am7«. Edit. Oxon. (2) C'eft dans l'endroit, où il dit, qu'il y a un mal né avec nous, en même tems aquis, favoir, l'abus que nous faifons de nôtre Liberté , d'une manière contraire à la Nature : 'H» } jj xvTtçwrix nxçx Çvcrtii Khr.ciS. Pag. 192.' Edit. Needh. (3) Nôtre Auteur a eu peut-être dans l'efprit ce Nemo mot, qu'il avoit lu dans Sene'quk, le Père Lib. IL Controv. XII. pag. i89- Edit. Jine vitio eft. Gronov. trtaj. Ou , fi fa mémoire ne l'a pas twmpé en lui préfentant ce paflage du Rhéteur, comme étant du Fils , ou du Philofophe , je ne fâche point d'autFc endroit qui puifle être rapporté ici, que ce qu'on trouve dans une Lettre, où le Philofophe foûtient, que les Vices ont été de tout tems, & qu'on s'y laifle aller par un panchant naturel Homintan fiint ijia [vi-

&

m

:

:

&

gré

eux leur innocence. Non feulement nous péchons

mais nous pécherons encore jufqu'à la fin de nôtre vie. Que fi quelcuu a fi bien purifié fon Ame , que rien ne foit plus capable de la troubler , ou de lui faire illulion , ce n'eft toujours qu'en péchant qu'il eft parvenu à cet Peccavinnts omnes , alii gravia , alii état d'innocence :

leviora

}

alii

ex deftinato

nequitià ablati

mzis

,

alii

:

Êf innocentium

,

alii

forte impulfi ,

aut aliéna

in bonis confiliis parttm fortiter ftetiinviti ac renitentes perdidimus. Nec

delinquimiv tantum, fed ufque ad extremum avi delinEtiam Ji qui; tant benè purgavit animum , ut eum ampliùs pojlt , ac aller , ad inuoeentiam tamen peccando pervenit. De Clément. Lib. I. Cap. VI. Procope fait dire à Bélifaire , qu'il eft au deflus de la nature des choies, de ne tomde l'Homme quemv.4.

f

nihil obturbare

&

ber dans aucune faute rxvuv , Lts xvB-Çtozrivoii

:

,

Ta' /xi» ùv tù

t?,?

ràv

XL

) r|«. Gotthic. Lib. III. (.Cap. reur Basile , Cap. t. Gjiotius. fuis fort

Je

trompé

,

fi ,

au

iay.$ à-nuc-îv

xuxj>-

zs çxy (ton cov Çycsaç Voiez auflî l'Empe-

lieu de

l'Empereur Ba-

nôtre Auteur n'a voulu dire, dans la dernière Paleologue, de cette Note, dont nous avons , outre quelques Haiangues , des Précep-

sile

,

citation

Manuel

, ,

,

Des

L

Peines.

monde

faudrait punir (8) tout le



,

fi

I

C H. XX.

v. II.

7$-

l'on vouloit punir tous

ceux qui pèchent

&

fi l'on ne laijfoit paffer les fautes légères , ou chacun tombe tons les jours , comme le dit (9) un des Philofophes que je viens de citer. Ce feroit oublier la foiblejfe humaine. Se y infulter même, ainfi que s'exprime Diodore de Sicile (10).

2. Bien plus: il y a lieu de douter, fi (11) ces fortes de fautes font des Péchez proprement nommez puis que , fi chacune en particulier paroît commilè avec liberté , elles ne font pas libres à les confidérer en général. Sur ce principe, Plut ARQUE dit, (l2) que les Loix ne doivent exiger que ce qu'il ejl pojjible d'obtenir, non pas en punir un grand nomfi l'on veut punir quelque peu de personnes utilement , ,

,

&

bre [ans aucun fruit. 3. Il y a aufii des Péchez, qui font (13) inévitables, non pour tous les Hommes généralement mais pour telle ou telle perfonne & en tel ou tel cas à caulè du (14) Tempérament dont les influences vont jufqu'à l'Ame , ou par un effet de la force de ,

,

,

,

l'Haceptes fur l'Education d'un Prince , 'r-sro^Kxi BxG-iXtxiis Dans le Chap. L. cet Empereur dit , que cexywyv,?. lui qui faura bien diftinguer les fins qu'il doit le propofer , ce qui s'y rapporte , fur tout cette fin fouverainement parfaite , à laquelle toutes chofes tendent naturellement, c'eft- à- dire , l'Etre Suprême ; celui, dis-je , qui faura bien diftinguer toiut cela , qui voudra faire ce qu'il croit être le meilleur , ne péchera jamais ni en actions , ni en paroles , ni en penfées , ni par aucun autre mouvement de l'Ame. Mais il avoit d'abord remarqué , en forme de parenthéfe , que ce n'eft-là qu'une fuppofition j parce qu'il eft impoffible

&

&

Homme

qu'un

Qf

^stfAtv®^



yiv

etvTcc e

Ciel

itÇr.&u

v7To9strsa>s j

ce

'£>? 'ôys

:

'

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de feience

point

hsteh

yxf

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,

zeh

>

iti-

x-Apûnut

iïvv'xiov

ofîu? ^VVX.JXSV® TX TtXtj TÉ Kj TX 7TÇOÇ ys to h ttutjyc TiXtKù>Txlov téA©- , ngos

OlXKÇÏvltV 'in



,

yt

jufqu'à

s'eléve

un fecours du

fans

•w*

4^°"'/

Kaïîrttt

îç lv

'ô-xtp

,

zfxnm

ô

C7tÎkuvcc'

t&iXav 07rsj> i%if*C\au (itxltov «»' ô Totirxs *y. «v àpxçlci , ** £ç> (î , è ,\ôyoi; , a XayKr/xoh , ih ,u,d

cumque ingenium eft , pœna neminetn excipiet. SeNEC. de Ira , Lib. IL Cap. XXXl. Punir les Hommes , comme s'ils dévoient être impeccables, c'eft aller au delà des bornes que la Nature preferit "Eus tu à? x\x,uxp-

-bvXYf ÏVVXllSl TS,

r„, Pag. 76.

Edit.

Ktyqo-U, >ù hxd-ttTU

K,

Bajii.

1578.

Lëunci, aviUS être fort

commun,

&

publia puis que

Macédonien,

(T^l-

Cet Ouvrage , que , ne doit pas

Mr. Fabricius n'en dit Et ce qui fait que

Manuel

le

K,

traduifit

rien dans fa Bibliothèque Grecque. nôtre Auteur a confondu

Basile

,

que

que

c'eft

celui-ci

a aulfi

com-

&

&

:

'

,

A*^

à.nsi°£H

ofts

>

TÛm.

Lib. III. Cap.

XLV. Éd.

Oxon. (7) Par exemple , qui dit aufli , qu'il , a nulle chofes qui nous portent à pécher , l'Age , le

Vin

Pauvreté , les Occalîons , la vue des Récompenfes &c. At enim fi id faceret [Deus, fi pro merito quemque puniret] uemo fupereljèt. nullm e/l enim, qui nibil peccet : £f multa Jimt , qiue ad peccandum irritent

,

j

la

tetas

Ira Dei

(8)

,

,

vinolentia

Cap.

Namfi

XX.

,

egejlm

num. puniendw

4. eft ,

,

Ed.

occajto

,

prœmium.

De

pravum

malefi-

,

COf-lOTtïlX

,

k

f*tx.çx

O

K}°)

t7,<

kxtx Çvo-w

ITtX-

yxç

Grotius.

'É%m

xf.if,xB-flo)i

Q-WXd'lX.tï

SOPATER

xttx^lri^xTU».

rvr/.&i)

ty,v

KOIV^V x\$-ÇÛzSi)¥ Xo^iVllXt.

TY,\l

,

xTvx^^tuv

nsç) tÛv

Lib.

XIII. ( Cap. XXI. pag. 542. Ed. H. Stefh. ) 'r^tpxyot 6^ tv tx7ç èvTvyj'xt; yivôftivet ty.ç x&ÇuTtivYiS £ x.oity,ç xérsvii'x; èntXxvôxtotlxi. Lib. XVII. Cap. XXXVIII. pag. 582.) Cet Hiftorien dit ailleurs, qu'il ne faut pas fe moquer de !a fragilité de la Nature Humai-

ne

Mjj c-vKo xvêPùJ7ri\ir,ç Qva-eaç tjjV eL&ststet». è Lib. XXVI. Eclog. I. ] Grotius.

:

(Fragm.

Ces paflages fujet

fur tout le dernier , ne font guéres au , qu'à caufe de l'expreflîon , qui peut y être ap-

,

On pourra s'en convaincre, li l'on veut , en examinant la fuite tiu difeours dans l'Original. (11) Cette penfée a été critiquée avec raifou par Pufendorf, Liv. I. Chap. V. §. 8. du Droit de la Nat. pliquée.

,

&

des Gens.

(12) Ae? {ïxxélxi

Ttpls to

j

I"

iïitxlov

olt'yxç

xçnrrijXùjç

y.ohxCstK

Vit.

yçâtfpicîjai

x>kx py

,

Solon. pag. 90.

Wech. (12) Ces Péchez ne

font

pas

ro\

iros&èç

A.

Tom.

no'f*o*

el

,

x^ç^ças L' Ed.

abfolument inévita-

En matière des chofes , auxquelles on fe porte par un effet du tempérament , ou de l'habitude , l'ufage de la Liberté eft à la vérité plus difficile , mais il. n'eft pas entièrement au deflus de nos forces. Voiez Pufendorf, Droit de la Nat. des Gens, Liv. I. Chap. IV. §. 5 , &f fuiv. à quoi on pourroit ajouter bien des réflexions. bles.

&

;

Senk'oue

(14)

que

dit,

le

mens dans nôtre Corps produit

& tre

fait :

que l'un

Et locorum

morum

eft

divers mélange des éléla diverlité des

enclin à une chofe

itaque

varietates

,

&

,

mœurs

l'autre à l'au-

&

animalium , corporum , mixtura elementorum facit incumbunt ingénia , prout alicu-

,

,•

&

proinde in aliquos niagis jus démenti major vis abundavit. De Ira , Lib. IL Cap. XVIII. Il dit ailleurs , que tout ce qui vient du naturel du tempérament, demeurera toujours, quelque foin qu'on prenne de le chafler Qiixcumque adtrihuit conditio nafeendi , £9* corporis temperatura , qv.um multunt Je diuque animus compofuerit , h.crebunt. Nihil

&

:

borum

Cellar.

citicumque

Serm. XLVI.)

(9) Tx ubi fupra.

£5f

Lactance

y

j'ai

ïmm

FaUologue avec

pofé des Préceptes de Morale , adreflez à fon fils , Ks
to fttTÇov vTtsçâxint

,

Ce font des paroles du même Philofophe, cité un peu plus haut, Sopater (apud Sto-

taçB-âe-ewç.

yy Vûttlv TY,?

m

:

TY,T>e; x.tXxfy

vetari poteft

,

non magis quùm

accerjï.

Epift.

XL

Gkotius.

K

2

00

,

Des

j6

On punit

Peines.

L I V. IL C H. XX.

néanmoins les a&ions qui viennent de

l'un ou de l'autre de ces principes; mais ce n'eft pas tant à caufe d'elles-mêmes, qu'à caufe (if) d'une faute dont elles ont été précédées , en ce qu'on a contracté volontairement ces maladies , ou négligé les moiens d'y remédier,

l'Habitude.

XX.

En

ne faut pas punir les Péchez qui ne regardent ni Humaine, ou à la pwùtion desquels aucun Homme n'a intérêt. Car , puis qu'il n'en reviendroit aucune utilité aux Hommes , il n'y a aucune raifon de ne pas laifler à Dieu la vengeance de ces fortes de Péchez; à qui a une Connoiffànce infinie pour les démêler , une fouveraine Equité lui , dis-je pour en juger , & une Puififance fans bornes pour les punir, par lesquelles on fe propofe de 2. Il faut excepter pourtant les Corre&ions , rendre plus fage celui qu'on châtie , quoique peut-être les autres n'y aient aucun §.

dire&ement

i.

troifiéme lieu,

il

indirectement,

ni

,

Société

la

,

intérêt. 3. On ne doit pas punir plus les actes contraires à ces fortes de Vertus , dont nature nefouffre aucune contrainte , telles que font la Compaffion la Libéralité, Sene'que traitant la quettion, fi l'on doit laifler l'Ingratitude la ReconnoiiTance. impunie en allègue plufieurs raifons , dont voici la principale , qui peut être appliquée aux autres Vices femblables (1) La B^econnoijfance , dit-il, qui ejl une chofe très -honne feroit plus honnête , fi l'on pouvoit y être contraint c'eft-à-dire , perdroit ce nête qu'elle a de plus beau de plus louable , qui la met au rang des Vertus excellentes comme il paroît par les paroles qui fuivent immédiatement après Car , fur ce pié-là on ne loueroit pas plus un Homme , de ce qu'il fe montre reconnoiffant que de ce qu'il rend un Dépôt, ou de ce qu'il paie fes Dettes, fans avoir été cité en Jujlice. Il n'y a point de gloire à être reconnoiffant , fi l'on ne peut impunément être ingrat. En un mot , on peut appliquer à tout ce en quoi l'on pèche contre de telles Vertus , ce mot de S E n e'q_u e , le Père: (2) Je ne veux pas qu'on loué l'Accufé, je dis feulement qu'il doit être abfoits. §. XXI. Mais, lors même que le Crime eft dénature à pouvoir être puni, n'eft-il pas permis quelquefois de pardonner , ou de faire grâce ? Les Stoïciens (1) le nient; mais par une raifon très-foible: c'ejl, difent-ils, que tout Pardon (2) confifle à remet-

la

,

,

:

,

,

&

:

,

.

.

.

tre

St. Augustin dit, que, quand Lotb coucha (15J) avec les propres Filles fans le favoir , il mérita d'être non comme coupable d'Incefte , mais à caufe , Namque , de l'yvreffe â laquelle il s'étoit laifTé aller utfcriptume/l , Incbriaverunt eum [Lotb] filisejus, Quapropter culpandus eft quife nefeienti mifeuerunt. dent j non tamen quantum Me inceftus , fed quantum Ma meretur ebrictas. Lib. XXII. contra Fauftum , Cap. XLIV. Paffage cité dans le Droit Canonique, Cattf. XV. Quuft. I. Cap. IX. Grotius. §. XX. (1) Deinde , quum res honeftiffîma fit , referre gratiam définit ejfe honejla , fi necejj'aria eft. non étant quàm eum magis îaudabit quisquam gratunt hominem qui dep-ftum reddidit , aut , quod debebat , citra judicem

blâmé

:

&

,

,

Non

foliit

tum Il

ft dit

.

gloriofares

,

gratunt

ingratum fuiffe. De Benefic. Lib.

ailleurs

quand on

eft

ejfe j

III.

nift tu-

Cap. VII.

que l'Ingratitude n'eft honteufe, que de rendre ou de ne pas rendre fer-

eft libre

vice à fon Bienfaiteur: Qtiibus [ingratis] ita licet. Lib. I. Cap. I. turpe eft non reddere , JS

&

demum

Sene'que l'on difoit , que l'Accufé avoit fait une chofe qu'il ne devoit pas faire, remarque , que l'idée de ce que l'on doit faire renferme beaucoup plus que ce que les Loix exigent , & dont el-

que,

le

Père,

répondant à ce

les puniflent la violation licuit.

Dkis mihi:

:

Ea

lege perfequere

hoc facere

non

oportet.

,

quœ non Huic rei

immenfa eft. itaque nuîla vindiila eft. Satis opifex , rerum imperitus , ad legem inno, V. (pag. 589, 390.) Lib. V. Controv. St. Augustin dit de certaines Loix , qu'elles ne conœflimatio

f

abnnde'tjue eft

cens

XXXI

eft.

traignent pas de bien faire , mais qu'elles défendent de mal faire Sic igitur quod adverfus vos leges conftitutiefunt, non eu bette facere cogimini , fed mtile facere probibemini. Lib. IL Cap. LXXXIII. contra Petilian. :

Grotius. Le paffage de St. Augustin , où il s'agit des Loix contre les Donatiftes , a un autre fens , que celui dans lequel nôtre Auteur doit l'avoir pris , pour en faire application

ici.

(2) Ego nunc non laudari reum

dejidero

,

fed abfolvi.

Lib. V. ^Controv. XXXIII. (pag. 379.) Il dit ailleurs, Non fperamiu , ut Flamià peu près , la même chofe ninum Judex probet , fed ut dimittat. Lib. IV. Controv. XXV. (pag. 50g. "j Et ailleurs encore , il foûtient , qu'il punir: Muly a une grande différence entre blâmer , :

&

tum

intereft

VI.

8.

utrum objurges , an punias. Excerpt. Controv. a remarqué, qu'il y a certaines fautes & certains défauts , qu'on doit regarder plutôt comme des imperfections de quelque Vertu , que comme des effets de Vice: w«AiT0\ii(x,puiTtc piXMv àeerns Ttns « xaxtxf Trtym^tvMtTtc ,

Plutarque

r,

,

>

Des Peines. LlV. IL Ch. tre la Peine qui êtoit due

XX.

77

or le Sage fait toujours ce qu'il doit faire.

L'erreur vient de l'ambiguité qu'il y a dans cette expreflion, la Peine ejt d u e. Car fi l'on entend par là que celui qui a péché mérite d'être puni , ou qu'on peut le punir Guis lui faire tort il ne s'enfuit point qu'en ne le punilïànt pas on faife ce que l'on ne doit pas faire. Que que la Punition étoit due par le Sage , c'eft-à-dire fi l'on veut dire , qu'il étoit dans $

,

,

une obligation

indifpenfable de l'exiger

je foûtiens

,

qu'ainfi la Punition peut n'être pas due en ce fens lieu

,

,

que cela

mais feulement permife.

& avant qu'il y ait des Loix Pénales & depuis qu'il y en s

n'arrive pas toujours

,

&

Cela a

a.

XXII. 1. Lors qu'il n'y a point encore de Loix Pénales il peut néanmoins y parce que naturellement tout Coupable eft fu jet à pouavoir un jufte ufage des Peines §.

,

,

Mais il ne s'enfuit point de là, (1) que la Peine doive voir être puni légitimement. l'obligation où l'on eft à cet égard , dépend de la liaifon qu'il être toujours infligée y la Punition de tel ou tel a entre les fins pour lesquelles l'ufage des Peines eft établi , Crime. Si donc il fe trouve qu'il ne foit pas moralement néceïïàire de prendre des meiures pour produire l'effet auquel les Peines font deftinées , ou que le pardon au contraire puiife produire des effets qui ne font pas moins utiles ou néceffaires , ou qu'il y ait d'autres moiens d'obtenir ce que l'on fe propoferoit en puniffant ; il eft clair , qu'alors rien n'oblige indifpenfablement à punir. :

&

2.

gens,

en

Un exemple

&

qu'ainfi

le puniffant.

du premier cas

il

que le Crime eft connu de très-peu de ou que même il feroit nuifible de le publier, penfée, que (2) Cice'ron difoit d'un certain Zeuc'eft lors

,

n'eft pas néceffaire

C'eft dans cette

,

,

qu'/7 ne faudroit peut - être pas

le laijfer échapper , fi une fois il étoit entre les mains pas néceffaire de le pourfuivre pour cet effet. 3. Le fécond cas fe voit dans l'exemple d'une perfonne , qui demande grâce en faveur de fes fervices , ou de ceux de fes Ancêtres , qui font tels qu'ils méritent récompenfe. Car, comme ledit Sene'que , (3) une Injure ejl effacée par un Bienfait. dernier cas a lieu , par exemple , lors que le Coupable s'eft cor4. Le troifiéme rigé fur une fîmple réprimande , ou qu'il a fait de bouche une fàtisfachon furïïfante à la perfonne ofrenfée , de forte qu'il n'eft plus befoin de punir pour ces

xis

,

de la Jujlice

,

mais qu'il

n' étoit

&

deux

fins. S.

&c.

In Vit. Cimon. Tom. I. pag. 4go. A. j*>A*<£e»T«?. Ed. Wech. G ROTI US. §. XXI. (1) Voicz là-deflus un fragment que Store e nous a confervé , Tit. de Magiftratu : (Serm.XLVI.) comme auffi la Harangue de Cice'bon pour Muréna; &le Traité de Sene'que, de la Clémence, fur la fin. Diodore de Sicile donne, au contraire, pour maxime , qu'il vaut mieux pardonner , que punir 'ZvyywHv Tiftwçû&ç a.'t»tTwri^x. In fragm. ( è Lib. XXI. Eclog. VIII.) St. Cyi-rien fe déclare auffi, au nom contre l'opinion de ces Philofophes des Chrétiens , Alia eft Pbilofopborum , eJT Stoïcorum , ratio qui dicunt , ornnia peccata paria ejj'e , cjf vinan gra-vem non :

:

1

.

.

.

Jnter Chriftianos autem , £
.

.

§. XXII. (1) L'Empereur Juliev , dans l'Eloge de qu'encore que quelcun ait dit , , bien mérité d'être puni , il n'eft pas pour cela abfolument nécefiaire de le faire périr: 'ovSl y»p si o-tpâfyz t-srtTr^ttoi rivh uirizrc&£ KoXcîÇecSxt tbts? ik Ttouni s «V«A£cS-«* xgtw- (Orat. III. pag'. 115. JB. Edit.

l'Impératrice Eujcbie

,

Spanh.)

Ceft-

GROTIUS.

(2) jQitem [Zeuxim] adduclum in judicium fortujje iimitti non oportuerit , conquiri vero , elici blanditiù ( ut

&

tuferibis ) ad judicium , necejj'e non fuit. Epift. ad Quint, I. Epift. IL Cap. 2.

fratr. Lib.

(5) Le paflage fe trouve dans le Traité des Bienfaits , Lib. VI. Cap. VI. mais l'Auteur a fuivi la plupart des Editions de fon tems , qui portoient : Sic bcneficium fnperveniens INJURIAM adparere non patitur au lieu qu'il y a dans les MSS. injuria , comme le demande néceffairement la fuite du difeours , félon la

&

remarque même de Juste Lipse, contemporain de Grotius. Ainfi le Philofophe veut dire, qu'une injure depuis par celui de qui l'on avoit reçu quelque , efface le mérite du bienfait. Ce qui n'a aucun avec le fujet dont il s'agit ici. Voiez ce que j'ai déjà remarqué fur Pufendorf, Droit de la Nat. des Gens, Liv. VIII. Chap. III. §. 16. Note 4. D'ailleurs , en regardant même comme véritable la manière de lire que nôtre Auteur a fuivie , le palfage ne feCar il s'agiroit d'un fervice renroit point a propos. du depuis l'injure faite , bénéficiant ftiper venions : or nôtre Auteur parle des fervices que le Coupable a déjà rendus avant que d'avoir commis le crime , des fervices même de fes Ancêtres. faite

fervice

rapport

&

&

KJ

(4)

Des

•g

Lïv.

Veines.

II.

Ch. XX.

h Clémence,

qui confifte à tenir (f) quitte entièrechofe ment de ia Peine. Car toute Peine, fur tout ù elle eft rigoureufe, a quelque ainfi la Raifon la Juftiee , du moins à la Charité de contraire par elle-même , finon à plus motif de Charité plus fort nous difpenle (6) aifément de punir , à moins qu'un jufte ne s'y oppofe. r il peut arriver de trois chofes l'une , ou que Ton foit dans une XXIII.

CefUà une

c.

(4) partie de

:

&

O

§.

obligation indilpenfable de punir

comme

,

(1) quand

il

s'agit

de Crimes dont l'exem-

il ne pardonne point. Belle fub Sase alors épargne, (3) difent les Stoïciens, mais Comme fi nous ne pouvions pas en parlant avec le Peuple qui eft le Maînous fervir du mot de pardonner pour exprimer ce qu'ils appellent tre des Langues Mais ici, & ailleurs une grande partie des raifonnemens de ceux de cette épargner. défaut qu'un Philofophe doit éviter fur Secte (4) le réduifoit à des difputes de mot ; remarqué. toutes chofes, comme (5) Aristote l'a plus de difficulté à dire, que l'on puilie pardonner , lors §. XXIV. t. Il paroît parce que le Législateur eft en quelque façon lié par qu'il (1) y a des Loix Pénales cela n'eft vrai qu'entant que l'on confidére le Législateur tomme (a) Mais Loix. fes (a) Voiez & non pas comme repréfentant l'Etat, & étant revêtu de toute fi-dcffus,Cftaj». Membre de l'Etat, IV. de ce Liremarqué ailleurs. Car en cette dernière qualité l'on autorité ; ainfi que nous l'avons

tilifcé

,

,

!

,

,

,

,

vre, §. 12. dans le Texte,

& dans Notes.

il

les

l'autre partie de la Gémcnce (4) On traitera de au paragraphe 36. Sage Juif, qui a comCe) C'eft de cela que parle le lorsqu'il dit, que le pote le Livre de la SapienCE, hx.um styxt QiXxv"On h7 doit être humain

Jufte



:

Cap. XII, 19. Grotius. que (6) Le Philofophe Sopatf.r dit,

îw*ov '

qui

Juftiee

la

dans

l'égalité

regarde

cette partie de

Contredis,

les

forte de grâce : mais que celqu'on ufe de douceur le qui confifte à punir fouffre

rejette

abfolument toute

&

j

peine. *$f , d'humanité, & qu'on relâche de la txtpevyi, zrx»rx
(Apud Stûb. Serm. XLVI. Tit. De même choie de la preMagiflrat.) Cice'ron penfc la des chomière forte de Juftiee quand il dit , qu'il y a régies du Droit ne perks desquelles matière en fes , Il safoit. ce que qui mettent pas de faire grâce à du paiement d'une Dette d'un de les Agiffoit r «»avérée. ? encore ?Z° pas jQp4 n'etoit mis , qui tmfencordia modanio non cnpio? non amicut fim ? non qiubmdam veor > Nemo magis : J'ai via jttrù ejutmodi *ft Quint. Fratr. in rébus, ut nîhil Jit loci gmtia. Epift.-** tfrm zrpv»*,>.

,

Dion

de Prv.je parle Et I. Epift. II. (Cap. IIL) qu'il cH dide l'autre forte de Juftiee , lors qu'il dk , ;.yepardonner: de gne d'un bon Gouverneur, 0»t ad Alexandrins. pAVORIN , adtc par lequel ou la Gmce ou la Clémence , un

Lib.

z^5

LW



définit

relâche à propos de

la

rigueur du droit: 'il iut?jtfâ»n rZro tstv » écarts **f&Hebf ,

yctÇts 5T*f* Ttïe mS-çÛttois

Grotius.

tyh«m.

XXIII. (1) Le Parricide, par exemple

"S

me

le

Nature

Joseph,

dit

&

de

pas le punir

viole

la Société

,

c'eft

les

pécher contre

7ra.rf0x.r0vU xoivôv kiv ùïumipct xett

A,»

.

.

.

y.ott

Jnd.Zft.XVIL

ui-

Cap.

de

la

,

:

(ÇvrtaiS

rv,\i

comde la ne

que,

forte

Nature

r'î.i

x.oXci?m, tthxii

qui

,

communs

droits

Humaine,-

>

rv»r o'rt >«" J«

Jpvrt». (Anttq.

VU. pag.j93.CO Grotius.

(2) dementia lïherttm arhibrium habet.

IL

Cap,

De Clem.

Lib.

VIL

(3) Farcit enim fapiens .... idem facit, quod Jî ignofeeret , nec ignofeit. Ibid. (4) C'eft ce qui a été remarqué par De finib. bon. fif mal. Lib. III. (Brut. Cap. XXXI. par le Lib. IV. Cap. III.) par Cap. I. , par d'autres anciens Auteurs. Scboliafie d'HoRACE ,

Cice'ron

Gahen

&

&

Grotius.

(0

Aie zTctvTiXvs IvXxllririo* ro7i etxXiKrtxoT? ro roiîit«, rà ttpôs tovvouu d'uiXiy&xt &c. Tûpic. Lib. I. Cap. XVII. (pag. 193. B. Tom.o l. Edit. Parif.) On trouve une penfée fcmblable dans l'Auteur de la Rhétorique adrejjéeà He'RENNIU-S: Nos tamen intelligatnus , vitiopropter nominum mutatioejj'c intendere controverjïam nem. Lib. IL Cap. XXVIII. Et dans St. Augustin: Nimi ffpe à te audivi , turpe eje difputantibw in verboor art , quum certamen nullumde rebut rum qiurftione i

fum

mm

Contra

rcmanferit.

Acadcmicos

,

( Lib. II.

Cap.

XL )

Grotius. §. XXIV.

(1) On peut faire ici deux queftions , que nôtre Auteur propofe dans fon Sparsio fi.orum ad Jus JUSTINIAN. Tit. De Ptenù, pag. 213. Edit. Amjl. La première eft, lequel des deux vaut mieux, ou de laiffer aux Juges la détermination des Peines pour le degré de chaque Crime, ou de régler le genre Punition par des Loix expreifes ? Nôtre Auteur, fans rien décider là-deiïïis , fc contente de remarquer , que le premier avoit lieu chez les Locriens au commencement mais Zaleuque (& non pas Stleucws , comme il y a ici, par une faute groffiére d'impreffion ) intro-, dnifit le dernier, ainfi que nous l'apprend Strabon ,. Geogr. Lib. VI. ( pag. 260. Ed. Parif. ) Pour moi , il

&

:

me femble moins,

qu'ici,

qu'il

fe

queftion eft,

fi

Souverains

,

comme

peut, les

ailleurs, on doit laiffer le L'autre à la liberté des Juges. qui ne font pas eux - mêmes

Juges,

peuvent décerner des Peines moindres Loix ? C"eft-à dire

celles qui font établies par les

pas dans les cas feulement où les Loix

mêmes

,

que

,

non

le leur

per-

L I v.

Des Peines.

II.

C H. XX.

79

Loix Pénales telle étant ta nature de toutes qu'elles dépendent de la Volonté Humaine & dans leur origiles Loix Humaines quoique li le Législateur abolit la Loi (ans de bonnes ne , & dans leur durée raifons, il pèche contre les régies du (b) Gouvernement, qui le rapportent à une .00 Voira Puis donc qu'il peut abolir toute la Loi, il peut auffi lui ûter^^f^; forte de Juitice. ou en certains cas particuliers, fans«*w.i. la force par rapport à certaines perfonnes qu'elle ceffe de ftibfîfter d'ailleurs, & cela à l'exemple de Dieu même, qui, félon il

même

peut

entièrement abolir

les

;

,

,

:

,

pas dépouillé de tout pouvoir à l'égard des Loix

remarque de Lactance, St. Augustin aux Hommes, mais s* eft refervé la liberté défaire grâce. aulii, après avoir remarqué, (3) que la PuiJJance Souveraine peut révoquer fa Sentence, ou lui pardonner ; en donne pour raifon abfoudre un Criminel condamné h mort (2) ne

la

s'ejl

qu'il a données

&

,

pouvoir de faire des Loix , riejl pas lui-même ajlreint à fuivre les Loix. Se ne que (4) confeille à Néron de fe mettre dans l'efprit, que chacun peut bien en tuer un autre , an mépris des Loix ; mais que lui feul peut fiuver la vie à un Homme ,

que

celui qui a le

malgré

Loix.

les

de bonnes raifons, comme je c'eft ce qu'on ne fauroit déMais on peut afiïirer qu'elles doivent terminer en général d'une manière précife. que lors qu'il n'y en lors qu'il y avoit déjà des Loix Pénales être plus fortes les raifons de punir font renforcées avoit point ; parce que , dans le premier cas par l'utilité manifefte de maintenir l'autorité de la Loi

ne faut pourtant pas ufer de ce droit,

2. Il

viens de l'inlinuer.

De

dire

,

fans

quelles font ces raifons

,

,

,

,

§.

permettent ("car alors il n'y a point de difficulté) maïs Sur quoi nôtre Audans tous les cas fans exception. teur dit, qu'on donne ordinairement ce pouvoir aux Juges du premier ordre ; & il allègue là-defius l'exemle Sénat pouvoit ple des Romains , parmi lefquels adoucir la rigueuir des Loix. Voiez augmenter , fur ce fait, la Differtation de Mr-, Sghulttng, De Recufatione Judicis , Cap. VII. §. ?. Cela fuppofe, comme il eit vrai t qu'un Juge Subalterne ne peut , comni me tel , fnnS y gtlë BUtorifé par le Souverain , augmenter , ni diminuer la Peine , lors qu'elle eft bien déterminée par les Loix, Judex peccatis ventant dare non poteft , quia vo( - ) luntati fervit aliénée, DEUS mitent pot eft , quia eft legis quam quum poneret , non ftue ipfe difeeptator çff judex : utique udemit Jïbi omnem poteftatem , j'ed habet ignofeendi licetitiam. De Ira Dei , Cap. XIX. num. 9. (5) Imperatori licet revocare fententiatn , &f reitm mortis abfolvere , £f ipfi ignofeere : quia non eft fubjeclus leSïMMAQUE gibtv , qui habet in poteft ate leges ferre. dit , que les Magiftrats Subalternes ne peuvent condamner à des peines moins rigoureufes , que celles qui font portées par les Loix , fans fe rendre fufpetts de corruption mais que les Souverains , en adouciffant la qui eft rigueur des Loix Pénales, font une chofe qui eft digne d'eux : Alia eft enint en leur pouvoir , quorum corrupta> videntur ejfe conditio jVIagiflratuwn , alia Divorum Princifententiœ , Ji Jint legihits mitiores : \nim poteftas , quos decet acrimoniam feveri juris inf.ctleL'Orateur Thf.'.mistil'S rere. Lib. X. Epift. LXIII. marque aufii cette différence qu'il y a entre le Souveles Juges, Orat. V. (pag. 227, 22g. Edit.Hard.) rain ,

&

&

&

:

&

&

&

Srotius. Traité de St. Aurapporte au comqu'il ne s tienne deCujAS, qui citant le paffage plus au long Obferv. XX. 22. ) le donne comme étant d'un Traité h Fato , que l'on ne trouve pourtant point parmi les ,

d'où

mencement de

il

le

a tiré les paroles qu'il

cette

Note

;

mais

je

ne doute pas

II

eft

bon de faire remarquer ici la manière dont les Au-

fenfible de

&

teurs fe copient les uns les autres , fans dire mot , s'expofent par là imprudemment à adopter perpétuer car j'ai trouvé les paroles , dont il les fautes d'autrui fous le même s'agit , citées de la même manière , nom , par Arnisaus , De Republica , pag. 271 , 272.

&

:

&

Code Justinien, Leg. XV. par Jaqlts Godefroi, Tit. De Punis fon Fils, (in Cod. Thf.odos. Tom. III. pag. 307.) Et par CyriacuS Lentulus, in Aiiguft. pag. 149. je ne doute pas que bien d'autres n'aient fait la même par

Denys Godefroi,

fur

le

,

Il y a grande apchofe , après quelcun de ceux-ci. parence que Cujas, fur la foi de qui on s'eft repoou changé fé , a ou mis un Auteur pour un autre, fans y penfer le titre de l'Ouvrage de St. Augustin, d'où il avoit tiré le paffage. Je vois quelque chofe d'approchant dans une Lettre que ce Père écrivit an où exhortant les Donatiftes à nom de fon Clergé , conférer avec les Evéques du Parti dominant, il leur confeille de préfenter enfuite à l'Empereur lui-même le afin qu'il en juge , parce réfnltat de la Conférence , que les Juges ordinaires ne peuvent que fuivre les Qiumto melim eniyn hoc inter Loix établies contr'eux fubfcriptum vos facitis , ut quoi egeritis , confcriptnm Imperatori mittatis , quùm ut hoc apud terrenas Poteftaqua non pojjunt , ni/: jaw datis contra vos Letes fiât , Qiianto ergo milita ipfe Impegilms favite ? rutor , qui non EST EISDEm Lf.GIBUS SUBOITUS, ET QUI HABET IN POTESTATE ALIAS Lf.GES FER,

&

:

&

RE

,

quum

ei

collatio veftra

fuerit recitata

de tota ipfa

,

&c. Epift. LXVIIL Pour ce qui du paffage de l'Orateur The'mistius que nôtre Auteur indique , on le trouvera rapporté tout du long, dans Pufendorf, Droit de la Nat. ç$ des Gens, Liv. VIII. Chap. III. §. 17. Note I. (4) Occiiiere , contra legem , nemo non poteft ; fervare, nemo , prêter me. De Clément. Lib. I. Lap. V. eaujfa poterit judicare

eft

Nôtre Auteur ne marque point

BUSTiN

Oeuvres de ce Père.

un exemple bien

XXV.

,

§.

XXV.

,

Des

go

XXV.

§.

Les font ou i.

L I V.

Peines.

II.

C H. XX.

raifons qui autorifent à exempter quelcun des Peines porcées

ou extérieures c'eit-a-dire tirées ou de la nature ou de quelque circonftance qui n'y a point de rapport. par 2. Lors que la Peine fer oit, finon injuite, du moins trop rigoureufe, (i) rapport au fait dont il s'agit, c'eft une raijon intérieure de ne pas punir. §. XXVI. I. Les raifous extérieures fe tirent de quelque fervice rendu par le Coupable, ou de quelque autre chofe (i) qui le rend recommandable ; ou même des Ces fortes de raifons font fur tout de grandes efpérances qu'il donne pour l'avenir. grand poids pour engager à pardonner lors que le but ou le motif de la Loi cefCar quoi qu'il fuffife fe, du moins (2) en particulier, dans le fait dont il s'agit. pour maintenir la Loi en force & vigueur, que (3) la raifon générale, pourquoi

par

la

Loi

,

même de la chofe dont

intérieures il

s'agit

,

,

,

,

,

fubfifte , fans être combattue par une raifon contraire , cependant défaut de l'inconvénient que le Législateur a eu en vue de prévenir , encore même qu'il ne celle pas d'avoir lieu en général, fait que (4) l'on peut exempter de fans commettre beaucoup fon autorité. la Loi plus aifément,

elle a été établie

:

le

&

Cela a lieu fur tout en matière de fautes commifes par ignorance quoique l'ignorance ne foit pas entièrement inexculàble ou par une foiblefle furmontable à Circonitances , auxquelles un Souvela vérité , mais non fans beaucoup de peine rain , qui fait profeffion du Chriltianifme , doit avoir beaucoup d'égard pour imiLévitiq, (a) ter Dieu, qui, fous l'Ancienne Alliance, (a) fe contentoit de quelques Victimes Chapp.IV. & qui fous la Noupour l'expiation d'un grand nombre de Péchez de cette nature ; V. par des déclarations expreîfes par des exema (b) témoigné velle Alliance (b) Luc, 2.

,

;

:

,

&

&

,

XXIII

,

,

&

pardonner , moiennant une férieufe repentance. La ples /. Timoth. conlidération des paroles que Notre Seigneur dit fur la Croix (c) Père , pardonneI, IJ. Jlébr. IV,IÎ-V,2 leur car ils ne favait ce qu'ils font porta (d) Tiiéodofe à ne pas punir les Habitans (c) Luc, ce fut de ce palfage que fe fervit XXIII 54- d'Antioche de l'outrage qu'ils lui avoient fait (d) Voiez- principalement Flavien, Evêque de cette Ville, pour appaifer la colère de l'Empeen l'hiftoirc comme le remarque (e) St. Chrysostôme. dans Zonure. reur (c) Onrt. §. XXVII. De ce que nous venons d'établir , ilparoit, que Vasquez fe trompe XX. De Stade dire (a) , qu'il n'y a point d'autre caufe légitime de difpenièr d'une Loi , que fort tuts. que fi on avoit confulté le Législateur il auroit ré(a) ///«/" celles qui font de telle nature Confr. Lib. I. pondu que fon intention n'étoit pas de faire obferver la Loi en de pareils cas. Ce ,

54-

qu'il elt très-difpofé à les

,

,

,•

,

:

,

&

,

,

.

Cap.

,

,

,

XXVI.

§.

XXV.

(1)

Par exemple,

fi

dans

un

Pais où la

&

cft défendue fous des peines très - rigoureufes corporelles, un Jeune Homme étourdi, ou une perfonne qui n'a Se ne peut avoir pour l'heure rien autre chofe à manger, tuoit un Lièvre qui paiïe fur Il y a des endroits, où l'on condamne fon chemin.

ChalTe

même

à être pendu , pour une fomme allez modiquelcun réduit à une extrême pauvreté fans qu'il y eût de fa faute , avoit volé une telle fomme ; la démenil y auroit de la dureté à le faire mourir ée voudroit qu'on changeât & adoucît du moins la peine , fans que pourtant on fût obligé pour ce cas feul ou autres fcmblables , à réformer entièrement la Loi. Voiez pourtant ce que dit Puff.Ndorf , dans le Chapitre qui répond à celui-ci, §. 17. §. XXVI. (1) Voiez Tiraoueau, De PœnU temCovarruvias > perctmi. Cauf. JO. Vuï. Refol. IL 9.

un Voleur

que

:

fi

:

&

(2) C'eft - à - dire , par rapport à la perfonne qui a quelque chofe contre la Loi , non pas par rapport à tout autre qui auroit violé la Loi dans le même tems.

&

Fait

(j)

Pufendorf,

& d'autres après'lui

,

entendent par

&

la volonté du Législateur. là l'autorité Ils fe tromCette raifon générale n'eft antre chofe que la pent. raifon particulière de la Loi, confidérée comme aianfe toujours lieu en général , quoi qu'elle cclTc en certains] cas à l'égard de telle ou telle perfonne en particulier ;

comme

dans l'exemple des Loix Sowptuaircs , qu'on allègue , la raifon générale fubfifte , tant que les Citoien^ en général ne font pas afiez riches pour faire , fana s'incommoder , les dépenfes qu'on leur défend ; encore qu'il pniffe y avoir quelques Particuliers fort riches Au refte , afi| pour qui ces dépenfes ne font rien. que cet exemple foit bien appliqué ici , il faut fuppoj fer que la peine des Loix Somptuaires foit corporelle OU confifte dans quelque autre chofe de fort fcnfibM car fi elle fe réduit , comme cela a lia aux Riches ordinairement , à quelque amende pécuniaire , comm| un homme extrêmement riche ne fera pas plus incoir mode de l'amende impofée par la Loi , que des dépeij fes défendues , ce feroit au contraire une raifon poï aggraver la peine à fon égard , de peur que la facili^ de violer la Loi ne le portât à en donner de fréquel exemples. a ramnfie là-ileflus bien des chJ (4) :

Giatun



Des

L I V.

Peines.

C H. XX.

IL

81

Jurifconfulte ne difh'ngue point entre une interprétation favorable félon les régies de l'Equité, une indulgence par laquelle on relâche de la Loi. D'où vient qu'ail-

&

blâme Thomas d'Aquin, Se Dominique Soto, de ce qu'ils difent que . 00 &*• encore même que la raifon de la Loi celle en particulier ; comme la Loi oblige «s'ils avoient cru que la Loi ne renferme autre chofe que ce qui eit écrit ; penfée qui ne leur eit jamais venue dans l'efprit. proprement ainfi nom2. Bien loin que ce foit expliquer la Loi félon l'Equité mée toutes les fois qu'on relâche de la Loi ce que fouvent on eit libre de faire ou de ne pas faire comme on le juge à propos lors même que les régies de la obligent à relâcher de la Loi celles du Gouvernement de l'Etat Charité ceCar autre chofe la ne peut point être rapporté à l'interprétation félon l'Equité. bonnes raifons, pour de ou même pour des raifons eft, de difpenlèr de la Loi prenantes ; autre chofe de déclarer qu'un certain fait n'a jamais été compris dans l'intention de la Loi. Voions §. XXVIII. i. Voila pour ce qui regarde l'exemtion des Peines. maintenant quelle proportion on doit fuivre en les infligeant. que dans toute Punition on 2. Il paroît par ce que nous avons dit ci-delfus & au but que l'on fe propoiè a égard à deux choies à la raifon pourquoi on punit en puniffant La raifon pourquoi on punit c'eft que le Coupable le mérite. Le but que l'on fe propofe en puniifant c'elt l'utilité qui peut revenir de la punition. 3. Il ne faut punir perfonne au delà de ce qu'il mérite; c'eft la maxime d'Horace, que nous avons déjà (a) alléguée, & que plulîeurs (i) autres Auteurs an- (a) Ci-defciens pofent pour confiante. Mais on peut punir un Coupable moins qu'il ne le fns f 2 mérite félon qu'il paroît cela en forte qu'on diminue plus ou moins la peine plus ou moins avantageux d'en ufer ainii. §. XXIX. i. Pour lavoir jusqu'où un Coupable mérite d'être puni, il faut examiner i. le (i) motif qui l'a porté au Crime. 2. Le motif, qui auroit dû l'en détourner. 3. Et enfiri la difpofition qu'il avoit ou à s'en abftenir ou à le comleurs (b)

il

,

,

,

,

:

&

,

,

&

,

,

,

,

,

,

,

,

,

-

»

&

,

,

,

mettre. 2. Il

n'y a guéres

plâilir à faire le

maine

c'eft

,

mal

une

d'Homme pour' le

qui

mal

foit

méchant de gaieté de cœur

même

,

La

elpéce de monltre.

&

:

pafTe les bornes ordinaires

il

plupart des

Hommes

fi quelcun prend de la Malice Hu-

ibnt portez à pécher pai-

utiles, dans cette partie qu'il a compilée, Cauf.

res

que T I U

du I.

Droit

Canoni-

VII.

Qttic.fi.

G

pable

R o-

t

des Peines: Eft. feilievt utriusque rei [praepoenx ) rnodus , Jtcttt reliqiiarttm ; £
ture

me

,

un

certain point

ftXfloi yivKS

ts

aller

Y,fjtZi

,

:

,

au delà

Jëro yxç sivxi

t<

Içtv

duquel Cnïp

la

?*,<;

toiç x/nx^rëa-t

.

tS

^£.9-'



o

oÇyr,v. Orat. Lcuclr. I. (l'ont. FJit. Paul. Steph. De'mosthe'ne dit, que l'égalité requife dans la Punition ne confîfte pas .

pag. 94.

'

,

uo-rsp

vwtç

u%

t/zrlç

xh\

Duc de BourLiv. \rdin ,

1

u

S.

§. XXIX. (1) St. Chrysostôme dit, que tout Péqu'on doit puché ne mérite pas la même peine , nir plus rigoureufement ceux dont il étoit plus facile de fe corriger de s'abftcnir 'Ov yxç $$ zrxv x/uxph/ucc. tkv xvrr,» ÇÎçss xt\x
&

:

>

Trfsrov-9-oT©»

Amplement la Peine avec le Crime , comen matière de Poids & de Mefures ; mais qu'il faut même tems le deifein ce le délir du Cou-

Qxtb

dans une Harangue au , rapportée par François Guicci

&

G

à comparer

me

T

vengeance tpvirsuç

htô»

cx»vxft:vei

XVII. ( pag. J87 , éy fidv. de l'Original , Edit. de Genève, 1645.) Et conférez ce que nous avons dit dans le §. 2. de ce Chapitre, aufli bien que ce que nous dirons ci -défions, Liv. ML. Chap. XI. §. 1. G R o-

,

çrjvxi tjjk

II

bon,

DïGBST. Lib. XLVIII. Tit. XIX. De Fcenis Leg. L'Orateur Aristide a remarqué, que la NaHumaine demande qu'il y ait , dans chaque Cri-

ne doit point

-autii

tircy

«9

paux de Milan

&

XLI.

rxZrx

Pro LyvaXtliix? fitsXipsvei. curg. liberis , Epift. III. ( pag. 114. B.) Voiez les raifonnemens judicieux que font fur ce fujet les Princi-

l'infliiftion

mii

ro

nirçan ro

arçoxiçés-'âiiç

drS'çÙ)*

XXVIII. (1) Cice'ron dit, qu'il y a une cermefnre, une certaine médiocrité à garder dans

§.

taine

'Eflx.

:

rxB-uZi/ y

S.

-

Homicide.

Grotius.

coniidérer en

Tom.

II.

L

(O

Des

82 (a) Chnp. verf. 15.

Par far

Jaques,

St.

mot de

le

L

Peines.

Lors que

par leurs Pallions.

I.

Déftr Défir

I

V.

enfante

il

,

Bêché

le

non ieulement feulement

j'entens ici

,

C H. XX.

IL

a conçu

Défir

le

dit (a) l'Apôtre

,

que

ce

l'on

appelle

mais encore ce mouvement intérieur qui nous porte à éviter le Mal; mouvement le plus naturel de tous, & qui eft par conféquerit de tous les Défirs C'eft pourquoi les Actions Injultes que l'on commet le plus honnête. pour i» garantir de la Mort , de la Prifon , des Douleurs , ou d'urne extrême Pauvreté palTent ordinairement pour les plus excufables. // eft raipmnable , difoit autrefois d'ordinaire

airrfi

,

,

De'mosthe'ne,

d'être irrité davantage contre ceux qui vivant dans l'abondance ne pas d'être méchans , que contre ceux que la Pauvreté rend tels. Car , dans Veflrit des perjbnnes qui jugent humainement , la nécejjîtê mérite quelque indulgence j au lieu qu'un Ra\he méchant n\i aucune ombre d'excnfe valable. P o L Y B E excufe les Acarnaniens ,

(2)

laiffent

de ce que, par la crainte d'un péril dont ils étaient menacez, ils n'avoient (3) pas exécuté les articles d'un Traité conclu avec les Grecs contre les Etoliens. L'Iutempérance eft, félon (4) A R I s T O T E , plus volontaire , que la Timidité ou la Lâchecar la première a pour principe P amour du Plaifr , au lieu que l'autre ejl produite par té la crainte de la Douleur. Or la Douleur (5) met celui qui la foujfre hors de [on af:

naturelle

fiette

de

tel

à fa

tend

fë?

,

donc

fe porte

on

}

dejlrutlion

du

privation

la

:

volontairement

(6) plrn

à

Plaijir

rechercher

ne

produit

celui-ci

,

rien

qu'à fuir

l'autre. 3. Les autres Défirs ont pour objet quelque Bien, ou réel, ou imaginaire. Les Vertus & les actions qu'elles produifent font des Biens réels , qui ne portent jamais à pécher ; car toutes (7) les Vertus fe tiennent , pour ainfi dire par la main. Mais il y a d'autres Biens réels qui peuvent entraîner au mal & qui font ou Agréables , ou de nature à procurer les Agréables ; & ceux-ci on les appelle des Biens Utiles, telle qu'eit l'abondance des choies que l'on poiléde. font la Vengean4. Les Biens Imaginaires , (8) ou qui ne font pas de vrais Biens les diftinctions qui nous élèvent au deiïus des autres, entant qu'elles n'ont auce cune ,

,

,

,

,

,

&

,

(2) C'eft dans la première Harangue contre EtienKxt /£>})> à xvops? AB-rjvccïot iam)îsov xijtov oçytùaç t%av roïç (Atr tv7roçi*s novvjPoïs , rot? ftsr ivcfsixç. ne

x

•'

,

,

jj

rot? ju.h yuf> jj t7,s xçetctç xvxyxyi (fîfjt ttx^x rois siv&ÇM7rii/6)Ç XoytCJ o/u.svots ' ôv o\

[email protected]

iu
jrcvnPoi

,

rivet iv

zrçôtpxc-tv

aa'i/t.cia.v

,

i* zrsptxtrixs aix.tx.txv

,

é%,otsv

xv tiTTuv. Pag.
L'Hiftorien qu'encore que les Acarnaniens euffent été excufables , autant que quel autre Peuple que ce fût , d'ufer de délais , de chercher h éviter la Guerre avec les Etoliens , leurs Voifins , de la part de qui ils avoient beaucoup à craindre ; cependant, les Ambaifadeurs des autres Peuples de la Grèce, leurs Alliés , s'étant adreffez premièrement à eux , ils confirmèrent d'abord , franchement fans balancer , la réfolution prife dans l'Affemblée générale; en cette occalion , comme en toute autre , la vue de leur dit

au contraire

,

,

&

&

&

devoir

fit

danger

:

Tftx.vPu
Axxçyxvis

o< J[ >£

,

rov

oïotôtrt

Aft\x /xot

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[email protected]*' tZv cc7ro

>

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AtJaXotÇ. x.xt7rtp

o-vyyvunw t%,uv S-c/\%

eux

plus d'impreffion fur

>

rov

ooy.isc-tv

,

,

,

que

rô re aeynx yv^tuç

%û?xç il xxï

ttoXijxov rtcrtv

tricot?, èixxtov

viriçriS-i/x'-vots tù xxry./t'Jfit.iso-t

,

%

r,v

xx-

x-no ruv ccç-vystJcvMv TZÔXIUOV et

yv^rtci ruv xvdçuv

Ax-xpvS,

ozriP Ext^y/Jûiv

trvvi-

i^y,viyy.xv roïç

>

>t,

zoizrolî 7rsçt 7r/\stov(^ aB-ev 7rotticS'xi

iA.tx.Pa.?

du

la crainte

yirlov

s?

,

iv

rot; 7rXstç6ts KxtPois

evPto-Kovlxt

àixlervi^xorsç

oP/uuy-iio. à\vvx^ia>; &.C.

pag. 41 5. Ed. Amjlel.

,

ftiv

to j

,

Exisffico

yup

xx9-y,xav,

ioaos

y.xi

Lib.IV. Cap.

7rsç

XXX.

f.xX^ov fotxsv

'j

*j

1

à ! y,oo.y,v x^

(Qsvxliv.

y j o'tx Xiitt/i»

,

/u.iv

y,

sxvn»)

i^isJiri

'

& Marc Anton

§.7. Note 7. delà 2. Edit] Plutarquf comparant Romulw avec Tbefue, en ce que le premier tua fou Frère, l'autre fou Fils; trouve TbcfJe plus excufable , parce qu'il fut pouffé à cet excès de colère par des mouvemens plus forts auxquels peu de perfonnes font capables de rélifter , lavoir, l'amour, la jalonne, la crédulité pour les faux rapports d'une Femme 'h $ï xtv.'rxcx ro\

&

&

,

:

B-0/A.ov
f.tx)£sOV

TtxPXtliirxt rov

utrTSi^

zr/\tiyr,ç

xxï.î-jwltçxi

vTto

7rçoS rov vtov

Ç)y,(Tix ot

7titptvyx
Îçùjs

,

,

x

l'hef.

vno

f,isîÇ[email protected]^ xir:xç t

xvx1>\xt;Ivtx

j

....

r*v ovruv ctxotxÇcXxt yv>xtx.os {pag. 38. A. Tom. I.

7rx/u.7rxv of\tyot

X3 Cj)}\orv7rtx

,

Comparât

'te-èpriXxv.

Ed. IVech.)

&

,

Rom.

*$

Grotius.

Porphyre,

que nôtre Auteur Le Philofophe y dit, qu'un confervation , ou pour celle de fes Enfans , ou de fa Patrie, prend le bien d'autrui ou ravage un Pais, ou faccage une Ville, peut s'excuVoici

xont] Xj y.xr



xko'axvIx r?* iïnXÎ&i. uv ro /xh xtçsrov, tCj Çênçit rr,v t« afov rotSrov %oisi i)C«vr'$)- q>v
(4)

tj

qualifie

Homme

le

paffage

injignis

,

qui

,

lociu.

pour

fer fur la néceffité

qui feroit

les

de

,

fa

mais que celui qui l'y a réduit chofes pour s'enrichir , ou pour :

mêmes

vivre

,

LlV.

Des Peines. Giine liaifon avec la Vertu,

de

Nature L'Apôtre

la

,

S.

&

plus

St.

Jean

de

concupifcence

i'a

'

&

83

Plus ces Biens s'éloignent

honteux de les rechercher. exprime les délirs de ces trois Teux

des

concupifcence

Chair, la

mouvemens de

les

(b)

Ch. XX.

II.

Utilité réelle.

Chair renferme le défir

concupifcence de la le défir d'avoir:

eit

il

ou avec une

des Plaifirs

comprend la Philon juif, dit

V Orgueil de

,

fortes de Biens, par la

l'Orgueil de

la

pour

maux

M

la

Yeux

eft

&

vaine gloire,

la

(9) que tous les

,

Car

vie.

des

la concupifcence

:

pallion

la vie

la Colère.

&

,

viennent

ou du défir de la Gloire, ou du défir des Plaifirs. , Il y a une raifon générale, qui doit détourner du Crime, c'eft la Car il ne s'agit pas ici de toute forte confidération de l'injuitice qu'il renferme. de Péchez , mais feulement de ceux dont l'effet ne fe borne pas à la perfonne

ou du défir des

XXX.

§.

EJchejfes

1.

même

du Coupable. plus l'injuitice eft grande. Ainfi il faut Plus on caufe de dommage à autrui enfuite ceux qui aiant été commenmettre au premier rang les Crimes achevez Les derniers font plus ou moins cez n'ont pas été poutléz jusqu'au dernier acte. félon que l'exécution imparfaite a plus ou moins approché de la fin. atroces des autres, ceux où il y a le plus d'injuftice, ce font 3. En matière des uns qui par là nuifent à un grand nombre de ceux qui troublent l'Ordre Public Les Crimes qui regardent les Particuliers viennent après. Et ici les plus gens. grands font ceux qui tendent à dépouiller quelcun de la Vie enfuite ceux qui 2.

,

& &

,

,

,

&

,

&

,

:

troublent les Familles dont le fondement eit le Mariage enfin ceux par lesquels on nuit à autrui à l'égard des biens particuliers dont la poifeflion eft défirable , foit en prenant directement queicune de ces fortes de chofes , ou en caufant du dommage a leur égard de propos délibéré. plus détaillées mais celle que 4. On pourroit donner des diviiions plus exactes ,

:

&

:

nous venons de faire eit conforme à l'ordre que Dieu même a fuivi dans le DécaloMères , qui font les Magiftrats naturels , il faut Car fous le nom des Pérès gue.

&

enten-

vivre dans le luxe

& dans

fatisfaire des défirf

déréglez

regardé pérant eft

&

jus)

t'y,?

les délices,

en un mot peur

de chofes non-néceffaires infociable , un intem-

comme un homme

un xùri

fcélérat

Q,
:

a-MTr,çtu; ivskx

,

iv

x&^ûram ,

t-zs

axihwv

jtj

,

jj

à

Tfxr^ià^-

,

yjr.ftxlx rtvûv zrxpxtÇx/iisv(S>~ , ij zû^x» £sr£ boUv , ££« [ c'eft ainii qu'il faut lire , à mon avis ,



\x xvty,v "xxçx Qvctv

'

lieu

iç"
de 'i%tn 3 tvçopz i

Uct

!,

txutx

ê~çx etec zrhirav

T *s xhxixt i}

xôçov

,

r>i>

xvxyxw

Yjoonxi rçvÇia-

ij

xvxyxxiuv zroçiÇ of/.:ti(&j WsriB-vtù, zrovYieô?. y$ xxçxrys , M«âv, xy.ty-l<&' tiwti eoKîï Le Traducteur de Pag. 291 , 292. Ed. Lugd. 1620. moi Edition, FRANqOiS DE Fogf.ROllES , traduit plafamment demie fer regionem £jf ttrbem incedens &c. aut regionem vel urbem vuftaret &c. Ce qui foit pov.r pour donner un exemple des bédit en pairant , vues de cet Interprète , qui ne font pas en petit nomtrx;

k cùx^hYiÇÛTtis

ax.

l

-,

:

,

bre.

(ç) entre

Voiez

la

belle

un Larron,

&

comparaifon que Salomon fait un Adultère, PROVERB. Chap.

Grotius. Vl.verf. 50, çjf fuiv. (5) PhilON, Juif, remarque, que toutes les Paffions à la vérité mettent l'Ame hors de Ton afliette font une efpéce de maladie ; mais qu'il naturelle , de plus dangereufe , n'y en a point de plus forte que la Convoitife : parce qu'elle eft la feule qui a fa dans nôtre volonÉoutceldans notre propre cœur, ainii dité , au lieu que les autres viennent , pour entrent comme malgré nous : du dehors , re ,

&

&

&

&

Uxi * fMt yxç

TÎjî

^vtâs

zwS-n %x\izrx

,

Ktuënx

t%t3-vfAtx



îzreiirtov,

'

KÇotnwtlov

%xXe-

vytxun» ax e*tnx

k.

e£tv$-i*

fiiv

,

ÙKts
Grotius.

'

au

,

ho ram

xfoav ixmçoi 0-vçxûe» smxi oox.eî' f.10xj ijit.uv Xxp£xtst , vtj oX tuft (srtS-Vf.ux tyiv xçx,y,\i * I èçiv iy.i
qui

celui

xÇstx;

al

'fXoflx, §. 12 Ç.

maxime

une

C'eft

(7)

que

une

a

zrxo-xs

des

Stoïciens, qui ajoutent

feule Vertu

xptxxc^hB'sii/

XÎyao-i»

£££<»•

(8) Sene'q^uf. dit,

,

a toutes

les

xxsjhxtç

ri

,

DlOGEN. LAERT. que ces

defirs

:

Txs

tov fxîxt Lib. VII.

nez des fauffes

,

n'ont point de fin: Naturalia ex falfa opiuione vafeentia , ttbi dejiEpift. nant , non habent. nu/lus enim terminus fa/fo eft. XVI. Voiez les réflexions morales de St. CHRYSOStôme , fur Romains, VI. fur la II. aux Corinthiens, XI, 12. fur les Ephéfiens , I, 14. Grotius. (9) Le partage a été rapporté ci-dclTus , avec plufieurs chofes qui le précédent , Liv. I. Ckap IL §. g. mon. 9. Note 45. Nôtre Auteur citoit encore ici un paffage de Lactance , où ce Père dit, que prefque toutes les Mauvaifes Actions toutes les Injuftices viennent ou de la Colère , ou de l'avidité des Défirs , ou de l'amour de la Volonté : Virtw eft. , iram cohibeidées qu'on

s'eft

dejîdeviu fiv.ita

faites,

Junt

:

&

.

&

re

,•

enim jitfti

cupiditatem ,

cotnpefccre

vitium fugere. atque improbè, ab

,•

libiditiem

Nam ferè

refrenare.

omnia

,

qnœ

id eft

fiunt in-

oriuntur adfecfibtif.

bis

Inftit.

Divin. Lib. VI. Cap. V. num. 15.

x}

L

3

§.

XXX.

(b) /./«*> »

1(*.

,

,

&*s

84

LI

Peines.

C H. XX.

IL

V.

Conducteurs , dont l'autorité fert à entretenir la Société HumaiL'Homicide eft enfuite défendu dans le Décalogue ; après cela l'Adultère ; pui s ne. les Péchez qui ne font pas accomplis. les FaufTetez ; enfin le Larcin f. Au relie , il faut mettre au rang des raifons qui auroient dû détourner du Crime , non feulement la confidération de la nature de ce que Ton fait directement mais encore celle des fuites qu'il peut vraifemblablement avoir. Ainii quand il s'agit d'un Incendie , ou d'une Digue lâchée , on doit avoir égard à la mort ou aux grandes pertes auxquelles une infinité de gens font expofez par là. dont nous avons dit que la confidération eft le motif général qui doit 6. L'injuftice détourner du mal le trouve quelquefois accompagnée (1) de quelque autre chofe de qui aggrave le Crime , comme d'un manque d'affection envers les Père 8c vicieux entendre

les autres

&

,

,

,

,

,

,

Mère, d'inhumanité envers

Parens, d'ingratitude envers les Bienfaiteurs. fe montre auflî par là plus coupable , parce qu'une Et de là ilparoît, jufqu'où JVlauvaife Habitude eft pire qu'un acte unique. comment l'Equité Naturelle permet de faire entrer dans Peitimation du Crime, (3) la vie fes

Celui qui a (2) péché fouvent

7.

&

du Coupable

pafTée

comme

;

cela (4) fe pratiquoit autrefois

peut bien fuivre cette maxime

parmi

On

les Perfes.

quand il s'agit de quelcun qui n'étant pas d'ailleurs méchant s'eft laiflë furprendre aux attraits du Crime mais non pas à l'égard de ceux Dieu même en parlant de ceux qui font qui ont entièrement changé de conduite. >«K tels, déclare par la bouche (a) d'EzE'cHiEL, qu'il n'a aucun égard à leur vie pafvtri fée: & on peut leur appliquer ce que dit Thucydide; (j) Ils méritait une double ,

,

,

:

,

XVIII 24

ptmU §. XXX. (i) Il y a ici, dans l'Original, une petite Note , où l'on trouve une plaifante faute d'écriture. La voici Vide locum injïgnem in Lueœ verbis , upud Xiphiunum ex Dione. C'eft ce que porte l'Edition de 1642. la dernière avant la mort de l'Auteur ; & celle de 16+6. qui la fuivit, y eft auffi conforme. Dans les dernières Editions , comme on ne favoit ce que vouloit dire ce Lucœ , on l'a changé en I.ucii'-, & :

parce

Xiphjiin

que

Empereurs, on

a réduit

abrégé

ci;

mis vita, au

a

voit avoir eu la bonté d'ajouter

les

Vies

(?es

On

lieu de verbis. ,

qui eft ce Luciur

de-

&

;

en quel endroit l'Abréviateur a écrit fa vie. Ou pluil falloit laifler verbis , chercher des paroles qui dam le difeours de quelcun, ail fujet, dont le nom eût été confondu par mégarde avec celui de Luc. Je crois l'avoir trouvé. Marc Antonin aiant appris la révolte de Cqfftw fait un beau difeours

&

tôt

convinflent

,

,3 il

53 33 y,

y^

&

leur dit entr'autres ehofes , pas bien fâcheux , d'être réduit à foûtenir guerre

à fts Soldats



:

fur guerre ? N'eft-il pas étrange , de fe vofr engagé à une Guerre Civile ? Mais n'eft - il pas encore plus fâcheux , plus étrange , de voir qu'il n'y a

&

&

&

de fidélité parmi les Hommes ; que celui je regardois comme le meilleur de mes Amis, foûléve contre moi, me met dans la néccfiïté de prendre malgré moi les armes contre lui, fans plus

que

&

33 fe



" N'eft-

33

que

33

ni

lui

je

jamais

aie

fait

la

lias

manqué en quoi que ce 7ïoXit*oiç quxç yxç X ctu/ov

&-xi

;

,

ET»?

e/[

yx,

7TWS Ù*. CtftÇÔTtÇX civ zrtçc» V7to

tk

tv

1

utotûv

>



>£ OSlK>T))ll

civêçâzroi;


>

tÙ,

suai

,

j

moindre foit 'ex.

à

i/xQvAiu) >£ XT07TIX

x)&

ch xyiwx

injuftice



HXU ,

t7rikt<5isAsv
XX-WIOV

,

égard ?

fon

z:oKîfAM

TO

5

/«•>}-

rs ni

xxB-içcccB'cci

>

Pag. 277. tujri ri r,^x.r,K9ru » fuiri rt srszrXïiftfA.iXrix.oTa. B. C. Edit. H. Stefb. Il dit plus bas , que Cnjjim a vio'>

de l'Amitié , ÇtXt'xv vmpÇxflx. Pag. 278. Voilà qui quadre parfaitement bien au but de nôtre Auteur , qui eft de faire voir , qu'il y a des- circonftances , tirées de la perfonne même du Coupable lé

D.

les droits

Et rendent fon crime plus odieux. de concevoir, comment la faute

qui

n'eft

il

pas

d'écriture, peu: - être celui qui copia fes Notes, lors qu'il les envoioit aux aura Imprimeurs) en voulant mettre in Marci verbis confondu le nom d'un Evangélifte avec celui d'un autre. Ces noms , qui lui étoient familiers , poi voient aifément fe mêler dans fon efprit, dans une pure citafans faire attention aux ehotion , écrite à la hâte Cette remarque fervira à découvrir l'orifes mêmes. gine de quelques autres méprifes , qui fe trouvent ou dans le Texte , ou dans les Notes de nôtre Auteur. qui Il auroit pu ajouter un paflage d'A qui eft tiré d'une Harangue vient fort à propos, " Perfonne qu'il cite quelquefois dans ce Chapitre : difficile

dont

il

s'agit,

s'eft

(ou

L'Auteur

gliflee.

.

&

kistide,

&

,

(dit cet Orateur) ne fouffre patiemment les injures: celles qui excitent une mais les plus fenfibles , ce font celles qu'on reçoit de colère implacable , ceu* qui dévoient le plus s'abftenir de nous en fai-

33

&

,3

„ 33

to J[ oxuç fih yxç ax ici (pfeuv uoix.i<(A.tv a-» X7rxçxiTqlov rr,v oçyw itx^içr&i. r.xirx iz^v Leuctr. IL Tom.ll. pag. 144. B. (2) Voici un paflage , que nôtre Auteur cite ici dans une Note , mais fans dire de qui il eft : " C'eft une d'avoir ignoré une fois les de,3 foiblefte humaine , de la Vie : mais de tomber fouvent dans les 3, voirs „ mêmes fautes , c'eft nue fureur. Car , plus le nomplus que l'on commet eft grand , 33 bre des fautes „ on mérite d'être rigoureufement puni. To ph yxç 33

re

vtp

'

'

:

&v

>

Orat.

&

xyvov.cxi TTort

tut

rcïs

rx xxlx

etvTo'is

Ï£s*-

tov

TtÇxyfjLXGi

toi? Aoyi
fMCCi 7;iÇi7rS7c}ûxxiLiz*

,

fitev

,

tfi»

nXsovxxt; xfMt^lxytty

ôvu

To

yxç

to j

av^f&TT» zsXtieG-iv

,

,

riAttv

iXxtIu—

jxttÇaï®* Tif&uÇix; àçioi

Ces paroles font un fragment du. elles fe trouLivre XXI. de Diodore de Sicile; vent au num. 15. du recueil qu'on a fait de ces fragmens. Voici une penfée femblable , LIEN: Semel enim errare fune tohrubile fit in ec.dem vero incidere , nec dmrmatione quidem comfefci , ultra omnia Tvx.i7v Ù7rxçx»ixiv.

&

deQuiNTi,•

Des punition

,

parce

L iv.

Peines.

font devenus mâchons

qu'ils

XX.

IL Ch. de bons

,

8f étoient

qu'ils

i

ou

comme

,

il

Ainfî c'eit s'exprime ailleurs , (6) parce qu'ils ont agi d'une manière indigne d'eux. avec beaucoup de raifon que les anciens Chrétiens , dans le règlement des Peines EcAmplement ont voulu qu'on (7) ne confidérât pas la faute purement cléfiaftiques en elle-même mais en y joignant la manière dont le Coupable s'étoit conduit auparavant , ou fe conduifoit depuis ; comme il paroît par les Canons du (b) Concile

&

,

,

&

W'Ancyre,

d'autres Conciles.

(b) Cm.

xxv r

remarquer encore que quand on vient à faire une Loi contre certaines chofes vicieufes en elles-mêmes, (c) ce qui étoit déjà mauvais le devient par là daIl

8.

faut

Les défenfes de la Loi , dit très-bien (8) St. Augustin, rendent tons les vantage. Péchez doublement criminels : car ce n'ejî pas un [impie Péché de faire une chofe , qui Il y a une femblable penfée de Taejl non feulement mauvaife, mais encore défendue.

cite: (9) Quand on dues

on craint

,

punément aux §.

défenfes

XXXI.

1.

tentée

ejl

dit-il,

de faire des chofes qui ne font pajs encore

ne viennent à l'être

qu'elles

défen-

mais lors qu'on a une fois contrevenu im-

:

on n'a pins ni crainte, ni honte.

,

La

troifiéme

&

dernière chofe à quoi nous avons dit qu'on

fait at-

tention, quand il s'agit de favoir combien un Coupable mérite d'être puni, c'elt le plus ou moins de difpofition qu'il avoit ou à confidérer les raifons qui auroient dû le Pour cet détourner du Crime , ou à fe lailfer gagner par les Pallions qui y portent. effet

élevé

on examine fou Tempérament

,

j

,

l'on

Age

fon Sexe

,

,

la

manière dont

a été

il

& les circonltances de fon action. 2.

omnla videbatur. Dcclam. CCCX. Et dans un antre Ejl enim ut Jibi aliquis unum cafutn remittat ,

endroit

:

femel lapfzts , errore fe humaine necejjitatù excufet : hic vero , qui commijit iteritm idem , quo exjilium menât , ccmputatit diebm atqtte horis legem tantummodo infpexit , non ctiam crimina J'ua mimer mit , nihil verccundiœ fine adjecit , nihil pudori. Declam. CCXLVIII. (5) Asinius Poi.lion difoit , qu'il faut juger d'un Homme par la plus grande partie de fa conduite & de fon génie : X?ua major pars vit
C i C E'R O N foûtient auffi , judicandum ie homme ejt. que quand il s'agit de quelque chofe de grave d'énorme , pour favoir fi quelcun l'a voulu , pcnfé ou commis, il faut en juger, non par l'accufation même, mais par les mœurs & la conduite de l'Accufé qux gnnriores majore/que Omnibus in rébus , Judices funt , quid quisque voluerit , cogitarit , non ex crimine , ejl ponderandum. 0qui arguitur fed ex moribut ejus

&

,

:

,

,

,

rat.

pro P. Sylla

,

(Cap.

XV.)

G ROTI US.

num.

Apolog.

891.

to,

ctKis6iiT£Ç

ert

-,

(7ri>cX»o-B-fjre

,

€7Tl>CXÇi4Ç sivxi

uixç

,

xç x.^ rats yXv xà'iKX uîvois

TOI? J St'tF^oy Tl écart , 6Vn\xjx.Ôvtuv x/u.xfTxva
,

Ik

ùx.

Cap. LXV.II.

(7) St. Chrysostôme veut, que pour régler le tems de la pénitence , on ait égard non feulement à nature des Crimes confidérez en eux-mêmes , mais encore à la difpofition & aux mœurs des Pécheurs OSsv uxvS-xïouev , cri x ait jxôvey nooi tï,v (fivtriv rav «AA« y-Xl 7TÇCS T/,V otxvoixv y.xi Tr,v içw Ct/U.CtÇTtlf&CtT&IV tZv xux^txvojtcov Tr v uitxvoixv ôfiîùny. In IL Epift. ad la

:

1

t

II dit ailleurs , Corinth. Cap. IL à peu près , la mêchofe : Ov yxç x&Xwç tiços to tuv Ttx^XTs] wiaxtuv ,utTfOvÏÏtt KXtTY.V întTl/U.IX)l £7TXyliV 1 XhXX X.XI TSJÎ TW xDe Sacerdot. Lib. ftx^rxvôi/Teov çoxxtfSîxt npcxipirtas.

me

III.

Grotius.

(8) In quâ [adolefcentiâ , vehementior prohibitio peccatorum] omnia deliêla congeminat : non enim fimplex pec~ catum ejl , non foltttn malnm fed etiam vetitum commit-

Edit.

Scip.

vera Relig. Cap. XXVI. St. ChrysostômB les Juifs avec les Grecs (ou les Païens) dit que les Juifs font plus coupables , parce , qu'ils avoient la Loi de DiEU: 'Evtx'v.Ix i uôvov uro-

De

tere.

comparant

avec raifon ri/xixv

ffcix.tvo'i

Ix^xi'x x^

EXXtjvoç

Tltl&pix* xêlOÇ V7TC/U.ÙVXI 7TXpXV0/U.Sv.

>

fin

ifxïMcts xçstxs

,

urina uçx



iymy

x\\x

H),

tov

ssa'Kv

puni plus févéremeut , lors qu'il viole la Loi: 'o yxe xttoXxvcxç 77j? Oiàx
zrteiovtç

(4) Si, dans le cours de la vie paffée du Coupable, le mal , on lui faifoit grâle bien l'emportoit fur Ceft ce que nous apprend He'rodote , Lib. I. ce. Cap. CXXXVII. (5) Ceft un Ephore de Zacédémoue , qui dit cela à qui fe glorifioient de leurs l'occafion des Athéniens, promettes contre les Médes : Kxi rat si -rçàs t»V Mr,7tpas d[ tf.tâ.ç xxkoi vvv > 01£?.? lysvevTo tiyxSoi tcti ctzioi (ttriv an xvr xyxyw xotr Ctjuix? TrXcaricf; x.0'1 yiymnau- Lib. I. Cap. LXXXVI. Edit. Oxon. ,

,

D ajoute , Ixhtïov (ixçisiu.s av X7C0 Tr,S r'è vouy. iïcffiuS. mérite d'être celui qui a eu plus d'inftrinftioii ,

que

Gentil.

(6) K«<

Les

,

Nôtre Auteur ne marque point d'où il a pris le fragment d'AsiNTi US Poi.lion , je n'ai pu le trouAu refte ver, ni dans Quintiliev , ni ailleurs. pour ce qui eft de la chofe même , on peut joindre aux autoritez alléguées par nôtre Auteur, & par PuFENDORF, dans le Chapitre qui répond à celui-ci, C§. 22.) CiCE'rON , De Invention. Lib. II. Cap. XI.

& Apule'e,

*

,

,

Nam Ji

(9^

-velis

GROTIUS.

quodnondum vetitum

ejl j

timeas

,

ne

impuni tranfeenderis j ne que mttut Annal. Lib. III. Cap. LIV. num. ultra , neque pudor ejl. Il ne s'agit point 4. Ce paflage ne fait rien au fujet. de la vertu qu'ont les défenfes d'une Loi , de rendre plus criminelle une chofe déjà mauvaife en elle-même; mais de l'effet que produit l'impunité, par rapport à ceux qui fe font hazardez de pécher , malgré vetère

les

:

at Ji prohibita

défenfes.

L?

§.

XXXL

(<0 Voiez '°'

f.

,mm

>

VII >

Des Peines. L I v. IL C H. XX. Femmes les gens d'un efprit groflïer

86 Les Eufans ,

&

, qui ont été mal élela différence du Julie & de l'Injufte , du Liles autres bilieufes font perfonnes enclines Les à la Colère cite & de l'Illicite. ceux qui l'ont La Jeunefïè a d'autres ind'un tempérament fanguin , ont du panchant à l'Amour. mal d'un penfée que qui la VieilleiTe. La nous menace de près, renforce clinations , le relfentiment d'une injure toute fraîche enflamme la Colère dans l'un la Crainte de prêter état l'oreille en la Raifon. guéres à l'autre cas on n'eit , dans Les Crimes

2.

vez

les

,

connoiflént moins

,

,

que

,

( i)

:

,

;

&

:

&

patient pour moins odieux, & le font auxquels on elt porté par ces deux Pallions moins effectivement; que ceux qui naiilent du défir des Plaifirs, qui n'efpas fi fort, qui ne demande pas toujours à être fatisfait fur l'heure &qui peut trouver plus facilement de quoi fe (2) fatisfaire ailleurs fans injuitice. Aristote (3) di:, que la Co,

,

lère

pas

plus

eji

naturelle

que

,

le

des

défir

vont dans

qui

chofes

l'excès

&

,

ne jont

qui

nécejfaires.

il faut pofer pour maxime incontestable que l'énormité des Crimes di3. En effet minue à proportion de ce qu'on elt moins en état de faire ufàge de fon Jugement, & que ,

,

qui nous en empêchent font plus naturelles. Ar istote raifonne fur ce principe: (4) Ceux, dit-il, quin'ètantquepeu ou point poujfez par un mouvement de Défir , cherchent des Plaifirs excejjifs , ou fuient de légères Douleurs , fon plus intempérans , que ceux Car que ne feroient pas les premiers , s'ils qui s'y portent par l'effet d'un Défir violent. venoient à concevoir mie forte pajjion pour quelque objet agréable , ou fi le manque des chofes nécejfaires à la Vie leur caujbit un grand chagrin? Un ancien Comique dit quelque choie d'approchant: (5) Si un Homme, qui ejl riche , (6) fe laijfe aller à des choj'es honles caufes

teu§. XXXI. (1) Un ancien Commentateur d'ARisroque les Actions deshonnétes font exeufées en quelque manière par la difjiofition qu'y donnoit le na-

TF. dit,

on x7roXcyt'x> riva. è\owri ro7( Clixi'yirctt roivvv > ta sritpi'X.ivxi ttÇoî xvrx , KtU xviKrorspoy ztctîi Andronic. Rhod. in Paraphr. ( Lib. tb é'yy.Xiif.ixus. VII. Cap. X. pag. 444. Ed. Ihinf.) (2) Le delir de la chair, dit St. Chrysostôme , cherche feulement à fe fatisfaire par la compagnie d'u-

turel:

xWy^oîç

visai

ITuZyirîi f.Co\ot

fit'itt

&

non pas par

feulement

* TOlXVfrl

,

UlÈtlI.

:

la

tvKo^uv tiç xt
.... jQuanto enim poteftafvitandifuit , tanto conAd Uxor. Lib. II. ( Cap. I. tumaci* crimen oneratur. III.) Vciez le paflage de Marc Antonin , auquel j'ai renvoie ci-dtfTus , (§. 29. Note 4.) dans le-

&

Empereur

quel cet

The'uphraste

cite

,

le Philofo-

Grotils.

0) O i7riB-vutûv

ruv

,

$V<ÏH<.UTtÇOV

VII.

Cap.

,

X^

Y,

%XXtXOTY)Ç

^

TW

avxy>t.xiuv. LthlC. rûv pag. 92. B. Tom. II. E-

rr,Ç r,7ripâo\r,s >£

Nicom. Lib. VII.

f.(.r,

Partf.

(4) A10 *)

iua,XXov ÙKohnç-ov

y^ i 1.1.x

rçixç Xv7rxç

yxf xv

,

y

,,

me) un Riche

injufte , avare, raviffeur, déplorez plus fon fort, qu'étant riche il fe rend de tels crimes; car il en fera puni avec d'autant plus de rigueur: "çi^itrx» ttys rov^xarivrx

d'autant

coupable

uoiY.HvTX

-,

hax.ii

rSrov

,

fKtittS En*,ctif>

XV

rxs

UTlOllA.lV

;

oçn

,

v7rtç!icXxç

oçis Six Te

>



ju.r,t

(Çtvyu

lzrt$-v/u.iiv

a vçoryinir»

i%t-

»x

yùe

f*$-

ishsavSKrivrx , otpirxCovTX , otx Ty.ro juxXiçx £7rnoxv zrXit
èûaxrt Ttjutfûtt>

Te «Vn^rsTrevS-cV Ou, comme prime Harmf.noi'Ul. TxvTOTrxS-itx. ( Promptuar. §.

I.

XXXII.

Tit.

(2) dans

IL

§.

Il eft

(1)'

aucun

,

gea à rendre aux

Tbébains

tribut.

Bibliotbec.

Gai.)

GrOTIUS.

avr'à

ê~t

Lib.

du double , Nous lifons dans

fait allufion à cette reftitution

I'Apocalypse, XVIII, 6. Apoli.odore, que les Minyéens

($) 'E<

s'ex-

54.) C/rotius.

tribut des Tbébains

riç

o'nrhxo'it*

fans

Lib.

wx»

le

IL (Cap. et'y-w

X7rorio-xi ro

aiant extorqué un , Hercule les obli-

droit

double de III.

y.hfBqS

la

x>.oiri '

Ttfltfru

valeur de ce

11.

§.

,

Edit.

th.

y,-xx\x/iv /xïv

-K^ocrtiX^o-xi J]j

ru èïy-xçripîa) xÇo? rui xÇyvÇttf aitr/uoii ru x.hi%-au^r yp&ipxs , te vvktxs htxî &c. DëMOsVh. 0ràt. in Tinwcrat. (pag. 476. C. ) St. Ambroise reîiiïnxi

>

,

marque

que les Loix veulent qu'on fafie rendre ce , qui a été pris à quelcun , ou en puniffant coiporcllernent le Larron , ou en obligeant à rendre plus qu'il n'a pris ; afin que la punition corporelle , ou l'amende , détourne du larcin ceux qui y feroient portez :

a-
Et

ipfte

hx-

cui

,

i^iB-vf-iix

,

xvrov çtvxzcv

ty\

] B-VU6S ,

55 ,5

poJJJs

,

')

5,

videri poteft. dijficilium enim facilis eft venia. Qitanto autciu nubere in Domino perpetrabile eft , uti notanto culpabilité eft , non obfervare quod jtrte poteflatis ,

ri

:

Orxv

Glllut.

jcibilis

h-vpwi

>

&

voici l'Original

'H i%t-

I>1

Tf.RTUI.lien remarque, qu'autant qu'il eft difficile à ceux qui ne font pas mariez de garder la continence , autant paroifient-ils excufables , lors qu'ils ne la garCar , ajoûte-t-il , on exeufe aifément ce dent point. Mais autant qu'il eft facile à une qui eft difficile. Femme de fe marier légitimement , autant eft-elle plus blâmable de tomber dans un péché , qu'elle pouvoit éviter par là : Na»i quunto grandis eft continentia carnis , qua viduitati miniftrat , tanto , Jî non fuftincatur , igno-

dit.

t
Xi>7it>

-,

ne Femme , quelle que ce foit , compagnie d'une certaine Femme

phe.

rx? iuv xvxyKxtw tvcuxs

7T$çt

Cap. VI. pag. 90. B.

(5) Cette fentence , que nôtre Auteur cite feulement en vers Latins de fa façon , fe trouve dans Stobe'e ;

G non

$V[AÎX

xxi

,

Ibid.

leges nos

cum

docent

injuria perfonœ

,

,

qua: ea

q/ue detraclu funt ali, aut rei ipjius cumule , reftitui

jubent

:

Des

m

Peines,

L I V. IL C H. XX.

87

pauvre ? On peut rapporter encore ici les traits qu'on trouve fouvent dans les Comédies contre les amours des Vieillards. §. XXXII. i. Voila' comment on juge de la grandeur du Crime, à quoi la Selon les Peine doit être proportionnée en forte qu'elle n'aille jamais au delà. anciens Pythagoriciens, la Juitice, en matière de Peines, confilte à (i) faire foufSur quoi il faut remarquer , que l'on frir au Coupable le même mal qu'il a fait. ne doit pas entendre cela comme fi une perfonne qui a fait mal à un autre avec fans avoir agi par quelque principe qui diminue beaucoup la faudélibération qu'elle en a caulé. Le conte , ne devoit fouffrir précifément qu'autant de mal qui elt un parfait modèle de toutes les traire paroit par la Loi Divine de Moïse Et par les (a) Exod. autres Loix car elle condamne un (a) Larron à rendre le quadruple. XXII 1 Loix à' Athènes , un Larron outre la reititution (2) du double , étoit mis en prifon çfffuiv. (3) pour quelques jours. Chez les Indiens, (4) au rapport de Strabon , celui qui fouffroit la peine du Talion étoit condamavoit mutilé ou eftropié quelcun teufes

que

,

pas

feroit-il

s'il étoit

,

,

,

&

,

,

,

:

,

,

,

,

né de plus

à avoir la

,

&

main coupée.

que le Coupable n'ait pas plus à craindre m que l'Inmontre (b) Philon Juif, dans l'endroit où il traite de la punien foit quitqui a crevé un œil à quelcun tion de l'Homicide que celui par exemple comme il eft dit dans un Ouvrage qui porte le nom (5) te pour avoir wi ml crevé d'ARisTOTE. On voit auili qu'en fait de certains Crimes non achevez, & par conféquent moindres (6) que ceux dont l'exécution elt pleine & entière le Coupable elt néanmoins condamné à fouffrir le même mal qu'il s'étoit propofé de faire ; comme il paroit par la (c) Loi de Moïfe (7) au fujet des Faux-témoins & par

En

2.

nocent

effet

n'eft pas julte

il

,

comme

,

le

,

:

(b) Lib.

II.

De Specialib.

,

,

,

,

Legib. pag.

789, çfffqq-

,

,

(8) jubent : quo furent à detrabendo aut pcena deterreant , aut mulcià rtvocent. Offic Lih. III. Cap. UI. remarque , que les loix permettent à ceux qui ont été offenfez d'exiger rue punition qui aille au delà du mal qu'on leur a tait: '0»r [ ahy.rin-a.iri ] psiÇom , à 7TS7rovS-x
Aristide ^

Majore

nojlra

Grotius. Le dernier paffage, qui Te trouve dans Y Hercule furieux verf. 746". eft mal appliqué , comme l'a remar,

Il faut lire veflra , félon dofte Gronïovius. Manufcrit de Florence , dont il s'eft fervi dans fon Edition. Et le fens du Poète eft , que les Rois & les Magiftrats font punis , dans les Enfers plus rigoureufement que les Particuliers les gens du

qué

le

l'excellent

&

commun. a rx xvroe f&ovov ctvTi7rec%!t > (4) O , rs tsrtçcixroii «/*« *; yjiçox.amnxi- Lib. XV. (pag. 1036. Ed. Âmft. 710. Éd. Purif. ) Parmi quelques autres Peuples des Indes , le Larcin étoit puni de mort, comme Nicolas de Damas l'a remarqué. Grotius. Ce que nôtre Auteur rapporte ici fur la foi de Nicolas de Damas, ne fe trouve point dans les Fragmens qu'on en a recueillis de toutes parts , ni même dans ceux qu'il ramaffa lui-même , pour les envoier à Mr. de P EiRF.sc, & que l'on peut voir parmi fes ,

[Lettres

(5) [»©"'

,

,

I.

Part. Epijl. 264.

Ov yxç

S~iy.oc.iev ,

XVTIX.K07[Î)VXI fitVOV

[Moral. Lib.

I.

Cap.

ti i

ris rov ôtyïrccXtMv èf/xe"J/£ Tt-

U}}\X TrXSIOVX

XXXIV.

TX^IIV &C. Magll.

pag. 166. B.

Tom. IL Éd.

&

va le chercher au milieu de la plus grande foufié e, pour fe jetter fur lui: mais que, fi un homme voulant lui tirer deffus a manqué fon coup , il fe conde le traîner , fans le bleffcr tente de le renverfer Vulneratw ohfervatione mira percuj'orem novit , in ,

&

Cap.

XVI.) Grotius.

(7) Cela paroît encore par la Loi au fujet d'un Maqui , pour gagner la dot de fon Epoufe , l'avoit acculée fauffement d'avoir eu commerce avec un autre Homme ; Deute'ron. XXII , 19. comme auifi par une autre Loi , contre celui qui aura plaidé injuftement pour s'approprier le bien d'autrui, Exo;>. XXII, 9. ri

,

Grotius. La première de ces Loix porte , que le Mari gardenon feulement fa Femme , fans pouvoir la répudier jamais, mais encore paiera une amende de cent Sicles , au profit du Père de fa Femme , c'eft-à-dire , le double de la Dot , que les Epoux donnoient en ce tems-là au Père de la Fille qu'ils époufoient , comme par Genje'se, XXIX , 18. XXXIV, 12. il paroît à cinquante Sicette Dot étoit réglée ordinairement Ainfi , dans le cas dont il cles , Exod. XXII, 17. s'agit , le Mari , qui avoit voulu deshonorer fa Femme, en l'accufant d'impudicité , étoit regardé fur le même pié que celui qui avoit véritablement ôté l'honneur à une Fille, en la violant, félon la Loi qui fe trouve dans ce même Chapitre du Deute'ronome , fa punition étoit encore plus rigouverf. 28, 29. reufe , en ce qu'il devoit donner le double de la dot au lieu que l'autre en étoit quitte pour cinquante Sicles. A l'égard de la féconde Loi , que nôtre Auteur ra

&

&

exemple, Exod. XXII 9. il s'agit que , fi le Dépofifaire eft ordonné , Dépôt de mauvaife foi & qu'il en convaincu en Juftice, il paiera le double au Pro-

allègue

quand il a été blcffé, il re(6) On dit du Lion , que îarque avec une fagacité mcrveilleufc celui qui l'a frap,

nie foit

ou

pour

ici

d'un Dépôt

\Parif.

:

&

Eum

vero , qui telum quidem miferit , fed tamen non vulncraverit , correptum raptatumque jlernit , nec vulnerat. (Hift. Natur. Lib. VIII. quantalibet multitudine adpetit.

:

&

,

il

retient le

,

prié-

(c) Deut.

XIX,

19.

Des

83

L

Peines.

I

C H. XX.

v. II.

des Romains contre ceux qui font allez avec des armes, à deflein de tuer (8) Sur ce pié-là, il faudroit punir plus rigoureufement de tels crimes, lors quelcun. qu'ils ont été pleinement exécutez: mais comme il n'y a pas de plus grande Peiqu'on ne fauroit la faire fournir plus d'une fois, comme le ne, que la Mort, remarque (9) Philon , Juif, dans l'endroit cité un peu plus haut ; on en demeure là néceilàirement ; tout ce qu'on peut faire , c'eft d'y ajouter des tourmens , comme on le fait quelquefois , félon que le crime le mérite. §. XXXIII. 1. Il faut juger de la grandeur de la Peine en la confidérant, non Amplement en elle-même mais encore par rapport à celui qui la pas purement celle

&

&

,

Car telle amende par exemple incommodera un Homme pauvre qui ne telle marque d'ignominie fera très-feniible à une perfonne fera rien pour un Riche qui ne fera qu'une bagatelle pour une perfonne de bas lieu. d'un rang honorable & Bodin (a) fonde (a) DeRc2. Les Loix Romaines appliquent fouvent cette diftinction b VI là-deflfus une nouvelle forte de Proportion qu'il a inventée, & qu'il appelle Hannonicf/'uit ar Mais la vérité eft qu'il n'y a ici qu'une fimple Proportion fimple & Arithméque. de même aue dans fejpn laquelle on égale la Peine à ce que le Crime mérite tique un Contract on égale la quantité d'argent que l'un donne à la valeur de la Marquoique les mêmes Marchandifes & les mêmes Monchandée que l'autre reçoit félon les tems & les lieux. quelquefois moins vaillent quelquefois plus noies 3. Il faut avouer auilï qu'il y a ici fouvent, dans le Droit Romain, une injufte acception de perfonnes, c'eft-à-dire, que dans la Punition des Crimes on (i) a trop qui n'ont aucun rapport avec la nad'égard à certains états & certaines qualitez ture du fait: défaut, dont la Loi de Moïfe elt toujours fort éloignée. permis , tant qu'on fuit les §. XXXIV. 1. Mais, quoique l'on ne falfe rien que de fondées fur des principes tirez de la nature même régies que nous venons de donner veut que l'on demeure, des Peines ; la Charité que l'on doit avoir pour le Coupable fouffrë.

,

,

,

:

,

:

'

'

'

l

,

,

;

,

,

,

,

;

,

,

,

,

,

,

au-

Si au contraire le Propriétaire l'a aceufé injuftement, il fera aufli condamné à p:iicr le double Par conféquent l'un & l'aude la valeur du Dépôt. tre font punis comme s'ils avoient effectivement volé la chofe dépofée , ainli qu'il paroît par le verfet 7. du

priétairc.

même

Chapitre.

&

veneficù tenetur qui (8) Lege Cornelia de Sicariù bomittù occidendi furtive facietfdi caujfh , cwn telo ambulaverit .... Divtts Hadxianus referiç/h, etm, qui . . . bonùnem non occidit , fed vuineravit , ut occi.

.

.

.

XLVIII.

dat, pro homicida dumuandum. DlGEST. Lib. Tit. VIII. Ad Leg. Cornel. de Sicariù &c. Leg. Voiez les Observations de l'illuftre §. ,\ Bynckershoek , Lib. III. Cap. X.

I.

(9) vst

>

priuc.

Mr. DE

&

Ensi^i; ftvpiuv ^-xvxrav inx^i®- ù» > ivet vnoftiro rr,S riftaçias x^-xvxlo» ei; ir\ïê(&- u.r, KttyvDe Legib. Spécial, lib. II. pag. G-wxvis&cti.

789- E. §.

(0

XXXIII.

Voiez

qui répond à celui-ci

XXXV.

,

§.

(1) Voiez

Chapitre de

le

,

,

Wi '>.... f-v ) râJ QxXxvsiai , tù h rois «V* Koweït i
ôzruoSv

Pufendorf,

,

Moïse,

ea funt animudvertenda peccata

qute dijUciilime prœcaventur.

Orat.

p ro Sext.

Grotius. Rofc. Âmtrin. ( Cap. XL. ) (2) NuUum feelus , apud eos , fiaio gravita : qv.ippe fine tecio munimentoque pecora fif urmenta inter Jtlvas babentibus, qtài falvum

Cap.

II. nui/i. C.\

ejfet

,

yinflxi-

vo.UûB-iryç

gio


,

rov

vo/not

»? it iiiaco
,

«*J

Xv ixv rtl

XXIXJ

(4) A Athènes ceux qui voloient dans un Bain étoienjj punis de mort, ii la chofe volée valoit plus de dii drachmes [c'eft-à-dire, environ deux Ecus] comm|

nous l'apprenons de Df/mosthe'ne , Orat. adverf. Tm Voiez aufli Digest. Lib. XLVII. Tit. XVIf mocrat.

GROTIUS. balncariij , Leg. I. de Solon , que Dr'mos the'nf. rappot dans l'endroit auquel on renvoie ici K«i si t^

De Furibus

y

maxime

U7tsiXovtTX S

o-Qslsçi&flxi ro» xx.o1çiu». mm. 14. pag. 814. A.

Maivion, Direftor. dubit. II , 41. CiCE'RON dit, que Crimes contre lefquels il eft le plus difficile de fe précautionner, font auffi ceux qu'on doit punir le plus tltqui

>jj

i

>

Voici la Loi

Rabbin

les

:

y.hni\o*ri

oï]ji.s Q-/r,(rx u£)/(&j tivxi

titîflfii»

te

rigoureufement

ri

y

(y.xvxi

25. le

fT<

Qhfi-r,

Fils de

§.

;

>

,

hx

Kvtcti

(?) Atx rt'noli , làv fi» ti; ix ftxXxvH'is kXi^/y\ t) Îk Ixvxrai zrxXxtççx; i *=| #>«£«?•> J) réùv loikTûn r;vi? ÔH T*ï i£ OlKtXS > JWAi» TtjÇ à£tXS T« ittV t.Ylf/.ltlXt'
Ji fu.ra.ri liseret}

Lib. II.

,

:

> i s| 'Ax.xè'niu.iU?, t) Îk Kvj/oc-x^yaî , ut, >^KvB~tev > h ci?r\ô t< Çxvhoretltt , i ru» o-Kivuv vitt rZv ix t*> yviMXa-im > vQiXoflo , >i îx ru» Xi/jchud

iv-

ne*

A'jxsix

'

>

ij

,

&xx

ê*Çx%uxi

nîroti .9-^«7ov hoy.oB-trr.ro \_o 2| A«v] itvxt ri» fypi*»- Pag. 476. C. Edit. Baf. 157I 11 n'eft point parlé là de ceux qui dérobent dans Bain , mais feulement de ceux qui dérobent dans dans les Ports, Gyr.nafes ou lieux d'Exercices , pendant le docte Casaubon , dans fon CommcntaJ furies Caraciéres de Theophraste , ( Cap. VIII. '



&

,, ,,

,,

LI

Des Peines.

C

IL

V.

H.

XX.

89

autant qu'il peut au deflTous du degré de rigueur jufqu'où s'étend la jufte proportion entre le Crime la Peine à moins qu'un motif plus jufte de Charité envers un plus grand nombre de gens ne s'y oppofe pour quelque raifon extérieure. 2. Cette raifon extérieure eft quelquefois un grand danger qu'il y auroit à craindre de la part du Coupable, le plus fouvent la néceffîté de faire un exemple. Elle eft fondée ordinairement fur certaines circonftances qui font pour tout le monde un attrait au Crime , dont on ne fauroit empêcher l'effet que par des ,

&



&

,

&

remèdes violens. 3. Les principaux de

&

qui s'en

la co/itîiuie

fes attraits

,

font

la facilité

de commettre certains Crimes

eft introduite.

§. XXXV. 1. C'eft à caufe de la facilité (1) qu'il y a de voler le Bétail qui paît à la Campagne, que la Loi de Dieu, donnée autrefois aux Ifraélites (a)puni(foit ,00 ce larcin plus févérement, que celui qui fe faifoit dans une Maifon. Parmi l e $ XXI1 Scythes, comme le remarque Justin, (2) le Vol étoit le crime qu'on puniffoit avec le

Exei.

,

plus de févérité ,

dont tout

£f? cela

même

raifonne de

avec raifon: car, en troupeaux

bien confjloit

le

fur le

s'il ,

eut été permis, qiC aur oit-il

refté

qui n'étoient jamais enfermez ?

fondement d'une Loi,

établie

à des gens

ARISTOTE

en Grèce, par laquelle on

puniffoit de mort ceux qui avoient dérobé quelque chofe dans un Bain, dans un lieu d'Exercices, dans un Marché, ou dans quelque autre lieu public; au lieu que

ceux qui avoient dérobé dans une Maifon particulière, n'étoient condamnez qu'à le double dit-il que le Législateur a eu égard à la facilité qu'il y a (3) c'eft

rendre jours

ces

,

(4) endroits-là

£«?

,

à l'impojjtbilité où font

fur ce qui leur appartient. Pour ce qui eft des Crimes qui ont paffé en

Propriétaires d'avoir tou-

les

l'œil

2.

même

la

,

:

de voler dans

qu'ils font (5)

néanmoins

un autre égard que la

à

coutume dans un

communs diminue quelque

chofe de punition foit plus rigoureufe

Païs

,

la faute, ;

quoique ce-

demande

il

parce que

,

comme le

Xe-yoTrotix; , pag. 81. Edit. Needb.) cite aufli cette comme prouvant la même choie que nôtre Auteur y trouve Morte (dit-il) pleclebantur apud Athenicnfes fures balnearii , fi rei furtiva .ijlimatio crat ùzrèç iïiru-çi

Loi,

:

x.x

tyxxftùs

,

ait

Demosthenes

contra

Timocrat.

lui, AtciAT, Par erg. Lib. II. Cap. XXXVIII. Pierre Vittorio, Far. Leèi. Lib. VII. Cap. XVII. avoient infirmé la même chofe & le grand Cujas femblc aufli entrer ilans cette penfée, Not. in Paul. Recept. Sentent. Lib. V. Tit. III. §. s- Bien

Avant

&

:

&

plus: dans le Recueil des Loix Attiques , compilé mis en ordre par Samuel Petit , Lib. VIL Tit. V. la Loi , dont il s'agit , eft rapportée avec l'addition de quelques mots , qui y fout trouver expreffément ceux qui volent dans les Bains car après itpixoiro il :

y a , ix. rm BxhocvsiM. Je Commentaire de ce Savant,

n'ai

,

pas fous

ma main

pour voir d'où

il

a

le

pris

: mais dans les diverfes leçons de la derDe'mos the'ne , publiée par o Lqui eft la plus ample que nous avions , je ne vois rien qui infinué que le texte fût ici défe&uoux ; je fuis tenté de croire qu'on a fuppléé par conjecture les mots d'Jx. tw frccXotvuw , fur le pafl'age d'ARis-

cette addition

W

nière Edition de

F

1

u

s

,

&

TOTE

que

dans

Note précédente. Quoi qu'il en foit , c'eft apparemment fur la foi des Savans dont je viens de parler, que nôtre Auteur a donné le ,

j'ai

cité

la

comme fondé fur la Loi de. Salon : car ailleurs en fait aufli mention il ne cite que le paffage d'ARiSTOTE. Voicz la Florum Jparfîo ad Jus Juftinian. pag. 189- Ed. Amjïel. Mais, à moins qu il n'y ait quo'aue bon Manufcrit , ou quelque autre paffage d'un fait



,

il

,

Tom. IL

ancien Auteur, où l'on trouve la Loi de Solon avec on n'a , ce me le fupplément des mots \*. (ixxutei'is femble aucune raifon de les y fourrer par conjecture. La Loi fpécifie les lieux, elle ne donne point à entendre qu'elle veuille parler généralement de tous ceux où il pourroit y avoir la même facilité de voler On peut dans la ce qu'elle dit. il faut s'en tenir à fuite l'avoir étendue aux vols faits dans les Bains mais c'étoit ou par une nouautres lieux publics velle Loi , ou par un long ufage qui aquit force de qui n'autorife point à attribuer à Solon , des Loi , vues fi générales. Pour ce qui eft des Fures balnearii, parmi les Romains, ils étoient ordinairement condamnez aux Mines , ou autres travaux pour l'ufage du Pumais la peine étoit quelquefois moindre & quelblic Voiez C uquefois aufli elle alloit jufqu'à la mort. Mr. S C H U L T 1 N G , fur le paffage du JuJ A S >

,

:

&

:

&

,

:

&

Paul , que je viens d'indiquer. Dans les tems anciens même , tout Larcin étoit puni de mort en faut croire Servius , dont nôtre Auteur cite ces paroles , dans l'endroit de fa Florum fparfio , &c. Capitale enim crimen apud maque je viens d'indiquer rifconfulte

s'il

:

jores

[Furtum]

fuit

ante

peenum quadrupli.

In iEn.

VIII. 20c.

(5) Pline (le Jeune) dit de qnelcun , qu'il opiavec raifon , à pardonner une chofe , défendue à na la vérité , mais pratiquée par un affez grand nombre Non fine ratione [Ccepio] ventant dédit failo , de gens vetito tjtcidem , non tamen inufitato. [ Epift. Lib. IV. Ep. ,

:

IX. mou.

17. Edit. Ce/lar.

Grotius.

M

co

'

I'

7 '*

Des Peines. Saturnin (6)

90 le dit le Jurifconfulte

,

L I V. II. Ch. XX. il

Mais

faut alors faire des exemples.

Ju-

les

ges doivent avoir égard à cette raifon , pour adoucir la Peine , plutôt que pour l'augau contraire pour l'augmenter , plutôt que pour l'ales Législateurs menter ; doucir, en confidérant toujours les circonftances du tems auquel le Jugement ei.t rendu , ou la Loi établie. Car on a plus en vue l'utilité qui peut revenir de la Pm-

&

,

,

quand on régie la manière dont une certaine forte de Crime doit être puni en au lieu qu'en examinant de quelle manière chaqueCouce que font les Loix on conlidére plutôt combien eit grande fa faute. pable en particulier doit être puni §. XXXVI. i. Pour revenir a ce que nous avons établi, qu'à moins qu'il n'y on doit pancher plutôt à adouait de fortes & prenantes railbns de punir févérement remarquons encore ici que c'elt une des parties de la Clémence c51* cir la peine comme (a) nous l'avons déjà dit à exempter entièrement de la peil'autre confilte ç> e une maxime d'IsoCRATE, (i) qu'il faut punir les Coupables moins qu'ils ne ne> de méritent; & dans l'Hiftoire de Diodore de Sicile, on loue (2) un Roi à' Egypte (4) diminuoit touce qu'il la (3) fuivoit. L'Empereur Marc Autouiu, le Philofophe comme nous le voions dans fa Vie. // efi difjours la peine portée par les Loix nition

,

o-énéral

:

,

,

,

(a)Ci-der-

fus,§. 22. num. 5

:

,

;

,

,

[}-

,

,

,

de garder

ficile

ce

:

le jujte

ici

l'Equité,

de

trop graitde Indulgen-

la

qu'on a lieu de craindre qu'on ne paffe d'une manière ou d'autre

aiufi toutes les fois

bornes

&

milieu entre la trop grande Sévérité

faut pancher vers

il

le

les

doux ; c'eit une penfée de (>") Philofophe peut pardonner fans au-

coté le plus

un Prince, dit ailleurs (6) le même qu'il modère la punition. St. AUGUSTIN (7) a repardonne finon marqué que les Juges font portez à la douceur envers les Criminels par cette confidération, qu'ils' ont eux-mêmes befoin que Dieu ufe envers eux de miféricorde, nour les péchez dont ils fe font rendus Coupables contre fa Majelté Souveraine.

Sene'que.

Si

danger,

cun

,

qu'il

:

,

,

,

F

XXXVII.

§.

Nonnumquam

(6)

plicia exacerbentur

evenit

ut aliquorum malef.ciomm fup-

,

quotiens

,

,

nimium

multis perfonis graf-

DiGESr. Lib. XLVIII. Tit. exemplo opm fit. XIX. De Punis , Leg. XVI. §. 10. Voicz les Varia Lecliones de Guillaume de Ranchin, Lib. I. compilé plufieurs autoritez fur ce 011 M a Cap. XI.

fantibm

,

fujet.

XXXVI.

§.

(1) Ue.'*®-' àt [
ixârlxs woif7<3-<*t pag. 19. D. Edit.

H.

dans

C'eft

(2)

Stcph.

L

le

les Sacrifices publics

,

Livre , où il eft dit , qu'après auxquels les Rois d' Egypte àffif-

Chef des Prêtres faifoit une du Roi , parmi lesquelles il confifte à ne pas punir les Coupa-

toient tous les jours , le «numération des Vertus

mettoit

qui

celle

bles aufii rigoureufement qu'ils le méritent, compenfer au contraire les Honnêtes gens au

leur mérite

&

à

ré-

de ù£ixs %xçirxs usi^xs rr,s

rùs

Ke*<

:

i-ùv Tif.iaçicts

îXxtIxs

delà

rîjs

tnnfoùs rois oc/xxçTrl /ua.ysTvrx
éloge qu'on donnoit à tous les Rois , pour les exhorter indirectement à le mériter , comme le remarque un peu plus bas l'Hiftorien. (2) L'Empereur Juftin IL écrivant aux Huns, dit, que les Romains ont accoutumé de ne pas punir ceux qui les ont offenfez , à proportion de la grandeur de

un

l'ofFenfe

:

«reppaVx?

'Yu/mÙoH

twV

trouve faits par

Je

ceci

dans

Me N ANDRE

Ambaflades nien

'ivtçt

,

tirées

Juftin,

,

f*./,

7rX7!/Lt./usXynx
&

de

les le

xirtrt&svxi

des

Mais

Chap. XIV. des , des Empereurs JuJHpafTngc eft dans une

le

Répoufe que l'Empereur Juftin fait de, vive voix aux AmbalTadeurs de Bajan , Prince des Avarient } & non

qui

,

une

étoit

partie des Huns.

(4) Erat mos re fupplicio

quant

,

ut omnia crimina minoCapleêii oient , puniret.

Antonino

ifte

,

f

legibi'ys

L'Orateur Ismvs a dit anfLoix rigoureufes , & punir pourtant avec moin« de févérité que les Loix n'exil'Empereur gent. C'eft ce que donnoit à entendre Henri I. lors qu'il prit pour devife une Pêche, avec ce mot , Subacre. Le Roi Thcodoric difoit , qu'il y a du danger à punir mais qu'il eft toujours fur de pardonner Nam qui perictdofè jufti fumus , fub fecuritate femper ignofcimiv. C'ASSIODOR. Var. XL 40.

pitolin. (Cap. XXIV. faut

qu'il

fi ,

faire

)

des

,

:

Gro

TIUS. Nôtre Auteur ne rapporte qu'en Latin les paroles d'Ismus ; & je ne trouve rien de femblablc dans les Harangues que nous avons de cet ancien Orateur, lesquelles roulent toutes faires civiles

&

jamais

je

voiois

,

Mais comme

,

comme ou fur le

des

fait

,

affaires

paflage

cité

fur des afcriminelles.

en Grec

Frideric Lindenbrog, aufli bien que celui Capitolim & d'IsoCRATE, dans une Note fur paroles d'AMMiEN Marcellin, ( XXVIII. i.)

par de les

qui ont été rapportées ci-deffus , (§.2. Note 2.) j'ai foupqonné dans mon Edition Latine de cet Ouvrage, que nôtre Auteur citoit ici fur la foi de ce Commentateur, qui rapporte ainfi le paffage d'Is*us, fans dire d'où pris Xf ris vé/uus (ih riB-i&xt G-Çofyws sfxoliDepuis cela , je y ùs ix.iïnoi KsXsvtstri. } x.oXcéïsiv trouvé dans Stobe'f. , Serm. XLVIII. De Reguo Admonit. où l'on n'indique pas non plus l'Ouvrige de faut cet Ancien Orateur Grec , d'où il eft tiré. 11 donc qu'il foit de quelcune des Harangue* per-

il l'a

:

,

j)

fus Ambajfades

Proteélettr

l'Hiftoire

Tibt're.

rxs rtpwçîxs

GROriUS. Extraits

pas dans une Lettre écrite à ce Peuple

,

'ai

dues.

(5}

Modum

tenere

dtbemus

:

fed quia

difficile el

tempera-

,,

Des

XXXVII.

§.

i.

L I V.

Peines.

C H. XX.

II.

Je crois n'avoir rien omis qui

&

gence d'un

9i

important pour l'intellicelui dont nous traitons dans

foit fort

iujet allez obfcur allez difficile, comme ce Chapitre. Et û l'on examine ce que d'autres ont dit là - deffus , on trouvera que tout peut être rapporté à quelques-uns des principes ou des chefs que nous avons poiez ci-deffus; comme, par exemple, les quatre choies que le Rabbin (i) Moïse Fils de Maimon veut que l'on coniidére principalement dans la Punition , favok la grandeur du Péché, c'elt-à-dire , du dommage qu'on a caufé; le nombre

des péchez

&

qu'on a commis le degré du défir ; la facilité de Patlion. en eft de même des fept chofes, par lesquelles le Juriscon fuite (2} Saturnin veut qu'on juge de l'atrocité d'un Crime, qu'il propofe d'une manière aflèz confufe. Car la perfoune du Coupable doit être confidérée principalement

femblables

;

Il

2.

&

par rapport à ce qu'elle étoit plus ou moins capable de connoitre le mal qu'elle a fait ou le caractère de la perjhme lézée fert quelquefois à faire juger de la grandeur de la faute. La circonftance du (3) lieu ajoute fouvent une nouvelle faute à l'injuitice de l'action confidérée en elle-même; ou bien contribué' à faciliter •

&

l'état

Le

l'action

félon qu'il elt long

ou court, augmente ou diminue la liberté du Jugequelquefois même découvre un fond de malice. La qualité de l'action vient en partie des différentes fortes de Délirs qui la produifent en partie des raifons qui dévoient détourner du Crime: c'eft à ces mêmes raifons que fe rapporte La quantité ou le degré du Crime doit aufli être regardée (O com(4) ^événement. me un effet de la nature du degré des Défirs. teins,

ment

&

;

,

&

&

XXXVIII.

Nous avons remarqué

ci-deiîus, qu'on en vient fouvent à la Guerre pour punir ceux contre qui on prend les armes & il s'en trouve bien des exemples dans les Hiltoires. 11 elt vrai que cette raifon eft jointe la plupart du tems §.

1.

,

,

avec

w

peramentum , quidquid œquo p,/ futurum eft , bumaniorem prAponderet. De Clément. Lib. I.

in partent

Cap.

IL

in fin.

(6) Et pœnam minus temperet. (7) Sic tamen ,

hoc nec

qffigig

fi tuto pot< er jt

,

Ibiil.

C\xp.

etiant

ipjbs

]\çn in\ prpprhi

fumrum

[

Princeps

,

donet

]

:

fin

XX. criminum

ultorcs

,

atque in

amcitatos,fed legum miniftros,

a/ieuarum examinatarum injuriarum , vinâàces , quittes Judices ejj'e debent , terruit divina cenfura , ut coptr.rent fibi propter fua peccata mijericordiam Dei neceftariam , nec putarent ad culpam officii fui pertiucre ,Jiquid erga eos mifericorditer agerent quorum vi, te nec: que baberent légitimant potcflaîem. (Epift. LIV.) Il conjure ailleurs le Comte Marcellin, par la'miféricorde île Nôtre Seigneur Je'sus- Christ , de ne pas punir certains Criminels autant qu'ils le méïitoient: Unde mibi JbUicitudo vutxima incujja eft , ne forte Sublimitas tua cenfeat eos tanta legutn feveritate plctlendos ut , quaiia fecerunt , talia patiantur. Idcoque bis litteris obteftor fidem tuant, quam babes zmChristo, per ipfim Domini noftri mifericordiam , ut hoc nec facias , nec omnino fieri permittas. Ad Marcellin. Comit. Epifl. CLIX. paflage, qui fe trouve cité dans le Droit Canoni'<

que,

tre

XXIII. Qiucft. V. Cap. I. Voiez la Letde Macéionius à St. Augustin & la réponfe de Père Epift. LUI. & LIV. Le premier demande Çauf.

,

ce

,

pourquoi il céder pour

cil

du devoir d'un Eccléfiaftiqiie

,

d'inter-

Criminels , comme les Eccléfiaftiques s'y creioient obligez: Officium Sucerdotii veftri ejj'e iicitis , intervenire pro reis. Voiez encore ce qui eft dit, au fujet de Tbcodofe , le Jeune, dans les Extraits de Jean ÏÏAntioche, tirez du Manufcrit de Mr. de les

Peirefc. ( pag. 8fO. ) §.

XXXVII.

Voiez

auffi

les

(1)

Grotius.

Direcior. dubit.

De'cre'tales,

titatc, cJT

Punis

fed

,

Homicidio voluntario , vel cnfuali , Cap. VI. G ROTI US. (2) S'ed bac quatuor gênera confdcranda funt feptem modis : caujfa , perjbm , loco , tempore qualitate quan,

Lib. III. Cap.

XLI.

XL

De

Lib. V,

Tit.

,

eventu.

Leg. XVI.

Philon

(?)

ces rendent

exemple

,

un

dit-il

Digest.

Lib.

XLVIII.

Tit.

XIX. De

§. i.

Juif, remarque, que crime plus ou moins

même

ce n'eft pas la

les circonftan-

énorme.

Par

chofe

, de batfon propre Père , ou de battre un Etranger d'in; un Magiflrat, ou d'injurier un Particulier; de commettre quelque chofe d'illicite dans un Lieu profane , ou de le commettre dans un Lieu facré dans ; un Jour de Fête, ou dans un autre Jour: TxvTt £è Çxusv rùv ttx^m x% ifioîoi? i^itra*. s^ yàp Tccùrèf nx,

,

tre

jurier

,

rei K, uX>orçia> irhuyets iu.QtfyTxi

kxkZs «sTf*

ÇyMm

>

ri

oyiftùTixiiri



bê'

xp^eur

jj

thûiTijv

«T

sçyâÇeS-ctî ri rZy (ay, ipuftitm s» âeêoçrxtç fC vumyvMc-i iù De Legib. Spécial. Lib. II. (pag? B-vtrixtf. ^

'uetu

ztçûtst éFj»

8oj. E.) On trouve la même chofe dans une Loi du Digeste: Perfonâ atroçtar injuria fit, ut quum Maquum Parenti , Patrono, fiât. Tempore _y?

giftratui,

,

mm

ludis,

çff in conjpecfu : Populi Romani [c'eft ainfi que nôtre Auteur lit avec raifon , au lieu de Pruioris, en quoi il fuit la correction de CtJJAS, Obfwv . IX, i
[Labeo] quia atrocior eft , qiuc in cov.fteclu DlGEST. Lib. XLVII. Tit. X. De injuria fif falibellis Leg. VIL §. 8. Grotius.

iutcrrjfe ait fiât.

mojis

:

,

Voiez les Obfervations de Mr. te Bynkershoek, I. Cap. VIII. (4) Plus on envifage de près une adtion mauvaife , que l'on a eu defTein de commettre , plus on doit être fiappé de fa turpitude. plus on cherche', (5) Plus le défir eft violent, par exemple , à voler une grofle fomme. Lib.

&

&

M

2

§.

XXXIX.

,

Des

92 avec celle de

&

la

L I V. IL C H. XX.

Peines.

réparation du dommage, la même aclion fe trouvant d'ordinaire actuellement préjudiciable à autrui; deux qualitez, d'où naiflènt

&

criminelle,

différentes.

deux obligations

certain auffi, qu'on ne doit pas entreprendre la Guerre, pour punir Car les Loix même n'exercent pas leur vengeance contre toute forte de Crimes. fans eautout ce qui eft puniflàble ; quoi qu'elles puiflent le faire fans danger, eit

Il

2.

&

du mal à d'autres qu'aux Coupables. 11 faut Sopater, que nous avons (a) rapportée un peu tes légères & communes. fer

(a) §. 19. r,um.

I

XXXIX.

§.

diens

difoit,

,

Le

1.

maxime

félon la

,

plus haut,

judicieufe

laiifer paifer les

de

fau-

fage Caton, parlant autrefois dans le Sénat en faveur des. i^/
qu'/'/ n'étoit

(1)

La maxime étoit bien appliquée au on ne pouvoit alléguer aucune Ordonnance du Peuple de Brodes } il y avoit feulement quelques conjectures de Pirréfolution de ce Peuple, Mais on ne doit point admettre pour régie générale que le deffein ne puifTe jamais car une volonté qui n'en eit pas demeurée s'il n'elt fuivi de l'exécution être puni ne font pas punhTables à des actes internes, (lesquels, comme je l'ai dit ci-delTus moins

qu'il n'eut fait atlv.ellement ce qu'il vouloit.

cas dont

s'agilfoit

il

car

:

,

:

,

,

Hommes )

mais qui a produit quelques actes extérieurs , eft ordinairement fujette à être punie; comme le (2) remarque Sene'que le Père. Celui qui a dit (3) l'autre Sene'que. C'étoit un précepvoulu faire une injure, fa faite dès-lors te de Pe'iu andre, un des fept Sages de Grèce, (4) qu'il faut châtier non feulement:

devant

les

,

Cice'ron dit, (5) que ce Les i\omains aiant fit que* le Roi Perfée avoit levé des Troupes & équippé une Flotte pour les attaquer (6) s'il ne leur donnoit fatisfadion là-deffus. réfolurent de lui déclarer la Guerre fuppofe qu'on toujours ici que celui remarquer qui a forbien 2. Mais il faut mé un mauvais deffein ait fait quelque choie pour en venir à l'exécution car s'il n'a encore rien fait , il n'eft fujet à aucune peine , félon les Loix & les Coutumes de tous les Etats ; comme les Ambaffadeurs de Rhodes le difoient très-bien dans un Difcours que (7) Tite Live leur prête. 3. Lors même qu'un mauvais deflein a été manifefté par quelque adte , on n'eft pas Car puis qu'on ne punit pas tous les Péchez actuelletoujours autorifé à le punir. ment commis , à plus forte raifon ne doit-on pas punir tous ceux qui n'ont été que on peut fouvent approjettez & commencez. En matière de ces Crimes imparfaits pliquer ce que difoit Cice'ron (8) Je ne fat s'il ne fujjit pas , que l'OJfenfeur fe repente. La Loi de Moïse ne décerne aucune peine particulière contre la plupart des Péchez qui regardent la Religion ou qui tendent à priver quelcun de la vie lors que l'exécution ceux

qui

ont péché, mais encore ceux qui ont voulu pécher.

pas l'exécution

n'ejl

,

que

les

Loix pwiijfent

,

mais

le

deffein.

,

,

,

,

:

,

:

,

,

n'a

dit, qu'on doit regarder comme des Homicides, non feulement ceux qui tuent, mais encore ceux qui font ou ouvertement , ou en fecret , tout ce qu'ils peuvent pour ôter la vie à quelcun , encore même qu'ils n'aient

§. XXXIX. (1) Et quis tandem eft noftrùm , qui, quoi adtinet , œquum cenfeat , quempiam peenam dure, oh eam rem , quod arguatur mttlè facere voluijje ? Nemo, opinor. Noft. Attic. Lib. VII. Cap. III. pag. 384. Edit. Gron. 1706. (2) Salera quoque , quamvis citra exitum fubfederunt pv.muntur. Excerpt. Controverf. IV , 7. Ce n'étoit pas une régie générale. Voiez ci-deffus , §. ig. No-

pas encore exécuté leur deflein "Ovru te, xvfyoQÔvits %£% voy^stv, è tsî xliivovru; cevro /Ltôvov ûxsx xj tks nxPix £çZvtu,ç sis r xnXsïv kuv to â£î« XxS-çx ky^x ùc-iv si^yxcrutvoi. De Legib. Spécial, 'jjb. II. (pag.

te

790. C.)

*
1.

(53 Et injuriant qui faHuriu Lib.

I.

avant

Cap. III.

même

qu'il

Il

eft

,

jam

facit.

qu'un Brigand

dit ailleurs

fe difpofe à de trou (Ter

&

De

Ira,

eft

tel,

à tuer les

Fafihns , parce qu'il en a la volonté Sic latro eft , etiam ante quàm manut inquinet quia td occidendum jaui armatut eft , £f babetjpolia atque h terficiendi voiwitatem. De Benefic. Lib. V. Caj>. XIV. Phi lon , Juif, :

,•

M

:

,

,

,

Gkotius.

m

«W

t^ rès /uéfoer(4) Mr, ju,ôvoi> rùs xfxxilxvovlxs ru? , kÔXxÇs. DiOGEN. LaERT. Lib. I. §. 98. (5) Nijï forte , quia perfecia res non eft, non fuit p.tnienda : perinde quafi exitus rerum , non hominum conjiha, legibi» vindicentur. Orat. pro Milone , (Cap. VII.) ,

&

Un Romain fut acculé condamné en Juftice; po.ir avoir feulement [romis de l'argent à une Dame, fans S6-

,

Des

& entière

L I V.

Peines.

IL

C H. XX.

9?

excepté pour les derniers le cas où (9) Ton a voulu fe C'eit que, d'un côté, il eft facile de lé tromper en la Juflice. la force des qui ne tombent pas fous nos fens ; de l'autre Fait de Choies Divines vnouvemens de la Colère mérite quelque indulgence, au jugement même du SouveMais il en ufa autrement à l'égard de l'exécution imparfaite des defrain Législateur. Car comme on trouéeins formez pour s'emparer de la Femme ou des Biens d'autrui. que les biens étoient /foit beaucoup de Femmes avec qui l'on pouvoit fe marier, xartagez fort également entre les Ifraëlites, il ne voulut pas fournir que perfonne Cherchât à avoir la Femme de fon Prochain ni que l'on ufât d'aucune fraude pour le fondement de ce Précepte du DéC'eit le feus i'cenrichir aux dépens d'autrui. m fi Femme ni fis :adogue ; Tu ne convoiteras point la Maifon de ton Prochain Car, quoi ni autre chofe qui lui appartienne. Ejfclaves ni fon Bœuf ou fon Ane, le mot de convoiter s'étende plus loin aui'à confldérer le but ou Yefprit de la Loi pmis que le Législateur (10) voudroit fans doute que le cœur même & les penfées le' chacun fuHent très-pures) cependant la lettre delà Loi, ou le Commandement charCela iel\ regarde les mouvemens de l'Ame qui fe manifeftent par quelque action. n'a pas été pleine fervir des voies de

,

;

,

,

&

,

,

&

,

,

,

,

manifeltement par la manière dont (a) St. Marc exprime ce Commandecar on ne peut Tu yfufiras point de fraude , pour priver quelcun de fon bien puis que l'Evangélifte vient de rapporter les propres terr 3as; entendre ceci du Larcin ne:s du Commandement où il eit défendu, Tune déroberas point i il a donc voulu exhumer le fens de cet autre, Tu ne convoiteras point. Et c'eft ainfi que le terme Hébreu & le Grec qui y répond, fe trouvent pris dans un palTage du (b) Prophète Mi-

OO^P-

Dairoit ne.'iit

:

:

,

:he'e

& ailleurs.

,

n

^ ^r

Tout Crime imparfait ne devant donc pas être puni fa queltion eft de favoir m quel cas on peut prendre les armes pour punir un Crime de cette nature. 11 faut m on avis que la chofe foit de grande importance & qu'on en foit venu jufqu'à 4..

,

1

,

,

?

quoique démarches , d'où il elt provenu actuellement un mal certain ion pas celui qu'on fe propofoit; ou du moins un grand péril: en forte qu'alors la punition foit d'ailleurs néceifaire ou pour fe précautionner contre le mal à venir (de ^uoii nous avons parlé ci-deffus en (c) traitant de la Défenfe de foi-même); ou Dour avoir réparation d'honneur; ou pour empêcher l'effet d'un exemple peraire certaines

,

(

^f^

1'

licieux. 1. Il faut favoir encore, que les Rois, & en général tous les Souveont droit de punir , non feulement les injures faites à eux ou à leurs Sujets mais encore celles qui ne les regardent point en particulier lors qu'elles renferment envers qui que ce une violation énorme du Droit de la Nature ou de celui des Gens non pas feulement envers leurs Sujets car foit. Je dis , envers qui que ce foit ,

XL.

§.

rains;

,

,

,

&

:

fi,

: on jugea , dit là-deMiis Val'aétion , mais de la volondéfavantageux au Criminel d'avoir ronlu pécher , qu'il ne lui fervit de n'avoir pas péché MetellUS quoque Celer Jluprofte menusuellement Cn. Sergio Silo, promiforum is acer punitor exftitit , mtrifamiliœ nummorum gratiH , diem ad populum diceneumque hoc uno crimine damnando. Non enim fafium \o , une, J'ed animas , in qiuiftionem deduclus eft , plusque vo(Lib. VI. uijj'c peccure nocuit , quàm non peccajfe profuit. Cap. L num. 8.) (tROTIUS.

éj

avec elle

fatisfait

'être

^e'rf.

Maxime,

&

il

non de

fut plus

:

I

(<0 Quodque vifilia

iniifet

miparafet

tm

eo

i

,•

,

niji

T

1

Romanum

parandi adverfw Populum

arma

ut,

inirctur.

km. 11.

belli

T.

milites

de Us

L

i

v.

,

clajfem

rebw

,

ejm

rei caujfà

fatisfecijfet

Lib. XLII.

,

Cap.

,

(7) Neque morihw , neque legihuf , ullius civitatis itet comparution ejfe , ut , Jî quis vellet inimiewn perire , jî quo id fat, capitis dammtur. Lib. XLV. Cap. XXIV. num. ?. puniendi modus. atquehaui (8) Eft enim ulcifeendi fcio , anfatùjit, qui lacejjterit , injuria fine pavi» , tere &c. De Offic. Lib. I. Cap. XI. (9) Extra judicium. Nôtre Auteur veut parler de la Loi du D E U T e'r N M F. , au fujet des Faux-téràbil fecerit

&

mm

moins, num. 2. (10) St.

hélium

&

XXX.

T

XIX, On

VIL

ci-deffus, §. 52.

citée

bien

là-deffus

CHRYSOSTÔME,

fur le Chap. I

19. qu'il a déjà

trouve

des

même

dans

chofe s

fur les Romains,

de cette

Epître.

111

I?.

,

GR

0-

U S.

M

3

§.

XL.

À

L

L I v.

Des Peines.

94

II.

C H. XX.

&

des Tribunaux de Juftice , les SoouCiviles depuis l'établiflement des Sociétez procurer l'avantage de la Société Humaine par l'inriiiicverains ont feuls le pouvoir de chacun avoit naturellement ce droit comme nous l'avoons tion des Peines , au lieu que proprement entant que revêtus du pouvoir de commanûder dit ci ^efïus- ce n'eitpas mais comme ne dépendais de perfonne au lieu que les , à ceux qui dépendent d'eux contraire de cette partie de la Liberté Naturelle, par un efcftet Sujets font dépouillez au

fi

,

:

_ de leur dépendance. „ venger les injures faites a autrui , que celles qu i on 2 II eit même plus honnête de dernières il eft plus à craindre qui'un des l'égard qu'à parce a reçues foi-même; palTer les bornes d'une jufte punition , ou du mcoms excès de reffentiment ne nous fade que les Anciens louent fort HerccuStoiflè trop nôtre efprit. Auffi voions-nous les punifjant $ar tout les Mécbam, les Mers, TP de ce Qu'il (O couroitles Terres Antée d'un Bules Particuliers ; délivrant la Terre d'un Princes intbfois , auffi bien que ccomheureux d'autres femblables Tyrans ; rendant ainfi les Etats Dioméde .

.

.

.

.

.

,

&

,

d'un

Grk

me

&

,

,

Diodore

le dit (2)

& faifant

de Sicile,

de très-grands biens à tous

On

le donne à entendre. abfi que l'Orateur (3) Lysias Procrujtès Sciron, Simm, ce quï ua les Brigands,

&

Ci) 'Ew^i rv> °i ;*? r "*ife^~» Diodor. Sic. (Lib. V Cap. LXXVI. pag. orbemterEd H. Stepb.) Hercules nihiljibi viçtt: concupfcendo^fedvmdrcando^Zùm tranjvit, non y

XL.

§.

V

l

XIII. Voiez IsoCRAde Benefc. Lib. I. Cap. 215. Ld H. dans fou Eloge X Hélène (pag. 212 les auffi les travaux loue Stcik) Philon, Juif, l'utilité qu il procurort combats X Hercule, à carie de des Bêle délivrant en , Humain Genre par là au

NF.C.

te,

&

&

mal

tes

-

foirantes

&

,

des

Hommes

dangereux:

Hç*«to*S xvxyxxiCTXT^

Îk**W yh fâ $«**t1m içautmxTHS ****» «J^Çf»"* ,

xhSt tù

De

t

ad Cajum

Legatione

TIUS.

(

,

D.

1005.

pag.

w«"*t»

vveças,



.

) -,

f%*

(Lib. IV. Cap. XVII. P»K- W-), choie: Prufe loué Hercule de la même

èxc^x;.

Tw

rang des-Dicnx,

f

(?) „W

o „V

-tût .*"'

Cîl

(4) Voiez pag- 4, ( 5)

yk ÏT'

*

1 swsçsf

J

*,,.

Plutarq.ue, *

v

dans

Vie

fa

,

Tom.

I.

/

v TleXXx yxÇ d^xc-x; xxhx

39, 340.)

Dans

la

,

même

nous

la

bien:. r

KH- H vxfiv

~ ùv

,

o-

pas

puniffons

ne „

...

-

ttpvc-sv f%cc*x.st»

les

Gens -de-

'

vx-rv^i

v

:

Comparât. Thef.

&

iTww.

Romnl.

I.

Maxime &

Lib. V. Cap. III.

mm.

3.

Grotius.

ext.

-Ztyhxvxs 'émut

(6) Kxi



Ttrarc^i

'A^ccv^sJ

rpiipu», K)ni
De

forttuna A-

dans la ppremiere (7) Cet exemple , qui fe trouve SS'il avoii Edition , n'a été remis que dans la mienne. pas que-* ce ne doute je ne autres les difparu dans , excmfût à caufe des autoritez ajoutées après chaqnne effiqça lans pie , qui furent caufe ou que l'Auteur ^ Impn*. Ices que ou occidunt , penfer ces mots , ùfpites ayej meurs les fautèrent par mégarde. Nôtre Autccur ce qu'on rapporte dess aiicicni fans doute en vue, lies man. Scythes, qui immoloient les Etrangers , & Crânes: geoient, faifant enfuite des Gobelets ^ de leurs. $vù\nu*\ uvrâv £ ^ôrtiros , rùs %*»*! Mr,h ty? zriç) Geog.'aph.

Lib.

VIL pag

.

4<îco.

^

B.

Tarif.} Voiez auffi Lacztanc] Cap. XXI. où il parle des launenS, Enxxm, cha Peuple de la Scytbie , au deffiis du Pwrf d'irmmoler qui il y avoit une Loi, qui ordonnent P^ais : ht Diane les Etrangers , qui venoient dans le gf»to>« , utt U» lex apud Tauros , inhuwumm &f /f»-«wj V 1 D E fait rniention Et immolarentur. us ;, e Lib. 1 tems, cet olage, comme fubfiftant de fon 5;

wy?.

/«/?.

(900.

Z2f».

Lib.

Ed. I.

IV. vcrf. 63 , 64. j Alexanirre le br* (g) C'eft auffi une coutume , qu perdre aux Scyïhes. -Grotius. tj doute lans; a Auteur nôtre qui Plutarouf. , de enlevé Scythes ceci, dit, yf Alexandre apprit aux non pas à les manger: A*w» L «p^ai Trifr. Èleg.

fit

&

Morts, & «pwvrS'A^ia'y^K] les

l'^n^W l'égard

que Tk&& déb(Vcrf ^74, 5750 Plutarql-e Tyrans ; &.que, fens vra IzGrécl de pfufieurs crueîs il ie jcttoit même lui, a mal aucun fait qu'on lui eût Ot* «»*<ç«» bien des autres fur les Médians , pour le dit,

nir

:

'

il

à tâche de? pu-

&

'

le

&

quand

njoûtc-t-il,

(

prit

il

t

de

Jhefeee

/^«

Pièce

demande a JTb part de Créon force qui le mette en état de s'il eft né avec une fée repond , quoui, monde; Tbfe le tout tenir tête à des A echan ,, c r s'agit de combattre avec Héraut envoie de

«rfl»«gw.

:

auffi

a auffi remnarque pag. 97. C.) Vai.e'rf. par la force (de fou que Thé/ce, par fou courage tous les Meechans , bras , domta tous les Monftres, Et quidquid ubique monftri auut Jcclequ'il put trouver virtute animi , ac robore dextrœ , comnmmmt. vis fuit ,

U»»- Strar.

^

x*i*s^*y«$»*™»fi» n ra t XXXI. feu lunebr.

['Hp»*A>s?] >

5-

Supplie? (in/

r 0-

parée qu'il avoit travaille au Fanuthen. Orat.

commun du Genre Humain. (Tom.I.paiî.i87, I88-) Gbotius.

bien

(t

,

v*™™?-™™' «#$»»«

,

**<

(2) 'Ouoius j

nAifa

m) rw

\'>T

«2W&c. **6

loue (4)

Hommes

les

^««ttsw t»? «zniïanw De Fortun. Alexandr. K-..,5;«- L -

delà choie

S*iî9-*«

même,

voiez

&

ce

que

jj

ai

dit

1

:

Liv. \ 1| des Gens , PUFENDORF, Droit de la Nat. Chap. VI. §. 5- Note sraconte qui tTHalicarnafe, (9) Voiez Denys ecoutume quelle manière #emi/e fit abolir cette nnliffircnninent 1 plufieurs autres j rendant fervice

,

Des riir

Méchans

les

comme

,

L I V.

Peines. le dit

il

C H. XX. les Suppliantes

II.

lui-même dans

9? (<0 d'E u-

RIPIDE. 3. Ainfi je ne doute pas qu'on ne puifTe juftement prendre les armes contre ceux Mères , comme faifoient {6) les Sbgdiens, qui traitent inhumainement leurs Pérès qui les tuoient, avant ope Alexandre le Grand leur eût perfuadé de renoncer à cetufage barbare. Je dis la même chofe de (7) ceux qui tuent les Etrangers qui viennent loger chez eux de ceux qui (8) mangent de la chair humaine , comme faifoient les anciens Gaulois, chez qui Hercule (9) abolit cette coutume de ceux qui font le mé-

&

:

:

&

On peut dire de ces fortes de gens qui tiennent de Corfaires. iplus de la Béte que de l'Homme, ce qu'AïusTOTE, (10) diibit mal-à-propos des £erfes , qui ne valoient pas moins que les Grecs ; que la Guerre contreux eft naturelle. On peut leur appliquer aufli ce mot d'IsocRATE: (ti) La Guerre la plus tier de Pirates

,

qu'on fait aux Bêtes ; £f? enfuite celle qu'on fait aux Hommes qui leur refEncore qu'ils n'en veuillent pas à nous ou aux nôtres une aufli grande barbarie, que celle qu'ils témoignent par leurs actions, les retranche du commerce de la Société Humaine, comme Sene'que le (12) dit des Tyrans infignes. Le Genre

yujte

ejl

celle

,

femblent.

,

,

(13)

&

aux Barbares. Pline ne loue pas moins les du bien au Genre Humain , en monftres d'Hommes , parmi lefquels c'éun atte de grande dévotion de tuer des Hommes

Qreet

Romains

d'avoir fait

dctruifant ces tait

&

Oïl ragoût fort fain , de les manger Non fatis œfiimari poteft , quantum Romanis dcbcatitr , qui fuftulh-e monftra , in quibw bominetn occidere religiojijjhnum erat , mandi vero etiam faluberrimum. Hift. Natur. Lib. XXX. Cap. J. in fin. Voiez ce que nous dirons ci-deffous , dans ce Chapitre, §.47. (ito. 4.) L'Empereur :

Juftinien défendit Cotcbide, de faire jets

comme

;

(feu

le

aux Chefs des Abasgiens , Peuple de Eunuques les Enfans die leurs Su-

Procope Gohth. Lib. IV. III. ) & ZoNARE;, Tom.Ul.

rapporte

Hijl. Mifcett.

Cap.

,

dans la Vie de Léon d'Jj'aurie. Les Ynca:s, Rois du Pérou, contraignirent ceux d'entre les Peiiiples voilîns qui ne voulurent pas fe rendre à leurs exhortations à perdre la coutume de commettre dei Inceftes, ou

&

îles aôes de Sodomie , de manger des Hommes , de faire d'autres femblables abominations: par où ces Princes s'aquirent un Empire le plus jufte de tous ceux que nous connoiffons , à la Religion près. G R 0-

T U I

S.

Nôtre Auteur, dans

le

Texte, donnoit

rant de ce qu'il dit d' Hercule Gaulois, Diodore de Sicile;

,

par rapport

ici

pour ga-

aux anciens

où l'on ne trouve rien avoit voulu parler de Denys cïHalicar»«//?, comme il paroît par cette Note, qu'il ajouta «Icpiis, fans effacer la fauffe citation du Texte. Mais cet autre Hiftorien n'eft pas allégué plus à propos: car il dit précifément le contraire de ce pourquoi on là-deffus.

Il

en témoignage.

l'appelle

nous apprend

Il

,

que

iufqiCà

fon tems

l'ufage d'immoler des Vi&imes Humaines à Sutu-ne, fubfiftoit encore parmi les Gaulois, autres PeuUes de V Occident : A«V*« t$j*s $v
&

$

>.StV

Ta KÇOVCO TUS TïxXXtXS

n t2o\lî

hi/uni

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£v u/j\oiS

,'



,



,

CJG-7TIÇ

nxçx KthTciç

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Anti^.

Rom.

Lib.

Oxok

Nôtre

Auteur

I.



ÎV

sis

KxeZ^^Vt TSUS Tùh xçôvx yivt,

se-7riçim

iB-mv , et^goûcvus. Cap. XXXVIII. pag. 50. Ed. a donc confondu les Gaulois,

avec les anciens Peuples iVLtalie, dont il eft médiitement après , qu'Hercule leur perjuada ,

dit

im-

(& non

&

des mœurs des coutumes des Gaulois de fon dit formellement , que , quand ils fe trouvoient , attaquez de quelque fâcheufe maladie, ou dans quelque autre danger , ils immoloient des Victimes Humaines , ou faifoient vœu d'en offrir à leurs Faufies Divinités Atque ob eam caujfam , qui fiait adfeùli gravioribus morbis , quique in prœliis periculùque verfantur, aut pro vittimis homines immolant , uut Je immulaturos vovent. Bell. Gallic. Lib. VI. Cap. XVI. Cice'ron eft aufli exprès là-deflùs , dans fa Harangue pro Fontcio , Cap. X. Voiez là-deffus Hotoman , CiACCONiUSÎj fur le pafiàge de Ce'sar. (10) Aristote ne parle pas précifément des Termais des Barbares en général , titre que les Grecs fes donnoient à tous les autres Peuples. Le paffage , que nôtre Auteur a en vue, eft ce que dit le Philofophe, dans fa Politique , que la Guerre , qu'il regarde comme une cfpéce de Chafle , eft naturellement jufte contre ces fortes d'Hommes qui font naturellement faits pour obéir, ou, comme il parle, naturellement Efclaves H {.Stiçet/TiKY,'] S'il zçrt&cti nçôs te tx S-y.ÇicC, fù TUV XvïjÇUKM OI7ÛI ZTSÇvy.ùTSS Xp%l<&Xl , /A.Y) B-i'hXTIV 0>S Çvost oiKdto)) tÎstov cvlx tov tco'Kîu.ov. Lib. I. Cap. VIII. pag. 304. D. Tom. IL Edit. Tarif. Or il avoit dit auparavant, après les Poètes, que Barbare Efclavt, fait

tems

:

&

,•

:

'

&

c'eftjoutun: Aiô

(HJ

Tav

Tr,v

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BetçÇxçav aX "E&r.)C. r j èîhov ov.

vnsXxixÇocvov ùvxyKciiôrxlov pu»

7TXvlm

IXilx

S-yçim

>

x\$Çù)-Xù»>

ysvôjxsvov

'

,

7t^S

TY.V

$

tw

fovrsçov

,

Efoqvav 7rgos TXS BxçlZxçxs , txs k, ù TtxvTx tov xçévov smÇtstovdicts y/Mu " La Guerre la plus néceffaire C'eft-à-dire , & la plus eft, premièrement, cel35 jufte , félon nos Ancêtres, „le que tous les Hommes font aux Bêtes Sauvages i enfuite , celle que les Grecs font aux Barbares „ , „ qui font naturellement nos Ennemis, qui nous

&

&

dreffent

inceflamment

embûches. Orat. Tanapar là, que nôtre Auteur ne rapporte pas tout-à-fait exactement le fens du paf,,

tben. pag. 460.

On

des

voit

fage.

tat

Eenefic. Lib.

description qu'il

TdV

,

,

BxpSx,,oi/ r

ia.îtx Ta.»

venu, que Jules Ce'sar,

la

os 7roXs/uai>

OUtCtlCTxlov



xyçiùTnlx

pas m'il les contraignit) d'offrir à Saturne , au lieu de Métimes Humaines, des fimulacres d'Hommes, qu'ils jetteroient dans le Tibre. Il auroit dû fe fou-

dans


vxs xP%siv iikos , as TXVT6 QvQ-ii Cap. IL pag. 297. C.

(12) Si non patriam tneam impugnat, fed fiue gravis eft

[Tyrannus], j

& fepofitw

abjcidit nihilominus illum

VIL

Cap.

à

mea gente

,

fuam

exeigi-

tanta pnivitas animi.

De

XIX.

03)

s

I

, ,,

,

£V/

96

L I V.

Peines.

C H. XX.

IL

leur àejhuBion ainfî que s'exprime St. Augus(13) Humain
(a) In Can. JQuod fuper bis

,

Décrétai.

DeVoto:Arch. Flor. III. Part. Tit. XXII.

Cap.V.

§. 8.

&

&

ou

verb.

compm-

ait quelque jurisdicrion fur celui il eft le Chef; la perfonne de l'Etat dont , Quxft. Car ces derniers Auteurs croient , que le droit de VII. tre qui il prend les armes. (b) Select. I. Mais en cela ils fe trompent, effet propre de la Jurisdicrion Civile.. eft

Sylveft.

l'apa

De

liulis,Seft.

II.

num.

\6.

(c) Controv. Illujr. L. I. (il)

Cbap.JI.

§.!.&§. num.

3.

Le pouvoir de «punir vient originairement du Droit même de Naturechoie dès le (d) commencement du premier Livr
;

,

,

Cap. 24. S-

à

un

nir

mon

pour quelque fujet qui n'a point de rapport à la punition. Cependant le fentime mt l'ufage de tous les Peuples , accordent ce droit , non de la plupart des Docteurs , feulement après que l'Ennemi a été vaincu , mais encore pendant le cours de la Guerce ne peut être qu en verd'une Jurisdicrion Civile , re. Or ce n'eft pas en vertu même des Sociétez Civiles, fubtu du Droit Naturel, qui, depuis l'établiffement Particulier à Particulier, dans les lieux où les Hommes fifte encore aujourdhui de ne forment point de Corps d'Etat, mais feulement des Familles féparées. 1. Mais il y a quelques précautions à obferver, pour ne pas abufer de ce §.

&

&

?

XLL

droit de punir.

.

ne prendre pas pour une violation de la Loi Naturelle, quoique reçues de plufieurs ce qui eft contraire feulement à certaines Coutumes même avec quelque raifon. Telles étoient prefque toutes celles , en Peuples par rapport auxquelles on peut dire , avec quoi les terfes différoient des Grecs i Plutarqce, que (1) vouloir civilifer des Nations Barbares, c'ejl chercher un prétexte 2.

La

première eft, de

,

,

A fon

&

-

&

^

»,mon. §

(15) Ceft à Judiciaire

,

l'occafion

qui

des

maximes

ne laiffcroient pas

quand même

on.

l'Aftrologie

de

dit-il

,

,

d'être ab-

que c'eft eu conu que les Aftres

fuppoferoit

furdes , féquence d'un pouvoir reqû de D i F. Critiennent confeil pour ordonner qu'il fc fera des mes énormes. In cujw [ Cœli ] velut clarij/tmo Senatu facienda decerui , ac j}lcndidijima Curia cpimntur fcelera ,

qiialiu fi aïùjua terrena

génère humano Lib. V. Cap. I.

civitas

deccrneret

,

decmicnte filtrat evertetida.

decreyijjetve,

De

Civit. Dei,

procuranda Indo(14) Voiez JOSEPH ACOSTA, de rumfalute, Lib. II. Cap. IV. Grotius. ex caicfa non pum(15) Etiam pojl fufceptttm hélium Editions C'eft ainl'i que portoicnt toutes les tivâ. Fvft avant la mienne où j'ai ainfi rétabli le texte juste' fiifceptum hélium. Le raifonnement demandoit :

,

qu'on ajoutât cet adverbe , qui avoit été apparemment omis par la faute des Imprimeurs. L'Auteur raifonne en fuppofant que l'opinion contraire à la Tienne foit ainfi , dans cette fuppofition , il n'y a point véritable deflein de de Guerre, que l'on puiffe entreprendre à or c'eft contre qui l'on prend les armes ; celui punir

dant

néanmoins ce que fuppofe l'expreflion du Texte, tel D'ailleurs , il y a plus grand fujet de douter fi l'on a droit de punir dans une Guerre entrepripour quelque caufe qui n'a point de rapport à la punition , que dans une Guerre faite à deflein de pucepennir celui contre qui l'on prend les armes : fe

&

dont

,

fe fert

ici

nôtre Auteur

fuppofe

,

comme on voit , le contraire. Il auroit fallu dire , en non pas même. En un mot ce cas-là , du moins , le fens de ce pafl'age me paroit une énigme inexplicaqui a pu être (i ble, fans le mot que j'ai ajouté,

&

&

facilement omis initiales

mot

,

à caufe de la reffcmblance des lettres

Du moment

du mot voifin fufeeptum.

eft mis-là

,

il

n'y

a plus

de difficulté

Car

,

que ce

&

l'on

fuppofoit la Guerre injuftement entreprife , cette injuftice du fujet de la Guerre feroit qu'il y auroit moins lieu de Au refte s'étonner qu'on n'eût pas droit de punir. que nôtre Auteur ne fe foit il ne faut pas s'étonner, point apperçu de l'omiffion , dans les nouvelles Editions qu'il revit : nous avons vu ci-deflus , Chap. XII. de ce fent

Livre

,

du raifonnement.

force

la

§. 10.

une omiifion

toutes les Editions;

&

certaine ce qu'il y

,

fi

l'on

qui fe trouve dans a de remarquable,

mot qui manque là eft l'adverbe oppofé à & dont les lettres font prefque celui qui manque ici injuftè. je veux dire les mêmes

c'eft

que

le

,

,

,

:

qu'il eft.

mot

le

_

XLL (0

dans l'endroit, où cenfurant démefurée de CeJ'ar & de Pompée , il dit des triomque , s'ils euflent voulu des trophées phes, ils pouvoient s'en raffalier, en faifant 11 Guerre aux Par thés & aux Germains, fans parler .les Scythes èc des Indiens, qui ieur auraient donné beaucoup §.

C'eft

l'ambition

&

Il ajoute, qu'ils auraient eu un b-'au préd'ouvrage. texte d'attaque* ces Peuples , favoir le défir de les civilifer

:

,

Des

H

LlV.

Peines.

Ch. XX.

97

XLIÎ. Il faut prendre garde, en fécond lieu de ne pas mettre légèrement au nombre des chofes condamnées par la Nature celles qu'on n'eft pas bien allure y être & qui font plutôt défendues par quelque Loi Divine Politive. Telles font contraires peut-être les conjonctions (1) charnelles hors du Mariage, & quelques-unes de celles ,

§.

,

,

qui font qualifiées incethieufes comme aulîi le (2) Prêt à ufure. diitinguer les Principes géné§. XLI1I. 1. Une troifiéme précaution eft, de bien raux du Droit Naturel comme celui-ci Qu'il faut vivre honnêtement c'eit-à-dire conformément à la Raifon; & quelques autres principes approchans de ceux-là mais qui font d'une évidence inconteft able tel que celui-ci On ne doit pas prendre le bien ;

,

,

,

,

,

,

,

foigneu Cernent ces Principes, d'avec les conféquences qui s'en déduifent. Car entre ces Conféquences , il y en a qui font aifées à appercecomme la défenfe de (1) VAdultère en fuppofant le Mariage : mais il y en voir

d\mtrni

de diftinguer,

y

dis-je,

,

a aulîi d'autres plus difficiles a découvrir par exemple celle-ci , Qiie la Vengeance, Il en elt ici , à peu eft vicieufe. ou l'on ne fe propofe que de rendre mal pour mal près, comme dans les Mathématiques , où l'on trouve des notions primitives ou qui iî lécoulent immédiatement des primitives ; enfuite des Démonitrations fi limples qu'on les comprend & qu'on y aquiefee d'abord ; & puis d'autres qui , quoiclaires ,

,

mue

,

1

&

,

,

pour tout le monde. on exeufe ceux qui n'en ont pas eu connoiilànce , ou qui n'ont pas été en état de les comprendre de même quand il (a) Voiez s'agit des Loix Naturelles, (a) il eft jutte d'exeufer ceux qui les violent, à cauiè de la Car comme ^x'n,' foibleflè de leurs lumières (2) ou par l'effet d'une mauvaife éducation. J£ l'ignorance de la Loi difculpe entièrement, lors qu'elle elt invincible ; elle diminué la 48.

que

2.

vraies, ne font pas d'une évidence manifefte donc , en matière de Loix Civiles

Comme

,

:

,

,

'

même qu'il y a

quelque négligence de la part de celui qui a ignoré la Loi. Et c'eft pourquoi Aristote compare les Barbares, qui, faute d'une bonne éducation, pèchent contre les Loix Naturelles , (3) à ceux dont les défirs font déréglez par l'effet d'une maladie. 3. Ajoutons enfin une réflexion importante, que nous mettons ici une fois pour tou-

faute

tes

,

,

lors

c'eft

que les Guerres;

uniquement pour punir font

entrepiïiés

fufpecles d'injultice

lors lifer

:

fti\ v

wç«$«<7
ùx.

$

x,

Ykv^i'x

xh£oÇ

,

humfOm

îiutçZrctt

îçyw

,

Uhi



^

ru fixçÇxÇix.x.Vit.Pom-

Tom. I. pag. 656. D. Edit. Week. XLII. (0 Astf/rius, Evêque iVAimfée , dit, que ceux qui n'ont égard qu'aux réglemens des LégislalaiiTent la liberté de commettre imteurs temporels , punément des fornications tit roi? r5 tit'x thth tejxe-

peji

,

§.

:

B-hias zrçocrtxivTi;

,

xmîô-vvov xfvrxteiTMTt

1

rr, ;

zroÇvetxs

Voiez un palTage de St. Je'rôme , ad Oceanum , que nous avons cité ci-deiïus, Chap. V. de ce Livre, •§. $. (Noie 9.) Grotil'S. réduit (a) Le Prit à ufure , confuléré en lui-même , à fes juites bornes , eft très-innocent & par le Droit de Natnre, & parle Droit Divin. Nôtre Auteur l'a reconnu depuis , comme nous Pavons remarqué ci-delTus, Obap. XII- de ce Livre , §. 20. §.XLIII. (0 Phuon, Juif, dit, que l'Adultère •eft puni par tout Fais , en forte qu'on permet même fans autre forme de procès , .de tier fur le champ , ceux qui font furpris en flagrant délit mçi yxç tZv xXA«v (uB-éres hxtptÇsrB-ai , ftôvov tS.9- 6/xoyv&>/aovîsù>exy,o
tfarfay.

&

:

1

553. B. Edit. Parif.) Le Jurisconfnlte Ulp en fait regarder l'Adultère comme une chofe Ut puta Furtum , Adultenatiuellement deshonnéte : riutn naturà turpe eft. Digf.st. Lib. L. Tit. XVI. De
Jofejh. (pag.

Tom.

IL

qttod pubertatc defable : Quunt alias aiulterii crimen , N~am £j* mulieres in jure linquitur , non exeufetur œtate.

teneri , fupra dicîum eft , nuflam babere pojjtnt excufu~ Ad Leg. Jul. de AdulSelon LAÇTANCB, l'Adulter. Leg. XXXVIII. §.4. tère eft contraire au Droit commun de tous les PeuSed hoc prtecepto non foluvt ples : Item non adulterare. corrumpere alienum matrimonium prohibetur , quod etiam communi gentium jure damnetur ; veruin etiam proftitutis corporibzv abftinere. Epitom. Inftitut. Divin. (Cap. V.

errantes

quum

incefti

,

crimine non

in adu/terio commijj'o

Lib.

tionem.

y.uin. 15. )

XLVJII.

Tit. V.

Grotius.

(2) St. Je'rôme remarque que parmi chaque Peuple, on trouve conformes à la Loi de Nature, les maximes dans lesquelles on a été élevé Et in ontni converfahoc eant natura; legem put are , tione unuqiucque gens quod didicit. Lib. IL udverf. Jovinian. (Tom. IL pag. ,

:

.

.

.

Edit.BuJU.) Grotius. toÏç e^ è| eS-s? (5) Te7f ,uh èi tpûc-et

7$. B.

'

'


....

>OFij ux rûç ££»»< To7f (B-tÇoUil/Otï IX, VxiiïeJV h' &«?. Ethic. Nicom. Lib. VIL (Cap. VI. pag. 91. B.)

oiov

Plutarque

dit

,

qu'il

&

troublent

l'Homme

turelle

Hoù

:

,

y le

des Maladies de l'Ame, qui mettent hors de fo:i aflîette naTqÇ ^v^r,? tx xxtx (pua

zrxêti

>

av i^içxrrx tov xv§ÇU7rov. G R O T I U S. que nôtre Je ne trouve point le dernier paffage Auteur cite fans marquer le Traité de Pluta&que, ,

,

d'où

il

l'a tiré.

N

(4)

À

,

,

Des

9g

Peines.

L I v.

C H. XX.

IL

Crimes très-atroces & de la dernière évidence ou qu'il n f autorife à prendre les armes. Mithnia pas en même tems quelque autre raiibn qui date, dans un difcours que Justin lui prête, dit des B^mains peut-être avec aflbz I{gis crimes des qu'ils en voulaient mais à leuir de fondement (4) que ce tfétoit pas aux

lors qu'il ne s'agit pas de

j

,

,

,

,

puiffmce

&

à leur mujejlé.

Crimes que Ton commet contire mène §. XL1V. 1. L'ordre nous Dieu: car on demande , s'il eft permis de faire la Guerre , pour punir ces fortes de mais il fuppofe Covarruvias traite affez au long (a) cette queftion (a) -R'hiL Crimes ? in Cnp./w après d'autres que le pouvoir de punir n'appartient qu'à ceux qui ont une jurisdictioin, tum Part.II. infliger ils veulent qui à quelque Peine ; ienttipr0 p remen t ainii nommée fur ceux à traiter des

:

,

.-

,

w^^wv &wi, wiuv^ww **~ •*««—»,, manière {ij unirez un ju*/* «* '-^y- *"~-»'j~*~ Puiffance Souveraine, eft chargée, outre le foin de fon Etat en particulier , du foin de ce qui regarde la Société Humaine en général. ceux qui croient que les Guerres entrepiri2. La principale raiibn dont fe fervent c'eltque Dieu faura bien punir les Crifes pour le fujetdontil s'agit, fontinjuftes, mes commis contre fa Majefté Souveraine ; félon ce mot que l'on allègue commuinément: (2) Cejt aux Dieux à venger les injures qu'on leur fait ; Se cet autre: C3) Dieu vengera ajjèz le Parjure. Mais on pourroit dire la même chofe de tous les aucependaints Car Dieu eft fins doute allez puiifant pour les punir; tres Crimes. de l'aveu de tout le monde , les Hommes peuvent les punir légitimement. la raifon pourquoi les Hommes puniflént les autres fortes 3. Si l'on réplique, que de Crimes , c'eit parce qu'il en arrive du mal ou qu'il peut en arriver aux autres Hommes je répondrai , que l'on ne punit pas feulement les Crimes qui nuifent directement •

&

;

à auRegum illos , fed vires ac maje(4) Qw'Ppe non àeliSîa Lib. XXXVIII. Cap. VI. mon. 1fiatem hijequi. (1) Ti}» x(*.9'oA/jm»v zri7ririvftî)>oi. C'eft §. XLIV. ainfi qu'ils l'ont appelle/, dans les Conftitutions attribuées à St. Cle'ment. On trouve dans Si. CYPKXEN, que tous les Evêques doivent veiller au bien du Corps de toute l'Eglife , dont les Membres font réOmnes enim nos decet , pro corpandus en divers Pais cial

Ecclefia

membra

Fatnel.

cujus fer varias quasque provinEpift. XXX. Edit. , excubare.

,

digejla finit

Ce Père remarque ailleurs Fell. ) qu'un feul Epifcopat, dont chaque Evêque

(XXXVI.

qu'il n'y a

pofféde folidairement une partie : Epifcopatw «nus eft , De unitate Eccujns a Jingulù in folidum pars tenetur. On voit auflî dans fes Ouvrages , elefiœ (pag. 108.) divers exemples de ce foin univerfel de toutes les EIl y en a fur tout un remarquable dans la Letrlifcs. Voiez encore St. tre LXVII. ( LXVIII. Edit. Fell. ) Chrysostôme , dans l'éloge qu'il fait de St. Euf-

GrOTiUS.

luche.

un mot

C'eft

(2)

,

que

Tacite attribue

à l'Empe-

Deorum injurias, Bits cura. Annal. reur Tibère: lib. I. Cap LXXIII. nnm. 4. favoir ALEXANDRE 8l(5) Un autre Empereur , VE're, fe fert de cette raifon pour juftifier l'impuniRomaines accordoient: té du Parjure que les Loix Jurisjurundi contemta religio , fatis Deunt ultorent haCod. Lib. IV. Tit. I. De rébus creditis &c. bet. .

la doctrine de ce eft bien conforme à & aux maximes qu'il donne en divers enmais je ne trouve nulle part les paroles mêmes , que nôtre Auteur lui attribué , & qu'il ne donne qu'en Latin , ni ici , ni dans fou Traité De Imperio

(4) Cela Philosophe, droits

:

Boecler

une

circa Sacra,

les cite

DifTcrtation intitulée , Tom. IL pag. 485. Mais

endroit ce qui fait autre examen , comme cela à d'autres. :

eft

arrivé fouvent à lui

&

TSto

($.)

:

pore totiu;

Le Cap. I. §. 15. précifément de même , dans Romu fub feptem Rcgjbits , il n'indique non plus aucun fans voir qu'il les a copiées d'ici ,

Sunrmarum Pstejlatum Savant

f*îv

toi tT>x.cf ànae-ys zriei

Qeâv

p.o3-s
ïçfttTfitci

reîniSQ-t.

Adverf. Colot. pûg. 1125. E.

[tjjii

Konuvtxç

tù,

no-

....

xvx-

Tom. IL

Edit.

ciôfcxv]

Wecb.

£

iïstruo? àhvToS iv00 O/Argo» yxp x\v
voixç tçuTiKYiç

&

feul

yiçon

Dieu ,

y

aW/ov ei tS? -Bigi tS ©f5 evos :

o/xovoixs to uvo/tcctov >^ /uico£<* > »

otx zsi\y*s ,

tvarucy )C, àhu'KvT ai tptXioç. xixpwrtci loi Évpciioij zrçoS «AA^Aa?. De Forti'tudin. '(/;«£. 741. D. E. ) Joseph dit , que le meilleur moien d'unir les Hommes , c'eft même 0de faire en forte qu'ils foient d'une feule pinion touchant la Divinité , fans avoir d'ailleurs une manière de vivre & des mœurs différentes To yxç fiimi fMv t%nv )ù. Tr,* cc.ùr/,v àoçxv zrtçt ©«5 » Tu, fitçp oi x,xl.x{çr,v h t&it£ Ton iB-ttrt jxr,^iv uXXy^u» hccÇipuv Contra Apion. Lib. (T/v xvfypcïynm o-v,u
&

:

,

&

&

LlV.

Des Peines.

Ch. XX.

II.

99

&

à autrui, maïs encore ceux qui nuifent indirectement par conféqnercce , comme l'Homicide de foi-même, la Beftialité, quelques autres. Or, quoique la Religion tende par elle-même à nous procurer la faveur de Dieu, elle a auffi une trèsgrande influence fur ce qui regarde la Société Humaine. appelle la Religion d'une honnête Difcipliue. P L u(4) le rempart de l'Autorité , le lien des Loix

&

Platon

&

,

TARQ.UE

dit,

qu'elle

ciment de toute

&

du Pouvoir ejl le charme le plus pour unir les cœms des Hommes , tôt lien indijfoluble d'Amitié. L'Impiété produit des effets tout contraires. Un Poète Latin dit , (7) que l'ignorance de la natuire des Dieux ejl la première caufe de tous les Crimes. PLUTARQ.UE a remarqué

PH

Législatif.

1

N

lO

,

eft

le

(ï) Juif , dit, (6) que

Société,

le fo/rtien

d'un feul Dieu

le culte

\puijfint

,

tque toute Erreur en matière de Religion ftajjlon s'y joint

elle

,

ejl

pernicieuse en

elle-même

De

devient pernicieufe au dernier point.

m'eus

,•

vient



que,

(8)

quand

la

Chry-

que

ssippe, Philofophe

Stoïcien, appelle la Loi, (9) la Reine des Chofes Divines &? HuEt les Jurifconfultes Romains définifTent la Jurifprudence , (10) une connoif-

miaines.

jûmee des Chofes Divines @* Humaines. Auffi A r i s t o T £ regarde-t-il comme la prémiiére la plus importante partie du Gouvernement, (11) le foin de la Religion. Cyrus difoit , au rapport de Xe'nophon, (12) que les Sujets lui obéïroient

&

dl'autant mieux , qu'ils craindroient plus la Divinité. Le Peuple , au contraire , araindra moins, félon (13) ARISTOTE, d'être traité injuflement par un Prince religieux.. 4. Ces effets de la Religion ont lieu non feulement dans un Etat , mais encore chans la Société générale du Genre Humain. dans l'Odyjfée, oppofe à *hes gens injujïes JMivages , (14) ceux qui ont des fentimens de Religion. I£ e'ron dit , (1 f) qu'en banniffmt la Piété , on détruit en même tems la Bonne Foi Ê? la Société du Gewe Humain i par conféquent la Jujlice , qui ejl la plus excel-

Home're

&

C

&

lents

Jambmqïï

tmii eft plus à propos

après

ou

&

tu „

c'eft ce que dit ; e, que la connoiffance des Dieux, , Religion en général , eft le comble de la Verde la Sageïïe , du Bonheur 'h /xiv yx\ yyZ-

les Pythagoriciens

h

&

&

tu» &ean> , ùçeT-l) rî içt , tùj rotpûc , >£ evïxt uovix reÂsiat. Protreptic. Cap. III. pag. 7. Edit. Arcer. Qj) Heu pritttte fcelerum caujfœ mortalihzts agris, nefeire

Deûm.

Si lius Italic. De 794, 79S-)

Joseph

Punk. {Lib. IV.

verf.

recherchant la raifon pourquoi

Dieu,

&

Eyeo

:

ftïv

iyxo'hx^xvw ro ju,r re ty.v cc^k&h tS xvtuh tȔ yo/uoS-iru; , fifa' ,

©f 2

(pyro- è| elçzjjs cvnê'ety

«
kxi XxÇtiv viïvrifrrpxv

,

t

ÛKÇiGïj yvutrn è(cçt'
nÇos t'xto zroiY
&

qui eft très-bien penfe. , G R. O T 1 u s. (8) A7fct
qui fuit

f)

V

'

,

RE

,

» ^| 3

^

zrx$-ȍ Ts-pce-en

,

Si

PH

,

1

ejl

-bçutm

D

I

G

E S T. Lib. 2.

§.

tk> Vtfl rc (dslt* £T<,t*éPolitic. Lib. VII. Cap. VIII. if» KxXio-tï ispxrux*. L o N , Juif, fait confifter l'art de régner , à

,

,

& particulières &

les affaires

K«i z-pxyftxTu* ièiUTiKZ*

:

De

&c.

fmf/.i\eix¥

,

,

creatione

Justin,

:







(

n

,

.

XL

'Hs

oi

Lib.VL us, $76.

OdyrT. verf.

,

xxî
verf. 120,

(ij) Atque baud fcio :

atque humanarutn re»

&f Jure, Leg. X.

Juflit.

publiques , Se , >C nkJ \y.or\u» Magiftratus , Çpag. Martyr, exhortant les Empe73 3. B.) reurs à prendre foin de la Religion , leur repréfente, que ce foin eft digne d'un Prince Bxe-iXtxà» x» >ù tkt# Voicz ce que dit C O V A R R U V 1 A s", Retpye» eiv. leéi. in Cap. Peccatum , Part. II. §. 10. G R o T 1 U S. (12) 'o ce Ktpoç T/fi- tm .ue9-' xvtS lùa-îQux» tù, ix'jtu xyx^-on Mo/uiÇe . fAaj^c^T» } et kmtsç et xu»uo» V7t* tuv Tct&rav > ex» àiKrtixtf*ovx vouiLpxTiv etvxt tsv xS~ %o*tx , >£ {pçetTt'Çetv tu» Qtu\. Politic. Lib. V. Cap. pag. 409. E. (ï4) "H f eï y ÙQ^itxÎ tî >£ ctyçtoi > èhèîxxiot i pZv

Wecb.

(9) Le paflage Je ce Philofophe , tiré de fon Livre fur lu Loi , fe trouve cité dans le D 1 G E S T E 'o *»'Hos Ttxiruv f r< fixTtXsùç , Bst'uii ti kxi xv&puiriwv nexyneirm. Lib. I. Tit. III. De Legibus &c. Leg. II.

àivinanm

jufli atque iniujlifcientia.

De

Yliffsrre» di >£

gouverner

juazÔiipéTxrov (c'eft

ainii encore qu'il faut lire , au lieu de uoy^pirspov , fur le même Mf.) De Superflu, init. pag. 164. E. Tom. II.

Xetx»

,

I.

(il)

facrees

Belle

pluileurs Etats anciens étoient mal pelicez , dit que ce, la vient de ce que les premiers Législateurs ni n'avoient pas connu la véritable nature de ni ne s'étoient pas mis en peine de faire bien connoître ce qu'ils en f envoient comprendre, de régler là-deflus leurs

Loix

turtitia

Tit.

I.

:


Naturam

Cio) Juri/prudentia

mm

ta

,

,

vôos èri Ssa^r,;

121.

Voiez

un pictatc adverfus Deos fublct~

fldes etiam £jf focietas hianuni gentrit

letitijjinm

Lib.

I.

virhtf

Cap.

,

juflitiu

,

5

auffi Lib. VIII.

tollutur.

,

£
una

excel-

De Natura Deorum,

H.

N

2

(16-)

Des

loo

Liv. H. Ch< XX,

Peines.

comme

fondement de la Juftice, (16") Et une preuve bien claire de cette vérité, c'eit qu' Epicure aiant nié la Providence Divine, il ne (17) laûTa qu'un vain nom de Juftice car il en rapportait l'origine uniquement aux Convenque les régies de la Juftice ne tions que les Hommes font enfemble; il difoit & que il l'on doit s'abitemr fubfiftent qu'auffi long tems que l'utilité commune On trouve là-delfus des de faire du mal à autrui ce n'ett que pour éviter la peine. Vertus

lente des

regarder ailleurs

II fait

le

du Souverain Maître du Monde.

la cotmoijpatce de, la volonté

:

,

,

,

,

D

Laerce. 1 o g en e paroles bien expreffes de ce Philolbphe, dans (18) y. L'utilité de la Religion eft même plus grande par rapport à cette grande Société de tous les Hommes, que par rapport à la Société Civile; parce que, dans celle-ci

Loix

les

,

&

,

moien qu'on

le

fuppléent en , Société univerielle

a de les exécuter facilement

que, dans

partie au défaut des impreflions delà Piété: au lieu

la

de fe faire rendre ce qui nous eft dû p uis armes ; & il y a d'ailleurs très-peu de Loix lefquelles même tirent principalement leur forétablies d'un commun ce de la crainte d'une Divinité ; d'où vient que ceux qui violent le Droit des Gens, Ce n'eft donc pas fans raifbn, font dits ordinairement pécher contre le Droit Divin. que des Empereurs Chrétiens ont dit, (19) que corrompre la Religion eft une Chofe que l'on doit regarder comme une offenfe faite à tout le monde. §. XLV. 1. Pour traiter à fond cette matière, il faut remarquer, que la vériqui a été commune à tous les Siècles , eft fondée principalement fur table Religion Le féw* fad Dieu. Le premier , Qu'il y a un Dieu , ces quatre principes.

du Genre Humain

il

,

efl très-difficile

que confentement

qu'on n'a pour

cela d'autre voie

,

les

,

,

cond

troifléme

&

Dieu

Que

,

riejt

rien de

ce

que l'on voit

Qu'il prend foin des chofes humaines

,

&

,

Le Le qua-

mais quelque chofe de plus relevé.

,

en juge très-jujlement.

qu'il

triè-

me') Jufiitiam etiam adfert , quutn cognitum habeaf, Dvntini numen , qua volunquod fit fummi ReHoris De Finib. bon. & mal. Lib. IV. (Cap. V.) Justin, après Trogus Pompée , loue les anciens Juifs [ou plutôt leurs Rois , qu'il fuppofe mal-à-propos avoir été toujours Rois & Sacrificateurs en même tems] île ce Quorum qu'ils méloient la Juftice avec la Religion

VII. num. 25.)

[ Regum , corumdcmque Sacerdotum ] juftitià religione (Lib. XXXVI. permixtà, incredibile i/uuntutn coaluêre. donne le même éloge Cap. II. num. t6.) [aux Si'îcefienrs île Mo'ife jufqu'à un certain tems]» véritablement pieux d'avoir été juftes Oi fet fex-

quia

&

tas.

:

(17)

ment parce

feiecy.ivei

,

Xpâvxs

t&iv

:

twxs

îv

to7s uvto7s feîfisivon

,

fe-

Geoy* 3-imtsÇsÏs ùs xXvS-Zs ovres &c. graph. (Lib. XVI. pag. 1104. Ed. Amfl. 761. Ed. De placitis Hippocrat. Parif.) G A L ï E N , Lib. IX. (ff Plat, remarque , qu'on agite bien des queftions fur Ktiio7tiiczyxvTiç

C

&

fur la Nature Divine , lesquelles ne ferMonde vent de rien par rapport aux mœurs j mais il recennoît, ^uc la queftion touchant la Providence eft d'un trèsgrand ufage par rapport aux Vertus & publiques , particulières. Juif, dit, que la Piété, l'Humanité ou la Juftice, viennent d'un même ca/aftére d efpfit T?î yxp x
&

PhiloN,

&

:

>ù zrtpi Ton xvrov fx-Utspov , oirtuT^t , Ofov , ctKXio
ti*x: *ù ÇiXxvB-pnr>ro> ttiv

irOs;

LAGTANCE

De

:

Deum

,

fumma

cujus Copiitionis h&c

ignorât utique juflitiattt

quomodo enim

pote/l

ignorât? Inftit. Il dit ailleurs

,

,

qui

nojfe

,

Divin. Lib. V. (Cap.

que

lïgiou: Religionis

eji

efl

,

D

religimiem

eam ipfan

qui

,

ut CoLts cttm,

non tenet. I unde oriatur,

E

XIV. num.

\1.)

Juftice eft l'effet propre delà Repropria Juftitià. De Ira Dei , (Cap.

la

Il

difoit

&

que,

T

I

,

Illic

:

nibiljujlum vitari metus

U

S.

(l$)

T

1

ù

S.

Sene'que

fe décla-

dijjhitiumw cum E ? 1 c u R o , ubi crimina vitandc, ejft, natura , Epift. XCVII. G R onon pojjit.

&

ejjc

^

t

OvKyrTt xxt

x^Xuv

utr

R o

qu'il n'y a rien de jufte naturellel'on doit s'abftenir des Crimes, c'eft inévitablement accompagnez de la

du châtiment, fur quoi

re contre lui dicit

G ,

fi

font

qu'ils

Crainte

Sïêabon &

;


ixvro fexxtoevtri > x?& » kx9~ o,ui^sXf OYiirmi ,

h

-txlt

to-

tdi/

rivx zroieu&xi tiyrtp r$ (in JïXx7rn,)i , il xfexiot > » x-xS sxvt/,v xxy.ov , UXb.' h tS &)\xisT£c&-xt. -Ttmrut kxtx r^v înro'^'ixv ÇoCû> si W-r, Xr.rti VTtip icpiçiiKbTx? x.oXx'ïûs. Lib. X. §. i>o, iji« (19) Qiiia quod in Religionem divinant comntittitur , 5T»f c-vrS^'xsv

H

rm

in

De

omnium fertur injuriant &c. C o d. Lib. I. Tit. V. Mais l'infeription fe.ile de Hxreticis &c. Leg. IV.

M

&

HoNOUUS

O s ce Titre fait voir qu'A r c A étendoient leur maxime beaucoup plus loin que nôtre Aut-eur n'a en deffein de l'admettre ; puis que ce qu'ils appelloient un crime de Religion conliftoità ne ras re* cevoir toutes toient

les

opinions

emparez de leur

des Eccléfiaftiqtics qui s'é-

efprit.

Lettre iï Agrippa à l'Empereur §. il parle là de la peilféc où avoient été de Caligula ; tout tems les Juifs fur ce fujet : T#c fe àâpetTe» »ixovcyexésïv , y hx7rXx-rltèv , %% 0
XLV.

(1) Dans

la

&

'

TS7X.SVX7S

©ia».

marque

,

fe

l

ro

fA.7)

vo/xt^siv

âv^ufli uoçipov

WSti TOV

In fragment, (è Lib. XL.) Dion Cassius rela même chofe; 'Qv$: Hyxfyut ovfe» h m,Woï; >

Des

&

tricme

dernier

Liv. IL Ch. XX.

Peines.

Qite

,

Dieu

même

ce

loi

Créateur de tout ce qui

le

ejt

hors de

ejî

_

lu*.

Ces quatre principes font contenus dans tout autant de Commandemens du i e u le Le premier Commandement établit clairement l'unité de Décalo<*ue. fécond r fa nature invifible; car c'eft pour cela qu'il eft défendu d'm faire des imacomme des Paiens (2) ges ou des îtatuës ; comme le dit (i) P h i l o n , Juif, 2,

D

:

&

,

même

Le

reconnu.

l'ont

troifiéme

Commandement donne

entendre la connoif-

à

humaines même de nos penfées ; car c'elUà le i e u à témoin de ce qui fe patTe dans lequel on prend fondement du Serment & l'on fe foûmet en même tems à fa vengeance par où l'on dans nôtre cœur Le quatrième Commandement nous rereconnoît auffi fa Juitice & fa Puiflànce. préfente Dieu comme Créateur de tout l'Univers, en mémoire de quoi (3) le & cela de manière que le Législateur en exigeoit l'obfervation Sabbat fut inftitué que de toutes les autres cérémonies. Car quand on avoit manplus exactement qué aux autres cérémonies qu'on avoit mangé par exemple des Viandes défenon étoit mais fi l'on violoit le Sabbat la peine de la Loi étoit arbitraire dues puni 'de mort fans rémiffion parce que la violation du Sabbat étoit cenfée emporLa qualité de Créateur du Monde inter une abjuration du dogme de la Création. la Puiflànce de Dieu. finuë, au refte, la Bonté, la Sageflè, l'Eternité, &

&

fance

le

loin qu'il a des chofes

,

D

,

;

,

,

,

,

,

,

,

:

,

,

De

3.

ces idées fpéculatives

comme

naît des idées pratiques, C'eft lui obéir. ,

il

celles-ci

,

Qu'il

&

pourquoi Aristote Dieu, ou aimer fes Père & Mère, fi quelcun nie qu'on doive honorer dit (4) que nbnpasde raifons, mais de châtimens. Et ailil faut fe fervir, pour le convaincre qu'en matière d'autres chofes ce qui paflè pour honnête dans il remarque, leurs,

D

faut honorer

1

Eu

l'aimer

,

le

,

fervir

,

,

,

(5)

un

triri Titt 'liPtroXvuaiç

t
'

x\ùm~o\i Si

Lib

S-gu«-jM«/V«.

TACiT

Et

ieiiipint. terii:

V.

XXXVI.

-

"s

>

mente folà

Jiulsei

:

in Jpecies

,

n.

F.

PfQfeïïSî

(2)

homimtm

nôtre Auteur le

nomme

au rapport

difoit,

Décaloguc']

unumque numen

in-

,

Strabon,

8.) Voiez auffi 1104. A. Ed. Atnfl.) Le Philofophe Antiflhéne

comme

,

mortalibut maeffingant. (Hift. Lib. V. Cap. Geogr. Lib. XVI.

G

(pag.

XuSyi àcv-





qui DeÛItt imagines

,

S'y

içnnrôrxrx xv$P,ûi%ciiv (pag. 41. E. Ed. Steph.)

ro» [©sev tvx] yeui^ovreç livxi

R o

T

i

u

s.

[& non

pas Antipbane, dans fon Explication du

Cle'méNT d'Aleinvifible, & ne refiem-

île

xandrie, que la Divinité étant aucune chofe qui tombe fous les fens

blant à

perfon-

,

©foc »£ne peut la connoitre par quelque image Çtitriv ['A»T | itxins Svvxrui. femble avoir Pcnfée, que Edit. Oxon.)

fte

:

-

,

f

Sêne'que

Jpfe , qui eu trac'lat , qui condidit , qui totunt hoc fundavit , deditque circa fe , majorque eft pars operis fui (K melior , ejuçit oculos , cogitatione vifeudus eft.

empruntée

:

Plutarqu

e Nat.u. Qiiaeft. Lib. VU. Cap. XXX. expliquant la raifon pourquoi Numa Pompilius ôta des Temples les fimulacres de la Divinité, dit, que ce fut parce qu'il eft injurieux à la Divinité de la Faire qu'on ne refiVir.bler à des chofes aii défions d'elle , Oirei peut d'ailleurs la concevoir que par la penfée

&

:

SxwXvirei xv^PanouS^ K. ^uatio^av t'ixôvx Qsz P&>vù/xiÇtiv .... ùç an ocrton x^o/xaiav toc. lisXrtovx rôti yiîpoir.» , an iÇ>xTsn&xi ©5» èwxrov xjîmis n vo^tsi.

St

t

uxiuç

(pag. tff.'B. C. Tom. I. Ed. Wech.) Voiez fur ce que fit d' llalicamajfe , s par rapport aux repréfentations corpyrelles de la Divi-

Vit.

auffi

nité.

Num.

D

G

11 n'y

B

Numa

N Y

R o

T

i

u

dans

DsNYS

XHaiicarwJje.

fi cela fe trou, comme Romaines , avoit tiré le fait de qui pourroit bien avoir pris un Au-

qui y renvoie

,

voit dans fes Antiquitez

Cyrille,

St.

car il fait honneur , comme P l uteur pour l'autre t A r q U e , à la Philofophie de Pytbagore , du foin qu'eut Numa de ne point mettre de Simulacres dans :

Temples

les

:

Yty?xÇn rUtin

vioi à 'AXtx-xçvcta-ivç > Ti3-ur-à<; , en repir»)

xvrots ùhv.

iv

inxivsiv «;|i»

ro

5-iiov

5

>$

/lcih

xj

ETtiàr,yà% oXas i ri

uoç0î)

vX

xvrS

ttipi

t«î 'Pufiaiw

tic

[Nx^j

rr,v

Aiovj-

tfo^lctç su fx.c\xo~vv-

votxf toçvtruTO

liçtrxç ai

»

r>v

ri Ùvàxyôçx


froy/AXTav

xviihovgùv

ix.îtvx

,

&C.

xTtxv qftdtÇ>)X4S vrtiXot fiezvs

Contra Julian. Lib. VI. pag.' 19;. E. Edit. Spanbm. D E N Y s cC Halicarnajfe , au contraire , s'attache à faire voir, Lib. II. Cap. LIX. que Pythagore a vécu qu'ainii celui-ci ne quatre générations après Numa ; fauroit avoir apris la Philofophie de l'autre. (3) C'eft ce que remarque l'Auteur ancien des Ré-„ ponfes aux Orthodoxes : 'tvx »v
Or

&

>

xT^aiv iv^t7Kim trx£;s rov iTtrx xçid-uov iv rï, 9-iix y^tc-

$K

.

Refp. ad

G'r o ti u

jQuwJl.

LXIX.

Voiez ce

qui précède.

s.

^

(4) Ou x»Trtn xïk

Si izxv wç«oA)).t*(*

àSi zrxrxv &î
)

nv xnoefl rùç &iiss Tit1 ** » *è T8f ywtïs xyx7tx» > v x x-oTo'pic. Lib. I. Cap. XL pag. 187- E. \xrsas Stovrxi. '

pr, fcoXxricos

Pov

,

S'il

Tom.

•>

I.

Edit.

Parif.

Cf) Oiov tov axripx

Xx •fis

Tis-i

y.xXov

©îàî tiuuv

yxç xxXôv hù,

s.

a rien là-iUffus

Nôtre Auteur

irjxi

B-vit»

8*

>sk

>

ctP,ï-

içeli y.xXov sivxi

X7tXeai

*.x\iv

,

xX-

xXb,x ro

oe/rXÛS JtxXiv y.r,o'r,v n^oçirns pag. 205. A. Ibid. Lib. IL Cap. ,

'

iç-:s

,

XL

N

3

OO

Des

ïo a un lieu

XX.

Ch.

II.

dans un autre ,

tel

mais que

par tout pais

,

il!

,

la Divinité.

honnête d'honorer

elt

LlV.

Peines.

comme

pas regardé

rfeft

La vérité des principes de Religion , que nous appelions fpéculatifs piemit certainement être démontrée par des raifons tirées de la nature même des clhioJLa plus forte de ces preuves elt , qu'il y a des chofes qui ont été faites coiffli-' fes. me nous en fommes convaincus par le témoignage de nos Sens or dès-là qu'oui il faut en venir nécellairement à reconno terre reconnoit quelque choie qui a été fait Mais comme tout le monde ne compr eimd quelque chofe qui n'a point été fait. d'autres femblables, il fuffit que, de tout teins <& pas la ibrce de cette raifon les idées dont il s'agjjt par tout païs , à la relèrve d'un très-petit nombre de gens aient été généralement reçues , tant de ceux qui étoient trop grofliers pour voulir tromper , que de ceux qui étoient trop éclairez pour fe laitier impolèr. Car uiti d'Opidans une auffi grande diverfité de Loix (6) confentement fi univerfel nions en matière d'autres choies , montre affez que celle-ci eft fondée fur une Tra4.

,

auffi

,

:

,

&

,

&

,

Hommes , & dont on n'a jamais pu prouver folidenneint pour nous en perfuader la certitude. L'Orateur Dion de Pr,use, parle de ces deux grandes fources des idlées f. lors qu'il dit , qu'il y a une connoiflance de D 1 e u qui eft née de la Religion c'eft-à-dire , tirée des preuves que la Raifon nous fournit ; & l'autre avec nous Plutarq.ue (8) foûtient, qui elt (7) aquife c'eft-à-dire , venue par tradition, que cette ancienne tradition, qu'il regarde comme le fondement commun de la Viéte\ A R I S T O T E (9) & ( I o) fou ptùjfe avancer ou inventer. elt le plus fort argument que Platon, allèguent auffi pour preuve de l'exiûence de quelque Divinité le condition venue des premiers la faulTeté

ce qui

;

fuffit

,

,

,

,

Hommes

fentement des

à

reconnoitre. qui rejettent les idées générales de la Religion

la

que nous venons d'indiquer , encore même qu'ils aient l'efprit aflèz groffier pour ne pouvoir ni trouver d'eux-mêmes, ni comprendre les preuves certaines fur lesquelles ces principes §.

XLVI.

1..

Ceux donc

,

font R E de Sicile (fit , -qu'il J a une Piété 1 O (<5) n\»Stuc. Fragment, (è Lib. XXUI. naturelle ,


DO

D

ew

Julien

&

a nos

Lumière ifit

Yeux: 'a^«

tyïexQivTXS tous tI/vxxÏs

k. ,

rès bc

rm 0£w r,/ùv âa--

ùwxvris «W«V.7*ij

v
\* rt znnila-p&x.,^ rtis riro ctfapû» «ta» hxT&iflsvt rxs y^v^xs xvto ti , olftctt , (nrivhtv tâsr* &hi*trr*. nPoç aùri, Z «/•«'» Tt^is ri Sjuathem.) Ed. Ad Hcraclium (Orat. VII. pag. 209.

uwu Biu»

.

'

C Philom,

Le HaJuif. raifonne art : or il n'y zard ne produit point d'ouvrage fait avec que le Monde donc a rien qui foit fait avec plus d'art , fouveraineOuvrier très-habile il a été créé par un Ceft ainfi , ajoûte-t-il , que nous veparfait.

Voici

comment

:

&

ment

l'exiftence de

nons à connoitre

Dieu: 'oJm

xisxvrofjtxriti-rxi

'

yxç ru» tsxhkÛtxto? Si s

tyyu* ù? vttÔ rtvos tj)» tntçîlMV xyx3S j£ tbMiotxtu sfôcrrus ïtfoptxÇ'yï&xu tSto* toc rÇoVe» tnotou ibçtg»u» i*£ftt»s OfS. De Monarchia, {pag. 81Ç.E. dh , que le fcntiment intérieur Anima enim à prid'une Divinité , eft naturel à l'Ame : Adverf. Marcion. mordio, confeientia Dei , dos eft. con(Lib. I. Cup. X.) Il remarque ailleurs, que l'on la Nature , c'eft-à-dire, par premièrement noît qu'on rappelle enfuite cette conpar fes Oeuvres ; Nos dejinhmu Deum primùm n'oiflance par l'inftruction recognofeendum : nahaturâ cognofeendum , deinde doéirim doilrinâ, ex pradicationibzis, Lib. l.adv. turà ex operibus Marcion. (Cap. XVIII.) St. CïPRlEN foûtient, que ce Ttx,n*.w

'


Te rtullien Dieu

&

:

,•

k

plus coupables ceux qui ne veulent pas reconnoitre la Divinité , c'eft qu'ils ne peuvent pas ignorer qu'il y en ait une : Atque bac eft fumma deli~ De Idoéii , nolie aguofeere , quem ignorare non pojjîs.

qui rend

loruin vanitate, (Cap.V. num. 9. Edit. Cellar.)

G R 0-

T ILS. tendent à montrer , que le confentement des Hommes à reconnoitre une Divinité vient de la proportion qu'a cette grande ai* vérité avec les lumières naturelles de la Raifon lieu que, dans le Texte, nôtre Auteur fait regarder ce confentement comme une preuve qu'H y a eu une Il tradition universelle , venue des premiers Hommes. femble revenir par là à l'alternative qu'il pofoit dans

Tous

ces paflages

,

comme on

voit

,

:

première Edition; car voici comment il s"y exprimoit qua confenjio .... fatis oftendit aut lucem fttm~ uut animis inftta.ni , qiue vi fuapte animum fcriât traditionem à primis hominibits .&c. quorum utrumris ad Cependant , dans fon Traité fidem faciendmi fatis eft. la

:

dam

.

Vérité de la Religion Chrétienne

de la

ne rapporte pas non plus

le

,

Lib.

confentemeHt

,

I.

§. 2.

dont

il

il

s'a-

à la force des lumières naturelles , mais il lonne une autre alternative, favoir , ou une révélatim de même, ou une tradition venue des premiers Hommes. Remarquons encore , que le raifonn;mcnt git

,

Dieu

N

comqu'il cite ici , eft fondé 1 E , par ce qui précède , fur une pauvre raidire , fur ces exprefîions qui écharpoient Dent , Si Deus dedert &c. aux Paiens même , F e'l 1 x , Cap. 1 N u c 1 U s Voiez YOihvius de XVIII. pag. 90. Edit. Davif. avec la Note de a judi-

de St.

me

fon

il

,

CyP R

.

paroît

je

veux

M

cieux

x

Liv.

Des Peines. font fondez «dont

,

s'agit

il

XX.

C«H.

II.

105

ne font pas pour cela entièrement excufables ; parce que les véritez conduiient à la Vtertu , & que d'ailleurs l'opinion contraire eft fans

fondement. fi ceux qui ne reconnoilTent pas ces véri2. Mais comme il eft queftion de favoir tez méritent quelque peine , & cela devant les Hommes ; il faut distinguer ici entre les la manière dont on les rejette. principes mêmes de la Religion , 3. Ces deux articles , l'un, Qii'il y a quelque Divinité, ( je mets à part la queftion , Que cette Divinité prend foin des affaires hus'il y en a une , ou plufieurs ) l'aïutre , maines i ces deux articles , dis-je font les plus généraux , & l'un l'autre eft abfolument nécellàire pour conitituer l'eiTencede toute Religion , vraie ou fauffe. Quidit (a) l'Auteur de ÏEpitre aux He'breux, (c'eft-àconque s'approche de Dieu cbap. dire, tout Homme qui a une Religion ; car, dans le ftile de la Langue Hébraïque, la XI. vert* ,

&

&

,

^

,

Religion

eft

Joit croire

Dieu)

délignée par s'approcher de

&

,

que

DlEU

sxijle

&

,

qu'il

quiconque, dis-je, s'approche de

récompense ceux qui

Dieu,

EL

cherchent.

le

I

E

N

remarque, (1) qu'aucun des Barbares n'eft tombé dans l'Athéisme, mais que tous qu'elle prend foin de nous. Epicte'te (2) qu'il y a une Divinité , difent ,

&

&

qu'il y a des Dieux & qu'ils principal de la Religion à croire Aufli ces deux véritez ne peugouvernent toutes chofes fagement & juftement. il y a eticore, difoit autrefois Cice'ron Il y a eu, vent-elles pas être féparées. ,

fait confifter le

,

&

qui croient que les Dieux ne fe mêlent en aucune manière des affaires , mais fi leur opinion eft bien fondée , que deviendra la Piété , la Sainteté, la Religion ? Car la raifon pourquoi on doit pratiquer ces Vertm d'un cœur pur faint envers qu'ils ont fait du bien au Genle>s Dieux immortels , c'eji parce qu'ils y prennent garde ,

(3)

des Philofophes

humaines:

Plutarque

re Humain.

&

(4),

&

&

d'autres, ont aufli reconnu,

que nier

la

Provi-

dence, c'eft nier l'exiftence de la Divinité.- Et, au fond, c'eft la même chofe, par rapport à l'influence que la Religion a fur les mœurs. 4. Aufli voions-nous; , quelanéceflité de reconnoitre ces deux principes pour l'ufage deux Commentateur m;il appliqué ici

prouver

l'unité

ment en

Anglois. car le but

:

d'un

Dieu

D'ailleurs le paflage eft

TXTcv

Cyprien

CVTUV

île

au

>

St.

eft

de

qu'il s'agit feule-

lieu

endroit de l'exiftence d'une Divinité en du moins ne fauroit-on alléguer autrement la preuve tirée du confentement des Hommes; car il s'en faut bien qu'ils fe foient accordez à ne reconnoitre qu'une

général

cet

:

(7) 'Ytto'a»-^ *t/xt;jto<. point en quelle Harangue de

Nôtre Auteur ne marque cet ancien Orateur le

paffage fe trouve. C'eft apparemment plus bas , dans le paragraphe fuivant ,

celle qu'il

cite

Note 7. qui eft Mais je n'ai pas préfentement fous tirée du Texte. ma main le Livre , pour chercher les deux païïag«. (H) Aç%i7 yxç >i ar«Tf] /,ç è* &fiv ùiviit k# Mvivçùv rsxtctiÇiov UxçyiçiÇoy. o'j S't ctKÇctç ïà <*M fà'çx rts In Amator. tù ôxriç v^sçuxrx x-otvr, nçàç ivciQitxvt &c. |

,

pag. 756. B.

Tom.

II.

Ed. IVecb.

Edit. Parif.

§.

j

si

Tt? XX.

XV èlTKH
T>t\>

ye /xqhi; xvrZt in ci,§toT/,TX 0fa» , xt>x ys ito-'iy ,

xu.<Çtlxib,x
ùpx yi

pag. 8S7.

,

D. E.

Edit. Stepb.

XLVI. (i) Kxi

eoipîitv

iu'Ùv (pewTi£is
>j

,

r,

y.

TfcV

B»f £*f 6»

h%tTS
/xqê'i

>

ittri

Var. Hift. Lib. IL

'

xxi Cap.

'

XXXI. (,

2)

,

XXVIII. mit.)

qu'ils exiftent

deur

,

&

véritable :

bonitatem

leur Bonté Grandeur :

deinde ,

,

Jine qua

,

,

que

dit,

le

à

Primut

reddere

,

Sene'que

premièrement

croire, à reconnoitre leur Granfans laquelle il n'y a point de

confifte

enfuite

;

illis

nu/la

eft

Deorum cultivs fuam ,

,

eft.

Deos reddere

majeftutem mujeftat

Epift.

XCV.

Grotius. (3) Sunt enim Phihfopbi , fif fuerunt , qui omnino titilhabere cenferent bumanarutn rerunt procurationetn Qitorumji verafententia eft , qua poteft ejje pietas ? qua fanfiitas ? qua religio > bac enim omnia pure ac caftè tribuendu Deorum nwnini ita furit , Ji animadvertuntur ab hit , Ji eft aliquid à Diis immortulibw bominum generi tributum. De Natur. Deor. Lib. I. Cap. IL (4) Kxi /xi» xvToi tî [Etaù'x*/] WÇ4? T6> eV/x»çov isoi» unoXinraci ru» zrçxypccTw , ta ix, Çiv j Çxvi thùàvriç as «~vy%fovrx rqv xvrm vÇâXqil'iy Xiixiçtsf4.îvv,? ry? srçoyoï'xs > X yxç x&xvxrov )^ fMtxxçtov /xovov xWx >£ (piXuv&Çai>ù uQiXiftov zrçoXxic^xuKrB-xi kxi tov > >£ x.tiai/XQki»èii~ De communib. notit. vefirS-eci ToyGeov oireç o&v}$-étift. adv. Stoïc: (pag. 1075. E. Tom. II. Ed. IVecb.) LacTANCE dit , qu'on ne doit ni honorer Dieu , s'il ne fait aucun bien à ceux qui l'honorent , ni le craindre , s'il ne Neque fe fâche point contre ceux qui ne l'honorent pas honor ullm deberi poteft Deo , Ji nihil praftat colenti j nec uUîit metm ,Jïnon ira/ci tur non coltnti. (De Ira Dei, Cap. lant

Deos.

&

,

,

>

,

(10) Voiez le X. Livre des Loi II.

Wtv oç§xç vttoXh^kç zrsçt x^tuv 't^nv » ùs ClttKXVTM TU oXX KXXuÇ X.XI huXtUÇ. (Ell-

Cap.

,

(9) YïÙaitss yxÇ ctv§çw7rot -xîpi Ç)îùv é^airni v7ro^yf4^tv &c. DeCœlo, Lib.l. Cap. III. pag. 434. E. Tom. I.

Tom.

X.XI

Culte des Dieux

credere

feule Divinité.

t-Kitva ,

chirid.

Tr.s 7tt%i

lès ©s'àî fvriztUç

,


on

ri xvÇiv-

'

:

Vl.nnm.2.)

Grotius.

(5)

,

Des

104

Liv.

Peines.

Ch. XX.

II.

ge de la Vie en a confervéla créance jufqu'à aujourd'hui, pendant une (î longue fuite de fiécles parmi (0 presque tous les Peuples qui nous font connus. D'où vient que Pomponius Jurisconfulte (6) rapporte la Religion au Droit des Gens. Et S ocrate difoit au rapport de Xe'nophon (7) que c'eft une Loi établie parmi tous ,

,

,

,

Hommes même chofe.

les

,

qu'il

,

& fervir

faut adorer

Cice'ron

Dieux.

les

(8) reconnoit la

dans les Etats bien policez, on punit ceux qui (9) les premiers f. C'eft pourquoi entreprennent de détruire ces idées, comme il arriva autrefois à Diagoras (10) de on en ufa de même à l'égard des (11) Epicuriens, qui furent chaflez des Mélos } Villes bien réglées. Je ne doute pas non plus qu'on ne puilfe (12) réprimer dételau nom de la Société Humaine contre laquelle ils pèchent fans aucune railes gens Voici comme parle un ancien Rhéteur dans un feint fon tant foit peu apparente. Plaidoier contre Epicure (13) Mais, me direz-votts, vous voulez donc me faire punir de ce que fat une certaine opinion ? Non , ce n'ejl pas pour votre fentiment que je veux Il ejl permis de propofer fes fentimens , mais il vous faire punir , mais pour votre impiété. ,

&

,

,

,

:

71' ejl

§.

pas permis d'être impie. XLVII. 1. Les autres principes généraux de la Religion

comme

ceux-ci, Qu'il n'y a qu'un

voions

qu'il n'eft ni le

n'ejl

,

point éternel, pas

&

Monde

même

fort en peine

,

de

Dieu

ce

ni le

,

ni

,

l'Air

évidens,

fi

Qite le

:

nom Monde

Dieu

compoië, mais que

elt

il

Soleil

ne font pas

,

rien de tout ce que

n'ejl

eft

Aulîi voions^nous qu'avec le

matière.

tems la s'eft effacée & presque éteinte parmi plufieurs Peuarrivé d'autant plus ailément que les Loix ne s'en mettoientpas parce qu'il ne laiifoit pas pour cela d'y avoir quelque forte de ,

ples; ce qui eil

ni le Ciel

,

matière dont

la

&

de la forme connoiffance de ces véritez

l'auteur

Dieu: Que

la

,

,

Religion.

La Loi même, que Dieu donna

2.

autrefois à

un Peuple

inftruit

de ces véritez

(O

Sene'que prouve

l'cxiftcncc des

raifon qu'il n'y a point de Peuple ne reconnoiffe quelque Divinité :

fi

Dieux, par

peu

Apud

rivilifé

,

la

qui

nos veritatù ar-

efl , aliquid omnibus videri : tamqicam De os ejfe, Jîc colligimus , quod omnibus de Dits opinio innec ulla gens ufquam efl adeo extra leges mores-

&

Religion , une créance commune de tout tems par tout pais , à tous les Hommes , Grecs , Barbares , nécefiaire naturelle à tous les Etres raifonnablcs :

&

&

ri

gumentant

Aoijx

ittter alia

fMv ixhy,vu¥ 5 ôf.totus ai Bx^Qm^u» xvxyy-ctîx >ù tfAtbvr®" > tv srxvri ra> Xoyix.u yivepuivi xMru (pv zrxvu icr^vpx Kj xinx(^ îx, ri zrct.vrt.î %Ç*>yt{ >£ ttxùx Orat. XII. z>x
Jita

ejl

:

,

Epift. CXVII. que prqjecla , ut non aliquos Deos credut. encore ailleurs de ce confentement univcrfel. Nec in hune furorem omnes mortales confenjljjent , adloquendi furda numina , £f inefficaces Deos &c. De BeVoiez Platon, in Protanefic. IAb. IV. Cap. IV. gnr. (pag. 322. Tom. I. Edit. Steph. ) Si. De Legibus , Lib. X. (pag. 887. D. E. Tom. II. ) comme auiïi les belles penfées de JAMBLIQUE , dans fon Traité De myfteriis JEgypliorum , un peu après le commencement ; où naturelle il dit , que la connoiffance de Dieu efl propre à l'Homme , comme le henniffement à un Cheval. GroIl parle

&

(6) Veluti [Jus Gcntium eft] erga Deum religio &c. Jure , Leg. II. DiGF.sr. Lib. I. Tit I. De Juftitia On entend ici par Droit des Gens, celui qui fe découvre par les lumières de la Raifou , & qui , à caufe de eft reçu chez les Nations tant foit peu civilicela ,

&

xvB-ÇU7rî\ia

èv/u.7rotvr(&'

ytvxç

,

>

Gp.otius. (8) Nôtre Auteur

cite ici le I.

Livre

De Natura Deo-

&

rum ,

le IL Livre de Inventione. Voici le premier pafQtiœ eft enim gens , aut quod genus bominum , quod fege non habeatjîne docirina anticipationem quamdam Decrion ? Pour ce qui eft de l'autre Traité , je n'y trouCap. XVI. ve rien qui ait quelque rapport avec le fujet que le commencement d'un paflage , qui a été déjà cité ci-deffus Voiez encore les Tufculanes , Lib. I. Cap. §. 8. N'oie 5. :

,

(9) Il n'y a donc que ceux qui degmatifent, qui puifVoiez £e que j'ai dit fur fent être légitimement punis. Droit de la Nat. des Gens , Liv.

(7) Krti y*Ç

Q?k? riôtu.

Cap. IV.

§. iy.

à&Çùmotç Xf.novh. Memorab.

7TCC.ÇX

Edit. Oxon.)

commune

l'opinion ,

tzcctiv

de tous

Chap. IV. §.4. X°te I. (10) Les Athéniens le chafTérent de leur Ville:

III.

puni

,

ou,

ce Philofophe s'étant fauve

mirent

,

Voiez

Socrat. (Lib. IV.

Comédie des Oifeaux d'ARiSTOPHANE , avec la Note du Scholiafte Grec j &Vale're Maxime, Lib.l. Cap. I. num. 7. extern.

,

préfent

,

que

,

félon

& Grecs & & l'avenir ,

:

Ovx-ëv ùç fim yotç EAX«w? r^ RxçÇxÇoi tk? &$%ç qyivreu In rcéri evrx y$ rx uehXoyrx » îvo^Xov. croîtra. ùiïiMi Conviv. ( Cap. IV. §. 47. ) Dion de Prufe appelle la >

difent

dans

Hommes le

d'autres le

zrçarTov vouiÇerxi,

Il dit ailleurs

les

Dieux connoi lient

les

&

PUFENDORF, comme

fées.

Barbares

'mivoix xoojj

XIII.

Tius.

tssj

Kj

ôfs-otus

la crainte d'être

,

ils

fa tête à prix.

la

(11) Voiez

Elien

,

Far. Hifl.

IX,

12.

& là-deffus

les Interprêtes.

(12) Moxus , Lydien , en ht noier de Crambe ,

aiant afïiégé les

Habitans

&

pris la Ville

,

parce qu'ils étoient

,

Des

-

L

Peines.

I

C H. XX.

IL

V.

&

&

10 f

&

par les Prophètes , par des miracles ou dont certaine , tez d'une manière claire il avoit été témoin lui-même , ou qu'il avoit appris par une tradition inconteftable ; dis-je , quoi qu'elle ne défende rien fi fortement , que le culte des fàuiTes cette Loi Divinitez ; ne punit pas néanmoins de mort tous ceux qui font convaincus d'Idolâtrie mais feulement ceux dont le crime e(t accompagné de quelque circonitance particuliè,

re

comme une

:

perfonne (a) qui en a féduit d'autres

une

;

Ville

,

(b) qui a introduit

x

$D

"l

y

de quelques Divinitez auparavant inconnues; un homme, qui (c) adore. fuiv.
(0

le culte

,

,

,

,

,

,

,

1

De même , à l'égard des autres Nations , il ( f ) dijjimula les tems d'ignoran- xx?^* *' C'eft que , comme Philon , Juif, l'a COVoiez par rapport au culte des làulfes Divinitez. éJii xv ' très-bien remarqué, (3) chacun trouve fa Religion meilleure, parce qu'on en juge f™ le zélé qu'on a pour celle (f ) Ait. d'ordinaire , non par des raifons , mais par l'attachement où l'on a été élevé. Il en eft ici à peu près de même , que des Sectes de Philofo- XVI1 3 °phie , dans lesquelles la plupart des gens fe trouvent engagez , comme le dit Cice'ron , (4) avant que d'être en état de difcerner le Vrai d'avec le Faux. 3. Ceux donc, qui n'aiant reçu aucune Loi révélée, adorent les propriétez des Aftres , ou d'autres chofes naturelles ; ou qui rendent des hommages religieux aux Efprits , foit dans quelque Image , ou dans quelque Animal , ou dans quelque autre chofe ou qui fervent des Intelligences dégagées de la matière ou même les Ames des par les fervices qu'ils Morts , qui s'étoient diftinguez pendant leur vie , par leur vertu ne doivent pas rer.doient au Genre Humain ; tous ceux-là , dis-je , font excufables , du moins être punis par les Hommes ; fur tout s'ils n'ont pas eux-mêmes inventé ces forfaits.

ce

&

»

,

:

&

&

for-

étoicnt Athées, eïx ecS-im , qu'ils ne connoiflbient & n'adoroent aucune Divinité; comme Nicolas de Damas nous l'appreml , Excerpt. Peirefc. (pag. 442 , 44$. ) G R t 1 us. quoi qu'Athée , vivoit moralement Si an Peuple , bien fon Athéïfme feul ne feroit pas une raifon pour l'exttrminer , tant q a* il ne travaillent pas à infedter les aitres îles principes d'irréligion dont il eft-' imbu. Note 9. Voie; ci-deifiis AÔyuxToi àv ûitouTiis tixxs i Ovx , xXX àrtSsi',

,

00

ttt

'

eiyu.z.TÏ(jciv

iÀti>

yxç

xtsvsT» àe ix tTciTtTÇxTtAdtion. in Epicur. Nôtre Auteur a ti-

rxt. HiMEKius , ré ceci de la Bibliothèque

i%ov

de

>

Photius

,

Cod.

CCXLIII.

pag. >o8J. Edit. Rotbont. 16*53. §. KLVII. (\) Dans le paflage cité à la marge, il ne s';git pas de l'introduction d'un Culte idolâtre , pratiqué pir tous les Habitans ; mais de la tolérance de ce culte , patiqué par quelques Particuliers , qui y ont follicité impuiément les autres. Voiez là-deflus Mr. Le Clerc. (2) C'eft ce que St. Paul appelle, adorer la Créature, £f non pas le Créateur [Romains, Chap. I. verf. "$•} Kxi ici.cr5}-ïi xxi thxTÇsi/trxv t*\ xti<7si -kx^x Car la prépolition kxçx a 'ici , comme en Toyx.Ta-x.tTx. d'autos endroits , un fens exclufif ; c'eft ainu* que le Ralbin Moïse, Fils de Maimon , explique le paffage cuDeute'ronome , Direcft. Dubit. III. 41. Cette fore d'idolâtrie fut lu jette à punition, pendant quel-

religieux entre le Créateur la Créature, oublient entièrement mais donneut tout à celle-ci , premier: Eiù 7cçoa-v7ieçÇxXK !4(ri> u ftti-

&

le

parmi les Defcendans d' Efaiï , paroitp.ir ce qui eft dit dans le Livre de

que tans

26,27 par

m

'

Philon, II.

comme

il

XXXI,

Juif, dit, qu'il y a des gens, qui, ne partagent pas même leurs

excès d'impiété,

Tom.

,•

Job,

,

tuv urav ftsTxàliïoiiTSS

éiv

WXVTX TUV ÙSi*

ITtl

Vf/XOllTSi

xXKx

,

retç

%XÇtÇo fASHOt

TifAY)

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osas'

/xvv/xtiç

f/Jn

TM

'

to^

[ysyo»ô
tx

0% [vîTrOf/IXOTi J

xowotxtcv x%iSvtxi.

yxç ù fMrov 7fÇo e;t»t»jIn Decalog. Bxgvàetï/xopes 'iK,ûmov Xr,^-^. R T I U S. Ed. Parif. )

fntXrfiovTXi os'JovTsf

,

01

G

(pag- 7ÎÎ- A. H.

Nôtre Auteur dans fes Notes fur le Nouveau Teftament , explique autrement le païïage de l'Epitre aux ,

Romains,

ils ont adoré la Créature PLUS que dit-il , le fens qu'a ordinairement la avec un aceufatif, lorsqu'on fait quelque comparaison , & il en donne pluficurs exemples. Pour ce qui eft du paflage de Job , il s'agit là de la crainte des châtimens du Ciel , & on n'y entrevoit rien qui donne à entendre qu'il y eut à craindre quelque punition de la part des Hommes. Ainfi la conséquence que nôtre Auteur en tire , n'eft pas bien

Créateur

le

fa voir, c'eft

:

nxçx

prépolition

,

,

fondée.

(?)

{

&

&

hommages

la

Dans tx

Xev

,

>?

105 1.



d'Agrippa à l'Empereur Caliguxxi h>) i^Paç xXyS-stxv fç-<> iïix-

la Lettre

as txxçoiç

K.«.Aas

:

(pxtviTxi

oix-ix

Tr,i ivvoi'xs

,

si

xçtnisirui

zrtÛhi.

yxç xvtu

De

>

is

>\oyi
Légat, ad Cajum", pag.

B.'

(4) Qitod graviiis ferrenuis , Jî quifquam ullam difcipliPhilofophite probaret , prêter eam , quant ipfe fequere-

nam tur

quid

.... ejfet

Nain

ceteri

.

.

.

ante tenentnr ad/hicli

optimum , judicare potuerunt.

,

quimi,

Académie. Quceft.

Lib. IV. Cap. III.

(5)

4

,

Des

I0 6

&

Liv. IL Ch. XX.

Peines.

renoncent pas pour cela au culte du vrai Dieu, d'autre côté , il faut mettre au rang des Impies plutôt qu'au nombre des 4. Mais qu'ils Errans , (6) ceux qui s'avifent de rendre des honneurs divins aux Démons connoiffent tels , ou à des noms de Vices ou à des Hommes dont la vie a été ceux qui même de eit de en immolent Il eu l'honneur de pleine de Crimes. Darius , (7) Roi de Perfe Géleurs fauffes Divinitez , des perfonnes innocentes. Ion (8) Tyran de Syracufe font louez de ce qu'ils contraignirent les Carthaginois à Plutarque s'abltenir de ces cruels facrifkes, qui étoient en ufage parmi eux. nous apprend , (9) que les Romains voulurent punir certains Barbares qui offroient à leurs Dieux des victimes humaines ; mais que , comme ils s'excuférent fur l'antiquité de cette coutume , on ne leur fit aucun mal ; on leur défendit feulement de pratiquer déformais rien de femblable. VIII. 1. Que dirons-nous des Guerres entreprifes pour obliger quelques §. Peuples à embrafler le Chriftianifme ? Je n'examine pas maintenant, 11 on propofe cette fainte Religion telle qu'elle eit , & de la manière qu'on doit. Suppofons que je dis s qu'il y a ici deux chofes à remarquer. cela foit confidérée entant 2. La première eit , que la vérité de la Religion Chrétienne qu'elle ajoute bien des chofes à la Religion naturelle & primitive, ne peut pas être prouvée par des raiions purement naturelles. Elle eit fondée fur l'hiitoire de la réiurrection de Nôtre Seigneur J e's u s-C h r 1 s t , comme auOi fur l'hiitoire de les miraOr c'e(t-là une chofe de fait, qui a été à la vérité de ceux de fes Apôtres. cles

fortes de cultes

,

qu'ils

(0

ne

,

,

,

,

,

,

&

,

,

,

,

XL

:

,

,

&

ja-

les vi&imes que (5) Ceft ainfi que les Juifs reçurent Tibère, & l'Empereur Augujle , i\' Egypte,

&

les Rois

Temple

offrirent dans leur

ad Cajum, png. G r o t 1 û s.

io?<5.

C

;

)

comme Philon (De Légat. & Joseph nous l'apprennent

roient-ils pas rendu auflî aifément des hommages religieux à toute autre Divinité étrangère ? La vérité eft, que quelque nature qu'elle foit, doit encore que l'Athéïfme, tant qu'elle ne porte moins être punie point à commettre de véritables Crimes , puniffables de& alors ce font ces Crimes , vant le Tribunal Humain

l'Idolâtrie, de

,

:

&

non pas l'Idolâtrie. que l'on punit , Si tous ces gens - là agiffent conféquemment à (6) leur Idolâtrie , c'eft-à-dire , s'ils fe portent à des choà l'exemple des objets fes véritablement criminelles , Mais s'ils ne fuiils font punifTables. de leur Culte ; comme il eft arrivé fouvent vent pas leurs principes , ni n'autorife à les dans le Paganifme, rien n'oblige, punir.

Mferentes edillnm [ Darii ] c\uo Pœni hmnanas prohibebaiOur. Justin. Lib. XIX. immolare iV Hyflajpe Fils C'étoit Darius, (Cap. I. num. IO. ) Voiez ce que l'on a dit ci-demis , §. Père de Xerxh. (7)

41.

G

.

r

r

1

u

.

.

.

s.

(8) Il ne voulut faire que fous cette condition

:

paix avec les Carthaginois ,

la

TeX»v

o

rvexvv^

>

ors Kotf-

fi^Jjvjjv zrcti

>

tspIç

xxi

rci

Ttx»X "srzvTovrxi

5 J3.

A.

On

sius

attribue

aulfi.

ronom. XVIII, XVIII,

& Mr.

10.

:

-,

'

>

&

Leipjîc

&

,

&

intitulée

,

De

Sacrifîciorum origine

ç.
nateria

,

de l'on Traité De haculo&c. §. XLVIIL (1) Outre la force des préjugez de l'Education , & de l'attachement que chacun a tour les principes de Religion , dont il a été me fois

imprimée en 1660.

rum Ethnicorum

(2)

De Judxis

miferctur,

&

à la fuite

origine

imbu.

d'avoir fait cef-

Le'utiq.

&

deinceps ad credendum

,

fur

,•

DeferaNuminisvindifta,

à Jphkrate.

Le Clerc,

21.

nom , que (9) Il appelle ce Peuple , les Bie'tone/iens je ne vois pas je ne trouve nulle part ailleurs , qu'aucun Géographe en ait parlé ; à moins eue le mot ne foit corrompu. Il dit, qu'on voulut pun rieurs Magiftrats , d'avoir fouffert un tel facrifice Aux ri rèi x.xXzuévxs BAfToyjjcwW fixçCxçxç ovrxi , uvB-çanro» rt~ 9-vx.ènxt Qtots zrvà-é /xsvei , /xsrezriu-^xtro ris xtZovrxf xvrav j uç x.oXxtrovrîS 'mu ai véf&&> rwl rSro iQxivovrà £ka,Xvvx]i ai zços ro •sri7toi^y.ûTti , tKSttKS f*h X7rtXv
1 LUKXrxB-yovrs;. &' Imper, pag. 17c. A.

rai Kçovoj

TAKCH. Apophthegmat. R*eg. Tom. I!. Ed. Wech. Voiez auffi pag.

,

fices

,

ces Princes reconnoiflbient-ils pour cela le Dieu Jes Juifs comme fort élevé au deflus des autres? Et n'au-

Mais

hofli't*

parmi les Carthaginois , l'ufage barbare de ces Sacride victimes humaines. Voiez la .Vote d'ISAAC Vosqui vient d'être cité. , fur le paflage de Justin , Au refte , la chofe étoit d'autant plus abominable, que comces Peuples immoloient ainfi leurs propres Enfans me faifoient auffi les Cananéens en l'honneur de Moloch. Voiez une longue Note de nôtre Auteur, furDfUTE-

fer

aident prtecipit fancfa Synodits

quem

vitti inferri,

vult

,

In

nemini

Deus Juki Cano-

Cui enim vull

iuduiat.

,

NIC.

Des jamais entendu

parler

LJ

Peines.

moins

Ch. XX.

v. II.

ne

107

fur vienne

quelques fecours intérieurs de ces fecours ne font accordez à peribnne en récompenfe de ;

à

qu'il

Et comme les raifons pour lefquelles Dieu les refufe à quelquelque œuvre qui le mérite ques-uns ou les leur accorde moins libéralement ne font pas injuftes à la vérité, mais nous font inconnues la plupart du tems, & par conféquent ne rendent pas C'elt ce qu'a en vue un Canon du IV. ces gens-là puniilables devant les Hommes. eji défendu de faire OÙ (2) déformais violence à aucun Juif, Concile de T O L e'd E I E U a compajfion de qui il veut pour l'obliger à croire j parce ajoûte-t-on que £5? Le pallàge qu'on cite là, doit être entendu félon qu'il endurcit qui bon lui femble. le ltile des Ecrivains Sacrez , qui (3) ont accoutumé de rapporter à la Volonté Divine les effets dont nous ignorons les caufes. c'eft que l'Auteur même de la Loi 2. L'autre chofe qu'il y a ici à remarquer nouvelle Nôtre Seigneur J es u s-C hrist, a voulu certainement que peribnne ne fût (4) contraint à recevoir fa Loi par les peines de cette Vie ou par la crainte de ces fortes de peines ; comme il paroit par (a) plufieurs paffages du Nouveau Et en ce fens on peut admettre comme très-véritable ce mot de T e rTeitament.

Dieu.

;

,

,

/'/

,

,

D

,

,

,

,

,

tullien:

(5)£tf Loi nouvelle ne fe venge point avec

le

Dans un ancien Ou-

Glaive.

vrage, qui porte le titre de Conjiitutious de St. Clément, il eu dit, en parlant de Nôtre Seigneur (6) // a laiffé aux Hommes la liberté entière de leur volonté , ne les punijfant point de mort temporelle , mais fe refervant à leur faire rendre compte de leur .conduite dans un autre Siècle. St. remarque la (7) même chofe & il Je prouve par ce que Nôtre Seigneur difoit à tout le monde , Si quelcun veut venir aiprès moi j à fes Apôtres , Et vous ne voulez-vous pas aujji vous m aller ? conféquence , que (8) St. C Y p r 1 e n , & (?) St. Çhrysostôme tirent aufli du dernier paflàge, :

Athanase

&

,

,

:

En

3.

M

Diftinft. XLV. Cap. V. J o s E v H dît , que 1 c. librement, félon les lumièclnacun doit fervir res de fa Confcience , non pas être forcé à croire telle ou telle chofe en matière de Religion Au» tKxçov kxtx TW txvrx crçoix/gÉoy Qicv tvcreSsiv > xxsx a*>J pirx Ihixç. G R <) T I U S. L'Hiftoiiea Juif dit cela à l'occafion de fes Compatriotes, qui vouloient contraindre quelques Grands Seigneurs, Sujets du Roi de Tracbonitide , à fe faire circoncire. Vit. Jofeph. pag. 1007. C.

Dieu &

:

(?) Le Grammairien

Servius

a remarqué, que

toutes les fois qu'on ne voit pas la raifon de ce qui arqu'on ne peut en juger , on a accoutumé de rive , dire , que cela a femblébon aux Dieux V 1 s u M Su-

&

:

per

1

Ut

s]

ipfe

ait

Neptunum

Junoncm

,

Miner-

,

vam &c

Quotiefcumque autem ratio , veljudicium, non adparet , fie vifum , interponitur : ut Horatius, Sic vifum Veneri &c. In JEn. III, 2. Don AT fait la mê-

me remarque Deus]

:

Quid

hoc quispiam voluit

si

Pleruque repentinis

pro-oentibus

cente Deo

,

Deo

impuljionihw nata

Flammam

inter

&

Ut

,

Defcendo hoftes Expedior

adfcribi folent.

,

mirifquc ,

ac du-

Et

:

Hinc me digreflum veftris Der.s adpnlit oris. £YSalLUSTIUS: Ut tanta repente mutatio non fine Deo videretur. In Eunuch. Tgrent. Act. V. Scen. II. (verf. dit que le mot Hé96.) Le Rabbin breu JfSn & prend aulfi dans ce fens-là. G R 0-

Abarbanel

ï1u

,

s.

&

,

Isidore

témoigner eéle

mal

au lieu de

,

venable

&

celle de la pcrfnafion

légitime

:

la feule con, [Sifebutus] in initio regni fui

^«j

Judxos ad fidem

Cbriftianam permovens , amulat'nmem quidem Dei habuit fed non fecundi.m feientiam. poteftate enim compulit , quos provocare fidei ratione oportuit. ( In Chronic. Gothor. Vandal. &c. pag. 224. Edit. Vulcan. 1^97.) Roderic Sanctius a copié cela, dans fou Hiftoive iVEJpagite, II, IJ. D'autres Rois d'Ejpagne, poftérieurs à S'ifebut , font blâmez pour le même fujet, par Je'rôme Osorio, & par JVUriana. Voiez le dernier , XXVI, 14. XXVII, j. r 1 u s. GR (ç) Lex nova neufs vindicat ultere gladio. J'ai déjà remarqué dans une Note fur le III. Volume des Sermons de 1 L L r son, pag. 1 j. que nôtre Auteur citant de mémoire a eu en vue les paroles fuivantes ,

T

:

,

Nam

&

oculunt fe vimiicabat , vir.diciam injurix retribuebnt. Nopro oculo cruebat , va autem lex clementiam dcjlgnabat. Advcrf. Judxos, vctits lex ultione giadii

&

Cap. III.

(6) To xvTî%x
TrçoG-Kcii'çtu

y

xf>>j>ce>i iiifioe.

ïxev&tço»

Kxraçxast

,

H

>.$-

yoBsrcôy xvro.

(7) Kctt yù^

h&às

xçoxipiG-si

fin

"

£A.9-j
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ô

KvÇto? at-vrls > 8 éxsys » 7iS.7i uiv

h ftccS-vTctïs

'

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Epift. ad Snlitar. vit. agent,

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vuus

l'en.

I.

>

«#v«

B-iXti

t*j

oTttiru

B-é^irs xtt-X-

pag. 855- A-

Edit. Colon, feu Lipf. \6%6. dixit : {%) Sed magis convcrfiu ad Apofvdos fuos qnâ Numquid vos vultis ire ? Servant fili cet legeni ,•

eft traitée par Gre'goire de NaOrat. jQiium adfumtus eft, à Pâtre $ par Rf.'de , Lib. I. Cap. XXVI. dit , que Sïfebut, Roi des Wijigoths en Efpagne, voulant faire embraffer aux Juifs le Chriftianifme , s'y prit d'une manière à

(4) Cette matière

zianze

force

qu'il

éclairé

avoit à la ,

vérité

du

zèle

puis qu'il emploi a les

mais un voies de la

,

&

homo

libertati fine reliclm

,

&

,

in arbitra preprio conftituadpetit , ici filutem. Epift.

tn<,Jibimrt ipfe vel tnortem

LV. Pamel. (LIX. FeU.) (jO 7ri(>

Ef>&irxxiyut>

Ttxi

>i

'

Mr,

xtyxiçivTos

^

frîxv

v.usïs S-tktrt y.x\

vTtuynvi

xyzyK/,*.

Ad

Oloe.

J O A N N.

O

3

(lO)

(a) Matib. XIII, 29. Luc, IX, ?4, 55Jean, VI, 67. Rom. VIII, i$.Hébr. II, if-

Des

I0 g (b) Z«c,

Liv. IL Ch. XX*

Peines.

vain obiefteroit-on , que, dans la Parabole des Noces,

En

3

il

eft

ordonné (b)

Car comme, dans la Parabole, le mot de contraindre quelques perfonnes a mtrtr. invitation (10) prenante; il faut i'entende contraindre ne lignifie autre chofe qu'une c'elt aufli en ce fens que le (c) terme de l'explication morale f n Hb dre de même dans Procope nous lignification font pris ailleurs. xiv, == l'Original , & (d) un autre de même (u) Jujlinien aiant ufé de .Wc,vi, 4 *. dans fon (e) Hifioire Secrète, que l'Empereur r end a pp 6; 14 Chriitianifme aux Samaritains, il en (d) I«c violence'& de menaces, pour faire embraffer le xxiv, 29. * il ajoute, qu'il naquit de là plulieurs uiconfut b iâ é par les perfonnes fages le)Caf .n. donton peut voir le détail dans fa narration, véniens ceux qui puniflènt quelcun a cauie qu il end'autre côté 1 s , S XLIX 1

XIV ,*h

m

:

&

'

m

:

&

Ma

,

,

Chriftianifme

qu'il profeflè le

ou

feisne

,

la Raifon.

agiflent certainement contre

&

(je la confidére ici en elle-même , n'y a rien dans la Religion Chrétienne ajouter) il n'y arien, dis-je, dans cette fans le mélange des erreurs qu'on peut y Humaine ; ou plutôt il n'y a rien qui ne tenfainte Doftrine , qui nuife à la Société ceux d'uchofe parle d'elle-même; de à l'avantage commun des Hommes. La Pline, le Jeune, (1) dit, que, ne autre Religion font contraints de l'avouer. ferment à ne point commettre de quand les Chrétiens s'aifembloient , ils s' engageaient par

Car

il

&

point d'adultère,

larcin, point de brigandage,

m

Marce ll

à

ne point

n (2) rend ce témoignage que de conforme à la Juitice &

n

e

1

n'enieigne rien une façon de parler

1

commune parmi

le

Peuple:

a

la

manquer de parole &C. A MReligion Chrétienne , qu elle

C'étoit autrefois à la Douceur. (3) Un tel ejl homme-de-bien , il ne

manque que de n'être pas Chrétien. fur tout lorsque ceux qui iuivent 2 On dit, que toute nouveauté eft à craindre, Mais ce n'eft-là qu'une vaine excufe. Quelque nouvelle lesnouveautezs'alTemblent. on n'a rien à en appréhender , lors qu'elle tend a inlpirer toute ,

lui

.

.

une Dodrine Des qui leur eit due. Vertu, & à faire rendre aux Supérieurs l'obéïflance & qui ne cherchent à fe cacher, que quand on les Affemblées (4) de gens de bien raifon, peut appliquer ici avec y force ne doivent pas non plus être fufpedtes. On Philon, des Aflemblees des ce que l'Empereur Augujle àifoit , au rapport de (5)

que

foit

forte de

,

,

(10)

St.

CyîRIïN,

Faifant allufion à ce partage,

de Nôtre Seigneur J e's u Sles Apôtres dévoient , par ordre de leur de D i E u , aller par tout le monde , pour Maître ramener les Hommes des ténèbres de l'Erreur à la lumière de la Vérité , en leur annonçant l'Evangile ; ce

dit

,

qu'après l'afccnfion

Christ, &

qu'ils firent

,

malgré

les

tourmens

&

les fupplices

aux-

&

par lefquels ils prouvèquels ils furent expofez , rent d'une manière inconteftable la divinité de leur milMapfl.ro &f D E O Ùifcipuli verv , orbem Per lion : daretit , ab ertr.o?iettte, diffufî , pracepta Dei in falutem ignarore tenebrarum adviam lucis adducerent , cacos ne Ac ejfet probaocularcnt. veritatis agnitionem ros ad

&

tio

minus folidu

fer tormenta tantur.

De

,

^

(icCHRiSTO

delicata confejlo,

per cruces , per tnultu pœnarum gênera tenIdolorum vanitate , Cap. VII. num. 6, 7. ,

Cellar. G R o T 1 u s. des (11) Voiez auiîi la Lettre de Théodahade , Roi Gotbs , au même jujlinien ; dans G R Ô T I U S. Var. X. 26*. aliquod §. XLIX. (1) Seque facramenio nvn in fcehu cbftringere [Chriftianos] fed ne furta , ne latrocinia , ne

Edit.

CassiodorÈ,

âdulterta committerent . ne fidèm /allèrent , ne depqfitum adpeOati abnegarOtt. Lib. X. Epift. XCVII. num. 7. Ed.

rum

au/a feraîk defeifeebat. [Lib.

Ed. ValeÇ. Gron.~\ Le

35 3.

XXII. Cap. XI.

même Hiftonen

pae. appelle ail-

&

franleurs le Chriftianifme , une Religion fimple fimpltcem, che: Chriftianam Religionem , abfolutam &c. [ Lib. anili fuperftttione confmidcns [ Conftantius ] XXI. Cap. XVI. pag. 318.] Z S 1 M E , autre Auteur que la Religion Chrétienne promet de dédit

&

Paien

,

,

&

d'Impiété n«V»î àfutp *V> rSf Xç«r<*>w» htÇ£*iâ
:

7-aàoî dvcctp-.riKy.v tlmt '

T

&

:

ù%imv trph vûvrm f.c.xfooi> xvùs KxSù» @«» **Jwrç,

tet)

cvfiuMXoi

7rçoç

S-Çcwm,

ort txItci

h&loptv

vput

ivccpsrov , uhvctrov u>cu. httSvkou, irXeoytKTw , , a(n»y, cruTr.çixv , xut parlant des zroeivs&xi. Arolog. IL Arnobe entend rien Aïïemblées des Chrétiens , dit , qu'on 11 y

ycv

rj

r,

t;

vC

Çeliat.

(2) Ceft à l'occafion de George, Evéque $ AlexanProfeJJtonùqm ftta délateur drie , grand brouillon lent , ad delatovblitits , quœ nihil mji jujlum fuadet

&

:

&

vtâtuv,

qui n'infpiie l'Humanité

>

la

Douceur

,

la

Pudeur

,

la

,

Des que ce

Juifs

,

bler

la

Peines.

Liv» H. Ch. XX.

n'étoient pas des Bacchanales

109

ou des attroupemens

,

pour trou-

faits

paix publique , mais des Ecoles de Vertu.

on fe rend foi-même di^ne d'être jufte, (f)Sïtmm. fentiment de Thomas (f) d'Aquin. C'eft aufli pour ce liijet, Licinim d'autres (g) Empereurs , aux Ferfes. ; que Conjlantin (6) fit la guerre à ^2; plutôt rapportent une défenfe à innocente de foi-même, (g) Voiez Ces Guerres néanmoins le de quoi nous parlerons plus bas ; qu'à une punition proprement ainfi nommée. Ynttîuw' Chrétiens qui perfécutent des eux-mêmes condamnent , §. L. 1. P o u r ce qui eft reconnoiffent gens qui des pour vraie barbares , la Loi de a des fupplices J e's us-* en matière de certains points , fur mais qui doutent , ou qui errent dans cette Loi ou l'égard décidé rien de à , defquels il le n'y a fens de la lefquels a été diverfement expliqué par les anciens Chrétiens ; (1) Loi paroît ambigu, il comme paroît par injuftice, ce fouveraine que nous avons c'eft une déjà Car ceux-ci , quoi qu'ils enflent une Loi, par l'exemple des anciens Juifs. dit , dont la violation foûmettoit les contrevenans aux peines de cette Vie ne punirent jamais néanmoins les Sadducéens , qui rejettoient le dogme de la Réfurre&ion , trèsvéritable fans contredit , mais qui n'étoit propofé dans la Loi de Moïfe que d'une manièfous l'enveloppe de certaines paroles ou de certaines chofes fymboliques. re obfcure , n'y a-t-il pas des Erreurs groflîéres , dont on peut aifé2. Mais , dira-t-on ment être convaincu devant des Juges équitables , par l'autorité de l'Ecriture Sainte , ou par le confentement des Anciens ? Ici encore il faut penfer , combien il eft difficile de déraciner des opinions dont on a été long tems prévenu , combien l'attachement que chacun a pour fon Parti diminué" la liberté du Jugement. // n'y A L I E N. // eji plus facile de fe a point de gale fi incurable , félon la penfée de (2) défaire de toute autre habitude, pour fi forte qu'elle foit , que de celle des opinions auxquelles

Quand on

3.

ment puni,

maltraite de telles gens le

c'eft

^

"^

&

&

Christ,

,

&

&

&

,

&

&

,

&

G

O

été attaché j c'eft ce que dit très-bien (3) r i g en e. Ajoutez à cela, que degré de la faute de ceux qui errent eft proportionné au degré des lumières qu'ils ont reçues , à d'autres difpolitions intérieures , qu'il n'eft pas poflible aux Hommes de pénétrer.

on a le

&

3-

la Bénéficcnce, l'Amour de tous , In quibx*s [conventiculis ] aliud auditur quoi bumanos faciat , niji quoi mites * verecunios , puiicos , caftos , familiaris communicatores rei y omnibus confoliiie germanitalis necejjttudine cojff cum pulatos. Advcrf. Genres , Lib. IV. (pag. 153, 153. Edit.

Chafteté ïcs

,

la Libéralité

Hommes

nihil

,

:

nifi

itfji.) G R T 1 u S. (3) Bomtf vif Cajus Sejus , tantum quod Chriftiunut. Apologet. Cap. III. Voiez auffi. Ai Nationes , Lib. I. Cap. IV. (4) Nôtre Auteur au roi t pu citer ici fort à propos jQtium probi , quunt boni ce mot de TÊRTUi lien quunt cafli congregantur , non eflfaco'êunt , quunt pii iiio iiccnia , fei curia. Apolog. Cap. XXXÏX. in fin. (5) Mr yxç ûvxi rxvrx\jjwxyuytx\(rwo^>ss f* f.t(B-*ii Sahttàf.

TertulliaN'.

:

,

j£ TFXÇOiVIXS

(7t)

VVÇX9ÎI

,

U< hVfJ.XÎ\/iù5xt

TX T??

StptpHfS.

De uX.d ètàxa-r.xXiîx vuty^cirvvYiS j£ ê~ix.xie
&

Joseph, ,

:

&

St.

glife , qui lui étoît confiée , contre les Ennemis du Chriftianifme Auxilium ergo petivit [ Maximianus Epifcopw Vagienfis ] ab Imperatore Chrifliano [contra holles Ecclefiœ ] non tam fui ulcifeendi caujfà , quant tuetida Ecckjiœ Jlbi crédita. Ad Bonifac. Epijl. L. Ces paroles fe trouvent rapportées dans le CaCauf XXIII. Quaeft. III. Cap. IL , :

Droit

nonique

G

R O

TIU

S.

On peut voir plufieurs Livres de divers du Siècle paffé , Se dans celuimatière de la Tolérance dans lefquels les. Perfccuteurs font accablez de preuves direftes de la dernière évidence , de réponfes fans réplique. Tout le monde connoît ces Ouvrages , publiez en diverfes Langues , fur tout en François en Anglois. Joignez-y les Obfervations de Matthias BerneGGer, publiées à Strasbourg , en 1669. Obf. XV. L. (1)

§.

Auteurs ci

,

faits à la fin

,

fur

la

,"

&

&

&

(.-)

AvCX7T6TÇS7TTOV Tl


,

xj àv
h
X.XX.0V

iÇIII

h rot;

De Natur.

Y,

TTEÇ)

fixXiçx > Facult. Lib.

x^

TX? x'ipttTSlÇ '^ûçxs xtcx-

\.

(?) Ey'^fÇfVfÇov ye xvS-çûitto; ru; vi^'i x)hx trvm^et'xç, xxv ovtrx7ro
ij

ititi

:

/uxirtv

s}

(rwir,$nx

jt

&s£xiotÎçx yttsrxi. thxvtx yxç ns In L » rx zreçt txs fyptjirKaxs. IL G r o t i u S. >

Cjy.eXÛrsçù» X/U.SI-J/SU

ad Corinth.

Hom.

>

O

3

(4)

Des

TI0

Liv. H. Ch. XX.

Peines.

pour ne regarde comme Hérétiques (4) que ceux qui s'aquérir de la (0 gloire & pour s'équelque intérêt temporel & fur tout pour fuivent opinions des faulTes nouvelles. & inventent ou riger en Chefs de Se&e

Augustin

St.

3

,

,

,

,

Salvien

Ecoutons ce que mais

ne

ils

car

eux

ils

:

au

dit,

Catholiques ,

des Ariens:

fujet

chez nous

font Hérétiques

font par rapport à nous

qu'ils

Ce donc

,

le

Ils

fout Hérétiques,

ils

ne

le

par rapport à

fournies

&

font pas

chez

nous-mêmes d'Hérétiques.

nous traitent

qu'ils

nous

(6)

mais

,

Génération Divine , qu'Us ont une penfée injurieufe à la moindre que le Père : ils croient eux , que nous fournies

,

eft

Fils

favent point

fe croient fi bien

ils

perfuadez le

le

Nous

eux.

en ce

fournies

que

qu'ils difent

dans une opinion inju-

le Fils égaux. La Vérité eft de notre mus faifons le Père rkufe au Père , parce que l'honneur qui lui eft Nous rendons ^ l'avoir du leur. cité : mais ils prétendent Ils ne s'arendre en penfant de la manière qu'ils penfent. du:' mais ils croient aujjl le lui mais ils font coufifter en cela même où ils y manquejit , le plm quittent pas de leur devoir : mais en cela même ils croient fuivre la véIls font impies : grand devoir de la I{eligion. Us fe trompent donc , mais c'ejl de bonne foi , (7) par un principe d'aritable Piété. aimer le non qu'ils le haiffeut , puis qu'ils croient honorer , mour envers vraie Foi , ils regardent celle qu'ils ont comme JQtioi qu'ils n'aient pas la

&

&

Dieu

Seigneur.

un

Dieu

&

que le Souverain Juge de l'Univers il n'y a amour de Dieu: comment ils feront punis de leurs erreurs au jour du Jugement.

'parfait

(8)

,

Ce-

aui lpuiffe lavoir *

pen-

qui , ut meafert opimo, (±) Quandoquidem Kareticm efi glorne , pnncipatusque temporatù commodi , £f maxime veljequtgtgmt vel opiniones novat , fui eratià.fulf* ac Ces paroles font Cap. I. Lib. de utilhate credendi , tur

dans

inférées

DlOiT CakONiqoI,

le

'

Cauf.

diftingue enXXIV. Qji.fl. III. une perfonne qui fe bille éblouir tre on Hérétique , Ille autem , qui hujutmodi Hérétiques des aux raifons homo efi ifttaginfdiotte quadam -venta-

(Cap. XXVIII.)

Il

&

:

bomnibus crédit , tùac pietatù illufw.

CLXII. du même D E Dans le C Père , citée dans une folle opiT u s T i N i E N , XHéréfie cil définie , Nuttw Hareticù uàmfierionm locut , nutta ai niâtreté le

Voiez

Canon

la Lettre

fuivant.

:

animi

exercendam Lib.

Tit.

I.

I.

obftinatioris Aementiam pateat occafio. Trinit. &c. Leg. IL prtne.

De Summa

GROTiUS.

n

,

.

.

,

„ Hom-

les Mais cette opiniâtreté eft une choie , dont ceux qui font mes ne peuvent pas juger Jurement» & regarder comme des peuvent l'erreur dans eux-mêmes

errant

,

atque

fidem

,

non odio , fed adfeElu Dei , honorare fe dominunt Qiiamvis non haheant reflam amare credentes. illi tumen hoc perfeciam Dei tejlimant caritatem.

Qiialiter pro hoc ipfo falfe opinion k errore

&

prouvé dans la Note i. de ce paragraphe. Orthodoxes fç) L'Auteur des Réponles aux

marqué

Agathias

parlant des ridicules fuperftitions des anciens Allemands , dit que tous les Errans font plus dignes de pitié , que de colère , parce que ce n'eft pas volontairement qu'ils s'égarent , mais par les fauflcs idées auxqu'ils fe font du Bien après lequel ils foupirent , quelles ils fe tiennent conftamment attachez , quelles

&

qu'elles foient

xxioi

tsç

eisy

x.v

,

&

ri «^i«*^.a«wft.IV. On &*« Chrysostome: même

trou-



t

>

h penfée dans St. ve la ÇAKÇZt'cts ko tm&vfti*. yàe tu àeio-tm mt*)P n ri]s i us. G V. 'Cap. Galat. Iii fientes : dent que apud (6) Huretici ergo funt , fed non Nam in tantumfe nos funt haretici , apud fe non funt.

to >£

Mntov 'c^oirxi rùv TVfcOM OVTX. Lib.

ut nos ipfos titulo herettex adpelCatbolicos elfe Quod ergo Mi nobis funt fif hoc nos lationU infameut. injuriant divin* gencrutiom facere certiju-

judkant

Nos

Mis

auffi ce

Le moien

E.

dicant : illi nos inmtmù, quèd minorent Pâtre Filium Vequia œquales eje credamus. riofos Pain exiflimant , Hont* apud nos efi : fed illi apud fe ejje prwfumunt. dihonorent arbitrante hoc illi : nor Dei apud nos efi fed Inofficioji funt : fed Mu hoc vinitatk effe , quod credunt. Impti funt : fed hoc pureligienù officiant. efi

fummum

tatif

veram

effe

pietatem.

Errant ergo

,

fed hono

ammo

,

\7rs1-

d'or-tS-hI.

(Lap.

,

que remarque dit-il

,

St.

de favoir

,

C H R Y S o S T ôcomment cette per-

que vous croiez dans l'erreur , s'açcufera ou jugera des s'exeufera elle-même , au jour que fecrets des Hommes? Et là-deffus il ajoute, qu'il eft impoffible aux Hommes de fonder les voies & les juge-

fonne

,

Dieu

mens de t\}

Die

u.

Te ksk^vjuuoûv

xv£7Tcr(pxXiç X7rt(pxiysiB'X(


,



7rxfxxx>.Z Xoyr,(rSTXt

>

,

ru tuv

/tutu ÙàcTi >£

"xoTCTYirx -xiçius. 7rc^iv ,

,

,

eos


tx.ovT£i

't(pitf.t!vsi

,

ROT

,

è -yà^ c»7ra

u?Ax ~S xyxB-Q

Grotius.

(8) C'eft

M

>

MTIX

C7T0l»

>

zxXsxxivkB-oci, ^ï-

ij

ûuxpTocvxiriv-

ùxt/j^is

(rÇxhivTtç rr x-çirii

TÙ)V X7TÇl£

dit, que

A?W

:

rx

>

y^ 7rXst.a,yxt
rS

éa-oi àS)

'EA«(o9"<*< fth «k

:

à.'Kunrxi >ù àhtr&xîvxciv

V.) ,

eft la fource la jaloufie des Héréliarqucs l'ambition eii>.ofô£ix; jj de toutes les Héréfies

in die Judi-

Parif 1645. (7)

,

ainh que l'ont reopiniâtres les partifans de la Vérité; au long les Auteurs , dont j ai parle

,

Inpuniendi foit , nttttut poteft feire , nift Judcx. , térim ideirco eu , ut reor , patientiam Deus commodut , quia videt eos , etfi non recie credere , adfeiiu tamen pia opinionu errare. De Gubernat. Dei , Lib. V. pag. 150, 151. Edit.

cii

koi'ois fr,uxG-t

h

ruy xv$pw7ruv \iX.*ix<îM xi

y.xTv\y»fY,
y]uipoi ors ptiXtei i

yxç Qetç

trju,èt

*,\ovm xçt-

uérçx yvwehrt /lui.

,

txvri

orras ays£ï£ivyi)Tx tx Kpi'itxrx

ôS'oï

xùrS.



y)

xno-

xptyii» Txy-iV7rTcc ,



xii-

Homil. contra Anathemauzant.

Grotius. in vos feviant , qui nefciunt cum quo labore quant difficile caveantur crores. , vos feviant , qui nefciunt , quant rarum £ff arduum lit , carnalia phantafmata pitr mentis ferenitate ftocrare. Illi in vos feviant^ qui nefciunt, cum quanta dijji-ultate fanehtr oculus interioris hominis , ut pojjit intueri Soient

(9)

Illi

verum inveniatur

&

Illi in

fuum

Des

D

pendant

E

I

V

à mon avis

,

L I v.

Peines. les

,

IL Ch.

[apporte patiemment

XX.

parce

,

qu'il

III voit que

,

s'ils

font dans

errent par un mouvement de Piété. ils Voici encore ce que St. Augustin dit des Manichéens , dans les erreurs grofiiéres desquels il avoit été long tems engagé (9) Nom yi avons garde de vous traiter avec rigueur ; nous laijfons cela à ceux qui ne favent pas quelle peine il faut pour Nous laifcombien il ejl difficile de fe garayitir des Erreurs. trouver la Vérité ,

Verreur

,

4.

:

&

fons cela à ceux qui ne favent pas combien des fantômes d'une Imagination grojfiére qui ne favent pas

cela à ceux

laijfons

térieur

pour

,

favent pas

mettre

le

noijfauce de la

calme

le

quelle difficulté il

,

&

Nature Divine.

bez dans des erreurs femblables à

faut

quels

foupirs

il

Nous

laijfons

y

cela

,

enfin

de

s'élever

au

deffus

Nom

Intelligence pieufe.

a à guérir

de l'Homme in-

/'te/,/

Nous laijfons cela à ceux qui ne pour aquérir quelque petite conne font jamais tom-

à ceux qui

Pour

vous féduit.

qui

celle

pénible

d'une

en état de voir fon Soleil

quels gétnijfemens

,

&

rare

eji

il

par

,

moi

,

ne puis abfolu-

je

ment me réfoudre à vous maltraiter: je dois au contraire vous fupporter , comme on m'a que fupporté moi-même autrefois ufer envers vous d'une auffi grande tolérance , aveugle me faifoit égarer celle dont mes Proches ufoient envers moi , lors qu'une fureur

&

,

avec vous. 5.

a

y

11

forte inveclive de St. Athanase (10) contre les Ariens , fur ce premiers qui avoient eu recours à la PuiiTance Civile pour terraiïer

une

qu'ils étoient les

l'o-

fuum .... getnitibztf

llli in

&f

pqfjit intettigi

vos feviaut , qui nefciunt , qv.ibus ut ex quantulacumque parte , Pofiremo in vos illi feviaut , qui nullo

fujpiriis fiât

Dens.

tali errore deceptifunt

qnali vos deceptos vident

,

Ego autem favive im vos omniuo non pojjiim me ipfum [ilfemble q u'il manque ici «/«.] .

.

pore,

sum

ita

agere

nunc debeo fuftin tere ,

quos

.

fiait

quanta

mecum

f

&

,

illo

,

tenu

tantâ patientiâ vobif-

egerunt proximi mei

,

quum

in

&' cacm errarem. Contra Epift. vocanfr fimdamenti , , Cap. IL III. pas:. 78, 70. Torn. VI. FJit. Voilà de beaux Bafil. 1528. dil'cours , fi ce Père ne les avoit démentis par fa conduite.

veftro dogmate rabiofm

quam

Manichœi

&

Confultez la Note 1 1. fur ce paragraphe. (10) C'eft avec raifou que ncnis haillons ces gens^ là , qui les premiers du Chrifftianifme ont donné le mauvais exemple de perfécuter. Voiez leurs cruautez «tons EUSE'BE, de Vit. Conftantrni, Lib. I. Cap. V. XXXVIII. Socra te , Hijl. Eccl. Lib. IV. Cap. XXIX. Proco.'E , Vandalic. Lib. I. dans l'endroit où il parle ftHoncric (ou Huneric , Cap. VIII. ) Gottbic. Lib. I. ( Cap. XIII. ) au fujet iVAmalaric comme auffi ; Victor d'Utique. St. Epiphanie aceufe les DemiAriens , de perfécuter ceux qui enfeignent la Vérité , ***&«»» ùbio-xorras ^n^onrm , XKtri Xcyetç &x\ôusvoi ùtXTÇtirtiv ociï.x xect

&

& &

:

Tw

•>

*X$j>utif*

K;

voïAfittts,

£

tA.uxa.içxiç

xx^xhlôvriç t»V

*£$»? zriçsiovrxç.

Xu «»jv yxç tt /xix zroAsi j£ #*,'ç« siP«'»« zrcXXxl's. G R E' G O I R E , Evéq'ue de Rome, dit à l'Evêque de Conjlantiuople j en parlant de tels Perfécuteurs , que c'eft une nouvelle manière de Préiication, de convertir les gens à coups de bâton No'ju inaudita ejl ifia pnedkatio , quœ verberibus exigit (

yaccifTo

,

:

&

fiden. G R T 1 u S. Les Arier.s ont eu

mai nôtre

,

fans doute tort de perfécuter; il faut rendre juftice à tout le monde ne devoit pas les charger du reproche les premiers qui ont deshonoré le Chrif-

comme Auteur

d'avoir été

par une manière d'agir fi oppofée à l'EvanFeu Mr. Bayle a très-bien remarqué, dans fou Commentaire Pbilofophique , (Supplément , pag. 564.1. Critiq. a l'article Edit.) dans fon Dictionnaire Hijl. iVArim , Not. A. G. que les Orthodoxes avoient été les ag~ gre[Jèurs : car ce furent eux qui implorèrent le bras féculier avant que les Ariens de Conftantin contre l'ArianiJ'me, Voiez ce qui fuit ; eujjent emploie aucune voie défait. Euse'be, dans fa Vie de CoNSTANTiM, Lib. III. Cap. LXIV , fif feqq. Socr ate , Hijl. Eccl. Lib. I. Cap. IX. dans la Lettre de Conjlantin aux Evêques & au PeuNôtre Auteur cite mal à-propos cette Vie où il ple. n'y a rien fur les perfécutions dont les Ariens uférent envers ceux du Parti oppofé.ill a eu apparemment dans tianifme gile.

&

&

&

,

l'efprit ce

Cap.

que rapporte

XXV. XXVIII.

SozIP'n e toHciuit

,

Hijl. Eccl.

Lib.

IL

&

l'exil

de

la déposition

La citation! qui fuit, eft auffi fautive pour le chiffre du ChapitA** car c'eft aux Chapp. VI. XV. XVI. XVII. XVIII. & X£C du Livre IV. que Socrate que l'Empereur Faparle des violences & des lautez,. contre les défenfeurs lens , animé par les A^ St.

Athanaje.

'

delaconfubftantial u refte , nôtre Auteur, vangiles (in Matth. XIII, dans fes Notes Il fe 41. pag. 257. ;j38Wxprime autrement fur ce fait. contente d'attribuer aux ^wwsl'introdiuftion des Peines corporelles un peu rigoureufes , d'où- ils pafférent enfuite , dit-il , à répandre le fang de ceux qui n'étoient Mais pas de même opinion , qu'eux , fur la Religion. il avoue , que Conjlantin , après avoir déclaré , dans fes premiers Edits , qu'il falloit laiffer à chacun la liberté de Confcience , la décerna enfuite des peines , plupart pécuniaires, contre ceux qui s'étoient féparez de la communion de lu grande Eglij'e , c'eft-à-dire , du Parti le plus fort ce qu'il fit (ajoute nôtre Auteur) ou par politique , ou à la follicitation des Evoques , qui vouloient s'épargner la peine de difputcr tous les jours avec les contredifans S'en quoi imperio ita conducere arbitrarctur , feu qued Epifcopi laborem quotidianx dijbutationis Jubterfugerent Sec, :

:

,,

-D«

112

l'opinion contraire à la "leur les prifons

par

ajoûte-t-il (a) Galat. IV, 29. Voiez là - defius

St.

J'crcme-,cité

dans le Droit Canonique, Cauf.

LXIIÏ.

£u. IV. Cap.

mon

à

Comme

ceux

,

,

qu'ils n'avoient

Héréfie fait bien voir

cette

,

avis

Liv. IL Ch. XX. & pour attirer à leur parti par la violence

Peines. ,

une

allufion à ce

que

pu perfuader qu'elle tfejl

,

dit St.

qui était né félon la chair

alors celui

,

Paul

, par les coups, par des difcours. (11) En quoi, point pieufe , ni religieuse. C'elt ,

dans fon Épitre aux Galates

,

perfécutoit celui qui

(a)

:

né félon Vefprit

était

>

même à préfent. On trouve quelque chofe de femblable dans un DifL'Eglife de l'ancienne Gaule concours de St. Hilaire à l'Empereur Confiance. damna la conduite (12) de quelques Evêques qui avoient fait en forte qu'on punit de mort les Prifcillianijles. Et en Orient on désapprouva auflî un Concile qui avoit Ceux qui exercent ou qui approuvent de paconfenti à ce que Bogomile fût brûlé. doivent être renvoiez à l'école d'un Philofophe Paien , c'eft Plareilles violences ton qui a dit très-fagement , (13) que la peine due à un homme qui ejl (14) dans en

il

de

ejl

,

,

,

,

l'erreur,

d'être injlruit.

c'ejl

&

Il y a plus de juftice à punir (1) ceux qui agiffent avec irrévérence C'eft une des raifons qu'on alavec irréligion envers les Dieux qu'ils reconnoiflènt. légua (a) pour juftifier la Guerre du Péloponnéfe entre les Athéniens Se les Lacédé§. Lï.

(a) 7%«çyd/d.Lib.I.Cap.

CXXVI, feqq.

Oxo».

W0-

&

Edit.

(11)

ajoute, que les voies de

Il

non

ploier

Perfuahon

'H es véx

:

uva.TCu.7rri toÏç Xo'yoïç

S-sktx.

txs

zii
&ià

77Î

Çii,

, ,

propre île la Piété, d'emContrainte , mais celles de la

/xvtrxçct

c'eft le

c-ra.ii

>

ùno

rarav uiçsrtç t7,s

vMy*n



exvrtjv

3-getriÇn'*s

xj

ft't»

>

orx»

,

ethr^tittî a.i(r%vv-

Xoi7tov if fin âteijvt)Tcti znlrxi Xo-} ois

yvaiçit^xtra.

Stùo-iSr,?.

la >£

,

rts-

*j oso-fMrrtiÇtotS ihitti» tm%tizsûvra. ftx?kov Wi» aj ,

arus ù? yàç thon,

/£>>

uva.yx.oiCi n

«ATom. I. ,

Xx uetB-u» ue-Trsp sinxus». Epift. ad Solitar. On peut le prévaloir , avec railon , d'un pag. 85?. A. aveuli formel de St. Athanase. Mais la vérité eft, autres Pérès , qui ont parlé de même , fe divers lui & ue q ont même font fouvent contredits dans leur conduite, admis ou établi des principes , en conféquence desquels condamnée Religion n'étoit canfe de pour Periécution la mal digérées. En qu'à demi par leurs maximes vagues le grand St. Augustin a varié là-deflus particulier, félon les tems , comme notre Auteur le reconnoit dans le même endroit de fes Notes fur les Evangiles , que je Ce Père, lit-il, a cru pendant long viens de citer. qu'on ne doit punir eîfi aucune manière ceux que tems , Msfs aiant eu depuis à foûtel'on appelle Hérétiques. gens afiez nir bien des combats contre' les Donatiftes , approuva les de fe'ntiment, il changea opiniâtres, ,

&

&

&

dilfuada

k

,

.

De Republ. Ecclefiaftica , Lib. VII. Cap. VIII. ou l'on a fur le fujet ramaflé plufieurs autres paifages des Pérès , dont il s'agit. (22) Idace, & Ithace. Suipice Se've re remarque , qu'ils furent bien peu fages , d'avoir recours comme ils firent d'abord , aux Juges Civils , pour les engager tes

re

ji faire

Tum

:

vero

arbitrantes

,

les Tri/ciUiani/Villes des Idacius atque Ithacius acriits infilt-

chaffer pnjfe

inter

initia

malum

comprimi

:

ut eofed pitrum /cous confiliis ,/eculares Judices adeunt , rum decretù atque ex/equutionibus ILcrctici urbibus pelleEdit. num. Cap. XLVII. Lib. II. ?. Sacr. (Hift. rentur. Un peu plus bas, en parlant du Concile de Viril.)

Bonrdeaux

,



les

deux Evêques Efpagnols

comme

,

dont

il

Acculàteurs des Pri/cilli unifies , s'agit leur zélé qu'il ne blâmeroit pas cet Hiftorien dit , contre l'Héréfie , s'ils n'avoient agi avec trop de chail condamne égalepar le défir de vaincre 5 leur .

,

parurent

&

Accufez

les

vincendi fententia

,

Idacius

, ,

&

Accufateurs

les

Sequuti etiam ac-

:

& Ithacius Epifcopi

:

,

phtt

eft

,

quàm

mihi tam

quorum fiudium ,

Ji non

,

ftudio

Ac mea quidem quàm accu/atores difplicere. Martin Evêque de Tours n'ou-

oportuit reos

,

certajfent.

,

,

(Cap. L. num. 1,3.) , , pour engager Iduce à fe délifter de fon aceufation : il pria l'Empereur Maxime de ne pas répandre le fang de ces malheureux : il lui repréfenta , qu'il fuffifoit de refte, qu'après avoir été déclarez Hérétiques par la fentence des Evêques , on les mît hors des Eglifes ; que c'etoit un attentat inouï , qu'en matière d'affaires Eccléfiaftiques on Namque tum Martinus eût recours aux Juges Civils apud Treviros confiitittus , non defmebat increpare Ithacium, ut ab aceufatione dejifteret i Maximum orare , utfanguifte infeliçium abftineret : fatU fuperque fujficere , ut , Epifcopali fententia Harctici judicuti , Ecciejiis ptlUrcniur : novum ejje £9* inauditum nefas , ut caufam Eccle/ia Judex blia rien

:

(Ibid. num. ç.) (19) J'ai trouvé ce mot, dans

ficculi jitdi caret.

G

R

T

1

U

S.

le I. Livre de la RéPhilofophe parle de ceux qui ignorent quelque Vérité or cette ignorance jette ordinairement dans quelque Erreur T< lv ; Gç>n) «» iyù ht'ia irie**

publique,



le :

:

izxtrcts

U7t6K^i
t«t»»

Punit comte refte

ment

eufatores

in expugnandis Hareticis non reprehenderem

,

rxîr»? viçi

rt âçtoïç ZTct$-e 7v

i

Tj

uiïso

oiK.eno(rwine (

jjv

(/['

Hi^Ttat

,

èyà)

y,

c7rsÇ

fag. 5Î7- D- Tom. II. Edit. H. Stepb. Traça ri tlïértf. C'eft île là viliblement qu'eft prife la penfée d'un Père de l'Eglife , que nôtre Auteur cite dans la Note fuivante. (14) L'Erreur ne mérite pas le nom de crime, félon

Sene'que.

THES.

jQuis

nomen umquam

errori

/céleris

dédit ?

Le même Philofophe dit, (Hercul. fur. ver/, 1257.) qu'il n'eft pas d'un Homme fage de haïr ceux qui font dans l'erreur ; autrement il faudroit qu'il fe haït lui-même : Non efi autem prudentis , errantes odijfe : alioquin ip/e fibi odio erit. De Ira , Lib. I. Cap. XIV. Antonin : Voici une fentence de l'Empereur ceux qui s'égarent finon, 55 Inftruis , fi tu le peux ,

Marc

:

„ „ „

fouviens-toi

,

que

la

Douceur

faire ufage à leur égard.

portent avec douceur

t'a

été

Les Dieux

donnée

même

po.ir les

en

fup'

É< piy Kvotcrtu , fttmtSï'Sna-Kt si et piv) > ttf ,u»ij0'6 > ort zrpos tQto n îv/ttévax roi ntàoTXi. >ù ot ©soi o% svftivsts roïs Tottsron «
accu-

Des momens. Pimcéens

le facrilége

dont

,

L I V.

Peines.

C H. XX.

IL

II?

armes pour le même fujet (b) contre les (b) Dhcf. Sic. Lib.XVI. à ce (2) que dit Justin , méritait que toutes les forces Cap. LX y M E remarque que, (3) tant que feqq. venger. St. J e'r

de Macédoine prit

Philippe

,

les

,

pour le Temple de Jerufalem demeurèrent dans le Temple des Idoles à les Vaijfeaux fierez du Babylone , Dieu ne Je mit point en colère contre les Babyloniens , parce qu'ils confiidées , des chofes qui aperaient ainji de bonne foi au culte divin , félon leurs fxuffes en les faifant partenaient à Dieu; mais depuis qu'ils eurent profané ces chofes fmrtes ,

du Monde

je réiiniffent

,

fervir à des ufages profanes

le

,

de

facrilége fut bien-tot fuivi

punition.

la

Augus-

St.

à caufe (4) que ce tin dit, que "Dieu rendit l'Empire des Romains fi étendu Peuple étoit zélé pour fa Religion, quoique faufié; &, comme s'exprime Lac,

TANCE, (5) parce qu'il s'attachoit conjîamment au grand Devoir des Hommes , finon Et nous avons remarqué (c) par une vraie pratique , du moins avec bonne intention. ci-deflus, que le vrai Dieu punit le Parjure, quelque fau (Tes que foient lesDivinitez Sen e'clue dit (6) qu'on par lesquelles on a juré les prenant pour la véritable. ,

(c) Chaf. XIII. de ce Livre, §. 13.

,

punit de telles gens , parce qu'ils ont cru outrager Ç'eft ôinfi que ou ils font les rend fujets à la peine.

Divinité

la

&

j

que cette penfée

que

j'entens ce

même

le

Philofo-

même

aceufer qu'il

mais , apprendre ce qu'ils ignorent nx
ceux qui font dans l'ignorance

,

de leur

jufte

cil

Tov yxe. ù-yvoSvTX

è

,

:

x.ctKÔ,Ç

,

«M«

t&otvé-xiuv iïUciiôv

17.

L'Empereur Valentinien

tion

I. eft

loué de fa modéra-

Ammien Marcellin,

par

,

en ce

qu'il n'in-

&

qu'il laiifa quiéta perfonne pour caufe de Religion , chacun fervir Dieu paifiblement félon les lumières de fa Confcience: Pojlremo hoc moderamine principatûs in-

quod inter Religionum diverjîtates mediw Jletit : hcc quem quant inquietavit , neque ut hoc coleretur impera* vit aut illud : nec hiterdiclis minacibns fubjeciorum cervicem ad id , quod ip/e coluit , inclinabut : fed internera* tas reliquit bas partes , ut reperit, Lib. XXX. Cap. IX. claruit

,

,

G

R O T §.

I

U

S.

LI. (1) Voiez VI. de

&

LVdeflus de

Cr

belles ebofes

dans

les

rille,

contre l'Empereur Julien. Les Aniphiciyons , à la perfuafion de Salon , firent la guerre aux Cirrhcens , à caufe qu'ils étoient entrez par force dans le Temple de Delphes ; dans la Vie de comme le témoigne Solon, (pag. 8J.E. Tom. I. Edit. JVech.) On peut aufceux qui veulent paner pour fi punir légitimement Livres V.

St.

Plut ARQUE,

Voiez A, GATHiAS , Lib. V. (dans l'endroit où il parle de ces qui s'élevèrent à Byzance , Cap. III. ) fortes de gens , r o T 1 us. quoi

Prophètes

qu'ils ne

le

foient point.

G

(2) Illum vindicemfacrilegii , ittum ultorem religionum , quod obis viribus expiari debuit , folum qui piacula exigeret, exjïitijj'c. Lib. VIII. Cap. II. num. 6. '?) Qttantdiu vafa fuerunt in idolio Babylouis , non eji iratus Dominas : (videhantur enint rem Dei , fecundum pravam quident opinionem , tamen divino cultui confecrajfè) pojîquum alitent humants ujihw divina contaminant , jlatim peena fequitur poft facrilegium. In Daniel. Cap. V. {Tom. V.pag. s 8i. B. Edit. Bajil.) (4.) On ne cite point l'endroit où l'on a trouvé cela : quoi qu'un il pourroit bien ne fe trouver nulle part ;

&

doue Allemand pof? en fait la

Val e'r

Christophle Adam Rupert, même chofe dans fes Obfervations fur ,

,

Maxime,

Lib. I. Cap. I. pag. 19. fans doute fur la foi de nôtre Auteur. Je foupqonne fort ou fi qu'il a mal pris la penfée du Père de l'Eglife : il n'eft pas ce Père a dit quelque chofe de fcmblable , fes principes car , dans ici -.out-à-fait confiant dans fon Traité de la Cité de DiEU , Lib. V. Cap. XII. il que la Providence Divine a voulu établit au long , F.

:

Tom.

IL

non à caufe de des Romai?is s'accrût , quoique l'attachement qu'ils avoient à leur Religion , Voiez mais à caufe de leurs Vertus Civiles. ; aufii Lib. IV. Cap. XII. Je vois dans les Notes de Tesmar, un paffage de la V. Lettre , écrite à Marque nôtre cellin , où ce Compilateur trouve la penfée ,

que l'Empire faune

Auteur attribué tout

Augustin:

à St.

contraire

le

&

,

je vais

même tems

qu'on voie en de remarquer

&

,

le

mais

rapporter

la vérité

le

c'ell

juftement

partage

de ce que

,

afin

je

viens

peu de jugement que Tesmar.

Ut , quantici , comme par tout ailleurs diu inde peregrinamur , feramuf eos , fi corrigere non vaienms , qui , vitiù impuni tis , volunt Jlave Rempublicam , quam primi Romani conflituerunt auxeruntque virtutibi» : verum , ji non habentes veram pictatem erga ,

fait paraître

:

&

Deum

qux

illos etiam in ecternam civitatem pojj'et falubri religioHepcrducere, euftodientes tcxmen qnandam fui gêner is PRO'

BITATEM

,

TUE MD*

,

re.

TERRF.N.ï. CIVTTATI CONSTIAUGENDAi, CONSERVAND.'HQUE Juffice-

quec pojfet

Df.US enimjic oftenditin

ETIAM

VERA

SINE

cpulentijjïmo

&

prtcclaro Ittt-

quantum valerentcivii.es,

Romanorum,

perio

RELIGIONS

VIRTUTES

&C

Voilà qui s'accorde bien avec ce que l'ancien Docteur que j'ai dit dans les endroits de fon autre Ouvrage , indiquez. N'a»* (5) Il parle des Peuples Idolâtres en général ifii fragilium cultores , quamvisjint inepti , quia cœlejîi* aliquii conftituunt in rebzt* corruptibilibus atque terrenis tamen fapientix rctinent , £9* habere veniatn pojfunt , quia fummum hominis officium , etjî non re ipfà , tamen propo:

,•

fito tenent

&c.

Divin. Lib.

Inftit.

IL

Cap. III. num. 14.

CeMar.

Edit.

Injuriant facrilegw Deo quidem non pote fi facere , quem extra iâhtm fua irvinitas pofuit : fed punitur , quia, tamquam Deo fecit. Opinio illum noftra , acfua , obtient (
peenœ.

De

Lib.

Benefic.

VIL

Cap.

VIL

Le Philofo-

de ceux qui outragent de faufpenfée eft , comme il paraît par qu'encore qu'en commettoute la fuite du difeours ,

phe ne parle point-là fes Divinitez

tant

un

:

mais

facrilége

,

fa

on ne

farte

,

à

proprement parler

,

parla Divinité , qu'il fuppofe véritable , cependant ce qu'elle eft au deflus de toute atteinte; mérite d'être puni , celui qui commet le facrilége , que parce qu'il croit faire du mal à la Divinité ,

aucun mal à

&

les autres

Auteur ge

,

a

ainli

Nôtre regardent fon aétion fur ce pié-là. néanmoins depuis allégué ailleurs ce partamal appliqué , dans fes Notes fur le Livre de

P

la

1

1

De

4

(d) gîb.

De le-

x. £7 Tom.II.

Lib.

pag. 907 Jfèqq.

manière dont

la

Peines fe communiquent

les

(7) qu'ow punit Mverfement , félon les lieux , le violentent de mais que par tout il y a quelque peine attachée à ce crime. C'ctt la Religion , (d) condamne à la mort les violateurs de la dans le même fens que

lofophe dit ailleurs

,

Platon

Religion.

,

^m^—m-^^m*

Ed. Stefb.

SBBB

-xoà

CHAPITRE De

perfonne à

Comment on ou Corps

I.

ceux

pendent d'eux pouvaient

part

a

,

dévoient.

à ceux qui ont commis qu'on ne livre les

III.

ne

ils

3

Il

pour avoir eu part au Crime. IL Çhi'uu

en

même, quand on

de

:

IV. de

A

cela

ou Réfugiez > font Supplians , Exception à non pas en faveur des Coupables.

moins

par

,

cette

lors

,

qu'ils

le

a donné retraite

qu'on ne puniffe

ou

,

V. Qtte Malheureux ,

exemples.

des

m

établis

privilèges des

&

ont pas empêchez

les

ejl

Eclair ciffement

Crimes de ceux qui dé~

des

refponfables

quelque Crime

ailleurs

Coupable.

le

font

,

aiant comioiffance

le

qu'ils

gouvernent

d'une

l'autre.

la Punition,

v

le

fi en

,

£f?

a

qui

communiquent

les Peines se

manière dont

la

XXI.

faveur des

VI.

régie.

jQiœ

peut

l'on

far ou Réfugiez , jufques à ce que leur procès foit injlruit. VII. Comment les Sujets mit part aux quelles Loix on doit juger de leur crime ? Différence ou les Membres d'un Corps à ceux du Corps. crimes de leur Souverain , qui le comla punition des Particuliers , qu'il y a entre la punition d'un Corps ,

protéger

Supplians

les

,

&

petit avoir

l'on les

Combien de tenu dure

VIII.

pofent.

maux

part à

qu'on

droit

a

,

ceux que l'on

£5?

confie

du

entre ceux qui font une véritable punition

à

l'en fait foujfrir feulement

l'occafion

du Crime.

IX. Si

de punir un Corps.

X.

avoir eu part au Crime ?

finis

,

qu'on fait foujfrir directement

XI. Et

miers.

la Peine

le

XII.

par tme Crime

,

parler

Qit'à

entre

Diftinïïion

fuite des

&

pre-

ceux que

proprement

3

ter-

la Sapienct de

nio

,

il ilit

:

SalomoN,

adde

verf. ji.

où,

fur le

mot

opi*

violatarum religivnum , aliubi atque aliubi diverfa pana efl , fed ubique ait* Ibid. Lib. III. Cap. VI. qua. Chap. XXI. §. I. (1) Voiez, fur cette matière , PuFF.NDORF , Droit de la Nature des Gem , Liv. VIII. Chap. III. §. 28 , &fiàv. Chap. VI. §.12. les Complices d'un Crime y ( t ) Les Miniftrcs aiant volontairement concouru , partagent la faute avec les Auteurs mêmes île l'A&ion, comme le remarDicent enini , miniftros focios ha* que Tf.RTUI.MEN bere arbitrium miniftrandi atque fociandi , poteflatem fuit t'clioitiitis in utrwr.que , hominesfeilicet çff ipfos : idcirco cum uutloribus mérita communicarc , quihus opérant jbonte accommodant. De Refurrc&ione carnis. {Cap. XVI.) ,

venefîcii

,

parricidii

,

&

& &

& &

:

'

GROT!

us.

(2) Quand on fit mourir St. Etienne, quoique Saiil gardât feulement les habits de ceux qui jettoient des pierres contre ce faint homme , il le lapidoït par leurs mains; comme le remarque St. Augustin: Saulus manibtts omnium lapidabat. Serin. V. De SanHis , Cap. Voiez quelque choie île femblable Serm. I. in IV. idem argument. Cap. III. Serm. XIV. G K O*

&

T

1

u

S.

Le confentement de auroit bien lapidé

exemple

le

,

pas nécefTaire ; on Ainli cet St. Etienne.

Saiil n'étoit

fans

lui

,

ceux qui ne concourant que peu ou pointa

Crime

aftuelle d'un

aut proftjfto.

,

(7) Et homicidii

rapporte à une autre clalTe,

ou au

cas de

qui le

commet

aider

s'il

,

,

&

la

produclion

font unis de volonté avec celui difpofez à faire beaucoup pour l'y

,

le falloit.

fi l'on fait tomber de l'argent de la poou fi afin qu'un autre s'en laififle pour donner à un autre le tems de prenou fi l'on fait fuir les dre quelque choie de fon bien Brebis ou les Bœufs de quelcun , avec du drap ronge , par exemple , pour les faire tomber entre les mains d'un Voleur ou fi l'on met une Echelle à la Fenêou qu'on enfonce la Fenêtre ou h Porte , afin tre ou fi on lui prête l'Echelque le Voleur puïÏÏe entrer le pour monter, ou quelque Infiniment de fer , pour ouvrir. Ce font les exemples qu'on allègue dans les Institut F. S: Jnterdum furti tenetur , qui ipfe furtum non fecit : qualù ejl , cujuf ope conjilio furtum fallum eft. In quo numéro ejl , qui tibi nummos excujjît , ut aliiis eos ut aliw rem tuam exciperet ) aut tibi obfliterit , raperet ; ut alun eut exciperet. aut oves tuas vel boves fugaverit , Et hoc Veteres feripfertmt de eo qui panno rubro fugavit armentnm Ope conjilio ejas qitoque furtum admitti

(4)

Comme

che de quelcun,

on

l'arrête

:

,

:

:

,

:

,

,

.

.

.

f

aut ipf/u fcqui calas forte feneflri-s fupponit } quive nefïrtv vel ojlium effrittgit , ut aliusfurtum facer et ut feneftru fupferramenta ad efîhngendum , a?.t fcalus , ponerentur, commodaveritjciens cujus rri gratiâ commodaverit. Lib. IV. Tit. L De obligationibw , quœ ex delicio na-

vjdetur

,



,•

feuntur

,

«.il.

Voiez ÏEdit de

T H e' O D

R

1

C

,

Can.

Liv. H. C

tfune perfonne à f autre. perfonne ne peut être légitimement puni

par exemple, pour niére dont

punir

les

DlEU

d'un Coupable

traite

auraient

Ni

XVlll.

n'ont pa,s conjenti.

ils

Défait ne

,

à conjiderer

XX.

:

Mais

le

pu

&

doivent p,u non plus être punis proprement verain.

H.

XXI.

£autrui

iif

XIII. Un Fils , XIV. Ce qui n'eft p
quelque chqfe qu'ils

,

Crime

:

Crimes de fon Père

autres Parens.

les

pour un

,

avoir fans

cela.

XVII.

Les Sujets

m

directement pour les fautes de leur SouMembres d'un Corps pour la faute du Corps à laquelle XIX. Que les Héritiers ne font pas pumffables d'un Crime du ,

les

,

,

mal qu'on voudroit leur faire foufrir comme doivent fubir la

qu'ils

Peine

lors

,

qu'elle

véritable Pei-

taie

a été changée en une autre

forte d'obligation.

&I-

1

C}® demande, fi Peines Wpersonneal'autre?

(1) qui ont eu part au Crime,

Quand on

2.

a eu part

OU des

Et cela

autres

au Crime, on

communiquer

peuvent se

tes

-

,

s'entend toujours qui n'y ont eu aucune part.

d'v

ou de

,

n

e

ceux

pas tant puni pour le Crime d'autrui a part aux Crimes d'autrui , à peu près de manière que j'ai dit -cwJeflTus (a) qu'on a part au Dommage caufè injutte.. ment par quelcun; quoique l'obligation de réparer le Dommage ne fuppofe pas toujours un Crime mais feulement lors qu'on a caufè le Dommage par l'effet d'une malice confidérable.; ce qui n'arrive pas toujours au contraire une iimple iautc quelque légère qu'elle fait, fuff]t fouvent pour impofer la néceffitède répa(2) que

la

pour

le fien

n'eit

Or on

propre.

même

,

:

,

Dommage.

rer le

Ceux donc qui commandent une Adion Mauvaife; ceux qui y (3) confentent, que leur contentement étoit néceOàire pour la commettre; ceux qui fourniflènt (4; quelque fecours à l'Auteur de l'action, ou qui (0 lui donnent retraite, ou qui ont part au Crime de quelque autre manière; ceux (6) qui confeillent le Crime, ceux ou qui flattent la perfonne qu'ils voient tentée de le com(7) qui le louent, mettre; ceux qui pouvant devant l'empêcher, en vertu d'une obligation propre3.

lors

-

&

ment

Grotkus.

CXX.

Jérôme

(?) St. [ ou celui dont l'Ouvrage patte mal-a-propos fous le nom de ce Pérc] dit qu'on eft , complice d'un Larcin , lors que pouvant indiquer le Voleur au Maître de l'argent dérobé qui le cherche, , on ne le fait pas : Non enim fur folummodo fed etiam , ttte rens tenetur qui confeiw furti , qt«crenti pojejTori , peenmam qui perdîdit , non vult indkare , qnv.m valet. Comment, in Paranoïas Salomon. ( Cap. XXIX. Tom VII. pag. 5?. C. EM. Froben. 1537.) St. C H r r'S

o

stôme

fait

le

même jugement

de ceux qui fâne le découvrent pas: Ov yxç a livoÇKSrrts fictôp «'*« *} vtnsàvrtt /xh, a-jfiffAMTSî ai, x.ctwvwi Tm\y K \*w.Tuv. De Statuis, Vrat. XIV. G R o T 1 u S.

chant que

quelcun

fe

parjure, ,

i

&

(6) Voiez leslNSTiTUTES, YEdit deTHF.'o 0RiC, dans les endroits que je viens de citer, Note 4. Se on une ancienne Loi X Athènes, celui qui a voit conseille

un Crime

étoit fujet à la

peine,

«

:

m

^

Toy iît)\iu
219

Ed

conlcil

donne

qu'il^a fait

ev

t£ xvtZ ivi&âxt

Anihicid.

fVe C h.) ,

(Orat.

Aristote

celui qui

l*a

,

^

,

même

tout de

-que celui qui l'avoit commis K *i * roç Tfçwst» kclXm fZttfl ,Z, lf( ,

ifMS

zpïo-3-s



ro\

^ _;_ xùrZ,

rr,

Wtfi

Myjhrïù, pag. dit, que, fans le

1.

de

fuivi n'auroit pas

^

fait ce

Ot yào tuvpxzSÎM 6&svcrxtts,*. RI etonc. Lib. I. Cap. VII. (pag. 126". Edit. Vifar. J27. Edtt. Funj. loin. IL G R T z u s. :

,

d'AsiSTOTE,

'Ce que l'on cite ici le Philofophe le rapporte comme étant de l'Orateur LéoAamas qui ic , fondoit là-deffus pour prouver que celui qui donne un mauvais coufeil eft plus coupable que celui qui le fuit : ilo-niç At6>ox ux; x.xrr,yoç2v ïq>i) Kxftsis-çxra ràv fîtstS 7tÇx4xvto<: fcxfoov xhx-eh ov yxP *» &e. Nôtre Auteur (pour le dire en paffant ) citoit ici par méprife , De Fo'ética , Cap. 17. Il faut remarquer encore , que dans l'endroit des ES auquel ,

t

KîvjrxvTX

'

INSTITUT

il renvoie , le fimple Confeil n'eft pas regardé comme une chofe qui rende complice du Larcin: l'Empereur veut, au contraire, que celui qui a confeillé de dérober, foit à l'abri de toute pourfuite , s'il n'a point donné de fecours réel d'une manière ou d'autre Ccrtè qui mtOam opem ad furtum faciendum adhibuit , fed tantum conjilhim dédit utqne hortatus eft ad furtum faciendum, nontemturfwti. Cela eft clair; & je ne dois pas entrer dans la difpute des Interprètes fur le fens de cette formule , Ope confilio , ou , Ope aut confilio : difpute, à quoi a donné lieu l'ambiguïté du mot Confilio , & la :

,

différence

anciens

d'opinions fur Jurisconfultes.

(7) Selon

St.

ce

fujet entre les

Chrysostôme

Mauvaife A&ion , eft pire Kxi yxç tx ZThvuusXÇvTis; c

Seftes des

celui qui loue une que celui qui la commet ,

:

tjjv

x^ix^rtM

itvxivui y.x\î-

In Cap. I. ad Rom AN. circa fin. Par les I.oix des anciens Lombards, celui qui étant préfent encourage une perfonne qui fait mal eft regardé comme s'il P 2 TraTsços.

,

00 V,L

?.

Cb*p t!e

ce

De

Il6

la

manière dont

Peines fe communiquent

les

ne (8) le font pas ; ou qui étant dans une femblable obligation de fecourir une perfonne à qui l'on fait du tort, la laiflènt impunément infull'Auteur de ter ; ceux qui négligent de diQiiader , comme ils y étoient obligez l'action mauvaife; ceux qui gardent le iilence, fur un Crime qu'ils étoient tenus s'il y a eu dans leur fait une malice de révéler ; tous ceux-là peuvent être punis allez grande pour les rendre dignes de punition , félon les maximes établies dans

ment

nommée

ainfi

,

,

,

Chapitre précèdent. IL i Pour éclaircir ce que nous venons de dire , il faut en alléguer des Une Société Civile comme tous les autres Corps n'eit pas refponfaexemples. ble (i) des aérions de chaque Particulier, auxquelles elle n'a rien contribué en faiUn Père n'eit pas non plus refponfable des iant ou ne faifant pas certaines chofes. ni un Maître, de celles de lés Efclaves; ni tout autre Supéfautes de fes Enfans à moins qu'il n'y ait quelque de celles des perfonnes qui dépendent de lui rieur chofe de criminel dans fa conduite , par rapport aux fautes de ceux fur qui il a auOr entre toutes les manières dont un Supérieur peut fe rendre coupable à torité. qui méritent d'être concet égard , il y en a deux qui font le plus communes ,

le

§.

.

,

,

;

:

,

&

beaucoup de foin

iidérées avec

un Crime

l'autre

;

,

lors qu'ils

:

l'une

eit

donnent

,

lors qu'ils fouflrent

retraite

que l'on commette

au Coupable. 2.

commettent lui-même le Crime, Lib. L TH. IX. §. île JoVoiez les paffages de P H i i, o N , qne je citerai ci-deffous , dans la Note i. du G K o r 1 u s. §. 17. T Voiez , fur tout ceci , le Droit de la A at. £jf des s'il

&

2j.

seph,

Gens Liv.

,

de

P u

F

Chap.

III.

N

E

I.

Devoirs de r Homme

1)

O R

§.

4.

F,

Liv.

&

les

I.

Chap, V. §. dernier:

Notes fur l'Abrégé des du Citoicn , Liv. I. Chap. I. §.

Çff

dernier.

(8) Ceux qui pouvant empêcher un Larcin , ne l'ont pas fait , font punis de la même manière que le Voleur, S T ô M E "o, ovyc «' «A«rielon Sr. C H R Y S :

rovrtç uîvov k&iï.Îovtiç ^s

, 1

x)isoi TJ)v

*C

xvçioi /u,h

01

tms

ctlryy iKihoiS oto curt

.«i .'-.>

dix/,».

-V<*<

>

un

Advei'f.

Le même Père foûtient ailleurs , que Judneos , Orat. I. celui qui empêche qu'on ne foigne un Malade , & qu'on «e le traite , cft coupable , tout de même que s'il l'avoit G K o Ti u S. bleffé ; In IL ad Corintk. Cap. VIL diftingue entre les St. §. IL (O les Fautes puFautes propres que chacun commet , bliques , qui fe commettent par l'union des volontez Aliud efl enim , quod in Populo habet «l'une Multitude quùque peccatum fuum proprhtm , Çjf pojfunt buhere omnes fropria : aliud , quando commune peccatum ejl , quod uno animo fit , fif tmà voluntate ad aliquid multitudine com-

Augustin

&

:

[QjKcft. in L F. V i T I C. XXVI.] faratà committitur. De là vient cette claufe des anciens Traitez d'Alliance: Si prier defexit publico confilio , dolo malo &c. [T I T. Liv. Lib. I. Cap. XXIV. nom. 8.] par où l'on donnoit à entendre , qu'il n'y avoit que ce qui étoit fait par délibération publique , qui pût être regardé com-

Et c'eft ce que les Déinfraction du Traité. des Locriens repréfentoient au Sénat Romain pour exeufer leur révolte: Quippe fi &f culpa defettionis Idem , ( Lib. XXIX. frocul ù publico confilio abfit &c.

me une

putez

Cap. XVII. mon. 2.) Zenon, demandant grâce la larme à l'œil , pour les Magnéfiens , prioit Titus Quinciiw ,

&

autres Ambaffadeurs du Peuple Romain , qui l'accompagnoient, de ne pas rendre tout l'Etat refponfaajoutant , que ble de la folie d'une feule perfonne périls aux rifques les fautes font perfonnelles , de celui qui fe laiffe emporter à fa paflion: Ah T. les

•,

&

&

Quinttio

,

legatûque aliù

,

jlens petiit

,

ne unius amen-

Sur

Suo quemque periculo fuCap. XXXI. mon. 14, 15.) parlant devant le Sénat Romain , diftinguoient le fait du Public d'avec la faute ils repréfentoient en même tems , qu'il des Particuliers n'y a point d'Etat où l'on ne trouve quelquefois de que par tout la Multitude cft médians Citoiens , ignorante : Sed publicam caujfam à privatoaveugle rum culpa fegregaturus [fumj. Nulla enim ejl civita* , imperitam mulimprobos cives uliquanào , qua: non titudinemfcmpcr habeut. Idem , Lib. XLV. (Cap. XXIII. A R c F. 1. 1. 1 N rapnum. 7, %.) A m m 1 e n porte , que les Ambaffadeurs des Quades , ancien Peuple $ Allemagne , fe fervirent de l'excufe ordinaire, qu'on n'avoit rien fait contre les Romains par délibération publique des Principaux de la Nation , mais que les défordres venoient de quelques Brigands étrangers : Docere jujjï , qme ferebant , [Qitadorum legati ] ufitatat Mas çaujfarum Jpecies , jurandi fidem addenda , firmabant : nihil ex commune mente Procerum gentis delielum adfe ei>i\u. à.tïyçânzuv nyuv ^îvwv j£ (7nijXvûâiiv > y«rp.ai zroaîiiTUv , >j ToXuy ^ ^tnga.vof^ict. zrctery. y^ xk «y tir, iïiy.cttoi U7rif r?f àhryan MTrxicsviriccs 7roXi» TocnivTtiv tiam

civitati

adfignarent.

Idem (Lib.

rere.

XXXV.

Les Ambaffadeurs de Rhodes, :

&

&

&

&

M

f

&

:

&

:

>

>ù rus %&» và'ixqx.oTots èiatvxi cixr,y. Orat. > G R O T 1 U S. (2) U dit , dans fa Harangue contre Pifon , qu'il n'y a pas grande différence entre troubler l'Etat par xvccp7ro(.Çs
III.

de Statuts.

&

des Loix pernicieufes permettre que d'autres fur

tout chofes :

&

des Harangues féditienfes, troublent de cette manière,

le

un Conful qui fait de pareilles Nonium qux feceris fsd qua fier: pafus ./?>, quand

c'eft

,

iico.

cfune perfowte a F autre.

Liv.

Cn.

II.

XXL

117

Sur le premier chef, il fout pofer pour maxime, que celui qui aiant connoifdevant l'empêcher , ne le fait pas le rend lui-mêpouvant fance du Crime , me coupable ; parce qu'il eft cenlë avoir conienti à l'aâion mauvaife qu'il a laiffé St. A u g u s t i n (3) , commettre , comme l'ont remarqué (2) C 1 c e'r o n 2.

&

&

,

&

,

Ainfi , par les Loix Romaines, (5) celui qui fouffre (4) autres anciens Auteurs. qu'on proitituë une Fille Efclave qu'il pouvoit mettre a couvert de la proititution, que fon Maître Si un Efclave tuë quelcun , elt cenfé la proltituer lui-même. (6) il eft cenfé alors, le fâche , celui-ci eft refponfable folidairement du meurtre

&

:

avoir ôté lui-même la vie à celui que fon Efclave a tué. , Loi Fabienne (7) punit un Maître, lors que, lui le fâchant, fon Efclave en a caché un autre, appartenant à autrui. fuborné connoiflance du mal que font ceux fur qui l'on a 3. Mais il ne fufrît pas d'avoir eu C'eft autorité , il faut encore que l'on aît pu l'empêcher , comme nous l'avons dit.

difent les Jurifconfultes

La

&

des Loix Romaines, (8) qui fè fondent fur ce que la connoiflance doit accompagnée de volonté. D'où elles infèrent, qu'un (9) Maître n'eft pas

aufli la décifion

être ici

refponiable des fautes de fon Efclave, £1 l'Efclave a appelle en Jufticepour prouver qu'il étoit de condition libre , ou s'il s'eft moqué des défenfes de fon Maître ; parce Ainfi un Père qu'en ce cas-la le Maître n'a pu (10) empêcher ce qu'a fait l'Efclave. eft

mutltum

iico. neque vero

utrum

ipfe pernicioJT.s

publicam vexet

G

R

)f

I

u

cm

,

prafertim in Confule, , improbù concionibm , Rem, vexare patiatur. ( Cap. V. )

IX. Tit.

pitur feire

s.

Je

paroles.

Canonique, où 01

Augustin

dans

trouve

les

le

Droit

XXIII. Quxft. III. Can. XI. étant du Commentaire de St.

Cauf.

donne comme

les

fur le PjCeauwe

LXXXI.

s

,

;

:

,

, c'ëft ; ftgloil A g. M 6 b F. , les rendre plus harQimquU enim patitur peccare peccommettre canten , ù vires Jubminiftrat audacia. Advenus Gcntcs, Ne pas emLib. IV. (pag. 149. Edit. Lugd. B. 1651.) pêche- un Crime , quand on le peut, c'eft le commanIn cnjus enim manu der , à ce que dit non probibet admitti. (De eft , te probibeat , jubet agi , Gubenat. Dei , Lib. VII. pag. 266. Ed. Tarif. KÎ4S-) donne pour maxime à l'EmpeLe Diicre reur Jujlinien , que c'eft tout un de ne pas empêcher les au res de pécher , ou de pécher foi-même ''la-ov tm

du mil

dis à le

:

Salvien:

f

Agapet

:

,

ro

Kûi7\vetv

f*>)

tus TtXï)fiu.tXisvr»; "KoyiLp.

Grot'ius.

;

(Parœietic. Cap. XXVIII.) (5) Imper ator nofier , cum Pâtre fuo , confiituit , in eo , qu , quum pqjjït abducere proftitutam anci/lam , pecunia acfptà , manùs injeiiionem vendidit , ut libéra ejfet : an paproflituat nibil eiim înterejfe , ipfe abducas ,

&

tiaris p-ofiitutam ejfe

,

pretio accepto

,

quum

,•

pojjis

eximere.

DiGlST.

*

jQiti fine manumijjîoLib. XL. Tit. VIII. ne ad ibertatem pervetîiuut , Leg. VIL (6) $Y fervîts , ci ente domino, occidit , in felidum do-

f

ipfe enim videtur dominus occidijfe. D IDe noxalibits aciionibzts, IX. Tit. IV. Voiez le Traité de Mr. O D T Leg. Il priiicip. ad Leg. Aquil. Cap. X. (7) S fervm , feiente domino , alienum fervum fubin ipfvm dominant animadtraxerit, vendiderit, ccluverit vertitur J u l. l. Rec. Sentent. Lib. V. Tit. I.egem Fabiam XXX. §. 2.

minum

GES'i

okligat

:

Lib.

Pau

U

,

VI.

Tit.

Voiez auffi Lib. XLVIL Tit. VIL Arbonm fur1. 1 S 1 G TLEX tim cafarum , Leg. VIL §. <;. aliT H R. Lib. VIII. Tit. IV. Cap. XL XXVI. Lib. IX. Tit. I. Cap. I. G R O T I U S. bi (9) In deliclà fervorum , feientia domini quemadmodum accipienda eft ? utrum ctim confilio , an &Ji viderit tantum , quamvis probibere non potuerit } Quid enim , Ji ad libertatem proclanums , domino feiente faciat ? aut quid Jt contemnat dominum ? vel , quum tram ftumenjit fervus, vidente quidem , fed invito domino , noxiam noceai ? Re-

W

&

éiiùs itaque dicitur

&

,

feientiam ejiu accipiendam

,

qui pro-

D

De 1 G E S T. Lib. IX. Tit. IV. hibere poteft &c. noxalib. ail. Leg. IV. princ. J'ai rapporté cette Loi autrefois commune , que nôtre Auteur aut quid Ji contemnat Domimots que , dans l'Edition de Florence , il y a : ce qui fait un autre fens, aut qui condemnat Dominum & veut dire , que l'Efclave a fait condamner fon Maîcar le mot de condemnare tre à lui laiîfer la liberté fe dit quelquefois des Parties , qui obtiennent une fentence du Juge en leur faveur , comme on peut voir par les exemples qu'allèguent le Préfuient B R 1 S s o N,

félon la leqon

a fuivie dans ces

num

?

Au

:

lieu

,•

:

dans fon

Faur,

&P1ERRE DU

Dictionnaire de Droit , Semeftr. Lib. IL Cap. XXIII. pag. m. ?ÇJ,

néanmoins, que le grand C a J A s , dans fon Commentaire fur J u l 1 u S P A u L U S , ad du Fa u r , Ediélum , pag. 45. & Ration. Tom. IL pag. 922. préfèrent auffi la manière Voiez , au refte, de lire , que nôtre Auteur a fuivie. fur le fond même des dédiions du Droit Romain en matière des Crimes commis par un Efclave , le Traité de Mr. Noodt, Ad Legem Aquiliam , Cap. X.

Je

3?4-

v °i s

Antoine

N

,

qui feit , £f potuit prohibere : feientiam enim qua; habet cjf voluntatem. Lib. XLVIL , Si familia furtum fecijfe dicatur , Leg. I. §.

,

Jpeilare dcbemits

:

dans une Lettre à Cick'ron, (4 dit, ui'on eft coupable d'* unc fan te d'autrui , lorsqu'on Aliéna v,gitur iittqtàes , cuipx me reum a pîi 'empêcher faciès ? Prorfiu aliéna , Jt providetri potuit , ne exifteret. (Epif. ad Brut. IV.) Souffrir que les autres fanent

B ru Tu

7rhiiu.f.itetv

,

hibere potuit teneatur

aiios

Nô(?) jQui définit ohviare , quum poteji , confentit. tre Auteur ne dit point de quel Ouvrage de ce Père il a tin ces

tit qui pro(8) Scientiam beic pro patientia accipimm non fecerit. D 1 G E S r. Lib. , Ji Is autem acciI. Ad Leg. Aquil. Leg. XLV.

intereft

legibus

(10) Culpâ caret,

D ris

1 ,

G

Lib.

E S r.

Leg. L.

& là-dclfus le

L.

qui feit Tit.

,

fed prohibere

XVII.

De

auffi

la

de qui nôtre Auteur paroît avoir plupart des padages qu'il cite ici.

P

3

ne.i poteft.

diverjh Reg.

Loi CIX. du Commentaire de P 1 E R R E

Voiez

Ju-

même Titre i du F a u r,

tiré les

Loix

,

&

la

(")

1

De

8

1

la

manière dont

Peines fi communiquent

les

bien refponfable des fautes de fesEnfans, (n) mais feulement pendant qu'ils font D'autre côté , encore même qu'ils foient fous fa puiffance , fous fa puiflànce. qu'ainfi il ait pu empêcher ce qu'ils ont fait, il n'en eft pas refponfable, (12) s'il En an mot l'un l'autre doit fe trouver ici égalen'en a pas eu connoiflance. la négligence à empêcher. Ce qui doit être auilî appliqué, ment , la connoiflance , de la même manière , aux Crimes commis par des Sujets , par toute autre pereft

&

&

,

&

&

&

fonne dépendante d'autrui

:

car les

maximes, que nous venons d'établir font fonlieu de croire que celui qui fouffre ce qu'il pou,

On a dées fur l'Equité Naturelle. voit empêcher, le permet (13) ou l'approuve; fur tout s'il eft fort puiflànt; Se Thucydide va jufquà dire , (14) qu'il eft plus l'Auteur de l'Action, que celui-là même qui l'a He'siode, un

commife.

tout wi Peuple

remarque

des plus anciens Poètes Grecs, a (15) dit, que Couvent puni de ce qu'a fait une feule perfonne. Sur quoi un Commentateur

ejl

très-bien

cette perfonne

que

,

Agamemnon lui-même & les les Grecs, ainfi que le (17)

(a) P/«-

1

Dans l'Armée

&

dit Horace, paioient les folies des I{ois cela avec parce qu'ils auroient dû (18) contraindre Agamemion à rendre au Prêtre La Flotte des mêmes Grecs fut end'Apollon fa Fille , qu'on avoit fait prifonniére. fuite brûlée, parce qu'ils (19) n'avoient pas empêché au'Ajax, Fils d'Oilee, n'enlevât Les Amphiclyons condamnèrent (a) les Ilabitans de Cajfandre , Vierge Prêtrellè,

raifon

tttrch. in Vit.

6) parce que le Peuple aiant pu empêcher le crime de des Grecs liguez contre Troie , comme autres Chefs étoient dépendans de rAlfemblée générale ;

c'eft (

ne Va pas fait.

,

,•

,

Scy-

Cimon. pag. 483. C.

IL

Tom. (11) Cela eft décidé dans le D i G F. s T E , au fujet d'un Père , qui laiffe marier {'on Fils avec une Veuve, avant la fin du tems réglé pour le deuil ; ou qui permet que fou Fils ou fa Fille fe fiancent à deux perfonnes en même tems au nom d'une troifïéme ; ou qui foufdevenue Veuve , fe dife groue , pour fre que fa Fille car, être mife en poffeflion des biens du Mari défunt en tous ces cas-là , le Père eft noté d'infamie , au (fi bien que fon Fils , ou fa Fille , s'il les avoit encore Et fjnfamîà notatur] qui eum , quem fous fa puiffance de qua Jltpra comprehenfum in potejlatc baberet , était quo elugerc virum moris eft , [quœ intra id tempus , ,

:

:

,

eft

,

in

fuerit.

matrimonium collocata eft] uxorem ducere pajj'us De bis qui no1 G E S T. Lib. III. Tit. .II.

D

Si quis alieno nomine binafpontantur infamia , Leg. I. falia conjlituerit , non notatur , nifi cjits nomine conftituat, quem quamve in potejlate baberet. Certè qui filium , vel filiam conjlituere patitur , quadamnwio ipfe videtur confti-

&

tuijfe.

vandum

in pâtre erit ferIbid. Leg. XIII. §. I. laque qui , calumnix caujjà , pajjus eft filiam , quam ,

in potejlate habebat ti.

Leg.

,

G

XIX.

in pojfejjwnem

R o

T

I

u

,

ventru nomine

,

mit-

s.

O

,

&

,

SABINUS

ait, compttere noxale

,

1

un

P

Qua fententia

VIL

&

'

In cujus enim manu eft , ut patitur perpetrari. probibeat , jubet agi ,JI non probibet admitti. (De Guber-

feiens nat.

Dei, Lib. Vil. pag. 266.)

r,v

itpteis

x*

i-77i)c tlv

iprfrpÎ7T&>v

v^

Flacc-.is

:

àvrs,S-ét?,

(ciras,

111

Dion

pag.

H

1

L

Particulier

:

tù'U et Jixsos

cr,

txç r.yîuovixç i%y,
x.ec.Kise.yï.

Dans un Cai/un Au

.Concile de

Pisr

F.

s

,

qui le trou-

ve parmi les -Capitulair-E-s de C h a r l e s le Chauve , il eft dit , que c'eft fe rendre complice d'an >Péché , que de ne pas le corriger , quand on le peut : Non ejl liber à confvnfu , qui , quod emendare potejl ewen~ dure negligit j qtcapropter fine dubio pweati Je participent facit. Can. IV. Voiez f/t as C h o n 1 a t E, j Fit. Andronic. Lib. IL (Cap. III.) G R o r 1 u s. (14) C'eft en parlant de ceux qui fouffrent que) leurs Alliez foient réduits à l'cfclavage par quelque! autre Etat , quoi qu'ils pûffent l'empêcher où yxçl ,

'

t

Nie

e cuXucoctiivoç

h

,

,

et^S-îçifeu

'«;&

Philon,

o ovvxf*svo?

^oc.

otvro

f.ùv

Lib.

I.

txvctxi

Cap.

,

zJsçioPwt\

LXIX. Ed.\

Oxon.

(15) n«A\«*< k} i-vu.7rx xaXviiv ftvi KuXvniçïecpi R o c L u s , in verf. laud. (17) Qiàdquid délirent Reges , plecluntur Achivi. -,

Oper.

,

P

avoit lieu

:

chofe à l'occafion de

zrxvvrxrov

ro^

r,

â'îXoç

,

C A-S.S 1 u S [ou 970. B.) I N, fon Abbréviateur] dit, qu'il , de ne faire lui-même du tort à perfonne ; mais que les Puilfances doivent , outre cc4a , prendre garde que les autres ne fafient du tort à quelcun To7? [am yxç ]£tiOTXtS xtcÔ/^Ç/i f.tr,itv x^ikïÏv (

,

X

fnffit à

ut in ce-

vera eft. DiGEST. Lib. Arbor. furtim exfarum , Leg. VIL encore même que le MaîMais cela, , §. 5. tre n'eût aucune connoHfance du mauvais deffein de l'EfAmfi le cas ne fait pas ici. Voicz ce que j'ai clave. dit ci-defiûs , fur le Chap. X. de ce Livre, §.21. (12) C'eft ce que dit S A L v i e n , en parlant des potentijjhna , qux inhiRois Potejlas quippe magna ber e Jce lus maximum potejl , quaji probat debere fieri ,Ji

tera maleficiis. XLVII. Tit.

x.îkcoXvx.1

plutôt

:

id admiferit

même

a peu près la

,

3>xç £7T<7rA>jr7f;v

m Flaccum et

:

(12) Voici encore une Loi, que nôtre Auteur cite en que , quand un Efclave à comqui porte marge , fans ormis quelque Délit de fon pur mouvement , dre de fon Maître; celui-ci eft néanmoins tenu ou de jQuodJi réparer le dommage, ou de livrer l'Efclave fervo fuo non prœceperit dominus , fed ipfe fuà voluntate

&

que

Lib.

que

I.

Epift.

IL

verf. 14.

expliquée par St R o r 1 u SI L'endroit, dont nôtre Auteur veut parler, fe trouvf à la page 175. Edit. Spanhem. Mais je ne vois pa que ce Père donne une telle explication. Ilfefertfei lement de cet exemple pour rétorquer contre Juliè^ l'Apoftat , le reproche que celui-ci faifoit au viaiDiEl d'être fujet à fe mettre fort en colère.

(18) C'eft

ainfi

Cyrille,

la

chofe

eft

Lib. V. adverfns Julian.

G

Juif , remar-

Cl

,

d'une perfonne à F autre.

L[l v.

Ch. XXI.

IL

119

Taparce qu'ils fouffroient que quelques-uns d'entr'eux fiffent des pirateries. Roi des Sabins , aiant refuië fatisfaction aux' Laurentins dont les AmbalTadeurs tim a voient été maltraitez par quelques-uns de fes Parens, il attira (20) fur lui - même, Scyros

,

,

,

comme

la punition que méritaient ces infraâeurs du Droit le remarque Tite Live les Latins aiant fû que queldes Gens. Dans le même (21) Hiltorien, les Vèïens ques-uns de leurs Sujets avoient donné du fecours aux Ennemis des Romains s'excufent Au contraire, (b) Tenta, 00 P°h h fur ce que cela s'étoit fait à leur infû. auprès de ceux-ci Reine à'Illyrie aiant voulu alléguer pour ià juitification , que ce n'étoit pas elle , mais vin. qui faifoient des pirateries ; on ne reçut point cette excufe , parce que cette fes Sujets Prmcefïè n'empêchoit pas fes Sujets de pirater. on la préfume aifément lors qu'il 4. Au relte pour ce qui eft de la connoiffance Perfonne, (22) dit un ancien s'agit déchoies faites ouvertement, ou fréquemment. Orateur, ne peut ignorer ce que plufieiirs font. Polybe cenfure fortement (23) les qu'ils ne voululfent être regardez pas comme Ennemis de Etoiiens de ce que quoi Philippe , ils fouffroient que des gens de leur Nation commiffent des aétes d'hoftiélevoient aux premières Dignitez les principaux de ces ils manifefte , lité ,

&

,

^

,

,

,

,

,

,

,

,

&

gens - là. §. III.

ble

Venons maintenant

1.

à l'autre manière dont

par rapport aux Crimes d'autrui

,

empêche

qu'il

qu'on ne

ainfi

,

un Supérieur

donne

c'eit lors qu'il

retraite

fe rend coupaau Coupable ,

&

le punilfe.

Cha-

2.

•— «- Pallas ne exurere clajfem

(19)

Argivùm

&

atque ipfos potutit fubmergere ponto furias Ajacis Oilei ?

,

Uniut oh noxam

(VlRGlL.

&

, J'9 , &Jeqq.) à virgrine , virgint raptâ

,

./En. I

Uaryciusque héros

,

,

jQuam mentit folus , pcenam t dizejfît in onmes. OViD. Metam. Lib. XIV. (vcrf. 468.) Dans une Tragédie d'EuKipmE, Minerve parlant de cette même affaire , fe plaint de ce que les Grt CCs ne firent rien , & ne dirent

même

n'en

Àjnx

il

-,

!

A0. Ovx. «M-d-' iGa£&i7r*» /xe x} »xas i/xxç nOX. Oliï r.HK Àtxs llhxe Kx

»

>

,

,

&

de la Famille Impériale ; Statues de l'Empereur parce que le Peuple auroit dû prévenir ce défordre , en chaflant de la Ville ceux qui le cauférent : 'iJW to les

à/axÇTtiux yîyovîv a"hiyuv , xxt r» tyxXqfA.x yivirxt xct~ vôv. tiïu ©V tx-êhas x7txvTis oiaôt'xec/u,sv >vv > tù ruv èxiivois TtTOhfAyUïVM XUTOI TXÇ TlfAMÇlXS CC.XUtyoUi'J- Il Js K7£fl-

^xÇivnî wirès

i£t£t*Xof4.iv

$ivÇ$ ces itu.iv utXt?

De

Statnis, Orat.

,

I.

ty]ç

vXims

>£ to

>

vSYotrqxos

6VK xv tov zfxçÔvtx î
accourir inceffamment , arrêter la fédition, s'expofer même que le Peuple au danger pour l'honneur de lEmpercur WJhttioche ne l'aiant pas fait, mérite d'être puni & entière»

&

;

ment

détruit

Tr>v h
:

,

At xvro

on

jUtj

tsv

7recçr,ç

>

tQto xoXxÇx , fttioi ixuXviç

<$y,
,

ju,y,ai

iïiiïts

£txi}i>

raç xxoC'-

j«tSvT«? XKTl7%lS > jXS,4S fXtllàivSWli V7ïtÇ Tiji ttÇ TOV BxiTttollX TlUqS. Ov IA.iTiV , iTrXlVw TUTU j 27ro%X,af.uci. »))s

x$i STrfV^eff rec

ysvo/xevec.

Gsoi'lUS. r/iyoçixs uëiov. (20) Pojl aiiquot amws , propitiqui

'

rSre xx-

RegùTntii

legatos

quuwque Laurentes jure gentium puifaut. preces plus pottapud Tatium gratia J'itorum pœnam infevertit. Lib. I. Cap. XIV.

.aurentiuiîi

^gèrent W>t.

;

&

Igitur illorum

tint. 1.

(21.)

,

2.

L'Auteur

ve bien dans ce dernier endroit , que les Latins les Hemiciens s'exeuférent , par cette raibn , de ce que quelques-uns de leur Jeuneïïe étoient allez fervir dans l'Armée des Polsqucs, contre les Romains: Rejponfum , frequenti utriwque gentis concilio eft , rœc culpum in eo publient», nec confilium fuijfe , quoi fux juventutù aliqui apud Volfcos militaverint. Cap. X. «ton. 7. Mais je ne vois rien de tel , au ftijet des Viïets dans le I. Livre ; & je doute que ce Peuple , qui , jufqu'à la deftruction de fa Ville, fut presque toujours ennemi des Romains , ait jamais penfé à s'exeufer auprès d'eux , fur le cas dont il s'agit. Nôtre Auteur s'exprime mal ici, pour avoir lu à la hâte Alberic Gentil, de qui il a pris ces exemples, & quelques autres de ceux qu'il allègue dans ce Chapitre ; comme il paroît aufli par la manière dont il indique les émirats de Live: car ce Jurisconfulte , dans le Chap. XXI. du I.iv. I. de fon Traité De Jure Bclli , met atffi en marge Liv. Lib. L. VI. Dans le paffage du Liv. î. de Tite Live , il eft dit , que , les Romains étant en Guerre avec les

Tite

les

Véïens

en marge Lib. J.

& VI.

Je trou-

:

:

:

.

:

&

170, &Jeqq. \~~) To ix sroXhuv cv/ukxïvtv Orat. Rhodiac. \-i) To yuç fA.it

,

xixyxv)

[trjivct xyvoslv,

fAv aoy/xxrt ftr, zrohs /u.sïn } axvoijCl TÇXTtÛcVTXÇ XyitV tù (ptÇSIII TX f ûi>V ZT(\XS »£ XOxoivôo

'

XaÇst»

f,iei/

Ttuùv

Ttsi TffÇoSfârxs rôti roasra'v

rr.ç

cite

&

ceux-ci cherchant de tous cotez à faire entrer , Peuples Voifins dans leur parti; il y eut, parmi les quelques Volontaires qui s'y rangèrent mais l'E, tat ne donna aucun fecours aux Sabins , poir ne pas rompre h. Trêve de quoi l'Hiftorien témoigne être furpris , fans doute par la raifon que j'ai indiquée lublico uuxilio nullo adjutifunt. valuitque apud Veientes (nim de cateris minus mirum eft) paêla cum Koimilo induciar.tm fides Cap. XXX. num. 7. Voiez , au fujet de la Trêve , dont il eft parlc-là , la Note de Mr. Le Clerc les AnimudverJiones Hiftoricie de feu Mr. Pe'riZonius , Cap. IV. pag. Sabins

7rx
[trjdtvX Tù.v xtTieov

yiueit/

,

^

r^xTriytiç

içyay

xxx«7rfxyuo(rvv/iÇ.

'

a.tçettrSrxt

suit

Lib.

tiiv

IV.



aoyss

Cap.

XXVII. §. III.

-

,

1

(a) Chap.

XX.

§. 5 .

De

20 Chacun

manière dont

la

comme nous

Peines fe communiquent

les

avons

(a)

dit ci-deflus

a naturellement droit de punir, reprocher rien qui approche du Crime qui a été commis. DeCiviles on eft convenu à la vérité que chaque Epuis l'établiffement des Sociétez feroient feuls maîtres de punir ou de ne pas punir ou ceux qui le gouvernent tat comme ils le jugeroient à propos les fautes de leurs Sujets qui intéreflènt proprement mais on ne leur a pas laiilé un droit fi abfolu fi le Corps dont ils font Membres: particulier à l'égard des Crimes qui intéreflènt en quelque façon la Société Humaine. les Etats autres ou leurs Chefs ont droit d'en pourCar , pour ce qui eft de ceux-ci , de la même manière que les Loix d'un Etat particulier donnent ( 1) fuivre la punition la pourfuite de pour certains Crimes. A plus forte raifon à chacun action en Juftice ont-ils ce droit, lors qu'il s'agit de Crimes par lesquels ils font offeniéz en particulier raifon feule par cette le pour maintien de leur fureté ou de qu'ils peuvent punir Ainfi l'Etat ou le Chef de l'Eleur honneur félon ce que nous avons dit ci-deflus. Etranger fe trouve ne doit , apporter aucun obitacle à Puchez qui un Coupable tat 2.

,

qu'on ne peut

lors

,

lui

,

,

,

,

,

,

,

&

,

,

,

&

,

,

,

,

du

fage

droit qu'a l'autre Puiflànce.

Or un Etat ne permet pas ordinairement qu'un autre Etat envoie fur fes cela aufli fegens armez pour prendre des Criminels qu'il veut punir ; Il faut donc que l'Etat fur les terres duquel fe roit fujet à de fâcheux inconvéniens. convaincu, fahe de deux chofes l'une, ou qu'il trouve un Coupable (1) atteint à la réquifition de l'autre Etat , ou qu'il le remette enpunifle lui-même le Coupable pour le punir comme il le jugera à propos. tre fes mains dont on trouve tant d'exemples dans 2. Le dernier eft ce que l'on appelle livrer, Ainfi la Tribu de (a) Benjamin fut fommée par les autres Tribus (2) l'Hiftoire. d'Ifraè'l, délivrer ceux delà Ville de Guibha qui étoient coupables de l'infamie comLes Philijlins (b) demandèrent mife en la perfonne de la Concubine d'un Lévite. IV.

§.

1.

terres des

&

,

,

&

,

,

&

(a) Juges,

Chap.

XX.

(b) Ibhi. Chap. XV. (c) niat

,

PaufaLib. IV.

Cap. IV. (d) Sïrab.

Geograph.

Les LacédéSamfon aux IfraëUtts , comme un homme qui leur avoit fait du mal. moniens déclarèrent la Guerre aux Mejjéniens , (c) parce qu'ils refufoient de leur livrer un homme qui tuoit les Lacédémoniens. (d) Ils prirent une autre fois les armes contre le même Peuple pour un femblable refus à l'égard de ceux qui avoient violé Caton (e) opinant dans le Sénat , fut d'avis de jeunes Filles envoiées à une Fête. ,

Lib.VlII.pag.

qu'on

5Ç6. Edit.

Amji. pag. 262. Ed. Farif.

Cafaub.

Expreffion du Droit RoC 1 ) Aclio Popularù. qui ilonne par là à chacun , en matière de cer, le pouvoir de pourfuivre civilement , Voicz t i - def- non pas criminellement , ceux qui les ont commis. fus, Liv. I. Voiez Digf.ST. Lib. XLVII. Tit. XXIII. De Popularib. Chap.lU, §.5. ucHon. là-deffus les Interprètes. 11.4. avant que de livrer un Coupable, §. IV. (t) Car, on ne doit il faut avoir examiné ce dont on l'accufe ; comme Remit* pas le condamner , fans l'entendre , Romuliti fe plaignoient qu' Amitlius avoit fait à leur (e) »y«rto«.

§. III.

in Jul. Caf.

main

Cap.XXIV.

tains Délits

,

&

&

&

égard

:

Kxi yàç

ciy.éîH y
y-oti

ockuç À,u,a^ta

â>ioc.KçiviiS

Qu,TSÇ6S '

h xohctCsiv

arfiv

Plutarch.

tkç ixh%
Tom.

eii/xt

in

Roimil.

ef)^

ùr-Çi-

(pag. ai. C.

Le Roi iVEciJJè difoit à la Reine Elisabeth ) A Angleterre , qu'il lui enverrait le Baron de Fernihurfl ,

&

le

cre

,

I.

Chancelier même , pourvi'i qu'on pût les convainjuridiques d'avoir violé par des preuves claires

&

la fureté

plices

promue aux

Anglois

,

&

d'avoir

été

com-

Cambdem , Annal, ad du meurtre de Rujel. (pag. 402. Edit. Elztvir. \C2 r} .) G R 0-

Ed. Awjl. 22%. Ed. Steph.) Plutarch. in Vit. LuLes Romains fommérent les Allobro(pag. îoç.)

cull.

Ai'Pian. Excerpt. Légat.

ges de leur livrer les Saignes.

XL

Voiez Priscus , Excerpt. Légat. XXI. au fujet que les Romains vouloient livrer aux , Scythes. Un Roi de Gajcogne livra le Duc de Benevent d'un Evêque

à Ferdinand,

XX,

MARIANT A

Roi de Caftille;

Gro

1.

ri u

1

Antiochm

:

Idem

,

XXXVII

,

4J.

Cette remarque efll

Gronovius.

de

C'eft dans la Harangue des ( 5 ) rius , où ils difent à Bocchus , qu'ils

S.

(2) Mithridate s'étant réfugié chez Tigraue fon GenRoi d 'Arménie , Lucuttw le demanda à Trigrane:

dre

1

,

& comme ra la

celui-ci refufa

Guerre

;

APPIAN.

de

le lui livrer

,

il

lui décla-

in Mithridat. Bell. (pag. 381.

Hijp.

&

T

U

tiift.

,

ann. 158Ç. I

,

s.

(5) Nôtre Auteur a fans doute tiré ce fait de Denys d'Halicarnajfe , qui dit , que les Ilerniciens refuférent de rendre les Coupables , par une cfpéce de répréfailles , An-4 tiq. Rom. Lib. VIII. Cap. LXIV. pag. 510, $u. Edit.\ Oxon. (4) Ce fut auparavant que les Romains demandèrent^ aux Carthaginois qu'on leur livrât Hannibal : TlT. Liv. X. Diod. Sic. Fragm. è Lib. Lib. XXI. Cap. "VI. XXV. Mais il eft vrai , que , depuis le tems dont il! les Romains demandèrent le même Hannibal \\ s'agit ,

Députez de

Ma

font bien ailes d« voir qu'il ne réduife pas les Romains à la fâcheufe néJ ceffité

tha

,

de pourfuivre en même lui qui le protégeoit

&

tems

le fcélérat

imprudemment

:

JugurX iïwaj noak

, ,

Liv. IL Ch.

foine perfonne à fantre.

aux Germains pour

XXL

,

121

Les demandoient (f) qu'on leur livrât les Fabien quiavoient pris les armes contr'eux. Les Romains (3) fomniérent les Hermeiens de leur livrer ceux qui avoient & les Carthaginois, de leur livrer (g) Hamilcar non pas ce Géravagé leurs Terres Ils néral 11 fameux, mais un autre quipouflbit les Gaulois à attaquer les Romains. & ils voulurent que Bocchus (4) demandèrent depuis, qu'on leur livrât Hamùbd (0 leur livrât Jugurtha. Ils envolèrent auOi (h) demander Démétrius de Pharos, à Les fymains eux-mêmes livrèrent chez qui il s'étoit fauve* Philippe de Macédoine ceux qui avoient infulté les Àmbalïàdeurs de (i) Cartilage, & les Amballàdeurs (k) que, s'ils ne leur liLes Aclxois (1) firent dire aux Lacédémoniens
livrât Jules Céfar

,

leur avoir fait la guerre injuitement

Gaulois

(Ç)Plutarcb. inCamill. pag.

,

1 36, 1 37. pian. Exe.

,

;

IX. Liv.

V,

16.

:

(gynt.Liv.

XXXI, n.

,

,

,

,

,

de

ApLé-

gat.

Idem,

(h)

XXII, num.

jj.

3.

(i)

TH. Liv.

xxxvni 42.

(k) Vultr.

Max. VI

,

6.

num.

Epiç. tom. Liv.XV. (1) TittuLivizts

,

Lib.

XXXVIII.

Phocus.

XXXI.

Cap.

3. Mais il faut bien fe fou venir de ce que nous avons déjà infirmé c'eft qu'un Peu- num. 2. (m) Pluindifpenfablement de livrer les Coupables, ple ou un Roi n'eit pas tenu précifément tareb. Narrât, mais de les livrer, ou de les punir, Nouslifons, que les Eléens (7) déclarèrent la amat. pag. guerre aux Lacédémonims , parce que ceux-ci refufoient de punir des gens quiavoient 77* 77%ne vouloient ni punir les Coupables ni les livrer Tom. II. fait du tort aux Eléens, c'elt-à-dire car l'obligation, dont il s'agit, renferme une alternative. pour donner une plus ample fatisfaction aux intéreffez on 4. Quelquefois même (n)Voiez le leur laiflè (n) le choix , ou de punir les Coupables qu'ils demandent ou de fe conTraité entre dans (8) Tite Live jC'elt ainfi que les Cétenter d,e la punition qu'on en fera. les Rois d'Anretins repréfentcnt aux Pyomains que les Tarquiniens aiant paflé malgré eux fur leurs gleterre & tic Terres avec un Corps d'Armée quoi qu'ils n'eiuTent demandé autre chofe que lepalfa- Dannemark dans lf. Ponge , avoient entraînié quelques Païfans à les accompagner dans le pillage dont on les tanw, De Mari. mais quilsç étoient tout prêts ou Si livrer ces Païfans accufoit fi on le jbuhaitoit , ou à ,

&

,

,

,

;

,

,

:

,

,

,

,

,

,

:

les

,

punir.

Quand

?.

démens acerbatn

nobis

ton

&

,

Sallust.

necejjîtudinetn

illum fceleratijjinnan Bell.

f_

,

pariter te erran*

Jugurtham

]

perfequi.

Jngurth. Cap. C'IX. pag. 504.

Edit.

JVuf. (6) Kvxyoeivtf.'Jvx os t» ç-styctvis rira hz rS y-yçux-e*;, Ta TiXêvTXiov iiivtv 1 xv ris è^ihaXiva'XÇ <$>i\t7T7ra> toi 5>xo-iXei

tôv.

KccTdtyvyy zrPoî Ad-i>v»ixç , Trxtx^txrif.iov hvxi riDiod. Sic. Lib. XVI. Cap. XCIII. pag. 557. H. Steph. ,

Ed. mais Al(7) Nôtre Auteur ne cite ici perfonne .beric GENTIL, de qui, comme je l'ai déjà remarqué, il a emprunté cetexemile , avec quelques autres, (Lib. I. Cap. XXI. pag. 163.) renvoie en marge au VI. Livre de Pausanias. Le palfage fe" trouve vers le commencement tout ce que l'Hiftorien dit , c'eft qu'il s'éleva une Guerre entre les Lacédémoniens les Eléens , parce que les Helianodiques ( ou Juges îles Combats dans les Jeux Olympiques) avoient nomme lâchai : Kxt fait fouetter un Lacédémonien km txtc* jxxçtySvin xvto» Ca»^*»] ei ÉXXxvoiïiy.xi. Kxi y.xrx Aytv HxriXÎx nrtfÇXTSix Axêix tov Ai%x» rSreii :

:

&

&

,

>}

xscxtuoytuv iyiviTo im HXeuss >£ iiito; Tq; ÀXreuç ftxx,*i. Cap. IL pag. 178. Ed. Grccc. Wecbel. Ainli nôtre Auteur change les perfonnages , faifant regarder les Lacédémoniens comme les aggrelTeurs , au lieu que c'étoient les Eléens

Tom.

:

II.

&

il

tien dans Pausanias, je veux il n'y a le refus de livrer ou de punir les Coupables. ni dans Xene trouve rien non plus là-defl\is , NOPHON , Hifl. Grœc. Lib. III. Cap. IL §. 16. ni dans Lib. V. Cap. L.. où il eft parlé du

tance, dont dire

,

On

Thucydide, même

Mais nôtre Auteur

fait.

aiant

lu

cet

exemple

dans Alberic Gentil , immédiatement après un Lib. IV. Cap. IV. autre, tiré auffi de Pausanias dans lequel on qu'il rapporte lui même ci-deffus , voit une Guerre véritablement déclarée aux Mejféniens par les Lucédémoniem , fous prétexte que ceux-ci n'anommé Polyvoient pas voulu livrer un Meifénien , qui tHoit tout autant de Lacidtmoniens qu'il en ebarès , ,

&

qu'il nôtre Auteur , dfs-je , a cru là-deiïus , précifément de la même chofe dans l'exemque le Jurisconfulte , dont il fe fervoit , exprime ainli : LIwc belii caujfa Eleos inter £5" Lacedemonios : quod Lacedxmonius vir ab Eleis habitus

trouvoit

;

s'agiflbit

ple fuivant

malè.

(i) Tranfeuntes agmine infeflo per agrum fuum Tarquum prwter vient nibil petijent , traxijfe quinienfes ,

quœ Jibi crimini dequosdam ugreftium popv.lationis ejw tur , comités. Eos , feu dedi placeat , dedere fe paratos ,

ejfe

:

feu fupplicio

XX. num.

6

,

adfici

,

daturos ptenat.

Lib.

VIL

Cap.

7.

ùippofe d'ailleurs une circonfQ.

(9)

De

IS 2

manière dont

la

les

Peines fe communiquent

on ne peut lui rien imputer; comme (9) en traitant de la paix entre Philippe de MaMais ceux qui donnent retraite aux Coupables pour les metla Grèce. cédoine , doivent être mis, à peu près, au même rang, que tre à couvert de la punition Q_uintilien le ibûtient, en (10) parlant des les Coupables mêmes; ainfî que

Quand un


Etat a

fait

le difoit autrefois L'Orateur

de

telles offres

,

Eschine,

&

,

,

Transluges.

On

6.

,

au

ici,

(i 1)

fi,

Coupables qui ont ete livrez par voulu les recevoir

fujet des

lors

.,

.

.

demande

étoient Sujets

l'autre Etat n'a pas

que

dont ils demeurent

l Etat, ,

ils

Scevola (12) foûtoujours Citoiens de l'Etat qui les a livrez? Le Jurisconfulte c'étoit le bannir en quelque manière, tenoit, que non; parce que livrer un Citoien, Mais H R ufournir ni eau , ni feu. tout d'e même que quand on défendoit de lui cas-là le après lui (o) Ciceron , prétendoient , au contraire, qu'en ce (o)De Ora. tus, cette opinion eft , à mon Citoien for.Lib.LCap. Coupable renvoie ne perdoit pas fes droits de XL.& Lib.II. Ce n'eft pourtant pas proprement par la raifon que Ci c Eavis la mieux fondée. Cap. XXXII. aîtete en donne, (13) favoir, qu'on ne peut pas concevoir qu'une perfonne Topic. Cap. YUI.Orat.pr» non plus qu'on ne lauroit concevoir une Do, fi on n'a pas voulu la recevoir livrée Cacin. Cap. Car l'acte de la Donation n'elt point accompli fins le counation fans acceptation. XXXIV. de celui à qui il le transde celui qui transfère fon droit de Propriété, fentement que la volonté de au lieu que l'acte de livrer, dont il s'agit, n'elt autre choie fère Etrangère afin qu'elle le remettre un Sujet de l'Etat entre les mains d'une Puiffance

&

&

;

ron

&

&



,

Or cette permiffion ne donne ni n'ôte aucun jugera à propos. que la Puifïance Etrangère droit- (14) elle lève feulement lobitacle qui empêchoit Si donc cette Puiffance ne veut pas profiter de n'ufât de celui qu'elle avoit d'ailleurs. punir, (15) ou ne pas punir, félon la permiffion qu'on lui donne, l'Etat peut ou matière le Coupable renvoie, de même qu'il a cette liberté en

comme

traite

qu'il le

elle

juge à propos,

viL*

comme il avoit nuffi. (9) Il repréfentoit à ce Prince que ceux opine dans PÀ'flembléè tics AmpbUlyons , qui avoient eux-mêmes pille le Temple île Delphes, ou qui avoient confeillé le pillage, dévoient être pu,

&

non pas les Villes d'où ils étoient originaires, , qui avoient offert ^ de les livrer pour être jugez: ZvXXfyîvrav ci ruv AuQvy.Tvlvwv fit ri «êa* , tu, tv%6HKrïiyoçix? >ù ^nQv^rùs xirîus TÏftÇttfZijS xterct*ïJstas ri ueji » iïixrfi viiar TV%it> , /.:,i rets srxrçiàxs

nis

&

jm

das, furnommé le Dur Cs*Xjjgoï) s'etant réfugie chez Porphyrogen* Chofroëz , Roi de Fcrfe , l'Empereur Bafile un Rebelle, qui néte envoia prier Chofroëz de ne pas retirer deconavoit voulu détrôner fon légitime Souverain , dont il fuiérer que ce feroit donner un mauvais exemple ,

&

Ént/xû* ^ços Xteçôpourrait lui-même fe trouver mal XTX xëiÙn fài *xçxiï$*r$-cti t»v rvçxmiramij y, v , ,% ij.,; x. y.uf zccvrë -jjfAuy~ hc-nÔTis ytvôuf-vov, ivx :

£

0'ix.iix

futm

ix «yx&p.

ZONAR. Tom.

III.



BaJL Por-

LAONJC

C h a Voiez ce que rapporte au fujet de quelques Corfaircs , auxquels on donna retraite dans l'Ile de Leshos: Hift. Turc.

pbyrogemt.

1

côndyle, '

BaJL 157». _ r quwus (10) Proximos exijtimo cjfe eos trtmsfitgts , a Declam. CCLV. ( pag. 466. Edii. transfuge recipiantur. Burmann.) Dans une claufe du Second Traité entre les tel que Poi.YBE le rapCarthaginois & les Romains, porte , il y à un paffage , dont les paroles font mal pon&uées & mal entendues par ceux qui ont publié

262. B.' Ed.

.

cet Hiftorien

riro dire

git, tes)

vnitrr, :

Q}à car

il

,

:

E« à%ftn> thet LurxTzoçs-j-vSrM.

$nfu
xh'xtifttt.

ixv

C

à* ne eit-a-

il s'aJt on ne fait cela (on ne fait île qijpi y a une lacune dans les paroles précéden-

Que fi on

m fait

cchi ,

Gro nus.

Lib. X. mit.

.

chacun pourra poutftdvre fan

£f qnanà quelcun en aura droit de fon autorité privée : minjïuf (c'eft-à-dire , après qu'on ne lui aura pas rendu jnJHce) l'Etat fera cetifé coupable Au crime. (Lib. III. Cap. XXIV. pag. 249. EAU. âmflel.) Dion de Prufe disfaifaut l'énumération des maux qui naiffent de la corde entre les Etats , met dans ce nombre la facilité que trouvent alors ceux qui ontofFenfé un Etat, rje fe réfugier dans un autre: Èri rots xbaiffcuri rip itt^uv, wps rit «Tî'g«# KxrxÇiyu». Orat. ad Nicomed. Bar-

(11)

Voiez

fur 'cette

,

qneftion

,

Pufendorf,

&

des Gens, Liv. VIII. Chap. XI. §. 9. qua(12) JDjiem [deditum] bojhsjtnon recepijfent, Jitumefi, an tivis Romanus maneret ? qtùbtudam txiftimantibîtf montre , aliis contra : quia quem jbnel Populîâ txpulijfe videretur j fieutfectrtt JHflijjet dedi , ex civitate aman aquà éf *g v v'terdiceret. In qua fententra mtetur autemtnaxime quàfitum eft m Publius Nucnisf7'.ife. HofHlio Maneino quem Numantinijîb; deditum non acec-

Droit de laNat.

>

H

,

perunt&c. DlGEST. Lib. L. Tit. VIL Lcg.

VIL

.

De Legdwmb. ,.

.

caujja drfcuU po(15) jQuo in génère etiam Mancini non efe , qnenian. nonjtt te II fojllitmnio rediitfe : deditum Nom neqtte deditionem , neqm donathnen ,J»n receptiu Lt intiCap. Topic. intettigi pop.

\Uh

acceptione

ment de Brut m

,

que POrateuT Romain embraie

ici,

iffâire iïHoftilins Matcinut-i dans comme il lemblc fe déduire de la dernière Loi lu Tiqui va être citée dans w Note i:.:kn< , tre De 1 16. Voiez ce que je dirai ià fur cette Loi 5 ftalleurs,

ne

l'ut

point

fiiivi

'

1

cfune perfonne à tantrc.

LI

v.

IL Cil XXI.

123

de plufieurs Crimes. Mais pour ce qui e(t du droit de Citoien & des autres droits ou biens du Coupable ils ne fe perdent point pur cela (p) lèul qu'on a fait quel- (p) que mauvaife action, pour laquelle on peut en être dépouillé: il faut, outre cela,^"' une Ordonnance ou un Jugement dans les formes; à moins qu'il n'y ait quelque Loi qui veuille que, du moment qu'on a commis le Crime, on fait cenië avoir été condamné juridiquement , ce qu'on ne peut pas dire dans le cas dont il ,

,

s'agit.

en

11

7.



même

de

eft

des biens

du Coupable

,

a livré ces biens, ne veut pas les accepter,

on

qui

que de fa perfonne. Si celui à ils demeureront à l'ancien Pro-

priétaire.

Mais lors que ceux à qui l'on a livré quelcun ont accepté l'offre & fe font Coupable; s'il trouve enfuite moien, par quelque hazard, de retourner dans le Puis, il n'eft plus Citoien de l'Etat, & il ne peut le redevenir- que par une Et en ce lens, la déçifion (16) du Jurifconfulte x^Iodestin eit réhabilitation. 8.

,

,

Mis du

bien fondée.

Ce que nous venons de dire touchant l'obligation de livrer ou de punir un regarde non feulement ceux qui ont toujours été Sujets de l'Etat fur mais encore ceux qui après avoir commis ailles Terres duquel ils fe trouvent leurs le Crime font venus fe réfugier dans le Païs. ou Réfu§. V. 1. En vain objecteroit-on ici les privilèges (1) des Supplions 9.

Coupable

,

,

,

,

,

,

que l'Antiquité refpectoit

& les exemples de tant d'Azyles

ouverts à ceux Cette protection eft pour des peribnnes expofées aux qui craignoient d'être punis. pourfuites d'une injulte haine , mais non pas pour des gens qui ont commis malicieuièment des chofes nuïfibles ou à la Société Humaine en général , ou à quelcun en particulier. Gylippe , Lacédémonien , parlant de ce droit des Supplians , dit, dans giez,

fi

fort

,

l'Hif-

liv. III. Cbu.p. IX. §. g. (14) Cela eft vrai , généralement pariant. Mais il peut arriver aufli que celui qui livre dépouille par là eft livré. t'Ç t9l!§ fg§ droits Pelui qui C'ell dequoi il Et tel étoit le cas faut juger par lus erreonfta nces.

nec à nobis

mamu

§.8.

Comme

(iç) Clodins

que

,

le

fit

les

la prifon.

turban cum

Sénat

Corfes

à l'égard de

Mate

avoit été livre

pour

Romain

à qui

,

il

,

eux une paix honteufe car

il

fut

biu non acception , in publica cujïodiu. necari lf.r. Maxim. Lib. VI. Cap. ÎII. mon. ;.

(16) rtctptut

hn

im

An ,

qui boflibus dédit

civit

Romamt*

varié truciatum non adipifeatur.

De

ne voulu-

,

exécuté à Rome dans Marcum enim Clodium Senatut Corfis , quia bis pacem feccrat , dedidit : quem , ab bofti,

m

,

rêver fus

?

D G i

VaGrotius.

&

inter Brutum Scœvo, Et confequens efl , ut civitaF. s T. Lib. XLIX. Tit. XV.

fit

eft

,

Captivis £f Poftlimin. pas fans difficulté. Comme ticulier dont le Jurifconfulte

I,eg. la

IV.

Cette Loi u'eft

queftion dans le cas par-

Mddestin

parle

ici

de favoir , fi Hoftilins Manama confervoit fes de Citoien Romain , par le refus des Numantins, à qui il avoit été livré; il femblc d'abord, qu'au lieu de ces mots, nec A Nobis receptw , on doive lire, me AB us réceptifs: d'autant plus que la faute a pu Effectivement je vois que quelques aifément fe gliffer. Jurifconfultes célèbres l'ont ainfi conjecturé il y a long terni, comme François Baudouin , dans la Jurisétoit

droits

Mucians, pag. 48. Antoi ne Faurf., Jurispr. Papimm. Tit. XI. Princip. VIII. Illat. I. pag. 612. &

pruientia

,

:

crois pourtant pas néceflaire

jujjît.

,

avoir conclu avec rent point recevoir

à la imrgc de fou Edition dt* Corps de Droit trois Auteurs dont aucun ne témoigne avoir emprunté d'ailleurs c^tte correction. Je ne

l'autorité de quel, fans Car on peut fort bien entenques bons Manufcrits. dre ces paroles , nec à nobis recefttts comme fi le Jurifconfulte , en même tems qu'il nie que celui dont il s'agit redevienne Citoien par droit de Poirliminie , infinuë qu'il peut le redevenir paj une réhabilitation Se une nouvelle Ordonnance du Peuple. Cela eut lieu dans l'affaire de Mancimti : car il fallut une Loi du Peuple , pour le remettre dans fou premier état , en conféquence de quoi il obtint h dignité de Préteur * ainfi que nous le voions dans h dernière Loi du Titre De Legationibus , qui vient d'être citée De quo

qui a donné lieu à la queftion , comme nous le ferons voir fur le Cbap. IX. du Livre Fuivant,

particulier

Jules Pacius, la

,

:

Mancino] lex pofteu lata eft, ut efet civis Ro£f Praturam quoque gejj.\]e dicitur. Il paroît, par là , à mon avis , que l'opinion de Scévola prévalut, dans la difpute dont il s'agit ; comme le remarque Baudouin , O'.bi Jkpra p. 47.) Mr. T H o m a s i U s, qui prétend , que la Loi en fave.ir de Mancinns n'em[Hoftilio ,

,

portoit qu'une limple déçifion du cas eontroverfé , n'en La Prétuallègue pas des raîfnns allez convaincantes. rc même , que Mcmcimu rechercha pour la féconde fois,

puis qu'il avoit été Conful , fuppofe une réhabilitation. Voiez la Note d'A fur A u r e'De Fir. Iiï.tft. Cap. 59. mon. 4. LI U S Ainfi l'application que fait nôtre Auteur des paroles de o d F. s T 1 N , n'eft point jufte. comme les appellent §. V. (1) Kotyoi tx-io-Ui vôuoi dans les Excerpia LeP o 1. Y B F, , gationum , c'eft- à-dire , les Loix requés généralement au fujet des Supplians. G R T 1 u S.

Victor

ndre' Schot

M

,

& Malchus, Q. 2

(2) oi

Iffî

,

De

124 eu

bien

ajoûte-t-il

,

de

à couvert

pas de mettre

de

Peines fe communiquent

les

Sicile

aux Malheureux

d'affurer

deffein

derniers

manière dont

la

DiODORE

de (2)

l'Hiitoire

que ceux

,

les

punition ceux qui ont fait

la

qui ont agi malicieufement

,

qui l'ont les premiers établi , ont de la compajjhn a autrui , mais non

effets

qui

,

du mal de propos par un

Les

délibéré.

défir mjujie

du bien

d' au-

ne doivent pas s'en prendre à la le cas fâcheux ou ils fe trouvent , Ce titre n'ejl du , par le Droit des Gens , au rang des Supplions. Cœur ejl innocent , (3) mais que la Fortune perfécute. Une vie plei-

trui fe font jettez dans

fortune

ni fe mettre

,

qu'à ceux dont

ne d'aclious

Le Poète

mes.

1,

é

fu 7ii)ibht

xxni,

ne

aucune rejfource dans

laiffe

Me'nandre,

(4)

Auteurs

iieurs autres (a) Dent,

xix,

le

injujles

font

,

La Loi de Moife cette Loi fi fage quelcun avec un initrument échappé

crime.

,

tué cordoit la

même

la compajjion

(3) O) yxç

x-n

rois

>

,

faveur aux (b) Efclaves

xpyyfi

irovr,çtetv

i^
wtçnrf7fl ù>x.ots5

TQX. ri* > y-''$ T» yxÇ 7txf

Ï7ït*-xXsÎG'B-te
wvjcw

reîV

,

'

x-eti

xxTX/u,s,iKpitr3-ni)irxv rriv

f*A

to

Six 710-

i'î

(Azy%;ovrxê 7TASo?s<;txir rousrots à'

IKWl'xs ovou.x- tSX&^ÛlZOtS (pVAXTlSTXt TOIÇ XX^XÇXV /xh T^V

xyvuixovx ai

>

veçi tituv uxituv] vôiuy.x

tiuojÇixv .... El

èix

xiJcicXAtiiToi ]

[ 01

tx

èv
pisv

Îtx%xv

cthx.&e-iv

yr,ej*v

rr,v

rr,e

tv%y,v icrx/jy.octv.

tirot

ànxii-

o

rm *rv%nft«rM

ruv

ùxtuv

[U faut ici néceffairement àhxtjcomme nôtre Auteur & le Traducteur Latin

,

exprimé dans leur verfion

l'ont

main

l'Edition de

&

:

je n'ai pas

Rhodoman,

corrigé cette faute manifefte

fous

pour voir

ma

s'il

a

enri Etienj^W

qu'H

,

ne

a lailfé parler] ttA^j» t«v Hiov txovrtt , rôyrov ctvTetç Bxtrif.tov sis Îasov tù x.xrx(DvyY,v x7ro\SAoi7rxcri. BiLib. XIII.

blioth. Hiftor.

H.

Edit.

pag. 345,

546.

Stepb.

,

ancien Oracle déclara innocent un Jeune qui , en fe défendant contre un Brigand alla tuer fon Camarade ; fon coup ,

&

manqua

> » v 1 EKTltVX-Ç TOI ITXtÇeV U.UVVUV

;/_

Atjxx

OT

&

7riXeis

,

I

U

>

>

« C

,

>

tjXlXVt» 5

»}

fe

Eli EN, Var.

trouve dans

Hiftor. Lib.

XLIV.

de leurs mains. Elle ào il quelcun avoit tué de pro-

Mais

fugitifs.

Apud S t o

b.

Tit VJI.

&

A îkmc» è" 'W ixù» , £ rèi àiïf.ns rZv x\xXsx rès xxpxhéy&s avçvxxinxs. In Aphob. N a exOyat. II. (fub fin. pag. 5^6. A.) C 1 c E'R primé ainfi ces paroles en Latin Eorunt mifereri oportere , qui propter fortunam , non propter mcilitiam , in tniferiisjint. De Invent. Lib. IL (Cap. XXXVI.j G R 0des Méchans. ,

:

T

U

I

S.

(6) C'eft un motd'ANTiPHANE, Qu'une faute commife involontairement , eft la faute de la Fortune 5 mais que celles que l'on commet volontairement , doivent nous être imputées , comme étant l'effet de nôtre propre délibération

To

XKïiriev ù/xxÇTr,jU,x r^ç tv^t,; iç\

Lv s t?î yvâur,?. malheureux par un pur

*x»V;»f 11'eft

:

Ovhù

,

1

a

dit

s

effet

de

wJlb éy-xcict iïvç vx^fix yt'virxt.

,

fa

,

r» Je

que perfonne propre volonté :

PHILON,

Juif,

donne pour maxime , que la Compaffion n'eft due qu'aux Malheureux . & que celui qui fait mal volontairement n'eft pas malheureux , mais injufte : ''emoç

yxp

iir

xTv'/,*,fJUiGui

8* mrvxnfi teç A.) L'Empereuï ,

&

To uyvotu

le-là

'

ix.xrt'x

*>*' xo^ikos.

yva>f.'.Yt

De Judice

MarcAntonin

àt

:

tutu

[vys/xonxt])]

,

uot

i7H<ïî)
,

Tiôrseo*

yù xi/.x (Lib. Xoyt'c-yi ort o-vyysvésGataker.) Toiilas diftingue entre ce qui fe fait par ignorance ou par oubli , ce qui fe fait de propos délibéré Tx të ùyvoUi \ *r&ys , tè, tx Ik Gotthic. Lib. III. Cap. IX. dans une Lettre 7içovotxs. qu'il écrivit au Sénat de Rome.) Cet Antipbane , que nôtre Auteur cite ici , eft l'Orateur A N T 1 p h n , dont le nom fe trouve ainfi corrompu deux fois dans ce Chapitre , cela dans toutes les Editions ; favoir ici , où le paflage étoit dans le TexVoiez l'Oraifon XIV. au paragraphe 16. te, XV.

yvnjjxri

r,

IX.

22.

§.

,

Ed.

&

:

Grotius, &

&

&

Pour ce qui eft de L Y s 1 A S, 124. Ed. Wecb. fai en quel endroit il a dit ce que nôtre Auteur lui attribue. Mais il me tombe fous les yeux une penfée de ce dernier Orateur , toute femblable à celle de la

pag.

ne

Note précédente Ov yxç 01 àucxtôos x?ro§vY,o-y.r,vTiç x»! Centra Andocid. Qrut. «i xè'Uuî xiioi ùo-iv ixsstérxi. V. in fine. Les dernières paroles du paflage dcMARC Antonin ont été mal entendues par nôtre Auteur, Jimul en conjiàeres , qute bis coharent ; car elles figni:

,

&

faut confidérer que cet autre Homme eft nôc'eft-à-dire , par la Nature ; comme traduit après lui Mr. Madame D a, c 1 e r. Les derniers , pour le dire en paflant , ont fait ici une faute , en mettant , pour connoitre s'il agit par rai/on , au lieu de dire , s'il agit , ou s'il pêche , par ignorance , ou volontairement.

7rovtjpsvo1.es-

( pag.

,

qu'il

Parent

,

Gataker

dit, qu'on doit avoir pitié de ceux qui font non pas malheureux fans qu'il y ait de leur faute ,

S^û-nm

l'efprit des autres pour favoir s'ils agiflent par ignorance , ou de propos délibéré , pour confidérer en même tems les chofes qui ont de la liaifon avec cel-

tre

Il

(5)

examine

fient

'

Arv%r,f.tx x-xi 'Amnaift» hxfoçxn cyjt xipia-n. To yxp èix Tv^r/v yiyviTXê > to

(4)

&

,

r^x.

srosge?

S.

Cet Oracle III. Cap.

.

.£££«? x-xS-xçuTiÇc?

Hom-

p-ote&ion des

,

par mégarde

je

Un

(9)

Homme

GR

XXIX.

Cap.

la

(6) pludiftindion entre ie malheur le ouvroit (a) un Azyle à ceux qui avoient

ij.

è'MTx£ot.vTis

&

(ODe'mosthe'ne, &

l'Orateur

très-bien cette

auffi

722.

veut que l'on

&

&

De Le/U.Y) Ttxeixs&xi. Ed. Parif. v?ro TM A%XlZll fUHLùfUtWi XxXx.icsii ikstsvitju ; tù ta /xiv 7ripi ty,{ xitixç xmtKoysti&xt , tx o' wjtov uvTsyxxXsw TOii A%xiois. îx.àiooPLUTARCH. »xi ail) xvt'.v 01 XxXkio^sh aêe i,u(X\/,Cxv. Qurcft. Grœc. XXXII. {pag. 29%. D. Ed. Wecb. Tom. IL) Pépin retira chez lui les Réfugiez de Neuflrie , qui fuioient la tyrannie, & ne voulut pas les livrer Fre(7)

'Ao-vXt'xv xhÎçcis to isÇo*

gib. Spécial, pag. 790. D.

(8) Toy Nxv7T>\lÔv

(pXO-ty

:

TEGAR.

in rébus Pipini

Louis



L'Empereur ad ann. 6%%. , Débonnaire donna atiflî retraite à ceux qui fe fau voient de l'Eglife de Rome , comme il paroît par une de fes Ordonnances, faite l'an 817. inférée lans

&

le

IL

Tome

les h

des

Conciles

Chauve en ufa de

même

de lu Gaule.

Char-

ceux qui venoient de chez fon Frère Louis. A 1 m O 1 N. Lib. V. Cap. XXXIV. Conjlantin Monomaqut refufa de livrer Ccge'ne Patzinaque , à Tyrach Gouverneur Turc. Voiez Z N A R E , Tom. III. dans la Vie de cet Empe-eur. Le Gouverneur Inungin ne voulut pas non plus lvrer à

l'égard de

Cfman

Liv.

chine pcrfoune à l'autre.

Dieu, me

&

feint

fi

iàcré

fi

Philo n

remarque

le

C

II.

XXL

H.

I2f

ou troublé l'Etat ; (c) l'Autel même de (c) Exod. 14. L com- XXI, n'étoit pas pour lui une retraite alTûrée ; Rois, II, 29. Juif, (7) en expliquant la Loi dont je viens de //. Roù, xrt

propos délibéré une perfonne innocente ,

,

,

13»

parler.

Ceux de Chalets ne vouluen étoit de même parmi les plus anciens Grecs. dit-on , qu'il s'étoit fuffifamment rent (8) pas livrer Nauplim aux Achéens , parce 11 y avoit à Athènes un Autel de la Miferkorde, juftifié de ce dont on Paccufbit. dont pluiieurs (9) Auteurs nous parlent. Mais pour qui fervoit-il d'azyle? C'était, comme le dit un Poëte Latin, qui en a fait une longue defcription, (10) pour les ou qui avoient été chajjez Malheureux 9 pour ceux qui ?étoient fattvez d'une défaite qui avoient commis imprudemment OU de leur patrie ou dépouillez de leur Bajiawne EN o P H O N , louent (12) quelque Crime. C'elt pourquoi (il) ARISTIDE, les Athéniens , de ce qu'ils étoient le refuge des Malheureux , d'où qu'ils vinffent. 2.

11

,

,

,

,

,

X

&

Mais

Ofman VI US,

Lib.

Hift.

au

refus, le rapporte

nous l'apprend Leuncla* Les Portugais firent le d' Albuquerque ; a'infi que

comme

Eskifar, Turc.

à

même

fujet

Makiana XVI, 18. Grotius. (9) C 1 c e'r o N , P A u s A N 1 A S (Lib. I. Cap. XVI. Sf.rvius ifur le VIII. Liv. de Y Enéide (ytxl 343.) The'ophile, dans fa Paraphrafe Gréquc des ÏNSTItutës

,

Lib.

,

IL §. 1.) apparemment

Tit.

I.

Grotiu

a

Cicero,

dit

,

Ezoïà



!

Tom.

187. B.

irxXxios Xoyos iç

uX-zi^;

,

I.

EAU. P.

on

ccrvyjx

rots

S"teph.

x
Ovru?

ocuçhs otrv-

ro Tqs xoXeus ravrrfi Orat. Leutlr. I. pag. 89- A. Tom. ».9-or o-ôZpvrxt. s»'
y-6tvi)^7tâi
V7(iftv

,

,

Mariana

marge]

donne

la

même louange

à

ceux à'A-

XX, 12. Les Gépides difoient , qu'ils plutôt que de livrer Ildigijal aux Romains, P R o c O P. Gothitc. Lib. IV. (feu ou *ux Lombards. Hijt. MifceU. Cap. XXVII. ) ('.2) t'eft Patrocle , Phliafien , qui dit dans un Difcours aux Athéniens , qu'il a toujours admiré la bonté avec laquelle ils donnoient retraite à tous ceux qui étoient iujutement maltraitez, ou qui craignoient de l'être: ragtn, Hift. Hifp.

périroient

GrotiuS.

Eyu

nçoo-B-sv ulv ày.xwv (Ç>î, itxvtxs >ç] rtss xhx-anînns iTtiy.x^ixs ohe)ù rss Cpo?atiivaç » hêach KXTX.Ç>tûyovTus r.KHov Tvyxoii/itv. (Hift. Graec. Lib. VI. Cap. V. flivis-

$t

,

A*v ri»h

à)

kvS\iS

riv

7TôXm

A§-wciïoi ,

on

,

,

§. 55. Ed. Oxon. ) pvo Iycurgi liber is ,

Voiez

auffi

Dk'mos rHE'NE,

Epift.

Dans une Tragé(pag. 114. R. ) C '. E , Oedifie vient fe réfugier , après die ce S O P H avoir été chaffé de fon Pais pour un crime involontaire,

comne

il

le dit

lui-même

ctiir,p

ov.t

>

Tbéfée là-delTus protection un l'y

en-

uciti? (rv ni»)

» cwskctulsiv

tets

iml.


"

aiv

Voiez tmit

paffage, qui mérite d'être

le

avoient bon droit



:

wc.9-' t)Oî

yotAct Toïs xy.Y,xJ tt.voiÇ

Tm eiy.ctim &xï\iTxt n'oroiipiteTv* yxç 7rovas o>; f,<.v£us<; ùwtf cfîXojv

Hviyx.1 y^ tvv rono Heraclid. verf.

&

nathen. par.

«div

[Euripid.





yuç

'

Regnorutnque inopes , fcelerumqme errore necentes, Conveniunt , pacemque rodant fcqq. Theb. XII, 481, ty/eqq. 507, (il) Msytfy) Ce tù xowararir, rm lusp^yecrtùv, jj rZ» xuyrx/^ôB-iu hjçvxûvTcoi vTsoooy^r, j£ 7r»f
fans

l'Humanité

que

Démvphoon , Fils du même Tbéfée , [ou plutôt le Chœur] dit , au fujet des Defeendans d' Hercule , qui fe réfugioient à Athènes , que cette Ville a toujours fecouru avec beaucoup d'empreflement les Malheureux , qui

'Toi

,

STAT.

jamais

&

j

lu.

potentum

Ara Deàm: tnitis po/uit Clemehtitiafedent Et mifw fecln ffôâm Hue viêH bellu patriucjue è feide fugati,

çevoii

558O

1.uv

(10) Urbe fuit média nu/Ji concefa

£5* feqq. )

512, laiflera

lui

"Ï7rcy-Tfix.7rctu>)v

(Verf.

aujourd'hui.

c

comme

jjvîv

j

8^'v.

:

:

libro

ne

qu'il

,

Etranger gage

ét/Ot

os

,

ïtsoS tça.

>

oivS-ctieiSo»

Oedip. Colon, (verf. lui

ilçe

cité ici Cicf.'ron , Hanc qui parle ainiî , Mifericordix Tufculanarum nominal &c. In Theb. XII, 481. Car je ne vois pas que N 1 z o l 1 u s même indique aucun endroit où l'Orateur Romain parle de cet Autel. Et il peut fe faire que le Scholiafte citniit de mémoi re ait donné comme étant des Recherches jfrfculanes „ un pafiage qu'il avoit lu dans quelcun des Ouvrages qmi ne fubfiftent plus

Nôtre Auteur

cccojv f/.tv

j

Tovtuv ^

s.

fur la foi du Scholiaftc de Stace

aram

Hvsyx.o* KKy.oTïir

xev

II.

du Duc

cipalement de la générofité dans cette occafion , que

cLy'àv ôpu 7f(Xoif. C'eft prinJ50, &'feqq.'] clont les Athéniens uférent e les louoit

Calmsthe'n

autrefois

Ils

:

entreprirent

veur des Enfans

Tyran

difoit-il

,

d' Hercule,

,

Guerre en fa-

la

contre Èuryjihée

,

qui étoit

t^thç yâc ^ xposï.vpvo-S-i'oe. •SToXf/x^s-cti v7iip txv srxi'om rè 'Hoxx-Xéxç rvpxnivrx t» tZ Tort rr,ç 'JL)3soiêo?. Voiez les Héradides d'E U R Ialors

de la

Grèce,

>

î'i

D

(Lib.

S

,

&APOLLODORE,

IL Cap. VIII.

§.

dans fa Bibliothèque

Grotius.

1.)

CamiSth e'n e

ne font pas tipourroit le croire , de quelcune des qu'avoit compofées ce Philofophe , Cou fin Difciple iVAriJlote : mais je les trouve dans l'Hiftoire

Les paroles de

rées

,

comme on

&

Hifloires

Grand par A r R

C'eft une rée N. dont ponfe que l'on dit qu'il avoit faite à Philotas , on fe fervit apparemment pour colorer l'aceufation qu'on d' Alexandre

le

1

&

intenta contre lui , d'avoir part à la confpiration tramée contre Alexandre. Il difoit dolic à Philotas , que ceux , dont les Athéniens honoroient le plus la mémoire , c'étoient Hurmodiw Ariftogiton , parce qu'ils

&

avoient tué un des Tyrans Philotas lui celui à qui

demanda il

&

,

là-dcfiliS

,

arriverait de tuer

détruit la Tyrannie.

où devroit

fe

un Tyran?

réfugier Calliflhé-

ne répondit , que re feroit à Athinet , ou nulle parti Se il en allégua pour raifon ce que nôtre Auteur rapporte , du fecours de la protection qn"i!s accordèrent aux Héraclides : De Expedit. Alex. Lib. IV. Cap. X.

&

:

a

3

0?)

&fuiv.

l76 Mais l'Orateur

manière dont les 15* h la mmer De r ou ^ raconte^ eu Ly

.1 alloit à -l'hues , fa de l'Autel le plus

ue

vffle

,

ci t

qui

o

de^uot

4)

la

rf

fe

l

qJ

donc oupunu

,



1

n^o^ ^.:'^^ S,•„^^ ajee, 1er a Mytikue. c'en a

8* „**,. ~ * av'""""" «> '

rêitV,

le [

I^Ê^e, ivui uc

les

,

^^

J

6)

1

dans un Difcours que T.te r,-,\Ht à Murcim, en

vemrmet-

^^

^'o; que. une, (-8) t*~i _- n'ofoit ntdue t ç,wnthraces ^/ir^ir^luf o*>*« 1U1 niait &» 1 « &£*£* Us & lmr Tmpk> y^fi^emm***** s'il

„c

entrepnie^ cette entrepnie.

"""in

faire fortir

Ce t amh ou e

coupables. font véritablement

r

^ ^^ ^

fa

c'eut

Réfugiez du Païs ou du moins ""'™ esCymém,, au rapport d'HERODO-

<

faut

fon tems ett

renfort de comme h

;

11

alla le réfugier

il

Scélérats,

da „s les Vules.de Le même détendre la Religion. te &W<"'f nll li¥rer fc, «*!»» ;¥"

que ,

>

l

j

p

i™ ^^i^fflb^E 1a Orece^

dlt



aud;ms Ve P éra
Là-delfus,

qui

avoir

fe

(

M

1

^ Ad*"» neai imo ms q uo

près Les ver l'impunité. regaldoit ta metion de l'Oracle

5

V

^&^%ffîZ. X*"**^ £

commis un crime s'il

Peines fe communiquent .

^W^™™^

,

fe

de demander

ffit qu'ôtlesPuiffaiaces Souveraines,

fe

qui

&

comme fi c'étoit . , rt^ mr,;lpP<>ëte ni la Tragédie d'ailleurs t «tiib me qu'i venoit de ci «' cèpe lont qui les paroles , ,

J^^T^f^

^mh

te

trouvé ^Original dition même de nôtre

R i5<5-

crot.

fes

£<*

fc

'

^

x

P x

D

E

,

acru, que

^r2;^^;^7^3; fl'u^PïDEdit, dans une chai(pasv devroirot Tragédie* J«l«52 que de i gne des Dieux

laus

\/i ,ui, c

,

être

s

,

S

,

"l

ar

éUe

Notre Auteur que S r oa omis

.

^XslUrlllE V^ UZ%^^-*h\ é*^™.

7 'A&£ T U Mak

r. Contced.

.

m

TK c^M-) ^.«Jg ^«l^.^ Hjjg^

eut alité , de r c „leva delà,

&

& ™Vm °" JjM, XX A; jjb

I.

dE^ y d

&

,

le

i^re r

le fait

aan'

fe

trouvent point cer-

nommer:

vient de

L

tradtut

fc

Mf

,

ans

cotn-

Recndl

^

y

_

fi

a

^

n

h

.y» une faute A»

n S r O (

ïrénie 5 vei? Latin,

pour, nec lepbus &c.

,,

,

,

Voiez en-

i'e^/v/«, £ des «ni rjlte ^

parmi grand homme, ° T

ne

^

que -tre Auteur qU Ion. (verf. ijif, Roi de Portugal beau fe réfugier dans H on le lit brûler par NI a R i eft rapporté nra Uere , C0 re , fur cette

ces vers

.f™££rito quo ta.ncment dansih Fiéce pas non nje on ne les voit

-

énteiit{ euls

V

Fragmens

G î;

rE _

dant

ferment Eû^«Jj^ " f T

'

lesbeueras



du mêDhuo^ Jai

A

compo-

^

tifont prefque toutes IrM'' Rr Cctte Note, vers fuivans, les quatre tio uvt _ i ou Ion gjnve t rées du Texte, nôtre An„„i Joive,,, être

la a précédente

Ff

,

^V^"

&J

k

mon

Auteur.

(14)

Ocdip.

c? Colon. vcrl.5' veil. ,,o,

^Euripide,

V

^y ^

J'Ji

mais

^

nommer

mw-j' S3C?«5. «rf* «»ï,»e

Ucenia


.

yi^fflW Wfô«fi»» c»^»w»



receptabantur. ,

cttque

,,

%

perfouue à Peintre.


L

Ch. XXI.

v. II.

1

127

font fauvez hors de leurs Terres , n'a lieu , félon l'ufage établi depuis quelques Siècles dans la plus grande partie de \Ewrope , qu'en matière de Crimes d'Etat , ou de ceux qui font d'une énormité extrême. Pour les autres moins confidérables , on y d'autre; à moins qu'on n'm l'oit autrement convenu (19) ferme les yeux de part

qui

fe

&

par quelque Traité. lavoir encore, que, quand des Brigands ou des Corfaires fe font rendus f. Il faut formidables par leur puillànce, on peut innocemment leur donner retraite , les protéger pour les mettre à couvert de la punition; parce qu'il eft de rintérétdu Genre Humain, que tout Peuple ou tout Prince doit procurer, d'empêcher ces gens-là de continuer leurs voleries par l'elpérance de l'impunité , fi l'on ne peut (20) les en dé-

&

,

tourner autrement. §. VI. 1. Une autre chofe qu'il y a ici à remarquer, c'eft que Ton peut protéger une perfonne qui vient le réfugier dans lePaîs, jufqu'à ce qu'on ait été irjftruit de ce qu'on fâche bien fi elle elt coupable ou non. Ainli dans une dont on l'acculé Tragédie d'E u r 1 p x d E , Démophoon, Roi d'Athènes , répond a un Ambafladcur d'Euryjthée qui venoit lui demander les Enfans à' Hercule : ( 1 ) Si votre Maître a ,

&

,

,

quelque fujet de plainte contre ces Etrangers , on lui fera jujlice ; mais je ne Joujfrirai p
&

Vous

Vatrie.

venu dans une

êtes

Ville

où Von obferve exactement

la Jujlice

&

,

oh Von ne

tumfatis vaSdttm iiiipmuni erat çoêrcendis fedïtiombus popuh , flagitia bomintttn , ut amrlmohiui Deùm, protegentis. Annal. Lib. III. Cap. LX. n,um. 2 , 9.

(15} Principes quidem Dits,

nifi jujhas

XXXVÏ. (16)

nnm,

He'rGDOTK J'age,



fèd neque à Cap,

Ibid.

Plus d'une fois.' Voici le paftrouve ce «hie môtre Auteur en dit: Ov

ÎK$MTW Un cXi
•noXiopv.iî'trSjcti

ix,»\iTSÇ

L

Lib.

>

£J

ers net?

,

MuTiX^vniv xvrov

irt-

CLX.

Cap.

Jiln.

difficile

verfarû tif

effet

miftocl.

enint

Itaque

ejfe

in t.un propinqno loco tuto

Pydnam eum

prujldiidrd.it.

Cap. VIII.

hors de chez

eux

Gottbic. Cap.

:

&

,

deduci. jufftt

(CoRNEI.. Nf.POS

,

eum

& quod fa-

,

in Vit.

The-

nunt. 5.) Les Gépidténs renvoiérent Ildisge, Lombard Pkocop. Lib.

XXXV.

,

Dz THOU-,

Çpag. 607. Ed. Elzev. 1625.) Voiez Mariant a_, XIX, 6. an fujet ÙA'.fonfe ComGegion , à qui l'on refufa de donner retraite en Ejiague, après qu'il eut été condamné par le Roi de France ,

Gwonus.

Lib.

Argid aedis [ Eumcni; Régis] Evandrum CreSi ennfido-et Evander , innnxium fe ... veniret adcaufam.dicèjidam: , fi corn-

Ci 8)

.

teiifcm rei

.

.

.

.

capitalis argui

mitter'e fc ftfdicio

nwn.

non auderet

,

liberuret reli^ionè

Trr. Liv.

Lib.

tcinplum

XLV.

,

Cap. V.

%.

Comme

on

dans le Traité des Suifcs avec ceux de Milan , rapporté par Simler. ( De Republ. Hd~ w«*.pag. 265. EJ.it. Elzevir.) Par les Traitez faits autrefois entre Y Angleterre la France , on étoit obligé de part d'autre de rendre les Rebelles & les Fugitifs mais ceux que V Angleterre aveit faits arec la Bourgogne engageoieat feulement à chafler ces fortes de pcri'onnes. C'eft ce que nous apprend Cambden fur l'année 1600. (pag,

(19J

le voit

&

&

:

75%.) Grotius. (20) H faut bien remarquer cette condition , que nôtre Auteur fuppofe ; car autrement ce feroit favorifer les brigandages de ceux que l'on faudrait à la punition. §• »L (1) rifa? Teïi^ it art Tr,7
'

Exst

ots'pciKxç

ht îux

x.xra,çtuç

,

:

Voiez la Lettre de Theùderic (ou Tbéederic) à Trafamund , Roi des Vandales , au fujet de la retraite donnée à Gifclic , [dans Cassiodore: Va\ .] V , 4? 44. celle qui Te trouve dans la Vie du Roi Louis. L'Empereur Rodolphe II. fit fortir de fes Etats Cbriftspte Sborotcsfà ; comme le rapporte

III.

aux Ecofois , qu'elle leur remettroit le ou qu'elle le chaflferoit iCAngleterre :

acfibimetipfscovfulcn't.

m

Macedonia ejfe (17) Ege tamen ijîos , ut primant adtnonitus àvobis comperi , requifitos abire ex regno jujji cSf in perpetuum interdixi finihut mets. Trr. Liv. Lib. XLII. Cap. XLI. mon. %» Cela eft rapporté auffi par ÀppiEN d'Alexandrie , Excerpt. Légat. XX. On trouve un fait femblable , dans l'Auteur Latin de la Vie de Thôiiiftocle : car il nous apprend qu' Adméte , Roi des MoloJJiens , ne voulut pas livrer Thbniftock aux M0.'êuens & aux Lacldémoniens , qui le demandoient mais qu'il l'avertit au contraire de prendre garde à foi , & le fit mener à Pyd.ua , Ville de Maddoine , avec une bonne efeorte , ne le cioiant pas afiez en iïïreté dans fes propres Etats à caiife du voifinage Nam , quum ab Athenienlibus Lacedremoniis expofeeretur publiée , fupplicem non prodiàit , monuitque ut covfuleret ,

,

ami. 15:95.

te de

!c

fc

prtwxtri.

:

pas

fotefiîttl [g( K$0(«7m] ST' £ fUvT6i
ejfe

;.

n'étoit

I!

Deorum

inftar

fuppftcuim precès wdiri &c.

,

E'tizaocth répondit

Comte de Botbnel

Cambden,;»

LXXXIII.

&

fur l'an 158J.

La Reine

Oçi' eiKou ucuSir*»

(IV-X^Ùll ?vô\tv

Ktfisy V'u-a x-çcuinç-xv Tu. Tijfaf KtyitS Kcii

E

Trfi

r.vÇt

u& t ,

,

af

ai''

,

;

ettpys

ipïe&vtÇ&ILl

J

*~ zrsfirciT-sa fii»' ZejZj'? sa\fj xtveCfOpo» t ^«A^v t;vx

rtx.

fAo;

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K«l

yy,?

>

,

£ p

T«< f$ Qfcttt

'y

ktoii

tu>

u,;aivi

XK f7r*thvftui XXKOV



,

,

j

De

23

manière dont

la

les

Peines fe communiquent

Cependant , fans tenir aucun compte de nos loi* , vom ne fait rien que félon les Loix. que vous voulez, vous ufez de toute forte de violence, On entrez par force , vous prenez ce qui fait une Ville oh il n'y ait point de gens de cœur , diroit que vous croiez être dans que vous me regardez, moi, comme un homme de néant. prête à fubir le joug i

^

&

toute

m

fia p
,

,

&

t

du

permijjion

^

mérité

qu'elle l'ait

&

on voit bien que l'â-

Mais vous, vom deshonorez vôtre Ville, fans _ ge vous abtéla Raifon. ^ D f r n elt défendu ni par le les Supplians ou Réfugiez 2 Que fi ce dont on acçufe le Droit juger par du faudra en Civil il Droit de Nature, ni par le Droit des Gens ; C'eft ce que le Poëte Eschyle donne très-bien h entenPais d'où ils viennent. au fujet qu'il met dans la bouche du Roi d'Argos dre dans les paroles fuivantes venues d'Egypte: (3} Si les Fils J'EgyptUS, votre Oncle., veulent vous des Danaïdes ,



,

,

,

.

,

.

,

,

,

,

,

vos plus proches Parens félon les Loix de vôtre Pais , qui avoir , par la raifon qu'ils font ? Ç'ejl donc à vous à prouver, que, Jelon ces Loix, ils n'ont eji-ce qui voudroit s'y oppofer '

aucun droit fur vous.

.

pas o 1 l a comment les Souverains doivent agir s'ils veulent ne s VII 1 Crimes de leurs Sujets tant naturels qu'Etrangers. Les Sufe rendre complices des aux Crimes de leur Souverain , favoir au contraire participent quelquefois jets par ordre ou à la perfuafion du Souvequand ils y onteonfenti, ou qu'ils ont fait, pourvoient faire fans crime. Mais nous aurons occafion de rain quelque chofe qu'ils ne cette matière , quand nous parlerons du (a) devoir des traiter plus commodément

V

v

,

,

,

,

(a) chap.

UJ

Livre.

2 ^Le Crime fe communique aufTi entre un Corps u Membres. Car comme le dit (1) St. Au g s t

&

,

i

n

les Particuliers ,



eji

qui en font

Corps, là font

le

les

,

Les Corps

Particuliers.

être compofez que de Particuliers

peuvent

ne

car ce font phi-

:

qui font le Corps. rajfemblez, ou confiderez comme un feul Tout ce que les Membres d'un Corps foient regardez comme coupables de Amfi ceux dont leur confentement. il faut qu'ils y aient donné qu'a fait le Corps font innocens. l'opinion a eu du delTous dont on punit un a. U v a aufli ( 2 ) de la différence entre la manière & la manière dont on punit les Particuliers. On fait mourir quelCoros mais la mort d'un Etat confifte ( 3 ) en ce que fieurs a

,

Particuliers

Or

afin

,

,

Particuliers

les

quefois'

:

yxç Qttâri*
«#/»«* rçtf$u

xtfycis

iirctivio-ttx»

>

pojjwit

eltrvB-oixro

•ZvXuvrx rxjxx >>$TX 7UV &l^»

fri*

In Levitic. Q_uœft. XXVI. a dans l'Original, Diflintfœ emm funtfana je crois que l'Auteur avoit voulu mettre etiam , au lieu A' emm , qui eft peut-être une faute il'imCeci au dont il ne s'eft point apperqû. preffion , moins ne contient pas une raifon de ce qui pre(2)

'

&c.

(

'

çi s

** ïzyrt

x-leot

Supplie, pag.

ih» »J&'J*z..*u 531. Ed. H. Stepb.

.

(3) La mort d'un Etat

,

B-tXoty Et>»\ , rit «» rôti oX ùrri*>&>»*[ rxs otx&C' Ait roi
Il y Mais

-céde.

,

.

,

niji

verfos.

''? 1

*>* rfrivi «^ tS »2 ««». OeiUp. Colon, **/- 904 &f SmAtyvirrx (?) Et toi kçxtwi vxïhs iyyvrxrxyt»XS Noam* vixcu; 4>*rxe»T£f riêmê-'

,

quique congregetti ,

< ,*.•*/• •Qa*K» eyay ** *% y r£ ' «^ r.7ciçxfW •Ot&' ehxov » »V xv «y«* ïiourxr&xt Zi 1^' s.tïi>ev Trxe.' xçôis ùç <*t »* *™> £ *"' * vh'fruwv fcÇewî Tr.y xùrit xÙT*

^f

(l) Ubi .univerfi ibi &Jinguli. Univtvjinon ex fmgulis quibmque conftare : nom jhguli vel in fummam reputati , faciunt uni,

§. VII.

'

Otî

Ov^' X»

,teur ei7rtïi

Grec ,

CURG.

d'être

,

renverfé

c'eft

,

un ancien Ora^î ry» xto^ux*

félon

E< yxç

:

LTctnxçxro» yev«rB-xt. vrôxiûs îf< (pag. 139- Ed. IVcch.) Orat. adverf. Leocrat. &x>xtos

GROT U I

»

,

,

S.

aratrum tu eam (4) Si ufnsfrufats cixntati legttur , fij* ut pafa ejl Carthago : iniucatur , cigritas efe définit , iiec~

,,

XXL

Liv. IL Cm.

efune perfonne à ? autre.

Membres dontileit compofé ne forment

les

129

un Corps de Société

plus (b)

Civile,

quoique chacun demeure en vie. Lors qu'un Etat elt ainfi détruit il perd le droit comme entre Particuliers ce droit s'éteint d'ufufruit qu'il avoit fur un bien d'autrui par la mort de l'Ufufruitier c'eft la décifion judicieufe (4) du Jurisconfulte AIodes,

.

Oj) Voiez

chap.ix. §.4.

,

;

tin. xandre

On

punit

Grand

le

aulîi les Particuliers,

à l'égard des Thèbains

,

en les rendant Efclaves comme fit (c) Aie- (c)Piutarcb. excepté ceux qui s'étoient oppofez à la dé-^70 B/fom. ,

.

.

libération prife de fe détacher de l'Alliance avec les Macédoniens.

un

nition pour

Etat,

c'eft d'être

Une

fernblable pu-

forme de Province: efclavage

réduit en

(O

l-

Êi.

iVah.

civil,

qui laine à chacun la liberté perfonnelle. On confisque les biens des Particuliers de même on ôte à un Corps de Ville ce qu'il polfédoit en commun fes Murailles fes Ports fes Vaiflfeaux de Guerre fes Armes fes Eléphans fon Tréfor public, lès Terres, fans que chaque Particulier perde rien pour cela de fes biens propres. Que fi, pour punir le Crime d'un Corps on vouloit dépouiller les Membres qui le composent de ce qu'ils poffédent comme Particuliers il y auroit de l'injultice à ne pas excepter ceux qui n'ont pas donné leur contentement à ce que le Corps a fait. C'eft ce que montre très-bien l'Orateur Libanius, dans fa Harangue fur la Sédition d'Antioche. (6) Auflî l'Empereur Théodofe fe contenta-t-il d'ôter à ceux de cette Ville fon Théâtre fes Bains , & le titre de Métropole. §. VIII. 1. Il y a ici une belle queltion à examiner , favoir , fi l'on peut punir en quel tems que ce foit les Crimes commis par un Corps? Il femble d'abord qu'on le puifle, tant que le Corps fubfifte, parce que c'eft toujours le' même Corps, malgré le changement & la fuccefîion continuelle des Particuliers qui le compofent; comme nous (a) l'avons fait voir ailleurs. Mais il faut remarquer d'autre côté d'entre les (a) Chap. Ix § 5> choies que l'on attribue à un Corps il y en a qu'il polTéde directement & par luimême, comme par exemple, le Tréfor public, les Loix; d'autres, qui ne lui appartiennent (b) qu'entant qu'elles fe trouvent dans les Particuliers comme quand (b) Voicz on dit qu'un Corps eft favant ou brave parce qu'un grand nombre de ceux qui le ^ilt v°ii" compofent ont de l'érudition ou de la valeur. C'eft à cette dernière forte qu'il faut Cap. xiïi. :

,

,

,

,

,

,

,

,

,

,

,

,

-

-

,

,

,

,

,

,

&

rapporter le mérite ou le démérite d'une action ; car il appartient principalement directement aux Particuliers comme aiant une Volonté phyiique dont le Corps ,

,

entant que Corps , eft deftitué. Ainfi du moment que ceux qui laifoient rejaillir fur le le mérite ou le démérite de l'action, viennent à manquer, cette qualité s'éteint aufli , par conféquent l'obligation à fubir la peine ; obligation qui , com-

Corps

&

,

me

nous l'avons dit (c) ci-deffus, fuppofe néceiTàirement qu'on Tait mérité. C'eft ainfi que Libanius difoità l'Empereur Théodofe: (1) // vous Jhjjït, je crois, qu'il we rejie

J^î?'

lireceten

aucun des Coupables.

2.

Le Philofophe Arrien a eu donc

raifon de blâmer Alexandre

Grand, (2) de

le

ce ideoque

quafi morte , défait habere ufiimfruclwu. , Drg-est. Lib. VII. Tit. IV. Qtiibw modis ufwfruêha vel

ujm &c Leg. XXI. (O Vowz ci-deffus & Liv. U.Cbap. V. 6

1

wrjement autrerois

,

Liv.

I.

Chap. III.

§. 12.

mm.

1.

§. ? 3 .

.

byzauce , honneurs

dit la

même chofe,que

fon XVII. Difcours fur le ratdes Statues. L'Empereur Mure Antonin avoit condamne ceux à'Antioche à la même puni-

(Cap.

& & &

Théodoje } comme le rapporte ÇaScvere auffi detruif.t la Ville de ota Ion Théâtre , les Bains , tous les

XXV)

lui

fes ornemens. Il la réduifit même en la donna aux Permthm. C'eft ce que , nous apprêtions dHfi rouie N {Lib. III. Cap. VI. mm. 19. Edit. Boeclir.) Voiez encore Zonare ; Se

village

,

Tom.

II.

VIII. (1)

^.sr

thx,

m hvx

-

défais

>

V

C Cbap

^ &»& r« rxW

E>8

«j,

ihmxirm.

§.32.)

foifts™,™

fatî»

Orat. defedit.

Antiocb.

tome

bon, que fat depuis

KTOLIN

Grotks. §.

St C H Rrsos „ Païen, dans

^ vÀ Orateur

ce que nous avons dit ci

dont ce Conquérant fe fervit , lors que Parmémon voulut le diffuader de brûler le Palais Koial de Perfébolis: o' Si ttfa»nfe(2)

C'eft

la

raifon

ri^Mai

«&' S» */ t* Ë»*& ixeurxw r* s fa^xn A'&,W **«W^« à rx urù »eW*v k) iV* £»* xxkx txx n ,x, uSxwrc v*ï ràrmh**t rttt

ti

,

m

,

,

,

Après quoi fuit le jugement de l'Hiltorien : iuci h-,M «-«î, »S fySrx. rèrô y» AAé|*^-©DeExHvou riç ^.'V, nftoh. T z, v £k ped.Alexandr.Zfi.llI. Cap. XVIII. Nôtre Auteur, qui dans la première Edition s'étoit contenté de citer

Xêê&î*.

aV W £&

&

m

R

ici

'

'

,

,,

De

130

la

manière dont

Peines fe communiquent

les

ce qu'il voulut fe venger des Ferfes (3) long tems après la mort de ceux qui avoient offenfe les Grecs, Le même Alexandre extermina les Branchides fous un femblable prétexte , voici le jugement qu'en porte 1 n t e-C u r c e (4) Si toutes ces inhumamtez, dit -il, eujjent été exercées contre les Auteurs mêmes de la trahîon auroit pu faire pajfer cela pour une jujle vengeance fin , non pas pour une cruau, té inouïe. Mais les Dejcendans portaient la peine du crime de leurs Ancêtres , quoi ,

&

Qu



&

jamais vu Milet , tant s'en faut qu'ils l'eujfent pu livrer à Xerxès' Oui ne trouve pas ridicule la réponlè (0 que fit Agathodès, Tyran dé Sicile lui portaient que ceux de l'Ile d'Ithaque , du dommage caufé par fes Sujets? „ Ulyjfe, leur dit-il, a bien plus fait de mal autrefois aux Siciliens. Plutarque , en critiquant Hérodote foûtient qu'il n'eft nullement vraifemblable (6) que les Corinthiens aient voulu , après trois générations, fe venger d'une injure reçue de ceux de Samos fi long tems auparavant, dans un (d) autre de fes Traitez , veut 3. Ce Philofophe néanmoins qu'ils n' eujjent

eft-ce qui

aux

plaintes

,

(a) Défera ,

,

&

aclion,



iiila

pag.

autres femblables, par l'exemple de la Divinité

Mais

poftérité des Coupables.

557, 558-

Hommes

celui des

comme

;

il

il

y

a

de

paroitra

juftifier cette qui punit quelquefois la

,

&

la différence

entre le droit de Dieu, par ce que nous dirons (e) un peu plus

r

bas.

&

4. S'il eft jufte que les Defcendans reçoivent des honneurs des récompenfes , en coniidération de ce que leurs Ancêtres ont fait de bien , il ne (7) s'enfuit pas non plus de là , qu'ils puiifent juftement être punis pour les fautes de leurs Ancêtres. Car telle eit la nature des Bienfaits, qu'on peut fans injuftice les communiquer à qui l'on veut mais il n'en eft pas de même des Peines. :

IX. Nous avons traité jufqu'ici des différentes manières dont la Peine fe comà ceux qui ont eu part à la faute ,- ou au Crime. Il faut voir préfentement,

§.

munique

fi

«ne

Arrien

ajouta , dans les Editions fuivantes , une antre penfée femblable du même Auteur, qui fe trouve après le paffage de Quinte - Curce. Mais fa mémoire a multiplié mal-à-propos un fenl ici

fois

,

&

donné dans une feule & même occafion de forte que j'ai cm pouvoir fupprimer, dans mon Texte cette répétition fiiperflué & mal fondée. Ce qui l'a trompé c'eft qu'Alexandre dit ailleurs, dans une Lettre à Darius : „ Vos Ancêtres font venus eu „ Macédoine & dans le refte de la Grèce , & nous ont „ fait bien des maux , fans qu'on leur en eût donné „ aucun fujet. Moi , au contraire , quoi qu'aiant été

même jugement

,

:

,

,

Général des Grecs , je vouluffe & je duffe „ venger les injures qu'ils ont reçues des Ferfes , je ne en Afie , qu'après que vous avez com3 , fuis pafle oi v/tténçet srçôyovoi „ mencé les aétes d'hoftilite itâovTiÇ lis MxKià'ovixv >ù eiç ryp et?&ov ÈXhocox , x.xx.aç établi

-„

:

f7roir,
tiyifAut

ytictç

,

xàtv zrçor,cix.r,f£évoi

zxtxçx&ks

)

y# Ttuaç/jcrxi

'

î5

u

£t

rm

ËAX/jW'v

âuXo/xsuo? Tlfpc-x? êiî-

vnaççci'jTw vf^Zv. Lib. II. Cap. XIV. qui tende à condamner le motif île fon Héros. La Note fuivante fera voir cependant, que nôtre Auteur a eu en vue cet endroit , où il s'agit de l'entreprife de la Guerre en général contre les Ferfes; au lieu que , dans l'autre, il n'eft queftion que tei;c

*us

Mais

t/,v

Acixv

,

l'Hiftorien ne dit rien ici,

d'un afte particulier d'hoftilite. (9) De là vient que l'Empereur Julien attribué à un autre motif la Guerre qu'Alexandre entreprit con-

„ Tout

tre les Perfcs.

iufques

entreprife pour

5i

contre les

j3

les Ferfes.

,

monde

fait,

(dit-il

,) que

aucune Guerre , réputée jufte , n'a été un tel fujet, comme celle des Grecs, ou celle des Macédoniens contre , Car ils ne pourfuivoient point la veu-

93



ici

le

Troiens

„ „ „ „ „

Ton

geance de quelques injures de Fort vieille datte pas , même contre les Petits-Fils ou les Fils de ceux qui en étoient les Auteurs mais ils attaquoient ceux qui infuitoient les Enfans des perfonnes de mérite te qui les dépouilloient de la Couronne: ïn :

Km

tsfeis

mb

'

zsu zrôtepoç rwif-q ztçotsço> , g'|j iwi Tçei'xv roïs uSi ivirtts ntçc-xs Mx^ôc-tt , oïvtç

£^«n»>

&
ymr&ai , tovxvtw %Xm ùnéS-to-t, , *} zrettM r;7? uîv y s ïjxv xç^xém xhKvpxTa» r)/M>e-ÇeOÇ* nmrtçets , Îst\ ùç zrxïàxs , xts sic iwynHS ycvofthiis^ xKhxùs to» xÇiXo/xivov *£ x%oçi^xvrx r«» <*£%<* txs ruv iv^axy,
o_ èty.r,

en

«îiAfiv.

eia-s

'

:

&

dire.

Il s'agit de la Guerre contre Mugnence qui s'é, emparé de l'Empire. Julien veut montrer la juftice de cette Guerre & pour cet effet il la compare avec les Guerres qui paffoient pour les plus juftes,

toit

:

comme

celle des Grecs contre

Troie

,

&

celle des

Ma-

cédoniens contre les Ferfes; treprife fi

dont la première fut enpour venger l'enlèvement d'une Femme, ain-

qu'il le dit après;

ici

clairement

maux que

la

&

l'autre,

comme

il

l'infinuë

eut pour motif le défir de venger les Grèce avoit fouffert autrefois de la part

,

Au lieu que Confiance n'avoit pris les arque pour mettre à la raifon un Ufurpateur qui , l'Empire dont il devoit hériter , comme Fils du grand Conjhmtin à quoi fe rapporte le mot s des Ferfes.

mes

,

lui cnlevoit

d'»-

,

à'une fi

Liv.

pcrfonne à P autre.

peut être légitimement puni

l'on

&

,

II.

C

H.

XXI.

n'ait

éclaircir cette matière, blance des termes on ne confonde des choies réellement différentes ques remarques à làire.

Pour bien

§.

X. 1 Il Dommage .

& un

ge direBement

,

faut

entre

diftinguer premièrement

,

un Dommage

On

qui provient feulement par une fuite accidentelle.

que l'on ôte à quelcun une chofe à quoi

lors

131

eu aucune part à Ja faute. pour empêcher qu'à caufe de quelque reifemquoi qu'on

il

y a

il

quel-

ici

caufe directement;,

du Dommaun droit pro-

caufe

avoit

&

par une fuite accidentelle lors qu'on Dommage indirectement quelcun n'ait pas ce qu'il auroit eu fans cela , en empêchant l'effet d'une condition abfolument néceffaire pour lui donner quelque droit. 2. Ulpien nous fournit un exemple de cette dernière forte de Dommage. CO Lors, dit-il, qu'en creufant un Puits dans mon Fonds, j'y attire les veines d'Eau qui fans cela auraient coulé jufques dans la Terre de mon Voifin ; comme je ne fais qu'ufer de mon droit, je ne caufe pas à mon Voifin un Dommage

On

pre.

fait

caufe

du

,

en forte que

,

proprement ainfi nommé. Le même Jurifconfulte remarque ailleurs (2) qu'il y a une grande différence entre recevoir du Dommage, & être privé d'une occafion de gagner que l'on avoit. Paul, autre Jurifconfulte Romain, (3) dit, que c'eft an,

ticiper

naturel des

l 'ordre

qui doit augmenter nos

chofes

,

que de fe

croire plus riche

,

avant que d'avoir aqtus ce

biens.

Ainli, lorsque les biens d'un Père font confifquez, les Enfans à la vérité en , mais ce n'elt pas proprement une Punition pour eux ; parce qu'ils ne dévoient hériter de ces biens , que dans la fuppofition que leur Père les confervât juf3.

fouffrent

qu'à

fa

C'eit ce que le Jurifconfulte Alphe'nus a très-bien remarqué , lors (4) qu'en confequençe de la punition d'un Père , les Enfans perdent tout ce

mort.

qu'il dit

,

qui

q*ie "ôitre Auteur fubftituë heureufeIl falloit donc rapporter que nôtre Auteur a attribué aux Grecs aux Macédoniens ; & traduire ainli tout le paffage : Chacun fait -qu'on n'a jamtais vu de Guerre entreprije pour tttl aujji Ugitifiie , y as mime celle des Grecs contre Ç'u'jii Troie , ou celle des Macédoniens contre les Perles , qui Car notre Empajjènt néamnoins pour avoir été jufits. pereur n'a point cherché à tirer par là "vengeance de quelque vieille injure , il n'a point pourfuivi les Fils ou les Defcendans de celui de qui il l' avoit reçue: mais a attaqué un homme qui enlevoit l'Empire aux Defcendans £jf

û'iùiïex-Yio-âvTM

rncnt à celui

à

Confiance

,

,

L\'xêix.ï)
ce

&

légitima Succejjéurs de perfonnes célèbres par leur mérite. On veit bien qu'en fe fervant du pluriel , il donne à l'ufurpation de l'Empire au préjudice de entendre l'aflaflinat de Confiant fon Frère , qui Confiatice , l'autre l'ouvrage de Magnence. étoient l'un Je conbien loin de prouver que J uclus , que ce paflage , cherche un autre motif de la Guerre d'Alexandre contre les Perjes , que celui de venger les anciennes injures qu'ils avoient faites aux Grecs , fert au Mais je contraire à confirmer la vérité de ce motif. ne veux pas oublier , d'autre côté , de remarquer à la louange de mon Auteur , qu'il a heureufement corrigé, à la fin du paflage, le mot à'xhr.Y>rct»Twy , maLe Traducteur Latin , ce fanifeftement corrompu. vant Père Pe'tau , s'eft tiré d'affaires en n'exprimant point du tout les quatre derniers mots , dont celui-ci

&

& &

lien

fait partie

;

&

l'Illuftre

Mr.

le

Baron

de Span-

h

e 1 m n'a mis en marge aucun avertiflbment inlinuë qu'il y a faute.

,

qui

C4) Q}lie J[ ™ ipfos proditionis auêlores excogitata ejfent ; jttjla ultio ejj'c , non crudelita* videretur : nunc culpam ma-

jorum

pofieri luere

,

qui ne viderunt quidettt

Miletum,

Xerxi non potuerant prodere. Lib. VIL Cap. V. mon. 55. Voiez Plutarque , défera Numinvs vinditfn,pag. 557. B. Tom. IL Ed. Wech. (5) Voiez-la dans Plutarque , Apophthegm. pag.

adeo

176. D. E.

& De fera Num.

vindicl. pag. 557. B.

(6) Koe^B-ioi Jl ri nxS-cvrtç \riy.o(èvro 'Expias iy-7raX^ TXVrX TXVTXS ÙftOT/jTl >£ 7rXÇXVOf(.IX T6 rire, >o un ycvit y rijxtuu.î»is cvycvaxç. è*cï yxç

OW

>

,

>

>

jj

,

r>j?

vst

otcâxt

uÇsrr.s ôstt

xvx
>

cvXoyaï

XTtxviïôiv k, 7r/>6X7reXsi7r£iv

firjàc

mi

rr,v

koXxiti»

rxis xjixtxt?»

x?>\x
vu

in domo mea puteum aperio , deatur .... ut , puta , quo aperto vente putei tri pracifa: funt : an tenear ? Ait non teneri me damni infecli : neque operis met vitio damnum tihi dari in étant exifiimari , D 1 G E S T. Lib. ea re , in quâ jure meo ufm funt. XXXIX. Tit. IL De damno infeéto &c. Leg. XXIV.

TREBATlUS,

I2

§•

-

(2) Multumque intereffe , utrum damnum quis faciat, an lucro , quod adhuc faciebat , uti prohibeatur. Ibid. Leg.

XXVI.

(3) Ejfe autem prœpofierum

quàm

adquijierimiu:

D G 1

,

ante nos locupletes dici, XXXV. Tit. IL

E S T. Lib.

Ad

Leg. Falcid. Leg. LXIII. princ. juris (4) Eum , qui civit ut cm ami t teret , nihil aliud adimere liheris , niji quod ab ipfo perventurum ejfet ad eos,

Rj

fi

»*

,

De

132,

la

manière dont

Peines fe communiquent

les

de lui à eux , mais non pas ce qui leur vient de la Nature , ou Les Enfans de Thémijiocle furent de cette manière réduits à la pauvreté : d'ailleurs. Cice'ron, qui le remarque, (5) foûtient qu'il n'y a point d'injuftice à ce que les Enfans de Lépiàe foient expofez au même malheur. C'eft ajoûte-t-iï un ufaLes Loix Romaines (6) néanmoins des ge ancien, & reçu dans tous les Etats. iiécles fuivans adoucirent beaucoup la rigueur de cette pratique. lors qu'à caulè du Crime de la plus 4. Pour donner encore un autre exemple grande partie d'un Corps qui comme nous l'avons dit ailleurs repréfente le Corp s feroit paiTé

qui

&

,

,

,

,

,

on

,

&

d'une Ville , autres avantages, en fouffrent aufli mais Feuqu'il pofîedoit ; les Particuliers , qui étoient innocens lement à l'égard des choies qui ne leur appartenoient qu'en qualité de Membres du Corps. autre chofe qu'il faut remarquer ici, c'eft que l'on fait quelquefois §. XL 1. ou qu'on le prive de quelque bien , à l'occalion d'une fouffrir un mal à quelcun , faute d'autrui , mais en forte néanmoins que cette faute n'eft pas la caufe prochaine de ce que l'on fait, pour ce qui regarde le droit même de le faire. Ainfi lors qu'on a promis quelque chofe à Poccafion d'une Dette d'autrui , on en fouffre du mal félon l'ancien proverbe, Qtù (1) répond, ne tardera pas a s'en repentir: mais cependant la caufe prochaine de l'obligation où l'on elt de paier elt la promeffe même En effet , comme celui qui a répondu pour un par laquelle on s'y eft engagé. Acheteur n'eft pas proprement tenu de paier en vertu de l'Achat, mais à caufe de l'engagement où il eft entré; de même celui qui a cautionné pour un Coupable, n'eft pas tenu en vertu du Crime , mais à caufe de fon propre cautionnement. Et de là vient que le degré du mal qu'il doit fouffrir eft proportionné non pas au Crime d'autrui , mais à l'étendue du pouvoir qu'il avoit de s'engager. 2. D'où il s'enfuit , lèlon le fentiment qui me paroit le mieux fondé , que l'on ne peut faire mourir perfbnne pour un fimple Cautionnement parce que perfonne n'a un entier

,

lui

ôte

fa liberté civile

les murailles

,

,

,

Une

,

:

tel

droit fur fa propre

tre

qu'on

Vie

l'en dépouille.

,

qu'il puiffe

ou

fe l'ôter

C'eft par erreur

que

lui-même

ou s'engager

,

les anciens (2)

&

Grecs

à

permet-

Romains ont

&

cru le contraire , comme il paroit par (3) un vers d'A u s o n e , par l'hiftoire que de (4) Pytbias: d'où vient aufli qu'on a fouvent tout le monde fait, de Damon ,

&

fait

fi inte/iaUif in civitate moreretur : hoc eft , hereditatem épis Hberos , Jl quid aliud in hoc génère , reperiri poteft. qiue vero non à pâtre , fed à génère , à ci-,

vitate

&

,

îi

&

rerum

D

nattera

tribuerentur

,

ea

manere

iis

inco-

EuTROPÊ, mon,

XV.

uvrôv. In

1

&

,

g

XLVIII.

E s T. Lib.

Relegatis &C.

&

Voiçz (6) Voiez

XLVIII.

aufli

Epift.

XÎI.

les Interprètes

Tit.

XX.

,

De

fur le bonis

Digeste, Damnatorum

,

Lib.

Leg.

VII.

XI. (1) 'Zyyvct, %-ctçx Far*. C'eft un mot trèsancien , piiis qu'on l'attribue à Thalis , un des Sept Sages , comme il paroit par -S T O b f.'e , Florileg. Tit. Voiez les Adages d'Ê RAS M E. III. que les Hébreux étoient (2) Il paroît clairement , aufli dans les mêmes idées par la propofition que Knben fit à Jacob ion Père G E N F.'s B Chap. XLII. vert 57. Voiez aufli J û S E P H , Aiitiq. JuJ. Lib. IL Cap. IL (pag. 46. B.) Ces Pleiges font appeliez 'ak(comme qui diroit , gens qui mettent leur Tt'4'vz»t aine ou leur vie à la place de celle d'un autre ) pat §.

,

,

>

,

vie

&

:

Eyyvy,T»t à-xmrit

DiODORE

,



il

y a

»

^" e

de Sicile

en

,

iyîvrfrn 9-xMTts.'] St. CHRYSOSTÔME iùppofe cet ufage , dans la comparaifon qu'il fait d'un homme innocent , qui en voulant mourir pour un Criminel , le

Bvs

terdiefis

la

cerpt. Feirefc. [pag. 24^.

Tit. XXII. De InLcg. III. (5) Inquà [ fententia ] videtur illud crudelc , quod ad pana perveuit. liheros [Lepiili J , qui nihil tneruerunt , Sed id anliqiium eft , £ff omnium civitettum : Jî quitlc;n etiam Themiftocli liberi eguèrunt. Epift. ad Brut.

lumia.

ÙaUguîa par

in

in Ex» , parlant de Duqui fe rendit Pleige pour Phintias: "Eyyvos tu-

fondans de

delà mort,

délivre

laquelle

à

il

avoit été

KaiS'swrfÇ rive; tcxrsteiy.xa-B-ivroç cc7roB-xnïv .9"t/v(§^

tXo/usvos .yccvsiv V7ttp ix.itvx

Galat.

>

>

condamné: itipùç

cevev-

\dx^7:otZfi 7y,ç ti/x.coÇixs

Augustin

Cap. IL St. remarque , qu'il arrive quelquefois que celui qui a été caufe de la mort de quelcun eft plus coupable que celui-là même qui l'a fait mourir , comme , par exemple , il un Pleige eft puni de mort, pour avoir été trompé par ,

Et aliquando qui quant Ole , qui ocatque , Epift. LIY. ad tlleproifto légitimant fupplicium J'ubcat. celui pour qui veliit

jl

JUacedottiiim.

On

G

fa vie:

puiihs in culfa

,

quùquant i

eft

,

decipiat jidejufforem fuum

OT

fera fans doute

fage du

engagé

avoit

il

caujja moriis fuit

cidit.

Ù

I

s.

rurpriS de voir citer

mot 'Avtc^vzh

»

KuTROPÉ

.

ici

,

fur l'u-

Auteur Latin,

chez qui on ne trouve pas un mot de Grec. Notre Auteur n'a pourtant pas eu en vue la Traduction Grecque , que nous avons de cet Auteur, faite par P.ïaJXIUS :

L

(tune perfonne à ? autre.

V.

I

C

IL

XXL

H.

1 3 S

mourir des Otages comme nous (a) le verrons ailleurs. il faut l'entendre aufli des Membres de nôtre 3. Ce que nous difons delà Vie, Corps car l'Homme n'a non plus reçu de pouvoir fur les Membres, qu'autant que le demande la conservation de fon Corps. que la conou à une amende pécuniaire 4. Mais li l'on s'eft fournis à l'exil dition luppoiee arrive par le crime où tombe la perfonne pour qui l'on a cautionqu'on doit fouffrir alors, n'eft pas une punition à né le mal que l'on fouffre Il en eft ici à peu près comme de ceux qui jouï'Qént de quelparler exactement. que droit, dont l'ufage dépend de la volonté d'autrui tel qu'elt le droit de CO fiait

,

(a) liv. III. Cbap.

IV.

:

,

,

&

&

;

,

,

&

le droit des Particuliers, par rapport au Maître de la chofe ainfi prêtée ; par rapport au Domaine éminent qu'a l'Etat fur les biens de chacun, autant que le demande l'utilité publique. Car fi on elt dépouillé de quelque chofe de femblable,

.Frécaire

à

,

Crime

l'occafion d'un

ment un

d'autrui

de Punition

acle

ne

il

,

nous en dépouille n'exerce pas propre-

celui qui

,

fait

du

qu'ufer

droit qu'il avoit auparavant.

C'elt

qu'un à caufe , par exemple encore que quand on fait mourir une Bête (b) UvH. Homme a eu avec elle un commerce charnel , ainfi que Pordonnoit la (b) Loi de XVIII, & Moïse; comme la Bête , à parler proprement ne peut pas être coupable on XX, 15,23.irt. ne la punit pas non plus véritablement ; on ufe feulement du droit de Propriété Voiez Moife Fils de Maique les Hommes ont fur les Animaux deitituez de Raifon. mon, Ductore nous difons que perfonne ne peut être puni rai- dubit.IH, 40. §. XII. Ces diftinctions polées ai nli

,

,

,

,

,

,

,

fonnablement pour un Crime d'autrui, lors qu'il elt lui-même innocent. La véritable raifon de cela iieft pas que les Peines ont été établies pour corriger les Hommes, comme le Jurifconfulte Paul (i) raifonne fur ce fujet car on peut, cefemfaire un exemple hors de la perfonne même du Coupable, en la perfonne ble comme nous le (a) dirons tout-ànéanmoins de quelcun qui le touche de près Pheure mais c'en: parce que toute obligation à la Peine vient de ce qu'on l'a méor tout mérite ou démérite eft perfonnel comme aiant pour principe la voritée lonté de chacun, qui eft ce que l'on a de plus propre & de plus incommunicable idée que donne le mot (b) Grec dont on fe fert pour exprimer le Libre Arbitre. ;

,

,

:

00

§• foi"

vaut, num.

I.

,

;

;

Ainsi

XIII.

§.

tomme

ou

n'impute

remarque (1)

le

aux Enfans ni

Je'rôm

St.

e.

Vertus

les

Et

St.

Au

,

ni les

Vices de leurs Pères

g usti n

va

,

jufqu'à dire,

(2)

Nius

mais

:

il

Auteur Latin ne» avec un

;

a confondu un Auteur Grec avec un un Abbréviateur de l'Hiftoirc Romai-

des grands Hiftorieus , qui nous relient en partie ; car C a s s i u s parle d'un certain Publias Afranius Potitus , qui, par une fotte flatterie, avoit juré de mourir, fi Caligula recouvrait la d'un Chevalier , aufli fou , nommé Atcmiw faniré ;

Dion

&

Secwidit; , qui avoit promis, en ce cas-là, de fe battre dans les Spectacles des Gladiateurs. Ces deux hommes-là ajoute l'Hiftorien , s'attendoient à recevoir de l'Empereur une groffe rtcompenfe , pour le zélé qui les avoit portez à vouloir facrifier leur vie pour la Menue mais, au lieu de cela, .! les contraignit à fe faire mourir , pour ne pas violer leur ferment: 'Avrt r£v ,

:

%Çr, uitT6>'j et

,

et

ï.XtuÇov 7rxp

UTTofyctni'j t)$ïXr,crx.iirsç

,

avri

,

X/,J/s&-m

m >



ANTl'+YXOI

ciTroà'èi/xi

t/,v

vko-

Lie. LIX. vx,t7n ifiiot.yx.a.7§-r <ïcM , ace /an t7rtoÇKi)
Clerc

fur Mattb.

XX,

Hammon

25.

fanant capitale judicio ? V a s. Technopœgnion monofyllab. pag. 488. Ed. Tollii. (4; Ou plutôt Pbintias , qui eft le vrai nom. Voiez la-dellus les Cice'ron , de Ojfic. Lib. III. Cap. X.

(?)

-Q. !US

fitbit in

&

Interprètes.

J'ai

Note

eu occafion d'indiquer , un partage de D 1 o d o r e de , Pythagoricien cil ainfi apla

ce paragraphe

2. fur

Sicile

dans



,

ce Philofophe

pelle.

Pufe ndorf,

Liv. V. Cbap. IV. §. (5) Voiez du Droit de la Nut. &f des Gens. XII. (x) Si peena alicui irrogatur , receptunt e(l commen titio jure ne ad heredes tranfeat : cujut rei ilia ratio videtur , quod pana conjlituitur in emendationem hetninum qux , mortuo eo , in queni contlitv.i videtur , dé6.

§.

,

,•

finit.

Le?.

D G s T. Lib. XLVilI. Tit. XIX. XX. Mais Ziegi.fr remarque ici 1

rifconfulte

F.

parle

île

la

&

De Pœnù,

que le Ju, du Coupable même, autres Hommes. Nôtre Au-

corr ftion

non pas de celle des teur lui-même l'a citée en

ce fens, dans le Chapitre au commencement. Au refte, ii eft que veut dire le Jus commentitium, auquel Paul rapporte l'établiffement delà maxime dont il s'agit. On peut voir là-deffns la J:irisprudentia Papitùanea d'A M to 1 l F. F A u R E Tit. I. Pnncip. IL Illat. V. Marc. Lycklama , Mentbran. Lio. I. Eclog. iX. imn nouvelle explication de Mr. & C H r ;. e R qui fe trouve dans les A C 1 A E r u 1 r R u m de Leipjig, A un. 171 4. pag. <•>?. ec virtutes, nec vitia pare/Uum , iiberis §. XIII. CO

précédent,

§.

7.

alfez difficile d'expliquer ce

,

&

W

,

N

R

3

m-

(b) 'Avts-

De

134

Dieu

que

(2)

manière dont

la

même

feroit injujle

Peines fe communiquent

les

s'il

,

En un mot

condamnoit un Innocent.

Fau-

les

,

Punition le doit être aufli, ielon la (3) maxime commune, approuvée, entr'autres Auteurs, par (4) Dion de Pruse, par (5) des Emjuif. Denys d'HalicarnaJfe qui, auili par (6) Philon pereurs Chrétiens, bien que Philon, blâme la coutume de quelques Nations, chez leiquelles on faides Tiaitres, (7) montre en même teins foit mourir les Enfans des Tyrans, tes étant perfonnelles

la

,

&

,

,

&

elt frivole le prétexte dont on fe fert pour juflitier cette cruauté , c'elt que l'on croit que les Enfans (8) reflembleront à leurs Pérès: cela n'eft pas fur, dit-il, une crainte incertaine ne furfit pas pour donner droit doter la vie à perfonne. Ce n'eft pas une meilleure raifon , de (a) dire , qu'on craint que ies Enfans (?)

combien

&

(a) Voiez

vmoria. De

mw.

}%.'

ne ven g en t

i

a

m0 rt

défaite

&

la

Aufli voions-nous

de leurs Pérès.

que l'Empereur Marc An-

,

recommandé au Sénat, dans une

tonin, après avoir

mort

à'Avidii/s

Enfans, afin Gendre , puis qu'ils n'ont rien fait?

fes

&

CaJJius

à fa

Lettre qu'il lui écrivit après la qui s'étoit révolté contre lui , de pardonner à

,

Femme, ajoute:

(10) Mais que

dis-je

pardonner,

,

§.

jmputantur. Epift. III. ad Heliodor. de morte Nepotiani, Tom. I. pag. 21. A. Ed. Froben. IÇ?7ipfe foret injuftw , fi quemquam damnaret (2 ) Ceft ainli que nôtre Auteur rapinnoxium. Epift. CV. Je ne le trouve point dans cotte le paffage. porte mais voici la même penféc , exprila Lettre indiquée en d'autres termes , dans la Lettre fuivante jQuant-

DEUS

&

:

mée quam

:

vero immeritum

DEU ditur.

&

,

S damnare créditer Epift. CVI.

,

nulli obnoxium peccato , Ji alienm ah iniquitate non cre~

(5) Noxa caput fequhur. ce qui eft dit dans le

Cette

Digeste,

maxime

,

eft tirée

de

des Efclaves : Servi , quorum noxa caput fequitur , ibi defeudendi Denafunt , ubi deliquijfe arguentur. Lib. IX. Tit. IV. Mais les Jurisconfultes Roxalib. aélion. Lég. XLIII. mains veulent dire par là feulement , comme il paroît

au

i'ujet

par le paragraphe 5. du même Titre des Institutes, par d'autres endroits , que l'a&ion qu'on a pour dommage caufé par un Efclave, contre fon Maître , doit s'intenter contre celui qui a aiftuellement l'Efclave fous fa puiirance dans le tems qu'on va en Juftice, ou contre non pas l'Efclave même , s'il a été affranchi depuis ;

&

&

contre celui qui poffédoit l'Efclave lors du délit commis. Voiez ce Ainft cela ne fait pas directement au fujet. que j'ai déjà dit ci-deffus , Chap. V. de ce IL Livre , §. 52.

Note

7.

r parle de la ianchon des (4) Cet Orateur , après avoir Loix de Solon , dans laquelle les Athéniens maudiffoient ajouLoix; ces violeroient les Defcendans de ceux qui de D 1 E u , féte , qu'il n'en eft pas de même de la Loi pour fes propres que puni n'eft chacun laquelle lon a&ions mu'» zrxïiïx? ^ y*»* ** hrifavuj ùs ixtl t» «»*' tK*fOS UVTÛ y IViTCtl Tr.S UTV%ÎXS *tÙ/XxpTijUXTUV .

:

'

nts. Orat. ult. noxia eft. Propanant , ubi (5) Sancimw, ibi ejfe pinquos , notos , familiares , procul à calumnia fubmovc mus , quos reos feeleris focietas non facit. Nec enim adPcccrimen admittunt. finitas , vel amicitia , nefarium progrediatur cata igitnr fuos teneant auchres : nec ulteriïis C D. Lib. IX. Tit. mettu quàm reperiatur delithim.

&

,

XLVII. De Panis, Leg. XXII. parIl blâme la coutume de quelques Peuples , quoi lefquels on puniffeit de mort les Enfans , ilfoûqu'innocens, d'un Tyran, ou d'un Traître; que la Juftice veut qu'on putient , à cette occafion comme ceniffe uniquement ceux qui font coupables , par la Loi de Moife la eft expreffément ordonné (<5)

mi

&

,

(Deutekon. XXIV,

16.)

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et

XIV.

x*iTSKsivo!vr,
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4

t

'

Le même Auteur remarque ailleurs , qu'il n'y a point d'établiffement plus nuifible dans un État , que de ne pas punir un Méchant, par la raifon qu'il eft de ne pas récoinr-enné d'un Père honnête homme ; fer un Homme-de-bicn , parce qu'il a eu le mall.-ur de naître d'un Méchant Homme. Les Loix , ajout.-til . doivent récompenfer ou punir chacun, félon fon .propre mérite: 'H? ùx. 6tc? ti ri? QxxZsçaTiçx yitur ,à,y iiTriyviais , Ù /xnrs rois l| xyix^ûv 7rovriçevojU.i)icis irxKoXa^-y.e-ft ri/uaipùS etx.ni > xre -vois (k Ttow^civ xyx.^oïs CP%iTXl Tt/Xy) , t5 VOf*H OlKxCpVTOS tXX^CV XVTOV X txvrS > fit) cvyytvûv xgsrxïs î^-xiv'èvT!^ , l) [il faut ajouter ici x.xx.ixis~\ t7exiywTo;- (De Nobilitate , injtfi. mg. dit, au fujet à- Alexandre, Roi 910. A.) des Juifs, qui fuivit une maxime toute contraire, faifant égorger les Femmes les Enfans de ceux cu'il vouloit punir de mort comme coupables envers lui, nie c'étoit un aéle de punition contraire à l'Humanité : B.)

&

Joseph

&

AlisUS Cl V7TIÇ X&QWTCO* TXVTyjt t\(T7FÇXTiÔlXtV0S T))V MK*» &?. (Antiq. Jud. Lib. XIII. Cap. XXII. pag. t.61. inlinuë que c'étoit une injuftice <à Jiqiter C.) Hammon , d'avoir ordonné qu'on attachât Andromède à

Ovide

un rocher, pour y

être punie de la faute que fa Vlécommife en fe vantant d'être plus telle Néréides: IUic immeritam materna pendere lingute Andromedan panai injujlm jujèrat Ammon. (Metam. IV, 66%, 669-) G R o T 1 u S. Je ne faurois m'empêcher de faire appercevoir iri le Lecteur , d'une fanlTe citation , que j'ai corrigée. Nôtre Auteur donnoit le fécond paffage de P H 1 L N, comme étant de fon Traité de la Piété (Libro dePetate) Or on fait qu'.-I n'y a point d'Ouvrage de ce Juif, La méprife eft venue de larefqui porte un tel tître. femblance des mots Grecs. Au lieu de Utet evysn'xç, nôtre Auteur a lu , fans y penfer , nec* ivcriÇeUf.

re CaJJwpe avoit

que

les

b-vh^hx^"^ (7)

},

iïùne perfonne à ? autre.

,

L I V.

C H. XXI.

II.

?

I

Dieu,

dans la Loi qu'il donna aux anciens IfraèTites, nemais comme il eft leMaitre (a) Exod. poltérité îe mr leur if ères fur nace; de (a) punir l'impiété des Pérès XX, j. u-<, ,r; a ;i « OI1 a,-,c qii^.i« fi,;*»* . . c j en tout teni de nôtre vie , il peut fans aucun iujet de nos biens ibuverain libéralié. prêtent fa femble de bon lui ce , qualités que oter aà chacun toutes fois prématurée les Enfans (b) d'Aclwi, ceix (b) /o/ae, Si don me il enlève d'une mort violente d'Acktb n'eft pas envers eux ce (e) ceux , (lyj.Sam. de (c) S,ml ceux de (d) Jéroboam , xxi acfe de Punition, mais un acte de fon droit (f) abfolu fur leur vie, par l'exercie .-^ni-lQiiiTPiirfic Par nu Ipc Pprpc rnruiupnt- nnv Pnfiinenii \a) 1. Koif,

XIV A

§•

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*«™w-r 3 j—^*™ * pas les menaces plua xvmi vpy m~w en ce cas-la , il eft certain que les Pères font punis par Defcendans

voir de

&

un

(f) Comme tel le croit , avec

mal qu'ils fouffrent en leur perqui (0 fpeclacle JXiTtfifonne Ou bien les Pérès ne vivent pas allez long